Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Economie > Une personne meurt de faim toutes les trois secondes dans le (...)

Une personne meurt de faim toutes les trois secondes dans le monde

Diminution des investissements agricoles, moindres gains de productivité, production de bio-carburants, croissance démographique, corruption, manque de terres, de nombreux facteurs empêchent de faire disparaître la faim. Pourtant les experts réunis lors de l’Université d’Eté du MEDEF nous disent qu’il est possible de l’éliminer. Pourquoi alors n’y parvient-on pas ?

Le 28 août 2008, une table ronde consacrée au problème de la faim a réuni à l’Ecole Polytechnique une dizaine de responsables, parmi lesquels Marion Guillou, Présidente de l’INRA, Jacques Diouf, Directeur Général de la FAO, Peter Brabeck, Président du groupe Nestlé, Antoine Malefosse, Délégué Général du CCFD, Luc Ferry, ancien ministre.

Les objectifs du millénaire de l’ONU devaient conduire à réduire de moitié la pauvreté en 2015 par rapport à ce qu’elle était en 1990. Les émeutes de la faim ont rappelé début 2008 que des populations nombreuses ont encore et toujours des difficultés à se nourrir. Antoine Malefosse estime que la hausse de prix des céréales retardera de 7 ans la réduction attendue de la pauvreté en 2015.

La chronique d’une catastrophe annoncée

Pour Jacques Diouf, c’est la chronique d’une catastrophe annoncée. La cause principale est la diminution des investissements. En 1980, 30 % de l’aide publique au développement allait à l’agriculture. En 2006 c’est dix fois moins. La part des prêts de la Banque Mondiale à l’agriculture a été divisée par 5, tandis que le FMI recommandait de ne pas investir pas dans l’agriculture, car non rentable.

Les petites exploitations en mesure de garantir la subsistance des populations ont été négligées. L’investissement s’est concentré sur les grandes cultures d’exportation pourvoyeuses de devises, qui demandent moins de main d’ouvre : 300.000 emplois ont été supprimés dans les grandes exploitations d’Argentine depuis le début des années 2000.

La production de bio-carburants n’est pas seule en cause mais a contribué à la hausse des prix. Jacques Diouf estime qu’aux USA, la production annuelle de biocarburants entame de cent millions de tonnes (soit d’un quart) le stock de céréales. Le prix des « intrants » augmente : +176 % pour les engrais, + 72 % pour les semences. « Qu’a-t-il manqué pour éviter les émeutes de la faim ? » demande-t-il. Pas grand-chose en fait. Seulement un milliard de dollars d’investissements dans l’agriculture vivrière.

Qu’est-ce qu’un milliard de dollars ? Peter Brabeck répond : un milliard de dollars ne représente qu’un seul jour des subventions annuelles accordées par les Etats-Unis et par l’Union Européenne à leurs agriculteurs ! Est-il possible de se représenter la somme colossale que représentent plus de 300 milliard de dollars de subvention ?

Nourrir 9 milliards d’habitants est « techniquement » possible

En 2050, la population mondiale passera de 6 à 9 milliard d’habitants. Chaque jour, c’est une ville de 170.000 habitants à nourrir en plus.

Pour Marion Guillou, nourrir 9 milliard de personnes est « techniquement » possible. Il y a 40 ans, il fallait un hectare pour nourrir une personne pendant un an, aujourd’hui deux fois moins. L’Afrique a multiplié par deux sa production en quarante ans. On peut doubler la production agricole mondiale d’ici 2050 en augmentant la surface et la productivité, et en diminuant les pertes. Dans certaines régions d’Afrique, celles-ci atteignent jusqu’à 40 % des récoltes ! Il y a aussi bien sûr le déséquilibre entre les régions du monde qui n’ont pas assez et celles où l’obésité est devenue un problème de santé publique.

Nous manquerons d’eau avant de manquer de pétrole

Peter Brabeck se montre plus pessimiste. Il observe que les gains de productivité ralentissent, et que les politiques menées freinent la productivité. Luc Ferry renchérit : « La chape de plomb morale de l’écologie est calamiteuse ». « Ce qui sauvera le monde, ce n’est pas la morale, mais la science et l’intelligence ».

Mais le problème majeur va être celui de l’eau. Tous usages confondus, la consommation atteint aujourd’hui 6000 litres par personne. « Nous manquerons d’eau avant de manquer de pétrole », annonce-t-il. La disponibilité de l’eau va être le frein le plus important à l’agriculture. Et pour illustrer son propos, il explique l’aberration que constituent les biocarburants à ses yeux (voir encadré).

Des dirigeants politiques impuissants ?

Marion Guillou trace le chemin à suivre pour sortir de la crise alimentaire et éradiquer la faim. Nous devons, nous dit-elle :

- Accroître l’investissement dans l’agriculture,

- Sécuriser le droit du sol,

- Poursuivre le développement de nouvelles technologies agricoles,

- Mieux organiser les marchés,

- Mieux gérer l’eau,

- Favoriser les agricultures locales, lesquelles ont commencé à redémarrer,

- Former les agriculteurs en milieu rural, tout particulièrement les femmes qui jouent localement un rôle clé.

Ainsi les causes de la crise alimentaire sont connues. La gravité de la situation est manifeste. Les solutions sont à notre portée et relativement peu coûteuses. Qu’attendent les dirigeants de nos pays développés pour les mettre en œuvre ? En restant passif, ils montrent que leur stratégie implicite est que dominer le tiers-monde est plus facile si celui-ci est affamé.

