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Accueil du site > Actualités > Environnement > Alerte sur la pollinisation

Alerte sur la pollinisation

On savait notre planète malade. Confirmant l’ampleur de la dégradation de notre environnement, un nouveau clignotant vient de s’allumer. Une étude publiée le 21 juillet dans la prestigieuse revue Science confirme une importante diminution des populations d’insectes pollinisateurs sur une grande partie du globe. Rien d’anecdotique, on estime à 80% les plantes terrestres fécondées par ces insectes, le reste l’étant par le vent.

Cette situation nous rappelle que la vie sur terre est particulièrement fragile et que par un jeu de domino, certains faits peuvent avoir des incidences complexes et majeures.

Les affaires du "Gaucho" et du "Régent" avaient révélé au grand public les effets désastreux que peuvent avoir certains insecticides sur les populations d’abeilles.

L’étude des universitaires britanniques J. Biesmijer et W. Kunin atteste, qu’au-delà des abeilles sauvages, d’autres populations d’insectes pollinisateurs connaissent une diminution importante. Les scientifiques suspectent un lien de cause à effet entre cette diminution des populations et le déclin des plantes pollinisées, et ne cachent pas leurs inquiétudes sur un phénomène qui pourrait déclencher une cascade d’extinctions locales de plantes.

Deux grandes causes peuvent être avancées pour expliquer cette situation. La diminution de la biodiversité végétale d’une part, essentiellement liée à l’agriculture intensive qui tend à priver de nourriture les insectes (diminution des talus, arbustes et "mauvaises herbes").

L’utilisation à grande échelle des insecticides d’autre part. Avec le recul, on s’aperçoit que nombre de doses ou de molécules autorisées présentent des effets pervers importants. Insuffisantes pour tuer les insectes (les abeilles en particulier), elles perturbent suffisamment leur comportement pour empêcher leur reproduction.

Tout l’enjeu, à court terme, consistera, outre la création de jachères fleuries, véritables oasis pour les insectes, à adopter des critères d’homologation des molécules beaucoup plus protecteurs pour l’environnement. La balle est donc dans le camp de l’Union Européenne, seule institution capable d’imposer de nouvelles normes aux grandes multinationales de l’agrochimie.


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32 réactions à cet article    


  • vinz (---.---.129.132) 25 juillet 2006 13:18

    je ne pense pas que l’union européene puisse ni même ne veuille imposer quoi que ce soit aux grandes multinationales !


    • romG romG 25 juillet 2006 13:46

      Bonjour monsieur Moreigne,

      Ce constat est peut-être le signe avant-coureur d’une catastrophe d’ordre écologique, qu’il nous est encore (peut-être) possible d’éviter ... Ce genre de phénomène doit en tout cas nous faire prendre conscience que la dégradation de l’environnement n’est pas linéaire, et qu’il pourrait y avoir des phénomènes de seuils. « Si l’abeille venait à disparaître, l’homme n’aurait plus que quelques années à vivre », prophétisait Einstein ...

      Sur le cas des abeilles, je vous invite à consulter le site de la Cité des Sciences.

      Cordialement.


      • Zamenhof (---.---.124.57) 25 juillet 2006 19:06

        J’ai déjà lu la citation et je crois que ce n’est pas d’Einstein mais de Jean Rostand.


      • romG romG 25 juillet 2006 19:15

        Ah bon, pourtant le WWF, le site Sauvons les abeilles et celui de la Cité des Sciences assure que c’est bien de monsieur Albert. Désinformation de masse ?

        Je préfère penser que cette citation soit d’un grand scientifique plutôt que d’un auteur dramatique (quoi que ...).


      • (---.---.162.225) 25 juillet 2006 21:31

        l’auteur dramatique est edmond rostand


      • gem (---.---.117.249) 26 juillet 2006 13:00

        oui, certes, mais c’est bien de son fils, Jean , dont on parle.

        Pas impossible que Einstein est repris un mot de Jean Rostand, ils se sont rencontrés.

        De toute façon ça n’a pas grande importance.


