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Amflora. Dangereuse et inutile

Le caractère anti-démocratique et dangereux de la décision de la Commission de l’UE présidée par M. Barroso est fortement critiquable. La pomme de terre transgénique Amflora présente des risques non mesurables (incertitudes) pour la santé et l’environnement. Elle est de surcroît inutile, car une alternative moins risquée présentant des caractéristiques similaires et mise au point par des méthodes de sélection conventionnelles existe.

Cette autorisation est la première depuis 1998, date de l’autorisation du maïs Mon810. Alors que ni les Etats membres, ni la majorité des consommateurs et des agriculteurs n’en veulent, l’imposition des OGM par cette Commission pro-OGM se fait sous prétexte « d’innovation responsable » comme annoncé par M. Barroso.
 
La pomme de terre transgénique Amflora (EH92-527-1) a été mise au point par l’entreprise allemande BASF voici 13 ans en utilisant des pratiques parmi les plus primitives de la modification génétique (utilisation d’un gène de résistance à un antibiotique comme gène marqueur). Elle a été modifiée par transgénèse afin de contenir plus d’amidon, sous forme d’amylopectine. L’amylopectine intéresse l’industrie pour la fabrication de textiles, béton ou papier. La culture est autorisée dans l’Union européenne à des fins industrielles et pour l’alimentation animale. Cette autorisation, extrêmement controversée, s’accompagne de trois autres pour l’importation de trois variétés de maïs génétiquement modifié : les variétés Mon863xMon810, Mon863xNk603 et Mon863xMon810xNk603.
 
Résistance à l’antibiotique kanamycine
La pomme de terre Amflora contient le gène nptII qui confère une résistance à l’antibiotique kanamycine. Alors que pour l’Agence Européenne de Sécurité des Aliments (AESA) ce gène ne pose pas de problème, les experts de l’OMS recommandent de ne pas utiliser cet antibiotique hors du champ médical. Ils considèrent qu’il importe de le préserver en limitant la possibilité de création de bactéries résistantes par la diffusion du gène nptII. Ici la question du transfert de résistance à des bactéries présentes dans le sol n’est pas résolue.
 
Contamination des filières alimentaires
Deux ans après la demande d’autorisation pour la culture et la transformation industrielle d’Amflora, BASF déposait une seconde demande, pour l’alimentation humaine et animale, car comme le souligne l’AESA dans son avis du 7 décembre 2005, « le pétitionnaire a conclu qu’il ne pouvait pas être exclu que cette pomme de terre transgénique et certains produits de transformation de l’amidon soient utilisés ou soient présents dans l’alimentation humaine ». Eh oui, nul besoin d’être agriculteur pour concevoir le fait que le ramassage de toutes les pommes de terre se trouvant dans le sol est impossible à l’heure de la récolte ! Reconnaissant donc que les filières de production et de transformation des plantes génétiquement modifiées (PGM) ne sont pas étanches, la proposition d’autorisation formulée par la Commission européenne sur le dossier concernait également l’alimentation humaine, mais, première dans l’histoire des autorisations, seulement en cas de présence fortuite ou techniquement inévitable, avec, dans ce cas, un plafond maximum de présence autorisée à 0,9% !
 
L’Amflora n’est pas nécessaire
En Allemagne, un projet mené par Emsland Group et Europlant a permis la mise au point, par des méthodes de sélection conventionnelles, d’une pomme de terre qui possède le même intérêt que la pomme de terre Amflora, à savoir une haute teneur en amylopectine. Cette nouvelle pomme de terre est donc une alternative moins risquée, car sans transgène, à la pomme de terre Amflora.
 
L’AESA, une agence frauduleuse ?
Cette décision est d’autant plus scandaleuse que les compétences et l’indépendance de l’AESA, sur laquelle la Commission s’appuie, sont fortement remises en cause par la communauté scientifique. En effet, les données fournies par les requérants ne permettent pas de conclure à l’innocuité des plantes génétiquement modifiées (PGM).
En ce qui concerne le MON810, plusieurs comités d’experts comme le Haut conseil pour les biotechnologies (HCB) en France ont montré que les décisions prises par l’AESA concernant le MON 810 n’étaient pas scientifiquement fondées, ce qui est très grave pour une commission d’experts. Ceci a conduit à des moratoires nationaux dans plusieurs pays alors même que l’UE autorisait les cultures. Qu’en est-il du dossier Amflora ? De plus, la Commission a récemment fermé les yeux sur le passage non autorisé de l’ancienne directrice du département OGM, Suzy Renkens, chez le groupe suisse Syngenta jusqu’à ce que le scandale éclate au grand jour. Ceci laisse planer le doute sur l’indépendance des experts. D’autant plus qu’aucun préavis défavorable sur une PGM n’a jamais été émis !
 
 

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5 réactions à cet article    


  • BisonHeureux BisonHeureux 5 mars 2010 11:08

    Les multinationales sont le cancer de la Terre !
    Belle analyse et synthèse de l’auteur !


