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Accueil du site > Actualités > Economie > Une crise alimentaire mondiale est en train d’éclater

Une crise alimentaire mondiale est en train d’éclater

Dans notre monde globalisé, quand la demande pour un produit est supérieure à l’offre, c’est partout dans le monde que la hausse des prix se ressent. Après le pétrole, les métaux, c’est aujourd’hui nos matières premières les plus sensibles et les plus vitales qui manquent : les céréales, base de toute l’alimentation humaine. Le point sur les conséquences et sur quelques pistes de moyens d’action pour éviter une famine globale.

Depuis un peu plus d’un an, j’évoque sur mon blog et sur Agoravox l’envolée des prix des produits agricoles (voir : "Vers une hausse des prix agricoles ?" du 29 janvier 2007). Le 20 mars 2007, dans mon article "La rareté et les crises alimentaires à venir" (ou "La fin des produits agricoles à bas prix" dans la version Agoravox), j’écrivais : "si les prix doublent, cela aura un impact non négligeable sur notre inflation et notre pouvoir d’achat (+15 %, reste à voir en combien de temps), mais ce sera un tsunami pour les plus pauvres. Et, hélas, les malchanceux vivant dans les mauvaises régions souffriront vite de famines. Si les prix triplaient, c’est tout le continent africain qui retomberait dans la malnutrition, mais aussi l’ensemble des pays émergents qui seraient menacés. Si les prix décuplaient... je ne préfère pas imaginer les conséquences". Depuis six mois, les prix augmentent effectivement (+60 % sur un an selon The Economist) et, depuis quelques semaines, nous commençons à en percevoir les conséquences. De nombreux pays ont ainsi vu leur population provoquer récemment des "émeutes de la faim".

Dès 2006, le prix du maïs avait fortement augmenté avec le décollage des biocarburants américains. Et, en 2007, les Mexicains, dont les tortillas quotidiennes sont essentiellement composées de maïs, avaient manifesté leur mécontentement quand le prix de détail de la farine avait augmenté. En 2007, c’est le prix du blé qui a explosé, suite à une année de récolte particulièrement mauvaise. Et conséquence, début 2008 apparaissent des émeutes de la faim, en Afrique et à Haïti et on ne peut que le comprendre. Si vous dépensiez 80 % de vos revenus rien que pour votre nourriture, comment faites-vous quand son prix augmente subitement de 60 % ?! Et, depuis quelques semaines, c’est le prix du riz qui s’envole. Nul doute que, dans quelques mois, le temps que la hausse se répercute sur les prix de détail, les rues du Cambodge, du Laos, du Bangladesh, mais aussi de Chine et d’Inde, seront le théâtre d’autres émeutes de la faim. A partir de cette année, et tant que les prix resteront aussi élevés, la famine s’installera vraisemblablement dans des dizaines de pays supplémentaires dans le monde.

Le phénomène s’amplifiera dans les pays non autosuffisants en nourriture, car la tentation protectionniste ("gardons notre nourriture chez nous") est grande dans les pays producteurs. Nombre d’entre eux (Argentine, Inde, Russie...) ont ainsi déjà instauré ou augmenté les taxes à l’exportation sur les céréales. Certaines denrées sont même purement interdites à l’exportation. L’offre disponible pour les pays dépendants se réduit ainsi sur le marché, ce qui a été la cause d’un bond de 30 % en un seul jour du prix du riz en mars notamment ! Les Etats essaieront probablement de limiter la hausse, en subventionnant (certains le font déjà) les denrées de base. Mais, bien que cela améliore le sort des plus démunis, cela aura vite un coût insupportable pour leurs finances publiques.

Les moins sensibles de mes lecteurs se diront peut-être que, des pauvres et des famines, il y en a déjà et que l’on arrive quand même à vivre dans nos pays développés sans trop de problèmes. Mais ce serait ignorer l’instinct de survie de l’homme. Si, demain, vos revenus ne vous permettaient plus d’acheter de quoi manger à votre faim, au point que vous puissiez entrevoir votre mort de faim prochaine, croyez-moi, vous tenteriez tout pour survivre. Vous déclencheriez des émeutes, vous voleriez, vous tueriez peut-être. Et vous essaierez de partir là où d’autres mangent à leur faim. Clairement, c’est une vague d’immigration massive (comptez en centaines de millions d’individus) qui attend l’Europe et l’Amérique du Nord ! Et nous savons que les famines favorisent les maladies et même les pandémies. Vivant tous dans un monde globalisé, nous sommes tous concernés !

A-t-on des moyens d’agir ? Peut-on éviter un désastre ?