      • bourriquette (---.---.7.106) 25 juillet 2006 14:40

        il est vrai comme vous le soulignez que l’anthropisation récente a fait beaucoup de mal à la nature : remembrement , suppression des talus et des haies ... , mais aussi l’utilisation systématique des insecticides et surtout à des concentrations excessives , un peu de parcimonie ne ferait pas de mal en la matière , revenir à un peu de bon sens paysan et à une agriculture raisonnée serait salutaire pour la planète mais c’est sûr que le bon sens face au lobbying industriel des multinationales ne pèse pas lourd ; je pense par contre que l’UE a certes un role à jouer mais que c’esr un peu David contre Goliath et que c’est surtout aux EU de prendre des décisions courageuses et de imposer de nouvelles normes au reste du monde , pour une fois ça changerait un peu !!...


        • Gnole (---.---.192.187) 25 juillet 2006 15:27

          J’attendrai confirmation de l’étude dans un journal sérieux... Science et ses scoop en mauvais soufflé (qui s’effondrent d’eux même) on connais...

          Les effets anthropiques sur les équilibres naturels sont complexes et ce qui est observé à un endroit ne peut être transposé globalement.

          Maintenant il y a un sérieux problème et si cette étude peux ouvrir les yeux de certains ce n’est pas plus mal.


          • romG romG 25 juillet 2006 16:57

            Bonjour Gnole,

            L’information est aussi reprise par Le Monde, et j’imagine qu’ils ont vérifiés les sources de Science (j’espère du moins). Toujours est-il qu’il s’agit d’une enquête menée par Jacobus Biesmeijer et William Kunin (université de Leeds, au Royaume-Uni) et une équipe de chercheurs britanniques, allemands et néerlandais. Par ailleurs, pour Guy Rodet, entomologiste à l’Institut national de la recherche agricole (INRA) d’Avignon (département santé des plantes et environnement), cet article est important car « c’est le premier à mettre scientifiquement en évidence le déclin des insectes pollinisateurs. Et cela avec un grand nombre de données et sur une longue échelle de temps. »

            Cordialement.


          • jac71 (---.---.177.130) 25 juillet 2006 18:27

            j ai 62a.Je constate en effet que tout à bien changé.Cela me fait peur.J ai toujours vécu à la campagne et quand je ferme les yeux pour revoir ce qui existait autrefois autour de moi je suis très inquièt pour mes enfants et petits enfants.Je fais ce que je peux à mon niveau pour ralentir le phénomème mais à mon avis il est déjà trop tard.Cependant,pour me donner bonne conscience,je jardine sans trop d’engrais,sans aucun desherbant,ni pesticide.Je garde précieusement l’essaim d’abeilles qui s’est installé dans un conduit de cheminée de ma maison.Il est difficile d’accès et irrécupérable.Seul sa destruction pourrait m’en débarasser et je ne peux m’y résoudre.


            • jako (---.---.231.94) 25 juillet 2006 18:29

              bonsoir cette été sur ma région je note qu’il y a très peu d’insectes volants et même d’oiseaux et j’ai vu plusieurs fois des abeilles rentrer dans la maison pour y mourir sans raison apparente


              • romG romG 25 juillet 2006 19:23

                Chers Jako et Jac71,

                Vos observations sont corroborées par des études scientifiques très sérieuses menées depuis de nombreuses années dans de nombreux pays (et dans le nôtre mais depuis peu à un niveau national).

                Je vous invite à aller voir l’excellente initiative d’Hubert Reeves, Bidiversité2007.

                Ce qui est certain, c’est que l’enjeu ne doit pas être ignoré des prochaines échéances électorales alors que les politiques passent un peu trop rapidement sur la question (pas assez vendeur, trop loin dans le temps (sic), ...). A nous d’agir et d’interpeler les élus et futurs candidats !

                Cordialement.


              • jako (---.---.231.94) 25 juillet 2006 19:27

                j’ai cependant la crainte qu’un adolphos ou un conservatoire ne soient d’un avis contraire (humour...)


