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Un travail mal partagé

Au mois d’août dernier, l’Insee a publié un rapport dans une indifférence quasi générale.
Dommage, car il nous apprend des choses étonnantes.

21,5 millions de Français sont inactifs (dont 9 millions d’hommes), soit près de la moitié sur la population française âgée de plus de 15 ans (49,4 millions).

C’est l’un des pourcentages les plus important d’Europe. http://www.insee.fr/fr/themes/docum...

Bien sûr, par d’habiles calculs, le gouvernement s’entête à nous convaincre que ça va mieux, que le chômage est stabilisé.

Il n’en est rien.

Dans ces 21,5 millions d’inactifs, il y a bien sûr des femmes ou des hommes au foyer, qui ont une activité, mais le nombre de réels inactifs Français est bien plus important que celui des Européens (en moyenne), d’après l’Insee.

En effet, il y a réellement 2,2 millions de Françaises et de Français qui ne travaillent pas, au sens défini par le Bureau international du travail.

Dans ces 2,2 millions, une partie n’a pas d’emploi, une autre n’en recherche pas ou n’est pas disponible pour en occuper un.

A cela, il faut ajouter ceux qui ont un emploi à mi-temps et qui n’entrent pas dans les chiffres du chômage, même si leur travail ne leur donne pas les moyens de subsister.

3 millions de travailleurs occupent un emploi précaire et près de 20 millions occupent un emploi à durée indeterminée.

Les emplois protégés ne représentent que le tiers des emplois salariés (6,5 millions).

Voilà le tableau réel de la France.

Bien sûr, les agriculteurs travaillent 59 heures par semaine, les artisans, commerçants, chefs d’entreprise 55 heures et les cadres 44 heures.

Mais 41 % des jeunes qui ont un emploi partiel souhaiteraient travailler plus.

Il y a donc bien une fracture importante :

Une France qui travaille beaucoup et une France qui voudrait travailler plus.

Si l’on compare au reste de l’Europe, il n’y a pas de quoi être fiers.

Si le taux d’emploi des Français de 15 à 64 ans était le même que celui des Danois (77,4), des Néerlandais (74,3), des Suédois (73,1) ou même des Anglais (71,5), 10 % supplémentaires de Français seraient au travail, ce qui représente plus de 3 millions de travailleurs.

De quoi régler le problème du chômage !

Il ne s’agit dont pas de travailler plus pour gagner plus, mais surtout de ne pas faire travailler plus ceux qui travaillent trop et de donner du travail à plus de Français.

Ce qui rend obsolète la question des 35 heures.

Comme chacun sait la croissance d’un pays dépend du nombre d’habitants qui ont les moyens de consommer.

En d’autres termes, si notre croissance est en panne, c’est que les Français n’en ont plus les moyens.

Bien sûr, à cela vient s’ajouter le prix de l’énergie qui ne cessera de monter, comme l’a démontré dans un documentaire passionnant un groupe d’experts : http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1206

Que ce soit le pétrole, dont il reste bien sûr des poches exploitables, mais à grande profondeur, donc de plus en plus cher à exploiter,

Ou le nucléaire, qui n’assure pas notre indépendance énergétique, puisque nous achetons la plus grande part d’uranium en Afrique, la France aurait dû depuis longtemps se tourner vers d’autres énergies, moins polluantes.

Ce nucléaire est sur la sellette depuis l’accumulation des accidents de cet été, les dépassements financiers pharaoniques des deux EPR, les défauts de constructions, les centrales sur le déclin que l’on rafistole comme on peut.

Merci à l’Insee de nous avoir ouvert les yeux et dommage que le gouvernement n’en tienne pas compte.

Car comme disait un vieil ami africain :

« Lorsque tu ne sais pas où tu vas, regarde d’où tu viens ».

Documents joints à cet article

Un travail mal partagé
par olivier cabanel (son site) mardi 16 septembre 2008 - 55 réactions
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  • Par ARFF (xxx.xxx.xxx.27) 16 septembre 2008 19:24

    le principe d’un revenu universel sans condition est le seul qui puisse nous sortir de la merde, mais cela impliquerait pas mal de changement aussi dans les mentalités humaine lobotomisées depuis des milliers d’années...

    De plus, redistribuer l’argent sans travail marche aussi sans la question de la mecanisation , peu importe que le travail des machines ou les activités des gens soit l’equivalent de l’économie d’aujourdhui. Le but n’est quand meme pas de faire perdurer le systeme meurtrier et devastateur actuel !