Lancer des programmes humanitaires pour envoyer des paquets de riz en Afrique ? Bien sûr, il faut le faire très vite ! Mais le problème ne sera que retardé, pas réglé. Et, comme il y a plus de gens nécessiteux que de donateurs potentiels en Occident, ce sera insuffisant.

Ce qu’on peut faire à court terme, c’est utiliser moins de biocarburants dont on s’est rendu compte assez vite qu’ils n’étaient pas vraiment plus "verts" que l’essence pétrolière et dont on va se rendre compte très vite qu’ils constituent une sorte de "crime contre l’humanité" comme l’a dit en octobre 2007 Jean Ziegler, alors rapporteur des Nations unies sur le droit à l’alimentation, car il faut autant de céréales pour faire le plein d’éthanol dans un 4x4 que pour nourrir une personne pendant une année !

Une autre solution réside - paradoxalement - dans une des causes de ces augmentations de prix : il faut cinq fois plus d’hectares pour produire une calorie de viande qu’une calorie de céréales et les habitants des pays en développement en consomment de plus en plus. Autrement dit, étant donné que la surface cultivable est limitée à court terme, si nous mangeons moins de viande en Europe, nous pourrons exporter plus de céréales dans les pays les plus nécessiteux (voir liste en fin d’article). Mais je ne suis pas sûr que nous soyons prêts à choisir un plat de pâtes au beurre en lieu et place de notre steak. Je ne suis pas sûr que nous soyons capables d’une telle générosité, d’un tel sacrifice. "Heureusement", le marché a cet aspect autorégulateur : la hausse des prix va forcer de nombreux consommateurs partout dans le monde à faire ce "choix".

Il faut aussi et surtout, même si cela ne portera ses fruits (ainsi que ses légumes et ses céréales !) que dans quelques années, investir dans l’agriculture des pays pauvres. Si l’Afrique utilisait les mêmes techniques, outils, engrais et moyens de transport que l’Europe et les États-Unis, elle pourrait nourrir son milliard d’habitants actuel et même plus (2 milliards en 2050 selon les projections de l’ONU). Il faut pour cela développer le crédit (micro ou pas) et c’est la Banque mondiale et le Fonds monétaire international qui doivent jouer leur rôle (ce qui tombe bien au moment où ils s’en cherchaient un). Vu le niveau actuel des prix, ces nouvelles exploitations agricoles n’auront aucun mal à être rentables et à rembourser les prêts octroyés. C’est gagnant gagnant.

En combinant les deux leviers d’actions précités, si nous voulions vraiment éviter ces famines et sauver ces gens, nous instaurerions une taxe sur la viande dans tout l’Occident et utiliserions les sommes au développement agricole des pays pauvres de la planète. A nous de décider ce que nous voulons faire.

www.NonALaDette.fr

Pour information, la liste des pays les plus touchés par les pénuries de denrées alimentaires selon la FAO :

Afrique : Burundi, Centrafrique, Côte-d’Ivoire, Erythrée, Ethiopie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Kenya, Lesotho, Liberia, Mauritanie, Ouganda, République démocratique du Congo, République du Congo, Sierra Leone, Somalie, Soudan, Swaziland, Tchad et Zimbabwe.

Asie : Afghanistan, Bangladesh, Corée du Nord, Indonésie, Irak, Népal, Pakistan, Sri Lanka et Timor oriental.

Amérique latine : Bolivie, Haïti, Nicaragua et République dominicaine.

Europe : Moldavie et Tchétchénie (Fédération de Russie).


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140 réactions à cet article    


  • ZEN ZEN 14 avril 2008 10:36

    @ L’auteur

    Des programmes humanitaires ne résoudront rien. Le problème est structurel :

     

    La hausse des prix agricoles est une menace pour la sécurité mondiale, selon l’ONU

    "...Ces révoltes de la faim ne sont pas de même nature que celles qui embrasèrent l’Algérie, l’Indonésie, le Vénézuela au tournant des années 1980-1990. Trois éléments se mêlent pour donner à la crise actuelle une dimension originale.

    D’abord un paradoxe : c’est parce que des dizaines de millions d’hommes sortent de la pauvreté que des dizaines de millions d’autres y plongent davantage. Le développement spectaculaire de la Chine, de l’Inde, du Brésil fait émerger des classes moyennes qui accèdent à la société de consommation et se nourrissent de mieux en mieux. L’accroissement de la demande est la première cause de la flambée des prix des matières premières, qu’il s’agisse du fer, du pétrole ou des produits alimentaires de base.

