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Climat : que ne savons-nous pas ?

Il n’existe qu’une seule façon de déterminer de façon absolue si de l’énergie s’accumule dans un système (la Terre considérée comme un système isolé) et c’est de s’en extraire.

  Idéalement on observe de l’extérieur l’énergie qui entre, celle qui sort, on fait le bilan dans la durée et on peut dire que le système accumule ou perd de l’énergie et la variation dans le temps. Incidemment on aura accès également aux différentes composantes de ce bilan.

  Avons-nous la réponse à cette question et savons-nous de façon indiscutable que depuis (1850 par ex) la Terre accumule des calories ? La réponse est clairement « non ».

  Nous commençons à peine à avoir une couverture satellitaire permettant d’apprécier un peu mieux les échanges énergétiques entre la Terre et l’espace et notre recul est voisin de zéro (1985).
  La quantification du flux entrant et de ses effets est à elle-seule un casse-tête. En effet ce n’est pas essentiellement de la chaleur qui arrive, mais de l’énergie sous forme électromagnétique et particulaire. Elle se dégrade plus ou moins avant d’être réémise, mais les effets sont souvent bien plus complexes qu’on imagine. On sait par ex que quand le soleil diminue son activité d’une fraction de pourcent, le pourcentage d’UV peut lui diminuer de 4%. Et alors ? Alors les UV génèrent de l’ozone qui est un GES. Dans le même temps la quantité de rayons cosmique peut varier significativement, or on soupçonne de plus en plus un rôle comme agent de nucléation de la vapeur d’eau dans la basse atmosphère et semblent impliqués dans la genèse des phénomènes lumineux transitoires (TLP )récemment découverts à haute altitude. Dit plus simplement la quantité d’énergie apportée par le soleil peut à peine varier tout en ayant des effets non linéaires mal cernés sur les échanges énergétiques entre la Terre et l’espace.
  La quantification du flux sortant est aussi délicate (en plus d’obliger à une surveillance globale 24/7 dans la durée) car on croyait il y a peu qu’au-dessus de la troposphère les échanges avec l’espace étaient radiatifs (pas de convection dû au piégeage de l’eau plus bas). Hélas la découverte des TLP montre que de l’énergie peut sortir ponctuellement, sous une autre forme. Ces phénomènes étant de très courte durée, à haute énergie et associés souvent à un phénomène banal (orages) il est urgent de savoir qu’elle quantité d’énergie est évacuée sous cette forme et là encore la variation du phénomène au cours du temps (couplage au soleil via rayons cosmiques ?).
  La découverte récente d’une contraction anormale et imprévue de la thermosphère nous replace dans le champ de l’exploration plus que des certitudes.

  Un niveau de difficulté supplémentaire vient du fait que la Terre dispose de nombreux moyens pour modifier sa réponse à un flux énergétique incident stable, via l’eau sous toutes ses formes et de nombreux effets non linéaires. Les océans peuvent absorber ou émettre énormément de calories et leur comportement actuel n’est pas maîtrisé. Quel est le volume de calories stockées dans nos océans, leur répartition (non homogène) leur évolution au cours du temps ? On commence tout juste à les sonder dans leur volume, alors juger de leur état en 1850 sur la base d’une poignée de températures (prises en pleine mer « à la raoul ») pose un problème de crédibilité.
  L’atmosphère est pire encore, avec de possibles modifications de l’hygrométrie (horizontales et verticales) et de la couverture nuageuse. Seule une couverture satellitaire au long cours (complexe d’ailleurs vu que l’altitude d’une couche nuageuse a de l’importance et qu’il faut aussi quantifier les mouvements verticaux) pourrait indiquer s’il y a eu variations ou non, or nous n’en sommes même pas là.
  Enfin le troisième état de l’eau (solide) pose aussi de nombreuses questions. Fondamentalement la glace est un puit thermique et son changement de phase absorbe énormément de chaleur. Quel a été la variation du volume de glace présent sur Terre (disons depuis 1850) incluant les zones polaires et de pergélisols ? On n’a aucune certitude dans le domaine, les mesures satellitaires globales depuis 1979 ne montrant pas une évolution significative. Là aussi le manque de recul est flagrant.
  