              • Zamenhof (---.---.124.57) 25 juillet 2006 19:13

                Argument de plus en faveur de l’agriculture biologique.


                • mathieu (---.---.188.187) 25 juillet 2006 19:18

                  allons allons, soyez attentif vous avez des yeux non ? vous vouslez une preuve autre que les ecrits ? et bien c’est simple regarder dehors,il y a bcp une disparition de plus de 80 %, servez vous de vos 2 yeux. Au pire si vous rentrez tres tard le soir et bien regarder les lampadaires vous remarquerez qu’il n’y a plus d’insectes volant tournant autour, ou si vous etes en vacances regardé par miracle les mouches ont pratiquement disparu, vous aimer regarder le sol et bien vous verrez que les fourmis ont enormement diminuer. serves vous de vos 5 sens pour une fois, sa evite tout discours


                  • jako (---.---.231.94) 25 juillet 2006 19:22

                    exactement , surtout que la disparition des oiseaux en angleterre est avérée et cel est lié probablement avec celle des insectes (petit benéfice pour la planète cette année je n’utilise pas de bombes insecticides...)


                  • romG romG 25 juillet 2006 19:31

                    Attention Mathieu, vous réfléchissez en personne raisonnable ! Certes, la diminution de la biodiversité et de l’abondance des espèces est flagrante ... pour des yeux ouverts, observateurs et intéressés. La grande (et trop silencieuse) majorité n’en a probablement que faire (et tant mieux s’il y a moins de mouches !) et, surtout, ne se rend pas compte des conséquences extrêment graves.

                    Alors certes une petite observation vaut mieux qu’un long discours, mais des études scientifiques sont plus que nécessaires pour emporter l’adhésion (notamment des politiques). Le problème, c’est qu’elles nécessitent pas mal d’années d’observation, donc de crédits ...

                    Cordialement.


                  • mathieu (---.---.188.187) 25 juillet 2006 19:57

                    Se phenomene a commencer il y a 2 ans, intrigué je me suis renseigné, et les informations qui m’ont ete fourni c’est que le sol européen degageai une quantité enorme de co2 une premiere, plus de 500 millions de tonnes de co2, alors que l’homme en emet 1 milliards de tonnes, et sa uniquement en europe. Je fait confiance a mon instinct. Je peut prendre exemple sur meteo france incapable de prevenir de cette ete pourtant je me doutai que cette été serai terriblement chaud simplement a regarder l’hiver que je trouvai sec et anormal, pourtant ces genies de meteo france avec tous les super calculateurs ont ete incapable. C’est la le probleme que je denonce, nos anciens pouvai prevoir la saison prochaine avec exactitude grace a leurs capacités de regarder le monde qui les entoure, les gens d’aujourd’hui ne se fient que derriere des machines. Il faut se fier a son jugement d’observation et ensuite le comparé aux autres humains haibtant sur la planete. Un exemple simple mettez un verre graduer rempli d’eau tous les matins a une certaine heure et relever le taux d’evaporation le soir, demander a a quelques milliers d’individues sur la planete de le faite tous les jours et comparé les resultats années par années, c’est bien plus fiable que n’importe qu’elle ordinateur car la c’est du concret, et sa va vous surprendre mais c’est la methode utiliser depuis 100 ans et aujourd’hui toujours utilisé.


                    • jako (---.---.231.94) 25 juillet 2006 20:06

                      je suis d’accord avec vous pour une chose, météo france possède le centre informatique le plus puissant avec Total, Elf et EADS et tout cela pour rien


                    • cultilandes (---.---.130.179) 7 août 2006 23:53

                      Je propose de :
                      - supprimer Météo France, le CNRS et autres scientifiques pour les remplacer par Mathieu qui est plus fort que tous, et nous reviendra moins cher.
                      - nommer Mathieu, tant qu’à faire, Ministre de l’Orthographe !


