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Accueil du site > Actualités > Environnement > 35g de chips, le double de Co2

35g de chips, le double de Co2

C’était l’une des mesures du Grenelle de l’Environnement, mais elle tarde à être appliquée. En attendant, nos voisins européens prennent de l’avance sur l’étiquetage Co2 des produits de grande distribution.

Les Anglais en première ligne du développement durable ! C’est le groupe Tesco, un distributeur (le "Carrefour" local), qui a initié un nouveau type d’étiquette qui montre au consommateur, à côté du prix, l’étiquetage carbone des produits. Je vous en avais touché un mot il y a quelques mois au sujet des paquet de pâtes qui indiquaient les gaz à effet de serre émis lors de leur production. C’est donc une tendance qui se confirme, et elle nous vient des pays du Nord : Angleterre et Scandinavie. Ce sont donc près de 70 000 produits disponibles dans les magasins de cette chaîne qui disposeront d’un double étiquetage prix/empreinte écologique. Un paquet de chips de 35 grammes, par exemple, "coûte" 75 grammes de Co2. Et d’autres chaînes ont repris le concept, comme Boots (para-pharmacie) de manière volontaire. Faudra t-il légiferer en France pour que cela devienne obligatoire ?

Casino.jpgEt pourtant, c’est déjà fait ! Le Grenelle de l’Environnement contient cet étiquetage carbone, et Jean-Louis Borloo était également en faveur de ce système il y a un an et demi : "C’est une mesure sur laquelle on ne lâchera pas. D’ici deux à trois ans, plus de 90.000 références devront être étiquetées". Depuis, rien ou presque, en tout cas aucune généralisation de ces étiquettes, qui pourtant sont populaires : tout le monde a vu au moins une fois les étiquettes énergie, qui concernent non pas les émissions mais la consommation d’énergie (de la voiture ou de l’appareil éléctroménager concerné), et elles sont aisément compréhensibles. Quand c’est vert, c’est à peu près correct niveau pollution, quand c’est rouge, oubliez. On reconnaît également aux distributeurs certaines réticences à jouer vraiment le jeu de ce code de couleur : chez Casino par exemple, pas de rouge, mais du "vert foncé", pour ne pas culpabiliser les consommateurs (qui risqueraient surtout de ne pas acheter le produit !).

Le calcul de cette étiquette carbone prend en compte plusieurs étapes du cycle de vie du produit. L’emballage est noté à part, ensuite on trouve le taux de recyclage du paquet, et enfin le transport, qui généralement pèse lourd dans la balance écolo du produit, car cela se compte souvent en milliers de kilomètres !

A titre d’exemple, voici quelques "empreintes carbones" de produits de consommation :

  • 8kg de Co2 pour un sapin artificiel (voir mon comparatif sur les sapins)
  • 75g pour un paquet de chips de 35g
  • 200g pour 100g de muffins
  • 225g pour 4 yaourts nature

Soit environ 2x plus de Co2 que de poids du produit. Et encore, cet étiquetage ne prend pas en compte d’autres facteurs impactant au niveau de l’écologie de ces produits, comme les pesticides utilisés ou la quantité d’eau consommée (6 000 litres pour un kilo de porc, à titre d’exemple).

En attendant ce nouvel étiquetage, vous pouvez toujours regarder l’origine des produits sur les paquets ou sur les ardoises dans la partie fruits et légumes, cela vous donnera déjà une bonne idée du nombre de kilomètres parcourus.

Luc, Consommaction

 


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4 réactions à cet article    


  • cybitnap cybitnap 26 janvier 2009 20:55
    C’est un peu délicat comme mesure je trouve.

    J’aime bien ce système d’etiquette mais l’appliquer à la nourriture, je ne suis pas convaincu.
    Ca ne donne plus envi de manger ou de consommer. Et la consommation sera la clé pour sortir de la crise. 

    Le paquet de Chips de 35g qui rejette le double en carbone...

    Se dire que le pot de yaourt qu’on a devant soit a fait 9 000 km entre le transport pour les fruits, celui du lait et celui du plastique,

    Ca va devenir compliqué de faire ses courses. Va-t-on devoir trouver un équilibre entre le prix (prix au kilo bien sûr), les valeurs energetiques (vais-je prendre la soupe à la tomate à 85 kcal les 100cl ou celui aux légumes à 98 kcal) et le bilan carbone ?

    • Traroth Traroth 27 janvier 2009 11:52

      La consommation comme moteur économique, c’est exactement le coeur du problème environnemental...


    • lucdelporte lucdelporte 27 janvier 2009 08:25

      C’est effectivement délicat, mais il faut à mon avis sortir d’un système où justement, on ne se pose pas la question de la provenance, du transport, du coût ’’externe" du produit...
      et puis si ça peut faire revenir quelques centaines d’emplois en France, pourquoi pas ?
      Luc.


      • Salade Salade 27 janvier 2009 11:09

        J’ai l’impression que l’engouement sur le CO² permet à tout le système économique, politique mais aussi citoyen (dans ce dernier cas, surtout si on y ajoute le tri sélectif) de se dédouaner de l’ensemble du sujet de la pollution.

        Pourquoi pas une étiquette indiquant plus généralement :

        - le poids consommé dans la production des matières premières jusqu’au produit fini, de produits chimiques dont l’impact sur la santé (environnement) est néfaste ou non étudié,

        - le nombre d’arbres / tonnes de pétrole nécessaires à la confection des multiples emballages pour une tonne de produit fini,

        - le nombre d’années avant la destruction des déchèts nucléaires qui ont servi à fabriquer l’électricité "écologique" (comme le disent les producteurs) nécessaire à la production / transport / conservation / ...

        - le volume d’autres polluants émis sur toute la chaîne (maintenant que l’on sait calculer pour le CO², on doit pouvoir le faire pour pas mal d’autres gaz)

        - Etc .... ?

        Je ne nie pas le problème du CO².
        Mais le produit pourri fabriqué près de chez moi ne me semble écologiquement plus satisfaisant que le produit pourri fabriqué loin de chez moi qu’à très court terme !
        Des constructeurs automobiles osent dire dans des publicités, validées par le BVP, qu’ils fabriquent des "véhicules verts" parce que leur taux d’émission de CO² est inférieur à X g au km !
        C’est un intéressant exemple de la dérive liée à cette CO²mania (ou plutôt CO²phobie) !

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