Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Environnement > Clipperton, un atoll français du Pacifique (3) L’île de la Passion, (...)

Clipperton, un atoll français du Pacifique (3) L’île de la Passion, de toutes les passions

Evénements scientifiques et médiatiques

En 1942, Emilio Fernandès, réalise un film en noir et blanc « La isla de la Passion  », ce Mexicain serait ainsi retourné sur Clipperton bien avant l’expédition mexicano-française SUPRACLIP de 1997, mais non mandaté par son gouvernement.

En 1972, le journal “L'Opinion” publie un reportage intitulé : “L'île de Clipperton ; une colonie française en gestation” faisant état des communiqués violemment anticolonialistes du MIC, Mouvement pour l'Indépendance de Clipperton. Ces articles seront repris dans quelques journaux et même dans des quotidiens marocains avant qu’on ne s’aperçoive à la lecture du quotidien Le Monde qu’il ne s’agit que d’un canular !

1976, l’expédition Cousteau, à bord de la Calypso, avec présence d’un hydravion, effectue des études du milieu, réalise un film et nombreuses observations scientifiques. Un plongeur de l’équipe Cousteau est arrivé à descendre jusqu’à 34 mètres avant d’être arrêté par un bouchon acide dans le trou sans fond. L’équipe Etienne n’arrivera même pas jusqu’à cette profondeur, le record actuel est donc toujours détenu par la Marine Nationale en 1968 avec 37 mètres.

1978, février-mars, expédition franco-suisse de radioamateurs, sur embarcation américaine, le Philippa avec le ressortissant français Alain Duchauchoy (voir plus loin)

1980, lors du deuxième passage de Cousteau, il sera réalisé un second film, « Clipperton, île de la solitude ».

En novembre 1997, l'expédition océanographique SURPACLIP mexicano-française, dirigée par la Dr. Vivianne Solis et une équipe de chercheurs mexicains de l'Instituto de Ciencias del Mar y Limnologia de l'Université Nationale Autonome de Mexico se rend sur l'île avec le navire océanographique El Puma, accompagné de Christian Jost, seul Français de l’expédition. 47 prélèvements de boues des grands fonds et d'eau de mer furent réalisés entre Acapulco, Clipperton, Socorro et Mazatlán ainsi qu'un échantillonnage des espèces récifales de Clipperton. C’était la première fois que les Mexicains retournaient officiellement sur Clipperton depuis le drame des oubliés en 1917, si l’on ne tient pas compte du passage de pêcheurs et du cinéaste Emilio Fernandès en 1942.

Les sondages effectués par 3500 m de profondeur autour de l’atoll ont révélé la présence de nodules polymétalliques en grande quantité dans la Zone économique exclusive, (ZEE) de Clipperton avec de prometteuses possibilités d’exploitation rentable à terme. Il est à noter que pour ne froisser aucune susceptibilité et éviter tout incident diplomatique, il fut décidé, certes dans la bonne humeur, qu’aucun drapeau national, ni mexicain ni français, ne serait hissé sur l’atoll pendant la durée de la mission scientifique.

La mission "Passion 2001", sur la frégate ASM « Latouche-Tréville » et l’aviso « Commandant Bouan » préparée et dirigée par Christian Jost, en collaboration avec la Marine Nationale, avait pour principaux objectifs :

- de compléter les observations et comptages réalisés en 1997 ;

- d'installer la première borne géodésique sur le Rocher ;

- d'effectuer les mesures satellite de positionnement pour corriger les cordonnées anciennes et inexactes, de l'île en collaboration Laboratoire de Géophysique IRD Nouméa ;

- d'effectuer des nivellements et relevés de terrain pour réaliser la nouvelle carte ;

- de faire un état précis de la flore (comptage des cocotiers, cartographie des formations et de la faune (comptage et évaluation des oiseaux, identification d'autres espèces, de prélever des échantillons de niveaux coralliens de la couronne et de trachytes du Rocher pour datations (collaboration UBO Brest), de prélever des échantillons d'eau du lagon.

Cette mission a aussi permis de réaliser un film, (en collaboration avec le Centre de Documentation Pédagogique de Nouvelle-Calédonie), et plusieurs articles et conférences. D'autres sont encore à paraître, notamment la spatio-carte en cours d'établissement à partir d'une image SPOT et des données de terrain. L’expédition scientifique a été réalisée avec le concours de la Marine Nationale sur le plan logistique (dépose de l'équipe, hélitreuillage du matériel, du zodiac, etc...) et sur le plan humain (relevés, portage, mesures au sol) elle a été financée par la Délégation française auprès de la Communauté du Pacifique (Secrétariat à l’Outre-mer et le Ministère des Affaires Etrangères). La mission a étroitement collaboré avec laboratoire de Géophysique et le laboratoire de Paléo-environnement du Centre IRD de Nouméa. L’équipe scientifique, partie de Panama à bord de la frégate ASM Latouche-Tréville escortée de l'aviso Commandant Bouan, a rallié Clipperton le 25 février 2001, en cinq jours. Un hélicoptère Lynx a permis d'éviter un débarquement en zodiac jugé trop périlleux ces jours-là du fait de l’état de la mer. A l’occasion du séjour à terre, une prise d’arme avec remise de médailles fut organisée le 26 février 2001 pour honorer des militaires français ayant servi en ex-Yougoslavie et s’y étant distingués. Clipperton a sans doute été le lieu le plus insolite et isolé pour une décoration de toute l’histoire des armées françaises.

