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Vivre sans banque centrale - Quand le Panama donne l’exemple

On prétend confier aux banques centrales une mission impossible comme l’a démontré l’échec de l’expérience socialiste : planifier l’évolution des moyens de paiement requis par l’économie, et indirectement le développement économique en essayant d’atteindre un niveau jugé souhaitable d’inflation ou de croissance.

Une banque centrale est une institution étatique ou paraétatique qui se voit confier par l’État divers monopoles : émission de la monnaie, prêteur en dernier ressort des banques, banquier de l’État, gestion des réserves en devises et métaux précieux, régulation et supervision des services bancaires et financiers, fixation du taux d’intérêt directeur. Concrètement, la modification de ce taux directeur représente le principal moyen d’action d’une banque centrale sur l’économie. Selon la classique loi de l’offre et de la demande, lorsque les prix montent, la banque centrale augmente le taux d’intérêt, réduit le crédit, la demande et donc ralentit la hausse des prix. Et inversement, lorsque les prix ont tendance à baisser.
 

Cependant se pose de sérieuses questions sur la légitimité et l’efficacité de si formidables monopoles. Pour commencer, et en paraphrasant, on pourrait dire que le pouvoir de « battre monnaie » est bien trop sérieux pour être laissé à la merci des politiciens – la collusion de ces derniers avec les banques centrales étant à l’origine de principales catastrophes monétaires, alors même qu’une des principales missions d’une banque centrale consisterait justement à maintenir la stabilité des prix et garantir la solidité de la monnaie. La réalité historique montre que les banques centrales – qui plus qu’à leur tour ont joué les pompiers pyromanes de l’inflation – ont surtout un rôle politique, bien éloigné de leur prétendue indépendance, en injectant des quantités gigantesques de monnaie dans le système économique afin d’éviter aux gouvernants de devoir augmenter les taxes ou de réduire les dépenses publiques et afin de leur faire bénéficier de cette taxe qui ne dit pas son nom, l’inflation. Par ailleurs, on notera aussi que les fluctuations des taux d’intérêt n’ont souvent rien à voir avec les réalités économiques fondamentales, perturbant ainsi les marchés et créant des bulles. Sans compter le fait que les autorités monétaires incitent à des comportements imprudents, en suscitant l’idée que leur rôle consisterait à évacuer les risques en venant à la rescousse des établissements au bord de la faillite en raison de leurs prises de risque excessives.

En fait, on prétend confier aux banques centrales une mission impossible comme l’a démontré l’échec de l’expérience socialiste : planifier l’évolution des moyens de paiement requis par l’économie, et indirectement le développement économique en essayant d’atteindre un niveau jugé souhaitable d’inflation ou de croissance. Il est d’ailleurs révélateur que le 5e point du Manifeste du Parti communiste de Marx et Engels préconisait la « centralisation du crédit entre les mains de l’Etat, au moyen d’une banque nationale, dont le capital appartiendra à l’État et qui jouira d’un monopole exclusif ». Or vivre dans une économie sans banque centrale n’est pas une idée utopique. Il suffit de rappeler que non seulement la plupart des banques centrales furent tardivement créées au cours des 19e et 20e siècles, mais aussi qu’ont bien existé des systèmes concurrentiels de gestion de la monnaie (Écosse, Nouvelle Angleterre, Canada, etc.) ou encore que jusqu’en 1993 Hong Kong a parfaitement pu prospérer sans banque centrale.

Mais un autre exemple est particulièrement intéressant : celui du Panama, qui depuis son indépendance n’a jamais eu de banque centrale. En effet, depuis 1904, la constitution de ce pays stipule qu’il ne peut avoir de monnaie de cours forcé et que tout citoyen peut rejeter une monnaie, même publique, qui ne lui inspire pas confiance. En d’autres termes, au Panama, on peut employer n’importe quelle monnaie dont le cours est déterminé par le marché. Le dollar s’y est imposé, mais librement, en réponse au désir des gens.

Les avantages du système apparaissent immédiatement. Durant les 25 dernières années, l’inflation moyenne au Panama aura été légèrement inférieure à 2%, se maintenant généralement à plus d’un point sous l’inflation des États-Unis. La raison en est simple : contrairement aux États-Unis, les Panaméens ne peuvent imprimer des dollars ; ils doivent les gagner en échange de biens et services réels. En plus, sans banque centrale, il n’y a plus de prêteur de dernier recours ni sécurité des dépôts ; par conséquent, les banques sont obligées d’agir de manière responsable pour se maintenir à flot. Et l’absence de banque centrale rend impossible la manipulation des taux d’intérêts. Par ailleurs, grâce à l’ouverture du secteur bancaire en 1971, il n’existe pas de contrôle des capitaux à l’entrée ou la sortie de capitaux. Ce qui a permis l’installation dans ce pays de plus de 100 banques internationales, favorisé l’intégration financière internationale et évité les déséquilibres économiques et financiers habituels dans la région.

Ce système empêche, de fait, toute politique keynésienne. En effet, chaque fois que le gouvernement panaméen a tenté d’injecter dans la masse monétaire de l’argent extérieur via la dette, le système a répondu en faisant sortir à l’étranger l’excès en circulation. Grâce à la concurrence bancaire (et sans banque centrale qui facilite la cartellisation), les banques ne peuvent gonfler de manière synchronisée ni manipuler les taux d’intérêts sous la « direction » de la banque centrale. Les banques se chargent de nettoyer les excès produits par l’expansion en diminuant le crédit, occasionnant ainsi la récession au moment précis. Alors que les banques centrales font exactement l’inverse en faisant gonfler la masse monétaire lors des récessions, ce qui empêche l’évacuation des mauvais investissements, aggravant ainsi les récessions. C’est ainsi que l’économie panaméenne a géré ses différentes récessions par la déflation (1986, 1989 et 2003), soulageant les consommateurs et les entreprises quand il le fallait. Tout cela a fait que l’économie panaméenne fut la seule d’Amérique latine à n’avoir pas souffert des chocs financiers ou des excès de ses voisins (tequilazozamba, effet tango, etc.)