    Ensuite, le réchauffement climatique est à l’origine d’inondations, sécheresse, tempêtes et autres désordres qui affectent la production agricole. La pénurie en est accrue, alors que les besoins augmentent à toute vitesse.

    Enfin, la raréfaction des ressources en hydrocarbures fait bondir les prix de l’énergie. Cela se répercute sur le coût des engrais, donc sur les prix agricoles. À cela s’ajoute la vogue des carburants verts, qui pousse de plus en plus à mettre dans les moteurs les huiles ou céréales qui servaient à nourrir les gens. D’immenses surfaces agricoles sont ainsi détournées des besoins alimentaires.

    Il aura fallu des révoltes populaires pour que le risque que fait courir au monde l’augmentation du prix des céréales soit pris au sérieux. Louis Michel, commissaire européen au développement, redoute, à juste titre, « un vrai tsunami économique et humanitaire » en Afrique.

    Pour l’éviter, il ne suffira pas que l’Union européenne, comme elle l’annonce, double son aide aux pays les plus pauvres. Il faudrait déjà qu’elle remplisse ses engagements passés. Or, son aide publique a baissé l’an dernier. Et la France, qui s’apprête à prendre la présidence de l’Union, est l’une des principales fautives. Encore faut-il aussi revoir de fond en comble les politiques de développement..."(Ouest-France)
    -Google : emeutes de la faim

    Matières premières et inflation mondiale :
    "...Ce n’est pas ces évolutions ou des accidents climatiques qui expliquent le triplement (et plus) du cours du blé depuis janvier 2006 ! Allez plutôt voir du côté des grands marchés du blé, du soja, du maïs au Chicago Mercantile Exchange. Les banques d’investissement y prennent de fortes positions. En l’absence d’un marché organisé pour le riz, certains fonds d’investissement en financent le stockage (accaparement).Le même raisonnement vaut pour le pétrole (ou les métaux). La hausse verticale des graphiques de prix ne s’explique qu’en faible partie par la faiblesse des investissements au cours des dernières années. La vérité est plutôt que ces investissements paraissent absolument dérisoires au regard des positions prises à la hausse par des... banques sur le Nymex à New York ou sur l’International Petroleum Exchange à Londres. Les marchés sont déréglés parce que l’or noir et jusqu’aux denrées agricoles sont devenus des valeurs « refuges »."

    Tempête sur les grains :
    "...les terres consacrées aux cultures de biocarburants de synthèse ne sont plus disponibles pour les cultures vivrières, ce qui fait que les subventions aux biocarburants sont un facteur majeur dans la crise alimentaire. On pourrait décrire les choses de cette façon : les gens meurent de faim en Afrique afin que les hommes politiques américains puissent gagner des voix dans les Etats agricoles des USA....l’une des raisons pour laquelle la crise alimentaire a pris aussi rapidement des proportions si dramatiques c’est parce que les principaux acteurs du marché des céréales ont fait preuve d’un coupable laisser aller.Les gouvernements et les vendeurs de céréales du secteur privé maintenaient habituellement des stocks importants, pour le cas où une mauvaise récolte aurait provoqué une pénurie soudaine. Au fil des ans, toutefois, on a autorisé ces stocks de précaution à diminuer, principalement parce que tout le monde en était venu à imaginer que les pays souffrant de mauvaises récoltes pourraient toujours importer la nourriture dont ils avaient besoin.Cet état de fait a rendu l’équilibre des ressources alimentaires mondiales très vulnérable à une crise affectant de nombreux pays à la fois - de la même façon que la commercialisation de titres financiers complexes, censée répartir les risques, a rendu les marchés financiers mondiaux très vulnérable aux chocs systémiques..."

    La crise alimentaire bouleverse la planète :
    "...Certains Etats exportateurs garderaient leur marchandise pour la vendre au plus haut. Devant la panique, des pays producteurs comme le Vietnam, l’Inde ou la Thaïlande ont interdit les exportations. Des fonds spéculatifs sont aussi entrés dans la danse. "La variation des prix à court terme les a beaucoup intéressés. Et désormais, ils participent à cette volatilité du marché", analyse Andrée Defois, de la revue spécialisée Stratégie grains. En Europe, où la part du budget des ménages dans l’alimentation reste mesurée, les effets de la crise ne se font pas trop sentir. "Mais dans les mois qui viennent, le panier de la ménagère française va augmenter dans des proportions importantes, prévient Jean-Pierre Brun. Car il va bien falloir répercuter la hausse actuelle des prix.."

