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Un tramway politique

Un mois après l’ouverture commerciale du premier tronçon Ribay-Antarès, le tramway du Mans à inauguré samedi sa seconde partie avec la desserte du quartier des Sablons. Petit tour d’horizon.

La ville du Mans n’a pas eu de chance. L’inauguration du premier tronçon du tramway orange s’était effectuée le 17 et le 18 novembre 2007. Malheureusement pour la ville, peu de chance de voir les médias s’intéresser à cet événement. La cause ? Elle est simple. Le gouvernement Jospin, il y a de cela quelques années maintenant, avait promis à la ville socialiste une enveloppe de 42,7 millions d’euros pour financer une partie des travaux. Au final, la ville n’en aura touché que 12,4 millions. En effet, fin 2003, le gouvernement Raffarin décide de geler les subventions pour les projets de transports urbains.

Il est bon de noter que la ville de Nice, elle, a touché l’intégralité des subventions promises par l’Etat, soit 28 millions d’euros. Pour rappel, signalons que M. Jacques Peyrrat est le maire UMP de la ville de Nice. La majorité présidentielle à la tête de la cité niçoise, il n’est pas étonant que 100 % des crédits aient été accordés. Le tramway de Nice a été inauguré une semaine après celui du Mans. Les médias, même s’ils n’en ont pas fait les unes de leurs titres et tribunes diverses auront au moins accordé quelques reportages sur l’arrivée du tramway dans la préfecture des Alpes-Maritimes. Comme je l’ai dit, cela n’a pas été le cas pour la ville "porte" de l’Ouest. Les divers médias n’ont certainement pas voulu signaler l’absence d’invités UMP à cette inauguration. Des absences ? Non. Une absence particulière ? Oui. Cette absence, c’est celle du Premier ministre, François Fillon, l’enfant du pays, le manceau du gouvernement. Longtemps, on a cru que le premier ministre, ou même le président de la République allaient faire le déplacement. Mais il a fallu se rendre à l’évidence, il est dur pour le parti majoritaire de venir en vainqueur dans une ville où ils ne sont pas du tout les bienvenus.

Le Mans aura tout de même réussi à faire de son tramway l’un des moins cher de France avec 302 millions d’euros déboursés soit un peu moins de 20 millions d’euros le kilomètres pour un tracé de 15,4 kilomètres. Ce week-end a donc été lancé la "seconde ligne" (même s’il s’agit davantage d’une moitié de ligne), reliant les différentes extrémités de la ville à un quartier populaire isolé : celui de l’Espal-Sablons. Le tramway est un réel plus pour la ville : 30 % de fréquentations en plus pour les usagers au sein des transports de la SETRAM. 

L’effet tramway marche bien, reste à voir si le pari Sablons peut fonctionner. Ce quartier est jugé comme sensible au niveau local, comme au niveau national. Il bénéficie notamment d’une zone franche. Les barres d’immeubles sont récentes et les HLM n’ont pas vraiment une image de marque pour la cité plantagenêt. Et pourtant, la municipalité a fait beaucoup pour redorer ce quartier bien souvent dénigré. On y a vu apparaître une salle de spectacle : celle de l’Espal, qui s’est transformé en complexe culturel regroupant un théâtre, une salle de concert et une bibliothèque. Grâce au tramway, Jean-Claude Boulard, maire PS du Mans, espère permettre aux gens d’accéder davantage au quartier des Sablons. De même, dans l’autre sens, il espère sortir les jeunes de leur enfermement, dans ce quartier qui n’était alors désservi que par une seule ligne de bus, les menant au centre-ville. Maintenant, il n’y a plus qu’à attendre et espérer que "l’effet tramway" fasse son effet.

Le quartier des Sablons regroupe environ 19 000 habitants et la population au chômage représente environ 20 % de ce total. Les Sablons deviennent ainsi le premier quartier périphérique de la ville à être désservi par réseau de tramway. D’autres sont à l’étude, mais le débat fait rage entre une autre ligne, volontée affichée par le PS, et un système de BusWay, solution envisagée par les représentants UMP. Là seront, les fers de lance des futures campagnes municipales.


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3 réactions à cet article    


  • cza93 cza93 26 décembre 2007 14:25

    « fin 2003, le gouvernement Raffarin décide de geler les subventions pour les projets de transports urbains. »

    - > intéressant ... si l’on compare cela avec les objectifs affichés du gouvernement actuel (et du précédent qui décidemment avait choisi de regarder ailleurs alors que la maison brule ...) de développer les transports en commun + propres pour lutter contre les émissions de GES, décarboner mais aussi diminuer l’engorgement des centre-villes ...

    Cela confirme bien que les promesses n’engagent que ceux qui y croient !!!


    • Yannick Harrel Yannick Harrel 26 décembre 2007 20:53

      Bonsoir,

      Ces problèmes de financement d’infrastructures liés semble-t-il à des mésententes politiques sont l’exacte démonstration de ce que j’abhorre : à savoir la partitocratie faisant fi du bien commun pour se focaliser sur des considérations partisanes.

      Bienheureux toutefois que Le Mans puisse disposer de son tramway, facilitant la vie des gens tout en améliorant un minimum la pureté de l’environnement smiley

      Cordialement


      • brieli67 27 décembre 2007 09:28

        Strasbourg idem

        aides de l’Etat pour le Tram sucrées et couillonnades autour du Parlement Européen et canonades autour d’un pont pour la mise en place d’une ligne à l’encontre du bon-sens.

        la Droite ne passera pas. Ciao ciao ciao

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