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Accueil du site > Actualités > Environnement > C’est bien bio tout ça mais… je me casse !

C’est bien bio tout ça mais… je me casse !

Sortie d'un cours de gestion où les questions fusent quant à ma place dans cette formation en maraichage bio, est-ce ça que je veux ? non.

Lorsque j'étais sur les routes, je croyais que l'argent était le frein aux sédentarisations qui se posaient devant moi, c'est pour ça que je suis partie à la pêche aux sous. Avant de reprendre cette vie studieuse, j'avais compris que le problème n'était pas là. Je fuyais mes envies car c'était plus simple, car j'étais fatigué. J'ai croisé du monde pendant ces moments de doutes, comme d'habitude, discuter m'a aidé. Merci à tous, vous qui discutez.

C'est en allant vers une vie de nomade et de liberté que j'ai pu me réconcilier avec moi, avec les autres. Il fallait peut-être que je me pousse dans mes retranchements pour vraiment l'accepter.

Me voila reparti sur les routes, en nomade affirmé cette fois !

Les aliments bio sont présentés comme des solutions doubles. D'un côté manger sain, c'est à dire ingérer une nourriture exempte des résidus dangereux d'une production industrielle. De l'autre, la prétention de contribuer à l'essor d'une agriculture durable, respectueuse de l'environnement et pourvoyeuse de bio diversité.
De la production en passant par la distribution pour finir à l'assiette, les raisons de douter des promesses estampillées de labels s'accumulent.
L'idéologie originelle de l'agriculture biologique semble avoir le vent en poupe et les problématiques qu'elle soulevait en passe d'être résolues. En portant un autre regard sur cette filière en plein essor, le tableau est moins glorieux.

Des tracteurs, du plastique et une accumulation de moyens

Dans une formation pour devenir Maraicher Bio, au premier cours d'un module, on nous projette le dessin d'un tracteur pour ouvrir le diaporama. Au deuxième cours de travaux pratiques de nous calculons la quantité de poudre de bactéries tueuses de chenilles que nous diluerons dans le pulvérisateur. Dans les serres, des plants livrés en cagettes sont posés dans les trous prédécoupés de la bâches plastiques. Les plants arrivent en petites mottes d'un terreau souvent issu de l'extraction de terres de tourbières. Les bâches, c'est pour recouvrir le sol afin de contrer la prolifération des « mauvaises herbes ».
Régulièrement, du savon noir et d'autres produits certifiés bio sont appliqués pour lutter contre ce qu'on appelle ici aussi des nuisibles. Dans les exploitations modernes, le tracteurs est roi. De multiples outils (Décompacteurs, machine à bâcher, arracheuses à pommes de terre, broyeurs...) y sont attelés pour accomplir vite et « proprement » les travaux des champs. Il est plus commode de disposer de plusieurs tracteurs, souvent deux qui se complètent essentiellement par leurs différences de poids et de puissance.
Pour rentabiliser ces investissements, la production doit pouvoir assurer à la fois, les revenus du chef d'exploitation et de ses salariés, et le remboursement des emprunts. C'est la course à l'argent où la taille d'une exploitation conditionne sa crédibilité et dans le même temps, sa dépendance à la mécanisation.
A l'instar de l'agriculture conventionnelle, les recettes sont celles d'une agriculture industrielle à la nuance près que les intrants ne sont pas issus de produits pétroliers ou gaziers. La nature doit être maitrisée, quitte à la détruire pour se faire une place.

Cultiver la terre avec un cheval, s'allier avec fleurs et insectes, jouer des associations de cultures sont des méthodes réservées aux petits jardiniers du dimanche, elles ont peu d’intérêt pour des exploitations modernes. Des exploitations et non des fermes.

