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Accueil du site > Actualités > Economie > Une trinité pour la croissance économique

Une trinité pour la croissance économique

Les constructions économiques du XXe siècle sont devenues désormais d’authentiques châteaux de cartes, colosses aux pieds d’argile prêts à ensevelir ceux qui ont eu la mauvaise inspiration de ne pas moderniser leurs matériaux. Il faut donc de nouveaux matériaux, de nouvelles pratiques, et au bout de nouveaux pactes économiques. La trinité de ces concordats nouveaux s’appelle désormais l’université, la PME/PMI et la région ...

Une stratégie de relance pour l’économie française

Remarques préliminaires

Au-delà des positionnements politiques, il est une donnée totalement incontournable, c’est qu’aucun redressement durable de la France n’est possible sans croissance économique. Il faut ajouter que la croissance économique n’est pas tout : si l’on veut qu’elle soit durable, elle doit s’organiser autour d’axes forts et solides. Par exemple, une croissance riche en matières premières pourrait être propulsée par la raréfaction d’une énergie fossile indispensable à l’économie mondiale. Une telle croissance n’est pas pour autant génératrice de progrès économique, Que se passe-t-il une fois les réserves d’énergie épuisées ou en cas de retournement de la conjoncture sur les matières premières ?

De même paraît-il fort imprudent de n’occuper qu’un nombre limité de créneaux économiques, sans pour autant devoir se disperser, en raison de la vulnérabilité potentielle d’un tel positionnement.

Enfin, que l’on préconise l’amélioration de la protection sociale ou la baisse des charges, rien n’est possible sans recettes fiscales abondantes, et donc sans croissance économique.

La France, aujourd’hui doit relever un défi paradoxal : elle doit faire mieux avec des budgets plus serrés. En effet, la dette de l’Etat, et donc, par conséquent, des Francçais !, a crû dans des proportions aussi phénoménales qu’inquiétantes ces vingt dernières années au point d’absorber chaque année à peu près 20% du budget de l’Etat : une somme colossale !

Plus inquiétant encore : ces déficits budgétaires à répétition n’ont pas servi à financer des investissements pour l’avenir, mais des dépenses de fonctionnement courant !

Dans le même temps, jamais les disparités sociales n’ont été aussi fortes et la demande de protection aussi nécessaire. Se contenter de répéter sur le monde de l’incantation qu’il faut à tout prix réduire le déficit budgétaire, quel qu’en soit le prix ne saurait être une formule satisfaisante pour les citoyens les plus touchés par la nouvelle pauvreté, qui ne vivent parfaois qu’avec quelques centaines d’euros par mois...

La stratégie de Lisbonne

Voici les objectifs que se fixait l’Union européenne en mars 2000

Pour la décennie à venir : devenir l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde, capable d’une croissance économique durable accompagnée d’une amélioration quantitative et qualitative de l’emploi et d’une plus grande cohésion sociale. La réalisation de cet objectif nécessite une stratégie globale visant à :

- préparer la transition vers une société et une économie fondées sur la connaissance, au moyen de politiques répondant mieux aux besoins de la société de l’information et de la R&D, ainsi que par l’accélération des réformes structurelles pour renforcer la compétitivité et l’innovation et par l’achèvement du marché intérieur

- moderniser le modèle social européen en investissant dans les ressources humaines et en luttant contre l’exclusion sociale

- entretenir les conditions d’une évolution saine de l’économie et les perspectives de croissance favorables en dosant judicieusement les politiques macroéconomiques.

Une économie de l’innovation

La recherche et le développement jouent un rôle central dans la croissance économique et, par suite, la création d’emplois puis la cohésion sociale.

Il faut en particulier rendre l’environnement plus propice à l’investissement privé dans la recherche, aux partenariats de recherche et développement et aux jeunes sociétés spécialisées dans la haute technologie, en recourant à des mesures fiscales et au capital-risque .

Des accords entre entreprises européennes pourraient même être soutenus par la Banque européenne d’Investissement.

Il serait bon de favoriser l’accès le plus large possible aux capitaux d’investissement, et pas seulement au niveau national, mais à l’échelle européenne, y compris pour les PME.

Les PME, pierres angulaires de l’emploi et de l’innovation.

