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Accueil du site > Actualités > Economie > Vous avez dit libéralisme ?

Vous avez dit libéralisme ?

La grave crise financière que nous connaissons actuellement est attribuée par beaucoup au libéralisme. Et si ce dernier n’était pas plutôt la solution au problème ?

La candidate au poste de premier secrétaire du Parti socialiste Martine Aubry déclara, le 24 septembre 2008, à propos de cette grave crise : « Le libéralisme s’effondre autour de nous. » Sa réaction est emblématique des refrains qui nous sont resservis depuis plusieurs semaines et qui s’en donnent à cœur joie contre l’« ultralibéralisme » ou le « libéralisme sauvage ».
 
Que cette crise soit due au capitalisme, cela ne fait pas de doute. Nous serions même tentés d’ajouter qu’elle est due à un capitalisme « sauvage » ou « fou ». Mais cela n’a rien à voir avec le libéralisme. Beaucoup croient, à tort, que capitalisme et libéralisme sont synonymes. Rien n’est plus faux.
 
Le libéralisme défend la liberté individuelle et cherche à limiter les pouvoirs de l’Etat afin que celui-ci ne devienne pas oppresseur. Sur ce point, l’un des meilleurs penseurs libéraux reste Montesquieu, le théoricien de la fameuse séparation des pouvoirs. Le libéralisme permet à chaque individu d’agir librement dans le respect des droits fondamentaux d’autrui. Cela suppose donc un Etat de droit, un Etat qui mette en place un certain nombre de règles, les fasse respecter et sanctionne ceux qui les enfreignent. On en arrive ainsi à l’autre pilier du libéralisme : la responsabilité individuelle. Cette dernière est le corollaire de la liberté individuelle. Il n’y a pas de responsabilité individuelle sans liberté individuelle et inversement. Si une personne tue l’un de vos proches, elle devra répondre de ses actes devant la justice, c’est-à-dire assumer la responsabilité de ses actes. Si elle était irresponsable, elle resterait impunie – puisqu’elle n’aurait pas à répondre de ses acte.À l’inverse, la liberté individuelle s’exprime, notamment, dans la liberté de choisir entre plusieurs actions. Il faut donc accepter jusqu’au bout tel ou tel choix, c’est-à-dire accepter les conséquences de ses actions, y compris lorsqu’elles se révèlent négatives. En somme, nous avons des droits mais aussi des devoirs. C’est cela qu’il ne faut pas oublier.
 
Sur le plan économique, c’est la même chose. Chaque acteur de l’économie doit se montrer responsable de ses actes et assumer en cas d’erreurs ou de fautes. Or, qu’avons-nous vu dans la crise des subprimes ? Des personnes qui ont pris le risque, énorme, de prêter à des gens qui n’étaient pas ou peu solvables. De surcroît, beaucoup échangèrent des actifs liés aux subprimes, des actifs qui ont ainsi circulé dans nombre d’établissements financiers du monde. Nul besoin d’être financier ou économiste pour comprendre que ces opérations étaient dangereuses. Il faut être ou bête ou irresponsable pours’imaginer faire fortune en prêtant à des personnes dont on connaît parfaitement les difficultés financières.
 
Combien de chefs d’entreprises se seraient retrouvés, à juste titre, en garde à vue pour avoir commis des opérations similaires : fournir des produits louches, se financer sur des créances douteuses… ? Ils auraient du assumer le choix de leurs actes. Le petit patron de PME installé dans la Plastics Vallée a une gestion beaucoup plus rigoureuse et très efficace de ses finances que les traders qui ont fait disparaître des milliards à la suite de leurs combines.
 
Le libéralisme, c’est donc une économie de marché encadrée par un Etat de droit. Ce que nous avons vu à l’œuvre dans la crise financière c’est la faillite d’un « capitalisme fou », un capitalisme – financier – qui, visiblement, n’était pas très bien réglementé. Il n’existe pas un libéral qui pense que les marchés doivent être livrés à eux-mêmes, qu’aucune réglementation ne doit exister, qu’aucune intervention de l’Etat ne doit avoir lieu et qu’il faille « laisser faire ».
 
Le libéralisme n’est pas le « laisser-faire » mais le « laissez-faire ». L’infinitif amorphe suggère une absence de règles tandis que l’impératif a une valeur injonctive qui vise à permettre aux individus d’user de leur liberté.
 
Dans une économie libérale, l’Etat a plusieurs rôles à jouer. Le premier est de faire respecter un Etat de droit. La concurrence doit se faire dans les meilleures conditions, les échanges ont besoin d’un environnement stable pour se développer, le droit de propriété doit être garanti afin de faciliter à chacun le juste revenu de son travail et de permettre la création de capital [1]. Bref, une économie, pour être efficace et prospère, a besoin d’être encadrée. Adam Smith, dont on aime ridiculiser sa fameuse « main invisible », n’a jamais éprouvé une confiance excessive dans la capacité du marché à s’autoréguler. Dans son œuvre, il a en effet beaucoup insisté sur le rôle d’institutions capables d’encadrer l’économie et de prévenir les dérapages. C’est le libéral Jean-François Revel qui a écrit dans sa Grande Parade : « L’économie de marché, fondée sur la liberté d’entreprendre et le capitalisme démocratique, un capitalisme privé, dissocié du pouvoir politique mais associé à l’Etat de droit, cette économie-là seule peut se réclamer du libéralisme » [2] Et en parlant des sociétés libérales : elles sont « les seuls états de droit, les seuls où l’économie est encadrée par des principes juridiques sévères et réellement appliqués ». [3]
 
Mais ce n’est pas le seul rôle que l’Etat libéral doit jouer. Il doit édicter un certain nombre de règles pour protéger les consommateurs et les usagers de services, en particulier dans le domaine alimentaire, domaine très sensible. L’exemple du scandale du lait frelaté chinois est, à ce titre, significatif : il révèle justement l’absence d’un Etat de droit en Chine, laquelle est une dictature. Relisons l’économiste libéral Friedrich August von Hayek : dans sa Route de la servitude il écrivait que certaines mesures visant à encadrer les méthodes de production étaient nécessaires, comme l’interdiction de l’usage de certaines substances toxiques, la limitation des heures de travail, des précautions de sécurité, entre autres. [4]
 
Enfin, une société libérale n’est pas incompatible avec un certain Etat-Providence. Autrement dit, l’Etat peut également jouer un rôle social. C’est le libéral Raymond Aron qui, dans son Essai sur les libertés, assignait à l’Etat un certain nombre de missions dans le domaine économique et social : édicter des lois sociales, assurer un minimum de revenus afin de mener une vie décente, prélever une contribution aux dépenses publiques, amortir les échecs ou les déclins…
 
L’économiste français Jean-Baptiste Say était tout à fait conscient que l’économie de marché pouvait être néfaste aux plus vulnérables. Il défendait donc l’intervention publique pour aider ces personnes, en particulier les travailleurs sans qualification.
 
Enfin, Hayek affirmait encore : « on peut sans doute assurer à chacun un minimum de nourriture, de vêtements et un abri. » Il poursuivait : « Il n’y a pas de raison non plus pour que l’Etat ne protège pas les individus contre les hasards courants de la vie, contre lesquels peu de gens peuvent se garantir eux-mêmes. En organisant un système complet d’assurances sociales, l’Etat a une excellente occasion d’intervenir. » [5]
 
En conséquence, l’enjeu du débat actuel soulevé par la grave crise que nous connaissons n’est pas de savoir s’il faut encore plus ou, au contraire, beaucoup moins de réglementations. La vraie question est de savoir quelles règles il faut mettre en place. Ne confondons pas quantité et qualité. Il peut y avoir des réglementations, des interventions étatiques qui finissent par étouffer et tuer l’économie. Les pays de l’est s’en souviennent encore… Ce ne sont donc pas plus de réglementations qui sont nécessaires mais de bonnes règles de fonctionnement des marchés. C’est un meilleur Etat de droit qu’il faut dans le monde de la finance.
 
N’oublions pas, en effet, que ce dernier a une très grande importance. C’est par les banques, qui sont prêteuses, que les entreprises peuvent se développer. C’est par les bourses, lieux d’échanges d’actions et d’obligations émises par les entreprises, que ces dernières peuvent augmenter leur capital et ainsi investir dans de nouveaux projets, créer des emplois et de l’activité.
 
Ainsi, non seulement cette crise ne nous pas révélé « l’effondrement du libéralisme », comme l’imagine Martine Aubry, mais elle en appelle, au contraire, au libéralisme : une meilleure réglementation du fonctionnement des marchés.
 
 
 
 
 
Notes
 
 
[1] Ceci est bien expliqué dans DE SOTO, Hernando, Le mystère du capital, Paris, Flammarion, 2005.
 
[2] REVEL, Jean-François, La Grande parade, Paris, Plon, 2000, p. 71.
 
[3] Ibid., p. 43.
 
[4] HAYEK, Friedrich August von, La Route de la servitude, Paris, Éditions politiques, économiques et sociales, 1945, p.34.
 
[5] Ibid., p. 90.
 
 

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90 réactions à cet article    


  • Céphale Céphale 11 novembre 2008 11:24

    Derrière le pseudonyme "Thucydide" se cache un idéologue de droite qui cherche à jeter le trouble en jonglant avec le mot "libéralisme".

    Dans l’esprit de la droite, le libéralisme consiste à faire jouer la concurrence sur un marché libre non seulement pour les produits et les services privés, mais aussi pour tous les services publics : assurance maladie, assurance retraite, éducation, transports en commun, énergie, poste, télécommunications. Le libéralisme n’est rien d’autre que la doctrine Reagan.

    Invoquer Montesquieu pour défendre cette doctrine, c’est scandaleux !


    • JoëlP JoëlP 11 novembre 2008 12:04

      Il faut en effet arrêter de jouer avec les mots. Le libéralisme économique, c’est cette théorie qui croit en la vertu suprême du marché pour enrichir tout le monde. Or il est assez largement prouver que ce système enrichit... les riches. 


    • Cug Cug 11 novembre 2008 13:02

       Et permet aux classes dominantes occidentales de rester en haut de la pyramide sociale, aux détriments des autres bien entendu.


    • Axel de Saint Mauxe Nico 11 novembre 2008 18:23

      Que proposez vous d’autre ? Le communisme ?


    • Le Chacal Le Chacal 11 novembre 2008 19:09

      "Que proposez vous d’autre ? Le communisme ?"

      Voilà la seule soupe qu’on nous sert dès qu’on essaie de chercher une alternative au système qui vient de nous jeter dans une crise magnifique et sans appel. Il faudrait un peu sortir du bipolarisme et du manichéisme. C’est parce que personne n’a cherché d’autre moyen de gérer les sociétés humaines depuis plus de 50 ans qu’on se retrouve avec ce genre de commentaire.


    • Antoine Diederick 11 novembre 2008 19:15

      ouwais....bien juste

      "reductio ad communismum", tant qu’à faire...

      si t’es pas un mouton alors tu es un loup....et on oublie les renards....

      bref...


    • Thucydide 23 juin 2009 21:40

      Quand on ignore que Montesquieu défendait la liberté du commerce on n’est pas bien placé pour écrire : « Invoquer Montesquieu pour défendre cette doctrine, c’est scandaleux ! »

      D’autre part, le libéralisme n’est rien d’autre que l’ASSOCIATION INDISPENSABLE de la liberté politique et de la liberté économique. Lisez donc Revel ou Aron, ces affreux « ultralibéraux » !

       

      De toute façon, sur tous les commentaires que j’ai lus il y en a 99,9 % qui ne valent pas une réponse de ma part : unsultes, mauvaise foi, affirmations péremtoires et non démontrées...


    • ZEN ZEN 11 novembre 2008 11:28

      Bonjour, cher "confrère"

      Je salue votre premier billet sur AV... !

      Pas facile de mettre au clair cette notion de libéralisme, selon qu’on la prend dans son sens strictement politique ou uniquement économique (même s’il y a interférence entre les deux depuis le 18)siécle) C’est bien le développement d’un certain libéralisme économique qui a créé les bases d’un libéralisme politique , d’abord pour les classes favorisées...

      Le manque de précision du vocabulaire est à l’origine de beaucoup d’incompréhensions 
      Il suffit de s’entendre sur les mots. Appelons ultralibéralisme la forme de capitalisme "total" (Artuis) , à caractère surtout spéculatif, dérégulé, cherchant à "marchandiser " tous les aspects de la vie (HARRIBEY)

      Il y a déjà eu beaucoup de débats ici à ce sujet
      Aujourd’hui , Keynes revient au premier plan . C’est un signe. L’"économie-casino" ,comme il disait, qui nous mène à la ruine, va peut-être enfin connaître sa fin...Mais je me fais peut-être des illusions...


      • ZEN ZEN 11 novembre 2008 11:39

        JF REVEL et Hayek ne sont pas mes livres de chevet
        Je les ai tout de même lus.

        Revel = un admirateur béat de Reagan. Il ferait un coup de sang s’il revenait et voyait les dégâts économiques et politiques . Inspiré par l’école de Chicago (Friedman puisant ses idées chez Hayek) et qui, obstinément pousuivis, ont donné ce que nous voyons aujourd’hui !

        N’oublions pas que la stagnation des salaires moyens aux USA (depuis Reagan)a contrasté avec l’envol des superprofits d’une minorité et la dérégulation de la finance , ce qui a été à l’origine de l’endettement des ménages...
        Vous connaissez la suite...

        Pour de bonnes lectures...

        La crise financière mondiale : une opportunité historique pour le changement

        Sortons de l’économie casino !


      • Antoine Diederick 11 novembre 2008 20:24

        a Zen, pour un changement, il faut bien dire que "la fenêtre de tir est étroite" et qu’ensuite ; question : "Quel changement ?"


      • Antoine Diederick 11 novembre 2008 20:28

        il y a des aberrations économiques proposées dans la liste , suite au lien sur les mesures de changement...

        c’est là où , on constate le raté des "rénovateurs sociaux" de ce type.....c’est du populisme social ....désolé mais c’est comme cela que je le vois...


      • sisyphe sisyphe 11 novembre 2008 11:56

        La confusion entre le libéralisme philosophique et ce qu’est devenu le libéralisme économique est volontairement entretenue par les défenseurs de ce dernier, qui induit une situation mondiale politique, économique, sociale (aïe ; beurk, mot caca pour les "libéraux"), qui est le contraire exact de la liberté. 
        La secte du marché continue ses ravages...


        • ZEN ZEN 11 novembre 2008 12:17

          @ Sysiphe
           smiley


        • Antoine Diederick 11 novembre 2008 19:11

          juste remarque Monsieur Sisyphe

          excellent détournement iconographique....


        • JL JL 11 novembre 2008 12:06

          Vous écrivez : ""Le libéralisme défend la liberté individuelle et cherche à limiter les pouvoirs de l’Etat afin que celui-ci ne devienne pas oppresseur.""

          Tout est dit dans le non dit et l’amalgame.

          "Nous habitons un monde où il est infiniment plus grave de violer une règle de commerce international qu’un droit de l’homme". (Warren Allmand président de l’ONG canadienneRights and Democracy, cité par Jean Ziegler)

          Ceci est tellement vrai que les droits de l’homme sont en régression partout dans le monde. Et si ce sont le Etats qui limitent les libertés individuelles, ce sont les Etats libéraux qui protègent au delà du raisonnable les libertés commerciales. Le libéralisme économique c’est la dominance de la propriété privée sur l’individu, autrement dit un libéralisme malade qui, pour échapper à la schizophrènie, sombre dans l’autisme.

          Vous avez dit libéralisme ? Quelle imposture !


          • karg se 11 novembre 2008 15:56

            Léon vous mélanger un peu tout :


            • Sur le premier point, c’est surtout de libre échange dont il faut parler, on peut imaginer un libre échange en économie socialiste, entre plusieurs système socialiste, avec une régulation décentralisé, complexe mais faisable, en théorie.

            • Sur le second point, tous les libéraux ne sont pas d’accord, Smith parlait du rôle important de l’état dans l’éducation, la recherche est aussi un domaine dans lequel la plupart des libéraux s’accorde pour donner une place importante à l’état.

            • Troisième point, le monétarisme est une forme de pensée économique, ce n’est pas parce que c’est celle de Friedman qu’il faut la généraliser.

            • déreglementations des marchés en y remplaçant partout la loi par le contrat, (tout particulièrement sur le marché du travail),

            • Dernier point, sur la fiscalité, Hayek était partisan d’une imposition à 35% du PIB, Smith est clairement partisant de l’impôts progresif sur le revenu (la cible priviliégié des néolib)

            Pour en revenir à l’article, le capitalisme est pas vraiment une idéologoie, c’est l’organisation spontannée de la société avec la création de la monnaie, de la propriété privé et des banques. Est capitaliste toute société qui épargne du travail sous forme de monnaie.

          • Céphale Céphale 11 novembre 2008 17:06

            Je donne raison à karg se : le capitalisme n’est pas une idéologie, c’est un état de fait. Le monde entier est capitaliste. Ce qui relève de l’idéologie, c’est la façon de réguler ou non le capitalisme.


          • Axel de Saint Mauxe Nico 11 novembre 2008 18:26

            Relisez bien l’article ! Il ne prône pas l’utralibéralisme ! Mais un liébralisme responsable ! C’est la déresponsabilisation qui a conduit à la catastrophe actuelle !


          • sisyphe sisyphe 11 novembre 2008 18:46

            C’est ça !
            Que le libéralisme soit responsable ; qu’il s’en tienne à la philosophie, et ne s’occupe plus d’économie !


          • Antoine Diederick 11 novembre 2008 19:09

            A Monsieur Cephale, juste remarque....


          • Cug Cug 11 novembre 2008 13:01

             Le libéralisme est aujourd’hui un concept qui sert de paravent à l’hégémonie de l’oligarchie financière anglo-saxonne (décideurs et élites US+GB).

             Sous couvert de libre-échange, les anglosaxons continuent de régner sur l’économie monde donc sur la vie de tous et chacun.
            A noter que nos bons vieux capitalistes français ont rallié cette idéologie et ce n’est surement pas pour le bien de tous et chacun.

             Le libéralisme anglosaxon c’est "Tout pour nous rien pour les autres" (les miettes tout de même ils sont chrétiens).


            • Axel de Saint Mauxe Nico 11 novembre 2008 18:31

              La France est un pays capitaliste depuis la nuit des temps !!!! Le capitalisme n’a pas été inventé par Reagan !

              Aujourd’hui le seul système politique alternatif existant et ayant été testé est le communisme : toujours appliqué avec détermination en Corée du Nord (même Cuba s’est assoupli).

              Après, dans chaque pays, l’état joue un rôle plus ou moins régulateur.


            • sisyphe sisyphe 11 novembre 2008 18:50

              par Nico 							 														 (IP:xxx.x26.168.4) le 11 novembre 2008 à 18H31 							 							
              							

              															
              							
              								
              Après, dans chaque pays, l’état joue un rôle plus ou moins régulateur.

              Le problème est que le système économique et financier est transétatique, et qu’il n’y a RIEN (aucune instance, aucune loi) pour le réguler. 

              							

            • Serge Serge 11 novembre 2008 13:26

               " L’auto-régulation " du marché...ce mythe ressassé par tous les idéologues du capitalisme s’étant effondré avec la crise financière Thucydide tente de le renouveler sous la forme "libre concurrence et capitalisme encadré par des lois."
              1) Comme si la concurrence ne faisait pas rage depuis très longtemps avec le résultat que l’on vit aujourd’hui...concurrence c’est tout le contraire de solidarité !
              2) Comme si, on ne sait par quel miracle, le capitalisme pouvait ne pas être capitaliste grâce à la loi...toute l’histoire de ce système économique s’inscrit en faux contre cet écran de fumée !
              3) Comme si les lois sociales de protection des salariés avaient été "généreusement octroyées par le capital" dont l’humanisme lui est aussi étranger que la solidarité...toutes les conquêtes sociales sont le résultat de la lutte des salariés !!! 1936...1945...1968...ne sont pas des dates célébrées par les capitaistes ! Bien au contraire ils font tout pour en effacer les résultats !!!

              Je rappelle à l’auteur cet "aveu" de G.Soros,un des plus puissant financier de la planète,répondant à la question...Le capitalisme est-il réformable ?
               " JE NE CROIS PAS TROP A L’ETHIQUE DES ENTREPRISES.ON NE PEUT PAS LEUR DEMANDER DE SE DENATURER."
               C’est clairement dit et bien réel !


              Quand au "pape"de l’idéologie capitaliste,inspirateur des politiques économiques des USA,
              Milton Friedman,il écrit dans " Capitalism and Freedom " ( la "bible" de ce système !!! ) :


              " L’OPINION SELON LAQUELLE LES DIRIGEANTS DES COMPAGNIES AURAIENT UNE RESPONSABILITE SOCIALE AUTRE QUE CELLE DE SERVIR LES INTERÊTS DES ACTIONNAIRES DENOTE UNE MEPRISE FONDAMENTALE DE LA NATURE ET DES CARACTERISTIQUES DE LA LIBRE ENTREPRISE ET DU LIBRE MARCHE."

              Tout est dit et bien dit dans cette phrase...après çà les "discours lénifiants" des idéologues du capitalisme apparaissent très piteux dans leur tentative de brouiller les cartes sur la réalité incontournable de ce système.
               



              • Antoine Diederick 11 novembre 2008 20:06

                ben dés qu’il y a production d’un objet il y a socialisation....donc responsabilité sociale....d’ailleurs ne dit-on pas "parts sociale" d’une entreprise, confiné qu’au langage des affaires ? Non, pas uniquement, un objet produit , un service est, dés qu’il met en rapport des parties prenantes , il y a socialisation....

                c’est automatique....


              • Antoine Diederick 11 novembre 2008 20:19

                en fait, l’article est bien balancé et fait un bon résumé de ce qu’est ce libéralisme et la libre concurrence aujourd’hui dans nos pays....

                ce qui fait un peu désordre, en effet, dans ce bel "ordononcement", c’est la crise financière, le subprime ....

                "Ainsi, non seulement cette crise ne nous pas révélé « l’effondrement du libéralisme », comme l’imagine Martine Aubry, mais elle en appelle, au contraire, au libéralisme : une meilleure réglementation du fonctionnement des marchés."

                Nous devinons bien qu’elle a trouvé un slogan qui correspond à son engagement.

                ce n’est pas l’effondrement du libéralisme, je ne crois pas, c’est un problème de régulation....

                à mon avis, pas uniquement , pour ma part je vois surtout l’attitude des banquiers qui ont alimenté les déséquilibres....ils sont en partie responsables.

                D’ailleurs, pour ma part, je n’ai pas encore compris comment ils ont pu mettre en péril leurs établissements de cette manière....aveuglement ?


              • Antoine Diederick 11 novembre 2008 20:22

                en systémique on dit "tout le monde joue avec tout le monde et s’accorde à son voisin".....


              • sisyphe sisyphe 11 novembre 2008 13:36

                Extrait du "Manifeste" d l’Institut Hayek :

                Les libéraux honteux, dans leur volonté de paraître mesurés, nuancés, modérés, intelligents, se définissent certes comme des libéraux en matière économique mais - s’empressent-ils de préciser - "sociaux" ou progressistes dans les autres domaines. Le concept de "libéralisme social " est une absurdité sans nom. Dans cette optique, le libéralisme n’est plus considéré comme une doctrine auto-suffisante. Elle doit toujours être bâtardisée, mâtinée de préoccupations sociales

                (...)

                Le mouvement néo-libéral actuel et la philosophie politique qui l’accompagne occupe une place importante dans le cursus universitaire de tout étudiant américain. Il sont superbement ignorés en Europe. Le libéral européen est tout à la fois incapable de se référer tant à l’héritage qu’aux débats actuels de la doctrine dont il se revendique.

                L’émergence d’une force authentiquement libérale doit passer par une révolution des esprits. F.A. Hayek affirmait que notre langage est empoisonné : le simple fait d’adosser le mot "social" à des notions aussi fondamentales que la politique, la justice, l’économie, le libéralisme conduit instantanément à vider ces dernières de toute substance, les renvoyant à une sorte de magma grisâtre et insignifiant. Il faut cesser de s’exprimer (et donc de penser) avec le vocabulaire et les concepts de l’adversaire.



                Sans commentaire...
                 smiley smiley smiley


                • finael finael 11 novembre 2008 13:39

                  Ce billet n’est basé que sur la déformation du sens du mot libéralisme, et sur 3 références qui s’appuient et se renvoient l’une à l’autre.

                  Le libéralisme de marché qui est l’objet réel de l’article n’a pas grand chose à voir avec la liberté pour un employé de choisir son employeur, ou plus basiquement son travail, ni sur la liberté de consommer - ou pas - tel ou tel bien !

                  Il s’agit ici - en partant du principe que "le marché" aboutira nécessairement à optimum pour tous, prémisse non énoncée mais contredite par l’expérience - de transférer à des entreprises privées tous les aspects de notre vie, même ceux habituellement confiés à l’état, comme les soins, la gestion des infrastructures et même les aspects dits "régaliens" : privatisation de l’armée en cours aux USA où l’on trouve plus de "contractants" en Irak que de soldats de l’armée régulière, privatisation de la police et de la sécurité : même chez nous les entreprises "de sécurité" fleurissent, c’est même un des seuls secteurs où l’on peut encore investir sans trop de risque. Etc, etc ...

                  Bien entendu il n’est pas dit que les entreprises privées, au contraire des états, doivent faire des profits - alors que c’est leur raison d’être - profits réservés aux seuls dirigeants et actionnaires. Ce qui revient à abandonner à leur sort ceux qui n’ont pas les moyens de supporter le renchérissement des biens et services.

                  Le "libéralisme de marché" suppose aussi la "libre" circulation des capitaux, allant jusqu’à proposer qu’on mette à l’amende les états qui ne se laisseraient pas faire. Avec toutes les conséquences catastrophiques que l’on a vu.

                  Je ne vois pas le rapport avec la notion de liberté, liberté individuelle ou collective, des philosophes, qui suppose justement qu’un état s’assure qu’il ne soit pas possible pour certains d’abuser de leur pouvoir dans le but d’appauvrir et de réduire en esclavage la majorité d’une population !!!!!


                  • antitall antitall 11 novembre 2008 13:42

                    Il reste encore des "précheurs" de libéralisme.....inutile de faire les louanges de cette "doctrine" sectaire qu’est le libéralisme,il reste toujours une autre forme de capitalisme et c’est de "ça" qu’il faut se libérer....
                     Rappellez-vous en 1975,Milton Friedman reçoit le prix nobel d’économie pour ses travaux...de chiottes,une vraie honte ! l’expérimentation ayant eu lieu au Chili de pinochet......que Friedman a conseillé pendant toutes ces années d’enfer vécues par le peuple Chilien.....
                    VOILÀ UN BEL ARTICLE DE CHIOTTES.....zap zap.. smiley


                    • Forest Ent Forest Ent 11 novembre 2008 14:39

                      Ca faisait longtemps qu’on n’avait pas eu la discussion sur la sémantique du mot "libéralisme" ? C’est en moyenne deux ou trois fois par semaine. Mais c’est sympa de l’aborder dans ce nouveau contexte. Les libertariens se sont foutus de nous longtemps en se prétendant libéraux. Ils entrainent le bébé dans la vidange du bain. Je ne vais pas le pleurer. Ils ont trop utilisé l’ambigüité contre nous, il est juste qu’elle se retourne contre eux. Mais la question se pose quand même de savoir si le libertarianisme n’est pas le libéralisme réel, au sens ou Soljenytsine disait que les soviets étaient le socialisme réel .


                      • antitall antitall 11 novembre 2008 17:13

                        Bof....encore un de ces trop nombreux "propagandiste"à la petite semaine.... smiley


                      • ZEN ZEN 11 novembre 2008 17:50

                        "Où est passé Thucydide l’autre le vrai ..."
                        Bonne question..
                        J’ai failli me laisser berner
                        On aimerait pouvoir de nouveau avoir accès à la liste des auteurs !


                      • Mohammed MADJOUR Mohammed 11 novembre 2008 16:21

                        Non, je n’ai pas dit "libéralisme" ! J’ai dit déchéance !

                        La crise aujourd’hui est un aboutissement, le résultat d’un long processus qui a foiré au lieu de donner le résultat escompté !

                        Toutes les religions ont échoué, toutes les idéologies ont échoué, toutes les guerres ont échoué !

                        Les connaissances humaines approchent les limites possibles que l’esprit peut assimiler, les valeurs morales s’érodent, les pouvoirs étatiques s’éffrittent sous le règne de la corruption et les Etats nationaux s’affaiblissent au profit des individus malveillants qui accaparent les richesses nationales !


                        Un contre pouvoir existe depuis des décennies et c’est celui des "Multinationales" qui etouffent ou qui ruinent les economies nationales, c’est un vrai Monde parallèle que l’on ne peut ni localiser ni combattre les choses étant trop éparpillées !

                        Oui c’est la déchéance humaine, l’avenir vous le confirmera !


                        MOHAMMED.


                        • antitall antitall 11 novembre 2008 17:11

                          Le libéralisme ne représente pas la liberté pour tout le monde,seulement pour ceux qui ont les billes en main,et à voir ce qu’ils en font laisse songeur.....et donne la gerbe ! "L’argent dette",ou comment créer de la dette pour mieux controler les particuliers,les entreprises et les états,c’est facile de faire des billets de papier sans valeur et de les prêter contre usure en espèrant créer de la richesse....de papier !! c’est immonde ! comment on peut encore defendre un tel système,peut-être pire et cynique que le communisme !
                          Quand les ravages de la crise financière vont avoir produit leurs effets dévastateurs,les gens comprendront dans quel pétrin ces salopards nous ont fourré !!
                           LE LIBÉRALISME N’A ÉTÉ QU’UN ÉGAREMENT DANGEREUX......ACHEVONS -LE !!! smiley


                          • Marc Bruxman 11 novembre 2008 17:39

                            Le libéralisme ne représente pas la liberté pour tout le monde,seulement pour ceux qui ont les billes en main,et à voir ce qu’ils en font laisse songeur.....et donne la gerbe !

                            Non des gens comme Sam Walton ont réussis à partir de rien. Xavier Niel n’était pas riche non plus. Pas plus que les fondateurs de Google n’étaient milliardaires avant de commencer leur activité. 

                            "L’argent dette",ou comment créer de la dette pour mieux controler les particuliers,les entreprises et les états,c’est facile de faire des billets de papier sans valeur et de les prêter contre usure en espèrant créer de la richesse....de papier !


                            Il y a un débat parmis les libéraux à ce sujet, et beaucoup sont pour le retour à l’étalon or. Je citerai notamment Ron Paul. 

                            comment on peut encore defendre un tel système,peut-être pire et cynique que le communisme !

