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Une Finance autiste

De Lloyd Blankfein, grand patron légèrement mégalomane de Goldman Sachs, ayant affirmé que son entreprise accomplissait le « travail de Dieu » au reste du système financier Américain tentaculaire qui n’a de cesse de mettre en avant sa contribution à l’enrichissement de la société, Wall Street a perdu le sens des réalités. Du reste, les chiffres qui y sont articulés semblent irréels et sans commune mesure avec la vie quotidienne du citoyen moyen : 26 millions de Dollars pour l’appartement de Blankfein, 2 milliards de Dollars estimés pour la valeur du Quartier Général à Manhattan de Goldman Sachs ou encore 550 millions de Dollars assumés par ce même établissement en règlement de son litige avec la SEC (Securities and Exchange Commission)… Cette quantité de zéros dans un monde où règne le virtuel vampirise l’économie réelle sans apporter de valeur ajoutée digne de ce nom ! 

Comment juguler ou endiguer aujourd’hui un monde de la Finance ayant connu un développement spectaculaire et dont la contribution à la richesse nationale n’a cessé de gagner en importance depuis en gros 150 ans ? C’est ainsi que la participation de la Finance dans le P.I.B. Américain a bénéficié d’une croissance stable depuis cette période même si sa quotité a grimpé de 1% de l’économie globale en 1850 à 8% lors du summum atteint par le marché immobilier il y a quelques années, la période de la Grande Dépression ayant été la seule où l’importance du secteur financier allait notablement régresser… A l’évidence, cette progression fut équivalente pour les salaires de la Finance qui se sont fort bien maintenus depuis les années 1930 puisqu’ils furent compris dans une fourchette entre 60 et 70% au-dessus des salaires de l’employé moyen au sein de la « vraie » économie, ce gap ayant été brièvement comblé dans les années 1980.

Quelle est la valeur ajoutée de la Finance, en quoi profite-t-elle à la productivité de l’économie ? Ancien Président de la Réserve Fédérale et actuel conseiller de l’équipe Obama, Paul Volcker n’avait-il en effet pas émis le souhait que « quelqu’un lui amène des éléments de preuve corroborant le lien entre l’innovation financière et ses bénéfices apportés à l’économie » ? (en traduction libre). En réalité, l’immense majorité des institutions financières croît et réalise de très substantiels profits à la faveur du trading, autrement dit de la spéculation. Et ce n’est pas – en dépit des bonnes intentions – la dernière réforme en date de Wall Street laborieusement concoctée par le Président Obama qui contribuera à réduire l’influence considérable de Wall Street.

par Michel Santi (son site) samedi 24 juillet 2010 - 7 réactions
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  • Par Le péripate (xxx.xxx.xxx.66) 24 juillet 2010 15:49
    Le péripate

    Comment arrêter la Finance ?

    C’est en fait très simple : il suffit d’interdire la création monétaire. Il n’y a aucun argument économique qui tienne pour justifier que la masse monétaire doive croitre ( c’est d’être divisible qui est important).

    Quand de la monnaie est crée, il y a deux bénéficiaires : le créateur, c’est à dire évidemment le banquier central, et les premiers emprunteurs. Qui sont les plus gros emprunteurs ? Les États bien sûr et de très loin.
    S’il est assez facile de comprendre que le faux-monnayage est une source de revenu, c’est plus compliqué pour les premiers emprunteurs. Ceux-ci en fait bénéficient de ce que l’érosion monétaire n’est pas instantané, qu’il faut attendre que la monnaie nouvellement créée ait suffisamment circulé pour que les prix s’adaptent, à la hausse.
    C’est donc une source de revenu très importante pour les États, indispensable même dans le magic world keynésien. Et c’est ainsi que Finance et État sont deux brigands qui se tiennent les coudes.

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