Après la dernière crise mondiale et l’éclatement des diverses bulles à travers le monde depuis deux décennies, il est temps que les pays qui s’entêtent à produire du papier monnaie sans répondant étudient d’un peu plus près l’expérience monétaire panaméenne et s’inspire d’un système qui en un siècle a produit une des plus basses inflations au monde et soutenu une économie stable et croissante (PIB quadruplé lors de ces 30 dernières années). Vivre sans banque centrale a très bien réussi au Panama. Pourquoi n’en serait-il pas de même dans le reste du monde ?


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40 réactions à cet article    


  • MarcDS MarcDS 23 février 2010 12:40

    Ca me fait penser à la Suisse qui construit sa richesse sur son régime fiscal fort attractif pour les fortunes étrangères. La question est de savoir ce qui se passerait si tous les pays faisaient la même chose...


    • wperrad 14 juillet 2012 20:38

      « La question est de savoir ce qui se passerait si tous les pays faisaient la même chose... »

      Si tous les pays faisaient la même chose, l’accumulation de capitaux serait favorisée pour tous, et ils seraient donc tous plus riches.


    • Mmarvinbear mmarvin 23 février 2010 13:20

      On ne peut pas vraiment dire que le Panama n’a pas de banque centrale : il use en fait de la banque centrale des Etats Unis...

      Il faut aussi préciser que la Panama a une monnaie nationale : le Balboa (du nom d’un célèbre explorateur espagnol du XVIè siècle qui fut le premier européen à traverser le pays). Mais il n’existe que sous forme de pièces, les billets étant du dollar américain.

      Le Balboa et le Dollar ont une parité fixe, ce qui permet à la population locale d’user indifféremment des deux monnaies. Cette parité fixe est en fait un héritage de la politique, car économiquement, le Panama n’a pas de quoi soutenir une telle parité.

      Le Panama a déclaré son indépendance vis à vis de la Colombie en 1904. Les Etats Unis ont apporté leur soutien à la province rebelle en échange de la concession à perpétuité d’une bande de territoire coupant le pays en deux : c’est sur cet emplacement que les USA creusent le Canal de Panama, indispensable au trafic maritime, qui évite dès lors le dangereux et long détroit de Magellan ou le Cap Horn. Cette bande a été rendue au Panama mais les USA y gardent toujours une imposante base militaire, au cas ou... Le Balboa a un taux fixe pour aider à stabiliser l’économie, une crise économique pouvant nuire au trafic maritime sur le Canal.

      Politiquement, les USA ont toujours gardé un oeil sur les gouvernements locaux. Ils ne sont pas intervenus en 1968 lors du premier coup d’Etat qui a installé une junte militaire qui avait pris ses précautions en garantissant aux USA le libre usage du canal et en habillant plus ou moins avec raison cette prise de pouvoir avec les habits de la lutte anti-communiste.

      Le pouvoir est resté aux mains des militaires jusqu’à la chute de Noriega. Ce dernier a commis l’erreur de commettre trop d’exactions même aux yeux de la CIA (c’est dire !) et de jouer double jeu avec les narco-trafiquants. L’opération « Juste cause » a servi tout à la fois à capturer un dictateur qui devenait trop genant et à réaffirmer aux yeux du monde que la canal de Panama était la chasse gardée des USA.

      En revanche, il est faux de dire que l’ économie panaméenne est protégée : si l’inflation des 25 dernières années est de 2 % en moyenne, avant, ce chiffre était de 6 % ! Les périodes de tensions économiques comme les chocs pétroliers ont amené parfois ce chiffre au dela de 15 !
      http://www.nationmaster.com/country/pm-panama/eco-economy

      De plus, l’inflation est repartie à la hausse en 2008, tendance confirmée en 2009 (mais avec modération de la hausse).

      L’absence de banque centrale empêche le déficit, mais il interdit aussi l’investissement social. La protection sociale du citoyen y est quasi inexistante : de plus, le gouvernement privatise ce qui restait d’entreprises publiques et réduit encore les couts de la protection sociale. 40 % des panaméens vivent encore sous le seuil de pauvreté.

      Sur le plan extérieur, ce n’est pas mieux : le Panama fournit nombre de pavillons de complaisance aux bateaux poubelles. Il est également listé comme étant un paradis fiscal. Son économie est basée à près de 80 % sur les services extérieurs : il est donc très vulnérable aux cycles économiques.

      Le Panama est plus riche que ses voisins, mais les panaméens sont tout aussi pauvres. A long terme, ce n’est jamais bon pour un pays et son économie...


      • Lucilio Lucilio 23 février 2010 14:06
        mmarvin,

        Dire que le Panama use de la Fed américaine a aussi peu de sens que de dire que la France le fait : le Panama, comme la France, pour obtenir des dollars doit soit les échanger contre d’autres devises soit les acquérir en échange de biens ou services réels. Sinon, oui, il existe une monnaie officielle au Panama, mais elle n’a légalement pas de cours forcé. Et, bien sûr, il y a eu des années ou l’inflation a été élevée au Panama, ce qui est parfaitement logique pour un petit pays ouvert à l’économie mondiale ; mais sur le long terme, même en tenant compte des périodes de crise comme les chocs pétroliers des années 70’, l’économie panaméenne a toujours connu une inflation très basse et toujours plus basse que la presque totalité des économies du reste du monde. De fait, depuis 1961, l’inflation moyenne au Panama a été de 3% (seulement en 1974 et en 1980, lors des deux chocs pétroliers, le Panama a connu une inflation à deux chiffres, 12% et 10% ; par contre durant la même période, ce pays a connu 4 années avec une inflation négative).

        Quand à la situation socio-économique du Panama, rappelons que ce pays possède le meilleur indice de développement humain de l’Amérique centrale et se situe parmi les pays développés à une honorable 60e place, devant la Bulgarie, la Roumanie, le Belarus, la Russie, le Brésil, l’Ukraine, etc.

      • Mmarvinbear mmarvin 23 février 2010 15:08

        Quels services ? Quels biens ? L’industrie du Panama ne représente que moins de 20 % de son activité.