Documents joints à cet article

Une personne meurt de faim toutes les trois secondes dans le monde

Moyenne des avis sur cet article :  4.26/5   (38 votes)




Réagissez à l'article

29 réactions à cet article    


  • Abolab 6 septembre 2008 11:46

    C’est tout le modèle agricole basé sur les accords de l’OMC qui est à remettre en question. L’agriculture ne doit pas être centralisée, mais doit se baser sur un développement local. La réduction des parcelles utiles est obligatoire si l’on veut changer la donne, la propriétarisation des semences doit être bannie, les méthodes de culture revues de fond en comble, et axée sur l’agro-écologie, et les OGM abandonnés.

    Il n’y a pas d’autres solutions. C’est le commerce international sur les denrées alimentaires qui poussent les pays en voie de développement à s’endetter au niveau agricole et à détruire sa petite paysannerie. L’agriculture se doit de subvenir aux besoins locaux de manière prioritaire. Un légume, un fruit, une céréale ne sont pas faits pour voyager.


    • Abolab 6 septembre 2008 12:00

      Concernant le manque d’eau, des solutions agro-écologiques immédiates existent comme la technique du Bois Rameal Fragmenté qui nourrit en profondeur le sol sur de longues périodes.


    • Jean Bourdariat Jean Bourdariat 7 septembre 2008 18:49

      "La réduction des parcelles utiles est obligatoire si l’on veut changer la donne"
      Pensez-vous qu’en diminuant les surfaces cultivés, on parviendra à produire les aliments nécessaires pour 3 milliards d’hommes supplémentaires ?

      "la propriétarisation des semences doit être bannie, les méthodes de culture revues de fond en comble, et axée sur l’agro-écologie, et les OGM abandonnés."
      D’accord pour que les semences échappent au monopole des grandes sociétés multinationales.
      Mais vous ne dites pas pourquoi il faut abandonner les OGM

      "C’est le commerce international sur les denrées alimentaires qui poussent les pays en voie de développement à s’endetter au niveau agricole et à détruire sa petite paysannerie."
      Je dirais la même chose que vous en inversant les termes : c’est le besoin de devises qui pousse les pays à choisir une grande agriculture exportatrice et rémunératrice au détriment de l’agriculture vivrière.

      Quand au BRF, j’ai regardé la vidéo sur Dailymotion. Cette vidéo montre que cette technologie douce est une solution pour lutter contre l’appauvrissement des sols des zones tempérées, mais certainement pas pour pallier au manque d’eau dans les zones les plus arides de la planète. De plus, le commentateur souligne un risque qui serait de détruire les bosquets par le recours au BRF à grande échelle. Regardez la situation dramatique d’Haïti : les forêts ont disparu, utilisées en bois de chauffage ou transformées en charbon de bois. Plus rien ne retient l’eau des pluies torrentielles que subissent les haïtiens à cette période de l’année.


    • jjwaDal marcoB12 6 septembre 2008 14:02

      Je me demande vu les noms et qualités des participants à cette table ronde si on a bien fait le tour
      de la question sans omettre quelques légers détails...
      Que par ex la banalisation d’une alimentation fortement carnée est catastrophique à tous points
      de vue. Il faut entre 5 et 10 fois plus de surface pour nourrir un occidental moyen que pour nourrir
      un végétarien. Nous serions 6 millions, ce serait anecdotique, pas à 6 milliards.
      Une large part des meilleures surfaces agricoles de la planète appartiennent concrètement à une minorité
      à haut pouvoir d’achat (via leur bétail ou directement) et ne sont nullement dans les pays riches...
      Soja et maïs, cacao, café, bananes et le reste ne fournissent que peu de travail et peu de revenus aux
      populations locales, mais constituent une dépossession aux dépens de l’agriculture vivrière locale.
      L’europe et les USA ont quasiment tout fait pour empêcher le développement d’Etats autonomes sur
      le plan agricole (fallait bien vendre les excédents agricoles subventionnés à quelqu’un...) via les organismes
      internationaux au service de cette néo-colonisation et de ce pillage (FMI, Banque mondiale, OMC).
      On a montré que les évolutions techniques envisagés par les décideurs (style "ogms") enfoncent bien
      plus qu’elles ne favorisent un essor agricole. Pour mémoire le rendement des ogms majoritairement
      utilisés en 2008 est souvent inférieur aux variétés traditionnelles (ne parlons même pas des rendements
      en polyculture au lieu des monocultures).
      Des dizaines de millions de tonnes de céréales franchissent les mers pour nourrir essentiellement les plus
      riches et leur bétail plus et mieux que ceux qui sont ont le ventre vide. Tout le monde le sait...
      Des solutions simples et pratiques style apport de chaux (là où c’est notoirement necessaire) ou de charbon
      de bois ne seront jamais appliquées car trop bon marché et hors champs d’exploration de ceux en charge
      des financements.
      Avec la hausse du niveau de vie chinois et le déclin partout des nappes phréatiques le pire est à venir et
      très peu anticipé...


      • Abolab 6 septembre 2008 15:13

        Marion Guillou, Présidente de l’INRA, Jacques Diouf, Directeur Général de la FAO, Peter Brabeck, Président du groupe Nestlé, Antoine Malefosse, Délégué Général du CCFD, Luc Ferry, ancien ministre. 

