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Accueil du site > Actualités > Environnement > Biodiversité : les éleveurs français, les ours et les ministères

Biodiversité : les éleveurs français, les ours et les ministères

Écœurés par un nouveau massacre de brebis, les éleveurs ont de nouveau manifesté pour demander le retrait des plantigrades pyrénéens. Les ministères ont-ils agi de manière coordonnée pour créer des conditions qui permettraient la cohabitation de l’ours et de l’homme ?

Une centaine d’éleveurs se sont rassemblés le 10 juillet devant la préfecture des Hautes-Pyrénées à Tarbes pour protester contre la réintroduction des ours dans le massif pyrénéen.

Le ministère de l’Ecologie et le ministère de l’Agriculture gèrent-t-ils de façon satisfaisante la sauvegarde en France de la faune sauvage, y compris la sauvegarde des grands fauves, tels que l’ours brun et le loup ? Ces ministère agissent-ils de manière coordonnée ?

Les ours ont été presque exterminés en France.

L’habitat actuel de l’ours en France est limité au massif pyrénéen. Il y a actuellement 20 ours en France dont 5 sont des ours slovènes introduits dans les Pyrénées au cours de la dernière décennie.

Il serait pertinent de comparer les situations en Slovénie et en France.

Il y a entre 450 et 550 ours bruns en Slovénie. Bien entendu ces ours ne sont pas dans les zoos mais vivent librement dans les forêts.

On compte en Slovénie en moyenne, en un an, autant de chasseurs accidentellement tués par des chasseurs (2 tués lors des chasses) que de citoyens tués en cinquante ans par les ours (les deux dernières attaques mortelles datent de 1987 et de 1969). Les maladies transmises par les tiques causent en Slovénie en quelques années davantage de cas de mort et d’invalidité parmi les citoyens slovènes que les ours en cent ans.

La Slovénie a 2 millions d’habitants. La surface de la Slovénie est de 20 273 km2, ce qui est équivalent à la surface des régions françaises pyrénéennes où l’on tente de réintroduire l’ours.

On constate donc qu’il y a en Slovénie 25 fois plus d’ours qu’en France.

En comparaison avec le comportement des Français, on imagine que la population slovène vit dans une terreur extrême et que les éleveurs manifestent en permanence contre l’ours. Pas du tout. Les seuls qui manifestent sont les écologistes, lorsque le ministère slovène accorde l’autorisation pour l’abattage des ours en surnombre, car la population des ours a tendance à progresser.

Pourquoi il n’y a pas en Slovénie 25 fois plus de manifestations contre les ours qu’en France ? La question de l’attitude des humains envers les ours est-elle liée à celle des indemnités accordées aux éleveurs en cas de pertes causées par l’ours : sont-elles plus avantageuses en Slovénie qu’en France ? La question est-elle liée au choix plus pertinent des lieux d’implantation des élevages ?

Il est intéressant de noter que la Slovénie abrite également environ 200 loups - dans la nature et pas dans les zoos - qui ont en 2006 attaqué 46 animaux domestiques. Les questions concernant les ours peuvent aussi être posées concernant les loups.

La Slovénie, sur son petit territoire, arrive à gérer une grande population de fauves.

Alors que la France n’arrive pas a créer les conditions permettant la survie d’un nombre symbolique d’ours...

Pourquoi ?


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6 réactions à cet article    


  • porat 17 juillet 2007 12:51

    La solution est connu,il s’agit de protéger les troupeaux,ce que le ministère de l’agriculture devrait promouvoir,en collaboration avec le ministère de l’écologie.Ensuite cessons de rembourser les pertes sur des troupeaux non protégés de manière à responsabiliser les éleveurs et à favoriser l’emploi de bergers.


    • Rayves 17 juillet 2007 14:05

      De bonnes questions en effet. La réponse n’est-elle pas dans la notion que nous donnons au lieu « territoire » ?

