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Accueil du site > Actualités > Economie > Une bonne nouvelle : l’euro à son plus bas niveau !

Une bonne nouvelle : l’euro à son plus bas niveau !

Début juillet 2005, en réfléchissant sur la politique économique, j’écrivais : "En ce qui concerne les exportations (à peine 1% d’augmentation annuelle moyenne au cours des trois dernières années, nouvelle baisse au premier trimestre de 2005), l’initiative essentielle doit demeurer confidentielle et ne s’accommode pas des déclarations de tréteaux. A quelque chose malheur a été bon : le non au projet de traité constitutionnel européen a amorcé une décrue de l’euro qui atteignait des niveaux absurdes, détruisant le potentiel d’exportation européen. Cette évolution doit être consolidée et accentuée. Quand les États-Unis ont voulu faire baisser le dollar, ils ont su le faire. Je ne doute pas que les autorités européennes compétentes puissent faire de même. L’argument selon lequel un euro fort diminue la facture pétrolière, pour exact qu’il soit arithmétiquement, ne doit pas dissuader d’agir dans ce sens, son impact négatif sur les exportations et donc sur la croissance étant stratégiquement beaucoup plus important."

Or, hier, la monnaie unique est tombée jusqu’à 1,1711 dollar en séance, un niveau qui n’avait plus été observé depuis novembre 2003.
En outre, comme l’écrivent Les Echos d’aujourd’hui, 9 novembre 2005, « Le président de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker a appelé, lundi soir, la Banque centrale européenne à "ne pas prendre de décision monétaire inconsidérée" sur les taux d’intérêt, dans la mesure où la hausse des prix de l’énergie n’a pas provoqué d’effets secondaires de nature inflationniste dans la zone euro ». Or les déclarations récentes des responsables de la BCE donnent plutôt le sentiment que l’on s’oriente vers un relèvement des taux au début de 2006. « Nous avons demandé à la BCE, après un débat fourni, de prendre en compte cette situation quand elle se réunira pour décider de sa politique », a expliqué Jean-Claude Juncker, qui a mis en garde contre « l’impact d’une éventuelle hausse des taux sur une reprise économique qui reste fragile ».

On peut tirer deux motifs de satisfaction de cette journée :

  • Le premier est que l’euro revient progressivement à un niveau « normal », de nature à consolider et à amplifier les exportations européennes, et surtout françaises, une des trois conditions impératives du retour à une croissance économique convenable.
  • Le second est que les autorités européennes semblent, à leur tour, capables d’orchestrer en finesse, à l’image de ce que font les autorités américaines depuis des décennies, l’évolution souhaitable de notre monnaie. Notons en passant que la présidence permanente de l’Eurogroupe qui était, à mon sens, un élément essentiel du dispositif que devait mettre en place le traité constitutionnel et qui fort heureusement avait un caractère informel, a survécu au désastre des non français et néerlandais, de sorte qu’un dialogue public cohérent et continu peut s’établir entre la Banque centrale européenne et les responsables de la politique économique.

Espérons que cette orientation positive ne sera pas mise à mal par une initiative intempestive de l’institution de Francfort, au moment même où la poursuite de la hausse des taux directeurs américains justifie sa politique obstinée et sage de stabilité des taux européens, et alors qu’aucune menace inflationniste réelle ne pointe à l’horizon.


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2 réactions à cet article    


  • www.jean-brice.fr (---.---.5.249) 21 février 2006 22:06

    CELA RISQUE DE NE PAS DURER ...


    • brch90 (---.---.184.196) 8 mars 2006 13:10

      Les dettes américaines sont vertigineuses. Le dollar pourrait dans le pire des cas n’être que l’ombre de sa valeur d’impression papier (abandon, par les autorités américaines, de la parution de la quantité de dollars papiers émise).

      Le report de valeur pourrait exercer une grande pression sur l’euro qui doit conserver sa valeur et sa stabilité. Sinon vous ne pourrez même plus vous acheter un appareil ’’made in china’’ avec vos économies, ni même un litre de carburant pour votre automobile.

      Vous exporterez quoi si vous ne pouvez plus acheter de matières premières ? Vous ferez une guerre pour aller voler le pétrole ? Vous allez relancer l’inflation ? Gagner deux fois votre salaire pour payer le reste deux fois plus cher ? Faire du troc ? Où est le bénéfice ?

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