        Ces personnes ne travaillent pas pour résoudre la faim dans le monde, ces personnes oeuvrent pour l’idéologie libérale des échanges actuels promus par l’OMC au niveau des marchandises agricoles.


      • Jean Bourdariat Jean Bourdariat 7 septembre 2008 18:58

        Vous avez parfaitement résumé le déséquilibre de l’alimentation mondiale entre les pays les mieux lotis et ceux qui sont les plus défavorisés.

        Vous dites :
        "On a montré que les évolutions techniques envisagés par les décideurs (style "ogms") enfoncent bien
        plus qu’elles ne favorisent un essor agricole. "
        J’aimerais bien savoir qui a montré cela. Ce que vous évoquez est un sujet de polémique, mais nullement une affaire démontrée. Il ne faut pas confondre la stratégie industrielle en matière de semences OGM d’une multinationale (MONSANTO pour ne pas la nommer ...), qui est véritablement scandaleuse et contre laquelle il faut lutter, avec les potentialités qu’offre la génétique pour produire des plantes qui consomme moins d’eau ou moins de pesticides.
        Les européens ont assez (ou trop) à manger : ils peuvent se permettre de développer une psychose des OGM, aussi irrationnelle que la peur de l’an 1000.


      • jjwaDal marcoB12 8 septembre 2008 09:06

        @ l’auteur
        L’agriculture actuelle est insoutenable pour de très nombreuses raisons . Je ne rappellerai que
        sa tendance lourde à réduire la teneur en matière organique des sols, ses besoins énergétiques
        démesurés, sa monotonie voulue qui est la cause première de nombreux problèmes phytosanitaires,
        son objectif de destruction des emplois agricoles (une épouvante pour l’accès aux ressources
        alimentaires dans beaucoup de pays), etc...
        La hausse des rendements s’est faite à crédit (épuisement des sols partout, de la réserve en eau
        dans beaucoup d’endroits, perte de la biodiversité, accumulation de résidus chimiques dans les sols et nappes, etc...).
        Son crédo : faire faire par des industriels ce que la nature faisait auparavant et ce qu’elle pourrait faire mieux
        encore en combinant notre expertise et ses capacités. Le pillage génétique dénoncé par Vandana Shiva (entre autres) est en cours et pas au profit de ceux qui vont souffrir de la faim...
        Après tout la nature a fait de la R&D depuis un milliard d’année sans déposer un seul brevet...
        Sur les rendements après plus d’une décennie "ogm" , le bilan au mieux est mitigé (1) et (2).
        Une étude récente a encore montré que l’agrobiologie aurait la capacité de nourrir la planète (3).
        Une large étude sur l’avenir de l’agriculture (The International Assessment of Agricultural Science and Technology for Development ) a conclu que les ogm ne seraient pas la réponse à la faim dans le monde.
        Les ogms agricoles ne sont qu’une surcouche pour agriculture dopée et droguée à mort.
        Je ne vais pas reprendre les critiques légitimes sur les ogms agricoles, exposées dans un article (4) que j’ai écrit pour Agoravox.

        (1) http://www.ruralinfos.org/spip.php?article344
        (2) http://www.independent.co.uk/environment/green-living/exposed-the-great-gm-crops-myth-812179.html
        (3) http://www.ns.umich.edu/htdocs/releases/story.php?id=5936
        (4) http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=42691


      • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 6 septembre 2008 14:42

        a)
        "Pour Jacques Diouf, c’est la chronique d’une catastrophe annoncée. La cause principale est la diminution des investissements".

        b)
        "Marion Guillou trace le chemin à suivre pour sortir de la crise alimentaire et éradiquer la faim. Nous devons, nous dit-elle :
        Accroître l’investissement dans l’agriculture,
        ...
        Mieux organiser les marchés,
        ...
        Favoriser les agricultures locales, lesquelles ont commencé à redémarrer" [ ? ? ?]

        c)
        Ainsi, Jacques Diouf et Marion Guillou préconisent l’accroissement des investissements pour augmenter les quantités de produits vivriers.
        Mais, cela n’a-t-il pas déjà été fait ? Aujourd’hui, l’aide publique au développement représente environ 60 milliards d’Euros par an. Pour quel(s) résultat(s) ?

        http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=43030



        • Jean Bourdariat Jean Bourdariat 7 septembre 2008 19:05

          Non cela n’a pas été fait, ou plutôt, ce n’est plus le cas, puisque la part d’aide au développement consacrée à l’agriculture a été divisée par 10 depuis 1980.

          Vous vous demandez quels sont les résultats de l’aide au développement, et malheureusement vous avez parfaitement raison de poser la question.

          Un responsable du Fonds Européen de Développement m’a dit un jour qu’on pourrait obtenir les mêmes résultats qu’aujourd’hui avec un dixième des sommes distribuées si les aides du FED étaient bien utilisées.

          Les détournements de fonds sont considérables et systématiques. Tant qu’on n’aura pas diminué la corruption et que les pays en développement n’auront pas des gouvernements uniquement soucieux du bien public, il y a peu de chances que la situation s’améliore.


        • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 8 septembre 2008 10:28

          Je confirme que d’immenses investissements ont été réalisés, en vain, dans l’agriculture au cours des dernières (dizaines) d’années écoulées.