Des camions, des calibres et du gaspillage

Avec 80 % de la population qui vit dans les villes, les zones de maraichages sont éloignées des zones de consommation. Les supermarchés écoulent la majorité des produits alimentaires et donnent le ton du marketing. Sur les marchés, les clients habitués aux légumes standardisés doivent s'y retrouver sur les étalage. Les légumes doivent être impeccables et comparables à ce que l'on trouve habituellement. Plus d'un maraicher est revenu sur ces petits délires de plantation de variétés anciennes aux formes bizarroïdes. Voir revenir son stock presque intact tandis que le revendeur d'à côté qui est allé faire le plein à Rungis parvient à peine à gérer la file d'attente d'acheteurs de ses légumes « pas chers », ça fait réfléchir.

En AMAP, on retrouve le même phénomènes. Préparer son marché revient à choisir les légumes qui répondent aux critères de sélection des clients. Les rebuts sont consommés par le producteur, refilés à quelques amis, donnés aux animaux ou simplement jetés par manque de temps pour une distribution alternative et non rémunératrice. Pour rattraper son retard, alors qu'elle perd des parts de marchés par endroits, la grande distribution propose aussi des produits bio. Plus conséquent, ce circuit de distribution est exigeant en quantité et en simplicité. Résultat, il est plus facile de commercer avec un producteur de l'autre bout de la France, voir d'Espagne ou de Hollande, capable d'assurer la livraison d'une tonne de salade à J+2. De telle quantité ne pouvant être livrée que par des structures de grandes tailles, pourvues de tracteurs buveurs de fioul et d'une main d'œuvre corvéable. Au prix du transport et malgré l'éco-taxe, il est toujours plus rentable de ne pas regarder au kilomètre parcouru.

Des tomates, des carottes, des courgettes... oui mais c'est bio !

Nous ne consommons qu'une infime partie de la totalité des végétaux et fruits comestibles. Rien que sur une France aux nombreux climats, les produits proposés sont les mêmes partout. A une échelle plus large, les rayons de légumes des supermarché de Paris, Madrid ou Berlin sont presque identiques. De même qu'en Lituanie, on assaisonne ses plats à l'huile d'Olive, on boit du thé à volonté en Angleterre et du café en France. Pourtant, la sauge, la verveine, la camomille, la chicorée... poussent facilement sous nos latitudes et leur vertus sont largement vantées dans nos cultures. Qu'il faille recréer les conditions climatiques de contrées exotiques grâce à des serres ou importer les grains de café par bateau, on ne mesure pas tout ce qui est déployé pour banaliser ce que sont ses luxes. Des luxes aux coûts financiers, écologiques et aussi pathologique. Saviez-vous qu'une huile de Colza favorise l'assimilation des rayons du soleils alors qu'une huile d'Olive aura l'effet inverse ? Curieusement, les oliviers se plaisent sur des terres très ensoleillées alors que les Colzas préfèrent un ensoleillement plus faible et plus diffus, comme ci les plantes apportaient les éléments pour bien vivre où elles se trouvent. Est-ce surprenant que les pays les plus modernes sont aussi les plus gros consommateurs de médicaments, médicaments fabriqués par les mêmes entreprises qui font la pluie et le beau temps de la diversité de nos assiettes.

Une agriculture biologique en cohérence avec notre environnement serait non seulement bénéfique à la nature mais aussi à notre santé. Au lieu de cela, les producteurs sont contraints aux absurdités de l'économie mondialisée pour pouvoir exister. Alors qu'elle pourrait être un levier de changement sociaux, écologiques, économiques, nous laissons l'agriculture biologique être patiemment adaptée et récupérée par les mêmes mécanismes qui nous mènent dans le murs aujourd'hui. Négligence, tromperie ou ignorance, c'est toujours nous qui choisissons au bout du compte. Pour ma part, c'est décidé, j'arrête cette formation en maraichage soi-disant biologique et vais me réentreprendre à suivre mes rêves !