     

     

     

     


    • faxtronic faxtronic 14 avril 2008 10:56

      Chose tres importante a savoir. Cet hiver il a neigé comme il a jamais dans le sud de la Chine. Jamais ils n’ont eu cela avant. Les prix de la bouffe explose en Chine, et ils importent des grains des US. C’est extremement important de savoir cela : Les provinces du sud de la Chine ont subit une catastrophes climatique cet hiver. Et ils achetent de la bouffe, et ils ont les moyens de le faire ( donc l’offre a diminué, donc les prix montent). 


    • faxtronic faxtronic 14 avril 2008 11:06

      "Vu le niveau actuel des prix, ces nouvelles exploitations agricoles n’auront aucun mal à être rentables et à rembourser les prêts octroyés. C’est gagnant gagnant"

      Euh, si l’offre augmente drastiquement, les prix diminuent.... Une meileure agriculture en Afrique est souhaitable pour l’Afrique et le monde. Mais ce sont les africains qui doivent s’y ateller, pas nous. 


    • Lucie Vivien 14 avril 2008 17:20

      Mais on sait bien que ce sont les politiques occidentales et internationales qui ont quasiment obligé les pays en voie de développement à négliger leurs agriculture vivrière au profit des cultures pour l’exportation.


    • aurelien aurelien 14 avril 2008 22:49

      La seule solution pour sortir de la crise mondiale alimentaire est d’imposer uniformément à la planète par le biais de l’OMC, l’ONU et autres organismes en présence, une nouvelle politique mondiale agricole, qui se traduirait par :

      1-la sortie de l’économie de marché pour les denrées alimentaires et les produits de culture

      2-l’autonomie alimentaire vivrière obligatoire des pays membres

      3-la constitution d’une nouvelle économie agricole d’échanges excédentaire, dont les quotas seraient définis par chaque territoire de production, et en fonction de leurs ressources génétiques traditionnelles.


    • Nono Ladette Nono Ladette 15 avril 2008 12:06

      Ouhla, vous, vous me faites peur !

      Si cette crise en vient à réveiller non seulement les thèses protectionnistes mais aussi les thèses communistes, alors ses effets sur l’appauvrissement de l’espèce humaine vont être décuplés.

      Il faut la résoudre par l’économie de marché soutenue par les Etats (prêter des fonds aux agriculteurs pour augmenter la production, je me répète). La Banque Mondiale et le FMI semblent sur le point de réagir en ce sens. A suivre donc...


    • Forest Ent Forest Ent 14 avril 2008 10:42

      Il y a une cause de la hausse qui n’est pas mentionnée ici : les "subprimes". Ce n’est pas par hasard que cette crise alimentaire éclate en ce moment. Tous les sous qui ne veulent plus se placer dans les actions, les hedge funds, l’immobilier, les dérivés, doivent bien aller quelque part. L’inflation qui a été artificiellement bloquée pendant 15 ans reprend ses droits brutalement.

      La "crise des subprimes" est fondamentalement une crise économique. La création de monnaie a permis de masquer pendant 15 ans une situation de grands déséquilibres mondiaux. Voici le "retour du refoulé".


      • Dominique Larchey-Wendling 14 avril 2008 10:59

        Je pense que le terme "subprime" est un peu impropre ici. Crise (générale) de la dette américaine, vie à crédit des américains, survalorisation du dollar conviendraient mieux ;

         


      • Yves Rosenbaum Yves Rosenbaum 14 avril 2008 13:04

        Très bonne remarque, Forest Ent, les "hedge funds" tentent de se refaire une santé suite aux "effets subprime" et ils se sont depuis massivement rués sur les matières premières. Le contexte actuel (poussée démographique, réchauffement climatique, etc.) est une occasion rêvée pour eux de s’en mettre plein les poches...

        http://www.lemonde.fr/economie/article/2008/03/28/la-speculation-chamboule-les-prix-des-matieres-premieres_1028439_3234.html

         


      • Forest Ent Forest Ent 14 avril 2008 15:34

        Il faut d’ailleurs noter que le réveil dans les biens matériels de l’hyperinflation en dollars n’explique pas l’augmentation des prix de détail en euros : le yaourt a augmenté beaucoup plus que le lait. Cela montre bien qu’il y a un effet capitalistique bien au-delà d’une augmentation de la demande. Si ça se trouve, la hausse est peut-être même liée à une diminution de la demande solvable


      • jesuisunhommelibre jesuisunhommelibre 14 avril 2008 16:33

        Avant d’accuser les sub-primes qui ne sont, dans ce cas, qu’un épiphénomène, il y a de nombreuses causes et beaucoup ont la même origine :

        • Subvension de la PAC => les denrées cultivées en afrique sont plus chères que les importations => diminution des terres cultivées.
        • Les africains ne sont pas propriétaires de leurs terres. Il n’y a pas de "système cadastral" => mauvaise exploitation des sols, spoliations (expropriation sans contre-partie).
        • Taxes à l’import. Tout ce que les gouvernement locaux on trouvé, c’est le protectionnisme.
        • Le lobbying écologiste qui a, par des impôts (aux USA, au Brésil, ...), déséquilibré le marché des céréales, en favorisant les bio-carburants.

