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Après les abeilles, les hommes ?

« L’homme n’était pas destiné à faire partie d’un troupeau comme un animal domestique, mais d’une ruche comme les abeilles » écrivit un Emmanuel Kant admiratif devant le caractère industrieux et social de cet insecte qui ne cesse de fasciner les hommes. Ces derniers étant aussi trop heureux de pouvoir se délecter du fruit doré de son labeur. Cela fut ainsi depuis que l’homme apprit à s’approprier ce que la nature pouvait lui offrir de meilleur, exploitation qui par son avidité et son altération va le mener à moyen et long terme à le priver d’une situation qu’il pensait éternelle.

L’abeille attaquée sur tous les fronts

Car ce sympathique apidé vit des moments troubles et sombres pour son existence. Souffrant à la fois de menaces provenant de la main de mère nature comme de celle de l’homme, sa capacité de résistance depuis des millions d’années risquant d’être battue en brèche par la violence et l’ampleur de celles-ci.

Les chiffres sont dramatiquement effarants : en 10 ans, de 1995 à 2005, la production nationale de produits issus de l’apiculture a chuté de 30% obligeant 15 000 apiculteurs à cesser leur activité. Ces chiffres d’un écroulement vertigineux de l’activité apicole sont répertoriés sur tous les continents [1] et témoignent d’un bouleversement réel de l’environnement des abeilles.

La typologie desdites menaces est la suivante :

  • la varroase produite par un acarien, le varroa destructor
  • les prédateurs nouveaux comme l’espèce invasive du frelon asiatique importé en France par exemple
  • les pesticides et insecticides
  • l’uniformisation des cultures affaiblissant la biodiversité ainsi que l’ensilage à grande échelle
  • transhumances répétées des ruches

La question des organismes génétiquement modifiés est aussi posée et nécessite des études complémentaires.

Y a le feu à la ruche

Certains seraient enclins à se poser la question de savoir en quoi le fait d’être privé de miel pour ses tartines serait catastrophique pour l’Homme, d’autant que ce dernier a aussi à redouter leur dard ?

Tout simplement parce que l’abeille a une place déterminante au sein de l’agencement naturel de l’écosystème par le procédé dit de pollinisation. Le transport du pollen par ces insectes voyageurs participant en effet à la fécondation des fleurs, fruits et légumes (selon les chiffres avancés de façon récurrente cela concernerait 70% des cultures !).

Un monde sans abeilles nous condamnerait à terme à un monde maintenu artificiellement en vie avec des efforts colossaux (la Chine est déjà confrontée à ce problème massif, l’obligeant à recourir à la pollinisation manuelle). Il sonnerait surtout le glas d’un environnement sain comme varié. En somme le déclin des abeilles précèderait celui des hommes.

Res, non verba

Du 15 au 20 septembre vient de tenir à Montpellier le salon Apimondia (avec le slogan sonnant fort juste de « L’abeille sentinelle de l’environnement ») réunissant non seulement des acteurs professionnels du secteur de l’apiculture mais aussi et surtout des chercheurs de tous les continents appelés à la rescousse au chevet d’une abeille bien mal en point. Les premières conclusions qui se dégagent ne sont aucunement réjouissantes car le phénomène apparaît bien planétaire, et si l’on s’oriente vers une multiplicité des facteurs, l’intervention néfaste de l’Homme est attestée parmi celles-ci.

Il est indispensable de forcer les pouvoirs publics à prendre en charge ce dossier de première urgence car si les effets immédiats ne sont pas visibles, à long terme ils risquent de devenir irréversibles pour la biodiversité et le rendement des récoltes nécessaires à l’espèce humaine. Les politiques, plus souvent proches des frelons improductifs que des abeilles industrieuses peuvent encore prouver avoir une relative efficacité sur les affaires de leur temps en répondant positivement aux mesures préconisées pour sauver ce qui peut encore l’être.

[1] Article du Monde en date du 18/09/2009 :

Aux Etats-Unis, le taux de pertes a atteint 30 % à la sortie de l’hiver dernier. Le Canada a également perdu quasiment un tiers de ses populations d’abeilles. En Europe, les chiffres varient entre - 10 % et - 30 %. En France, l’enquête effectuée par le Centre national de développement apicole (CNDA) devrait aboutir à un chiffre compris entre 20 % et 25 %. Au Moyen-Orient, les mortalités atteignaient, en 2008, environ 20 % du cheptel en Jordanie et au Liban, et allaient de 22 % à 80 % selon les régions étudiées en Syrie et en Irak. Des surmortalités ont également eu lieu au Japon, en Argentine et au Brésil, mais elles n’ont pas été quantifiées

Crédit photo : Photobscure

par Yannick Harrel (son site) lundi 21 septembre 2009 - 20 réactions yahoo
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  • Par ZEN (xxx.xxx.xxx.185) 21 septembre 2009 10:29
    ZEN

    Alertez la planète !
    Opportun avertissement

    -"Insecte pollinisateur majeur, l’abeille est indispensable au fonctionnement des écosystèmes, à la biodiversité florale et faunistique et à l’agriculture.L’abeille s’avère également un indicateur biologique exceptionnel, une véritable sentinelle de la qualité de notre environnement."(B.R-M)___________________

