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Accueil du site > Actualités > Environnement > Carburants bio, CO2 bio, effet de serre bio ?

Carburants bio, CO2 bio, effet de serre bio ?

Les carburants « bio » (bio-esters, bio-éthanol...) ont le vent en poupe. Mais constituent-ils vraiment une réponse au problème de l’émission de ce gaz à effet de serre qu’est le dioxyde de carbone (CO2) ? Ou cet aspect bio n’est-il qu’une justification de façade pour une opération qui arrange bien tout le monde ?

Le gouvernement a récemment annoncé en grande pompe la mise en place d’un réseau de distribution de carburant dit E85, contenant 85% d’éthanol et 15% d’essence d’origine pétrolière. Beaucoup le félicitent pour cette grande avancée en faveur de l’environnement. Ces jours derniers, le président de la République a fait de grandes déclarations de principe dans un salon d’agriculture sur le futur développement des biocarburants.

Sur un plan plus général, des initiatives sont prises de toutes parts pour mettre en avant les carburants « alternatifs » d’origine biologique : bio-ester et bio-éthanol issus de la transformation de productions agricoles, bio-gas méthane issu de la fermentation de produits de cultures, bois de chauffage, etc. On parle ainsi de valorisation de la biomasse, qui arrange bien nos politiques, car cette nouvelle idée permettra de nouveaux débouchés à nos agricultures. L’Agence nationale de la recherche et le prochain programme cadre de recherches de l’Union européenne éditent des appels d’offres basés sur cette idée. Les laboratoires bruissent de tels programmes, qui apportent les fonds pilotant des recherches sur les bio-carburants.

Mais de quoi parle-t-on, au juste ?

Comme les produits bio sont à la mode, sans doute à juste titre dans l’alimentation, il paraît évident à tout le monde que les carburants bio vont dans le même sens. Voilà des carburants plus « naturels », donc plus sains... Certains parlent même d’exclure le dioxyde de carbone (CO2) d’origine biologique du contingent fixé par les maintenant célèbres Accords de Kyoto.

La raison pour laquelle Kyoto propose de limiter les émissions de dioxyde de carbone est connue. En un siècle, sa concentration dans l’air est passée de 0,028 à 0,038% dans l’atmosphère. Cette augmentation, dont la moitié au cours des trente dernières années, est corrélée à une augmentation moyenne de la température du globe de 0,8°C (dont +0,6°C depuis trente ans). De nombreuses études montrent que cette corrélation est en fait un lien de cause à effet, ce que personne ne conteste plus (sauf peut-être M. Georges Bush fils, mais on ne lui en veut pas, il n’a pas fait d’études, et curieusement il y a quelques jours, un Claude Allègre plus soucieux de publicité que de véracité). Les travaux les plus récents prédisent tous, même si la quantité de CO2 se stabilisait dans les cent ans à venir (ce qui n’est pas gagné), une augmentation graduelle des températures, accompagnée de la fonte de tout ou partie de la calotte glaciaire arctique, d’une grande proportion des glaciers alimentant les grands fleuves, d’une montée du niveau de la mer, et de changements climatiques et aquifères importants. Les photos satellite de l’été dernier (2006), montrant une calotte arctique rétrécie comme peau de chagrin, laissent même penser que le mouvement s’accélère. Compte tenu de l’équilibre précaire sur lequel repose l’économie mondialisée, il paraît urgent de réduire la production de CO2 par l’homme.

Personne n’a mesuré précisément les rythmes de réabsorption de ce gaz par la biosphère (planctons marins, plantes terrestres...). Il est possible qu’ils soient lents, voire très lents. Il est difficile de mesurer ces « vitesses de retour » du carbone dans la biosphère. Par contre, il est facile de comprendre que si ce retour prend du temps, et surtout si cette vitesse ne change pas alors que celle de l’émission augmente régulièrement, on va vers une accumulation toujours plus grande de CO2 dans l’air.

On entend aussi l’argument selon lequel le CO2 ainsi émis lors de la combustion de ces carburants « ne compte pas », car il provient d’une source (la plante utilisée pour produire l’éthanol ou autre) qui l’a récemment « pompé » de l’atmosphère. Mais il faut toujours se poser des questions face aux évidences. On avance ici qu’on récupère l’année suivante, lors de la culture de la prochaine récolte, le CO2 émis par la combustion du carbone des plantes cultivées. On peut cependant se demander ce qui serait advenu si ces plantes n’avaient pas été utilisées pour produire ces combustibles. La consommation par la biosphère (et en premier lieu par l’homme) des plantes cultivées produit bien moins de CO2 que leur utilisation comme sources de carburants. C’est ainsi que le raisonnement pourrait être posé, et non pas en comparant le CO2 pétrolier au bio, pour dresser un bilan global des émissions.

De plus, personne n’a fait le bilan du CO2 supplémentaire émis dans l’atmosphère du fait même de l’activité agricole. On peut penser bien sûr à la consommation des machines agricoles, du transport et du traitement des produits, mais surtout à la production supplémentaire d’engrais. Cette industrie lourde (une des premières en tonnage en Europe) fabrique les engrais à partir d’ammoniac (NH3). Or la production d’ammoniac produit du CO2 à double titre : 1°) pour obtenir, à partir de gaz naturel, l’hydrogène (H2) nécessaire à la synthèse 2°) par la consommation d’énergie très importante de cette industrie obtenue par... combustion de gaz naturel. Rappelons que, contrairement à une publicité mensongère envahissante, le gaz dit « naturel », c’est-à-dire le méthane (CH4), produit à peu près autant de CO2 que les autres carburants en brûlant.

Alors, pourquoi tant d’insistance sur ces carburants d’origine agricole ? Évidemment, on entend dire que cela arrangera les agriculteurs, qui pourront ainsi trouver un marché nouveau pour leurs « excédents chroniques ». Certes. Mais allons plus loin : qui a intérêt à ce que la production d’énergie, pour les transports en particulier, continue de brûler des carburants ? Qui produit des moteurs à explosion ? Mais aussi, qui fournit les carburants, avec de juteux profits, d’une tout autre échelle que ceux de l’agriculture ? Qui a intérêt à ce que les carburants « verts » prennent leur place dans l’industrie du raffinage et de la distribution ? Et surtout, qui aurait beaucoup à perdre à ce que le marché de l’énergie pour les transports lui échappe, si le système changeait trop vite ?