                    • locknic (---.---.55.253) 26 juillet 2006 10:47

                      Le problème avec votre instinct est qu’il ne pourra jamais rien prouvé. La rigueur scientifique impose d’employer des méthodes qui soient comprise de la communauté et validable par cette dernière. Votre instinct ne peut être inscrit sur le papier en temps que protocole... (la terre est platte : conclusion instinctive !) Et si les anciens (qui ?) pouvaient prévoir la saison suivante, nul doute qu’ils auraient échappés aux famines ! Enfin je suis impatient que votre instinct me donne le temps qu’il fera en janvier prochain... Mais écrivez donc dans un livre ce que votre instinct vous raconte pour la prochaine année, et ce pour chaque mois, en pourquoi pas en fonction des signes astrologiques aussi...


                      • Yohann (---.---.224.241) 26 juillet 2006 10:52

                        Attention de ne pas tout mélanger dans cet article.

                        Si la diminution du nombre d’insectes pollinisateurs est un fait indéniable et préoccupant, ses causes ne sont pas aussi binaires que vous semblez le dire, au moins à l’échelle du territoire national.

                        Concernant les ’affaires Gaucho et Regent’ que vous citez et « l’usage à grande échelle des pesticides », précisons que malgré un arrêt total de l’utilisation de ces deux molécules (gaucho et fipronil) sur le territoire français depuis 2004, la mortalité des abeilles continue. Aujourd’hui, les scientifiques s’accordent sur les causes multifactorielles de la disparition des abeilles :

                        Dans le désordre il faudrait également citer :

                        - l’agriculture intensive et la réduction de la biodiversité (que vous citez)

                        - les mauvaises pratiques agricoles (notamment utilisation des produits phytosanitaires à des doses non recommandées).

                        - l’intensification des pratiques apicoles : la sélection et l’importation d’abeilles plus productives mais moins résistantes, corrélées à la recrudescence de virus au niveau des ruchers (varoa), la transhumance des ruches etc...

                        Précisons enfin qu’aujourd’hui en France l’homologation de nouvelles molécules est sous étroite surveillance et très stricte et qu’il faut de nombreuses années de tests et d’expérimentations (écotoxicologiques) avant de pouvoir sortir un nouveau produit.

                        Attention de ne pas tomber dans la facilité d’interprétation et d’accusation sur un sujet aussi complexe.

                        Si vous souhaitez compléter votre lecture sur ce sujet :

                        http://www.lefigaro.fr/sciences/20060721.FIG000000081_abeilles_et_plantes_a _fleurs_unies_pour_le_pire.html

                        http://www.actualites-news-environnement.com/20060722-abeilles-plantes-fleurs-declin-einstein.php

                        http://fr.wikipedia.org/wiki/Gaucho

                        http://fr.wikipedia.org/wiki/Fipronil

                        http://www.observatoire-pesticides.gouv.fr/


                        • Plus Robert que Redford (---.---.177.252) 26 juillet 2006 11:41

                          Varroa Jacobsoni n’est pas un virus, mais un parasite externe de la classe des Acariens, les mêmes bestioles qui ne sont traitées efficacement chez l’abeille que par le... Fipronil !


                        • Yohann (---.---.224.241) 26 juillet 2006 12:04

                          Effectivement il s’agit d’un acarien. Mes excuses pour l’erreur smiley

                          http://fr.wikipedia.org/wiki/Varroa


                        • pierrot (---.---.23.48) 2 août 2006 14:43

                          L’alerte concernant les risques de diminution de la pollinisation est sérieuse.

                          Par contre l’accusation de la responsabilité du « Gaucho » n’est pas établie. En effet le Gaucho est interdit dans de nombreux pays européens dont la France. Depuis cette interdiction la situation n’a pas évolué favorablement. Il faut dire qu’actuellement nous ignorons les causes de la mort subite de certaines abeilles en Europe (maladies virales ? autres ?).

                          Bien cordialement.


                          • Pierre (---.---.68.214) 3 août 2006 08:44

                            A propos des affaires régent et gaucho, à ma connaissance aucune étude scientifique ne met directement en cause ces insecticides dans la mortalité des abeilles. Il ne faut pas oublier non plus que ces produits doivent être correctement utilisés. En plus, les abeilles qui n’avaient que du tournesol à butiner, juste quelques années avant la mise sur le marché de ces produits, se sont tellement affaiblies (pas assez d’éléments nutritifs) qu’elles sont bien évidemment mortes ! D’où surmortalités..... C’est trop facile de toujours accuser l’agriculture et pas les pratiques apicoles !