    • Bobby Bobby 5 mars 2010 21:53

      Bonsoir,

      A jouer à l’apprenti-sorcier, l’homme moderne, industriel, sûr de lui et fort intelligent risque bien de se retrouver malade de ses trouvailles technico-pseudo-scientifiques... et d’en crever ! mais cela n’a pas beaucoup d’importance... il faut revenir de toute façon à un Malthusianisme plus énergique pour rétablir un certain équilibre que ses propres agissements a provoqué !

      Vous m’en voyez bien navré !


      • Crevette Crevette 5 mars 2010 22:11

        Tout à fait d’accord !
        La PDT est une plante (famille des solanacées, comme la tomate) vivace cultivée comme une annuelle chez nous.
        La nature nous donne tellement de diversité dans les variétés, que je ne vois effectivement pas pour quelle raison on aurait besoin d’une PDT OGM.

        Mais il manque un élément.

        @ l’auteur, vous dites :

        En Allemagne, un projet mené par Emsland Group et Europlant a permis la mise au point, par des méthodes de sélection conventionnelles, d’une pomme de terre qui possède le même intérêt que la pomme de terre Amflora, à savoir une haute teneur en amylopectine. Cette nouvelle pomme de terre est donc une alternative moins risquée, car sans transgène, à la pomme de terre Amflora.

        Quelle est le nom de la variété non OGM que vous citez ?
        Je tiens à préciser que je suis en cours de reconversion professionnelle vers l’arboriculture fruitière bio...

        @tout le monde

        ATTENTION ça revient par la porte de derrière.
        Comme les firmes ont bien compris que les gens ne veulent pas d’OGM, elles ont déjà commencé à lancer une nouvelle offensive : les variétés CMS. En Français, Stérilité Mâle Cytoplasmique.

        Pour le moment, ce sont des choux CMS, dont certains en bio.

        Le chous CMS résulte d’un croisement entre le radis chinois et le choux que vous connaissez.

        On a injecté le gène de la stérilité mâle du cadis chinois dans le cytoplasme de cellules de choux
        , tous deux de la famille des brassicacées.

        Le résultat est qu’on obtient des choux dont tous les pollens mâles sont stériles.
        Cela facilite grandement le travail de sélection et de croisement entre les plantes pour obtenir de nouvelles variétés puisque cette variété CMS a besoin de polinisateurs d’une autre variété non CMS pour faire des hybrides ou de nouvelles variétés. Ca permet de gagner énormément de temps pour la sélection, d’éviter de castrer les plantes comme le maïs, et ça interdit au paysan de garder des semences pour l’année suivante.
        Je sais que je m’explique mal, mais bon...)

        De meilleures définitions que la mienne :
        http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A2le-st%C3%A9rilit%C3%A9
        http://www.biobreizh.org/images/8/textecms.pdf
        http://www.amisdelaterre.org/Semences-CMS-la-sterilite-male.html

        Les firmes qui produisent ces semences disent que ce ne sont pas des OGM, puisqu’elles n(ont pas travaillé directement sur l’ADN.
        Elles disent aussi qu’elles ne franchissent plus la barrière des espèces puisque le choux et le radis sont de la même famille.
        Elles disent que ce genre de croisement a une chance sur 10 milliards de se produire dans la nature. Ce qui veut dire qu’ un paysan , pour faire une analogie, devrait tenter de croiser la PDT et la tomate tous les ans pendant 10 milliards d’années pour avoir une chance de réussir. Comme indiqué plus haut, la PDT et la tomate sont de la même famille, les solanacées, dont font partie aussi les aubergines, piments et poivrons.

        Vous voulez essayer ?

        Il y a des agriculteurs bio qui cultivent le choux CMS, parce que le CMS n’est pas interdit dans le cahier des charges. Il y a des semenciers qui le vendent sans le mentionner. Ce n’est pas non plus indiqué en magasin sur les étals de légumes.

        Dans la bio, le débat est en cours, pour savoir décider c’est acceptable ou pas, et beaucoup ne veulent pas des CMS, dont moi, même si ce n’est pas mon domaine, parce qu’après le choux, il y en aura d’autres.

        Voilà ce que je voulait dire, à vous de juger maintenant.


        • Crevette Crevette 5 mars 2010 22:16

          Heu désolé pour les fautes de français, c’est l’émotion et l’écran...


          • Pierrot Pierrot 6 mars 2010 09:34

            Bonjour,
            j’observe cependant que la Suède et d’autres pays nordiques souhaitent cultiver cette nouvelle variété de pommes de terre produisant plus d’amidon.
            la Suède a la réputation d’être un pays démocratique et très vigilent concernant les impacts écologiques et sanitaires.
            Ses experts scientifiques sont de bonne qualité.

            Je doute donc des arguments contraires de l’auteur, concernant la procédure anti démocratique et la dangeriosité.

            Mais chaque pays fera ce qui souhaitera et c’est bien ainsi.

            La France ne serait t-elle pas trop frileuse pour toute innovation ?

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Scorpine


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