    -Sans les insectes, rien ne marche. Ils sont la colonne vertébrale des écosystèmes terrestres. "Ce sont les grands oubliés du monde animal, déplore Marie-Pierre Chauzat, membre de l’équipe abeille de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa). Ils n’ont pas les grands yeux du panda, les belles plumes des oiseaux, la jolie fourrure des bébés phoques."
    __________________________________________________
    -
    "80 % des plantes ont absolument besoin des abeilles pour être fécondées, et sans elles, il n’y a plus de production de fruits ou de légumes possible. Rien qu’aux Etats-Unis, où le nombre de ruches en "vie" s’est effondré de 2,4 millions à 900, 90 plantes destinées à l’alimentation humaine sont exclusivement pollinisées par les butineuses, ce qui représente une valeur annuelle de 14 milliards de dollars".____________________________

    "Francesco Panella se remémore très bien le jour où il a découvert cinquante de ses plus belles ruches désertées par leurs occupantes. "C’était le 28 avril, raconte-t-il dans un excellent français ourlé d’accent italien. Cela faisait plusieurs jours que j’étais complètement débordé, je recevais sans cesse des appels de mes collègues." M. Panella est président du Syndicat des apiculteurs professionnels italiens. Ses interlocuteurs lui décrivent le même étrange phénomène. Les ruches, qui débordaient d’abeilles au sortir de l’hiver, se sont brutalement vidées...
  • Par Paul Muad Dib (xxx.xxx.xxx.2) 21 septembre 2009 10:52

    Salut a l’auteur, intéressant , même si personnellement je ne suis pas fasciné par les abeilles, comme je suppose les abeilles ne sont pas fascinées par l’humain..encore un constat négatif a notre charge....pollution, et autres causes humaines..l’abeille n’a pas besoin de l’humain, l’humain si ,.......
    vous parlez des politiques, ces misérables pantins arrogants, bouffis de leur suffisance et de leur auto admiration, je ne crois pas qu’ils aient des capacités autre que leur voracité a capter le travail commun , des gros bourdons comme vous dites..
    je fais le pari que sans l’homme cette planète se régénérait rapidement..decidemment a l’origine de chaque problème il y a l’humain qui ne vit pas avec la nature en se laissant guider par elle, mais vit en opposition contre la nature et contre ses congénères..
    que se passe t’il dans notre cerveau malade ? qu’est ce que cet ego ?,ce" moi -je" ,qui pille, vole, détruit, tue, affame ? qu’est ce que la peur ? quelles en sont les conséquences ?etc...
    l’humain n’essaye pas de savoir ce qui ne va pas en lui , ca impliquerait une remise en cause de ce qu’il est et de ses actions...a chaque problème il y a l’humain qui regarde le problème sans jamais le résoudre, alors des abeilles jusque au chômage ,tous les sujets nous ramènent a nous même et que faisons nous depuis des millénaires ??? paralysés par la peur de mourir que notre ego ne peut voir, car fonctionnant dans le connu de sa mémoire tel une unité centrale d’ordinateur , nous passons notre vie a fuir ce que nous sommes, des mortels, et cette fuite va du suicide personnel au suicide collectif a petit feu , ce que nous faisons...
    notre " je " est un outil de survie qui en tant que tel doit être utilise par une autre capacité humaine, que j’appellerais disons ,l’intelligence...nous fonctionnons stupidement en mode automatique , je trouve que c’est un désastre, l’abeille elle a un " programme de survie" plus limite , et ca fonctionne...
    je prétends que nous humains devons regarder intensément en nous même, pas avec notre ego ce qui est de l’analyse des mémoires diverses enregistrées, mais avec d’autres capacités, si on ne les découvre pas , les millénaires a venir seront la continuation des millénaires passes et leurs cortège d’horreur, les abeilles elles seront toujours la ,nous c’est pas sur ......

  • Par Fergus (xxx.xxx.xxx.136) 21 septembre 2009 10:15
    Fergus

    Excellent et nécessaire article. Bravo à l’auteur.
    Car on ne dira jamais assez à quel point les abeilles sont indispensables à la pollinisation et par conséquent à la survie de certaines espèces végétales, elles-mêmes indispensables à la survie de certaines espèces animales.

    Ce sont bel et bien les équilibres de nos écosystèmes qui sont menacés par cette surmortalité des abeilles, beaucoup plus inquiétante qu’il n’y paraît de prime abord. Nous devrions tous, sinon nous mobiliser pour cette cause, du moins en prendre conscience.

  • Par PAS GLOP PAS GLOP (xxx.xxx.xxx.216) 21 septembre 2009 11:37
    PAS GLOP PAS GLOP

    Bonjour
    JL vient de soulever une question qui mérite d’être approfondie." L’impact de la disparition des abeilles sur l’intérêt des plantes GM." Il est certain que celui qui contrôle l’alimentaire contrôle le monde. Monsanto est bien dans cette optique. Le fait que les espèces naturelles finissent par disparaitre faute de fécondation et donc de reproduction est une chose qui ne peut que les servir. 

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