Car il existe d’autres solutions que la religion du moteur thermique. Le véhicule électrique n’est pas un concept nouveau. La pile à combustible à hydrogène (combustible qu’il est possible de produire sans émission de CO2) est un moyen de le propulser. L’utilisation de batteries est aussi possible, à condition d’adapter le concept et l’économie automobile. La Chine, qu’on prend de plus en plus souvent en exemple, ne s’y trompe pas... Evidemment, me dira-t-on, l’hydrogène produit par électrolyse de l’eau coûte cher, et n’est pas compétitif, même avec un pétrole à 100 $ le baril. Mais le problème de l’émission de CO2 est-il seulement une question d’argent ? Dans ce domaine, tout le monde sait que le marché est en fait régulé par des taxes et des réglementations sur les émissions. En d’autres termes, ce problème, comme d’autres, n’a de solution que politique.

En conclusion, je dirai que le CO2 reste du CO2, quelle que soit son origine. Le CO2 « vert » fera autant de dégâts que celui issu du pétrole. Plantons des arbres (*), certes, mais pas pour les brûler ! Cela implique qu’il faudrait se poser des questions sur cette nouvelle vogue des carburants de substitution, et peut-être chercher plutôt à changer les modes de production d’énergie pour éviter de relâcher du CO2 dans l’atmosphère. C’est effectivement plus difficile, sur un plan technique, économique et politique, que de remplacer du pétrole noir par du pétrole vert, mais sans doute moins hypocrite... et bien plus urgent !

(*) ou favorisons le plancton, mais c’est une autre histoire...

Illustration : le blog finance


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97 réactions à cet article    


  • (---.---.140.94) 9 octobre 2006 15:36

    « Ou cet aspect « bio » n’est-il qu’une justification de façade pour une opération qui arrange bien tout le monde ? »

    En priorité les agricultures intensives des pays occidentaux et du Brésil qui vont avoir des pbs avec la disparition des subventions.


    • Fred (---.---.155.75) 9 octobre 2006 15:59

      Un petit commentaire sur les moteurs a hydrogene. Leur non pollution n’est valable que si la production de l’hydrogene est faite a partir de sources d’energie propres sinon cela revient a deplacer le probleme de la voiture a la centrale electrique utilisee pour la production. A cela il faut ajouter le probleme de la distribution et stockage de l’hydrogene.


      • Jaimz (---.---.101.8) 9 octobre 2006 16:48

        Tout à fait exacte, la production d’Hydrogène à une échelle industrielle serait très polluante. Seule solution viable, la réaction chimique entre différent composés qui produirait de l’Hydrogène sans apport énergétique. Toshiba expérimente actuellement une solution de ce genre avec des ractifs générant de l’hydrogène à volonté pour faire fonctionner une pile... reste le problème du recyclage de ces produits chimiques, des ions et des oxydants relativement toxiques. La solution n’est pas encore trouvée faute de crédit à ce niveau.


      • Vanou 9 octobre 2006 22:40

        Toutes les sources de production d’électricité sans émissions de CO2 (hydroélectrique, nucléaire, vent, marée, mais aussi thermique avec récupération du CO2 produit par la combustion) permettent l’électrolyse de l’eau pour produire de l’hydrogène sans CO2. On peut aussi imaginer de produire H2 à partir d’hydrocarbures, à condition de piéger le CO2 avant son émission.

        C’est d’ailleurs la principale différence entre un petit moteur thermique embarqué et une grosse centrale thermique ou autres : dans le deuxième cas, on peut envisager de capter le CO2 avant qu’il ne soit émis dans l’atmosphère. Dans le premier, non.

        La production à partir de HI que vous évoquez est loin d’être au point, comparée à l’électrolyse.


      • Pierrot (---.---.23.48) 10 octobre 2006 11:51

        Bonjour, la production d’hydrogène à partir de l’électrolyse de l’eau n’est pas une bonne chose sur les points économique et rendement thermique, il n’empêche que cela reste une bonne solution en terme d’émission de CO2.

        Beaucoup d’autres techniques, certes non industrialisées à ce jour, mais en plein développement répondent mieux au problème rendement thermique/économie/écologie par exemples :

        - gazéification de la biomasse (à basse ou haute température),

        - réacteurs nucléaire de quatrième génération (à haute température, surgénérateur et à gaz hélium),

        - décomposition chimique par : * cycle iode/soufre * cycle UT-3 (Cao/Br2/fe3O4 * cycle sulfate (procédé Japonais)

        - photolyse (solaire) de l’eau (via TiO2/Ru)

        - microbes « verts » et enzimes de la réduction protonique.

        Le stockage et la distribution d’hydrogène sous pression n’est pas un problème (voir gaz comprimé actuellement utilisés dans les automobiles). L’hydrogène peut être stocké solide sous forme d’hydrates métalliques.

        Bref à terme les solutions existent, reste à industrialiser s’il y a une demande politique et/ou du marché ?

        Cordialement.

        PS je peux développer la technique que vous ignorez éventuellement.


      • seee (---.---.71.242) 18 octobre 2006 15:33

        Le stockage de l’hydrogène ne représente pas un problème ?

        A bord d’un véhicule, il peut se faire par :

        - la compression à 350 bars dans un réservoir en alliage d’un volume de 120 litres pour un stockage de 3 kg d’hydrogène et une autonomie de ...200 km (surcoût de 20 000 € par rapport aux véhicules actuels). la compression peut atteindre aujourd’hui 700 bars grâce à de nouvelles technologie de réservoirs mais malgré cela, il faut souligner que 4,6 l d’hydrogène sont nécessaire pour produire la même énergie que 1 l d’essence. Outre le défi technique à surmonter, je ne suis pas très rassuré par un véhicule dont le réservoir est comprimé à 350 bars.

        - la liquéfaction à - 253 °c , 5 kg d’hydrogène étant contenus dans 70 litres la solution est intéressante ! Mais 1/3 du pci est utilisé pour l’abaissement de température, sans compter les problèmes d’isolation, puis le réchauffement de l’hydrogène...)

        - le stockage solide par l’incorporation d’hydrures, le poids du réservoir est d’environ 300 kg, les températures et pressions d’utilisation restent très élevées.


      • Marie Pierre (---.---.160.214) 9 octobre 2006 16:16

        Bon aricle qui soulève pas mal de questions.

        La pile à combustible serait toute indiquée. Son coût aujourd’hui pourrait être revu à la baisse par une grande production.

        Il est vrai que produire du carburant à partir de maïs est anti-écologique. La consommation d’eau est à prendre en compte.