          À eux seuls, la corruption et les détournements ne suffisent pas pour expliquer la stérilité de ces investissements.

          Cette explication convient bien à tous les "responsables" des pays bailleurs d’aide publique au développement car elle les exonère de leur responsabilité.

          La stérilité des investissements consentis, notamment en agriculture, résulte, principalement, de l’ineptie des politiques de développement imposées aux pays "aidés" par les pays bailleurs d’aide publique au développement.


        • eugène wermelinger eugène wermelinger 6 septembre 2008 15:11
          Vous trouverez dans cette vidéo absolument TOUTES les réponses, les VRAIES réponses.
          Jamais une femme n’aura eu autant le courage de tout nous dévoiler. 


          • Jean Bourdariat Jean Bourdariat 7 septembre 2008 19:21

            Intéressante cette vidéo. Je vais essayer d’en savoir plus sur le Codex Alimentarius.

            Juste une remarque :
            Dans la vidéo que vous nous recommandez, il est dit que de 1950 à 2008, le nombre de cancers a augmenté de 300 %.
            Mais de combien d’années a augmenté l’espérance de vie de 1950 à 2008 ?
            De nos jours, les personnes âgées ont des maladies qu’elles ne pouvaient pas avoir autrefois, car elles mourraient avant de pouvoir les attraper. On pourrait dire la même chose de la maladies d’Alzheimer. J’imagine que le pourcentage d’augmentation de 1950 à 2008 doit être faramineux.


          • vin100 8 septembre 2008 20:26

            J’aimerais, nous aimerions tous que tu ais raison cela serait si simple.
            On pend, l’Ocle SAM et le CODEX avec et nous aurons droit au bonheur et à la bouffe au son de la carmagnole dans la douceur du vent faisant flotter les drapeaux rouges.

            Malheureusement même si cette vidéo que tu nous conseilles est instructive elle ne répond que partiellement au problème de la malnutrition et de la misère planétaire, d’ailleurs ce n’est pas le thème développé par l’oratrice.

            Je conseille donc à tous les internautes de prendre le temps d’écouter l’interview de Marcel MAZOYER qui est un des plus grands spécialistes du développement agronomique, un économiste qui prend la suite de René DUMONT.



            http://www.cite-sciences.fr/francais/ala_cite/science_actualites/sitesactu/question_ac tu.php?langue=fr&id_article=9644&id_mag=0

            La réponse est plus globale à un problème bien plus complexe.
            Bonne lecture à tous.


          • Lapa Lapa 6 septembre 2008 18:59

            au lieu de bouffer du boeuf faudrait se tourner vers les cafards bien pus rentable niveau protéïnique.

            maintenant, en tournedos c’est loin d’être simple...


            • Jean Lasson 6 septembre 2008 21:17

              "Pour Marion Guillou, nourrir 9 milliard de personnes est « techniquement » possible."

              On peut en douter fortement. Voici quelques raisons ci-dessous.

              1) En plus du problème de l’eau, se pose le problème de l’énergie. Les rendements agricoles sont aujourd’hui très dépendants du pétrole et du gaz naturel (pour les engrais azotés notamment). Or, que se passe-t-il quand on diminue l’apport d’azote ? Le rendement baisse et peut chuter jusqu’à un dizième de ce qu’il est avec un apport d’azote "normal". Les agricultures de tous les pays de l’OCDE sont concernées, mais aussi, dans une moindre mesure, les agricultures des autres pays (on utilise aussi des engrais azotés au Cambodge, par exemple).

              2) De plus, il semble bien que les pratiques agricoles actuelles épuisent les sols en ne leur restituant pas suffisamment de matière organique. Quelle qu’en soit la raison, les rendements ont tendance à baisser dans une région agricole que je connais bien (ce n’est pas la Beauce).

              3) D’autre part, la surface agricole mondiale n’a que peu varié dans les 40 dernières années et aucune politique d’augmentation significative ne se dessine.

              Pour nourrir 9 milliards d’humains, il faudrait donc parvenir à augmenter les rendements de l’ordre de 50 %, tout en diminuant les intrants, en particulier l’azote. Ce serait placer dans la recherche agronomique une confiance qui relèverait de la foi. D’ailleurs, le problème énergétique étant déjà apparu, le délai est désormais trop court avant que les déficits alimentaires s’aggravent jusqu’à augmenter significativement la mortalité. La recherche agronomique ne pourrait pas inverser la tendance à temps.

              Plus probablement, en absence de politique énergétique très volontariste comme celle que préconise Al Gore, la population mondiale va encore augmenter jusqu’à environ 7,5 milliards, puis va diminuer à cause de l’impasse alimentaire. Plusieurs auteurs sont arrivés à cette prédiction, en particulier l’équipe Meadows (The limits to growth, 1972 ; Beyond the limits, 1994 ; Limits to growth - The 30-year update, 2004).


              • Jean Bourdariat Jean Bourdariat 7 septembre 2008 19:29

                Vous dites que la population du monde plafonnera à 7,5 millions d’habitants.
                Ce n’est pas l’avis de l’ONU :

                • "La population mondiale continue de vieillir et pourrait dépasser 9 milliards d’habitants d’ici à 2050, indique la Division de la population du Département des affaires économiques et sociales (DESA) de l’ONU dans sa « Révision 2006 » des estimations et projections démographiques officielles des Nations Unies. Plus près dans le temps, en juillet 2007, la planète atteindra 6,7 milliards d’habitants, soit 547 millions de plus qu’en 2000."
                Si vous avez raison et que l’on ne peut pas augmenter la production agricole, que proposez-vous pour que les humains ne meurent pas de faim ?