  Pour résumer, nous sommes incapables de déterminer précisément et avec du recul le budget énergétique de la Terre, nous sommes incapables (dans la durée) de déterminer comment et en quelles quantités les flux de calories ont migrés dans l’hydrosphère. Pire, nous disposons d’une théorie sans illustration probante dans le passé connu (où c’est le réchauffement qui occasionnait l’augmentation des GES et non le contraire) qui associe aux incertitudes amonts les facteurs d’incertitudes dûs aux modèles numériques utilisés pour simuler l’évolution possible du climat. A noter que tout ces modèles prêtent une rétroaction positive plus ou moins grande de l’eau.
  Question : Dans le passé, suite à un réchauffement substantiel les taux de GES ont été 15 à 20 fois ce qu’ils sont en 2010. Logiquement si le climat diverge quand on augmente l’effet de serre (plus ça chauffe, plus ça dégaze et plus ça chauffe) qu’est-ce qui a empêché une divergence catastrophique des températures ? Les pôles ont fondus, les clathrates de méthane se sont lâchés, les océans ont dégazés, la vapeur d’eau en a rajouté une couche et nous sommes là ? Pourquoi ?
  La nature s’est-elle trompée ou est-ce nous et nos modèles ?

  Il y a motif minimal à douter de notre degré de certitude. On ignore le budget des flux énergétiques entrant/sortant du système, le volume de glace ayant fondu depuis 1850, la variation
dans le temps de l’hygrométrie aux différentes altitudes et celle de la couverture nuageuse (basse et haute). On ignore la quantité d’énergie stockée dans les océans et l’évolution des échanges
avec l’atmosphère. Fondamentalement on ne connaît pas tous les acteurs du climat et on a les pires difficultés à les quantifier avec suffisamment de précision pour faire ressortir le signal
d’un effet GES anthropique du bruit. Faites tourner des modèles numériques avec ça...

  Bien sûr, cette théorie n’est pas née de rien. Nous avons une collection remarquable de proxies (indicateurs indirects de température) qui montrent d’ailleurs qu’il a fait aussi (sinon plus) chaud il y a 1000 ans et qu’une partie du réchauffement a préexisté à nos émissions de GES. La science nous dit que "tout prix en compte" (j’en vois qui sourient) il reste un facteur et que ce doit être nos émissions de GES. Le CO2 est un GES après tout... En l’absence d’eau sur Terre le problème serait peut-être soluble, mais avec...
  Tout indique que la science ne pourra trancher le débat avant longtemps et qu’il n’est certainement pas clos (aux détails près).


 
par jjwaDal samedi 31 juillet 2010 - 89 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Francky la Hache (xxx.xxx.xxx.191) 31 juillet 2010 13:36
    Francky la Hache

    Très bel article.

    Pour la conclusion, il y a peut-être un espoir.
    Je surveille régulièrement cette courbe
    Solar Cycle Progression and Prediction ,
    qui est actualisée chaque deuxième mardi du mois.
    Depuis mai 2008, le maximum de taches solaire est prévu à 90 taches pour le premier trimestre 2013. Mais il s’agit d’un consensus sorti dans la douleur, et mon petit doigt me dit que cette prévision est trop optimiste et qu’elle va à nouveau être revu à la baisse.
    Chaque mois, le NOAA "triche" en changeant la pente du début de la prévision pour éviter une marche d’escalier !!! Quelle honte. Mais cette marche se dessine inexorablement.
    Enfin, on aura, je crois, une chance qui vient de la nature.
    La baisse annoncée de l’activité solaire si elle est marquée nettement nous permettra de mesurer et comparer son effet face à son adversaire du moment le réchauffement antropique, qui existe mais dont la proportion est inconnue. Le GIEC affirme sans complexe qu’il représente 90% du réchauffement du XXès, d’autres scientifiques estiment que ce pourrait être même pas 10%.
    C’est un espoir pour avoir une conclusion honnête sur ce fameux-fumeux RC.
    Il y a en effet des mesures que les politiques aimeraient prendre, à l’éthique douteuse, et le RC a bon dos.
    Il faut privilégier la Science libre qui seule pourra nous éviter une véritable catastrophe politique. Le GIEC ne m’apporte pas du tout les bonnes garanties.