                            • Elise (---.---.68.214) 3 août 2006 09:00

                              Je voudrais dire que c’est quand même grâce à l’agriculture que nous mangeons !! Non ? Je ne comprends pas cet acharnement sur l’agriculture ! Ce n’est tout de même pas à l’agriculteur de cultiver des champs pour nourrir les abeilles ? Est-ce que ce n’est pas plutôt aux apiculteurs de gérer leurs transhumances pour nourrir leurs abeilles ?

                              Merci Bonne journée Elise L.


                              • DCo (---.---.68.214) 3 août 2006 16:19

                                Moi, je pense que grâce aux pesticides, on a des beaux jardins et on a à manger ! J’ai lu qu’il y avait une recrudescence d’insectes parce qu’on ne peut plus utiliser le gaucho et le régent pour les cultures en France, là, c’est la catastrophe !! En plus, ces produits d’enrobages sont moins toxiques pour l’utilisateur que les autres et ils ont une action bien plus ciblées puisqu’ils entourent la graine...et ne vont pas ailleurs. En plus, c’est un problème strictement franco-français !!! Les autres pays commercialisent ces produits ? Ce n’est pas étrange ?


                                • Jean-Louis (---.---.68.214) 4 août 2006 09:57

                                  Quand vous dites que les doses de molécules sont « insuffisantes pour tuer les insectes (les abeilles en particulier), elles perturbent suffisamment leur comportement pour empêcher leur reproduction », sur quelles bases vous appuyez-vous ? Avez-vous connaissance de l’identification, pour la première fois en Europe (étude scientifique en Espagne voir Santé de l’abeille n°210) en décembre 2005 du parasite Nosema ceranae (parasite protozoaire intestinal) chez nos abeilles, Apis mellifera ? Les abeilles atteintes par cette maladie reproduisent exactement les symptômes décrits par les apiculteurs qui accusent, encore, le gaucho et le régent d’être responsable de la décimation des abeilles, sauf que là, c’est scientifiquement prouvé ! Une publication dans Journal of Invertebrate Pathology devrait bientôt sortir. Jusqu’ici, les chercheurs n’avaient jamais pensé à chercher ce parasite car normalement il est retrouvé uniquement chez les abeilles d’Asie (Apis ceranae) depuis qu’il a été identifié en 1996.

                                  Ce parasite exotique a donc été importé chez nous tout comme le Varroa, de façon frauduleuse, probablement. D’après les premières analyses, il s’avère que les abeilles françaises en sont infestées, ce qui expliquerait en partie le phénomène de dépérissement des ruchers. En plus, il faut maintenant être bien convaincu que les mortalités sont dues à de multiples facteurs qui combinés affaiblissent les abeilles. Il ne s’agit pas d’un seul coupable ! Ou même de deux coupables...

                                  Bonnes vacances !


                                  • daniel (---.---.190.25) 12 septembre 2006 13:26

                                    A propos de nosema céranae voir la publication de l’équipe de Mariono Higes dans le Jounal of Invertebrate pathologie http://www.spmf.fr/enligne/higes_2006_nosemaceranae.swf

                                    Noséma ceranae a été diagnostiqué dans plusieurs ruchers francais par le laboratoire de pathologie apicole du Centre Apicole Régional de la Consejeria de Agricultura de Castilla -la Mancha (Espagne ) equipe de Mariano Higes Le travail a été conduit en collaboration avec l’Unité Pathologie de l’Abeille de l’AFSSA


                                  • Daniel (---.---.66.62) 9 janvier 2007 11:41

                                    http://www.apitrack.com/informaciontecnica/higesnoscemaceranae122006_es_ope n.htm

                                    Traduction : Raymond Borneck (Ancien Directeur de l’ITAPI)

                                    LE DEPEUPLEMENT DES RUCHES EN Espagne L’origine d’ une hypothèse. M.Higes*, R.Martin*, M.E.Garrido-Bailon*, J.L. Bernal*,M.J.Nozal***,R.Mayo***, A.Sanz*, P.Garcia -Palencia**,A.Meana**.