 

C'est pas du vent - 09/11/2013 - 1 hectare pour nourrir 200 familles

(26:31)

 

 


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23 réactions à cet article    


  • alinea Alinea 13 novembre 2013 13:16

    Bien d’accord, le « label bio » est une foutaise, car « bio » ne veut pas dire écolo ! Je me suis laissé dire que les normes sont souples, aussi !
    Néanmoins, ceci est peut-être un moindre mal, mais moi aussi j’associe bio à écolo, à respect de l’environnement et à une lutte contre le rentabilité : des serres, immenses, gigantesques, même si elles abritent des cultures « bio », me donnent la nausée !
    Du reste, les légumes bio de ce genre d’industrie sont aussi mauvais au goût que les autres ! Le goût ? Juste la fraîcheur d’un légume et la terre dans laquelle il a poussé !!
    Donc, paysannerie familiale et proximité ! C’est pas gagné !!


    • alinea Alinea 13 novembre 2013 16:46

      Vous avez raison pour le vocabulaire Lyacon ! excuse ! escroquerie est le mot juste qui ne m’est pas venu ! récupération aussi, comme toujours


    • Bilou32 Bilou32 13 novembre 2013 16:24

      C’est pour tout çà que je ne me suis pas reconverti au bio... Le bio permet d’engraisser encore plus de contrôleurs, de cotiser davantage, bref d’avoir plus de charges et de contraintes pour un prix payé identique... Seul la vente directe permet de gagner plus, pour peu que l’on soit un peu commerçant, voir escroc. A la limite on peut presque faire du bio industriel, et en tout cas bio ne veut pas dire écologique, c’est particulièrement vrai pour les produits importés...


      • Graffias Graffias 13 novembre 2013 17:02

        Bonjour

        Merci pour votre témoignage. Sachez que même les petits producteurs qui se disent bio achètent leurs plants ou leurs graines auprès de semanciers sans se douter une seule seconde qu’ils sont ogm de base. Un vrai producteur bio est celui qui sème ses propres graines à la volée avec d’autres légumes, fleurs, plantes aromatiques et qui laisse la pluie et les abeilles faire le reste. Aucune formation il faut etre autodidacte et rejoindre une association locale. 
        Bonne production ! 


        • kéké02360 13 novembre 2013 19:46

          Pour lutter contre les pesticiculteurs, céréalkillers et autres cochonnericulteurs il n’y a pas d’autres moyens que l’alliance / consommateurs utilisant les circuits courts , produisant et achetant propre, vous pouvez refiler cette adresse aux producteurs et consommateurs de votre coin , c’est ici :

          http://www.mescarottes.com/ 

          si vous habitez les Ardennes vous avez encore mieux, tout vos produits bio ( commandés en ligne aux producteurs voisins ), livrés le même jour à la même heure au même endroit !!!!!!

          les Comptoirs bio, c’est ici :

          http://www.eco-territoires.fr/index.php?option=com_content&view=category&id=35&Itemid=68

          ou ici :

          http://www.comptoirspaysans.org/biocharleville 


          • Corinne Colas Corinne Colas 13 novembre 2013 20:25

            Superbe article ... et commentaires lucides !


            • Lila K Lila K 13 novembre 2013 22:49

               Oui, c’est vrai, l’agriculture labellisée bio n’est pas exempte de tout reproche. Néanmoins, j’aime à penser que chaque hectare bio est un hectare qui échappe aux griffes de Monsanto (Bayer, Syngenta, Pioneer Hi-Bred, etc)... 

               

              • Lila K Lila K 13 novembre 2013 22:59

                 


                (extrait) « ...la Commission européenne a demandé ce mercredi aux Etats de l’Union Européenne, dont la Belgique donc, d’autoriser la culture d’un 2ème maïs OGM en Europe. Si les 25 Etats ne parviennent pas à s’accorder pour l’interdire, ce qui était arrivé en 2009, la Commission l’imposera. [...]