        Dans toutes ses raisons, on voit la main de l’économie dirigée, avec son corolaire : en cas de problème, au lieu qu’il soit local et vite compensé, il prend tout un pays, voire un continent.

         


      • Forest Ent Forest Ent 14 avril 2008 19:24

        Ca me semble rester dans la logique du "libre-échange cause de la crise". S’il s’agit bien d’un déséquilibre capital/travail masqué par le crédit, la fin du crédit gratuit lève le voile sur un appauvrissement généralisé.

        Si les états sont obligés de subventionner l’alimentation pour éviter les famines, ils paieront ainsi leur tribut à l’excès de monnaie. Nationaliser les pertes, toujours ...

        Qu’est-ce qui va émerger dans les pays émergents ?


      • jesuisunhommelibre jesuisunhommelibre 14 avril 2008 19:25

        @ Leon,

        Vous n’avez pas bien lu. C’est justement à cause du dirigisme et de solutions "globales" que cette crise éclate.


      • jesuisunhommelibre jesuisunhommelibre 14 avril 2008 19:47

        Ohé, Léon,

        Le thème de la discussion, c’est la crise alimentaire, et ma réponse concerne celle-ci.


      • jesuisunhommelibre jesuisunhommelibre 14 avril 2008 19:51

        Quant au sub-prime, oui, il s’agit d’initiative politique (avec contrainte fiscale à la clé) pour obliger les organismes bancaires a faire crédit à des populations insolvables. Ensuite, sachant que l’Etat providence finirait bien par intervenir, les banques s’en sont donnés à coeur-joie. Tout en passant le furet à d’autres ...

        Votre remarque était donc très pertinente. Merci Léon


      • tvargentine.com lerma 14 avril 2008 10:44

        Qui a vendu durant des années dans le monde que les cultures pouvaient apporter une alternative au pétrole. ???????

        Nous voyons bien ou ce discours à conduit bon nombre de pays ,c’est a dire de ne plus permettre à sa population l’auto suffisance alimentaire

        Je suis désolé de dire que ce n’est pas "Le développement spectaculaire de la Chine, de l’Inde, du Brésil fait émerger des classes moyennes qui accèdent à la société de consommation et se nourrissent de mieux en mieux" car bien souvent ces pays sont producteurs et disposent d’énorme parcelle de terrain pour produire de tout.

        En Europe ,c’est la politique agricole commune qui est à remettre sur la table car durant des années nous avons subventionné des produits qui ne servait qu’à faire du stock (beurre) et ensuite subventionné les agriculteurs pour laisser des parcelles en jachere !!

        Ils s’agit d’une erreur de politique de développement stratégique de l’Europe

        Le réchauffement climatique a bon dos pour justifier ces erreurs et pour mieux les dissimuler

         


        • Dominique Larchey-Wendling 14 avril 2008 11:07

          "Qui a vendu durant des années dans le monde que les cultures pouvaient apporter une alternative au pétrole. ???????"

          Les libéraux/néo-libéraux, les économistes de la Terre plate, les fondamentalistes du marché. Dans l’état actuel des choses, RIEN ne peut venir se substituer ni au pétrole en particulier, ni aux énergies fossiles (gaz+charbon) en général, et surtout pas l’U235 dont les réserves sont très limitées. Je n’arrête pas de le répéter depuis des années et les plus féroces opposants à ce constat sont toujours dans les catégories pré-citées.

          Comme dirait Matthew Simmons ("Twilight in the desert"), le plus grand champ de pétrole qui reste à découvrir s’appelle "économies d’énergie".

          Oui ce sont bien les discours abscons sur les vertues magiques (ou "autorégulatrices" pour avoir l’air intelligent) du marché qui nous ont conduit là où nous sommes. Alors le marché va certainement trouver une solution à la crise énergétique et alimentaire mais croyez-moi, personne ne peut vouloir de cette solution.

           

           


        • faxtronic faxtronic 14 avril 2008 11:22

          " Alors le marché va certainement trouver une solution à la crise énergétique et alimentaire mais croyez-moi, personne ne peut vouloir de cette solution"

          Soit plus precis, tu parles de quelle solution ?


