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Climat : nos dernières cartouches ?

Une large majorité des spécialistes étudiant les différents aspects du climat terrestre semblent aujourd’hui convaincus que la planète se réchauffe globalement et que le« chauffage d’appoint » qui majore ce réchauffement est l’espèce humaine à travers ses émissions de gaz à effet de serre, majoritairement le CO2.
Quand le niveau jugé souhaitable du CO2 atmosphérique devrait être de 350ppm(contre 280ppm avant l’ère industrielle), il est de 380ppm et très peu semblent envisager encore que le seuil de 450ppm (estimé seuil à ne pas franchir) soit réalisable....
Nos émissions augmentent au rythme croissant de 2ppm/an et ont augmenté de 15% entre 1992 et 2002 seulement.

Récemment une conférence universitaire sur le climat a remis les pendules à l’heure en indiquant que le seuil de 650ppm pourrait facilement être franchis compte tenu des évolutions observées récemment.

James Hansen, lui-même, vient d’écrire une lettre ouverte à Barack Obama, disant explicitement que la lutte contre le réchauffement est un échec et rappelant l’urgence qu’il y aurait à agir.

En supposant exacte les inquiétudes de ces scientifiques, si le taux de CO2 est à ce point crucial, serions-nous à cours de cartouches pour , si absolue nécessité, faire baisser ce taux ?

Oui et non...

Concrètement sans doute et dans l’absolu, non (le site de JM Jancovici permet de sonder l’ampleur du problème).

Il faut savoir que nous émettons environ 20 Gt de CO2/an et que la nature en fait disparaître environ la moitié.

Un premier objectif pourrait être de limiter nos émissions au niveau que la nature peut prélever annuellement, ce qui implique une division par deux de nos émissions à échelle globale en tenant compte de l’augmentation inévitable des émissions chinoises et du reste du monde en développement (Inde entre autres). Or l’écart de consommation entre un américain, un européen et un chinois (ou indien) est encore énorme.

Un simple graphique montre à quel point nous sommes dans le rouge quasiment tous avec une économie fondée sur les hydrocarbures.

En pratique pour compenser le fait que chinois et indiens ne peuvent qu’émettre au-delà de leur quota de 460kg de C/hab/an les pays riches devraient diviser leurs émissions par un facteur supérieur à 20 voire 30 en quelques décennies.

Car logiquement si nous ne pouvons le faire malgré notre niveau de vie et notre technologie, attendre mieux de pays en développement est croire aux contes de fées.

On imagine à peine nos économies émettant entre 3 et 5% du CO2 émis actuellement.

Le recours massif aux sources d’énergies peu émettrices (nucléaire et renouvelables) et la refonte totale de nos transports (aucun véhicule à moteur thermique brûlant des hydrocarbures fossiles) comme la mise en oeuvre à toutes échelles des économies d’énergies et de l’efficacité énergétique suffiraient à peine, le tout susceptible d’être mis en pièces par des émissions chinoises et indiennes difficiles à museler pour cause de développement et de manque de moyens financiers pour privilégier des solutions bien plus coûteuses que le charbon par ex.

Il semble aussi utopique d’imaginer que les infrastructure énergétiques chinoises récentes (114GW de nouveaux équipements reliés au réseau en 2007 dont 80% de charbon) soient bazardées à court terme (moins de 20 ans) et la capture et stockage des émissions de ces centrales bien plus un voeu ardent qu’une hypothèse réaliste dans cette durée (notamment parce que ces centrales peuvent être fort éloignées de sites éventuels de stockage).

Si la dégringolade inouïe des émissions de CO2 du monde riche en 40ans est une hypothèse optimiste, la coupler à une stagnation des émissions de deux mastodontes en plein développement et au PNB/hab bien inférieur aux nôtres relève de la croyance aux miracles. Les émissions du reste du monde vont continuer à augmenter et réduire nos émissions de 100% ne suffira pas.

La seule cartouche que nous n’ayons pas encore suffisamment évaluée est de faire passer le monde riche (et si possible l’autre au moins partiellement) en mode « émissions négatives », concrètement en pompant du CO2 de l’air pour le géostockage.

La version la plus simple consistant à reboiser n’est vraiment efficace que pendant la période de croissance des arbres (quelques décennies à un siècle) ce qui donnerait un répit salutaire. A nous de choisir les essences les meilleures pour l’objectif visé, sachant que cela nécessiterait des dizaines de millions d’ha mis en réserves pour la seule capture de CO2 durant 50 ans par ex. Contrairement aux agrocarburants « classiques » on aurait ici affaire à une authentique capture et non une émission plus ou moins réduite par rapport à l’usage d’hydrocarbures.

A plus long terme il faut couper et replanter si on ne veut pas tendre vers un bilan (en terme de CO2) très faible.