        La seule richesse du Panama, c’est le Canal, qui est sous tutelle plus ou moins prononcée des USA qui ne maintiennent le cours du Balboa que de façon artificielle : qui peut sincèrement croire que l’économie panaméenne est aussi florissante et solide que l’économie américaine ? Pour garder la paix sociale, les USA subventionnent de fait le Panama.

        On est loin de l’idéal néolibéral...


      • Lucilio Lucilio 23 février 2010 18:31
        mmarvin,

        Le secteur tertiaire représente les 3/4 de l’économe panaméenne... c’est vrai... juste comme en France, tiens. De fait, le Panama possède le plus grand centre financier d’Amérique latine. Bref, ce pays joue un peu le même rôle que la Grande-Bretagne pour l’Europe ou Hong Kong pour l’Asie. Sinon, le Panama reste quand même le 10e (sur 20) pays exportateur de biens de l’Amérique latine (ferraille de fer, aluminium, cuivre, textile, machines légères assemblées, banane, café, etc.)

        Sinon, les américains ne soutiennent artificiellement en rien la monnaie panaméenne : celle-ci ne concerne en rien, pour ainsi dire, l’économie panaméenne car cette monnaie n’existe qu’en monnaie métallique de centimes et ne sert, en fait, qu’en termes de comptabilité (comme l’ancien ECU européen).

      • Mmarvinbear mmarvin 23 février 2010 19:45

        "celle-ci ne concerne en rien, pour ainsi dire, l’économie panaméenne car cette monnaie n’existe qu’en monnaie métallique de centimes et ne sert, en fait, qu’en termes de comptabilité (comme l’ancien ECU européen)." : absolument faux ! Le Balboa, en tout cas ses pièces, est usé de façon courante dans la rue ! Le pays a essayé d’imprimer des billets dans les années 30 mais la banque fédérale américaine est intervenue et une semaine après l’émission, les Balboas de papiers n’avaient plus cours légal.

        Tout un symbole...


      • Lucilio Lucilio 23 février 2010 20:08

        mmarvin,


        Comment ça « faux » ? Je répète ce que j’ai écrit : le balboa n’est employé au Panama que comme écriture comptable ou que comme pièces de monnaies de centimes. Or tu la vois, une économie européenne fonctionnant avec des centimes d’euros ?

        On répète donc encore une fois : la constitution panaméenne interdit depuis son indépendance, en 1904, le cours forcé du papier monnaie. Donc, les États-Unis n’ont pas besoin d’intervenir, la constitution panaméenne permet aux Panaméens de refuser d’accepter une monnaie panaméenne en papier comme moyen de paiement.


      • plancherDesVaches 23 février 2010 20:39

        Merci, Mmarvin de corriger la propagande servie ici sur un plateau.

        Bravo, auteur, de t’emmêler les pinceaux dans tes pseudo-vérités.

        Le net a vraiment du bon et c’est pour cela que tous les gouvernements, sauf celui de l’Islande, veulent le museler.


      • sisyphe sisyphe 23 février 2010 13:51

        Devant un tel ramassis d’inepties, on ne peut que conseiller à l’auteur de s’exiler au Panama ; en plus des formidables avantages financiers, il aura la chance de pouvoir s’y parer de superbes couvre-chefs, faits main. 

        On lui conseille toutefois d’emporter quelques billes avec lui...

        Quelques détails sur le Panama (wikipedia) :

        Le Panamá possède la plus puissante économie d’Amérique centrale. Le pays doit principalement son essor économique au Canal de Panamá. La ville de Panamá est le plus important centre financier d’Amérique centrale. Le PIB par habitant, de 6 406 dollars2008), est également le plus élevé de la région.

        Les services occupent une grande place dans l’économie du Panama. Les principales activités sont les services financiers, le commerce et le tourisme. La restitution de la zone du canal, contrôlée par les États-Unis jusqu’en 1999, a encouragé le lancement de nouveaux projets. Panamá fait partie des pavillons de complaisance.

         La population de ce pays, dont 40 % vit sous le seuil de pauvreté ...

        Comme quoi, pour profiter de la plus puissante économie d’Amérique Centrale, il vaut mieux y être dans les milieux financiers, que simple peon...

        Bon voyage !
         smiley


        • minidou 23 février 2010 16:26

          En fait si j’ai bien compris le message est « T’occupe pas de ta monnaie, oncle Sam s’en occupera pour toi », avec comme exemple « regarde le Panama le fait déjà, alors pourquoi pas toi ? (...camarade) »...
          Mazette, ça c’est de l’analyse économique de haut-vol ou je ne m’y connais pas....
          Euuuh c’est pas pour être contrariant mais n’auriez vous pas un autre exemple ???
          Parce que là, un micro État, dont l’essentiel des ressources proviennent d’une rente de situation géographique, et de ses pavillons de complaisance c’est pas hyper-parlant comme exemple... 


          • Lucilio Lucilio 23 février 2010 18:40

            minidou, le message est : sans banque centrale et sans manipulation monétaire d’icelle sous les ordres des politiques, une économie se porte mieux.


            Sinon d’autres exemples d’État sans banque centrale ? Fastoche : tous les pays et toutes les nations du monde depuis la préhistoire jusqu’au 19e siècle, les États-Unis qui ont vécu la moitié de leur vie sans banque centrale, Hong Kong qui est devenue prospère sans banque centrale jusqu’en 1993, etc.

          • Mmarvinbear mmarvin 23 février 2010 19:42

            "Fastoche : tous les pays et toutes les nations du monde depuis la préhistoire jusqu’au 19e siècle, les États-Unis qui ont vécu la moitié de leur vie sans banque centrale, Hong Kong qui est devenue prospère sans banque centrale jusqu’en 1993, etc." : Vous êtes naif...

            Les banques centrales n’existaient pas en tant que telle, mais chaque Etat avait un tel organisme qui jouait ce rôle : le roi !