        • Nono Ladette Nono Ladette 14 avril 2008 11:35

          Faxtronic, si on ne fait rien, les marchés s’ajusteront comme ils l’ont toujours fait dans l’histoire de l’humanité : les prix augmenteront jusqu’à ce que certains meurrent de faim (et/ou de pandémies) ce qui réduira la "demande" de nourriture à terme et permettra un nouvel "équilibre" offre-demande (et donc des prix plus raisonnables) où il y aura moins d’habitants sur cette planète (leur nombre étant limité à la quantité de nourriture produite).

          Ca c’est le marché. Il est en général efficace, mais dans certains cas comme cette crise naissante, ses solutions ne sont en effet pas acceptables pour l’humanité.


        • faxtronic faxtronic 14 avril 2008 11:53

          "comme cette crise naissante, ses solutions ne sont en effet pas acceptables pour l’humanité"

          Il faut un controle des naissances pour eviter la mort de 1 milliards de personnes par la faim. La chine le fait bien, l’Afrique peut le faire.


        • Dominique Larchey-Wendling 14 avril 2008 12:10

          Par ce dont personne ne veut, je voulais parler de guerre mondiale pour les ressources. C’est ça le réajustement du marché. A moins qu’une famine ou une pandémie ne viennent changer la donne avant.

          Le contrôle des naissances ... pourquoi les africains ? A cause de "leurs bites" pour parler comme P. Sevran ?

          Non, le problème n’est pas en Afrique. Le problème alimentaire est surtout le problème des agro-carburants ... et donc c’est aussi le problèmes des pays riches. Les pays riches doivent apprendrent à vivre avec les ressources propres de leurs territoires et selon des échanges équitables avec les autres pays.

           


        • faxtronic faxtronic 14 avril 2008 12:27

          Pourquoi africains : parce que

          "Afrique : Burundi, Centrafrique, Côte-d’Ivoire, Erythrée, Ethiopie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Kenya, Lesotho, Liberia, Mauritanie, Ouganda, République démocratique du Congo, République du Congo, Sierra Leone, Somalie, Soudan, Swaziland, Tchad et Zimbabwe."

           


        • faxtronic faxtronic 14 avril 2008 12:29

          "Les pays riches doivent apprendrent à vivre avec les ressources propres de leurs territoires et selon des échanges équitables avec les autres pays"

          Pourquoi le feraient-ils ?


        • Philou017 Philou017 14 avril 2008 12:30

          Ben voyons, c’est la faute à l’Afrique.

          Qui a institué des monocultures (coton, banane, etc) appauvrissant la terre et réduisant les surfaces de nourriture ?

          Qui a soutenu des guerres et permis le trafic d’armes à grande échelle, amenant délocalisation, exode des populations(surtout paysannes) et famine ?

          Qui a détruit l’équilibre naturel des sociétés africaines via la colonisation ?

          Qui soutient des dictateurs pour le plus grand bien de nos multinationale qui achetent les matieres premieres à bas prix ?

          Comme si on avait rien à voir là-dedans....


        • faxtronic faxtronic 14 avril 2008 12:33

          "Ben voyons, c’est la faute à l’Afrique"

          Jamais dit cela, mais aussi le probleme de l’afrique, qui a une population qui explose.


        • Dominique Larchey-Wendling 14 avril 2008 12:50

          @ faxtronic

          Pourquoi le feraient-ils ?

          Vous avez raison ... ça n’est absolument pas évident qu’ils fassent ce choix là. Mais je dirais que c’est le seul qui leur permette de continuer à croire qu’ils sont civilisés ... je ne doute pas que certains Occidentaux soient d’accord pour renoncer à la "civilisation" pour maintenir leur hégémonie. Mais alors quelle différence entre nous et les "barbares" ? Et pour quelle "bonne" raison les vieux riches vont-ils envoyer leurs enfants à la mort ? Ces enfants voudront-ils se battre pour une génération qui a tout eu sans jamais se battre elle-même, se drappe dans sa bonne conscience et son confort matériel et leur laisse des montagnes de dettes, financières, environnementales, morales ?

          C’est effectivement un choix de civilisation auquel nous faisons face.

           


        • faxtronic faxtronic 14 avril 2008 12:59

          Exactement dominique.

          Ils s’agit non seulement d’un probleme de civilisatio, mais c’est de civilisation mondiale, il s’agit de nature humaine. Or la nature humaine ne se change pas si vite. Or il y a penurie de tout, donc il y a aura famines, guerres et maladie. Taxer la viande, c’est favoriser les cereales, c’est pas exactement le but. Et c’est vraiment marginal comme methode.