  • Par floyd (xxx.xxx.xxx.193) 31 juillet 2010 16:02
    floyd

    "Météo et climat ne sont pas la même chose."


    C’est ne peut-être pas la même chose, mais on ne sait prévoir ni l’un ni l’autre.
    Par contre, on voit bien que dès qu’il fait un peut plus chaud que la moyenne, les réchauffistes nous ressortent les gros titres sur les conséquences catastrophiques de la chaleur. Il n’y a qu’a voir il y a quelques semaines, pendant la période de canicule, ou tous les médias nous ont matraqué avec l’article de la NOAA sur le ’record de température du mois de juin’ avec des titres impressionnants comme ’L’année la plus chaude’ (alors que nous sommes même pas à la fin de la fin) ou même mieux encore ’Juin, mois le plus chaud de l’Histoire de la Terre’ (quand la terre était en fusion, il faisait moins chaud ?... n’importe quoi) :


    Pourtant dans ces cas, on ne voit aucun réchauffiste s’offusquer de la confusion entre la météo et le climat, puisque cela va dans leur sens.

    Sur cette histoire du mois de juin le plus chaud, un article de Papyjako qui montre bien que leurs statistiques, c’est du vide :
  • Par tinga (xxx.xxx.xxx.165) 31 juillet 2010 11:10

    Merci pour cet article, et il est vrai que lorsque’on lit les rapports du GIEC, les écarts sont tel dans les prédictions à quatre années d’interval que l’on pense plus à "madame soleil" qu’à une véritable science.

    Si on ajoute le fait qu’il existe une "science" , la géoingéniérie qui prétend agir sur le bilan énergétique global de la planète (définition proposée entre autre par le GIEC), on ne peut être qu’effrayé par la prétention de certains scientifiques.
    Les expériences criminelles faites par les militaires sur le contrôle du climat sont elles prises en compte ? bien qu’ elles furent interdites à la fins des années 70 par des traités internationaux, il est évident qu’elles se sont intensifiées. 
  • Par jjwaDal (xxx.xxx.xxx.123) 31 juillet 2010 12:11
    jjwaDal

    Mes plates excuses aux lecteurs. L’intro a disparue à l’envoi. donc ça démarre bille en tête.
    Shit happens...
    Il y a énormément de matériaux sur le web et je n’ai pas tout lu (impossible d’ailleurs). Je ne peux que conseiller en français le site "pensée unique" et en anglais "WUWT" source inépuisable de liens vers des études montrant les contradictions et la vanité de la certitude à 90% du GIEC. La meilleure synthèse vidéo que je connaisse des "problèmes" est issue de "climate skeptics" et reprends la simulation numérique (dans le passé) avec la rétroaction positive des modèles du GIEC, la chute de l’humidité relative dans la troposphère (qui pourrait contrebalancer la surchauffe dûe au CO2, théorie de Miskolczi), une très jolie synthèse.
    J’ai croisé la théorie "hot water bottle" et je mentionne dans l’article qu’effectivement les océans peuvent stocker des calories (y compris les dissimuler via changement de phase de glaces) et en émettre. La capacité calorifique de l’eau dépasse de très loin celle de l’air en effet et comme on a des courants bouclant sur des décennies et siècles.
    Par gourmandise, nous avons croisé le fer dans le passé et je soutenais mordicus les thèses du GIEC. On gagne beaucoup à creuser le sujet...

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