            Le premier signe fort d’un nouveau royaume est quand il décide qu’il est le seul à pouvoir battre monnaie, remplaçant les pièces forgées au niveau local et imposant la nouvelle monnaie par la force. C’est le roi (ou la reine, ou l’empereur/impératrice) qui décidait du poids et de la taille de la pièce, ainsi que de sa valeur relative.

            Quand une crise économique survenait, pour réduire la quantité de métal disponible, le roi pouvait décider que les nouvelles pièces, bien que plus petites et plus légères, avaient la même valeur que les anciennes, ou une valeur moindre mais imposée, et sans rapport avec la valeur qu’elle aurait du avoir. Les capétiens du XIVè siècle ne se sont pas privés d’une telle arme qu’est la dévaluation tronquée !

            D’une façon ou d’une autre, la banque centrale a toujours existé : quand elle est absente d’un pays, c’est qu’il utilise la banque centrale du voisin, tout simplement.


          • Lucilio Lucilio 23 février 2010 20:00

            mmarvin, tu as tort de comparer le droit régalien de battre monnaie que possédait les rois d’Ancien Régime (mais aussi une foultitude d’autres princes) au rôle des banques centrales actuelles. Certes, le roi pouvait battre monnaie, mais il ne pouvait imposer le monopole de sa seule monnaie - ainsi, dans le royaume de France, par exemple, circulaient parfaitement et servaient à payer le plus simplement du monde les écus ou les louis du Roi de France, mais aussi les doublon espagnols, les livres anglaises, les thalers allemands ou les ducats italiens. Ce qui fait que jamais les anciens rois n’ont pu manipuler la monnaie comme le font aujourd’hui les banques centrales nationales. Le Roi de France avilissait la monnaie nationale pour rentrer dans ses frais ? Ça marchait un temps et puis les gens laissait tomber cette monnaie dévaluée et commerçaient sur base d’autres monnaies étrangères plus solides et moins trafiquées (doublon espagnol, thaler allemand, etc.) Les rois d’Ancien Régime n’avaient ni le monopole de la monnaie, ni ne pouvaient diriger le sens du crédit, ni n’étaient prêteur en derniers recours des banquiers, ni rien de ce qui fait une banque centrale actuelle. Donc, oui, l’Humanité a parfaitement vécu pendant 10.000 ans sans banque centrale, comme, encore une fois, les États-Unis jusqu’au début du 20e siècle, Hong Kong jusqu’à 1993 ou le Panama jusqu’à aujourd’hui..


          • Le péripate Le péripate 23 février 2010 20:21

            Il était aussi courant et normal de refondre une monnaie en une autre, un droit dit de seigneurage était prélevée pour apposer une nouvelle marque, valant garanti de poids.


          • minidou 24 février 2010 10:23

            Mais dans ce monde moderne, il y a toujours une monnaie ! Tous ces pays qui n’ont pas de banque centrale utilisent bien une monnaie, qui a donc été émise par une banque centrale, d’un autre État, au services d’autres intérêts !
            Vous croyez sincèrement qu’il est possible de revenir au troc, au coquillages....A l’or-métal ? Croyez vous que l’hégémonie du dollar a été étrangère à l’hégémonie américaine ? La neutralité de la monnaie est un mythe, battu en brèche par Keynes, il y a bientôt un siècle...Le credo de la neutralité de la monnaie n’est qu’un biais politique pour favoriser les détenteurs de capitaux au détriment de ceux qui travaillent...
            Quant à votre argument sur les économies agricoles pré industrielles, oui peut-être votre théorie est-elle adaptée au Burkina Faso ou au Bouthan...


          • José Lopez-Martinez José Lopez-Martinez 24 février 2010 10:33

            @ minidou :

            « Mais dans ce monde moderne, il y a toujours une monnaie ! Tous ces pays qui n’ont pas de banque centrale utilisent bien une monnaie, qui a donc été émise par une banque centrale... »

            Il y a toujours eu une monnaie, partout dans le monde, depuis des siècles et des siècles. Sans nécesité aucune d’une banque centrale. Jusqu’à 1913, aux États-Unis, la monnaie était émise par les banques privées. Idem au Canada, jusque dans les années ’30 ou à Hong Kong jusqu’à 1993 (pas vraiment des pays agricoles pré-industriels tout ça).

            Sinon, revenir à l’étalon-or serait une excellente chose. Quand on voit que, sans banque centrale, le dollar américain a parfaitement pu conserver sa valeur et son pouvoir acquisitif tout au long du 19e siècle ; et que depuis que la Fed a été installée en 1913, ce même dollar a perdu 95% de sa valeur.


          • ddacoudre ddacoudre 23 février 2010 18:22

            bonjour lucilio

            s’il n’y avait pas une garantie politique, il y a longtemps que le panama comme tous les pays a monnaies papiers ou informatiques auraient fait banqueroute. la monnaie c’est du vent s’il n’y a pas une institution pour la garantir.
            mais la reconnaissance de dette entre les individus non.
            cordialement


            • Lucilio Lucilio 23 février 2010 18:45

              ddacoudre, tu te trompes lourdement : la monnaie c’est du vent si elle ne se base pas sur l’économie réelle. Une « institution » ne garantira jamais la monnaie si celle-ci n’est pas en adéquation avec la réalité économique. C’est quoi la garantie de l’État zimbabwéen en ce qui concerne la monnaie locale ? Tu sais, ce pays où l’inflation atteint les 200.000.000% en 2008.


            • Mmarvinbear mmarvin 23 février 2010 19:49

              Je pense que DD parlait de la garantie politique américaine... Le jour ou, pour une raison ou une autre, les USA cessaient de garantir la parité fixe ( à 1 : 1 tout de même ! ), tu verras la vitesse à laquelle les sociétés prendront leurs cliques et leurs claques...

              La monnaie a besoin de deux piliers : une économie stable, et un pouvoir politique assez fort pour stabiliser les dérives du marché monétaire, dans un sens comme dans l’autre.

              La faiblesse de l’ économie panaméenne étant dans ce cas compensée par le pouvoir politique américain.


            • Lucilio Lucilio 23 février 2010 20:17

              mmarvin,


              Le Panama n’a nul besoin de garantie des États-Unis puisque chaque dollar acquis par les Panaméens l’a été en échange d’un bien ou d’un service. Comme l’a été chaque dollar acquis par les Français. Le Panama bénéficie d’autant ou d’aussi peu de garantie qu’un Européen, qu’un Japonais ou qu’un Arabe des pétro-monarchies. Et si le gouvernement américain déconne et avilit sa monnaie, les Panaméens passeront tout simplement à une autre monnaie puisque au Panama aucune monnaie n’a cours forcé.

            • epapel epapel 23 février 2010 22:21

              Vu sous cet angle, le Panama est un passager clandestin du système monétaire des autres.

              Mais si tous les pays font la même chose, que se passera-t-il ? C’est la disparition de la monnaie et le retour au troc.


            • Lucilio Lucilio 23 février 2010 22:33

              epapel,

              En quoi le Panama serait-il un passager clandestin ? Le passager clandestin ne seraient-ce pas plutôt les États-Unis qui vivent à crédit en fourguant du papier monnaie dévalué à travers le monde. Les Panaméens, eux, par contre, gagnent leurs devises sur leur marché international en échange de biens et services réels.

              Sinon, l’Humanité a vécu 10.000 ans sans banque centrale et la monnaie existe partout dans le monde, en remplacement du troc, depuis la plus haute Antiquité.


            • denis84 23 février 2010 19:48

              J’ai au moins appris un truc
              Je ne connaissais jusque là qu’un seul Balboa : le boxeur


              • Lucilio Lucilio 23 février 2010 20:34

                denis84,


                un deuxième truc que tu auras appris aujourd’hui : Balboa, c’est d’abord le premier Européen qui a vu l’Océan Pacifique.

                 smiley

              • Le péripate Le péripate 23 février 2010 20:36

                Je crois que vous avez passé sous silence l’autre moyen dont dispose une banque centrale pour « réguler » le crédit : la fixation du taux de réserve des banques privées et la qualité des fonds de ces réserve. Ce sont aussi des moyens puissants.

                Mais tout ça va dans le même sens : stimuler, doper, shooter, gaver de crédit l’économie pour satisfaire des promesses électorales et accomplir un rêve prométhéen. Avec pour conséquence que de puissantes vagues viennent régulièrement, cycliquement, corriger le cours détourné des évènements.


                • Lucilio Lucilio 23 février 2010 20:51

                  pépipate,


                  Tu as tout à fait raison. J’avais inclus cela dans la « régulation et supervision des services bancaires et financiers » par la banque centrale. Dans un article, il faut bien résumer.

                  Mais merci, pour le rappel.

                   smiley

                • Philou017 Philou017 23 février 2010 21:40

                  L’auteur : merci pour votre article original.
                  Le gouverneur du Panamade la Banque Interaméricaine de Développement (BID) va dans votre sens. Dans un discours à Medellin, à propos de la crise, il a entre autres déclaré ’extrait) :

                  «  »5. Bien que Panama ne soit pas immun à la crise financière mondiale qui menace de faire reculer les acquis sociaux et économiques dans la région, la diversification de notre économie de services, la force du système monétaire et bancaire, ainsi que la mise en oeuvre réussie de la stratégie financière de notre gouvernement ces dernières années nous ont permis de résister aux assauts de cette crise et nous projetons une croissance économique positive pour cette année.

                  6. Après la signature des Traités Torrijos-Carter, la Banque nous a soutenus au cours de la préparation des premières études liées à la protection du bassin hydrographique qui alimente le canal de Panama.

                  7. En fait, nous pouvons dire que la BID a joué un rôle très important dans la concrétisation du montage financier requis par le projet d’élargissement du canal. La décision prise sur l’élargissement du canal obéissait à des facteurs de rentabilité financière et économique, et c’est en outre aujourd’hui l’un des principaux instruments de politique anticyclique.

                  8. Le système monétaire et financier panaméen, sans banque centrale, n’ayant pas copié le modèle de transactions hypothécaires suivi par d’autres pays, ne montre pas de signe de contagion. Cependant, le secteur bancaire a réagi avec prudence, privilégiant laliquidité qui a influé sur le rythme d’octroi de crédit interne.

                  9. Afin de soutenir le système financier, le gouvernement a approuvé au mois de février un programme de relance financière, appuyé par la BID (500 millions USD), la Société andine de développement (210 millions USD) et la Banque nationale de Panama (avec un apport de 400 millions USD), pour un montant total de 1,11 milliards USD. Il importe de souligner que nous avons signé hier, ici même à Medellín, avec la Société andine de développement, le prêt de 210 millions USD.«  »

                  http://idbdocs.iadb.org/wsdocs/getdocument.aspx?docnum=1932633


                  • Philou017 Philou017 23 février 2010 21:44

                    Une approche intéressante du problème de la dollarisation :

                    http://www.bernardgirard.com/aligre/Dollarisation.html

                    Extrait :

                    Est-ce que cette dollarisation est politiquement réalisable ?

                    C’est la grande question. Les financiers argentins que l’on interroge disent que la perspective de la dollarisation n’a pas suscité de réaction de rejet. Il est vrai que depuis des années, l’Argentine a indexé le peso sur le dollar, 1 peso vaut 1 dollar, et que l’on utilise le dollar comme monnaie de transaction dans les affaires mais aussi au quotidien. Il paraît que 74% de l’épargne argentine est en dollars.

                    Mais c’est probablement une exception. En 1983, le ministre des finances israélien avait proposé une mesure de ce type. Il l’a aussitôt abandonnée devant les protestations unanimes de la population. Il est vrai que la dollarisation pose de vrais problèmes :

                    • de perte d’indépendance de la politique économique : elle interdit, en pratique, de mener des politiques qui jouent sur l’inflation pour réduire les déficits ,
                    • de perte de recettes pour les Etats. Une banque centrale doit conserver des réserves sur lesquelles elle perçoit des intérêts qui peuvent représenter des sommes considérables. Les intérêts que l’Argentine perçoit sur ses réserves représentent 2% des revenus de l’Etat. Or, la dollarisation suppose que ces réserves soient en dollars. Et si l’Etat veut récupérer ces revenus il faut que le Congrès américain accepte de payer, et cela n’a rien d’évident,
                    • de fragilité du système financier. La dollarisation interdit en pratique de venir au secours d’établissements bancaires en difficultés. Il faudrait pour cela que la banque centrale américaine accepte de venir à la rescousse d’établissements installés à l’étranger, ce qui paraît improbable…

                    J’ajouterai enfin que c’est symboliquement se mettre sous la coupe d’un gouvernement étranger, ce qui n’est pas du goût de tout le monde.


                    • epapel epapel 23 février 2010 22:11

                      Au plan pratique, la banque centrale est la clé de voute du système financier d’une zone monétaire : c’est elle qui régule la masse monétaire en circulation et le niveau d’inflation via les réserves qu’elle impose et les taux d’intérêts qu’elle pratique.

                      Historiquement, les banques centrales ont été créées en réaction à des crises financières ou monétaires, donc par nécessité. Aux USA, la création de la FED en 1913 suite à la panique bancaire de 1907 a permis l’unification du système monétaire (avant les monnaies aux USA étaient régionales et il fallait tout un système de compensation pour régler les échanges entre états).

                      En adoptant le dollar le Panama s’exonère de banque centrale puisqu’il s’en remet à la FED. Mais la contre partie est la vassalisation monétaire du Panama vis à vis de USA, autant dire que l’indépendance du Panama est une fiction.

                      La crise financière de 2008 a été jugulée par l’action des banques centrales sous la supervision des Etats.


                      • Lucilio Lucilio 23 février 2010 22:52
                        epapel,

                        Effectivement, actuellement, les banques centrales sont la clé de voûte d’un système financier manipulé par les gouvernements. Mais cela ne veut nullement dire que ce système soit nécessaire ou utile au bon fonctionnement d’une économie. Bien au contraire.
                        Ensuite, la Fed a bien été créée dans l’illusoire dessein de pouvoir guider favorablement l’économie. On a vu le résultat : une décennie après sa création, elle provoquait en partie la plus grave crise économique de l’histoire contemporaine occidentale. Et dire que les banques centrales ont jugulé la crise de 2008 est une aimable plaisanterie, alors même qu’elles sont (surtout la Fed) à l’origine de cette crise en ayant favorisé et alimenté la bulle créditrice.
                        Enfin, le Panama n’est vassal de personne puisque, comme le stipule la constitution, aucune monnaie n’a de cours forcé dans ce pays. Ce pays emploie le dollar comme il peut employer demain tout autre monnaie relativement solide et acceptée dans le monde comme devise d’échange. Dans les faits, le Panama est bien plus indépendant que la France, par exemple, qui se voit imposer une monnaie traficotée par des fonctionnaires européens.

                      • Lisa SION 2 Lisa SION 2 24 février 2010 00:02

                        Lucilio,

                        maintenant que tu en as fini avec Panama et tout compris sur le pourquoi du comment il n’y a pas besoin de banque centrale dans ce pays qui dispose d’un péage à souhaits, je te conseille de te tourner vers cet autre détroit très intéressant géostratégiquement parlant :


                        http://mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=17544


                        http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=HAS20100222&articleId=17759




                        • sisyphe sisyphe 24 février 2010 06:18

                          Par Lucilio (xxx.xxx.xxx.38) 23 février 22:52

                          epapel,

                          Effectivement, actuellement, les banques centrales sont la clé de voûte d’un système financier manipulé par les gouvernements. Mais cela ne veut nullement dire que ce système soit nécessaire ou utile au bon fonctionnement d’une économie. Bien au contraire.

                          Bon.
                          Alors, en passant, juste comme ça, voyons ce qui se passe, sans intervention de « banque centrale » ; juste avec l’intervention des banques privées.
                          Ici, il ne s’agit pas du Panama, mais de tous les pays européens, dont, évidemment, la Grèce.

                          Un article du Monde :

                          Maquillage de comptes ou habillage légal de bilan ? Sous le feu des critiques pour leur responsabilité dans la crise financière, les banques de Wall Street, Goldman Sachs en particulier, sont au coeur d’un nouveau scandale. Cette fois, il ne s’agit plus de « subprimes », ces crédits hypothécaires explosifs vendus à des ménages modestes, mais de produits financiers sophistiqués proposés à des Etats endettés pour enjoliver leurs comptes.

                          Encore une fois, la Grèce est au coeur de cette affaire. Mais le pays est, semble-t-il, loin d’être le seul à avoir eu recours à des astuces financières conseillées par des banques de New York et de Londres. Le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie le Portugal ont, eux aussi, « optimisé » leurs comptes avec l’aide de Goldman Sachs, JP Morgan, Barclays ou encore « feu Lehman Brothers ».

                          Dans le cas grec, la très controversée Goldman Sachs aurait, selon la presse allemande et américaine, offert ses services à Athènes pour réduire, en 2001, ses déficits en utilisant des « swaps de devises ». Un outil qui permet de se protéger des effets de changes en transformant en euros la dette initialement émise en dollars et en yens.

                          « Légal ! », affirment les autorités grecques. Sauf que le taux de change utilisé ici aurait été exagérément favorable. Bilan de l’opération : 1 milliard d’euros de dette gommée pour le pays et 300 millions de commissions empochés par la banque.

                          "Ce serait une honte s’il s’avérait que les banques, qui nous ont déjà amenés au bord du précipice, ont également participé à la falsification des statistiques budgétaires de la Grèce", a réagi la chancelière allemande, Angela Merkel, mercredi 17 février.

                          La Grèce a-t-elle triché ? Peut-être, mais dans les faits, le savoir-faire des banques américaines a profité à de nombreux pays. « Il s’agit d’opérations naturelles, qui participent de la bonne gestion de la dette », assure un émetteur de dette souveraine en Europe. Les mécaniques sont variées. « Elles n’ont de limites que la créativité des financiers », indique un ancien haut responsable de banque.

                          L’Italie a fait partie des pays les plus friands de cette ingénierie financière. Le pays a notamment multiplié les opérations de titrisation de sa dette. Autrement dit, l’Etat a revendu au marché ses créances sous forme de titres financiers pour se débarrasser de sa dette. La Belgique, de son côté, a titrisé des arriérés fiscaux, se souvient un opérateur sur le marché de la dette : « C’était en 2006. » Le pays a ainsi évité d’emprunter de l’argent, faute d’avoir perçu à temps les sommes dues par les contribuables.

                          Certains Etats ont vendu de la dette indexée « sur un peu n’importe quoi », indique un opérateur de marché. Exemple : ces emprunts grecs émis en 2000, dont le remboursement des intérêts était adossé aux profits attendus de la loterie nationale !

                          « Quand on est »limite’’, on a forcément la tentation d’utiliser ces astuces-là pour essayer de réduire sa dette, commente René Defossez, stratège sur le marché des taux chez Natixis . Ce n’est pas très orthodoxe, mais ce n’est pas forcément contestable."

                          La France n’a pas été pas absente du jeu. Le pays assure n’avoir jamais eu recours aux services de Goldman Sachs. « Nous ne faisons sans doute pas d’opérations assez »funky’’sur la dette française", indique-t-on au Trésor.

                          Mais jusqu’en 2002, le pays a utilisé des outils financiers complexes de couverture (des « swaps de taux ») pour modifier les échéances de remboursements de sa créance. A première vue, grâce à ces artifices, tout le monde est gagnant. "Pour les Etats, ces opérations permettent de reporter la dette à plus tard. Et pour les banques, ce sont des promesses de marges juteuses", indique Emmanuel Fruchard, consultant en risques financiers. Les établissements empocheraient en moyenne 1 % voire plus des montants de dettes émis.

                          Sur ce « marché », les banques anglo-saxonnes ont été particulièrement actives et recherchées. Du fait de leur savoir-faire, mais aussi « en faisant miroiter un accès direct à des investisseurs étrangers comme des fonds de pensions », indique l’économiste Philippe Brossard, de l’agence Macrorama. Pour lui, « fignoler » de la sorte la structure des déficits publics n’est pas sans risque. Si l’Etat semble gagnant à court terme, il peut être contraint par la banque à rembourser des intérêts beaucoup plus lourds à long terme. Le New York Times En utilisant des outils sophistiqués, les Etats se rendent dépendants des banques, ajoute M. Brossard. Certains avaient traité avec Lehman Brothers et se sont inquiétés lorsque l’établissement a fait faillite." raconte ainsi que le ministre grec des finances avait dénoncé, en 2005, l’opération de Goldman Sachs, se plaignant du fait que l’Etat devait rembourser de grosses sommes à la banque américaine jusqu’en... 2019. "

                          Conscient du danger, Eurostat, l’institut européen de statistiques, censé valider ces opérations, a mis en 2008 le holà à certaines pratiques, en déconseillant, notamment le recours à la titrisation.

                          Est-ce assez ? Pour Michel Sapin, ancien ministre français des finances et secrétaire national du Parti socialiste à l’économie, "une régulation plus contraignante est absolument nécessaire sur le marché. D’autant plus qu’il s’agit ici de la signature d’un Etat« .

                          Claire Gatinois et Marie de Vergès

                          Moralité : laissons les mafias de banksters opérer seules, sans la moindre régulation : la »faillite" des états ne sera pas perdue pour tout le monde...
                           smiley smiley


                          • José Lopez-Martinez José Lopez-Martinez 24 février 2010 08:14

                            @ sisyphe :

                            Ta touchante histoire nous montre :

                            1° que plusieurs gouvernement grecs successifs n’ont pas cessé depuis des lustres de trafiquer les comptes publics et de publier de faux chiffres ;
                            2° que la banque centrale grecque, avant l’adhésion à la zone euro, était complice de ces traficotages délictueux ;
                            3° que la banque centrale européenne a été incapable durant une décennie entière de détecter ces fraudes.

                            Et tout ceci serait censé plaider en faveur d’un contrôle de l’économie par l’État via la banque centrale. Quelle bonne blague !


                          • sisyphe sisyphe 24 février 2010 08:29

                            Rigolo, l’analyse avec un seul oeil ! smiley

                            Cette « histoire » qui n’en pas une, mais la réalité, montre, surtout, que l’endettement des pays a été délibérément provoqué par les banques privées, qui ont procédé à toutes sortes de falsifications (comme d’habitude), pour en retirer d’énormes bénéfices (comme d’habitude), et, au bout du compte, spéculent sur ces dettes qu’elles ont contribué à créer, pour se faire encore plus de fric avec, au détriment des citoyens des pays concernés.

                            Il n’y a eu, dans tout ça, AUCUNE intervention des banques centrales ; une totale dérégulation a permis à ces mafias de banques privées d’organiser le dépeçage, puis, aujourd’hui, le lynchage de ces pays, pris à la gorge par les dettes créées, depuis 1973, par l’interdiction de création monétaire aux états, et ce pouvoir confié aux banksters privés.

                            Vient se rajouter à ce laminage en bonne et due forme, le scandale des « agences de cotation » (privées, comme il se doit) qui, venant à l’appui des banquiers prédateurs, se permettent de « baisser les notes » des pays, et donc d’augmenter le taux d’usure des banques, resserrant le garrot placé sous la gorge des états, pour augmenter les bénéfices des vampires à l’affut.

                            Besoin de lunettes, peut-être ?
                             smiley


                          • José Lopez-Martinez José Lopez-Martinez 24 février 2010 08:44

                            @ sisyphe :

                            « ...la réalité, montre, surtout, que l’endettement des pays a été délibérément provoqué par les banques privées... »

                            Ben voyons, ce sont les banques privées qui ont forcé l’État grec à faire exploser les dépenses publiques, à engager près d’un actif grec sur trois dans les services publics ou para-publics, etc. Mais quel humour !