          Il n’y a pas autosuffisance de nourriture dans le monde, car les gens qui mangent a leur faim augmentent. C’est ca le probleme a regler. Produire plus de bouffe, multiplié par 10 la quantité de nouriture produite et arreteé coute que coute l’explosion demographique. Si on ne le fait pas volontairement, cela se fera naturellement.

           


        • Dominique Larchey-Wendling 14 avril 2008 13:16

          Très honnêtement, je ne crois pas que l’Occident puisse gagner une guerre mondiale contre les pauvres. Sauf à utiliser des moyens tels que des armes nucléaires et des massacres de masse qui auront un impact psychologique énorme sur ceux qui les commettront, sans même parler du ressentiment infini qu’ils engendreront chez les victimes de ces actes.

          Je ne vois guêre de solution pour nous que de donner l’exemple et réduisant massivement notre consommation d’énergie ... mais je suis assez pessimiste sur notre capacité à accepter cela collectivement. C’est tellement plus facile d’accuser les autres. Déjà pour que les Occidentaux comprennent que leur mode de vie est la source du problème sera difficile tellement les gens se définissent par leur capacité à consommer (càd par l’argent).

           

           


        • Philou017 Philou017 14 avril 2008 13:36

          Incroyable d’entendre parler de guerre et de réduction de population ... chez les autres, parce qu’il y a un probleme alimentaire. Il faut beaucoup plus de surface pour nourrir les occidentaux que les autres. Est-ce aux pays en voie de développement de payer la facture ?

          "L’empreinte écologique est une estimation de la surface nécessaire à une personne ou à un groupe de personnes ou à l’ensemble de l’humanité, pour produire ce qu’elle(s) consomme(nt) et absorber ce qu’elle(s) rejette(nt). Elle s’exprime en unité de surface : l’hectare (ha) et en nombre de planètes.

          ...

          c’est cela qui choque particulièrement, cette consommation est évidemment très inégalement répartie. Un Européen a une empreinte moyenne de 5 ha, un Américain du Nord de 9,7 ha, un Indien de 0,7 ha...

          www.ecoconso.be/spip.php

          On peut peut-être faire quelques efforts, non ?

           


        • Nono Ladette Nono Ladette 14 avril 2008 13:59

          Dominique,

          c’est le problème de l’Afrique et des autres pays très pauvres car c’est là que les famines vont surgir si on ne fait rien. L’Europe, en particulier celle de l’est, produit plus de nourriture que ce qu’elle consomme et a une population déclinante. Elle est largement à l’abri de pénuries alimentaires et bénéficie même, dans une certaine mesure, de la hausse des prix.

          Nous pourrions donc regarder les africains mourrir sans rien faire.

          Ou alors, nous pourrions partager une partie de notre richesse (et ceci que notre responsabilité dans l’apparition du problème soit démontrée ou pas). C’est, comme certains commentaires l’ont évoqué, une question philosophique sur la nature humaine, tiraillée entre égoïsme et solidarité.


        • Dominique Larchey-Wendling 14 avril 2008 14:22

          Je ne dis pas que l’Afrique n’aura pas de problèmes ... juste que les problèmes n’ont pas leur source principale en Afrique. Comment aider l’Afrique .. peut-être en arrêtant de la pressurer tout simplement. Ah mais j’oublais, si on arrête, c’est les Chinois qui prendront notre place ... les gros vilains. Continuons donc à saigner l’Afrique.

           

           


        • Lucie Vivien 14 avril 2008 17:22

          Tout à fait d’accord !


        • Lucie Vivien 14 avril 2008 17:35

          Je voulais dire d’accord avec Philou017 !!


        • faxtronic faxtronic 14 avril 2008 10:48

          Afrique : Burundi, Centrafrique, Côte-d’Ivoire, Erythrée, Ethiopie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Kenya, Lesotho, Liberia, Mauritanie, Ouganda, République démocratique du Congo, République du Congo, Sierra Leone, Somalie, Soudan, Swaziland, Tchad et Zimbabwe.

          Asie : Afghanistan, Bangladesh, Corée du Nord, Indonésie, Irak, Népal, Pakistan, Sri Lanka et Timor oriental.

          Amérique latine : Bolivie, Haïti, Nicaragua et République dominicaine.

          Europe : Moldavie et Tchétchénie (Fédération de Russie).

          Deja je retire d’office l’indonesie, car c’est un pays riche.

          Deja je retire pas mal de pays qui sont des pays terroristes.