La compétitivité et le dynamisme des entreprises sont directement tributaires d’un environnement règlementaire favorable à l’investissement, à l’innovation et à l’esprit d’entreprise. Des efforts sont nécessaires pour réduire tant les coûts inhérents aux activités commerciales que l’excès de bureaucratie, qui constituent une charge considérable pour les PME. L’Etat français, mais également les autorités régionales et locales devraient accorder une attention particulière aux incidences des règlementations proposées et aux coûts qu’entraîne la mise en conformité avec celles-ci : il est impératif de communiquer avec les entreprises et les citoyens en gardant à l’esprit cet objectif. Il est également nécessaire d’encourager spécifiquement les interfaces clés dans les réseaux d’innovation, c’est-à-dire les interfaces entre les sociétés et les marchés financiers, les établissements de recherche et développement et de formation, les services de conseil et les marchés technologiques.

Il est nécessaire également de moderniser règles relatives aux marchés publics, afin de les rendre accessibles aux PME

De même faut-il prendre les mesures nécessaires pour que les marchés publics puissent être passés en ligne.

Il convient enfin de enfin simplifier l’environnement réglementaire, y compris le fonctionnement de l’administration publique.

Agrégations économiques

Christian Blanc dans son livre La croissance ou le chaos évoque fort clairement ce qui permet à toute une zone de devenir un pôle économiquement compétitif :

- Tout en demeurant en concurrence, plusieurs entreprises peuvent se grouper, par exemple, pour réaliser leurs achats de matières premières si elles opèrent dans l’industrie.

- Afin de demeurer compétitives, elles investissent dans la recherche et le développement. Si la mutualisation du savoir se fait sainement et efficacement, elles passent des partenariats avec les universités et les instituts de recherche locaux.

- Un cycle vertueux s’enclenche agrégeant d’autres entreprises tandis que l’information circule plus facilement et que l’innovation génère de nouveaux besoins, et, au bout du compte, de nouveaux emplois.

Ces agrégats économiques offrent des conditions optimales dans le système économique du XXIe siècle. Finalement, il y a là un terreau fertile, propice au développement de nouvelles cultures industrielles et économiques. Contrairement aux grands complexes industriels, ces agrégats ont une capacité d’amortissement, en cas de chocs de la conjoncture, qui leur permet de rebondir rapidement. Quand un complexe industriel ferme ses portes parce que les délocalisations ont définitivement altéré sa compétitivité, c’est un drame pour toute une région. Mais dans un agrégat économique d’innovations, la formation continue et la matrice à idées nouvelles que consituent universités et instituts de recherche sont les garanties d’une évolution permanente. Ainsi, ce terreau ne se stratifie jamais.

Une réactivité indispensable

Dans une économie mondialisée comme la nôtre, la réactivité est indispensable : notamment, les décisions importantes ne peuvent se permettre de remonter vers un grand centre décisionnel avant de redescendre dans une multitude de ramifications. Un tissu économique moderne quadrille le terrain et donne la part belle aux flux transversaux.

Le local doit dont l’emporter, pour que ces nouveaux agrégats économiques fonctionnent, sur le national. Il faut parfois réagir en vingt-quatre heures, ou, en tout cas, dans la quinzaine de jours, pas au bout de six mois. Pour cela, il faut libérer les forces qui ont vocation à travailler ensemble.

Les universités

Au premier chef, les universités doivent gagner en autonomie, et disposer de leur propre budget, voire, jusqu’à un certain degré, définir leurs enseignements. Toutefois, cette licence doit connaître un frein : une licence de chimie ne doit pas se transformer en licence de caoutchouc industriel pour pneu Michelin. Les effets pervers d’une spécialisation professionnelle à outrance serait de casser le caractère national des diplômes, et, finalement, de limiter la mobilité des étudiants et des apprentis. L’Etat, même s’il libère l’université, doit lui intimer de respecter un cahier des charges. Mais ce cahier des charges pourra laisser la part belle aux modules professionnels, et, à charge sur ce point pour l’université de s’organiser comme elle l’entend.