                                    * Centre Apicole Régional. Direction Générale de la Production de l’ Elevage du Conseil de l’ Agriculture. Assemblée des Communautés de Castilla de la Mancha.

                                    **Département de la Santé Animale. Faculté Vétérinaire. Université Alcala de Henarès de Madrid

                                    *** Département de Chimie Analytique. Faculté des Sciences. Université de Valladolid.

                                    La détection de Nosema ceranae par notre équipe d’ investigation sur les colonies d’ abeilles affectées de dépeuplement n’ a pas été un fait accidentel mais le couronnement de 6 années de travail d’ investigation et de l’ analyse de plus de 8000 échantillons d’ abeilles tant d’ Espagne que de différents pays voisins.

                                    * Le syndrome de dépeuplement des ruches

                                    Ce qui est actuellement connu comme ‘’ le syndrome de dépeuplement des ruches’’ n’ est pas un phénomène nouveau,bien que dans les deux dernières années il se soit manifesté de manière plus évidente et plus généralisée sur tout le territoire national. Notre équipe de travail a identifié la présence d’ un plus grand nombre d’ abeilles avec des spores de Nosema de taille légèrement plu petite qu’ habituellement, dans les premières années du nouveau siècle, au moment où , probablement, le parasite Nosema ceranae a pu arriver dans notre pays.

                                    Dans les années 2003 et 2004 le syndrome de dépeuplement s’est manifesté de façon évidente durant l’ automne et l’ hiver, période où se produit la majorité des pertes dans les ruches. Néanmoins, durant 2005 et 2006, ce phénomène a été détecté tout au long de l’ année , y compris en été, époque à laquelle le dépeuplement ne se manifeste pas dans le cadre de nosémoses dues à Nosema apis. Le seul indice en relation avec la disparition des abeilles sans qu’on les trouve mortes autour des ruches est une diminutions progressive de miel et de pollen causée par la perte de population des abeilles.Il est moins fréquent d’ apprécier la mortalité de celles là dans les ruches que de constater un net manque de vigueur. Durant l’évolution de ce processus il est courant de voir apparaître des pathologies associées dans le couvain ,comme la loque américaine et l’ascosphérose. Notre équipe a commencé les recherches sur l’origine de ce syndrome à la fin de 1999. Mais ce n’ est qu’ à partir de 2003 que les investigations commencèrent à se diriger sur les espèces de Nosema comme agent causal de celui-là, étant donné les évidences scientifiques que nous avions alors obtenues.

                                    *Première hypothèse de travail : action toxique de pesticides

                                    La première ligne de recherche se rapporte à l’hypothèse incriminée par une grande partie du secteur ( à peu près la majorité en France ) dans laquelle la cause serait l’ action toxique de pesticides agricoles bien déterminés. Actuellement c’est la piste causale privilégiée .par le secteur apicole mais non par une grande partie du monde scientifique. Dans l es derniers six ans, nous avons étudié l’ action possible de certains pesticides à usage agricole comme l’imidaclopride (Gaucho) et le fipronil (Regent) utilisés dans le traitement des semences de Tournesol et leur relation avec le dépeuplement des ruches. A cet égard les éclaircissements qui en résultent ont été exposés dans les données présentées lors de la « Seconde Conférence Européenne d’ Apidologie « qui s’ est tenue à Prague, en Septembre 2006.. Quelques uns des travaux présentés à cette occasion confirment scientifiquement que l’ utilisation, en condition de champ de semences de tournesol avec un traitement standard d’ imidaclopride ne détermine pas un risque réel pour les abeilles. Dans d’ autres conditions ce produit est toxique pour les abeilles mais pas dans la relation abeille/tournesol. Quant au fipronil, dans le Congrès cité plus haut ,on trouve des travaux réalisés en condition de laboratoire ou de semi-terrain on y conclut à un potentiel toxique élevé sur les abeilles pour cette molécule bien que cette toxicité n’ ait pas été démontrée en conditions de terrain.