Une version qui peut être plus efficace (on évite de voir un incendie tout réduire à néant par ex ou une maladie sur une forêt trop peu diversifiée) est d’utiliser des cultures visant à la production d’une quantité maximale de biomasse à l’ha (on songe au miscanthus par ex capable de produire 60t/ha annuellement) en rotations.

On méthanise la totalité de la biomasse (peu coûteux), on reforme le méthane en hydrogène (pour centrales ou piles à combustibles) et on stocke le carbone soit sous forme gazeuse (on construit la centrale à l’endroit désirée) ou mieux, solide.

On pomperait le CO2, on restaurerait nos sols (retour au sol des minéraux via le reliquat solide/liquide de la fermentation) et on aurait une source d’énergie pour lisser l’intermittence des renouvelables actuels.

Une autre version également étudiée consisterait à cultiver des végétaux à grande vitesse de croissance, puis les pyrolyser pour obtenir du charbon de bois. On sait qu’il se dégrade lentement dans le sous-sol superficiel en étant un amendement de qualité et peut être enfouis pour géostockage sans les soucis liés au CO2 gazeux.

Là aussi, le résidus de pyrolyse peut servir de source d’énergie complémentaire pour centrale.

Les filières concrètes qui pourraient être mises en oeuvre font encore l’objet d’études (langue anglaise obligée) mais rien n’indique jusqu’ici d’obstacle conceptuel et autant le dire on est loin des inconvénients des agrocarburants pour moteurs thermiques.

Quel est le coût d’un climat instable ou partant en vrille ?

Stern a donné sa version, on peut y croire ou non, mais si nous avons le pouvoir qu’une majorité de scientifiques nous attribuent sur l’évolution du climat, peut-être est-il encore temps de regarder du côté des végétaux (n’oublions pas les micro-algues) pour mettre en place une infrastructure énergétique non seulement peu émettrice en carbone mais aussi capable d’en absorber en quantité.

 

A long terme (au-delà du siècle), utiliser des végétaux comme source d’énergie sera sans doute une hérésie (vu leurs faibles rendements de conversion).
A plus court terme, ils pourraient nous éviter un départ en vrille du climat aux conséquences incalculables.

Nous n’avons aucun besoin des agrocarburants pour moteurs thermiques. Mais nous risquons d’avoir besoin des terres sur lesquelles ils sont actuellement cultivés pour d’autres cultures énergétiques...

Les cultures énergétiques avec capture et géostockage du carbone semblent à l’heure actuelle une cartouche importante (pas la seule) à utiliser pour éviter que des seuils climatiques ne soient franchis à brefs délais.

Nous en sommes au degré zéro (plus epsilon) de cette prise de conscience et le temps ne semble pas être de notre côté.

 

par jjwaDal jeudi 15 janvier 2009 - 51 réactions
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  • Par ph11 (xxx.xxx.xxx.229) 15 janvier 2009 20:22

    Pensé unique, Allègre, ... ne sont pas les meilleurs plaidoyer de la vision anti-CO2, ils usent d’argument obsolètes.

    La science constate les faits, doit se remettre en question tout les jours, un modèle proposé tel jour ne fonctionnera plus le lendemain. Le consensus n’a rien à faire en science et est du domainde de la politique.
    Nos connaissances en climatologie sont encore trop rudimentaires pour pouvoir tirer des conclusions et prédire le climat dans 20 ans.

    Mieux vaut suive des magasines et des sites scientifiques réputés

    http://wattsupwiththat.com/

    http://www.climateaudit.org/


    une augmentation du CO² est bénéfique pour la biosphère :( Iglesias-Rodriguez, M. D., Halloran, P. R., Rickaby, R. E. M., Hall, I. R., Colmenero-Hidalgo, E., Gittins, J. R., Green, D. R. H., Tyrrell, T., Gibbs, S. J., von Dassow, P., Rehm, E., Armbrust, E. V. Boessenkool, K. P. 2008. Phytoplankton calcification in a high-CO² world. Science 320:336-340)

    les émissions annuelles de carbone d’origine humaine sont neutralisées dans la nature en moins de 12 jours : (Rate of Increasing Concentrations of Atmospheric Carbon Dioxide Controlled by Natural Temperature Variations, Goldberg, Fred, Energy & Environment, Volume 19, Number 7, December 2008 , pp. 995-1011(17))

    l’influence des océans dans l’augmentation de la température atmosphérique n’est jamais prise en compte : (Compo, G.P. and P.D. Sardeshmukh. 2008. Oceanic influences on recent continental warming. Climate Dynamics, DOI 10.1007/s00382-008-0448-9)


    les modèles de prévision développés par L’IPCC sont au mieux faux : 
    (Limits on CO2 Climate Forcing from Recent Temperature Data of Earth (Energy & Environment, 2008) - David H. Douglass, John R. Christy) ;

    http://folk.uio.no/tomvs/esef/ESEF3VO2.htm

    regard critique sur les coûts économiques astronomiques et l’inefficacité du protocole de Kyoto


    Tout est en Anglais, malheureusement, mais ces sources sont sures et sérieuses, venant des magasines sciences, energy & environment,...