                            Sinon, il est faux de dire que la banque centrale grecque n’est pas intervenue : elle a été activement complice du gouvernement grec dans traficotage des comptes publics et la publication de faux chiffres. Et tu rêves en Technicolor et vistavision si tu crois que la banque centrale grecque n’a plus jamais fait tourner la planche à billet entre 1973 et l’entrée de la Grèce dans la zone euro.


                            • sisyphe sisyphe 24 février 2010 09:28

                              Oui, c’est le système monétaire en vigueur depuis 1973 qui a forcé TOUS LES ETATS, privés de la possibilité de créer de l’argent, à s’endetter, auprès des banques privées : il faut être un sacré menteur pour le nier !

                              Oui, c’est le système monétaire en vigueur depuis 1973, appuyé par la Banque Mondiale, qui a forcé à la privatisation de tous les services, et laminé les services publics de tous les pays.

                              Heureusement, certains ont résisté à cette privatisation du monde et du vivant, en maintenant ce qui est la fonction, le rôle des états ; des SERVICES PUBLICS ; à savoir des organismes au service des citoyens (éducation, santé, transports, sécurité), et procuré des millions d’emplois, face au « marché » au seul bénéfice d’intérêts PRIVES, et de mafias de banksters, qui lui, délocalisait, débauchait, créait du chômage, de la précarité, de la misère.

                              Et puis, il faudrait avoir un minimum de cohérence, mon gars ; dans ton précédent post, tu disais que la banque centrale grecque n’avait rien vu, et là, hop, elle se révèle complice, et a « fait tourner la planche à billets ».

                              Ceux qui n’ont même pas besoin de faire tourner la planche à billets, pour céer, ex nihilo, des sommes d’argent astronomique, ce sont les banques privées, les assurances, et personne d’autre.

                              La crise que nous vivons, que vit la Grèce, comme tous les autres pays avec, est la CONSEQUENCE DIRECTE de ce système monétaire, qui a confié à une mafia de banksters le pouvoir de créer de l’argent, et de spéculer sur le travail, les salaires, les richesses produites, les produits, les services, les matières premières, indispensables à la vie.

                              Ce système monétaire qui est directement responsable de la précarisation, de la misère, de la famine, de la mort.
                              Et ceux qui le soutiennent, comme toi, sont les complices de cette barbarie.

                              Des sales connards ou de sacrés salauds ; à toi de choisir.


                            • José Lopez-Martinez José Lopez-Martinez 24 février 2010 09:54

                              @ sisyphe :

                              « ...Oui, c’est le système monétaire en vigueur depuis 1973 qui a forcé TOUS LES ETATS, privés de la possibilité de créer de l’argent... »

                              Entre 1973 et l’instauration de la banque centrale européenne, toutes les banques centrales des pays membres de l’Union européenne n’ont jamais cessé de faire tourner la planche à billet - il suffit de regarder les statistiques de l’aggrégat monétaire M1. Aujourd’hui, c’est la banque centrale européenne qui fait tourner la planche à billets. Sinon, les banques centrales du reste du monde n’ont jamais cessé de le faire ; et certaines pas qu’un peu. Comme les États-Unis, où la Fed a tellement fait tourner la planche à billets qu’elle n’ose plus publier depuis 4 ans les statistiques de l’aggrégat monétaire M3. Et ne parlons même pas des cas comme le Zimbabwe, l’Argentine ou le Venezuela.

                              Mais tu a raison en pointant le fait que le boxon monétaire actuel date de 1973, c’est-à-dire l’année des l’abandon des Accords de Bretton-woods et où définitement les monnaies furent détachées de toute référence à l’or et quand les banques centrales ont pu commencer à faire tourner la planche à billets à donf la caisse.

                              Ah oui, il faut savoir lire aussi : j’ai dit que la banque centrale grecque avait été complice des falsifications du gouvernement grec et que la banque centrale européen avait été incapable de détecter ces fraudes pendant plus de dix ans. Bref, en l’espèce, les banques centrales ont démontré être à la fois inutiles et nuisibles.


                              • ASINUS 24 février 2010 10:34

                                yep , ben on sait à quoi Le peripate a passé ces deux dernieres semaines :
                                 bonjour les clones !!!!

                                sinon yen as deux/trois ici
                                 qui me rappelle fureusement mon papy , il prétendait me decrire
                                la jungle comme un jardin d eden sans jamais avoir quitté son carré de potiron ; yep


                                • Mycroft 24 février 2010 14:13

                                  Le seul intérêt d’une banque centrale, c’est que, contrairement aux banques privée, elle est soumise à la volonté du peuple, au moins indirectement. J’avoue que cet état de fait est de plus en plus dévoyé, ce qui est à l’origine, justement, de la gabégie dont nous faisons les frais actuellement. Mais en quoi les banques privés protègent elles plus les populations ? En quoi luttent elles contre les problèmes, en quoi maintiennent elles la cohésion sociale ?

                                  Vous ne répondez pas à l’argument le plus important donnés par vos contradicteur : les 40% de gens vivant dans la misère, vous en faites quoi ? C’est acceptable, pour vous ? Pas pour moi.

                                  Plutôt que supprimer les banques centrales, ne faudrait il pas plutôt les rendre directement tributaires du suffrages universel directe. Ainsi, on redonne le droit de battre monnaie au seul à avoir ce droit : le peuple. En tant qu’entité indivisible.

                                  Les libéraux sont vraiment des barbares, ils ne savent que détruire, que diviser. Ils ne comprennent rien à la civilisation, à la solidarité, ce lien obligatoire entre les individus. Rien de grands ne sortira jamais d’une société libéral, il n’y aura jamais que des gens qui vivotent, qui bidouillent, au lieu de renforcer l’humanité comme il se doit. Vous parlez de temps ancien, mais justement, comparez les réussites scientifiques de ces temps anciens, avec ceux de la politique constructiviste des 30 glorieuses, dont on ressent encore les effets maintenant.

                                  Il y a contrainte humaine et contrainte inhumaine. Ce sont les contraintes inhumaines qu’il faut rejeter, pas les contraintes tout cour. C’est d’ailleurs ce qui fait la force d’une démocratie, les contraintes inhumaines y sont plus dur à mettre en place.

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