          Deja je retire les pays qui sont en guerre contre nous.

          Deja je retire les pays qui sont sous daáutre sphers d’infleunce

          Deja je retire pas mal d’autre pays qui sont consummé par la corruption et ou tout effort se transformera en coffres garnis dans un paradis fiscal.

          Il reste peu de pays, mais qui merite d’etre aidés, tout en sachant que ta taxe sur la viande :

          - ruinera les eleveurs francais et favorisera les grands cerealiers

          -augmentera les taxes de premieres necessités (la viande est necessaire pour au moins 80% de la populations)

          -sera limité a la France, donc peu efficace.

          -Fera diminuer le cout des cereales, et donc fera augmenté le profit du a l’ethanol. Ce qui tu propose en fait cet un aide indirect au producteurs de cereales et d’ethanol.

          Je suis contre ge genre de methode. Je propose plutot des aides bilaterales conditionnées et une surveillance acrue des frontieres, a l’americaine.


          • miwari miwari 14 avril 2008 11:01

            Je ne savait pas qu’on était en guerre ?

            C’est vrai qu’on ne me dit jamais rien à moi !


          • Méric de Saint-Cyr Méric de Saint-Cyr 14 avril 2008 11:04

            @ faxtronic

            Alors là je ne suis pas d’accord : la production de la viande est depuis longtemps uen absurdité et une aberration, tant économique (il faut au minimum 8 kg de céréales pour produire 1 kilo de viande), écologique (l’élevage pollue énormément) que diététique (la viande n’est pas nécessaire pour l’alimentation humaine, sa consommation résulte d’un dérappage dans la civilisation).

            Si toute la nourriture gaspillée pour l’élevage était directement donnée aux hommes, on croulerait sous l’abondance.

            Rappel : le régime crêtois, réputé pour favoriser la longévité et éviter les maladies cardio-vasculaires, est végétarien, avec un peu de poisson (un peu ça veut dire pas tous les jours).

            Voici quelques liens :

            Une évidence s’impose : de toute manière si nous voulons que les 6,5 milliards d’humain, bientôt 7, mangent à leur faim, il faudra nécessairement dimininuer la production de la viande car, que vous le vouliez ou non, IL N’Y EN AURA PAS POUR TOUT LE MONDE, c’est une affaire de superficie des terres arables.

            Je ne parle même pas des agrocarburants dont l’absurdité scandaleuse est une évidence. On ferait mieux de rouler moins et manger mieux.


          • faxtronic faxtronic 14 avril 2008 11:10

            "Alors là je ne suis pas d’accord : la production de la viande est depuis longtemps uen absurdité et une aberration, tant économique (il faut au minimum 8 kg de céréales pour produire 1 kilo de viande), écologique (l’élevage pollue énormément) que diététique (la viande n’est pas nécessaire pour l’alimentation humaine, sa consommation résulte d’un dérappage dans la civilisation)."

            Tu peux le penser, mais ils n’empechent que la viande est consommé partout, partout dans le monde, par qusiemnt tout le monde.

            Par contre on peut imaginés des viandes artificielles pour le futur :

            http://en.wikipedia.org/wiki/In_vitro_meat

            http://science.slashdot.org/article.pl?sid=02/12/31/1425214&mode=thread

            http://www.nytimes.com/2005/12/11/magazine/11ideas_section2-9.html?_r=1&oref=slogin

             

             


          • Gandalf Tzecoatl 14 avril 2008 11:14

            @méric de Saint-Cyr :

            "il faut au minimum 8 kg de céréales pour produire 1 kilo de viande"

            Non, un poulet industriel a un indice de consommation de 1,75 kg (bref, il mange 1,75 kg, essentiellement de céréales pour produire 1 kg poids carcasse). Pour le porc, c’est moins de 3 kg.

            La truite d’élevage, c’est moins d’un kilo (elle trouve le reste de sa nourriture dans l’eau).

            Bref, on peut aimer la viande (ou le poisson) tout en n’affamant pas ses voisins du Sud.

             


          • faxtronic faxtronic 14 avril 2008 11:14

            "Je ne savait pas qu’on était en guerre ?"

            Irak, afgnanistan, somalie, soudan..... Ce n’est pas une guerre ouverte, mais mais ce sont des guerres ou des tres fortes inimitiés quoique l’on en disent. Sans compter le Tchad ou la Cote d’ivoire.


          • Faith 14 avril 2008 11:28


            @ Tzecoatl

            Auriez vous sous la main un lien vers un site où l’on puisse trouver ces informations ? Celà m’intéresserait beaucoup...

            Merci

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