  • Par Pierrot (xxx.xxx.xxx.48) 15 janvier 2009 11:34
    Pierrot

    Article intéressant.

    La variation du climat dépend principalement de la croissance des émissions de gaz à effet de serre : H2O, CO2, CH4, N2O, SF6, O3, CFC et HCFC.

    Le plus important contributeur est certes le CO2 mais la lutte pour la baisse des émissions de CH4 (PRG à 100 ans = 23 fois celui du CO2 à masse égale) qui me semble pourtant plus facilement accessible que la diminution des émissions de CO2.

    Le site de monsieur Jean Marc Jancovici (manicore.com) est bien fait, simple à comprendre et didactique).

    Concernant l’abaissement du CO2 à long terme, vers 2050, les voies les plus accessibles techniquement et économiquement me semble être celles concernant l’énergie et le transport :


     l’amélioration de l’isolation de l’habitant,


     les voitures électriques à batterie Li-ion et celles en cours de recherche,


     le développement de l’énergie nucléaire de 4 ième génération et plus marginalement le solaire thermique et photovoltaïque (par contre l’énergie éolienne et géothermique devraient rester marginales)

  • Par HELIOS (xxx.xxx.xxx.151) 15 janvier 2009 13:59
    HELIOS

    """Le plus important contributeur est certes le CO2"""

    C’est vous qui le dites ! Le plus important est la vapeur d’eau (H2O), pas le CO2.

    Quand a l’origine humaine de l’exces de CO2, juste une question... savez vous combien rejette par jour le volcan Hawaïen Kiloea de CO2 et autres gaz souffrés et/ou azotés ? et il est loin d’être le seul ! 

     Ah... avant de répondre, c’est vrai que c’est plus porteur et plus politiquement correct que d’accuser le petrole et l’automobile, comme les autorités l’ont fait pour la pollution a Lyon dernièrement. Les chauffages chaudieres a fuel, a gaz et même à bois n’y etaient pour rien, bien sûr.

    Ce qui ne veut pas dire qu’il faille favoriser le petrole, mais juste remettree les choses a leur place.

  • Par jmr (xxx.xxx.xxx.42) 15 janvier 2009 14:55

    JL, contrairement à ce que vous écrivez, les calottes glaciaires ne disparaissent pas du tout. En effet, alors que celle du pôle nord a connu un minimum en été 2007, (comme elle en a connu en 1922 ou en 1906 quand Amundsen a franchi le passage du Nord-Ouest) la perte de banquise a été en 2008 bien nettement moins importante et les niveaux de glace sont maintenant tous supérieurs à ceux de l’an dernier. Le pôle sud connaîssait en même temps son maximum d’extension depuis le début des observations.

    Quant à l’article ci-dessus, il n’est basé que sur une simple hypothèse et pas du tout sur une certitude : les gaz dits "à effet de serre" semblent quasi-inactifs pour réchauffer la terre.
    On peut constater qu’ils continuent de croître régulièrement, mais que la température baisse depuis quelques années (2008 est l’année la plus froide de la décennie), ce qui contredit la théorie de l’effet de serre actuelle.

    Il semble beaucoup plus certain que si il y a réchauffement, il est à imputer à de tout autres phénomènes, avec l’influence de l’activité solaire, du géomagnétisme et d’autres facteurs à l’étude comme l’influence des rayons cosmiques sur la formation des nuages (expérience clouds). Enfin aucun des marqueurs de l’effet supposé des GES (les phénomènes annexes qui montreraient que ce sont bien eux qui agissent) n’est observable.

    On sait également qu’il y a eu plusieurs glaciations pendant lesquelles les taux de CO2 étaient jusqu’à 50 fois plus élevés qu’aujourd’hui, et les carottages de glaces aux pôles montrent que les variations de taux de CO2 ont toujours suivi les sorties d’âge glaciaires, 400 à 800 ans plus tard !

    Quant à parler de réchauffement global, on en est loin car dans une maison où la cuisine se réchauffe pendant que le séjour se refroidit, que diriez-vous de sa température globale ? Pendant qu’au pôle nord il y avait une fonte, au pôle sud on avait un refroidissement et une extension des glaces…

    Le climat a toujours varié, depuis des millions d’années, gardons-nous de désigner un coupable moderne pour des événements cycliques liés à la nature et observés sur de trop courtes périodes.

    Consultez le web, un site comme pensée unique vous apprendra beaucoup de choses surprenantes et vous fournira d’excellentes références.

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