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Accueil du site > Actualités > Economie > Verre « perdu », pas pour tout le monde

Verre « perdu », pas pour tout le monde

Quand j’étais môme, et les étés si chauds (c’est pas vrai, mais on y croit tous), nous achetions des boissons dans des bouteilles en verre « consignées » : à l’achat, on donnait trente centimes (d’anciens francs !) en plus du produit, et l’épicier nous rendait nos trente centimes quand on lui rapportait la « consigne », c’est à dire la bouteille vide.

A cette époque (fin des années cinquante), le Français adulte moyen éclusait pas mal de vin, mais les enfants n’avaient que rarement droit à un soda ou un jus de fruit. On ne s’en plaignait pas, car nous avions parfois le droit de nous acheter des bonbons avec les trente centimes de la fameuse « consigne ». Le bonheur !

Passa le temps, et vint le progrès. Les industriels de l’alimentaire nous convainquirent de ce que la « consigne » était très ringarde : mieux valait acheter la bouteille pour de vrai, pas cher du tout, nous assuraient-ils, et la jeter tout simplement à la poubelle.

Ce que nous fîmes, comme des crétins. Le verre « perdu », c’était résolument moderne.

Outre que nous n’avions plus nos trente centimes de bonbons, les municipalités virent dans ce verre « perdu » une manne non négligeable, et nous prièrent poliment de bien vouloir le déposer, sur la base du volontariat bien sûr, dans des réceptacles dédiés.

Ce que nous fîmes, comme des crétins.

Vint le temps de la loi républicaine, qui récupére du mieux qu’elle peut le mouvement écologiste : nous sommes maintenant tenus, sous peine d’amende, de stocker, de transporter et de déposer ce fameux verre perdu dans les réceptacles. Tout cela gratuitement, bien sûr.

Notez bien, ils ne sont pas plus éloignés de mon appartement que l’épicerie du coin ne l’était de la maison de mon enfance…

Mais au fait, et mes trente centimes ? Ben, euh… « perdus », comme le verre du même nom…

Sur quarante ans, quelle escroquerie !

Xavier


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4 réactions à cet article    


  • Croa Croa 14 août 2014 00:00

    Tout à fait... L’époque des bouteilles à étoiles que l’on faisait remplir par le caviste !

    Être môme dans les années 60 était un bon temps. Certains adultes commençaient à gaspiller et il était facile de se faire un peu d’argent de poche en récupérant les bouteilles dans le local poubelle des immeubles ! smiley


    • Pepe de Bienvenida (alternatif) 14 août 2014 05:40

      Et on piquait les bons de réduction dans les boîtes aux lettres.


    • prolog 14 août 2014 10:53

      Là où le commerçant payait pour récupérer une bouteille utilisable, maintenant, il faut payer un fournisseur de bornes à verre, un industriel pour collecter le verre, un pour le recycler, un pour refaire une bouteille, un pour la revendre.
      Le pire c’est que si vous demandez aux collectivités, elles vous répondront que tout ça est pris en charge par l’écotaxe sur les emballages. Qui elle même est payée par le consommateur.
      C’est débile, on le paye.... mais ca fait beaucoup plus de PIB qu’avant.


      • fredleborgne fredleborgne 14 août 2014 18:48

        J’aime cet article, qui décrit en fait une multitude de processus de dépossession qu’a subi notre société.
        L’industriel avec la complicité de l’état se fout bien de notre gueule.
        Non seulement on paye plusieurs fois pour nos déchets (non seulement à l’achat du produit, mais sur nos impôts locaux) mais en plus, on fait la main d’oeuvre. Faut même « regrouper les poubelles » au lieu de les mettre devant chez soi maintenant dans certains quartiers.
        Et quand je vois que la société de ramassage fait encore des bénéfices, après les investissements et les paies, je me demande pourquoi ceux-ci ne sont pas reversés à la mairie ou que mes frais de collecte ne baissent pas. Et ensuite, quand ils s’agrandissent, ils reçoivent des subventions locales, nationales, européennes...payées par mes impôts, ma consommation, encore une fois...
        Ne parlons pas de l’eau ni, des centrales qui finiront par être démontées avec l’argent du contribuable en plus du prix de l’électricité alors qu’EDF rapporte aux actionnaires et à ses dirigeants, ni de la Poste, des autoroutes, des télécommunications... Tout ce qui nous appartenait autrefois.

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