              • JONAS JONAS 6 septembre 2008 21:34

                C’est qui qu’a fumé la moquette ? " On peut faire vivre 9 milliards d’hommes sur cette planète ? ". Et même plus ! Si vous acceptez de marcher avec des spartiates, de vous couvrir d’une djellaba, de considérer le vélo comme un moyen de transport de luxe. Le riz et le blé comme aliments de bases, 10 m2 par personne pour l’habitat, pas de jardin, fini les voyages pour aller voir les pyramides, pour aller se faire doré le c.u.l. aux Antilles ou aux Seychelles, etc. " Elle n’est pas belle la vie ", comme le dit une pub… ! La vie des humanistes dans un futur très proche, si la nature ne met pas fin à cette aventure humaine délirante.

                Bonne nuit, faites de beaux rêves…


                • courageux_anonyme 7 septembre 2008 03:58

                  il y a de quoi faire vivre décemment 2 milliards d’habitants (niveau de vie Européen). Pas plus. Nous sommes déjà en surpopulation. Et pour aller dans le sens de jonas, on pourrait vivre à 20 milliards, en rasant toutes les forets, en se nourrissant de plancton, en exterminant toutes les autres races animales pour faire du mil ou du blé, et en vivant dans des clapiers sur le lieu de travail. Soleil vert, c’est l’étape d’après.


                  • jjwaDal marcoB12 7 septembre 2008 10:08

                    On pourra nourrir 9 milliards de personne (how much is too much ?)mais pas sans évolution majeure
                    de notre alimentation, si nous souhaitons en plus une planète vivable...
                    Lester Brown a un chapitre consacré au problème (1) dans son dernier ouvrage.
                    Clairement quand les poissons "végétariens" style carpe, tilapia et poisson-chat transforment les
                    protéines fournies près de 4 fois mieux que le boeuf on a une piste ,déjà explorée à
                    grande échelle par les chinois.
                    Par ailleurs d’autres végétaux (algues) avec des rendements 20 à 30 fois supérieurs aux végétaux
                    terrestres pourraient être sollicités pour l’alimentation animale en général.
                    Tout le monde semble aussi ignorer que l’ancien régime crétois (30gr/jour de viande) est toujours
                    considéré comme un des meilleurs pour la santé (or nous sommes loin de ces quantités) et les
                    multiples bénéfices d’une alimentation peu carnée (important gain de terre, d’eau, diminution des
                    émissions de méthane et CO2 (2) , gains énergétiques et de santé, etc...).
                    Le plus grand danger collectif (3) se déroule en Asie ou la régression des glaciers combinée à une
                    dégringolade des nappes phréatiques presque partout va conduire à une chute des productions agricoles,
                    une hausse significative des prix mondiaux et un scénario pire que celui auquel nous sommes confronté.
                    Si tout cela n’est pas anticipé correctement ce sera bien pire encore d’avoir un faible pouvoir d’achat dans
                    20/30 ans.
                    On peut vivre comme des princes avec peu de viande et comme des rois sans viande du tout...

                    (1) http://www.earth-policy.org/Books/PB3/pb3ch9.pdf
                    (2) http://news.bbc.co.uk/2/hi/science/nature/7600005.stm
                    (3) http://www.earth-policy.org/Books/PB3/pb3ch4.pdf


                    • Jean Bourdariat Jean Bourdariat 7 septembre 2008 19:40

                      Le moins qu’on puisse dire est que nos pays du nord, que l’on dit "développés", n’ont pas donné le bon exemple par la surconsommation et la "malbouffe". Les chinois se sont nourri de végétaux pendant des siècles. Maintenant ils aimeraient bien adopter nos (mauvaises) habitudes et en particulier consommer plus de viande.
                      Si effectivement, ce qu’un milliard d’hommes se sont permis dans des temps favorables est étendu à 6,5 milliards de personnes, les problèmes d’alimentation ne sont pas près d’avoir une solution.
                      Comment dépasser la vision court terme qu’a l’opinion et qu’ont nos dirigeants politiques, pour traiter dés à présent les problèmes vitaux ?
                      Al Gore nous y a sensibilisés, mais tout est encore à imaginer.


                    • xray 7 septembre 2008 11:54


                      De quoi se plaint-on ? 
                      Chaque jour qui passe, il y a 200 000 habitants de plus sur la planète. 
                      Cela veut dire que les choses ne vont pas si mal que ça. 
                      Pour les problèmes de l’écologie, du logement, de l’énergie, on aura bien le temps d’envisager cela plus tard. 

                      Les curés affirment que 20 milliards d’habitants, c’est possible. 
                      Et, si cela est possible, c’est l’objectif à atteindre (Au plus vite). 

                      Le détail, c’est qu’il existe peut être un piège. Moralistes par devant, sans scrupules par derrière, les curés vivent de la misère qu’ils produisent. 