    Pour ma part, je ne vois aucune raison, mais alors aucune, dans le mode de fonctionement de la société dans laquelle on vit, aucune raison de travailler. 
    Je n’ai pas à perdre ma vie dans un ascenseur social en panne, je n’ai pas à trimer pour engraisser 10% de la population mondiale et en enfoncer 3 millards dans la misère, je n’ai pas à travailler pour les TALIBANQUES, je n’ai pas à gacher ma vie pour la croissance française et l’augmentation de la masse monetaire mondiale.

    Je suis né pauvre, et je ne vois aucune raison de trimer pour rattrapper ça alors que d’autres naissent riches, ou est la logique ? Le mérite s’acquier-t-il dés la naissance ? je ne vois non plus aucune explication à ce qu’un immigré sénégalais devrait se crever le cul 2 fois plus pour esperer que ses enfants aient une education convenable .

    Cela ne m’empeche pas d’etre actif et d’aider plus de gens avec mes activités non rémunérées ( et mon RMI) que la plupart des ministres du gouvernement français.

    Une mère au foyer avec 3 enfants travaille-t-elle moins qu’un secrétaire d’etat à l’integration ? je ne pense pas , dans le cas de celles que je connais , c’est plutot du 24h/24.Dans ce cas pourquoi n’aurait-elle pas droit elle aussi à sa part du gateau monetaire ? Ou est la logique ?

    Qu’y a t-il de si metaphysique dans le travail pour que la simple évocation de son abolition rende la plupart des gens furieux.

    Vous parlez d’inactifs, mais vous en connaissez beaucoup vous des inactifs, des gens qui foutent rien. ?
    Ce mot n’est pas le bon . Ce n’est pas le travail qui est mal partagé mais l’argent.


    L’argent ne vient pas du seigneur, il ne vient pas du travail non plus , il est juste crée par les banques, alors distibuons le equitablement et regardons ce qui se passe ....


  • Par olivier cabanel (xxx.xxx.xxx.213) 16 septembre 2008 17:09
    olivier cabanel

    Chmoll,

    (vous avez de la parenté avec le grand Eddy ?)

    vous évoquez le système D, mais j’aurais de la peine a critiquer ceux qui veulent à tout prix s’en sortir, au lieu d’etre obligé de vendre tout, et d’habiter la rue...

    un économiste allemand, dont j’ai oublié le nom, avait une idée que l’on pourrait qualifier d’utopique, et pourtant.
    il proposait de salarier tous les sans emplois a hauteur de 1500 euros.
    sans la moindre contrepartie.

    son calcul est simple : les femmes et hommes sont sans emploi puisqu’ils ont été remplacé par "des machines" (ordinateurs, robots etc...)
    la marge bénéficiaire de l’entreprise qui les a remplacé serait toujours la même, voire meme plus importante, puisqu’on ne salarie pas une machine,
    puisqu’une machine ne connait pas la grève...
    a part, bien sur, une panne...
    donc théoriquement son calcul tient la route,
    la conséquence directe serait que ceux qui n’ont plus de travail resteraient consommateurs, et donc soutiendraient la croissance,

    c’est résumé en quelques mots, mais l’idée est là,
    j’en avais d’ailleurs fait un article il y a plusieurs mois (je crois que le titre était "travailler nuit gravement à la santé),

    merci de votre commentaire

  • Par JL (xxx.xxx.xxx.216) 16 septembre 2008 15:13
    JL1

    Bonjour, bien sûr j’approuve ce que vous dites. Mais convenez-en : comment voulez vous faire baisser le coût du travail s’il n’y a pas la peur du chômage ? Et comment voudriez-vous faire peur aux travailleurs s’il n’y a pas un fort taux de chômage ?

    Il y a peu de temps, un président disait  : "contre le chômage, nous avons tout essayé". En réalité, il suffirait de faire le contraire de ce qui a été fait par les gouvernements de droite.

    De la même façon qu’on fait pression sur les salariés pour baisser le coût du travail, on fait pression sur les petites entreprises en leur imposant un même taux de charges que sur les entreprises florissantes.

    Ce matin, Peyrelevade disait que l’on doit baisser les charges sur les entreprises exposées à la concurrence étrangère, c’est pourquoi il en est ainsi. Si la mondialisation n’existait pas, les capitalistes l’inventeraient.

  • Par olivier cabanel (xxx.xxx.xxx.72) 16 septembre 2008 16:10
    olivier cabanel

    Rilax,

    pour etre plus pessimiste que vous (ce qui n’est pourtant pas dans ma nature) je dirais, "ce qu’il ne fallait pas faire".

    on voit aujourd’hui que le chateau de carte financier de l’ultra libéralisme est en train de s’écrouler,*
    la faute aux décideurs politiques, mal conseillés, qui ont choisi l’option "dans le mur".

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