Il ne suffit pas de donner toutefois, la liberté pédagogique à l’université : il faut la rapprocher des acteurs locaux. Dès lors, elle a vocation à être financée non par l’Etat centralisé, mais par la région et les acteurs économiques locaux qui sont partie prenante des projets de l’université. Et, bien entendu, les conseils d’administration des universités doivent être recomposés pour prendre acte de cette nouvelle gouvernance. Le cahier des charges national demeure la garantie que l’université ne sacrifie pas aux réalités économiques de terrain l’une de ses dimensions essentielles : faire accéder une classe d’âge à l’instruction, à la culture et au savoir. En effet, les régions doivent garder présent à l’esprit que le savoir de l’université ne peut être entièrement merchandisé. Dans un tel cas de figure, tous les enseignements non immédiatement rentables (lettres, philosophie, humanités, par exemple) seraient anéantis, ou, au mieux, réduits à la portion congrue. D’où l’importance d’un cahier des charges, fût-il négocié, entre l’Etat et la région.

Les collectivités locales

Il existe actuellement en France trois échelons locaux : la mairie, le département et la région. Il y en a à l’évidence au moins un de trop, d’autant que l’Etat vient se surajouter à ces trois échelons, complexifiant à outrance l’administration.

Les collectivités locales ont vocation à favoriser les rapprochements en organisant des forums, des salons, des journées d’information, et, le cas échéant, en agissant sur le levier fiscal. Corollairement, pour que leur pouvoir d’action croisse, elles doivent disposer de plus de moyens de collecter des recettes, et, bien évidemment, de plus de recettes. Un nécessaire transfert de pouvoirs entre l’Etat et la région apparaît donc nécessaire.

Ce surcroît de pouvoir doit entraîner un surcroît non moins important de représentativité démocratique. Une remise à plat du mode électif du conseil régional, dans une telle hypothèse, est à envisager sérieusement, afin que ce dernier reflète clairement le suffrage universel direct, et non des marchandages d’appareils politiques...

La formation continue

Dans une économie réactive, l’enjeu de la formation continue est tout simplement vital. Chaque usine qui ferme engendre un long et triste cortège de charrettes de condamnés. Nombre de travailleurs modestes se retrouvent sans emploi, accroissent les disparités et viennent grossir le flot des mécontents. Il est tout à fait crucial de donner aux acteurs des secteurs industriels en particulier les moyens de changer de voie. Sur ce point, on pourrait envisager un partenariat entre les PME/PMI, les universités et les Chambres de commerce et d’industrie afin de garantir plus que le droit à la formation continue : la nécessité d’une formation continue, condition sine qua non de la pérennité des emplois. Il y a toutefois très gros à faire dans ce domaine. Actuellement, la formation continue est une énorme usine à gaz, qui consomme beaucoup et rapporte très peu. Il faut réorienter la formation continue exclusivement vers l’emploi, et accélérer la mise en place de diplômes professionnels à l’Université conjointement avec la validation des acquis de l’expérience. Il faudrait qu’un salarié puisse par l’expérience acquise valider automatiquement une part des modules professionnels des diplômes professionnels à venir, afin de pouvoir se consacrer à l’acquisition de savoirs et de savoir-faire innovants.

Parallèlement à cette mutation, la région pourrait gérer elle-même une agence pour l’emploi en confiant à cette dernière la mission d’entrer en contact avec les PME/PMI pour identifier les emplois menacés à court et moyen termes. Le rapport de ces missions seraient ensuite confiés à la région, aux chambres de commerce et de l’industrie et aux universités afin de moduler les formations nécessaires aux reconversions.

Conserver la maîtrise des grands enjeux

Si PME, universités et régions ont vocation à constituer le fer de lance de cette économie nouvelle, l’Etat ne doit pas moins conserver la maîtrise des grands enjeux stratégiques. Et sur ce point, ces lignes qui se sont largement inspirées de la stratégie de Lisbonne, au point d’en reprendre parfois le texte même, vont aller à rebours du Conseil européen de Lisbonne.

Non, il ne faut pas libéraliser et soumettre à la concurrence libre et non faussée l’énergie et les transports. Imagine-t-on, un instant, une guerre des prix autour de la fabrication de centrales nucléaires ? Comment se permettre pour tous les Etats de mener une politique sur le long terme, sur l’énergie et le maillage du territoire national, mais aussi européen, si ces leviers sont distribués à la concurrence et notamment à des entreprises qui peuvent disparaître en une décennie ?