                La Commission a saisi les ministres à la suite d’un jugement du tribunal de la Cour européenne de Justice. Dans un arrêt rendu le 26 septembre, celle-ci avait jugé que la Commission avait été trop lente dans la gestion d’une demande d’autorisation de mise en culture du maïs TC1507, déposée en mai 2001 par Pioneer, une filiale de l’américain DuPont de Nemours. « En application de cet arrêt, la Commission a réagi en transmettant la demande au Conseil des ministres, auxquels il appartient désormais de se prononcer à la majorité qualifiée (voir encadré) », a indiqué le commissaire à la Santé, Tonio Borg, lors d’un point de presse. »
                 
                 
                OGM : l’Europe doit arrêter de tourner en rond (publié le 13.11.2013 sur lemonde.fr)
                 
                (extrait) « En proposant aux Etats membres de l’Union européenne (UE), le 6 novembre, d’autoriser la culture du maïs transgénique TC1507 du groupe américain Pioneer, la Commission de Bruxelles et son président, José Manuel Barroso, ont jeté un joli pavé dans la mare. Car ce qui est en jeu n’est pas tant le sort de ce maïs secrétant un insecticide et tolérant à certains herbicides que la réforme du processus européen d’autorisation des organismes génétiquement modifiés (OGM), depuis plusieurs années dans l’impasse.
                 
                La Commission s’est saisie d’un jugement de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) pour mettre les Etats membres face à leurs responsabilités. La haute juridiction a exigé en effet, par une décision prise le 26 septembre, que Bruxelles traite la demande d’autorisation déposée par Pioneer en 2001 pour le TC1507, demande restée au point mort depuis 2009. Bruxelles menace donc aujourd’hui les Etats membres d’autoriser la culture de nouveaux OGM – à commencer par le maïs de Pioneer – s’ils ne mettent pas fin au blocage politique qui empêche la révision de la directive de 2001 définissant le processus d’autorisation. [...]
                 
                La mésentente entre la Commission, les Etats membres et le Parlement européen sur les OGM a conduit à une quasi-paralysie des institutions. « On est dans un système législatif absurde, où il n’y a jamais de majorité », estime l’eurodéputée Corinne Lepage. Il faudrait une majorité qualifiée (de quinze Etats représentant au moins 62 % de la population de l’UE) au Conseil européen de l’environnement du 13 décembre pour empêcher l’autorisation du maïs TC1507, ce qui est peu probable. Mais en cas d’autorisation, les Etats qui décideront de ne pas obtempérer sont à peu près certains d’échapper à toute sanction… faute de la même majorité qualifiée. [...] »
                 

                • Lila K Lila K 13 novembre 2013 23:03

                   

                  La Commission autorise la mise sur le marché de onze produits issus d’OGM (publié le 13.11.2013 sur actu-environnement.com)
                   
                  (extrait) « Trois décisions de la Commission européenne autorisant la mise sur le marché de dix produits contenant des organismes génétiquement modifiés (OGM) et du pollen produit à partir du maïs MON810 sont parues au Journal officiel de l’UE ce mercredi 13 novembre 2013. Ces décisions ont été prises par l’exécutif européen le 6 novembre dernier. [...]
                   
                  Autorisation du pollen issu du MON810
                   
                  La première décision autorise le pollen produit à partir du maïs MON810 de la société Monsanto pour l’alimentation humaine. L’Agence européenne de sécurité des aliments (Efsa) avait estimé en décembre 2012 que la modification génétique du MON 810 ne constituait pas un risque supplémentaire pour la santé.
                   
                  La question du miel contaminé par ce pollen autorisé serait juridiquement réglée à la condition de respecter les règles d’étiquetage.
                   
                  Dix plantes génétiquement modifiées autorisées
                   
                  Deux autres décisions autorisent la mise sur le marché de produits contenant des maïs génétiquement modifiés pour l’importation et l’alimentation humaine ou animale au bénéfice des sociétés Monsanto et Dow AgroSciences. La première concerne le maïs MON89034 X 1507 X MON88017 X 59122 et huit de ses sous-combinaisons. La deuxième porte sur le maïs MON89034 × 1507 × NK603, dit « maïs Smartstax ». »
                   


                  • alinea Alinea 14 novembre 2013 00:17

                    C’est une mise en bouche avant le GMT ! Quand je pense que nous devrions tous être vent debout, dans les rues de Bruxelles !!