                                    En Espagne, l’ imidaclopride continue a ne pas être autorisée pour le traitement des semences de tournesol. Il est important de signaler que les analyses réalisées par notre équipe entre 1999 et 2001 , tant sur des semences de tournesol que sur du pollen de tournesol,d’ abeilles et de miel provenant de ruches situées dans différentes plantations de tournesol de Castilla de la Mancha n’ont pas mis en évidence cette molécule ou un quelconque de ses métabolites au delà des limites de détection des méthodes d’ analyse employées de l’ ordre du ppb.

                                    En ce qui concerne le fipronil, la situation est différente.

                                    Au jour d’aujourd’hui, cette substance, si elle est autorisée pour le traitement des semences de tournesol, a été utilisée pour la première fois en Espagne en 2004. Cette année là, n’ont reçu de semences traitées au fipronil que 5% du nombre d’ hectares semés en tournesol dans trois de nos provinces seulement. En 2005 et 2006, la situation est similaire. Donc dans le cas où ce pesticide aurait trouvé la possibilité d’affecter les abeilles par l’intermédiaire du tournesol, les problèmes se seraient localisés dans des zones plus concrètes et pour cette raison il ne peut être rendu responsable d’ un problème généralisé à toute l’ Espagne. Durant l’été de 2005 et 2006 nous avons mené à bien une étude de terrain complète sur les répercussions possibles que peuvent avoir sur les colonies d’abeilles les cultures de tournesol issues de semences traitées au fipronil.Dans tous les ruchers étudiés nous n’avons pas trouvé de problèmes toxicologiques aigus ,pas plus qu’ il n’ a été détecté de fipronil ni aucun de ses métabolites dans les échantillons étudiés à cette heure. Néanmoins, dans toutes les colonies d’ abeilles , on a relevé un parasitisme majeur de Nosema ceranae

                                    Quant à la présence d’ autres insecticides dans le pollen de réserve des ruches, nos données actuelles nous indiquent que ceux là ne sauraient être non plus les responsables d’ un problème généralisé tel qu’ il s’est produit dans nos ruches.

                                    * Seconde hypothèse de travail : agent infectieux ou parasite

                                    Les données sur une plus grande importance des agents infectieux et des parasites diagnostiqués dans les échantillons remis au laboratoire écartent le rôle etiologique des virus en raison du petit nombre d’abeilles qui ont donné un résultat positif a ces agents ;La varroose même quand on en élimine pas le rôle certain dans le syndrome n’en semble pas être l’ unique cause puisque le nombre des colonies affectées est maintenu au même niveau au fil des dernières années . L’augmentation progressive dans la détection des spores de Nosema chez les abeilles provenant des ruchers affectés par le syndrome est parfaitement évidente et c’ est dans cette ligne que se sont concentrées les études des dernières années. En juillet 2005 on détecte les premières séquences génétiques qui nous permettent de confirmer la présence de Nosema ceranae chez les abeilles mellifères espagnoles.. En septembre de la même année, se confirme son ample diffusion sur le territoire national qui n’était pas une trouvaille isolée mais que la totalité du territoire national était affectée et qu’on pouvait supposer que la diffusion de Nosema ceranae ne se limitait pas exclusivement à l’ Espagne mais que la logique voulait qu’elle affectât beaucoup d’ autres pays puisqu’ elle est originaire du même hôte et de la même région géographique que Varroa destructor .

                                    Actuellement , nos travaux d’ investigation appuient cette hypothèse et nos conclusions sont jusqu’ici les suivantes :

                                    * Notre équipe de travail a été la première en Europe à détecter la présence de Nosema ceranae parasitant Apis mellifera dans les ruches affectées par le dépeuplement.

                                    * Nous avons confirmé récemment que Nosema ceranae accomplit totalement son cycle de reproduction en moins de trois jours et présente une plus grande capacité pathogène que Nosema apis pour les abeilles mellifères, tuant celles-ci en peu de jours sans aucun symptôme préalable.