                      Rêve et réalité 
                      http://echofrance.vefblog.net 



                      • vin100 8 septembre 2008 21:39

                        Bouffer du curé, n’a jamais remplacé manger du poulet !
                        Tu fais fausse route mon brave ou alors tu as mal digéré ton cathé.
                        Aucun rapport !
                        Si ton curé te dit que nous serons 20 milliards, alors change de Paroisse car ton curé à dut lui aussi se faire insoler les neurones.
                        A priori , la terre ne dépassera pas les 9 milliards et il y aurait de quoi nourrir ce petit monde là, d’ailleurs la décrue a déjà commencé sur plusieurs continents malgré une progression numérique qui va continuer.
                        L’effet retard est mathématiquement prouvé, mais bon, là n’est pas le sujet.


                      • foufouille foufouille 8 septembre 2008 11:02

                        avec notre mode de production agricole, nous arrivons tout de meme a produire bcp trop. les excedents qui depassent les quotas sont jetes a la poubelle
                        si on regarde bien les autres pays, y compris ceux qui ont faim, on peut voir d’immenses surfaces pouvant etre cultives. d’ailleurs a une epoque, on nous disait que les chinois mourraient de faim car il ne mangeait "que" du riz..........
                        les deserts pourraient tres bien etre plantes d’arbustes mais ce serait pas rentable a court terme


                        • vin100 8 septembre 2008 21:27

                          Même si je ne mets pas vos compétences de management en question, je suis étonné de tant de contresens sur le problème planétaire de la faim ou vous faites visiblement fausse route.

                          Dés la présentation, vous énoncez ou plutot répétez des contrevérités flagrantes (manque de terres par ex.)

                          Vous rapportez les analyses d’institutions ou de hauts fonctionnaires qui passent leur temps à se "palucher" pour occuper leurs journées ou justifier leurs salaires, analyses qui servent surtout (malgré la générosité de leurs missions) à s’autojustifier devant l’absence criante de leurs actions ou résultats.

                          De plus, les sbires dont vous parlez sont les mêmes qui ont mis en coupe réglé l’humanité détruisant les politiques locales de développement. Je n’ai rien contre le MEDEF quand il parle de ce qu’il connait, (l’entreprise), mais même si cela est trés tendance de parler hors compétence, ce n’est pas le MEDEF qui peut trouver une solution à un problème agricole et politique ensuite.

                          Votre analyse même si l’on sent une générosité, ne sort pas de cette vision marchande qui nous oppresse.

                          Je vous conseille donc de prendre le temps de visionner l’interview, paru dans Science Actualité, d’un des plus grand spécialiste de ce problème, MARCEL MAZOYER, un économiste, ingénieur agronome, professeur à l’ Institut National Agronomique de Paris Grigon.

                          http://www.cite-sciences.fr/francais/ala_cite/science_actualites/sitesactu/question_ac tu.php?langue=fr&id_article=9644&id_mag=0


                          • Jean Bourdariat Jean Bourdariat 8 septembre 2008 22:46

                            Cher Vin100,

                            "... tant de contresens sur le problème planétaire de la faim ..." "...des contrevérités flagrantes..."
                            Il serait intéressant que vous précisiez mieux à quels éléments de l’article vous faites allusion et que vous nous disiez quelle est, selon vous, la Vérité ...
                            Vous n’en citez qu’un, le manque de terre. Selon vous on ne manque pas de terres ?
                            Il y a deux manière de manquer de terres.
                            La première c’est que la surface cultivable est insuffisante pour nourrir une population en croissance : c’est le cas au Mexique (Chiapas), en Haïti, dans certaines zones du Sahel par exemple.
                            La seconde c’est que la surface cultivable est monopolisée par des (grands) propriétaires qui préfèrent développer une agriculture d’exportation bien rémunératrice plutôt que de gagner 3 francs 6 sous à nourrir les populations du voisinage. Récupérer ces surfaces est extrêmement difficile : les réformes agraires qui ont été tentées ici ou là ont généré bien des conflits, des guerres et des dictatures depuis un siècle.

                            Vous avez raison de citer Mazoyer.

                            - Il dit d’ailleurs comme Jacques Diouf que la crise alimentaire était non seulement prévisible, mais prévue.

                            - Il dit aussi qu’il faut défendre les agricultures locales des règles du commerce international qui ne bénéficient qu’à la grande agriculture, ce qui me semble avoir été repris assez clairement dans l’article.

                            - Il aborde aussi le sous-investissement en Afrique, qui conduit les paysans à avoir des prix de revient trop élevés, sujet évoqué lui aussi.

                            - "Ne pas laisser l’agrobusiness écraser les paysans du sud et bientôt les paysans du nord" : j’adhère sans réserve.

                            La question des prix est cruciale. C’est comme le prix unique du livre. Si les prix sont trop bas, les petits paysans sont ruinés, et on rentre dans un nouveau cycle infernal. Mais la régulation des prix est un art difficile. Voyez comme il est difficile de se nourrir à Cuba.

                            "Ce n’est pas le MEDEF qui peut trouver une solution à un problème agricole et politique ...", dites-vous.
                            J’en conviens, et le MEDEF aussi, posez-lui la question, je ne pense pas qu’il prétende apporter une solution polit
                            ique. Il est néanmoins notable que l’organisation des patrons aborde le sujet de la faim dans le monde au cours de son université d’été. Il me semble que ce thème dramatique n’a été abordé ni à l’Université du PS, ni à celle de l’UMP ...

