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Accueil du site > Actualités > Environnement > Aurélia construit son propre domaine

Aurélia construit son propre domaine

Pendant un voyage à travers les lieux alternatifs, j'ai passé un mois dans une vallée des Pyrénées espagnole très singulière. Six villages sont en reconversion, chacun à leur manière, vous en serez plus sur le site des voyageurs en transition. Aurélia construit son propre domaine, une démarche solitaire à première vue, à première vue seulement.

J'ai débarqué le premier jour d'une fête de trois jours où des gens venus d'aussi loin que d'Angleterre avaient revêtu un costume des années 30 pour se fondre dans la thématique de l’événement. Difficile dans ce contexte où les affinités sont déjà créées de se faire une place dans la mêlée. Heureusement pour moi, Aurélia m'a tout de suite accueilli chaleureusement. Le premier soir, nous avons échangé longuement auprès du feu, grappillant frites et crêpes concoctées pour l'occasion par nos hôtes.


Bonne élève, elle ne voyait pourtant pas d'un bon oeil l'horizon du chemin qu'elle suivait. Partie à 17 ans de chez ses parents, elle avait laissé un mot leur expliquant qu'elle avait besoin d'une autre vie que celle à laquelle elle se destinait. En Australie, elle a appris à se débrouiller entre rencontres, Woofing et petits boulots. Pendant environ 3 ans, elle a principalement vécu et enrichi son savoir par son travail dans les fermes. Forte de cette expérience, elle est rentrée avec une maîtrise de l'anglais et la conviction qu'elle pouvait vivre une vie plus autonome, plus proche d'elle et loin des cadres habituels de la société. Pour continuer à « être vraie, libérée d'un conditionnement », elle a pris la route pour la France et y a passé plusieurs années. En plus du Français, toujours à travers des lieux en lien avec la terre, elle a acquis un savoir-faire dans le maraîchage, la médecine naturelle et un relationnel très ouvert.
 
Depuis un peu plus d'un an, elle s'est installée dans la vallée. D'abord à Uli-Alto, pour prendre connaissance des lieux. Un peu plus tard elle décide de créer son propre lieu. Plus exactement, un espace, car comme elle le dit, ce n'est pas chez elle, c'est pour tout le monde. Installée près de la rivière, elle construit sa cabane, entretient son potager et accueille volontiers les visiteurs.
Partout où Aurélia reste un peu,
elle construit un four en terre qu'elle laissera aux prochains.

Très réceptive aux autres, une vie en communauté est pour l'instant trop compliquée à gérer. Elle veut d'abord se connaître et à 26 ans, son travail n'est pas fini. Elle maintient son équilibre en préservant son intimité pour continuer d'explorer ce qu'elle est. A travers les autres elle progresse en poursuivant son objectif « travailler avec les gens émotionnellement » pour « réduire le cancer humain ». Solitaire, elle garde un lien fort avec les villages alentours et participe aux activités communes. Régulièrement, elle passe aussi à Uli quand l'envie d'être entourée lui prend. 
 
Aurélia m'a touché. Fragile car réceptive aux autres elle étonne par son audace. Compatissante, elle réfléchit beaucoup, d'autres diront même trop, sur les réactions des autres pour mieux les comprendre. Enfin, elle m'a rappellé l'enfance non par une naïveté mais par son authenticité qui s'est affirmée au fil de ses années de liberté. Si un jour vous allez dans la vallée, passez la voir, c'est revitalisant.
 
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1 réactions à cet article    


  • colza 6 septembre 2012 13:17

    Heureusement, il n’y a pas que des traders...

    Longue vie et bonne route à Aurélia et ceux qu’elle rencontre.

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