Le siècle dans lequel nous sommes entrés s’annonce crucial sur la question de l’énergie. Il faudra peut-être envisager de modifier radicalement notre consommation énergétique et d’anticiper l’épuisement des énergies fossiles.

Plus que tout, l’anticipation peut induire de pouvoir jouer, via la fiscalité, sur le type d’énergies choisies pour produire telle ou telle consommation nécessaire. Sans les taxes sur le pétrole, le nucléaire serait à peine rentable. Sans des investissements massifs de l’Etat, nous ne serions pas arrivés, aujourd’hui, en France, à une maîtrise sans égale de cette énergie. Si demain, parce que l’on sait que dans vingt ans il n’y aura plus de pétrole, il faut décider de ne plus faire appel qu’à des énergies renouvelables, solaire, géothermique, éolienne ou autre, il est clair qu’il faudra mener une politique fiscale et de recherche en conséquence. Et cela, une région seule et encore moins des entreprises privées, fussent-elles mandatées par l’Etat, ne peuvent le faire.

S’il faut choisir de développer économiquement une zone isolée, il faut que l’Etat conserve les moyens de choisir ses prestataires s’il fait appel à des prestataires privés, ou de faire appel à une entreprise nationale.

A la rigueur, on peut envisager une délégation via un cahier des charges et des appels d’offre pour certains secteurs, mais les Etats doivent demeurer maîtres d’oeuvre, et, idéalement, s’entendre pour instituer une agence européenne de l’énergie et des transports.


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15 réactions à cet article    


  • Grosse Patate (---.---.144.164) 9 février 2007 16:39

    Les PME n’ont pas vraiment les moyens de faire de la recherche. C’est plutôt le « travail » des grands groupes, qui elles ont les moyens humains et financiers.


    • L'Hérétique Anaxagore 9 février 2007 17:00

      Je suis bien d’accord avec vous : d’où l’intérêt, justement, de les rapprocher des universités et de constituer des pôles d’excellence économique.

      Il y a au moins un endroit en France qui a tous les atouts pour faire ce genre de chose, c’est la vallée de Chevreuse :

      Vous avez le CEA, l’Université d’Orsay, des antennes du CNRS, AREVA, Polytechnique à Massy, des labos, plusieurs PME de pointe, bref, tout ce qu’il faut pour constituer un agrégat économique innovant. En effet, la PME n’a pas les moyens de financer un service de recherche, mais en revanche, elle peut piocher dans les thèses réalisées dans les Universités et financer par exemple, un thésard.

      Tenez, j’avais il y a quelques années un copain qui faisait une thèse sur les propriétés (très surprenantes, paraît-il) du béton à Orsay. Eh bien typiquement, il aurait eu vocation à travailler avec une PME ou une PMI du coin, surtout à considérer les applications techniques du béton.

      Eh bien au final, il a du s’exiler à Bruxelles pour trouver du boulot : c’est normal, ça ?...


    • Nicolas (---.---.38.148) 11 février 2007 17:10

      A bon ? Les PMEs n’ont pas les moyens de faire de la recherche ???? C’est les grands groupes qui la font ?

      Je n’imaginais pas ca comme ca. Je voyais plutot les grands groupes arc-boutés sur leurs anciennes procedures, sans souplesse, alors que les PMEs de part leur structures legeres se lancent dans des innovations. Google était moins qu’une PME à son commencement. De nombreux labo sont des PMEs.


    • ten (---.---.8.233) 9 février 2007 19:32

      Bonjour,

      Etait annoncé aujourd’hui le déficit du commerce extérieur de la France, il est important (29 milliards d’euros), malgré une hausse de 8.6% des exportations. La cause de ce creusement évoquée est la facture énergétique en hausse et très certainement la consommation par les Français de produits importés (le high tech). Il est commun d’entendre que ce déficit, ainsi que le prétendu déclin de la France est dû au manque de compétitivité des entreprises croulant sous les charges et sous les coûts de main d’œuvre exorbitants. Or je constate 3 choses assez étonnantes :
      -  Les exportations ont augmentées
      -  L’Allemagne qui a une main d’œuvre et des charges plus ou moins similaires à la France est compétitive.
      -  L’Angleterre, toujours citée en exemple, en matière de compétitivité des ses entreprises avec des charges faibles, a un déficit de 126 milliards d’Euros, et je rappelle qu’elle a du pétrole (même s’il elle est entrée en déplétion).

      Est il opportun de se poser des questions qui à mon sens sont importantes : Est ce le niveau de charges sur les entreprises qui est le déterminant de leur compétitivité lorsque l’on compare avec l’exemple anglais ? Serions nous si mauvais que certains le prétendent ?

      Je pense que les raisons ne sont pas dus aux charges sur les entreprises et au coût de main d’oeuvre, ni au temps de travail et que la soi-disant mauvaise compétitivité Française est utilisée à d’autres fin.


      • L'Hérétique Anaxagore 9 février 2007 23:52

        Dites, je ne veux pas être vexant, mais votre réaction est à côté de la plaque.

        Bien avant le problème des charges, c’est d’abord la protection des PME/PMI et surtout, l’articulation Collectivité locale/Université/PME-PMI que je suggère de revoir entièrement, pour la bonne raison qu’elle n’existe pas dans l’immédiat. Et la question que je pose, c’est celle des moyens à mettre en oeuvre pour que cette articulation soit la plus efficiente possible.

        Je n’ai d’ailleurs peu ou pas évoqué la question des charges : les charges, elles peuvent être très fortes, tant que :

        1. elles n’altèrent pas les possibilités de bénéfices pour l’entreprise

        2. les emplois ainsi « chargés » ne peuvent pas être « délocalisés » ou « mis en concurrence », ce qui est le cas des emplois des secteurs très innovants.


      • karg se 10 février 2007 11:59

        Cette articulation est couteuse, mais elle est salutaire, la pôle de compétivité c’est un voie d’avenir.

        Le moins disant social et fiscal c’est une lutte perdu d’avance, faisons du benchmarking, mettons en avant nos avantages de pays riches et cultivés.


      • L'Hérétique Anaxagore 10 février 2007 12:03

        Ce n’est même pas dit qu’elle soit coûteuse, en plus.

        Il faudrait évidemment supprimer un échelon inutile de collectivité locale : le département...

        D’autant qu’il est très opaque...


      • karg se 10 février 2007 12:43

        super article, ça fait plaisir en ses temps de belle parole, avoir une vrai stratégie de croissance et de développement est, au delà des clivages, une nécessité qui échappe à nos politiques.


      • karg se 10 février 2007 12:45

        Il y a trop de département, la création des régions auraient du s’accompagner de la fin des départements, mais les politiques n’ont pas finit le boulot, comme d’habitude...


      • L'Hérétique Anaxagore 10 février 2007 18:20

        Eh bien merci : pour être honnête, c’est tout de même une adaptation de l’ouvrage de Christian Blanc et des conclusions du Conseil de Lisbonne.

        Je n’ai pas suivi sur toute la ligne les uns et les autres, mais j’ai essayé de pêcher les idées qui me semblaient intéressantes.


      • L'Hérétique Anaxagore 10 février 2007 18:23

        En effet : je suis très favorable à la suppression des opaques conseils généraux.

        En contre-partie, le fonctionnement des régions doit gagner en transparence et en démocratie. Elles pourraient fonctionner à la proportionnelle, mais pas intégrale : avec des seuils. Au moins 5%, cela me semble correct.

        En revanche, je laisserais les législatives au scrutin majoritaire à deux tours.


      • karg se 11 février 2007 14:05

        Un de problème de la France, au niveau de la gouvernance, c’est que le pays est dirigé par des lobbys industriels et des associations douteuses.

        Il n’y pas de vrai consultation des stakeholder locaux. C’est pareil pour l’EU, la commission chie des directives inapplicable (genre celle sur l’eau devrait interdire toute aquaculture et conchyliculture côtière en europe)

        Comme l’a dit un chef d’entreprise que j’ai rencontré il y a peu « je veux pas faire de la politique, mais on aimerai qu’on nous écoutent avant de prendre des décisions surréaliste »

        il parlait d’une norme sur l’arsenic, qui existe en deux formes (organique et minéral), seule une des deux est toxique, hors l’EU impose un taux minimal calculé en additionnant les deux. (on trouve de l’arsenic dans certain poissons de font, genre le siki)


        • cdg (---.---.205.132) 11 février 2007 19:45

          promovoir l innovation c est la tarte a la creme de la pensee actuelle.

          C est vrai qu on s en sortira pas sans innovation et recherche puisqu on ne pourra jamais concurrencer la chine (meme si on payait un francais autant qu un chinois puisqu il faudrait encore que ce pauvre francais rembourse sur son salaire de 20 €/mois la montagne de dette de chirac)

          par contre votre article passe completement a cote d un fait. la delocalisation ne concerne pas que les taches peu qualifiees mais aussi le high tech (cf l inde et le logiciel) Du coup, meme votre PME aurait interet a faire sa R et D en inde (ou a la sous traiter la bas, ou a faire une cooperation avec une universite locale), a faire fabriquer le produit issu de la recherche en chine et seulement a vendre ici Je suis meme sur qu elle trouvera plus de financement (type capital risque ou bancaire) si elle opte pour ce type de configuration que pour un developpement « in situ » en France (dont le seul avantage est de permettre une meilleure reactivite)


          • decurion (---.---.240.52) 11 février 2007 23:26

            Affirmer qu’un redressement durable de la France dépend exclusivement de la croissance économique, c’est vrai dans les faits, c’est faux dans l’absolu. On peut utiliser la croissance ( quitte à la provoquer) pour redresser l’ économie, mais la croissance est la conséquence d’une multitude de données, dont certaines ne sont pas politiquement maitrisables.

            La croissance repose sur la consommation des biens et des services, elle même assujettie au pouvoir d’achat des français.

            Avec un pouvoir d’achat insuffisant à la couverture des besoins, non seulement, aucune relance n’est possible, mais le consommateur est contraint d’acheter made in étranger, ce qui est doublement pénalisant.

            Avec un pouvoir d’achat plus substanciel, on peut supposer, que la consommation augmenterait suffisamment, pour créer des emplois, et donc de nouveaux consommateurs,et ainsi participer à la création d’une spirale de prospérité.

            La grande inconnue, c’est la durée de vie de cette spirale !Un grand nombre de français sont actuellement des sous consommateurs, et logiquement avides de consommer, si les moyens leurs étaient donnés. Mais en réalité, rien n’est certain, car l’écologie peut jouer un rôle important dans les modes de consommation, et de plus les « pauvres » ont appris à leurs dépens que la pauvreté est un luxe, et qu’il vaut mieux investir dans le durable et le réparable que dans le jetable.

            Donc, il est fort possible, qu’aprés une période euphorique, la croissance retombe aprés assouvissement des besoins principaux.Il suffirait alors d’un minimum d’activité, pour satisfaire les besoins courants, et le chomage qui en découlerait serait acceptable.

            Ceci concerne la croissance et la consommation interne, Pour ce qui est de l’exportation, il ne faut pas non plus en attendre des miracles.Le but de toute nation, est d’être indépendante, pour la satisfaction de ses besoins, et malgré les efforts de l’omc pour favoriser l’interdépendance des états, on ne pourra pas aller contre cette tendance, Le fait est que nous n’avons rien qui soit durablement exportable.Certe, nous savons innover autant qu’ailleurs, mais dans les faits nous vendons de moins en moins de produits made in France.Pour s’en convaincre, il suffit d’attendre un peu la fin du feuilleton « Airbus » et de comparer coûts et rapports.

            Il faut certe relancer la croissance, puisque c’est encore possible, mais les fruits de cette croissance doivent garantir notre indépendance et préparer un avenir qui s’accomode d’une faible croissance . Si on mise sur une croissance durable et répétée, il y a de forte chance pour qu’on perde la mise sans toucher les bénéfices.

            En tout cas, c’est mon opinion.


            • Palo Alto (---.---.31.60) 12 février 2007 10:43

              Et si on changeait un peu de discours ? Croissance, compétitivité, consommation ; tout le monde dit toujours la même chose et pourtant on voit bien que ça ne marche pas. On ne fait en fait que fuir la récession.

              J’avoue que je n’ai pas lu l’article. Epuisé avant de commencer. La lecture du titre m’a suffi...

              Que pensez-vous du rapport « Halte à la croissance » du Club de Rome, un message qui a plus de trente ans ?

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