                            Quand à Mazoyer, qui est un grand chercheur et un grand universitaire (ce dont vous convenez semble-t-il), savez-vous qu’il fait partie d’une institution où les gens "passent leur temps à se "palucher" pour occuper leurs journées ou justifier leurs salaires ..." ? (je vous cite). Votre tirade peu bienveillante ne plairait pas aux 9000 agents de l’Inra ni à leur présidente, Marion Guillou, dont le mandat de présidente vient d’être renouvelé pour 5 ans ...





                          • vin100 9 septembre 2008 23:53

                            Ne prenez pas mal, mes observations, même si je tape un peu fort.
                            Mais je confirme mes propos pour répondre aux votres :
                            Vous parlez ou reprenez l’affirmation du manque d’investissement dans l’agriculture que j’appellerais plutot l’Agro-Business. Faux. Les vendeurs de machines agricoles vous diront le contraire et je ne parle pas des Saoudiens qui sont en train de déverser et d’acquérir des millions d’ hectares dans les pays de l’Est.
                            Comme là bas, tout pousse sans "intrants" (comprenez engrais), dans quelques années les volumes vont a nouveau grimper aux cocotier.
                            Vous parlez de l’INRA qui a ma connaissance emploie 7000 personnes et non 9000 (mais je peux me tromper).
                            Sur les 7 000 il y a pres de 5 000 techniciens.
                            Je ne parlais pas de ces "casse cailloux" mais de ces hauts fonctionnaires qui font les doctes pour parler de ce qu’ils ont entendu parler et ne connaissent pas.
                            L’INRA a ma connaissance s’occuppe de la recherche et des ponts entre recherche et Business pour l’EUROPE alors je ne vois pas très bien ce que le paysan des plateaux Ethiopiens en aura comme bénéfice lui qui souffre de la faim comme 860 millions de ces collègues a travers le monde.
                            Que les poules aient un jours des dents ( on y arrivera peut être grace à l’iNRA), n’a pas une grande utilité sur la misère actuelle qui s’étend.
                            Cette misère est causée par un libre échangisme imposé par les institutions internationales au seule bénéfice des Financiers.
                            Je ne suis pas Vincent le Rouge, j’aime l’entreprise, j’ai été consultant moi aussi, auditeur.
                            Mais il faut quand même arrêter le pipeau.
                            L’agriculture dont vous parlez n’est pas l’Agriculture paysanne (3 milliards de personnes) c’est l’Agro Business.
                            Les terres cultivables dont vous parlez sont les terres exploitables mécaniquement ou plutot industriellement. Ce probleme ne concerne pas la paysannerie qui est encore majoritaire sur la planête, (les bidonvilles étant occuppé essentiellement par les paysans jeté dans la misère).
                            Que faites vous des montagnes ?
                            Il n’y a pas que les plaines.
                            C’est sur que cela n’est pas interressant pour un financier.

                            De toute façon le paysan éthiopien ne pourra jamais se payer un tracteur, mais si on le laissait travailler, il pourrait comme il l’a toujours fait se nourrir et nourrir son pays.
                            Alors excusez moi, mais le MEDEF, la FAO, L’iNRA me font rigoler ils se tiennent la main.
                            Le CCFD a au moins l’avantage de se mettre les pieds dans la .... là ou personne ne va, là ou cela n’est pas économiquement rentable mais humainement essentiel.



                          • Jean Bourdariat Jean Bourdariat 11 septembre 2008 22:47

                            Bonsoir Vincent ;

                            "Vous parlez de l’INRA qui a ma connaissance emploie 7000 personnes et non 9000 (mais je peux me tromper). Sur les 7 000 il y a pres de 5 000 techniciens".
                            C’est vrai.
                            Toutefois, vous savez que l’INRA s’est rapproché du CIRAD. Ils appartiennent maintenant à une même "holding", ce qui devrait amener les chiffres à ce que j’indiquais. L’INRA a un champ d’action qui est la France. Le CIRAD, ce sont les pays en voie de développement.
                            Enfin vous savez aussi que l’INRA et le CIRAD sont entrain d’organiser un regroupement avec 3 Ecoles d’Agronomie (dont Paris-Grignon). Mazoyer va donc être intégré dans l’ensemble du dispositif.

                            Vous dites :
                            "
                            L’agriculture industrielle même si elles s’est imposée en Occident (et revoit son modèle) n’est pas le modèle et il est parfaitement innaplicable planétairement."
                            Or j’écrivais dans l’article : "
                            Les petites exploitations en mesure de garantir la subsistance des populations ont été négligées. L’investissement s’est concentré sur les grandes cultures d’exportation pourvoyeuses de devises"

                            ==> il me semble qu’il n’y a pas l’épaisseur d’un papier à cigarette entre ce que vous dites et ce que j’ai écris, non ?

                            Et si, j’ai visionné la vidéo de Mazoyer, que j’ai trouvé intéressante.