        Pour info, un ancien pêcheur proposait d’utiliser le Clémenceau pour y installer des éoliennes qui produiraient de l’hydrogène à partir de l’eau de mer. Cette production servirait à alimenter les bateaux de pêcheurs.


        • MOISE (---.---.60.187) 9 octobre 2006 16:34

          Certes, mais çà ne resoud pas le PB de l’amiante ! C’est la qu’on voit comment les mass medias travaillent bien, on oublie tellement vite !

          Ce n’est pas contre vous, puisque ma première réaction a été la meme que vous, et je pense que nous ne sommes pas les seuls a avoir oublié ces tonnes d’amiante, tout est fait pour çà !


        • MOISE (---.---.60.187) 9 octobre 2006 16:28

          Je suis d’accord avec vous sur le decompte des emissions de CO2 issues de la combustion des carburants « Vert ».Je suis d’accord aussi sur l’hypocrisie des politiques et economistes.

          Je pense egalement que ces paysans qui surproduisent, et se plaignent de ne pouvoir gagner correctement leur vie autrement qu’en polluant nos sols avec les engrais que leur distribue cette indistrie encore plus polluante comme vous le denoncer ici tres bien par simple réaction chimique evidente(rien ne se perd, rien ne crée, tous se tranforme.Lavoisier ; Cette phrase qui a raisonné dans mon esprit comme une evidence peut expliquer et convaincre tellement de gens sceptique, qu’elle pourrais etre un slogan !). Ces Payssans devrais essayer de remettre en cause leur mode de production.En plus, en labourant comme des gorés le sol, ils detruisent ce qui aurais pus leur servir en meme temps que ce qui les genes(vermines, rongeurs..etc), bref les petits ecosystemes du sol ; et le labour çà degage aussi du methane ! Autre chose, si on veut remplacer les carburants fossiles par les biocarburants, c’est combien de planètes va t-il va nous falloir ??? Si on devait faire une mesure sur le gain qu’apporte les biocarburants, il faudrait mesurer combien ont-ils dépensé(degagés !?) de CO2(carburants, engrais, labours, transports...etc) pour produire ces biocarburants et mettre tous çà dans une balance. QUELS BENEFICES POUR QUELLES DEPENSES ?(en unités CO2 pas monétaires, d’ailleurs les deux pourraient bien correler !)

          Sur la pile a combustible, je ne suis pas d’accord, car l’hydrogene traverse enormement de materiaux a l’etat compressé, y compris le metal ! alors meme avant de produire de l’hydrogene en masse il faudrait trouver un alliage meilleur qui ne laisse pas passer le gaz !!! autant dire que c’’est pas pour tout de suite !Et encore, il faut bien de l’energie pour l’electrolyse de l’eau, peut etre meme des alliage speciaux pour la rendre encore plus efficace et rentable economiquement(bah oui, sinon personne n’en produira ! C’est bien la seule certitude que j’ai par rapport a ce « futur carburant » plus propre). Il ya un autre problème : le platine ; rare sur la planète pour produire autant de moteurs a explosions qu’aujourd’hui !

          Un ami(ecolo) m’a dit un jour :« la croissance de la consomation, et en particulier pour l’energie, se fera toujours au détriment de l’environnement » Je lui retorquais ce jour là que l’humanité trouverait des solutions grace aux sciences et technologies. Mais entre temps les lobbies et la société du paraitre/l’image/la peur est passée par là, avec ce que tout le monde connait comme resultat. Aujourd’hui, je suis un peu plus sceptique, et commence a me raprocher de sa position.


          • lesyeux (---.---.148.104) 9 octobre 2006 16:41

            je ne pense pas en effet, hélas , que l’homme se résoudra à dimuner sa production et sa consommation

            il y a trop d’enjeux et de lobbies qui vérouillent les informations , celles qu’il s nous confisquent, et qui pourraient au moins permettre à nous tous, citoyens de tout pays ,de réagir en ayant recours au boycott

            il faudra bien trouver un moyen de réagir, les puissantes compagnies pétrolières n’en ont rien à cirer de ce qui se passera dans 80 ou 100 ans, elles naviguent au présent dans les eaux noires du pétrole


          • Vanou 9 octobre 2006 22:49

            « l’hydrogene traverse enormement de materiaux a l’etat compressé, y compris le metal ! »

            Je suis désolé, mais ceci est faux pour la plupart des métaux (dommage, d’ailleurs...). L’hydrogène ne traverse bien que le palladium et ses alliages (pour simplifier). Rassurez-vous, l’acier inox standard convient très bien, c’est d’ailleurs le matériau utilisé dans la plupart des prototypes de piles à combustibles.

            « un autre problème : le platine ; rare sur la planète ... »

            Non, ce n’est plus un problème depuis 10 ans. Les quantité de Pt utilisées dans les électrodes de piles à combustibles modernes sont insignifiantes (de l’ordre de 0.1 mg/cm2 pour ceux que cela intéresse). On avait calculé que cela représentait une quantité proche de celle présente dans les pots catalytiques.


          • olivier (---.---.20.126) 9 octobre 2006 16:39

            je ne suis pas d’accord avec l’auteur : certes la combustion de plantes émet du CO2, mais quand je lis « On peut cependant se demander ce qui serait advenu si ces plantes n’avaient pas été utilisées pour produire ces combustibles » l’auteur fait une erreur : une plante vit un certain temps. En fin de vie elle meurt et se dégrade. La dégradation de la plante emet à peu près autant de CO2 que sa combustion. De même les plantes que nous consommons nous apportent le carbone, qui conbiné à l’oxygène que nous respirons, donne le CO2 que nous regettons dans l’atmosphere lorsque nous expirons. L’auteur encore une fois fait une erreur Les biocarburants sont une solution efficace pour lutter contre l’effet de serre. Le CO2 emit par les biocarburants doit en effet ne pas etre comptabilisé dans les emissions de gaz à effet de serre. De gros progrès auront lieu dans l’efficacité de la production et du rendement de création de l’ethanol. Toutefois la création de pompes E85 ainsi que la commercialisation de voitures flexfuel est de la poudre aux yeux en temps d’élections : l’ethanol peut deja etre mélangé jusqu’à 10% dans l’essence sans modifications des moteurs. Or la France ne pourra pas produire l’ethanol en équivalent de 10% de notre consommation d’essence. De même le gouvernement a refusé d’importer de l’ethanol du Brésil, pays exportateur et dont une partie de la population meurt de faim. Il aurait ppourtant été préférable de rémunérer des travailleurs brésiliens au lieu des émirs, ceci en luttant contre l’effet de serre.