      Un territoire, dans ce cas un parc naturel, est-il la propriété de ceux qui y vivent ? Si la réponse est oui, il ne faut pas s’étonner que ce territoire devienne pour eux un espace à exploiter (chasse, cueillette, élevage ...) vouant la faune naturelle, devenue gênante, à l’extermination. Dans le cas contraire, de même que le Louvre ou les châteaux de la Loire, c’est un patrimoine national à protéger pour les générations futures.

      C’est cette incompréhension, liée à la puissance des lobbys (chasse notamment) et au manque de sensibilisation à la protection de l’environnement, qui crée la situation que nous connaissons actuellement.


      • Philippe VIGNEAU 17 juillet 2007 14:21

        les mentalites sont en train d’evoluer petit a petit (chez certains ce n’est pas encore tres visible) mais dans l’ensemble on va vers la protection des betes en estives... ce qui parait absolument evident quand on voit combien un mouton est adapte a la montagne... en tout cas content de voir que cette tradition de moins de 50 ans de laisser ses betes divaguer en montagne sans gardiennage est en train de disparaitre...

        de plus le patrimoine pyrenneen y est largement gagnant avec le renouveau des magnifiques bergers des Pyrenees, chiens de garde qui etaient tombes en desuetude complete...) et le retour des non moins magnifiques bergers !... en effet ce sont des emplois qui sont directement crees par les (enormes) subsides ramenes par l’ours... inutile, je l’espere, de rappeller aussi que le gardiennage des betes est un sacre gain pour les eleveurs : si l’on supprime une partie des betes qui se perdent en divaguant, qui chutent dans des apics, les betes qui vont mourrir piteusement dans des cours d’eau a cause de la douve ou autres (le froid des cours d’eau les calment en attendant la mort), ou les betes qui meurent d’un panari infecte, sans parler des degats causes par les chiens des touristes, au total c’est vraiment tout benef !...

        au final, en lachant quelques primes en plus le probleme devrait etre facilement resolu, car les eleveurs ne sont pas idiots et savent tres bien qu’ils ne peuvent pas se priver de l’ours...


        • Gandalf Tzecoatl 18 juillet 2007 11:16

          cloture + mouton - ours = économie qui tourne.


          • Bof 20 juillet 2007 15:22

            Je propose que l’auteur si généreux avec les sous des autres laisse la totalité de ce qu’il gagne pour faciliter un peu le dur labeur de ces pauvres éleveurs.... Plus sérieusement, des espèces apparaissent et d’autres disparaissent dans la nature. Rien n’est fixe , tout est en équilibre et les zoo et les jardins botaniques si interessants intellectuellement ne pourront rien y faire. Les conservatoires ont une approche beaucoup plus fine et il est de leur devoir de tout faire pour tenter de préserver une disparition « utile » à la nature que la société polluante tend à éliminer . Des scientifiques ont été « désignés » responsables , et si on les laissaient travailler ? Ils ne disent pas grand chose sur le sort des ours dans le monde ,il est peut-être temps que la nature les remplace. Les espèces humaines ,animales et végétales qui ont disparues ne nous sont plus d’aucune utilité Mais, parfois, nous les regrettons , plus pour certaines plantes . S’il y a de l’argent à mettre ,il serait plus judicieux de l’utiliser de ce coté !!! A moins que le symbole de l’ours soit à préserver en France ?


            • stephanemot stephanemot 26 juillet 2007 16:13

              Nous devons pourtant parvenir à un nouvel équilibre.

              Les prédateurs tiennent un rôle essentiel de régulateurs. Depuis que nous les avons supprimés, nos reliefs ont évolué. Livrées à des monocultures pervasives et à des monoélevages extensifs, les terres s’apauvrissent, les forêts naturelles reculent, les montagnes ne retiennent plus rien. Parce qu’il arrache les moindres pousses, le mouton s’avère parfois plus dangereux que l’ours.

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