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Accueil du site > Actualités > Environnement > Biocarburants : la dette écologique

Biocarburants : la dette écologique

L’augmentation vertigineuse du prix du pétrole, et les perspectives de sa raréfaction prochaine ont poussé certains pays à développer la production de biocarburants à partir du palmier à huile, du soja, de la canne à sucre ou du maïs. Il en a résulté des défrichements nouveaux dans des écosystèmes déjà fortement sollicités comme la forêt tropicale humide Amazonienne, le Cerrado Brésilien, les forêts humides sur tourbières d’Asie du sud-est, ou même d’anciennes terres agricoles abandonnées.

 
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Le sol et la biomasse constituant les plus grands réservoirs de stockage du carbone, le défrichement provoque la libération de CO2, soit par brûlis soit par décomposition de la matière organique végétale par les microorganismes. Le défrichage entraîne donc une « dette en carbone » (CO2 émis à la suite du défrichage) qui n’est malheureusement pas pris en compte dans la réduction des émissions de gaz à effets de serre due aux remplacement des carburants fossiles par les biocarburants.


 Des chercheurs Américains (1) ont calculé le nombre d’années nécessaires à rembourser cette dette écologique (temps pendant lequel la production du biocarburant en remplacement des combustibles fossiles n’est d’aucun progrès quant à la réduction de l’émission des gaz à effets de serre).
 
Voici quelques chiffres qu’ils donnent :
 
-Culture du palmier à huile pour produire du biodièsel en remplacement de forêts humides sur tourbières en Asie du Sud-Est : 423 ans.
 
-Culture du soja pour produire du biodiésel en forêt tropicale humide Amazonienne, durée du remboursement de la dette écologique : 319 ans.
 
-Culture de la canne à sucre pour produire de l’éthanol sur le Cerrado Brésilien, durée de remboursement de la dette écologique : 17 ans.
 
-Culture du maïs pour produire de l’éthanol sur ancienne terre en friche aux Etats Unis, durée du remboursement de la dette écologique 48 ans.

 On constate que ces cultures destinées à produire un biocarburant, restent très contestables du point de vue écologique.

(1) J. Fargione et al., Science vol.319 pp. 1235 1237, 2008
 
 
Via le site BlogHardi

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3 réactions à cet article    


  • Stalker 3 août 2009 10:33

    L’étude qui est clairement résumée ici est intéressante, elle permet de voir précisément qu’à moyen terme, les biocarburants sont nuisibles.

    J’avais lu dans l’ouvrage « Points de rupture », consacré aux risques d’une évolution chaotique du climat et aux problèmes d’effets de seuil irrémédiables, un chapitre entier consacré au puits de carbone immense et méconnu que constitue l’Indonésie, qui est menacé par la culture du palmier à huile.

    Lors des grands incendies en Indonésie en 1998, dus à El Nino, il y avait eu un dégagement massif de CO2 dans l’atmosphère terrestre, environ 1 millard de tonnes de carbone provenant de cette région.

    J’aimerais savoir, si la dette écologique est moins importante dans le Cerrado, c’est que les sols sont plus minces et moins chargés en carbone, mais peut-on me dire à quoi ressemble cette région ?


    • Lisa SION 2 Lisa SION 2 3 août 2009 10:46

      Bonjour, vous pourriez écrire « bio » carburants, ou agrocarburant,

      Bruler des forêts pour produire des végétables pour produire du carburant pour produire l’énergie pour alimenter des tracteurs agricole qui cultivent des céréales pour alimenter des animaux pour qu’on les mange, ce n’est pas la solution la plus simple et la plus courte, mais c’est celle qui garantit le plus grands nombres de facteurs participant et d’intermédiaires à taxer. Et puis, 423 ans, 319 ans, ça c’est durable !

      Pourquoi discute-t-on encore sur les solutions diverses ? Parce que l’on interdit la seule, efficace, locale, et durable, la seule formule qui répond vraiment à cette dénomination :

      http://www.agoravox.fr/actualites/environnement/article/grenelle-de-l-environnement-59009


      • Bill Grodé 3 août 2009 11:27

        On peut aussi réfléchir au lobby qui encourage les campagnes contre les agrocarburants...
        Ne serait-ce pas les exportateurs de pétrole ?
        Il est toujours bon de savoir pour qui on roule.

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