                  • lionel 14 novembre 2013 08:09

                    Excellent article. 


                    C’est l’École d’Agrobiologie de Beaujeu qui fut précurseur dans l’enseignement de l’agrobiologie. Après plus d’une décennie d’un enseignement formidable, la « mafia » se débrouilla pour que cette école soit considérée comme une « secte » (sic !!!) et le Certificat de Spécialisation en Agrobio, qu’elle avait contribuer à créer, lui fut retiré. 

                    Adieu les enseignements traditionnels issus des philosophes de la nature, adieu enseignements spirituels, adieu Alchimie, biodynamie, enseignements de notions contradictoires pour développer l’esprit critique et le sens du réel, adieu danses folklorique, poésie, etc... La « mafia » se servit des modules techniques de notre école pour construire de bric et de broc un enseignement pragmatique en agriculture biologique à l’image de ce qui est décrit dans cet article.

                    Bonne route à l’auteur !!! 

                    Respect

                    • Stof Stof 14 novembre 2013 10:43

                      Mouai, un peu facile l’option du nomadisme (parasitaire, finalement).
                      Quand le système s’effondrera, des millions de gens prendront aussi l’option du nomadisme prédateur.
                      Planter des choux c’est plus compliqué.


                      • Corinne Colas Corinne Colas 14 novembre 2013 14:04
                        L’auteur, loin d’être un nomade prédateur ou parasite, apporte au contraire une réflexion de fond, une expérience de terrain qu’il présente à tous. Une contribution ne pouvant être traduite en CAC 40 mais pour autant soyez sûr qu’il ne désire pas votre grille-pain, vous piquer votre travail ou vos allocs... voire « vivre » sur votre dos déjà bien courbé !


                        Le nomadisme est prédateur ? Parasitaire ?? Elle est bien bonne celle-là !

                        Ah il manque le bon temps de Vichy ! Un petit cours d’histoire en accéléré :

                        Mais en fait, vous parliez du nomadisme pratiqué par les multinationales, ah pardon ! Oui celui-ci est en effet prédateur :



                        L’écart est grand entre le nomadisme pratiqué de façon ancestrale et le nomadisme fiscal si à la mode pour une nouvelle sorte de « Touareg » moderne en costume-cravate et attaché-case. Sans compter toutes les professions itinérantes, ex les mariniers qui apprécieront le concept « nomadisme = parasite » ! 

                        Plusieurs mondes coexistent. Il y a aussi des gens heureux ni Rom ni clochards qui font le choix du nomadisme. Ils ne sont pas des parasites Monsieur... Ils assument un autre mode de vie, ne vous envient pas parce qu’ils ne veulent rien de ce que vous possédez. Cela peut paraître inconcevable mais c’est ainsi ! 
                        Et en plus, ils ne vous demandent rien !

                        Chacun sa vie, chacun son destin... est-ce encore possible aujourd’hui ? 




                        • Stof Stof 17 novembre 2013 13:13

                          Oh bien sûr, on peut travailler honnêtement en étant nomade, ce n’est pas mon propos. On peut travailler comme saisonnier dans les fermes industrielles par exemple... smiley


                        • Gemini Gemini 14 novembre 2013 14:26

                          Il y a bio et bio, c’est certain. Et ce que vous décrivez est hélas symptomatique de cette tendance à la récupération du bio pour la grande distribution. C’est ce qui est très bien illustré et expliqué dans le livre « La bio : entre business et projet de société » de Philippe Bacqué, dont je vous recommande chaudement la lecture pour mieux comprendre ce qui est à l’œuvre.

                          Si je dois résumer : oui, le bio de grande surface, c’est de la grosse merde. C’est juste un peu moins pire que le conventionnel de grande surface.

                          Mais non, on ne peut mettre tous les agriculteurs bio dans le même panier. Il reste de vrais agriculteurs, qui font leur métier avec amour, et qui, surtout, prennent soin de leur écosystème. Il n’est d’ailleurs même pas forcément nécessaire d’être labellisé bio. À nous, consommateurs, de discuter avec eux et de les connaître, de les visiter, afin de trier le bon grain de l’ivraie, et ainsi de soutenir ceux qui s’engagent réellement.

                          Si personne n’achetait la merde des supermarchés, il n’y aurait pas ces problèmes. Les changements sociétaux doivent également venir des citoyens.


                          • Mmarvinbear Mmarvinbear 15 novembre 2013 01:23

                            Cultiver la terre avec un cheval, s’allier avec fleurs et insectes, jouer des associations de cultures sont des méthodes réservées aux petits jardiniers du dimanche, elles ont peu d’intérêt pour des exploitations modernes. Des exploitations et non des fermes.


                            Et pourquoi donc, hein ?

                            Parce que l’agriculture a un but : nourrir la population. Et on ne peut pas nourrir de la même façon une population de 130 personnes et de 130 000. 

                            Pour cela, il faut adapter la ferme afin de produire assez. On a alors deux options :

                            - pratiquer une agriculture intensive. Peu de terres en terme de surface sont utilisées.
                            Avantage : la population a sa nourriture.
                            Inconvénient : il faut assurer une continuité d’approvisionnement, même en dehors des périodes de croissance naturelle des plantes.

                            - pratiquer une agriculture extensive.
                            Avantage : renoncer au rendement maximum permet d’économiser sur les engrais et les pesticides.
                            Inconvénient : pour pallier au rendement faible, une plus grande surface doit être occupée pour les cultures. Cela implique de détruire des forêts et d’assécher des marécages. Pas très écolo au fond, non ?

                            On peut aussi renoncer à l’agriculture et revenir à la chasse et la cueillette mais vous tuerez au bas mot les deux tiers de votre population par malnutrition. Possible, mais gardez quelques Roms sous la main pour en faire vos boucs émissaires. Vous n’aimerez pas être à leur place.

                            Vraiment pas. 

                            • Gemini Gemini 15 novembre 2013 09:58

                              Mauvaise analyse. Il a été démontré depuis longtemps que l’agriculture intensive ne pourra pas nourrir le monde, au contraire de l’agro-écologie, qui a même été mise en avant et reconnue par la FAO malgré la pression des lobbys de tout poil. Je vous invite à vous renseigner avant de proférer ce qui vous semblent être des évidences alors qu’elles sont fausses. Ce ne sont que des miroirs aux alouettes.


                            • Mmarvinbear Mmarvinbear 15 novembre 2013 13:07

                              Pour le moment, le monde mange plus à sa faim avec l’aide de l’agriculture intensive.


                              Comparez ce qui peut l’être, ok ? La France a une culture intensive et on mange à sa faim. Madagascar a une culture extensive et sans vouloir être offensant, c’est un pays de crève-la-faim.
                               
                              Pas parce que ce serait des incapables, mais parce que leurs récoltes et leurs rendements sont très souvent affectés par les conditions climatiques, les attaques de prédateurs, les maladies végétales. 

                              Tout comme notre agriculture bio du XVIIIè siècle et d’avant.

                              Il y a ensuite le problème de la pollution induite par les engrais et les pesticides mais je suis persuadé qu’ un juste milieu peut être trouvé, c’est une question de volonté et de remise en cause.

                            • Gemini Gemini 17 novembre 2013 07:15

                              Faites-moi plaisir, lisez ce fameux rapport de la FAO. Nous pourrions alors débattre sur des bases factuelles. Pas sur vos présupposés. Vous y apprendrez beaucoup de choses intéressantes, voir contre-intuitive, mais qui pourtant, une fois expliquées, sont effectivement du bon sens.

                              Si je reprends simplement votre exemple du pays « sous-développé » qui crève la faim, une bonne part de la responsabilité en incombe au fait que les paysans de ces pays sont incités à produire en priorité en vue de l’exportation plutôt que pour les besoins locaux, mais en plus, ceux-ci subissent la concurrence déloyale et subventionnée des agricultures européenne et états-unienne sur leurs propres « marchés » locaux. Le pays en question n’est alors plus auto-suffisant et au moindre retournement du marché sur les denrées que ce pays a choisi d’exporter, c’est la catastrophe. C’est ainsi que de nombreux pays qui étaient auparavant autonomes d’un point de vue alimentaires et ne connaissaient pas ou peu la faim, se sont retrouvés, avec ces « progrès », à manquer de nourriture à chaque retournement de tendances des « marchés ».


                            • lionel 17 novembre 2013 12:25

                              Gemini bonjour,


                              Ne perdez pas trop de temps avec l’ours machin, ça n’en vaut pas le peine... 

                              Bonne journée

                            • Mmarvinbear Mmarvinbear 18 novembre 2013 12:04

                              Faites-moi plaisir, lisez ce fameux rapport de la FAO. Nous pourrions alors débattre sur des bases factuelles. Pas sur vos présupposés. Vous y apprendrez beaucoup de choses intéressantes, voir contre-intuitive, mais qui pourtant, une fois expliquées, sont effectivement du bon sens.


                              Si vous êtes siiiiii intelligent, pourquoi ne précisez-vous pas que le risque de l’agroécologiqie est de voir diminuer la surface dévolue aux forêts et aux « autres types de sol », comme la savane, la toundra, les marécages qui ne sont pas, d’un prime abord, intéressants mais qui sont très important sur le plan écologique ?

                              De plus, les agrologues parlent en générale de façon globale en présentant par exemple une diminution de 1 % des surfaces forestières, afin de donner un chiffre acceptable par l’opinion, mais qui ne va pas refléter la réalité du terrain ?

                              Ce n’est pas de façon « globale » que la forêt va reculer, mais sur de grands espaces, en des points stratégiques, un peu comme ce que l’ Amazonie et l’ Indonésie sont en train de subir.

                              Quid des changements hydrographiques dans ces régions ? L’érosion qui va lessiver les sols autrefois fertiles, une moindre pluviométrie qui va mettre les prévisions en péril, l’ eutrophisation des rivages qui vont voir leurs deltas ensablés de façon massive ?

                              Je ne dis pas que le système actuel est parfait, loin de là, il faut le réformer et changer les mentalités, oui.

                              Mais présenter l’agro-écologie comme étant un remède miracle ? Il est clair que toutes les conséquences n’ont pas encore été analysées correctement. 

                              Pour cette raison, ce serait une énorme connerie que de se lancer dedans sans réfléchir avant.

                            • Gemini Gemini 19 novembre 2013 10:01

                              Pour mieux illustrer ce que je tente d’expliquer, je propose un lien vers un article parlant du vol de terres par les riches dans les pays pauvres, une autre des raisons de la famine qui peut sévir dans ces pays.


                            • Danselo Danselo 18 novembre 2013 10:34

                              Le Bio semble prendre des défauts, c’est vrai, mais c’est un premier pas qui n’est pas négligeable ni méprisable. Si nous pouvions passer à une agriculture totalement ou principalement Bio (et c’est parfaitement possible, contrairement à ceux que certains veulent faire penser), nous éliminerions déjà quelques problèmes écologiques et sanitaires majeurs.

                              Une autre question pour qui veut asseoir son discours : qu’est-ce que je fais à mon niveau par rapport à mes idées ? Mangez-vous Bio-local-équitable ? La conscience de notre attitude pourrait être plus efficace que nos théories...

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