Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Economie > Un plan d’action écologique pour les cités sensibles

Un plan d’action écologique pour les cités sensibles

Les quartiers sensibles voient aujourd'hui le développement d'une économie parallèle. Cela prouve la dégradation sociale de ces habitats et la désespérance de la population qui y vit. L'auteur de ce texte, qui connaît bien cet habitat (*), propose un plan d'action pour faire entrer ces cités dans une économie positive.

Changer de regard :

Le filtre médiatique nous fait voir ces quartiers d'une manière très négative. Or, ils recèlent une énergie dormante importante, des diplômés chômeurs qui rongent leur frein, des compétences perdues et, en même temps, une volonté forte d'intégration économique. 

Les rénovations des années 80 et 90 ont entraîné un coup de jeune sur les cités. Elles ont été repeintes, on a dynamité quelques immeubles mais la situation économique est toujours la même : pas d'emplois sur place. 

Nous proposons une stratégie de reconquête économique qui installe des emplois pérennes au coeur de ces quartiers. Cette stratégie comporte quatre volets, interagissant les uns sur les autres. Elle est volontaire, ambitieuse et audacieuse. Certain la trouveront probablement irréaliste. Mais l'excès de réalisme ne mène pas forcément au bonheur de la réussite !

1-Revoir la "peau" des immeubles :

L'habitat social date, dans sa grande majorité des années 60 et 70. C'est un habitat mal isolé et dont la conception est dépassée. 

Pour le faire évoluer, nous proposons deux actions complémentaires :

-installer sur les façades sud, ou à défaut est ou ouest, selon les immeubles, des grandes vérandas, des grands balcons ayant au moins 2,5 mètres de profondeur. Construite de préférence avec des matériaux légers, il s'agira en réalité d'une nouvelle pièce. On obtiendra donc une augmentation de la surface de logements qui sont souvent trop exigus, avec une pièce supplémentaire "ouverte" sur l'extérieur. En appliquant les régles du bioclimatisme, ces pièces pourront aussi jouer un rôle dans le chauffage des appartements.

-installer, au contraire, sur les façades nord, une protection thermique extérieure supplémentaire. Cette seconde "peau" ne souffrira pas de ponts thermiques. 

Le résultat économique pour les habitants sera une diminution de leur factures de chauffage.

2-Faire de ces immeubles des producteurs d'énergie :

L'objectif est double : participer à la production du mix énergétique dont va avoir besoin la France de demain ; mais aussi faire entrer ces immeubles dans un circuit de production économique dont les bénéficiaires seront les habitants de ces quartiers.

Les immeubles dans les cités ont d'immenses façades et dominent le paysage. On peut donc envisager d'installer des capteurs photovoltaïque sur les façades correctement exposées ou sur certains toits. On peut mettre sur les toits, et le long des façades les plus exposées au vent, des mini-éoliennes.

Ces équipements seront acquis par les bailleurs avec des prêts à long terme. Car les recettes de la vente de l'électricité seront partagées : une partie remboursera le prêt, l'autre partie sera donné aux habitants. Ce complément de revenus, certes symbolique, donnera du sens à ces équipements pour les habitants.

 3-Comment financer ces opérations ?

Dans le contexte économique actuel, il paraît de plus en plus difficile de dégager des capitaux publics pour ces quartiers. Il faut donc envisager d'autres méthodes de financement. En voici deux :

-quand cela est techniquement possible, on peut réhausser l'immeuble et lui rajouter deux ou trois étages en matériaux légers. La vente de ces appartements nouveaux va créer de la mixité sociale et permettre de financer l'installation de la nouvelle "peau" autour de l'immeuble.

-le financement de la rénovation thermique des bâtiments par une fiscalité environnementale originale : les contributions incitatives. Il s'agit de rajouter une petite contribution payée par les propriétaires. Le produit de cette taxe leur sera redonner exclusivement quand ils feront des travaux d'isolation ou de production d'énergie.

4-Installer des activités économiques au sein des cités : l'exemple des fermes urbaines.

Plutôt que de dynamiter certaines tours et barres, transformons les en fermes urbaines. On peut aussi installer ces fermes sur les toits des immeubles. Les avantages de ces activités sont multiples :

-elles fournissent du travail aux habitants (maraîcher, éleveur, vendeur, ...)

-elles permettent le recyclage des déchets organiques des habitants (les représentations courantes font de ceux-ci des personnes peu préoccupées par l'écologie. Ils ont, il est vrai, d'autres priorités économiques. Mais leur conscience du problème n'est pas moins importante que chez d'autres publics).

-elles permettront aux habitants de reprendre en main leurs destinés et de sortir du fatalisme où ils se trouvent englués.