            • Jaimz (---.---.101.8) 9 octobre 2006 16:58

              C’est pas évident d’affirmer que le CO2 d’origine pétrolier n’a rien à voir avec le CO2 d’origine végétale... parceque en fin de compte le principe de l’effet de serre (réflexion des rayons solaires sur les couches de l’atmosphère) se moque bien de savoir quelle est l’origine de ce gaz !

              Notons que 100 millons de véhicules à combustion pétrolière polluant à notre époque, c’est une chose... 1 milliard de véhicules à combustion « bio » polluant dans 20 ans, ce sera catastrophique.

              Il faut complètement revoir notre conception des modes de déplacement sinon ce ne seront que des solutions à courts terme. Sans parler des avions générant 15% de la polution...


            • (---.---.16.25) 9 octobre 2006 18:43

              Sauf que le Brésil consomme l’essentiel de sa production, et que, si l’accroissement de sa consommation continue au même rythme, le Brésil n’aura bientôt plus rien à exporter.


            • Moise (---.---.60.187) 9 octobre 2006 21:39

              Sans compter que le bresil detruit une grande partie de sa richesse, la foret equatoriale d’amazonie au profit d’une seule culture tres ethanolifère puisque sucrée : la canne a sucre ! j’oubliais l’OR bien sur ! Responsable de l’empoisonnement des tribus indienne par l’arsenic et le mercure !Suffit de lire ce qui se passe en guyanne française. çà ne sert a rien d’acheter de l’ethanol au bresil quand on peut le trouver en europe, ce qui diminue le transport de la matière, et donc les emissions de CO2...

              Quant au gens qui meurent de faim, cela n’a rien a faire dans cette hsitoire, puisque l’organisation de la société Bresilienne est differente de la notre, mais le bresilest aujourd’hui parmi les plus grande puissance mondiale, comme la chine et bientot l’inde d’ailleurs ! Mais çà, les pays occidentaux ont bien du mal a l’admettre !


            • Vanou 9 octobre 2006 23:08

              « se demander ce qui serait advenu si ces plantes n’avaient pas été utilisées pour produire ces combustibles » l’auteur fait une erreur : une plante vit un certain temps. En fin de vie elle meurt et se dégrade."

              On est là au cœur du problème : le temps. C’est ce que les scientifiques appellent un problème cinétique :

              « La dégradation de la plante emet à peu près autant de CO2 que sa combustion. »

              Non. Une bonne partie du matériel de la plante (molécules carbonées à longues chaînes) est récupérée par des organismes hétérotrophes (incapables de métaboliser ces molécules), comme les champignons et les animaux, et réutilisée telle quelle dans la biosphère. La durée du passage du carbone dans la biosphère serait bien plus longue si on ne brûlait pas la biomasse.

              « les plantes que nous consommons nous apportent le carbone, qui conbiné à l’oxygène que nous respirons, donne le CO2 que nous regettons dans l’atmosphère lorsque nous expirons. »

              Avant de répéter « erreur », relisez ce que vous écrivez. Regardez vos doigts sur le clavier : de quoi sont-il fait ? C, H, O, N, que vous avez obtenu de votre alimentation. Et c’est la même chose pour toute la biosphère hors les organismes autotrophes (essentiellement ceux ayant assez de chance pour savoir pratiquer la photosynthèse).

              Encore une fois, avant d’accepter ces « évidences », il faudrait que quelqu’un fasse un vrai bilan cinétique global des émissions de CO2 bio (tenant compte des temps). A moins que cette étude existe et m’ait échapée, elle n’a pas été faite. Et je garde donc mon estimation.


            • Thomas (---.---.102.172) 9 octobre 2006 16:42

              Nous vivons une drôle d’époque. D’un côté les NTIC et les médias accélèrent considérablement l’information, la prise de conscience des impacts du réchauffement global et de la nécessité d’émettre moins de GES, etc..., d’un autre côté, les structures et institutions capables de peser significativement sur notre dépendance au regard des produits pétroliers (donc sur une partie des émissions de GES) paraissent encore gouvernées par ce qui ne ressemble à rien d’autre qu’à une coupable inertie. Haro sur ce cuistre de donneur de leçon ! s’écrieront en coeur les ministères concernés, l’ADEME, l’Observatoire National du Réchauffement Climatique et autres réprésentants (la plupart sincèrement persuadés qu’ils font ce qu’ils peuvent) de la puissance publique.

              Et pourtant, chers décideurs, deux insidieuses questions me taraudent depuis que je m’intéresse vraiment à la politique énergétique de ce pays (entre autres). Elles me taraudent parce que je connais quelques uns d’entre vous auxquels je ne saurais faire aucun procès d’intention quant à leur sincérité et leurs aspirations à améliorer les choses. Je vous les livre brutes de décoffrage : ignorez-vous véritablement qu’existent des technologies immédiatement industrialisables qui permettent de réduire sensiblement la consommation de carburant de nos voitures, de nos camions, de nos bateaux, de nos groupes électrogènes, etc..., bref, tous moteurs thermiques ? Ignorez-vous aussi que plusieurs technologies expérimentales, démonstrateurs à l’appui, permettraient d’espérer la production d’énergie électrique ou thermique sur-unitaire (ça y est, le maudit mot est lâché, haro sur le crédule)et qu’à tout le moins,il serait raisonnable que la puissance publique cherche à savoir si ces technologies relèvent du crédible ou du canular ? NB : un dispositif sur-unitaire produit plus d’énergie qu’il n’en consomme (berk...)

              Allez, vous avez tout compris : si j’étais un vrai décideur (un qui compte), je n’hésiterais pas d’avantage à inciter les constructeurs automobiles à industrialiser des dispositifs du type Pantone (injection d’un nébulisat d’eau dans l’alimentation des moteurs), ni même à consentir quelques crédits de recherche au CEA et au CNRS sur l’évaluation de technologies telles que la « fusion froide » ou la synergétique.

              Encore un de ces gogos indécrottablement crédules qui pensent qu’on se tourne les pouces dans nos respectables institutions, penserez-vous si vous avez pris la peine de me lire jusqu’ici. Eh bien, faites-vous une opinion par vous-mêmes. Informez-vous. Cherchez sur certains sites le nombre de particuliers qui ont équipé leur voiture ou leurs machines agricoles avec un réacteur de type Pantone. Cherchez à savoir ce que les japonais, les italiens et maintenant les américains font en matière de fusion froide. Après (mais seulement après)vous saurez juger de la pertinence de ce discours.


              • (---.---.16.25) 9 octobre 2006 19:26

                Une petite correction, cependant.

                Un « moteur » sur unitaire produit plus que l’énergie qu’on lui apporte. Pas que l’energie qu’il consomme. On apporte une forme d’énergie pour obtenir une autre énergie plus importante. Mais le système consomme de l’énergie ailleurs.

                Le cas le plus simple, pour que les autres comprennent, c’est la pompe à chaleur. On lui apporte une énergie électrique (pour faire tourner le système) et elle produit un équivalent chaleur supérieur à ce qu’on lui a apporté. Typiquement, elle produit l’équivalent de 4W de chaleur (4W consommé par des radiateurs électriques), pour 1W d’electricité réellement apportée. Donc la pompe à chaleur nous coute 1W d’électricité pour nous restituer 4W de chaleur, elle est sur unitaire.

                MAIS la pompe à chaleur consomme de l’électricité ET de la chaleur (prise à l’extérieur). Son rendement, au sens physique du terme, est le rapport entre l’énergie utile produite (4W de chaleur) et les énergies consommées (1W d’électricité + 10 Watts de chaleur prise à l’extérieur). On apporte 1W, on en récupère 4 sous forme qui nous intéresse, le système en consomme 11.

                Votre discours laisse croire qu’un moteur sur-unitaire « fabrique » plus d’energie qu’il n’en consomme, ce qui est faux. Simplement, il coute moins en énergie « payante » entrante qu’il ne produit en sortie.

                Le système Pantone, par exemple, est censé produire de l’hydrogène (utilisable dans un moteur à explosion) en utilisant de la chaleur. Au départ, le besoin en chaleur est couteux, mais lorsque le moteur a explosion fonctionne, il produit lui même de la chaleur (réinjectée dans le Pantone pour produire de l’hydrogène). Selon ce principe, lorsque le régime normal est atteint, le supplément de chaleur que nous devons apporter pour maintenir le système en fonction (apport énergétique) est inférieur au résultat (énergie mouvement) que nous souhaitons obtenir. Donc le moteur est sur-unitaire. Il reste qu’il consomme plus d’énergie (apport + potentiel de l’eau) qu’il n’en restitue.


              • Thomas (---.---.102.172) 10 octobre 2006 10:07

                Vous avez parfaitement raison et je m’excuse d’avoir si mal formulé mon propos : un dispositif sur-unitaire ne produit pas plus d’énergie qu’il n’en consomme. Il en restitue d’avantage (à l’instar d’une pompe à chaleur, toutes proportions gardées). Dans le cas d’un réacteur type Pantone, il n’est pas encore démontré qu’il produit de l’H² qui optimiserait la combustion. Néanmoins, le simple fait de le mettre en oeuvre amène au constat que la consommation et la pollution induite diminuent. Un petit programme de R&D sur cette technologie va prochainement démarrer dans le cadre d’un pôle de compétitivité. On en saura probablement d’avantage sur les réactions mises en jeu à l’issue de la manip. Concernant d’autres technologies sur-unitaires telles que la réaction nucléaire dans la matière condensée (improprement nommée fusion froide) ou la synergétique de RL Vallée, dont des démonstrateurs fonctionnent, le travail excédentaire provient bien de quelque part (qu’il s’agisse de chaleur ou de courant électrique). EDF, le CNAM et le CNRS, en France, ont produit des démonstrateurs de fusion froide efficients. Avec des puissances excédentaires trop faibles ou des durées de vie des électrodes trop courtes, certes, mais le phénomène paraît réel et mérite un peu de R&D. S’agissant de la synergétique, il semblerait que des COP supérieurs à 4 aient été constatés. Mais avec des rayonnements ionisants qui nécessitent d’expérimenter en milieu confiné. On sait travailler en milieu confiné et protégé des rayonnements à coût raisonnable, non ? Au regard des enjeux économiques et environnementaux de ces technologies, je me demande toujours pourquoi la recherche institutionnelle peine autant à explorer ces pistes. D’où l’opportunité d’en parler, de communiquer et d’inciter la puissance publique à les prendre en considération.


              • Pierrot (---.---.23.48) 10 octobre 2006 12:06

                Bonjour, le procédé dit de « fusion froide » du déterium/tritium lancé par l’Université Mormone de Sake Lake City n’a jamais été reproduit par le CEA, CNRS et autres organismes de recherche étrangers. Heureusement il n’y a plus de recherches dans le monde sur cette stupidité.

                C’est devenu un cadavre des idées utopiques fantaisistes. Il suffit de connaitre les mécanismes de répulsion des constituants du plasma pour comprendre l’absurdité de cette idée de fusion froide.

                Cordialement.


              • Thomas (---.---.102.172) 10 octobre 2006 16:55

                Bonjour Pierrot, si j’ai choisi de participer à cette discussion, c’est bien parce que je suis prêt à accepter la contradiction. Et je l’accepterais d’autant mieux qu’elle émanerait d’un contradicteur documenté. Je vous invite donc, avant d’évoquer la stupidité d’une technologie, à actualiser vos connaissances sur ce sujet. Ne serait-ce qu’en France, des démonstrateurs de fusion froide ont été construits par le laboratoire des recherches appliquées d’EDF (conclusions non publiées à ce jour) mais aussi dans deux laboratoires du CNAM Paris et un laboratoire du CNRS à Marseille.

                Le mode opératoire de ces démonstrateurs n’est pas étroitement calqué sur la manip de Pons et Fleishman en 1989, mais explore des process alternatifs qui donnent des résultats (production de chaleur excédentaire). Pour mémoire et parce qu’il ne faut pas se limiter à l’hexagone, l’administration Bush a misionné en 2004 un collectif de 40 chercheurs confirmés et représentatifs de leur domaine de recherche pour expertiser la pertinence de la fusion froide aux Etats Unis (l’état de l’art, l’efficience des démonstrateurs existants, les perspectives d’applications industrielles). Ce collectif a publié son avis favorable à l’extension des dotations de crédits publics (et privés) américains dans la R&D de la fusion froide, aux motifs que la réalité du phénomène ne pouvait être contesté, qu’il s’agissait indéniablement d’une piste prometteuse, alternative peut-être plus rapide à industrialiser que la fusion contrôlée, et que les crédits dédiés à ces recherches étaient dramatiquement sous-dimensionnés au regard des enjeux. Que l’administration Bush n’ait pas (encore) suivi cet avis ne me semble pas directement corrélé à la validité scientifique des phénomènes mis en jeu.

                Entendons nous bien. Je n’aurai pas l’outrecuidance de clamer que les recherches sur la fusion froide déboucheront inéluctablement sur des applications industrielles qui révolutionneront la politique énergétique mondiale. Je prétends seulement qu’en France (et les français ne sont pas plus intelligents et perspicaces que la moyenne planétaire), on n’affecte pas assez de crédits publics à ces technologies dites « alternatives », alors que d’autres pays augmentent significativement les dotations (Italie, Japon, Chine).

                Cela dit, si la fusion froide vous chauffe les oreilles, que proposez-vous, hormis la critique ? De continuer à marcher dans le sillon qu’ont tracé nos prédécesseurs ? D’investir plus d’argent et de moyens humains dans des projets tels qu’ITER en priant pour que les impacts sociétaux et environnementaux du réchauffement global daignent patienter au moins 50 ans (date estimée du premier mégawatt obtenu par fusion contrôlée) avant de s’exprimer ? Les plus grands découvreurs sont des gens empreints de modestie intellectuelle, de pragmatisme et d’ouverture d’esprit. Ils osent sortir des sentiers battus et explorer d’autres pistes que leur offrent les avancées de la physique, notamment. Et le champ des découvertes à venir, dans ce domaine, est encore immense. A mon avis, de quoi relativiser l’acception même du terme « stupidité ».


              • Pierrot (---.---.23.48) 11 octobre 2006 17:52

                Bonjour Thomas,

                je connais les divers expériences de fusion froide que vous citez. Cependant, vous admettrez avec moi, qu’il n’y a eu, à ce jour, aucun début de résultat positif : c’est à dire d’émission de neutron de 14 Mev.

                Pour qu’une piste novatrice soit sérieuse il faut tout d’abord une étude théorique du phénomène donnant un espoir.

                Par exemple, nous connaissons les potentialités du photovoltaïque même si les difficultés à surmontrer pour son industrialisation dans le domaine du rendement, économique et écologique ne sont pas actuellement atteintes. Je sais qu’elles le seront un jour à partir d’effort de recherche parce que les stratégies et pistes sont bien connus.

                Pour la fusion froide, il n’existe aucun espoir théorique, et les quelques chercheurs, ne reproduisent que quelques procédés expérimentaux de la secte Mormone sans aucun support théorique.

                La recherche ce n’est pas cela.

                Je suis, bien évidemment, un adepte des techniques innovantes dans le domaine énergétique et autres mais dans le cas de la fusion froide IL N’Y A AUCUN ESPOIR D’ABOUTIR A QUELQUE CHOSE.

                Donc arrêtons ce gachis et ce rêve.

                Je suis désolé de vous oter quelques illusions, mais je dois dire la vérité.

                Bien cordialement.


              • thomas (---.---.102.172) 12 octobre 2006 11:08

                Bonjour Pierrot. Merci pour ces précisions. Il me semble toutefois que réduire le jugement de valeur de la fusion froide à la seule manip mormonne (que je ne connais pas, je l’avoue sans honte) est un peu frustrant (intellectuellement et scientifiquement parlant). Il se trouve que j’ai eu l’occasion de voir fonctionner le démonstrateur du CNRS Marseille (avec un protocole de mesures tout à fait honnête), que les manips du CNAM fonctionnent aussi, et qu’EDF a jugé cette technologie assez pertinente en première analyse pour mobiliser une partie de ses moyens de R&D sur une étude d’opportunité (résultats à venir). Ces trois expérimentateurs français conviennent que des barrières technologiques doivent encore être franchies pour accéder au prototype industriel. Notamment l’équation suivante : quand on dépasse quelques watts ou quelques milliwatts (selon les process) correspondant à la chaleur excédentaire mesurée, l’électrode de palladium dans laquelle se diffuse le deutérium se dégrade très vite. Cette difficulté ne parait pas remettre en cause la réalité du phénomène mesuré : il y a bien production de chaleur excédentaire. D’autres voies sont en cours d’expérimentation, notamment en Chine et aux USA : la diffusion du deutérium dans une poudre nanométrique de palladium. L’expérience chinoise de 2005 semble démontrer qu’à l’échelle nanométrique, le palladium ne se dégrade pas. La prochaine étape consisterait donc à expérimenter avec cette poudre nanométrique (on cherche encore à la fabriquer, mais c’est une question de mois - les américains prétendent y être arrivés) et à augmenter les températures de travail (aujourd’hui entre 80 et 120°C, demain à 500°C). Encore une fois, je ne prétends nullement défendre la panacée en matière d’énergie propre et de « sur-unité ». Je propose modestement d’augmenter raisonnablement les dotations de la recherche institutionnelle dans cette technologie. De combien ? Avec moins d’un million d’€, la France pourrait savoir d’ici deux ans si cette technologie passera le stade du prototype industriel (2 à 3 kW de chaleur excédentaire). A comparer aux 15 Mds d’€ d’ITER et aux centaines de millions d’euros que mettent les pôles de compétitivité français dans la R&D des techniques d’extraction du pétrole off-shore profond.

                Je conserve la conviction que le futur énergétique européen (dans les trois prochaines décennies) sera pluri-technologique. Les EnR décentralisées (éolien, photovoltâïque, solaire thermique) gagneront du terrain mais ne peuvent pas répondre à elles seules aux besoins énergétiques des pays concernés. La filière hydrogène devient prioritaire pour l’Europe, mais peine à franchir la barrière du stockage. Le nucléaire (fission) demeure encore trop franco-français (et les tergiversations de l’Etat sur le programme EPR pourraient être l’illustration d’une indécision chronique sur le devenir du nucléaire dans sa conception française). Il y a très peu de chances pour que la fusion contrôlée sorte son premier mégawatt d’ici 30 ans. Parallèlement, l’OPEP et les non alignés annoncent clairement la couleur : on vise les 100 $ le baril. Au-delà du réchauffement climatique, et en synergie avec lui, ce sont donc les paramètres macroéconomiques et les logiques de marché qui devaient imposer au moins à l’Europe de diversifier et de décentraliser son approvisionnement énergétique, donc ses choix technologiques. La fusion froide fait peut-être partie de ces technologies alternatives à explorer à moindre coût public.

                Cordialement.


              • Pierrot (---.---.23.48) 12 octobre 2006 12:33

                Bonjour Thomas, Vos informations concernant diverses expérimentations sont tout à fait autre chose que la « fusion froide ».

                La fusion froide implique l’émission de neutrons à très haute énergie de 14 Mev (et d’hélium4).

                Depuis environ une quinzaine d’années (après l’annonce des chimistes de grande valeur de l’université Mormone des USA) et beaucoup d’argent englouti aux USA, France, Japon etc ont été des échecs.

                Par contre, je vous l’accorde, que quelques expérimentations sur l’électrolyse de l’eau légère ou d’eau lourde en présence d’électrode de palladium aient pu fournir une énergie très très légerement supérieure à celle qui a été fournie n’est pas impossible (mais non démontrée à ce jour).

                Mais c’est un tout autre phénomène que la fusion froide. Il s’agit, pour faire bref, du phénomène de la densification des atomes d’hydrogène au sein de la maille de palladium.

                Il n’y a pas beaucoup à attendre sur ce phénomène CHIMIQUE et non nucléaire.

                Bien cordialement.


              • thomas (---.---.102.172) 12 octobre 2006 18:00

                @ Pierrot. Vous avez indéniablement raison sur la qualification des manips produisant de la chaleur excédentaire par diffusion de deutérium dans une matrice de palladium. On mélange trop souvent la terminologie « fusion froide » et/ou « réaction nucléaire dans la matière condensée » pour qualifier un phénomène probablement chimique, comme vous l’avancez. Et j’adhère d’autant à la réaction CHIMIQUE qu’à ma connaissance aucune émission de neutrons n’aurait jamais été mesurée dans ce type d’expérience. Il ne s’agirait donc nullement d’une réaction nucléaire. N’étant ni chimiste, ni physicien, je ne me hasarderai pas plus loin sur une tentative d’explication du phénomène.

                Mais vous avez saisi le dessein de mon propos. Dès lors que peuvent se révéler des pistes de production d’énergie avantageuses pour l’environnement et pour réduire notre dépendance aux produits pétroliers (il semble y avoir un consensus sur ces deux objectif - sauf peut-être chez les pétroliers), le pragmatisme commanderait de les explorer jusqu’au bout. S’il s’avère qu’au bout de la manip, de la chaleur excédentaire est mesurée, quelle que soit sa valeur, c’est bien qu’il se passe quelque chose dans la matrice de palladium. Une réaction dont on doit mesurer les limites pour juger s’il est opportun ou non de poursuivre le développement jusqu’au prototype industriel.

                Permettez-moi de comparer cette technologie contestée avec les dispositifs type Pantone. Là, on est moins dans la recherche fondamentale. Des centaines de français ont constaté depuis quelques années qu’en équipant leur voiture ou leur tracteur, ils consommaient moins de carburant et que leurs moteurs testés au contrôle technique automobile émettait moins de CO.CO² et de poussières (pour le diesel). La technologie Pantone ou assimilée est presqu’aussi contestée que l’autre. Pas toujours par les mêmes, mais essentiellement par les constructeurs automobiles, la DRIRE, certains représentants de l’ADEME et j’en passe. Et pourtant, il est difficile de prétendre que ça ne marche pas. 15 à 30% d’économie de carburant (quand le montage est bien fait), ce n’est pas neutre, rapporté au parc de moteurs thermiques européen.

                Ne pensez-vous pas que l’Etat (le ministère des transports, notamment) devrait de sa propre initiative actionner un labo tel que l’UTAC pour tester ce type d’équipement ? Qu’est-ce que cela lui coûterait ? Moins de TIPP ? Il n’aurait qu’à en augmenter le taux pour garantir ses recettes constantes. Je crois que le blocage est ailleurs que dans la question de la TIPP. Il est probablement multiple. L’inertie institutionnelle y participe. De même que les jugements de valeur hâtifs de certaines strates de décideurs dits experts. Et puis quelque chose qui ressemble à un double discours un peu irritant pour le citoyen lambda que je suis : le sermon sur les économies d’énergie et la lutte contre les GES d’un côté, de l’autre l’interdiction d’homologuer les véhicules équipés de ces dispositifs Pantone, voire même de laisser rouler les véhicules municipaux de Villeneuve sur Lot qui utilisent de l’huile végétale brute (par décision du Tribunal Administratif...).

                Je reviens donc à la comparaison avec la (pseudo) fusion froide (idem pour la synergétique de Vallée et d’autres technologies dites hérétiques) : défaut de pragmatisme, défaut d’information, défaut de volonté d’acquérir des certitudes par l’évaluation scientifique et technique du process, cloisonnement excessif des services et des compétences, prééminence chronique de l’esprit de chapelle (voire du mandarinat) dans la recherche institutionnelle, peur du politiquement incorrect ? Ces facteurs me semblent représentatifs du mal français, de cette inertie à se remettre en cause, à réformer la machine publique, et aussi des freins structurels à la compétitivité française.


              • Pierrot (---.---.23.48) 14 octobre 2006 13:40

                Cher Thomas, nous sommes donc enfin d’accord sur le pseudo phénomène de fusion froide.

                Quant au moteur Pantone, j’ai lu des informations sur ce sujet mais je ne me sens pas suffisemment compétent (je suis ingénieur chimiste et ingénieur nucléaire) pour avoir un avis compétent.

                Bien cordialement.


              • tchoo (---.---.200.252) 9 octobre 2006 16:44

                Drole de vision des paysans, mais ce n’est pas le sujet.

                Par contre l’utilisation de Bio-éthanol suppose une industrie lourde du style pétrolière. Un moyen d’atteindre le même objectif sans créer d’usine à ..........éthanol, serait d’utiliser les huiles végétales. Mais, il y a beaucoup moins de fric à se faire dans cette filière, pour les lobbys de l’énergie et du pour le gouvernement. Chaque agriculteur pourrait ainsi quasiment produire son propre carburant !


                • Pierrot (---.---.23.48) 11 octobre 2006 17:56

                  Bonjour La production d’éthanol n’est pas une « usine lourde » : fermentation suivie d’une distillation de l’azéotrope = fastoche.

                  Bien cordialement.


                • Fabio (---.---.72.18) 13 octobre 2006 09:52

                  Les huiles végétales émettent des particules fines. Et quoi que puissent en dire les publi-reportages de toutes sortes et la désinformation pratiquée par les constructeurs automobiles, les filtres à particules ne pourront jamais supprimer le problème des particules les plus fines, qui sont les particules les plus dangereuses pour la santé humaine.


                • Pierrot (---.---.23.48) 14 octobre 2006 13:34

                  Inexact. Les filtres à particules arrêtent les particules submicroniques, donc les plus dangereuses.


                • vinsfrancs (---.---.200.194) 9 octobre 2006 17:21

                  Le Co2 emis par la combustion de l’éthanol n’est pas d’origine fossile, donc ne contribue pas au chamgement climatique. La question qui se pose est celle du bilan énergétique. Combien de kwh seront nécessaires pour produire 1 kwh d’éthanol (production d’engrais et pesticides, distillation, etc).


                  • Jesrad (---.---.20.126) 9 octobre 2006 18:06

                    A partir de canne à sucre, on obtient 4 à 9 fois plus d’énergie « éthanol » que nécessaire pour sa production et son transport. Désolé, je n’ai pas les osurces sous la main...


                  • Vanou 9 octobre 2006 23:13

                    « Le Co2 emis par la combustion de l’éthanol n’est pas d’origine fossile, donc ne contribue pas au chamgement climatique. »

                    Là, j’avoue mon impuissance... Si après avoir lu mon papier, vous répétez encore cela, qu’y puis-je ? Répéter une idée ne suffit pas à en faire une vérité...


                  • mjmb (---.---.72.193) 10 octobre 2006 14:28

                    C’est bien là l’erreur intellectuelle majeure de l’auteur ! Un véhicule qui en dix ans brûle dix tonnes de carbone bio mobilise en tout et pour tout une tonne de carbone atmosphérique et l’énergie nécessaire chaque année au retraitement de la plante de base.


                  • Pierrot (---.---.23.48) 11 octobre 2006 17:59

                    Exact, mais ajouter aussi 1 litre de pétrole ou 2 par litre d’éthanol produit. Le bilan reste négatif sur les émissions de CO2, à moins d’utiliser de l’énergie photovoltaïque mais qui est rarissime actuellement.


                  • stere (---.---.236.77) 9 octobre 2006 17:41

                    je rebondis sur le commentaire de vinstrancs : le probleme de l’emission de CO2 n’est pas vraiment l’emission elle-meme, mais le recyclage et l’accumulation.

                    En effet, le cycle de vie du pétrole est extrêmement long : il se forme sur des milliers, voire des millions d’années. Donc quand on brule 1 litre de pétrole, il restera dans l’athmosphère tout ce temps avant d’ête recyclé.

                    Par contre, une plante absorbe immédiatement le CO2 necessaire à sa « construction » : le cycle est donc de l’ordre de celui de la croissance des plantes, en l’occurrence une année (en faisant abstraction des besoins de recyclage du sol, de changement de cultures, etc). Il est vrai que pendant toute l’année, la quantité de CO2 présente dans l’athmosphère va exister. Cependant, contrairement au pétrole, elle ne devrait pas augmenter, puisqu’elle est recyclée en permanence.

                    Evidemment, et malheureusement, l’accumulation de CO2 dûe au pétrole mettra du temps à disparaitre : l’utilisation de bio-carburants ne fera que ralentir le phénomène d’accumulation... c’est déjà ca.

                    Je note au passage qu’on peut utiliser directement des huiles végétales (donc avec très peu de traitements) avec des moteurs diesel. Or, curieusement, le gouvernement penche tout de suite vers des produits plus élaborés... Tout semble bon pour sauvegarder un monopole des produits « pétroliers » au détriment de la simplicité et de la non-pollution.


                    • (---.---.50.142) 9 octobre 2006 18:28

                      Je note au passage qu’on peut utiliser directement des huiles végétales (donc avec très peu de traitements) avec des moteurs diesel. Or, curieusement, le gouvernement penche tout de suite vers des produits plus élaborés... Tout semble bon pour sauvegarder un monopole des produits « pétroliers » au détriment de la simplicité et de la non-pollution.

                      Et cela, alors qu’il existe une loi européenne indiquant que les pays membres doivent favoriser l’utilisation de carburants bio, et surtout les exempter de toutes taxes.

                      La France est un des seuls pays qui ne l’applique pas encore, donc toutes les propositions actuelles du gouvernement ne sont que des manigances pour ne pas perdre les bénéfices de la vente de pétrole.


                    • Vanou 9 octobre 2006 23:19

                      Vous faites des raccourcis saisissants. Je ne comprends pas pourquoi le fait que le cycle rapide du carbone implique qu’il ne s’acccumule pas. Ici aussi, un vrai bilan scientifique manque pour conclure.

                      Je note simplement une idée intéressante. Tout le carbone des plantes ne finit pas dans l’atmosphère (ni dans le ventre des hétérotrophes, cf plus haut), puisqu’une une partie va devenir... des combustibles fossiles de l’avenir. Encore une raison pour ne pas brûles la biomasse.


                    • Jesrad (---.---.20.126) 9 octobre 2006 18:05

                      sauf peut-être M. Georges Bush fils, mais on ne lui en veut pas, il n’a pas fait d’études

                      Il a un doctorat d’une prestigieuse université américaine. Et vous ? Ne faites pas la bêtise de sous-estimer ce type. Il sait parfaitement ce qu’il fait.

                      Pour ma part, je prône l’utilisation d’un carburant renouvelable, très connu, facile à exploiter : l’huile de baleine smiley


                      • Christophe (---.---.123.29) 9 octobre 2006 18:23

                        Je suis assez d’accord avec l’auteur quand il dit que le développement des bio-énergies est d’abord et avant tout une demande politique. Je ne crois pas du tout à la dimension écologique de cette volonté soudaine d’accéléer les choses dans le domaine. Il s’agit à mon avis, d’abord et avant tout de réduire notre dépendance énergétique envers les pays producteurs (qui l’utilisent de plus en plus comme une arme, à double tranchant semblent ils l’oublier). Nos économie sont trop dépendante du coût de l’énergie, et les coûts actuels du pétrole commence à freiner la croissance mondiale parce que dépendants de pays instable et souvent non alignés.

                        Les autres énergies sont bien entendu également à prendre en compte et semblent plus prometteuses, mais il me semble qu’il y ait (politiquement et économiquement) urgence, et les piles à hydrogène (par exemple) ne semblent pas encore à l’ordre du jour (à un coût raisonnable en tout cas) ... smiley

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