                            Vois tu il n’y a pas de goulag en France, pas plus qu’il n’y en a dans les autres pays libéraux. Tu as des magasins pleins dans les pays libéraux la ou ils étaient vides chez les cocos. Et tu bénéficie de tout un confort que tu n’aurais jamais eu dans un pays communiste. Va visiter les pays de l’est et sort un peu des capitales (qui se sont occidentalisées rapidement et sont aujourd’hui riches) pour comprendre à quel point le communisme c’était de la merde. 

                            Ah oui et puis d’ailleurs voici la derniére action des salopes communistes :
                            http://tf1.lci.fr/infos/france/faits-divers/0,,4153565,00-sabotages-8-arrestations-dans-l-ultra-gauche-.html

                            Si vous avez été bloqué dans le train le week end dernier vous pouvez donc vous torcher le cul avec un portrait de Lénine. 

                            Quand les ravages de la crise financière vont avoir produit leurs effets dévastateurs,les gens comprendront dans quel pétrin ces salopards nous ont fourré !!

                            Sauf que c’est l’état qui nous y a fourré avec les plans de relances keynesiens de Bush qui filait de la thune gratos aux américains en disant qu’officiellement il était libéral. Le plan de relance de 2001 post 11 septembre a été le plus grand plan de relance Keynesien de l’histoire avec des taux d’intérêts inférieurs à l’inflation et des chèques envoyés par le trésor américain aux particuliers pour qu’ils puissent consommer. Les subprimes sont partis de la et maintenant on paie l’addition. 
                            LE LIBÉRALISME N’A ÉTÉ QU’UN ÉGAREMENT DANGEREUX......ACHEVONS -LE !!!

                            C’est plutot les étatistes qui sont en train de s’achever en voulant combattre le mal (l’interventionisme) par le mal. Encore quelques plans de stimulus à la Paulson et Sarkozy et nos états seront ruinés. La mise en place d’un état minimal se fera alors par nécéssité. J’aurais préféré que cela se fasse autrement, mais bon l’aveuglement des politiques à ne pas vouloir le libéralisme nous as conduit la. Tant pis. Dans quelques années on en rigolera bien. 



                          • antitall antitall 11 novembre 2008 18:26

                            Les goulags existent aussi en libéraland,le plus célèbre "guantanamo"...mais aussi d’autres moins médiatisés...
                            d’ailleurs le capitalisme a plus de sang sur les mains que toutes les autres idéologies appliquées .....restez de bonne foi,monsieur qui veut si bien défendre sa secte ! ou comment se convaincre tout seul.. smiley ?
                            dans 6 mois on vous entendra moins.....


                          • sisyphe sisyphe 11 novembre 2008 19:01

                            La SEULE solution est de retirer aux banques privées le pouvoir de créer de l’argent, qu’elles n’auraient jamais dû avoir. 
                            L’argent doit être créé par les états, point barre ; ce qui évitera la dette.
                            Si les banques en ont besoin, elles l’emprunteront aux états, avec intérêts. 

                            De toutes façons, on voit que c’est ce qui se passe maintenant ; donc, épargnons nous de nouvelles crises à venir.


                          • Apo 11 novembre 2008 19:14

                            Marc, c’est un leurre de croire en la mobilité sociale. Les exemples que vous donnez restent exceptionnels.

                            Réabilitons le travail et le mérite qu’on nous dit. Je me gausse, regardez simplement autour de vous le nombre de "fils de" qui nous dirige. Ils sont présents partout, ils n’ont rien eu à prouver à part très souvent leur incompétence. Ils sont dans les médias, dans l’industrie et même dans la politique où le fils d’un président vit déjà aux frais de la princesse à 21 ans.

                            D’ailleurs je me demande si cette faible mobilité sociale n’est pas la raison majeure du manque de dynamisme de notre économie. Tout dans notre politique favorise les gros groupes institutionnels (suivez mon regard) aux dépends des jeunes entreprises créatrices et innovantes. Et ne comptez pas sur Sarkozy pour changer la donne. Au contraire toute sa politique depuis 18 mois sert les intérêts des puissants.

                            Vous citez Neil, le patron de Free en exemple, mais le lobbying de Bouygues, Orange et SFR auprès de Sarkozy pour ne pas lui accorder la 4ème licence de téléphonie mobile me fait penser qu’on aimerait bien le renvoyer d’où il vient.

                            A ce propos, dans l’imaginaire collectif, les Etats-Unis représente le pays où tout est possible, le pays du "self-made man". Hors dans les faits il s’avère être le pays où l’ascenceur social est le plus en panne.

                            www.monde-diplomatique.fr/carnet/2007-07-20-Mobilite-sociale


                          • Apo 11 novembre 2008 19:17

                            Voir également ce lien :

                            www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/DONSOC06ym.PDF

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Thucydide


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