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“Un signe fort” aux marchés ? Plutôt un aveu de faiblesse…

La question n'est pas de savoir si la bulle obligataire va exploser, mais quand elle va exploser. Et comment...

Voici que nous apprenions le 16 février au matin, annoncé comme une victoire, que « Le fonds d’aide européen est porté à 500 milliards d’Euros ». Il s’agit, nous disent tous les soi-disant commentateurs économiques et financiers de la grande presse, d’envoyer un signe fort aux marchés et ce le lendemain d’une hausse marquée des taux obligataires d’États. Et nos grands analystes en chambre de nous citer le Portugal dont le taux d’emprunt est passé de 7.175% vendredi à 7.63 le 15 au soir.

En fait, la seule grande question qui se pose est « Quand la bulle obligataire va-t-elle exploser ? ».

Les taux s’élèvent à 11.5% pour la Grèce. Le FMI (dirigé, rappelons le par un potentiel candidat « socialiste » à l’élection présidentielle française) entre en conflit ouvert avec le gouvernement grec en exigeant, pour tenir ses engagements, un plan de privatisations ahurissant au regard des possibilités de l’économie grecque et des accords précédents. Après la vente de ses ports au Chinois, nos idéologues de l’ultra libéralisme veulent exiger de ce pays qui croyait n’avoir abandonné sa souveraineté qu’à l’Europe, de vendre la totalité de son appareil de production à des investisseurs indiens et à nouveau chinois.

Le berceau de ce qui fut la civilisation européenne, le creuset de notre culture et de notre philosophie a déjà du subir l’amputation de Chypre au profit de la Turquie, l’amputation d’une partie de son territoire, se trouve seule, bien que membre de l’espace Schengen pour gérer l’afflux en masse de d’immigrants turcs. Le FMI, tel un usurier des pires temps, exige d’elle qu’elle s’aliène totalement. Nous inventons le concept d’État-esclave.

Au delà de la Grèce, les taux affichaient 8.9% pour l’Irlande, 5.4% pour l’Espagne et 4.8% pour l’Italie, le 15 février au soir.

La tension ne baisse pas, au contraire. Ce qui me sidère, c’est que cette augmentation (ce « redimensionnement », k’on dit) n’est pas mais pas du tout un signe fort aux marchés. La décision en avait été prise il y a pile un mois.

Entre le 10 et le 15 janvier dernier, la BCE s’était « plombée » en achetant 90% du papier qui se présentait, soit plus ou moins 10 milliards d’Euros.

Immanquablement, cela devait s’imputer sur la valeur de l’Euro…. Que nous voyons baisser ces jours-ci, alourdissant encore la facture pétrolière déjà grevée de l’envolée des cours.

Et que fait la « première puissance économique mondiale » ? Elle paie les pots cassés de la politique d’Obama. Chaque jour qui passe enfonce un petit peu plus le pays dans des déficits abyssinaux. Actuellement, le gouvernement américain dépense 1.5$ pour chaque dollar collecté en impôts et taxes !!!! La FED, comme la BCE, est le plus gros acheteur de bons du Trésor. Elle pesait 750 milliards de dollars à l’été 2008 et la voici à 3 000 milliards d’ici deux ou trois mois. C’est la méga planche à billets qui fonctionne.

Et avec ça, on s’étonne que personne ne veut prendre la place de Trichet !

Conclusion, la question n’est pas de savoir si la bulle obligataire va exploser, mais quand elle va exploser. Et comment. Si l’économie repart (on ne voit pas très bien comment avec les dispositions de nos gouvernements, hormis l’Allemagne, elle pourrait repartir) la marché action va s’envoler, l’inflation aussi et le marché obligataire s’effondrer, ne serait ce que pour se réaligner sur sa vrai valeur. Si l’économie ne repart pas, les banques centrales achetant de la dette avec de la monnaie qu’elles fabriquent, les détenteurs de cette monnaie connaitront les affres des possesseurs d’assignats qui croyaient posséder les biens de l’Église déjà vendus aux copains par les coquins.