Pour l'opinion publique, l'image de ces quartiers est foncièrement négative. Et aucune piste ne se dessine pour en sortir, sauf à croire en un hypothétique retour de la croissance. Un urbanisme volontariste, comme celui que je propose, permettra de sortir, par le haut, de cette impasse.

De plus, cela permet de recycler des lieux et des espaces, bloqués depuis des décennies, dans une dynamique plus écologique, offrant de réelles perspectives économiques.

(*) Il y travaille depuis 20 ans, en contact direct avec les populations.

source de l'image : karsavox.com


Moyenne des avis sur cet article :  3.8/5   (10 votes)




Réagissez à l'article

9 réactions à cet article    


  • Deli 9 février 2012 08:01

    Joli projet !


    • joletaxi 9 février 2012 14:37

      minatenant j’en suis sur, ils sont parmi nous,les extra terrestres


      • Loatse Loatse 9 février 2012 14:45

        Excellente idée au niveau énergétique... en ce qui concerne la surface au sol, la plupart du temps bétonné (ne peut on pas rendre les parkings souterrains ?), des projets de ferme, de culture maraichère, de mise en valeur également de l’environnement qui est actuellement très peu arboré permettraient d’offir des opportunités d’activités en plus d’apporter des solutions à la malnutrition qui touche de plus en plus de foyers défavorisés... sans compter le principal, le bien être qui découle d’un cadre de vie proche de la nature....

        il y avait un reportage dans « échappées belles » sur france 5, sur Singapour... la nature y est très présente, et chaque logement en hauteur comporte une pièce véranda dans laquelle les habitants font pousser des cultures hors sol...


        • joletaxi 9 février 2012 14:51

          il est pas un peu tôt pour la fumette ?


        • Loatse Loatse 9 février 2012 18:04

          Le futur de joe : centrales antediluviennes, béton partout, cages à lapins-dortoirs... que du bonheur.... !

          vous devriez essayer la fumette .... smiley


        • joletaxi 9 février 2012 22:55

          il ne vous a pas échappé que ces cités ont abrité pendant des années des populations qui n’avaient pas de gros problèmes.
          A moins que ce soit encore une manipulation de « l’empire »,ces quartiers étaient plutôt bien entretenus, propres,et leurs habitants disent en avoir un bon souvenir.

          Je me demande ce qui a bien pu se passer ?

          Je réserve une journée entière pour assister au spectacle, des« d’jeunes » en train de jardiner leurs petites carottes,d’autres qui lavent les carreaux de leur véranda,d’autres encore qui compostent leurs toilettes sèches tout en ramassant les feuilles et branches des arbres fruitiers fraîchement élagués....
          Alors la bonne fée gaia est arrivée....


        • Aldous Aldous 9 février 2012 16:16

          L’habitat social date, dans sa grande majorité des années 60 et 70.
          C’est un habitat mal isolé et dont la conception est dépassée.

          Ben oui, déjà à l’époque on n’y mettait pas les moyens.
          Alors parler de vérandas et d’éoliennes alors que l’on ne fait même plus ce qu’on faisait dans les années 70...

          Tous cela est de la pure fiction dans un monde libéral.


          • Walid Haïdar 9 février 2012 17:39

            Ces projets, peut-être pas précisément ceux-ci, mais des projets dans cet esprit, seront des évidences une fois en place, et les générations futures se taperont la tête contre les murs pour comprendre pourquoi on y avait pas pensé plus tôt.


            Alors évidemment, y a toujours plus de monde pour expliquer que c’est utopique, que ça n’a pas de sens, que c’est économiquement pas viable etc.

            Mais bon, on aurait trouvé tout autant de personnes en 1789 pour nous expliquer que les armées monarchistes de l’Europe écraseraient la révolution. En fait on leur a mis la branlée.

            Bien entendu, qu’il est possible de bricoler des améliorations pour le rendement énergétique des immeubles.

            Bien entendu que de mettre en place des structure de production de bouffe ça créé une autre image de la banlieue et que ça participe de la dynamique nécessaire à sa dédiabolisation. Bien entendu que ça donne des perspectives à des jeunes qui n’en ont pas assez.

            Mais on croirait à entendre certains qu’en fait non, faut juste fermer les yeux et appliquer des vieilles recettes pourries : ajouter des centrales nucléaires, ajouter des matraques, enlaidir les cités (c’est moins cher, donc plus « réaliste économiquement »), surtout renforcer la nullité du bilan énergétique de ces immeubles, ça fera plus d’énergie consommée, donc plus d’emplois ! etc.

            Par contre c’est certain, pour faire de telles choses il faudrait probablement combattre ouvertement le modèle économique inepte qui nous est imposé par les technocrates locaux et internationaux.

            • manusan 9 février 2012 22:01
              Vision de la banlieue sous LSD.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès