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Venezuela : l’illusion de la dévaluation

Le Président Hugo Chavez a annoncé vendredi 8 janvier la dévaluation du bolivar, qualifiée d’ « ajustement », pour “renforcer l’économie, freiner les importations qui ne sont pas strictement nécessaires, stimuler les exportations.” Il avait promis il y a un an que la crise économique ne toucherait pas à un cheveu du Venezuela. Force est de constater que ses prédictions étaient fausses. Pour des raisons évidentes que la dévaluation du bolivar n’écartera pas : l’avenir des vénézuéliens n’est pas rose.

Alors que la devise vénézuélienne s’échangeait à un taux fixe officiel de 2,15 pour un dollar US depuis 2005, elle s’échange désormais en fonction de deux taux : un taux préférentiel de 2,6 pour un dollar (20% de dévaluation) pour les importations de produits de première nécessité (alimentation, médicaments, machines-outils) et un taux de 4,3 (100% de dévaluation) pour les importations à caractère non nécessaire (tabac, boissons, matériel électronique…). Suite à la déclaration la population faisait la queue dans les magasins pour acheter TV et autres ordinateurs, de manière à acheter avant l’augmentation des prix et la réduction de moitié du pouvoir d’achat de leurs économies.

Même avec un double cours pour amortir le choc, les effets pervers connus de la dévaluation vont rapidement se manifester. C’est d’abord l’augmentation « automatique » des prix qui va toucher ce pays qui importe la plus grande partie de sa consommation (jusqu’à 90% de la nourriture). Or, le Venezuela souffre déjà d’une inflation de 25% en 2009, soit la plus forte en Amérique latine. M. Chavez a pu menacer d’exproprier les commerçants qui pratiqueraient des augmentations de prix abusives, mais cela n’empêchera pas l’inévitable. Effectivement l’objectif de « freiner les importations qui ne sont pas strictement nécessaires » sera atteint. Mais contrairement à ce que pense ou décrète le président socialiste, cela n’est pas là une bonne nouvelle pour le peuple vénézuélien parce que le climat des affaires au Venezuela est très loin de permettre à des entreprises locales de prendre le relais de la production de ces importations : le dernier rapport « Doing Business » de la Banque mondiale place le pays à la 177ème place sur 183.

Ce facteur de climat peu propice aux affaires explique aussi pourquoi la croissance du pays jusqu’à la récession de fin 2009 (avec un PIB en recul de 2,9%), était en trompe l’œil. Cette croissance était fondée uniquement sur l’exportation de pétrole dont les revenus finançaient les dépenses des programmes de M. Chavez. Ainsi toute la politique du régime est fondée sur ce qu’il faut bien appeler une illusion : le développement du Venezuela socialiste n’est pas endogène, c’est-à-dire constitué par une réelle dynamique économique entrepreneuriale, mais repose sur une dangereuse dépendance à la manne pétrolière. En témoignent les chiffres : les revenus pétroliers représentent la moitié du budget et 80% des rentrées de devises du pays. D’ailleurs, alors que la région a connu une chute en valeur des exportations de -24% en moyenne en 2009, le Venezuela joue le rôle de lanterne rouge avec - 42 % : la chute des cours du brut a étranglé le pays. Tant que le Venezuela suivra la voie populiste collectiviste et refusera de mettre en place un climat des affaires favorable à la liberté de consommer, de produire et d’échanger, son développement restera fragile et précaire.

La dévaluation ne « renforcera » pas l’économie et va malheureusement permettre de prolonger l’illusion : le pétrole vénézuélien, qui sera catégorisé dans les produits pour lesquels la dévaluation est de 100 %, sera mécaniquement moins cher en dollars, ce qui permettra d’augmenter les ventes internationales et avec elles, les revenus convertis en bolivars. A la tête du 5ème exportateur mondial d’or noir, M. Chavez va ainsi conserver une marge de manœuvre pour prolonger son modèle de « développement pétro-socialiste ». Il ne semble pas faire de doute que, les élections législatives de septembre approchant, le leader socialiste doit s’employer à choyer son électorat par le biais de dépenses sociales. D’où la nécessité de remplir à temps les caisses de l’État grâce à la dévaluation.

Cette dévaluation doit être interprétée, sinon comme un aveu, comme un signe d’échec du modèle de développement de Chavez. Le Venezuela devra opérer des changements sinon il entrera dans une spirale illusionniste de dévaluations récurrentes opérant comme une drogue.

Emmanuel Martin est analyste sur www.UnMondeLibre.org.

par Emmanuel Martin (son site) vendredi 15 janvier 2010 - 95 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Yann Amare (xxx.xxx.xxx.16) 15 janvier 2010 14:56

    @l’auteur
    Moi qui suis docteur en connologie, je repère là un gars qui sous couvert de grande science économique stigmatise un régime qui ne convient pas à ses idéaux d’économie libérale dont on a vu récemment les résultats...C’est à dire qu’on a affaire à une bande de gangsters propres sur eux mais qui cherchent à dominer le monde et à imposer leurs produits ultra toxiques partout, des compagnies multinationales souvent étasuniennes, de véritables mafias ne reculant devant aucun crime comme exemple Monsanto. On peut les regrouper sous l’appellation "World Compagny"...

    Faites donc sur un moteur Monsanto+toxique ou arnaque ou mensonges vous verrez...

  • Par wesson (xxx.xxx.xxx.62) 15 janvier 2010 16:11
    wesson

    Bonjour l’hauteur,

    ainsi le vénézuela a dévalué sa monnaie. Et que peut-on lire ? Que les pousse-au-jouir du divin marché, les onanistes de la rente, les moines de l’inflation zéro ne sont pas, mais alors pas du tout content ?

    La belle affaire que voici !

    Moi qui suit un imbécile, et bien je pense que c’est pas idiot cette dévaluation, et que même, ça pourrait fonctionner, vous voyez si je suis bête !

    Allez, pour expliquer ma confiance, je vais juste me baser sur une impression. Depuis 1999, j’ai l’impression que le Venezuela a progressé en poids politique et social, tant intérieurement que extérieurement. Si je le compare à la situation de tous les pays ayant fait allégeance au libéralisme tel qu’il s’exprime aujourd’hui, j’ai plutôt l’impression d’une formidable régression, tant sociale que politique.

    Alors, bêtement, je préfère cette politique qui suscite de l’espoir, plutôt que celle qui ne me parle que de la dette que mes enfants auront à casquer.

    Votre article mesquin est ce que j’appelle un Fa dièse : il est d’une telle bassesse qu’il en est près du sol !

  • Par balthasar1er (xxx.xxx.xxx.189) 15 janvier 2010 17:42

    @Wald
    le Vénézuela travail à la prospérité de son peuple,à l’indépendance de sa nation et de sa politique extérieur,vous voudriez voir des éternels valets de l’empire,ramper comme des larves ,le pays aux mains des bourgeoisies compradores et des multinationales qui n’ont d’autres préoccupations que le pillage des ressources.

    Les veines ouvertes de l’Amérique latineEduardo Galeano
    "Voici l’histoire implacable du pillage d’un continent. Nous suivons, siècle après siècle, et dans le moindre détail, la honte du mécanisme qui a conduit à une dépossession ruinant les nations d’un des espaces les plus prometteurs de l’univers. On ne s’étonnera pas que les multinationales, monstres hybrides des temps modernes, opèrent avec cohésion en cet ensemble d’îles solitaires qu’est l’Amérique latine. Chaque pays plie sous le poids conjugué de ses divisions sociales, de l’échec politico-économique et une plus profonde misère.

    Des forces nouvelles se lèvent. Phénomène de grande conséquence, l’Église, longtemps oppressive, reprend la tradition évangélique des premiers âges et devient porteuse d’espérance : elle est résolument aux côtés des pauvres et des persécutés.

    Cet ouvrage essentiel sur l’exploitation de l’homme par l’homme est à l’échelle d’un continent. Ce livre, un grand classique, est lu et commenté dans les universités nord-américaines ; il dénonce le talon d’Achille des États-Unis : l’Amérique centrale et du Sud."

  • Par Talion (xxx.xxx.xxx.243) 15 janvier 2010 14:27
    Talion

    Quand on attaque sur la forme et pas le fond, c’est qu’on a rien a défendre...

    Merci a l’Auteur (apparemment vous y tenez....) de m’avoir éclairé sur le vide abyssal de son argumentation.

    L’article est au même niveau : Un simple billet de propagande très probablement téléguidé.

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