                            Vos commentaires traduisent votre méfiance, voire votre rejet à l’égard des experts, hauts fonctionnaires, etc ... N’y a-t-il pas un risque à mettre tout le monde dans le même sac ? Ce n’est pas parce qu’on est président ou directeur général de quelque chose qu’on est forcément un vendu ? Il y a quand même parmi les responsables quelques personnes compétentes et sincères, qui veulent améliorer les choses. C’est important d’identifier quelles sont ces responsables sérieux. Ce n’est pas parce qu’un chercheur parle dans le même sens que l’opinion publique qu’il a raison. Les scientifiques ont du mal à "vendre" leurs idées, parce qu’à la base de la science, il y a le doute scientifique, qui fait partie de la méthode. Connaissez-vous la position de l’INRA sur les OGM ? Non ? Je n’en suis pas surpris. Pourtant elle existe. Prenez contact avec eux et demandez leur le texte précisant cette position, elle est disponible depuis 18 mois.
                            Un scientifique aura toujours tendance à nuancer ses idées. Un militant ou un politique ne nuance pas ses idées : il s’est fait une conviction, qu’il veut vendre aux autres. Personnellement, et pardonnez-moi à l’avance, j’observe que les idées de José Bové sont une formidable régression par rapport aux exigences de la situation alimentaire aujourd’hui. Il est aussi compétent en agronomie que Che Guevara l’était en politique industrielle quand il était ministre de l’indistrie de Cuba en 1960.
                            Bien cordialement, JB.






                          • vin100 10 septembre 2008 00:12

                            Le sous investissement en Afrique.... ????
                            Déjà poser le problème ou même le formuler ainsi, c’est déjà prendre les choses a l’envers ou vouloir à tout prix que le seul modèle qui soit acceptable soit l’AgroBusiness.
                            Non mon cher Jean.
                            Le problème de la Fain dans le monde est d’abord le problème de la Paysannerie qui est majoritaire sur la planète.
                            Leur faire quitter les hauts plateaux ou on les fait crever dans l’indifférence pour qu’ils viennent dans les villes, ne fait que faire empirer ce drame et problème planétaire.
                            Les 3 milliards de paysans qui le sont ou l’ont été et qui réveraient de quitter les bidonvilles s’ils pouvaient manger et vivre de leur travail, ces 3 milliards ne pourront jamais se payer un tracteur de 300 CV.
                            L’agriculture industrielle même si elles s’est imposée en Occident (et revoit son modèle) n’est pas le modèle et il est parfaitement innaplicable planétairement.
                            Je crois que vous n’avez pas visionné l’interview de MARCEL MAZOYER dont je citais le lien plus haut.


                            • Thierry O. 8 février 2010 19:42

                              Imaginez : être très faible soi-même et ne pas pouvoir faire quoi que ce soit pour ce bébé, cet enfant qu’on tient dans ses bras serré contre son sein vide, cet enfant dont la peau se plisse et pend toujours un peu plus sous l’effet de la déshydratation et  de la fonte des muscles et qui se meurt, jour après jour, dans le désespoir d’une agonie atroce.

                              Le problème de la faim dans le monde m’est le plus insupportable parce qu’il ne se passe pas sur une planète lointaine d’une galaxie inaccessible. Il ne se passe pas très loin de nous et « nous » pourrions faire qu’il ne se passe pas.
                              Je suis d’accord avec Jean Ziegler pour dire qu’en laissant souffrir de la faim un milliard d’êtres humains et en laissant mourir 25000 personnes chaque jour, soit plus de trente millions par an, nous agissons un crime contre l’humanité.

                              Les faits et les chiffres sont là. Lourds, violents, impossibles à avaler.

                              Nous vivons un monde complexe avec des problèmes complexes.
                              Et de plus en plus. Tout s’accélère.

                              Mais la question de la faim dans le monde, le plus grand massacre de tous les temps, doit être traitée vite sinon nous perdrons définitivement notre humanité et notre dignité, sinon nous devrons affronter un jour la colère des affamés.

                              Nous autres, citoyens des pays riches sommes doublement responsables.
                              Une première fois en tant que citoyen solidaire d’un État qui entretient la faim ailleurs pour des intérêts économiques ou géopolitiques inavouables.
                              Une seconde fois en tant que simple individu, consommateur complice et aveugle, qui doit se poser la question de la faim en son âme et conscience, interrogeant son cœur.
                              Hélas, en tant qu’individus, nous nous sentons souvent démunis et impuissants.

                              Mais quand une part majoritaire de l’opinion publique se saisira du problème de la faim, qu’elle se mettra enfin à consommer plus modérément et avec plus de sens éthique, qu’elle fera pression sur les sociétés multinationales et sur les forces politiques, enfin cela bougera.

                              Pour l’instant, l’opinion publique est molle et détourne la tête. Les puissants de la planète continuent donc facilement leurs danses macabres et machiavéliques.
                              A la tête de l’ONU et de la FAO, de belles personnalités, courageuses et volontaires, font des déclarations très justes, ambitieuses et chargées d’espoir. Mais ce n’est au final que du vent, qu’un simple paravent pour rassurer les foules...
                              Que d’hypocrisie et que de mensonge !

                              Les Nations Unies ? Belle idée pour un monstre schizophrénique !

                              Pendant ce temps, les objectifs du Millénaire pour 2015 sont parole de bois...

                              La faim n’est pourtant pas une fatalité, les solutions sont à notre portée.
                              Réveillons nous ! Agissons enfin !

                              Pour aller plus loin sur cette question de la faim, chercher à agir, et réfléchir à un projet ambitieux pour 2010 que nous avons imaginé avec un ami, je vous invite en toute modestie à venir sur mon blog : www.ahimsa.fr

                              Voir aussi le très riche blog de mon ami, spécialisé sur cette question et qu’il a appelé
                              « ILS ONT FAIM & NOUS AVONS SOIF DE JUSTICE » :

                              http://lulupo.blog.lemonde.fr/

                              Fraternellement
                              Thierry

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès