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Accueil du site > Actualités > Economie > ZERO % MONNAIE

ZERO % MONNAIE

En dehors des différentes propositions visant à réformer le système monétaires, il existe également une idée forte, que l'on pourrait résumer, pour la définir, en un « zéro % monnaie » (en opposition aux termes « 100 % monnaie »), mais qui porte plus précisément le nom d'économie basée sur les ressources. Je sais qu'il y a encore de fortes résistances à cette idée, parce que beaucoup sont apparemment tellement accrochés au seul système que nous connaissons qu'ils ne parviennent pas à concevoir un monde sans argent. Cela semble, à leurs yeux, relever dans le meilleur des cas de l'utopie, dans le pire d'une vue de l'esprit aberrante. À les entendre, un monde sans monnaie, une civilisation sans argent, est tout simplement impensable. C'est bien regrettable, car lorsqu'on développe quelque peu la réflexion sur ce sujet, et que l'on découvre tous les avantages qu'il y aurait à vivre dans un monde sans monnaie, on reste impressionné par l'étendue des bouleversements positifs que cela induit. C'est peut-être justement l'étendue de ces bouleversements — qui a de quoi donner le vertige — qui provoque une telle résistance. Essayons juste, fut-ce comme un simple exercice intellectuel sans conséquence, d'imaginer une civilisation sans monnaie. Qu'est-ce que cela apporterait comme changement ?

D'abord, qui dit absence de monnaie dit évidemment absence de commerce. Pas nécessairement absence d'échanges (au vrai sens du terme), c'est-à-dire de troc (un objet contre un autre, un service contre un autre), mais absence de commerce basé sur la monnaie. D'aucun y voient une régression et arrêtent donc là leur réflexion, par manque d'imagination et de perspective. Qu'est-ce qu'implique un monde sans commerce ni monnaie, un monde non marchand ? Énormément de choses. Tout d'abord, cela change complètement la donne sur le plan de la criminalité.

 

LE PROFIT (donc la monnaie), CARBURANT DU CRIME

Toute activité criminelle repose sur un seul objectif : faire des profits. Déjà, on peut observer que l'objectif des criminels n'est pas différents de l'objectif des hommes d'affaires et de toute personne ou société exerçant dans le domaine du commerce : l'objectif est de faire du profit, et si possible, de gros profits. La seule différence étant que les uns s'affranchissent des lois, tandis que les autres préfèrent rester dans le cadre de celles-ci (quitte à faire en sorte de se hisser à une position sociale leur permettant de modeler les lois, ou de les faire écrire à leurs profits). Notons au passage que dans la mythologie grecque (et romaine), Hermès (Mercure chez les romains) est à la fois le dieu des marchands ET des voleurs... Ce n'est sans doute pas par hasard. Sans doute les anciens avaient-ils déjà perçu le caractère néfaste de la logique marchande. Aujourd'hui, c'est peu de dire que le monde est entièrement dominé par Hermès.

Si la monnaie représente le moyen par lequel vous pouvez obtenir des biens et des services, alors la monnaie devient aussi le moyen par lequel vous obtenez le pouvoir. Avec l'argent, nous pouvons acheter les objets de nos désirs, mais aussi acheter les services des gens, obtenir d'eux qu'ils travaillent pour nous, acheter leur loyauté, leur silence, bref : d'une manière ou l'autre, les soudoyer. Qui dit monnaie, dit corruption. Quel que soit le système que nous imaginions, nous n'échappons pas à cette équation : MONNAIE = CORRUPTION.
À présent, revenons à notre monde sans monnaie. S'il n'y a plus de monnaie, comment un parrain de la pègre — mettons un leader du trafic de drogue — peut-il :

  • acheter la loyauté de tueurs zélés ?
  • acheter le silence de fonctionnaires ?
  • acheter le travail de paysans et ouvriers qui produisent la drogue ?
  • acheter et payer les services de dealers ?
  • etc.

Sans argent, c'est la chaîne entière qui maintient cette activité qui saute. Nous pouvons étendre cette réflexion à tous les domaines qui nous interpellent : prostitution, pornographie, trafic d'armes, trafic d'être humains, paris illégaux, ... Dans une société qui ne reposerait pas sur la monnaie, ces activités n'auraient plus autant d'intérêt que de nos jours, car elles ne généreraient pas de profits.

La criminalité, la violence et les mœurs choquants ne disparaîtraient pas du jour au lendemain (leurs causes ne sont pas uniquement dues à la recherche du profit), mais le moteur principal, qui est le profit, n'aurait plus de carburant. Il en résulterait inévitablement une diminution importante de la criminalité, de la violence et des mœurs choquants. Si on parle de régler les problèmes à leur racine, je vois dans le profit une belle grosse racine à trancher !

LE DEVELOPPEMENT ET L'INNOVATION

De la même manière, tout ce qui, aujourd'hui, dans notre système économique basé sur la monnaie, est freiné par le manque d'argent, comme : la recherche fondamentale, la réalisation d'engins et de technologies durables, solides, fiables, modulables, le développement d'énergies renouvelables, de techniques de production non polluantes et économiques en matériaux — j'en passe et des meilleures — pourrait enfin être mis en œuvre. D'une part, les puissants lobbys et intérêts industriels privés n'ayant aucun intérêt à voir, par exemple, un système d'énergie libre, advenir, n'existeraient plus, et n'auraient plus les moyens d'empêcher les chercheurs de chercher (et de trouver), ni les développeurs de développer ce que les chercheurs ont trouvé, mais en outre, les chercheurs et les développeurs n'auraient plus à ce soucier de trouver des financements.

Les problèmes seraient donc à un autre niveau : dans une économie basée sur les ressources, ce sont bien entendu les ressources qui sont au cœur des problèmes. Les ressources constituent les véritables richesses. L'argent (la monnaie) n'est pas une richesse, on ne peut rien en faire en tant que tel (du papier et des rondelles de métal, ou des chiffres virtuels inscrits dans des livres de compte ou sous forme de code informatique).

 

A QUI VONT LES RESSOURCES ?

Vient alors la question cruciale : à qui appartiennent les ressources ? La réponse la plus censée et la plus évidente qui m'apparait est simple : les ressources de la planète Terre appartiennent à part égale à tous les êtres vivants sur Terre.

Dans le cadre d'une économie basée sur les ressources, la première démarche à mettre en œuvre est de convenir et de déclarer que l'ensemble des ressources produites par la planète constituent le patrimoine commun de tous les êtres vivants de la planète. De déclarer, conséquemment, que le devoir le plus sacré de toute civilisation digne de ce nom, de toute population responsable, de toute société humaine est de veiller à préserver ce patrimoine, et de gérer l'exploitation de ces ressources de telle sorte à en faire profiter chacun tout en veillant à ne pas détruire la source de ces richesses, de telle sorte que nos descendants puisent eux aussi en jouir dans les générations à venir.

La seconde étape consistera à évaluer l'ensemble de ces ressources, en quantité et en qualité, puis évaluer l'ensemble des besoin des êtres vivants. Une tâche qui peut paraître impossible, mais qui, compte tenu de l'état d'avancée de nos connaissances et de notre technologie, est parfaitement envisageable : nous disposons des moyens techniques et des connaissances nécessaire à réaliser ces évaluations. Seule la volonté politique demeure problématique, et si on y pense, c'est seulement le domaine politique — combiné aux résistances psychologiques déjà évoquées — qui constituent le seul aspect utopique de cette entreprise.

La troisième étape consisterait à développer des cités modernes, conçues de telle sorte qu'elles optimisent l'exploitation, la transformation et la distribution des ressources, de façon à répondre à l'ensemble des besoins des uns et des autres. Rappelons une fois encore que nous ne sommes plus dans une économie basée sur la monnaie, et que toutes les questions de : budgétisation, rentabilité, marge de profit, etc. n'existent plus. Les seules questions et problèmes qui demeurent sont d'ordre technique. Comment employer au mieux les multiples ressources qui sont à notre disposition, sans tarir ni détruire leur source (veiller à l'équilibre dynamique de reproduction des espèces, veiller à préserver l'écosystème, veiller à préserver l'environnement naturel, gérer les déchets de façon optimale sans polluer l’environnement, favoriser les méthodes de renouvellement des déchets, etc.).

 

REGLER LES PROBLEMES, NON LES REGULER

Ainsi, les questions et les problèmes qui se posent requièrent donc des compétences et des connaissances techniques, et ne sont plus du ressort de réseaux d'intérêts particuliers ou privés : ils sont du ressort de tous, et requièrent la participation du plus grand nombre. Cette participation, s'exprimant à travers les principes de l'Open Source, est accessible à tous, et est encouragée dans le cadre d'un système d'échange de savoir et de connaissances. La cité et sa gestion — ce qui inclut la gestion du patrimoine commun que constituent les ressources — devient l'intérêt de tous et requiert la collaboration et la participation du plus grand nombre sur base volontaire et/ou via tirage au sort.

Il devient de l'intérêt de chacun que la cité (et ses ressources naturelles, ses moyens de transformation, de production, de distribution, etc.) soient gérée au mieux, puisque mieux elle est gérée, plus la vie y est agréable et les besoins comblés.

UNE SOCIETE EMERGENTE

Étant donné la nature changeante de l'environnement, et la nature évolutive du savoir et de la connaissance (en particulier dans une société qui n'est plus freinée par des questions de compétition, d'intérêts privés contraires, etc.), la cité n'est pas une société figée, mais une société émergente : elle évolue sans cesse et s'adapte constamment. Or, une société émergente est le strict contraire d'une société utopique. Une société utopique est une société prétendant avoir trouvé le système idéal. Mais l'économie basée sur les ressources ne prétend pas être le système idéal : seulement un système rationnel fondé sur l'intérêt de tous et l'intelligence de chacun, autant que sur la collaboration. Il ne s'agit plus de gérer la pénurie, mais de gérer l'abondance.

Cette société fondée sur une économie basée sur les ressources n'est de toute évidence pas concevable à une échelle locale, en cela que les ressources nécessaires à l'abondance n'existent pas en tous lieux, mais nécessite la collaboration et l'échange entre tous les lieux de la planète qui fournissent, ensembles, une réelle abondance. Ainsi, une telle société n'est envisageable que si le monde est "fini", c'est-à-dire relié. Or, nous sommes dans un tel monde. Nous pouvons relier tous les coins et recoins de la planète, et même observer celle-ci de si haut (les satellites) que nous pouvons voir dans ses entrailles ce qu'elle recèle comme richesses cachées.

Toutefois, il est évident qu'un tel projet ne peut advenir dans une société fondée sur la monnaie. La monnaie est la réponse à la gestion de la pénurie - le "ticket de rationnement pour temps de paix" - non la réponse à la gestion de l'abondance. Le paradigme de la monnaie EST la pénurie.

C'est en outre le manque structurel de monnaie pour tous qui crée, artificiellement, sa valeur. Une monnaie abondante pour tous perd de sa valeur ; une monnaie surabondante perd complètement sa valeur. Il en résulte de façon évidente que pour maintenir sa valeur, la monnaie doit demeurer rare et ne peut être abondante. Si la monnaie ne peut être abondante, les ressources qu'elle permet de se procurer ne seront pas abondantes. Et comme chacun cherche l'abondance, les lois de l'adaptation font que certains s'efforceront de s'accaparer les ressources et la monnaie. Nous ne connaissons cela que trop bien.

C'est pourquoi je persiste à répéter qu'une réforme monétaire ne constituerait, au mieux, qu'une solution transitoire permettant, dans le meilleur des cas, d'allouer les ressources nécessaires à une mutation de la civilisation vers une économie excluant la monnaie de l'équation. Et je prie instamment les esprits les plus brillants de ne pas balayer d'un revers de la main ce sujet, mais au contraire, d'essayer de l'aborder sans a priori.

 

INQUIETUDES CONCERNANT LE "SCIENTISME"

Je suis méfiant vis-à-vis du scientisme. Je tiens à dire que, comme beaucoup de monde, ma première réaction face à ce projet a été celle de la déception : « quoi ? la solution à nos problèmes, c'est la science ? c'est une blague ou quoi ? » Telle fut ma première réaction. Et c'est bien naturel, considérant que, comme l'a très justement écrit Matthieu Ricard dans L'infini dans la paume de la main :

« Certains considèrent que la prétention de la science à tout connaître sur tout est illusoire : la science est fondamentalement limitée par le domaine d'étude qu'elle a elle-même défini. Et si la technologie a apporté d'immenses bienfaits, elle a engendré des ravages au moins aussi importants. De plus, la science n'a rien à dire sur la manière de conduire sa vie. (...) S'adonner pendant des siècles à l'étude et à la recherche ne nous fait pas progresser d'un pouce vers une meilleure qualité d'être, à moins que nous décidions de porter spécifiquement nos efforts en ce sens. »

Ce que dit Matthieu Ricard est pétri de bon sens, toutefois, son observation néglige un aspect important : il juge l'impact de la science sur nos vies et notre environnement à l'aune de la société dans laquelle nous vivons. Or, la science n'est pas la cause de ses propres dérives : ce sont les choix des humains d'utiliser les sciences et les connaissances techniques et scientifiques d'une certaine façon et avec certains objectifs qui sont en cause. Il n'est pas difficile de comprendre que bon nombre de calamités engendrées par des technologies modernes auraient pu être évitées dans un monde qui n'est pas gouverné par le paradigme du profit. Considérer, dès lors, que c'est la science qui est la cause de ces calamités est erroné. Cet aspect bien compris, il devient facile de comprendre notre propre réaction face à la science, et comprendre que nous sommes trompé par notre propre jugement (comme je le dis parfois « le discernement éclaire ce que nos jugements obscurcissent »).

Pour juger du caractère fantaisiste ou réaliste du projet, il nous faut donc envisager les choses en dehors du carcan étroit des conditions actuelles, sans quoi nous condamnerions la proposition sur des arguments fondés sur les conditionnements mêmes que l'on cherche à changer, ce qui serait le comble de l'absurde.

Dans ce que dit Matthieu Ricard, il ne faut donc surtout pas négliger le passage (...) à moins que nous décidions de porter spécifiquement nos efforts en ce sens.

Ayant compris cela, et tout en restant attentif et méfiant — non pas vis-à-vis des sciences en elles-mêmes, mais des hommes qui les utilisent —, je peux dépasser ma première (mauvaise) impression. J'envisage dès lors les sciences et la technologie sous un nouvel angle. Je l'imagine dans un contexte socioculturel non plus anxiogène, ou règne la pénurie donc la compétition, la cupidité et la violence, mais dans un contexte socioculturel bienveillant, ou règne l'abondance et l'entraide mutuelle, et où le profit, la cupidité et l'avidité n'ont plus de sens. je reste méfiant vis-à-vis des scientifiques, mais ma méfiance demeure pondérée, car je comprends que les scientifiques ne sont pas intrinsèquement fous ou malveillants. Eux aussi agissent en fonction de leur environnement socioculturel. Par conséquent, l'orientation qu'ils vont donner à leurs recherches et leur savoir est fonction de cet environnement.

Il n'est pas étonnant que des milliers de scientifiques et des millions d'ingénieurs dans le monde contribuent à divers degrés aux innombrables causes de catastrophes : ils sont utilisés et requis par un système tourné vers le profit, et ils n'en sont que les petites mains. Ils s'adaptent, comme n'importe qui, à leur environnement. Ils se vendent, tout comme la plupart d'entre nous, à ceux qui leur offrent le plus, qu'il s'agisse d'argent, de renommée, de statut social ou d'opportunité de développer leurs recherches. Ils ne sont pas différents d'un politicien, d'un fonctionnaire ou de n'importe qui.

Le point crucial, c'est donc l'environnement socioculturel, et donc, en définitive, les croyances qui sont véhiculées (notons au passage que croyances = opinions - du latin opinio, -onis "croyances"). Il est difficile de faire évoluer les croyances des gens car, comme le dit je ne sais plus qui « l'Homme est un animal religieux » : ce qu'il recherche, par facilité, ce n'est pas la connaissance, mais la certitude. Il veut être rassuré. Donc, les humains ont tendance à s'accrocher à leurs croyances (opinions).

 

UN PROJET D'AVENIR JUSTE ET DURABLE

L'avantage de ce projet, je trouve, est qu'il ne nous "renvoie pas au moyen âge" (critique stupide faite à l'égard de la décroissance, mais qui rebute hélas beaucoup de gens), mais qu'il renverse le paradigme qui est en cause dans nos errements de civilisation. La "cause des causes" de Jacque Fresco est l'économie basée sur la monnaie, et c'est une alternative à ce système qu'il a donc logiquement édifiée.

Cela étant, cela n'enlève strictement rien à l'analyse des causes qui porte spécifiquement sur notre impuissance politique. Or, si l'on considère que l'intérêt collectif ne peut être déterminé que par le collectif lui-même, c'est-à-dire par les citoyens "lambdas" que nous sommes tous, et si l'on considère que les choix à faire pour édifier nos cités et les faire prospérer pour notre propre intérêt, mais aussi celui des générations futures, nous appartiennent, il m'apparaît censé que les deux propositions - celle des Gentils Virus plaidant pour une vrai démocratie (au sens athénien du terme) et celle du Projet Venus plaidant pour une économie sans monnaie, se rejoignent et se complètent, la première offrant une structure démocratique et une référence fondatrice à la seconde.

En outre, il m'apparaît encore plus évident que les deux propositions se rejoignent et se complètent en cela que la conception des cités modernes imaginées par Jacque Fresco coïncide parfaitement avec l'échelle pratique de l'application de la démocratie proposée par Étienne Chouard dans une conception proudhonienne de "fédération de communes libres", c'est-à-dire, en pratique, des cités pouvant accueillir entre 15 000 et 50 000 habitants.

Le fait que, par le principe même de l'économie basée sur le partage des ressources, ces cités sont — et doivent être — reliées entre elles par une sorte de principe fédéral à très grande échelle, renforce encore la chose. Chaque cité serait en partie autonome, dans la mesure où elle exploite les ressources de son environnement direct, mais elle dépendra également de toute une série d'autres cités pour les ressources dont son environnement ne dispose pas. L'interdépendance mutuelle, bien comprise, devrait donc être un facteur de cohésion et d'entraide mutuelle, là où notre système fondé sur le profit et l'avantage différentiel favorise la compétition et l'exploitation, donc la domination.

C'est donc véritablement un projet (r)évolutionnaire, en cela qu'il renverse radicalement le sens des valeurs, en prenant la cause de l'émergence de ces valeurs à leur racine.

Si les valeurs dominantes de notre civilisation sont le profit, la compétition, l'avantage différentiel (ce qui génère violence, pénurie, exploitation, domination, etc.), c'est bien parce que le système monétaire nous renvoie à un paradigme archaïque qui est « il n'y en a pas assez pour tous, nous devons nous battre pour obtenir notre part du gâteau ».

Ma seconde conclusion est encore plus forte (il me semble) : même en supposant que nous parvenions, tôt ou tard, à reconquérir nos droits légitimes et reprendre notre pouvoir, et par là fonder une véritable démocratie, les conditions fondamentales (le contexte socioculturel et économique) dans lesquelles nous aurions à la mettre en pratique nous renverraient tout de même aux questions de profit, de compétition et d'avantage différentiel.

Songez que même avec une allocation universelle et inconditionnelle, les problèmes de propriété des ressources et des moyens de production demeurent (Bernard Friot en parle d'ailleurs lorsqu'il évoque avec pertinence les questions relative à la propriété lucrative, qu'il condamne au profit de la notion de "propriété d'usage"). Le pouvoir resterait entre les mains d'acteurs "privés" s’appropriant les ressources (les véritables richesses), et ceux-ci demeureraient les vrais décideurs. Nous demeurerions dépendant d'eux, et ils resteraient les maîtres ...

 

CONCLUSION

« La rareté et la pénurie sont les deux mamelles d'un mythe mortifère destiné à réduire les créatures faibles d'esprit en esclavage, jusqu'à ce qu'elle soient tellement dociles qu'elles vont jusqu'à craindre l'abondance et la liberté au point de se battre contre leur avènement. A force d'usure, les esclaves en viennent à aimer leurs chaînes. Ils aiment leurs chaînes, parce que c'est tout ce qu'ils ont. Du moins, c'est ce qu'ils croient. Et les hommes sont des animaux de croyances, des animaux religieux plus attaché à des opinions qui les rassurent, parce que même si celles-ci ne leur plaisent pas, ils ne connaissent que ça, et ils ont bien trop peur du changement. Ils sont tellement inconscients et désespérément dépendant du système qu'ils vont jusqu'à se battre pour le défendre. Le subterfuge suprême étant de leur faire croire qu'ils se battent contre le système, alors qu'ils jouent son jeu et le renforce. Les vieux mensonges ont plus d'amis que les nouvelles vérités. »

Morpheus

 

PS : pour en savoir un peu plus sur le comment, je vous suggère de voir ce film (48 min.) ; dans la seconde partie sont abordé les aspects pratiques de la proposition.


 

Documents joints à cet article

ZERO % MONNAIE

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70 réactions à cet article    


  • Philippe VERGNES 13 avril 2013 11:17

    Bonjour Morpheus,

    Merci pour cet article qui permet de penser autrement l’évolution de la société dans laquelle nous vivons aujourd’hui.

    Supprimer la monnaie revient à éliminer la double-contrainte de la création monétaire et donc, quelque part, à stopper le cercle vicieux dans lequel se trouve notre civilisation.

    Dans son traité sur la psychologie des foules, Gustave LE BON disais : « Les véritables bouleversements historiques ne sont pas ceux qui nous étonnent par leur grandeur et leur violence. Les seuls changements importants, ceux d’où le renouvellement des civilisations découle, s’opèrent dans les idées, les conceptions et les croyances ».

    Dans le contexte actuel, évoquer de nouvelles idées qui offrent d’autres pistes de réflexion que celles que nous connaissons n’est pas vain, même si la démarche peut sembler utopique, car un jour des gens viendront qui « ne savaient pas que c’était impossible, alors ils le firent » [Marc TWAIN].

    Cordialement et bonne journée,


    • Morpheus Morpheus 13 avril 2013 19:45

      Merci Philippe smiley

      Bon week-end à vous.

      Morpheus


    • spartacus spartacus 13 avril 2013 11:22

      L’argent n’est qu’un moyen de procéder a un troc ou échange de manière pacifique et égalitaire.


      Un costaud et un faible sont sur le même pied d’égalité pour obtenir un bien.
      Un charismatique comme un timide peuvent acquérir sur le même bien, grâce à l’argent en paix réciproque.

      Sans argent, la force, le clanisme qui remplaceraient seraient encore plus fort. Une société pire que celle qu’elle là...

      Tout ce texte est engendré par un rapport malsain à l’argent principalement égalitariste, fille du marxisme. 

      En quoi le profit serai « scandaleux » ?

      L’égalitariste est en réalité un jaloux maladif. Il ne peut admettre que son voisin a plus d’argent que lui. 

      Malheureusement les inégalités entre individus sont naturelles, l’argent n’est qu’une vitrine affichée. 

      Mais casser la vitrine ne change pas la réalité.

      Il y a des gens plus intelligents que d’autres, des gens plus talentueux que d’autres, des gens plus charismatiques que d’autres. Des moches et des beaux. 
      Les belles auront toujours plus d’admiration que les moches....Argent ou pas. 

      L’évangile Marxisme n’est que la jalousie et la haine du riche.
      Avec une éducation nationale qui assure le message, nous en somme dans un pays de jaloux avec des rapports malsains à l’argent.

      Les politiciens en jouent. Ils se font élire avec des slogans « je n’aime pas les riches », « je vais taxer les riches », plus que pour leurs compétences. 

      Pour se faire élire ils promeuvent la frustration, et de pire en pire notre société est une société de jaloux et frustrés. Cette société a engendré le rapport malsain à l’argent.

      C’est pas l’argent le problème, c’est la culture marxiste de ce siècle qui a engendré des générations de frustrés, d’envieux et de jaloux.

      Non l’argent n’est pas un problème, c’est le rapport à l’argent le problème.

      • Morpheus Morpheus 13 avril 2013 13:46

        Oui Spartacus, je sais qu’une idée encore fort répandue est que « l’argent n’est qu’un outil », et j’ai longuement réfléchis à cette question, jusqu’à comprendre réellement la FONCTION de cet outil, autrement dit : quel usage cet « outil » justifie-t-il.

        Il serait peut-être intéressant de pousser la réflexion plus loin. Peut-être devrions-nous revoir les origines de l’invention de la monnaie.

        Au départ, avant la monnaie, les sociétés humaines, souvent nomades ou semi-nomades, sont en grande partie autonomes. L’espace est suffisant, mais comme elles n’occupent pas un vaste espace, elles ne disposent que de certaines ressources. De ce fait, il arrive qu’elles procèdent avec des sociétés voisines à des échanges de denrées.

        C’est donc la combinaison entre d’une part la sédentarisation, d’autre part la nécessité des échanges de denrées dus à la « pénurie » de telle ou telle denrée dans le rayon d’action des diverses sociétés / cités qui fait que l’on a un jour inventé la monnaie.

        pénurie relative + sédentarisation + échange >>> monnaie

        1. La pénurie est « relative » parce qu’elle concerne une portion de territoire qui ne peut fournir toutes les ressources. C’est ce facteur qui est à l’origine des guerres, de la colonisation, de la spoliation, etc.

        2. La sédentarisation est l’origine de ce que nous appelons « civilisation », c’est-à-dire littéralement « ceux qui vivent dans la cité ». Cela a entraîné une inversion dans les rapports de l’homme à l’environnement : pour les nomades et semi-nomades, la symbiose avec l’environnement naturel est nécessaire à la survie et fait donc partie des comportements « naturels » (ce que nous pourrions appeler >nature humaine<) ; pour les sédentaires, le remodelage et le contrôle de l’environnement est nécessaire à leur survie ET LEUR DÉVELOPPEMENT (c’est la sédentarisation qui entraîne une importante hausse de la natalité, celle-ci entraînant une hausse des besoins en ressources, qui entraîne à son tour la nécessité d’étendre le domaine d’exploitation de la cité - c’est-à-dire l’expansion -, ce qui entraîne les conflits avec les cités voisines, etc.

        3. Les échanges procèdent d’une certaine logique qui en elle-même constitue un paradigme de pensée. Dans un échange, nous gagnons un bien, mais nous en perdons un autre en échange. Cela peut sembler équitable. Mais y aurait-il une alternative à cela ? Peut-être que oui dans une autre notion : le partage. Dans la logique du partage, lorsque deux personnes partagent chacune un bien, chacune profite de deux biens, au lieu d’en gagner un et d’en perdre un autre.

        L’une des idées qui me semble figurer parmi les plus importantes dans la société sans monnaie est précisément ce principe de partage des biens.

        En dehors bien entendu des ressources consommables (la nourriture, les énergies non renouvelables, etc.), la plupart des biens ne nécessitent pas que nous les possédions, mais que nous puissions en avoir l’usage lorsque cela nous est nécessaire. L’exemple type est la voiture : nous n’avons pas réellement besoin de posséder une voiture, nous avons seulement besoin de disposer d’une voiture lorsque nous devons nous déplacer. Il en va de même de toute une série d’outils, d’équipements sportifs, etc.

        Il est frappant de constater à quel point nous nous encombrons d’un tas d’objets qui ne nous servent, si nous regardons de plus près, que très peu. Et comme le dit Tyler Durden dans Fight Club « Ce que tu possèdes finit par te posséder ».

        En passant d’une société monétariste à une société sans monnaie, nous passerions d’une société d’échange à une société de partage. Or, en y réfléchissant, le partage nous rend collectivement plus riche que l’échange, et je pense que cette idée pourrait être mathématiquement démontrée (je laisse cette tâche à un gentil virus mathématicien).

        Pour conclure, si « l’égalitarisme est fille du marxisme », comme vous dites, alors il faut croire que je suis marxiste smiley Le truc c’est que je suis démocrate donc anarchiste, et que la conception d’une société sans monnaie est aux antipodes du marxisme. Marx n’a jamais analysé les choses que sous l’angle d’une économie monétisée.

        La monnaie n’est qu’une forme de ticket de rationnement. Elle induit des comportements, des mentalités et une façon de penser le monde complètement perverse.

        Cordialement,
        Morpheus


      • Loup Rebel Loup Rebel 13 avril 2013 14:16

        Bonjour Morpheus,

        Pas de doute que beaucoup partage l’aspiration à un monde « zéro monnaie » que vous présentez là.

        J’y souscris pleinement, d’autant en ce début du XXIe siècle où — en Europe — la croissance a atteint son apogée. Toute idée de « production de richesses » a une odeur de rance, et il est regrettable qu’elle soit toujours mise en avant par quelques idiots utiles : les parrains de la finance s’en frottent les mains.

        D’un autre côté, une monnaie soigneusement tenue en laisse facilite les échanges. Les SELs (Système d’Échange Local) démontrent néanmoins que l’abolition de la monnaie, du moins partiel, est viable.

        Reste à savoir ce que deviendrait l’État sans les ressources de l’impôt... Toute une organisation à trouver, à mettre en place : les services publics, la santé, les transports, l’enseignement, etc.

        Autre solution pour donner à chacun le droit de vivre, serait le Revenu Universel Inconditionnel vilipendé par une minorité d’arriérés, mais que beaucoup défendent ici. (http://revenudebase.info/).

        Pour la reconquête du pouvoir par les citoyens, je défends les idées d’Étienne Chouard du tirage au sort en lieu et place des élections (http://etienne.chouard.free.fr/Europe/presentations.php)


        • Morpheus Morpheus 13 avril 2013 14:43

          Je suis également d’avis qu’il sera difficile d’atteindre la réalisation de ce projet si le peuple dans son ensemble ne reconquiert pas son propre pouvoir, et je partage votre avis que l’idée d’une vrai démocratie comme la défendent les Gentils Virus est le meilleurs moyen. J’ajoute que je considère également que cette reconquête serait un bon tremplin pour réapprendre au peuple à être politiquement (au sens de « gérer la cité ») actif et responsable, réapprendre à coopérer, qualités indispensables pour mettre en place un projet de société sans monnaie.

          Pour ce qui est des SELs et autres systèmes de monnaie locale, je crois que ce sont des solutions locales transitoires crédibles, si l’on comprends bien le fait que toute forme de monnaie constitue une forme de ticket de rationnement ; l’idée derrière cela reste toujours qu’il n’y en a pas assez pour tous, et donc qu’il faut contrôler la répartition des ressources et des biens. Dès qu’une cité conçue sur le PV est fonctionnelle, en principe il ne peut plus y avoir pénurie, mais abondance, et dans ce cadre d’abondance, la monnaie devient superflue.

          Pour le principe d’allocation universelle ou - comme le propose Bernard Friot (je préfère son approche, personnellement) de « salaire inconditionnel à vie », il implique que nous restons dans un contexte d’économie gérée par la monnaie. Cela ne solutionne pas les problèmes que nous rencontrons à la racine, mais seulement quelques symptômes.

          Cordialement,
          Morpheus


        • Mmarvinbear Mmarvinbear 13 avril 2013 14:53

          Au départ, avant la monnaie, les sociétés humaines, souvent nomades ou semi-nomades, sont en grande partie autonomes. L’espace est suffisant, mais comme elles n’occupent pas un vaste espace, elles ne disposent que de certaines ressources. De ce fait, il arrive qu’elles procèdent avec des sociétés voisines à des échanges de denrées.


          C’est faux. La monnaie est antérieure à la sédentarisation, et pour cause : c’est un moyen d’échange plus pratique à transporter que la cuisse de brontosaure ou l’aile de ptérodactyle. La monnaie a pour origine la nécessité de facilité les échanges de biens et de services, et aussi d’établir une équivalence entre biens durables et périssables. Comment, sinon, établir avec justesse une équivalence entre une serpe en os utilisable des années durant et le produit de la pêche qui moisit en deux jours ?



          c’est la sédentarisation qui entraîne une importante hausse de la natalité, celle-ci entraînant une hausse des besoins en ressources, qui entraîne à son tour la nécessité d’étendre le domaine d’exploitation de la cité - c’est-à-dire l’expansion -, ce qui entraîne les conflits avec les cités voisines, etc.


          Non, faux encore. Croissance démographique et sédentarité ne sont pas forcément liés. Un peuple nomade voit sa population croitre aussi, ce qui entraîne un accroissement des besoins et donc une recherche d’une plus grande optimisation des ressources afin de pouvoir perdurer. L’agriculture est le premier pas car elle impose la sédentarisation des tribus pour veiller sur les récoltes.


           Dans la logique du partage, lorsque deux personnes partagent chacune un bien, chacune profite de deux biens, au lieu d’en gagner un et d’en perdre un autre.


          Sauf que bien souvent, il est impossible de réaliser un tel partage. SI deux groupes ont besoin de un kilo de fer pour perdurer, aucun n’acceptera de se contenter de 500 grammes.


          L’exemple type est la voiture : nous n’avons pas réellement besoin de posséder une voiture, nous avons seulement besoin de disposer d’une voiture lorsque nous devons nous déplacer. Il en va de même de toute une série d’outils, d’équipements sportifs, etc.


          Un parcours en voiture pour le travail laisse le véhicule inutilisé la majeure partie du temps. Soit. Mais dans le cas du partage du véhicule, il faudrait que l’utilisateur suivant se trouve là ou le premier va laisser le véhicule. Les besoins en terme de lieu et de moment ne sont pas forcément optimisés. Cela poussera à avoir le besoin de véhicules supplémentaires afin de couvrir la demande. Au final, on se retrouve avec un nombre de véhicules à peu près égal à la situation première, quand chacun dispose de sa voiture. Je ne vois pas ou se trouve le progrès. Et je ne parle pas des situations d’urgence ou de l’imprévu, comme votre père qui ferait une crise cardiaque à trois heures du matin et que vous avez un besoin impératif d’un véhicule pour l’aider sur le moment, pas quand votre voisin sera rentré à cinq heures du Macumba.


          En passant d’une société monétariste à une société sans monnaie, nous passerions d’une société d’échange à une société de partage. Or, en y réfléchissant, le partage nous rend collectivement plus riche que l’échange, et je pense que cette idée pourrait être mathématiquement démontrée (je laisse cette tâche à un gentil virus mathématicien).


          Non, cela nous conduira à une société et une économie de pénurie.


          La monnaie n’est qu’une forme de ticket de rationnement. Elle induit des comportements, des mentalités et une façon de penser le monde complètement perverse.


          La monnaie est la meilleure solution pour permettre l’échange rapide et facile de biens et de services dont les qualités intrinsèques n’ont rien à voir les uns avec les autres. 


          Ce n’est pas la monnaie qu’il faut combattre, ce sont les dérives qui peuvent en découler.


          • Loup Rebel Loup Rebel 13 avril 2013 15:26

            @ Mmarvinbear (---.---.---.57) 13 avril 14:53

            Ce qui pose problème n’est pas la monnaie en elle-même, mais ce que les gangsters de la finance en ont fait.

            Si le peuple reprend le pouvoir confisqué par les oligarques corrompus par les susmentionnés gangsters, la monnaie a une chance de retrouver sa fonction de facilitation des échanges.


          • moi29 moi29 25 septembre 17:28

            @Mmarvinbear « c’est un moyen d’échange plus pratique à transporter que la cuisse de brontosaure ou l’aile de ptérodactyle » Vous plaisantez j’espère ?!


          • Morpheus Morpheus 13 avril 2013 15:43

            Vous dites que « la monnaie est antérieure à la sédentarisation ». Quelles sont vos sources ? Voici les miennes (entre autre) : http://www.universalis.fr/encyclopedie/origine-de-la-monnaie/

            Vous dites que « Croissance démographique et sédentarité ne sont pas forcément liés ». Je cite : « Il est difficile de faire un véritable bilan de la population mondiale au début de notre ère. Cependant, l’archéologie fournit de précieux renseignements. Entre 4000 avant notre ère et le début de l’ère chrétienne, le chiffre de la population a été multiplié par 8 ou 10. Cette époque a connu une grande croissance démographique fondée sur l’extension de l’agriculture sédentaire, qui a permis aux chasseurs-cueilleurs de trouver plus de nourriture sur un espace réduit. A cette époque, la plus forte augmentation démographique se situe dans le « Croissant fertile » c’est-à-dire de la Syrie à l’Anatolie et de l’Iran à la Grèce. (source : http://www.dinosoria.com/demographie.html).

            Vous écrivez que [Sauf que bien souvent, il est impossible de réaliser un tel partage. SI deux groupes ont besoin de un kilo de fer pour perdurer, aucun n’acceptera de se contenter de 500 grammes].

            Vous décrivez une situation de pénurie (il n’y a pas assez pour tous), or je défends une proposition concrète (pratique) permettant de résoudre les problèmes de pénurie pour générer l’abondance POUR TOUS. Vous dites « impossible », je dis indispensable et inévitable, sous peine de causer notre propre perte.

            Concernant la voiture, vos remarques sont fondées dans le cadre des véhicules archaïques que nous utilisons encore aujourd’hui, pas des potentiels offert par notre technologie actuelle, qui permettent, par exemple, à un véhcule de se mouvoir sans pilote et se rendre à des coordonées précises (pour, par exemple, résoudre le problème de localisation que vous mentionnez). Je vous suggère de vous renseignez sur les possibilités de développement dans les modes de transport. Il faut comprendre que si ces technologies ne sont pas encore déployée pour le public, ce n’est pas qu’elles n’existent pas, mais parce qu’elles sont opposées aux intérêts financiers à la fois des industriels de l’automobile et des marchands de pétrole. Les écrans plats existaient en 1970 ; ils ne sont apparus que dans les années 2000...

            Vous dites [Non, cela nous conduira à une société et une économie de pénurie]. C’est une assertion parfaitement gratuite, qui à mon avis ne traduit que vos craintes et votre ignorance du sujet. Je peux comprendre vos peurs, mais quant à votre ignorance du sujet, il ne s’agit pas d’une fatalité : vous pouvez approfondir vos connaissances pour dépasser vos propres craintes.

            Cordialement,
            Morpheus


            • Morpheus Morpheus 13 avril 2013 15:45

              Je répondais à Mmarvinbear smiley

              Morpheus


            • Mmarvinbear Mmarvinbear 13 avril 2013 17:06

               Il faut comprendre que si ces technologies ne sont pas encore déployée pour le public, ce n’est pas qu’elles n’existent pas, mais parce qu’elles sont opposées aux intérêts financiers à la fois des industriels de l’automobile et des marchands de pétrole. Les écrans plats existaient en 1970 ; ils ne sont apparus que dans les années 2000...


              C’est inévitable. Dès que l’on parle de voiture, on a toujours l’argument de la mort qui tue : les méchants lobbystes pétroliers qui viennent jusque dans nos bras égorger nos fils et nos compagnes.

              Non, je mélange un peu tout, là, je reprends...

              La technologie de la voiture sans pilote est toute récente. Si le concept existait, il manquait la puissance informatique pour le pilotage embarqué ou la fiabilité du réseau dans le cadre d’une commande par un ordinateur central.

              Ce qui, de toute façon, ne changeait rien au problème du mode de propulsion. L’électrique était limité par son autonomie ridicule comparée au moteur à explosion.

              Et pitié, ne me ressortez pas le moteur à eau dont l’inventeur se retrouvé noyé ou suicidé, je ne suis pas d’humeur à cela.

              Quand aux écrans plats, c’est la même chose. Si le concept date des années 70, ce n’est que plus de dix ans après qu’ils commencent à équiper certaines machines. pas parque le lobby du tube cathodique a été violer les bébés de leurs inventeurs, mais parce que nous ne pouvions pas avoir des écrans ayant une résolution suffisante pour être utilisé au quotidien. Les écrans des années 70 étaient noir et blanc. il faut attendre 1984 pour voir les premiers écrans couleurs. Leur production en masse a par la suite fait chuter le prix de revient de ces écrans que l’on retrouve partout.

            • Morpheus Morpheus 13 avril 2013 17:20

              Mmarvinbear, lorsque je parle (par exemple) des écrans plats en 1970, je ne parle pas du « concept », mais bien de prototype fonctionnels, voir d’applications secrètes dans le cadre militaire. Ce que je veux dire, c’est que la technologie qui parvient dans le grand public, dans notre économie basée sur la monnaie, est en retard, techniquement, de 30 à 50 ans.

              Pour quelles raisons, ces retards ? Habituellement, les industriels vous répondent que c’est parce que « techniquement », le développement industriel de ces prototypes ne sont pas encore possible. C’est très souvent mensonger (pas toujours, mais dans la plupart des cas). La réalité est différente : ce n’est pas techniquement que les développement industriels sont retardés, mais politiquement (et par « politique », je parle évidemment de son aspect économique relatif aux intérêts privés).

              Vous devez, je suppose, avoir connaissance de l’obsolescence planifiée. Ce principe économique, qui n’est pas récent (il commence au début du XXe siècle) veut que, pour permettre une croissance constante il faut favoriser la consommation constante de produits par les consommateurs, et pour cela, il faut que les produits s’usent à une cadence contrôlée. Nos ingénieurs, qui ont été formés dans les meilleures écoles, se trouvent donc embauchés par les firmes industrielles non pour développer des produits solides, fiables, durables, interchangeables et adaptables au plus grand nombre, mais exactement le contraire : faire en sorte que les produits deviennent obsolètes une fois parvenus à la fin de la garantie (entre 2 et 5 ans en moyenne, pour la majeure partie des produits).

              Une telle chose est littéralement catastrophique. Du point de vue économique (c’est-à-dire financier), c’est peut-être un bon plan, mais d’un point de vue rationnel, au regard de la gestion de déchets, et du respect des acheteurs, c’est une tromperie inacceptable et aberrante. Or, ce modèle est inévitable dans le cadre d’une économie monétariste.

              J’ajoute que le principe sur lequel repose l’économie monétariste selon le modèle capitaliste est la croissance constante, qui est une aberration dans un monde aux ressources limitées.

              Cordialement,
              Morpheus


            • Mmarvinbear Mmarvinbear 13 avril 2013 19:25

              Mmarvinbear, lorsque je parle (par exemple) des écrans plats en 1970, je ne parle pas du « concept », mais bien de prototype fonctionnels, voir d’applications secrètes dans le cadre militaire. Ce que je veux dire, c’est que la technologie qui parvient dans le grand public, dans notre économie basée sur la monnaie, est en retard, techniquement, de 30 à 50 ans.


              C’est encore une fois absolument n’importe quoi. Entre le moment ou le prototype est conçu et celui ou l’objet devient un modèle grand public, il s’écoule au pire 8 10 ans. 


              Vous me donnez l’exemple des écrans plats. mais ce dont vous me parlez, dans les années 70, c’était des écrans à peine plus évolués que ceux des montres à quartz, absolument incapables de diffuser des images autrement que grossières, et totalement inadaptés à un usage domestique courant.


              Nos ingénieurs, qui ont été formés dans les meilleures écoles, se trouvent donc embauchés par les firmes industrielles non pour développer des produits solides, fiables, durables, interchangeables et adaptables au plus grand nombre, mais exactement le contraire : faire en sorte que les produits deviennent obsolètes une fois parvenus à la fin de la garantie (entre 2 et 5 ans en moyenne, pour la majeure partie des produits).


              L’obsolescence programmée est en grande partie un mythe. La vérité est que pour satisfaire une population aux revenus très différents, les industriels produisent un même type de matériel avec des qualités de matériaux et de finition différents pour permettre aux plus modestes de pouvoir bénéficier du confort minimum.


              Si vous vous plaignez de changer votre machine à laver tous les deux ans, alors arrêtez d’acheter des merdes produites par des esclaves et vendues pour rien.


              Un ordi Apple me fait 10 12 ans contre 2 3 pour un PC. Notre ancienne machine a laver a lâché après plus de 15 ans de services. Notre ancien frigo avait plus de 20 ans quand on a dû le changer. Le lecteur DVD a plus de 8 ans et il tourne rond.

              On peut se procurer facilement et aisément des appareils solides et fiables. Il faut juste arrêter de vous faire éblouir par la dernière Iwawa à 49 euros.



            • Morpheus Morpheus 13 avril 2013 19:43

              Mon ordinateur actuel est un portable ASUS K701 (PC) qui m’a coûté 700 euros il y a trois ans. Mon précédent ordinateur était un IBook G4 (Mac) qui m’a coûté 1250 euros à l’achat, et dont la carte mère a brûlé après trois ans d’utilisations. Je sais ne pas être seul dans le cas. Apple est devenu un grand maître de l’obsolescence planifiée. Dans le documentaire « Prêt à jeter », l’exemple de la batterie des premier IPhone est révélatrice de la politique d’Apple. Pardonnez-moi, mais ce que vous dites ne coïncide pas avec les faits et semble ressortir d’un certain nombre d’idées fausses. Dans mon cas, ce que j’affirme est démontré par mon expérience : j’ai longtemps cru la propagande Apple, mais depuis que la marque a changé sa politique au milieu des années ’90 (et qu’ils ont commencé à rafler une grande part de marché à leurs concurrents et devenir très puissants financièrement), la fiabilité de leurs produit a décliné de façon inversement proportionnelle à leur chiffre d’affaire.

              Cordialement,
              Morpheus


            • Mmarvinbear Mmarvinbear 14 avril 2013 04:09

              Je me demande alors pourquoi mon premier Ipod vieux de huit ans marche toujours. 


              Ce doit être un coup de chance si mon premier Imac a vécu 13 ans, et mon second 8 (en cours).

              Ce n’ est pas en se basant sur des cas particuliers que l’on peut juger de la longévité d’une machine, mais sur l’ensemble de la gamme.

              Ah, et tu peux enlever le « cordialement » ? C’est énervant de voir cela en bas de chaque post, cela fait « bot » ou post pré-écrit.

            • Bur K burka 13 avril 2013 18:13

              Bonjour, 


              Au-delà de la monnaie, c’est le problème de la croissance qui est posé là. 

              La fausse croissance qui consiste à produire du jetable, ou pire réduire volontairement la durée de vie d’un bien d’équipement est un véritable crime contre l’humanité qu’il convient de dénoncer vigoureusement. 

              Toute croissance réelle a une fin. 

              Les spéculations sur la croissance que font ceux qui en attendent bêtement le « retour » (en France et en Europe) me font penser à Tex Avery lorsque ses personnages courent sans se rendre compte qu’ils sont au-dessus du vide... et quand ils s’en aperçoivent ils tombent dans le vide sous leurs pieds (ou les pattes).

              Coire croître indéfiniment, c’est comme croire en Dieu et à sa toute-puissance... désolé pour les croyants qui liront ça.

              Tiens, ça me fait penser à la grenouille qui voulait se faire plus grosse que le bœuf.

              Autant aller consulter un chamane et compter sur ses incantations, comme font les nigauds qui attendent un « retour d’affection » d’un amour perdu. 



              • AstreLune AstreLune 15 avril 2013 14:25

                J’irai même plus loin en disant que croître pour croître est le monde de fonctionnement d’une cellule cancéreuse.

                Le mythe de la croissance infinie, et surtout saine. (rire)


              • robin 13 avril 2013 21:43

                C’est curieux je viens juste de faire un article sur le même thème mais des pourcentages exactement inverse, comme quoi la population d’agoravox est très variée ou très volage..lol !

                http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/un-monde-sans-argent-utopique-ou-134142?debut_forums=0#forum3688453


                • Morpheus Morpheus 13 avril 2013 22:13

                  Oui, robin, j’avais vu votre sujet et j’ai observé le pourcentage de votes négatifs. Peut-être ces votes négatifs sont-ils dû non à l’idée d’une société sans monnaie en elle-même, mais plutôt en rapport aux propositions que vous formulez dans votre article ?

                  Si mon hypothèse est la nonne (je ne prétends pas qu’elle est bonne, je fais juste une supposition), cela pourrait signifier que, même si ce n’est pas conscient, beaucoup de personness ne veulent plus d’un monde où l’on évalue les gens en fonction de critères toujours plus ou moins subjectifs, et notamment « ce qu’ils apportent à la société ».

                  En creusant la question, je pense que vous arriverez à conclure que cela est hautement suggestif car les critères d’évaluation seront dépendants de croyances changeantes. Je crois qu’on ne peux, et qu’on ne doit pas évaluer la valeur des gens, car nous n’avons pas réellement de critères objectifs. Chacun a ses propres valeurs et critères et donc ce qui est bon pour les uns sera mauvais pour les autres. De plus, je suis sûr d’une chose : personne n’aime être jugé par autrui. Et une évaluation est toujours une forme de jugement.

                  Pour étayer cette idée, je voudrais mentionner une expérience qui a été menée aux USA sur le principe d’évaluation en milieu scolaire. On a pris une classe de surdoué, tous des cracs qui enfoncent nos « premiers de la classe » dans une classe « normale », et on s’est servit du système d’évaluation par points pour mesurer leurs progrès. Ce que l’on a observé, c’est que le même classement en trois niveaux - quelques très bons, une majorité de moyens et quelques très mauvais - se produit, exactement comme dans n’importe quelle classe où l’on pratique l’évaluation par points et des tests de connaissance. Une structure de classes sociale s’est instaurée automatiquement.

                  Pour étayer ce constat, une autre expérience a été menée, cette fois-ci en Inde, où l’on a fait passer un test de connaissance à une classe constituée de 50% d’élèves issus d’une caste élevée (sensée être plus intelligente et cultivée) et 50% d’une basse caste. Dans une première batterie de tests, on ne disait pas aux élèves de quelle caste ils étaient, et le résultat a donné que les membres de la caste inférieure avaient des résultats légèrement meilleurs que ceux de la caste élevée. Dans une seconde batterie de tests, on séparait la classe selon la caste, et chacun pouvait donc savoir qu’il y avait 50 % de l’autre caste qui participait au même test : le résultat fut diamétralement opposé. les membres de la caste inférieur eurent des résultats médiocres, comme s’ils se conformaient à ce que l’on attend socialement d’eux : qu’ils soient médiocres, parce qu’ils sont de la caste inférieure.

                  Cela montre bien que, structurellement, concevoir une société fondée sur des différences engendre des inégalités qui ne se justifient que par l’acceptation, inconsciente, de l’étiquette posée sur les gens.

                  Il me semble que cela pourrait expliquer pourquoi votre article, qui porte sur un même sujet, mais avec une approche différente, a reçu un mauvais accueil.

                  Cordialement,
                  Morpheus


                • robin 15 avril 2013 09:02

                  Morphéus,

                  que vous le vouliez ou non, l’homme étant imparfait a besoin d’émulation pour aller bosser, sans émulation ce sera rapidement l’entropie. Or que vous le vouliez ou non l’émulation conduit fatalement à un système de récompenses/privilèges donc in fine à un système de castes.

                  Je proposais seulement un système de caste librement et universellement choisi de façon transparente sur l’évaluation globale de l’utilité sociale. Si vous ne faites voter sur la notion d’utilité sociale que 100 individus il est clair que vous risquez d’avoir une notation plus ou moins fantaisiste, si par contre vous en faites voter 1 million on se rapprochera de quelque chose de beaucoup plus objectif., Rien ne vous empêche d’y pondérer aussi comme je l’ai fait le nombre d’années d’études.

                  Sans vuos en rendre vous mettez en exergue le problème essentielle d’une démocratie, même une grande foule pourrait éventuellement se tromper.....eh bien tant pis, avez-vous mieux ?

                  Le seul qui avait une solution en profondeur à notre problème a été crucifié il y a 2000 ans.




                • Morpheus Morpheus 15 avril 2013 14:00

                  Vous vous trompez, robin. L’homme n’a pas besoin de payement pour être motivé. La preuve ce sont les millions de personnes qui de par le monde travaillent dans des millions d’associations sans but lucratif, bénévolement. On a fait une étude pour évaluer le temps consacré au bénévolat (volontaire) et cela dépasse 50 % du temps de travail sur la planète. Il y a beaucoup d’autres motivations à exercer une activité. La plupart des grands découvreurs, des grands scientifiques, des grands chercheurs dans l’histoire ne sont pas motivés par l’argent, mais par la passion de leur activité. J’ai moi même consacré dans ma vie dix fois plus de temps en activités non lucratives qu’en activité payée (et je ne dépend ni du chômage, ni d’aides sociales, étant exclu du système).

                  D’autre part, dans le cadre du Projet Venus tel qu’il est conçu, le taux de participation active au bon fonctionnement du système (donc le taux de « travail » humain nécessaire) est évalué à 3% de la population : ce ne sera pas une société fondée sur le travail, et moins encore sur le travail obligatoire. Sincèrement, sur ce point, je vous enjoins à approfondir votre réflexion, car vos conclusions reposes sur des conséquences, pas sur des causes, et donc sont erronées. Soit dis sans intention de vous offenser.

                  Cordialement,
                  Morpheus


                • Odal GOLD Odal GOLD 13 avril 2013 21:54

                   
                  Un monde sans argent peut promettre un esclavage aussi brutal ou pire que celui promis par le seul argent ?
                  >>> http://www.agoravox.tv/tribune-libre/article/dans-l-ombre-d-hermes-les-secrets-38734
                   
                  L’argent ne doit pas être tout, c’est juste un moyen parmi d’autres, une arme parmi d’autres, à double tranchant bien sûr - et ce qu’on en fait.
                   


                  • Morpheus Morpheus 13 avril 2013 22:20

                    Paradoxal ce que vous dites, précisément parce que Hermès était le dieu des marchands et des voleurs : des gens dont l’activité tourne précisément autour de la monnaie. D’ailleurs, selon la mythologie, c’est justement Hermès l’inventeur de l’argent (de la monnaie métal).

                    Connaissez-vous ce dicton : « L’argent est rond pour rouler » ? smiley

                    Revoyez bien le sujet que vous indiquez (je l’ai vu moi-même smiley ) et observez qu’il ne traite pas d’un monde sans argent, mais précisément d’un monde où l’argent sert aussi bien l’idéologie marxiste que l’idéologie libérale. L’une est un capitalisme d’état (l’URSS), l’autre un capitalisme « libéral » (privé) : les deux fonctionnent sur base d’une économie monétisée.

                    Relisez bien mon article également, vous verrez que je dis la même chose que dans l’introduction du documentaire suédois smiley

                    Cordialement,
                    Morpheus


                  • Stof Stof 14 avril 2013 07:11

                    Il ne sert à rien d’essayer de convaincre les « masses » qu’un autre système est possible., dans le but de provoquer une révolution. Comme votre dernier petit dessin l’explique, certains sont bien mieux organisés pour contrôler les masses.

                    Regroupez vous en petites communautés discrètes et vivez votre nouveau système. En attendant que l’autre s’effondre tout seul.

                    • Morpheus Morpheus 14 avril 2013 11:44

                      Le hic, Stof, c’est que pour que le système que je préconise dans cet article fonctionne, il faut qu’il y ait abondance : cela ne fonctionnerait pas s’il y a pénurie. Or, comme précisé dans l’article, il ne peut y avoir abondance pour tous que si l’on met en commun l’ensemble des ressources de la planète (pour la raison simple que les ressources sont inégalement réparties sur la planète : tel endroit regorge de forêt, tel autre de terres arables, tel autre de minerais, etc.). L’idée est bien de construire un monde où tous vivent dans l’abondance, pas un petit groupe privilégié. C’est un projet de civilisation mondiale, juste et équitable, sans gouvernement central et sans hiérarchie. Cela appelle une refonte complète de la culture, c’est-à-dire des croyances socioculturelles.

                      D’autre part, vous oubliez que de petites communautés s’organisant dans leur coin ne pourraient se soustraire aux lois du pays dans lequel elles se trouvent. Se faisant, elles se trouveraient en conflit avec l’administration et la police (voyez ce qu’il se passe à Notre Dame des Landes). Les oligarchies dans lesquelles nous sommes ne tolèrent aucune alternative, surtout pas démocratique et égalitaire, et surtout pas qui renverse les croyances socioculturelles.

                      Cordialement,
                      Morpheus

                      PS @ Mmarvinbear : je persiste à mettre « cordialement » et sachez que lorsque je l’écris, c’est parce que je le pense, non pour « faire poli ». Ne vous en déplaise.


                    • Stof Stof 15 avril 2013 09:27

                      L’idée d’abondance est un rêve idiot. Celà n’existe pas, dans la Nature. Ou alors de façon très éphémère. 

                      Notre civilisation l’a connue pendant une poignée de décennies grâce (ou à cause) du pillage généralisé de la planète et de ses ressources fossiles (entre autres).
                      Ce qui compte c’est l’équilibre et l’harmonie et c’est ce qui fait le plus défaut dans notre civilisation dominante.Et c’est surement ce qui causera sa perte, d’ailleurs.

                      Il y a toujours la possibilité d’émigrer vers des contrées plus démocratiques. Il existe des expériences intéressantes au Costa Rica, par exemple.

                    • Morpheus Morpheus 15 avril 2013 14:03

                      Stof, vous vous trompez. L’abondance existe aujourd’hui plus que jamais. Vous confondez pénurie et inégalité de répartition des ressources et des richesses. L’abondance pour tous, elle est là, à portée de la main, il suffit d’un changement de paradigme, de changer notre façon de percevoir les choses, qui est actuellement dictée (télécommandée) par le tissus socioculturel imposé par le capitalisme, qui a évidemment tout intérêt à ce que le plus grand nombre FASSE l’expérience de la pénurie pour CROIRE que la pénurie est une donnée réelle, alors qu’eux sont noyés dans une surabondance totalement indécente et immorale.

                      Cordialement,
                      Morpheus


                    • Stof Stof 15 avril 2013 14:14

                      Oui, enfin, tout dépend de quelle abondance l’on parle. Si c’est d’abondance de bonnes intentions, pourquoi pas. Si c’est un 4x4 pour tous et des vacances à l’autre bout de la planète, alors je suis très sceptique...


                    • Morpheus Morpheus 15 avril 2013 14:44

                      Tout le monde n’a pas besoin de POSSÉDER un 4x4. Dans le pire des cas (qui est bien sur caricatural), « tout le monde » peut avoir besoin de l’usage, à un moment donné, d’un 4x4.

                      Rien que cette approche devrait vous faire envisager l’économie sous un autre mode que celui (conditionné) de la consommation et de la possession. Nous n’avons pas vraiment besoin de posséder les choses, mais éventuellement de leur usage à certains moments.

                      Des exemples concrets ? L’équipement de ski, les chaussures de bowling, les patins à glace, les vélibs et autres offres de ce genre, les voitures partagées (bien qu’étant un service payant, on ne puisse pas sans tordre le vrai sens du mot parler de « partage »), les outils de chantier en location, les robes de mariée,... Ce ne sont déjà pas les exemples qui manquent. Le principe même de partager des objets, outils, engins, etc. dont nous n’avons qu’un besoin momentané à quelques occasions fait déjà partie de la logique. Dans le projet, puisqu’il n’y a plus de monnaie, donc de course au profit, ce principe peut être étendu à presque tout ce qui n’est pas réellement consommable (nourriture, par exemple).

                      Je ne vous demande de me croire, seulement d’y réfléchir sans a priori en approfondissement votre réflexion.

                      Très bonne journée à vous smiley
                      Morpheus


                    • Franckledrapeaurouge Franckledrapeaurouge 14 avril 2013 09:32

                      Bonjour Morpheus,


                      On commence le projet quand ??