                                    * Les méthodes de diagnostic traditionnelles utilisées pour détecter la nosemose dans les ruches ( fondamentalement observation et décompte des spores) donnent des résultats peu fiables et ne permettent pas d’ évaluer l’ état sanitaire réel de la colonie d’ abeilles, ni le niveau de l’ infection ni, non plus, la relation de cette dernière avec les manifestations cliniques.

                                    * Nous avons détecté Nosema ceranea dans les abeilles d’ autres pays européens ce qui confirme qu’ il s’ agit d’ un problème généralisé, au moins dans l’ Union Européenne.Nos données semblent aussi indiquer que cette microsporidie était arrivée avant dans les pays plus orientaux faisant beaucoup plus récemment son entrée en Espagne ( probablement depuis l’ année 2000-2001)

                                    * Nosema ceranae présente chez Apis mellifera un tableau clinique caractéristique différent de celui présenté par Nosema apis et dont la principale manifestation est le dépeuplement, sans l’apparition d’ autres symptômes comme, par exemple, la diarrhée. Nosema ceranae est capable de provoquer le dépeuplement d’ une ruche à elle seule, en un temps variable(de quelques mois à plus d’ une année) temps qui peut se raccourcir en cas d’ association avec d’ autres agents etiologiques.

                                    * Actuellement, Nosema ceranae affecterait la moitié ou plus de 50% les ruches d’ Espagne.Dans quelques Communautés Autonomes cette estimation est supérieure à 80% ce qui suppose un risque sanitaire de première importance comparable dans ces zones au problème provoqué par la varroose

                                    * Nous n’avons pas de données qui permettent, à présent, d’ attribuer le dépeuplement à la présence d’ agro-toxiques étant donné que, dans les échantillons analysés jusqu’ à maintenant, ils ne sont pratiquement pas détectés.

                                    Remerciepments.

                                    Les travaux d’ investigation sur lesquels se basent les résultats qui ont été exposés ici ont été menés à bien grâce au financement de la Junte des Communautés de Castilla de la Mancha (projet 05-280/PA47, de l’Institut des Investigations Agraires( Projet RTA 2005-00152 et du Ministère de l’ Agriculture et de la Pèche et de l’Alimentation( Projet API06-009 ).


                                  • M.P. (---.---.68.214) 4 août 2006 14:39

                                    Je voudrais réagir sur les phénomènes multifactoriels. Il existe une étude menée par l’équipe scientifique d’Eric Haubruge (Université de Gembloux, Belgique) (voir le communiqué de presse du 13 juin 2006 : http://www.fsagx.ac.be/fac/fr/accueil/presse/20060613.communique.pdf) qui affirme qu’aucune étude ne permet d’incriminer un facteur de risque précis.

                                    Eric Haubruge et son équipe ont mis en évidence un état sanitaire désastreux des ruchers Belges ! Elle a démontré notamment, que le parasite Varroa destructor - parasite introduit en Europe à cause des importations frauduleuses d’abeilles exotiques et que l’on retrouve partout en France- joue un rôle important dans le dépérissement des abeilles, car non maîtrisé. Elle affirme également qu’il n’y a pas de relation entre la présence de pesticides à usage agricole et le dépérissement de l’abeille domestique. Elle indique d’ailleurs que les pesticides trouvés dans les ruchers sont ceux utilisés par les apiculteurs qui manquent cruellement de traitements autorisés et surtout de formations pour diagnostiquer ces maladies. Les chercheurs ont mis en évidence une corrélation entre le pourcentage de mortalité et le nombre d’acaricides d’usage apicole présents dans les ruchers !

                                    L’équipe s’oriente à présent sur l’étude des ressources alimentaires car on entend beaucoup parler de manque de nourriture (fleurs) et de biodiversité du fait de l’évolution des paysages. Elle va également accentuer ses recherches sur les résidus de pesticides - toutes sortes - dans les pollens, y compris imidaclopride (gaucho).

                                    Merci MP

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