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Ça bouge pour l’éducation à l’environnement

Elle propose une nouvelle relation de l'homme avec la nature et développe la démocratie, depuis 40 ans l'éducation à l'environnement tâche de trouver son chemin pour émerger dans la société. En cette année 2013 une succession d'évènements laissent entrevoir que la porte s'ouvre enfin. Seule une mobilisation des citoyens peut pousser nos décideurs à oser un réel changement, ils en ont l'opportunité. Les leviers sont nombreux chacun d'entre nous peut agir.

L’éducation à l’environnement entre enfin dans le débat public au plus haut niveau. Le président de la République en a fait état dans son discours de la conférence environnementale de 2012 et le Premier Ministre aussi. Le 5 mars 2013, à l’ouverture des 3e Assises de l’EEDD (éducation à l'environnement et au développement durable) à Lyon, la Ministre de l’écologie a sans doute prononcée le discours le plus engagé que la République n’a jamais produit en matière d’éducation à l’environnement, allant jusqu'à parler d’une « grande cause nationale ». Si les services de l’Etat en charge d’écrire la loi sur la refondation de l’école sont passés à coté, les sénateurs en revanche ont assuré en produisant un amendement sur la question qui est voté aujourd’hui : l’EEDD est inscrite dans la loi, elle constitue désormais la onzième section des enseignements scolaires du code de l’éducation. Le décret de création du Conseil National de la Transition Ecologique (CNTE) en préparation prévoit de donner une place de membre associé à « Une association représentative des associations d’éducation à l’environnement » ce qui n’était pas le cas au CNDDGE (Comité National du Développement Durable et du Grenelle de l'Environnement).

Un défi pour l’éducation

Le 8 mars les Ministres de l’Education nationale et de l’Ecologie produisaient une lettre de mission à l’attention du recteur Jacques Moret pour « identifier les modalités nécessaires à une prise en compte plus importante des enjeux de la biodiversité par les enseignements … ». Maintenant c’est le Premier Ministre qui le 14 juin envoie une lettre de saisine au président du Conseil Economique Social et Environnemental (CESE). Il est rappelé dans cette lettre que « Le gouvernement fait de l’éducation et de la formation une priorité de son action », il dit que « l’éducation à l’environnement doit accompagner cette ambition… ». Dans ce courrier le Premier Ministre prend les troisièmes assises nationales de l’EEDD en référence, et y est exprimé le souhait d’un « cadre d’action cohérent et coordonné ». Seul regret, il est de taille, cela concerne uniquement « les actions éducatives (hors systèmes d’enseignement initiaux)… ». Dommage, comme pour le Grenelle, on fait de l’Education nationale une question à part, on lui laisse opérer ses petits changements entre soi. Ce n’est pas à la mesure des enjeux. Ce sont tous les acteurs réunis qui peuvent changer l’éducation et pas l’Education Nationale elle-même isolée, tout le monde le sait. Il y a 20 ans un chercheur allemand disait « l’éducation à l’environnement c’est une chance pour l’environnement et un défis pour l’éducation ». L’Histoire à montrer que l’environnement n’a pas bénéficié de cette chance et que les « Education nationale » dans pratiquement tous les pays ont été incapables de relever ce défi. Résultat la jeunesse connait les pires difficultés et l’environnement est dans un sale état et ça sur toute la planète.

Le projet éducatif dont le 21ème siècle à besoin

On est tous touchés par cette image de l’enfant émerveillé découvrant sa première marmotte au détour d’un sentier de montagne. On a envie que tous les enfants y aient droit, on sent qu’il y a là quelque chose de fondateur pour un être humain. Mais l’éducation à l’environnement ce n’est pas que ça, ce n’est pas que les enfants et la nature, c’est aussi un artisan qui touche son premier capteur solaire lors d’une formation, c’est aussi une maison de retraite qui passe au tri des déchets et crée son compost, c’est ce camion de livraison de boisson rue de la Convention à Paris qui arbore fièrement « premier véhicule électrique de la profession », ce sont aussi des collectivités qui passent au « zéro phyto » et qui mettent en place des formations pour ça… Enfin l’éducation à l’environnement ce sont aussi des citoyens qui se forment au débat participatif pour se préparer à jouer pleinement leur rôle dans le devenir de leurs territoires, ceux-ci vont du local au mondial. C’est de l’éducation à l’environnement de tous, partout et tout au long de la vie dont il est question. Cette éducation est une révolution copernicienne en cela qu’elle décentre l’être humain qui appartient au flot du vivant mais n’est ni au-dessus, ni au centre de la nature. L’Homme n’est maître de rien du tout et tout n’est pas séparé (désolé pour Descartes). L’Homme est de la nature et non dans la nature. Cette éducation est aussi un apprentissage de la participation citoyenne, elle émancipe, elle forge l’esprit critique, elle prépare chacun d’entre nous à exercer sa responsabilité au sein du corps social et du cadre de vie. La gouvernance est au cœur du sujet. Le mouvement de l’éducation à l’environnement est en train d’inventer le projet éducatif dont le 21ème siècle à besoin.

Des milliers d’acteurs mobilisés

Cela ne fait pas de doute les français souhaitent que l’éducation à l’environnement se développe. Plus de 6000 personnes se sont mobilisées pour les troisièmes assises de l’EEDD en 2012 et 2013. Ce sont 95 Assises en territoire qui ont apportées leur contribution à la réussite des Assises de Lyon (rassemblement national) qui se sont déroulées en mars. Parfois jusqu’a 250 participants ont échangés entre eux lors d’assises régionales (150 pour le simple département des Vosges)…A Lyon durant trois jours 1200 personnes se sont impliquées dans la réflexion collective pour dégager des propositions qui peuvent changer réellement les choses. Au plan international ce sont 1400 acteurs de 108 pays qui ont participé au septième congrès mondial à Marrakech (WEEC 7) ce mois de juin et ils se retrouveront à nouveau en juillet 2015 en Suède pour le WEEC 8. Le 4 mars lors de la première journée européenne de l’EEDD, 200 acteurs européens de 25 pays se penchaient sur le projet de création d’un réseau européen de l’EEDD.  

Et pourtant rien

Nuit de la chouette, jour de la nuit, fête de la nature, classes vertes, animation Rouletaboule ou Ricochets …tous nous connaissons ici où là des actions d’éducation à l’environnement qui existent, mais c’est éparse, c’est ponctuel, c’est très peu soutenu, c’est même tout à fait anodin eu égard aux enjeux. Incroyable comme les classes d’environnement ont disparues en 20 ans sans que personne ne s’en émeuve et réagisse. Il faut dire qu’en France pour tout ce qui concerne l’éducation à l’environnement on ne sait pas vraiment ce qui se passe. L’observatoire créé par Michel Ricard (chargé de mission par Jean-Pierre Raffarin Premier Ministre) en 2004 avec l’appui d’un nombre impressionnant de ministères n’a jamais rien produit et nous sommes toujours à la case départ. Qui dans notre pays pourrait dresser un bilan positif de la décennie de l’éducation au développement durable orchestrée par l’UNESCO depuis 2005 ? Qui en fait est au courant que nous sommes dans une décennie de l’EDD depuis 9 ans ? Les choses ne sont visiblement pas sérieusement prises en main, c’est aussi simple que cela. On pourrait se demander pourquoi, chacun peut y aller de son hypothèse, on préfère se demander comment en sortir tous ensemble par le haut, il y a urgence, il faut le faire.

Deux modes se rencontrent

A part des enseignants qui l’ont souvent très mal vécue, qui se souvient de l’opération l’école agit parachuté par l’Education nationale avec Nicolas Vanier en guest star ? C’est l’exemple type du projet descendant qui ne sait pas s’appuyer sur la réalité de l’EEDD qui est constituée dans les territoires de milliers d’acteurs des associations, des collectivités, services de l’Etat, profs dans les établissements, parents d’élèves, élèves eux-mêmes… Cela est derrière nous et c’est l’heure du faire ensemble. Nous devons l’essentiel des actions d’EEDD de ces quarante dernières années à l’esprit de responsabilité des acteurs dans les territoires. Aujourd’hui avec les Espaces Territoriaux de Concertation (ETC) le dialogue commence à se nouer vraiment entre l’Etat, les collectivités, les associations, les entreprises et les syndicats, des signes sont là dans les territoires et à l’échelle nationale, ce sont les modes ascendants et descendant qui se rencontrent et qui vont enfin permettre à tous ceux « qui font » de travailler de façon concerté. C’est par manque de dialogue et de concertation que végète l’EEDD, parlons en partout, aidons nos maires, élus des régions et des départements, députés, sénateurs, chefs d’entreprises, syndicalistes, responsables associatifs…ils seront à la conférence environnementale des 20 et 21 septembre, l’EEDD y est un des 5 sujets c’est une grande première, saisissons notre chance, aidons les 350 ou 400 délégués dès à présent à argumenter pour plus d’EEDD, nous en avons un urgent besoin pour la planète, pour la démocratie.

A suivre

RG

 


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