                      Bon je me répète, mais si on proposer ce modèle à nos cousin espagnol, italiens et portugais pour 

                      commencer ?? Ensemble on aurez les ressources nécessaire et le nombre suffisant pour ne pas

                      Être emmerdé.

                      On créez une monnaie commune pour pouvoir mettre en place les fondations de ce projet, et si

                      notre comportement et les règles de notre société et réellement démocratique, respectueuse de 

                      L’homme et des ressources de nos territoires, petit à petit les peuples voisin verront que cela est 

                      possible, que l’homme peut être intelligent et prendre soins de son prochain mais aussi de sa

                       descendance, et en expliquant que le but de notre démarche et d’arrivé à faire vivre cette société 

                      humaine et épanoui responsable et sans monnaie, alors ils voudrons nous rejoindre.

                      Ce serrât le départ d’une nouvelle évolution de notre espèce, qui enfin mettra son intelligence au

                       service de sa survie et de son bonheur tout simplement

                      Voilà un bien beau projet, vite vite faisons un business plan.........

                      Cordialement

                      Franck


                      • Morpheus Morpheus 14 avril 2013 11:51

                        Un projet de ville pilote est en chantier en ce moment même. Le PV a obtenu un vaste terrain en Russie, financé par des dons (sans condition, il est important de le préciser) de plusieurs milliardaires russes, et ils ont obtenu toutes les autorisations des autorités russes pour créer la ville. La première étape de la construction est sur le point de commencer (les matériaux sont là, il reste à faire venir les bâtisseurs et les organiser). Il s’agira du cœur de la cité, un centre universitaire et de développement. Il s’agit d’un espace permettant de développer une ville d’environ 15.000 habitants. A noter que le PV a beaucoup de succès en Russie, où le public est beaucoup plus réceptif aux idées qu’en France, notamment. Les russes seraient-ils moins psychorigides que les français ? smiley

                        Cordialement,
                        Morpheus


                      • Le péripate Le péripate 14 avril 2013 11:58

                        Détruire la monnaie fait toujours partie des rêveries nihilistes des collectivistes. Lénine s’y était employé entre 17 et 23, avec pour résultat.... bon la réalité n’est pas belle, évacuons-là....quelques millions de morts, une bagatelle.


                        D’ailleurs la monnaie est une invention si humaine que les hommes la recréent tout le temps même quand ils en sont privés. Ainsi dans les camps de prisonniers n’importe quoi fait monnaie, généralement les cigarettes.

                        Vouloir priver les hommes de la monnaie est criminel.

                        • Morpheus Morpheus 14 avril 2013 12:34

                          Merci Le péripate, de confirmer ce que je démontre en prenant l’exemple de la réinvention de la monnaie dans les camps de prisonniers ou les prisons, afin de gérer LA PÉNURIE.

                          Juste un détail : le projet que je propose ne vise précisément pas à gérer la pénurie, mais à générer l’abondance POUR TOUS.

                          Bon dimanche ensoleillé smiley
                          Morpheus


                        • Le péripate Le péripate 14 avril 2013 19:01

                          Ah... proposez alors si ça vous chante. Tant que vous ne vous n’exercez aucune contrainte. Ce dont je doute.


                        • Morpheus Morpheus 14 avril 2013 19:27

                          Contraindre irait à l’encontre même de l’esprit d’un tel projet, donc non, il ne s’agit pas d’imposer cette solution à nos problèmes.

                          Le doute, c’est très bien, ça permet de garder l’esprit critique, encore faut-il que ça ne vous enferme pas dans vos certitudes et vos craintes.

                          Cordialement,
                          Morpheus


                        • alinea Alinea 14 avril 2013 12:18

                          On pourrait dite de la monnaie ce que vous dîtes de la science : ce n’est pas la chose qui est nuisible mais l’usage qu’on en fait. Tout cela implique une telle évolution de l’humain qu’il est difficile d’en faire l’impasse.
                          Moi, l’idée me plait ; réfléchir dans ce sens peut nous permettre de mettre au clair ces mentalités justement, et c’est déjà pas mal.
                          Penser au joyeux « bordel » que ça serait si ce mode de partage était mis en place, du jour au lendemain !
                          Néanmoins, dans une économie de seconde zone, beaucoup de gens vivent de la sorte : échanges, de services, de compétence, de force physique ou de talent. Je vis un peu comme ça et j’ai pas mal d’exemples à donner. ( un dentiste qui se fait payer en photos ; du bois contre la garde d’un cheval ; quelques heures de travail contre un savoir ; une terre contre l’entretient de celle-ci,etc.)
                          Je n’ai pas le cerveau assez grand pour imaginer la planète entière sur ce mode ; mais votre article m’a plu qui me donnera l’occasion d’y rêver !


                          • Morpheus Morpheus 14 avril 2013 12:31

                            J’ai réfléchis à ce que vous dites. Je me suis dis aussi, un temps, que l’argent n’était qu’un outil. Mais ma conclusion a été différente. Non, l’argent n’est pas un outil neutre (comme la science), mais un outil qui contient, en lui-même (intrinsèquement) le vice de la pénurie. Pourquoi ? Une raison simple : la valeur d’un produit dépend de sa rareté ; plus un objet est rare, plus il a de valeur (relative), plus il est abondant, moins il a de valeur (relative). S’il pleuvait de la poussière d’or pendant une journée, compte tenu de la valeur que l’on accorde à l’or, nous nous précipiterions tous pour en amasser le plus possible, nous remplirions nos tiroirs à vêtement et jetterions ceux-ci. Mais s’il se mettait à pleuvoir des paillettes d’or pendant des semaines, nous jetterions cette saloperie qui nous empoisonne et nous encombre, car il y en aurait trop ...

                            Un petit lien pour te permettre d’approfondir la question (si tu veux) :
                            - Critique de la modernité monétaire par Georg Simmel

                            Cordialement,
                            Morpheus


                          • Morpheus Morpheus 14 avril 2013 12:36

                            Un exemple concret de la puissance corruptrice de l’argent sur le comportement.

                            Dans le journal Le Soir (Belgique) du vendredi 23/11/2012, une brève en page 11 titre « Les Pirates allemands sont en train de couler ».

                            Après avoir créé la surprise aux élections de Berlin en 2011 avec 8,9%, les voilà à présent, depuis quelques mois, « la risée de la nation » (je cite l’article). En cause, une série de petits scandales et un manque d’expérience flagrant dans l’exercice de la politique. Outre la découverte dans leurs rangs d’un néonazi, on note l’affaire de Julia Schramm, qui a écrit le livre « Clique-moi ! » et a touché une avance sur ses droits d’auteur de 100.000 euros, et qui s’est empêtrée dans ses contradictions en dénonçant publiquement que des internautes téléchargeaient gratuitement son livre.

                            Or, elle avait auparavant déclaré que la propriété intellectuelle était « dégueulasse » et était d’avis que les films, la musique et les livres devaient être gratuits sur internet.

                            Visiblement, dès qu’elle a commencé à prendre du fric, cela a complètement changé sa perception des choses et modifié son comportement. On voit donc encore une fois à l’œuvre la puissance corruptrice de l’argent, qui va jusqu’à influencer l’idéologie des libertaires les plus radicaux. Tant qu’une personne est pauvre, elle peut être consciente de la corruption et des désastres engendrés par l’argent, mais dès que l’argent se met à devenir abondant, cela provoque comme un réflexe : on ne veut plus redevenir pauvre et on en veut encore plus. L’avidité et l’aversion pour la pauvreté se manifeste presque partout où l’argent déboule subitement dans la vie de personnes qui n’ont jamais eut la chance (?) d’en avoir. Les réflexes de partage et de solidarité avec les moins nantis disparaissent au profit de l’égoïsme et du « moi d’abord ».

                            Décidément, le pouvoir politique et l’argent font un sale cocktail, comme les drogues dures mélangées à l’alcool smiley

                            Morpheus


                          • alinea Alinea 14 avril 2013 14:16

                            Entièrement d’accord Morphéus ; moi-même je ne suis pas sûre que je ne serais pas contente d’avoir quelques liquidités contre les services que je rends, alors que je tâche de vivre mon idéal anarchiste depuis plus de trente ans : mais c’est parce que nous vivons dans ce monde, dont les valeurs sont celles qu’on connait. C’est pourquoi, une société sans argent ne pourra pas se décréter mais on peut imaginer - et aider- qu’elle évolue dans ce sens. Tous changements fondamentaux se font sur de longues périodes, qui dépassent la longueur d’une vie. On oublie un peu cela de nos jours, où on se croit très important, très puissant et où l’immédiateté, comme un sauve-qui-peut- ou comme une drogue- nous mène par la barbichette !
                            Je regarderai ce lien Morphéus, et merci

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