Bref, si vous voyez passer dans vos parages un vol d’obligations migratrices en recherche de territoire, laissez les passer. En fait de récolter des oeufs, vous pourriez bien y laisser des plumes….


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6 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 18 février 2011 11:05

    La crise n’est qu’un prétexte pour nous déposséder un peu plus de nos acquis, et pour augmenter les leurs. Les nôtres sont sans cessent remis en cause, les leurs ne cessent d’augmenter. L’argent public a été généreusement distribué sans aucune contre partie, et une partie a même servi à payer les supers bonus des traders. Ils n’ont plus aucune retenue, ils se servent dans la caisse que nous alimentons avec nos impôts et notre travail, ils sont sûr de nous avoir domestiqué, sûr que nous ne nous révolterons pas. Lire...

    http://2ccr.unblog.fr/2010/11/07/sus-a-la-crise/


    • Ferdinand_Pecora 18 février 2011 16:24

      Vous voulez un signe fort des marchés ? Lisez la première résolution Glass-Steagall qui a été introduite au Parlement du Kentucky introduite le 11 février dernier.

      Si cette loi est réadoptée aux Etats-Unis, Wall Street ferme et c’est le retour au crédit productif public pour aller vers des projets du type NAWAPA.

      Vraiment, c’est à lire : c’est un grand bol d’air et d’espoir !

      Résolution pressant le Congrès à rétablir la séparation entre banques de dépôt et d’affaires en vigueur sous la Loi bancaire de 1933 et communément appelée « loi Glass-Steagall ».

      Attendu que le Congrès des Etats-Unis, en réponse aux faillites d’une banque de dépôt sur cinq dans les mois précédents, a adopté la Loi bancaire de 1933, établissant l’Agence fédérale d’assurance des dépôts (FDIC) et séparant les activités bancaires de dépôt et d’affaires ;

      Attendu que le Congrès a adopté plus tard le Bank Holding Company Act de 1956 interdisant aux établissements bancaires de s’engager dans des activités d’assurance ;

      Attendu que tout au long des années qui suivirent, les lois établissant ce coupe-feu entre les activités bancaires traditionnelles de prêt et de dépôt, et les activités d’investissement, de souscription de titres et d’assurance, ont été communément appelées « restrictions Glass-Steagall » par les économistes et la presse ;

      Attendu que dès 1987 les restrictions Glass-Steagall sur les banques de dépôt ont été graduellement supprimées par un relâchement de la régulation mené par le Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale, puis par leur suppression totale avec l’adoption en 1999 de la loi Gramm-Leach-Bliley ;

      Attendu que dès la suppression de ces restrictions Glass-Steagall, les banques d’affaires, de dépôt, les sociétés hypothécaires, les compagnies d’assurances et autres sociétés de services financiers ont fusionné pour créer de vastes conglomérats financiers considérés comme « trop gros pour faire faillite » ;

      Attendu que nombre de ces sociétés de services financiers ont investi ou garanti des actifs titrisés adossés à des crédits hypothécaires toxiques de catégories subprime et Alt A, des obligations de type CDO, et ont pris des positions périlleuses sur les échanges de dérivés ;

      Attendu que l’effondrement de la bulle immobilière a engendré des pertes massives ayant mené nombre d’établissements financiers parmi les plus grands du pays au bord de la faillite ;

      Attendu que nombre de ces entités ont été renflouées par le Trésor américain avec un coût de plusieurs centaines de milliards de dollars pour les contribuables américains ;

      Attendu que un projet de loi fut introduit en 2009 et 2010 pour rétablir les restrictions Glass-Steagall ;

      Attendu que aucune mesure parmi les centaines de pages de la Loi Dodd-Frank n’a interdit aux grands groupes financiers d’investir et de prendre des paris à haut risques de l’ordre de milliers de milliards de dollars sur les contrats dérivés ;

      Attendu que les contribuables américains restent exposés à une prochaine série de faillites bancaires causées par les risques énormes pris par ces conglomérats financiers ;

      Il est résolu par le Sénat de l’Assemblée générale du Kentucky :

      • Section 1. Le Sénat de l’Etat du Kentucky presse le Congrès des Etats-Unis d’adopter une loi rétablissant les restrictions Glass-Steagall afin d’interdire aux banques de dépôt et aux sociétés détenant des banques, d’investir dans des actions, de souscrire des titres, d’investir ou d’émettre des garanties sur des échanges de dérivés, afin d’éviter que le contribuable américain soit à nouveau appelé à payer des centaines de milliards de dollars de renflouement aux institutions financières.
      • Section 2. Le Clerc du Sénat devra transmettre une copie de cette résolution au Président des Etats-Unis, au président du Sénat, au président de la Chambre des représentants, aux présidents des Sénats et des Assemblées de chaque Etat des Etats-Unis d’Amérique, et à chaque membre de la délégation du Kentucky au Congrès.

      • snowman661 18 février 2011 19:00

        Bonjour,
        l’annonce de l’éclatement de cette bulle, que vous prédisez, je la lis où l’entends de plus en plus souvent, sans pour autant que les auteurs expliquent clairement les conséquences.
        Alors s’il vous plaît, cela signifie quoi exactement pour le Français moyen (l’actif, l’épargnant etc) l’éclatement de la bulle obligataire ? Qui sera affecté et de quelle manière ?
        Merci d’éclairer un ignorant de la finance et de l’économie.


        • Ferdinand_Pecora 18 février 2011 19:15

          La dette d’un Etat (dette obligataire) est sensée être la plus sûre des dettes : l’Etat n’est pas sensé dire « on ne peut plus payer ».

          Manque de bol, dans la vraie vie, au plus l’Etat emprunte sur les marchés, au plus il s’endette, au plus il coupe dans les budgets vitaux (soins, police, routes, hôpitaux...) pour montrer aux marchés qu’il fait des économies pour payer sa dette et ainsi de suite.

          Conséquence : tant qu’on ne dissocie pas les activités bancaires (procédure Glass-Steagall), la spéculation mondiale continuera de piller l’économie réelle ; les Etats pourront de moins en moins rembourser leur emprunt, augmentant taxes et impôts, ce qui empêchera de plus en plus les gens de travailler, donc de créer de la richesse pour rembourser une dette irreboursable.

          Sauf un Glass-Steagall Global, pas d’espoir.

          Le 25 février, le premier pays à dire non à ce système d’usure, l’Irlande, va procéder à des élections qui pourraient voir la victoire du seul parti - le Sinn Fein - qui prône la mise en banqueroute organisée des banques par la procédure Glass-Steagall. A suivre.


        • snowman661 18 février 2011 19:38

          Merci, mais ce que vous décrivez c’est le surendettement des états, que les medias traditionnels ne se lassent pas de commenter.
          Ce que je voudrais comprendre, ce sont les conséquences pour tout un chacun de ce que les uns nomment « l’éclatement d’une bulle obligataire ».


        • Ferdinand_Pecora 19 février 2011 20:17

          Une « bulle », quel que soit son type, implique une notion de spéculation.

          Il y a spéculation dès lors qu’on « invente » une valeur là où il n’y en a aucune. Appelez ça bulle, fantasme, rêve, dessin animé, science-fiction... il n’en reste pas moins que c’est du vent : un bout de papier sur lequel il y a écrit 20 euros vaut autant qu’un billet de monopoly sur lequel il y a écrit 20 euros.

          Aujourd’hui, ce « fantasme se fait jour », la « bulle éclate », le « rêve se termine », le « dessin animé se termine ». Les banques ne veulent pas y croire donc elles demandent aux Etats d’« assurer » : l’enjeu est de continuer à se convaincre collectivement que les Etats valent quelque chose alors qu’ils ne valent plus rien : c’est le dernier fantasme, la dernière bulle, le dernier dessin animé.

          La solution devient donc l’annulation au niveau mondial des dettes de jeu spéculatifs : le Glass-Steagall Global.

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