Stéphane Dugast, journaliste à la revue spécialisée Cols Bleus, a participé aux expéditions sur Clipperton à bord du Latouche-Tréville en 2001 et du Prairial en 2003. Auteur de nombreux articles sur Clipperton et d’interviews il a aussi coréalisé un film, « Clipperton, l’île mystérieuse » en 2003.

La mission Clipperton, Jean-Louis Etienne-7ième Continent, à laquelle se sont associés une quarantaine de chercheurs du CNRS, de l'EPHE, du Muséum, de l'IRD ou de l’IREN, a été réalisée de décembre 2004 à mars 2005 avec comme objectif l'inventaire de l'écosystème, actualisant et complétant les données existantes.

Les résultats ont été publiés sous la forme d'un ouvrage collectif en septembre 2009 : “Clipperton, environnement et biodiversité d’un microcosme océanique” ; comprenant entre autres des études des marées, des températures et pressions atmosphériques et des monographies sur la géologie de l’atoll, la faune et la flore.

Cependant le site web de l’aventurier-explorateur présente plus en détail son équipe d’administratifs, secrétaires, attaché de presse et de logisticiens que les scientifiques dont on retrouve les photos et le titre dans des sous-rubriques dédiées à leurs recherches. Sans remettre en question la qualité du travail de ces chercheurs qui sont de véritables scientifiques, on peut se demander si un tel mélange des genres est en mesure de crédibiliser leurs travaux. La science demande discrétion et introspection et un environnement, oscillant entre les aventures de Tintin et les Bisounours écolos, ne peut créer que hiatus et interrogations. On ne doit cependant trop jeter la pierre à l’organisateur de la mission car il se veut dans l’air du temps avec cette approche de l’initiation à la science de façon ludique et formatée qui transforme toute recherche en jeu pour le grand public et où il n’est pas possible d’aborder la science sans infantiliser le spectateur. La fin de la confidentialité de la recherche permet certes d’intéresser un plus vaste public et sert à vulgariser plus aisément les connaissances nouvelles, avec le risque d’en altérer le contenu. Jean-Louis Etienne est donc comme beaucoup d’autres tributaires des contraintes médiatiques. Pour se faire sa propre idée non orientée par les opinions et prises de position de l’auteur, le lecteur peut consulter le site : www.jeanlouisetienne.com/clipperton/

L’expédition des radioamateurs en 2008,

Expédition internationale sur le Shogun battant pavillon des Etats-Unis. (Voir plus loin)

L’échouement du cargo maltais Sichem Osprey, transportant du xylène le 11 février 2010

Clipperton a de nouveau fait l’actualité en février, mars 2010 à la suite d’un incident en mer qui aurait pu avoir de très graves conséquences écologiques. Heureusement, plus de peur que de mal, le chimiquier qui s’était échoué le 11 février à Clipperton a pu être remorqué sans avoir entrainé de pollution, le 7 mars 2010. Cet incident rappelle la fragilité de l’atoll et la nécessité impérieuse de sa protection par les autorités françaises.

Par chance, le Sichem Osprey n’était pas un navire poubelle comme il en existe encore trop, mais un double-coque de 170 m de long construit très récemment. Battant pavillon maltais avec un équipage de 19 marins, il se dirigeait vers la Corée du Sud en passant par le canal de Panama. Il transportait plus de 10.000 tonnes de xylène, du suif et de l’huile de soja. L’armateur, sous pression des autorités françaises, a fait appel immédiatement à une société de remorquage pour le sortir de ce pétrin. Le gouvernement français, aussitôt informé a dépêché rapidement la frégate Courbet qui arriva sur le site dès le 26 février avec une équipe d’évaluation des risques de pollution. Finalement après plusieurs tentatives infructueuses de déséchouement et le pompage d’une partie de la cargaison, le Sichem Osprey a pu être désenclavé sans dommage écologique pour l’atoll et a pu reprendre sa route vers le Mexique. Après le déséchouement, le cargo maltais se fit oublier très vite et on n’entendit plus parler de lui.

Mais cet épisode qui s’est en fin de compte bien terminé, doit faire réfléchir à une stratégie de protection de Clipperton et de son environnement fragile, car il n’est pas certain qu’un nouvel incident de mer survenant sur un cargo se passe aussi bien que celui du Sichem Osprey. Une marée noire serait catastrophique pour l’atoll, non seulement de par les effets du pétrole sur la faune et la flore, mais surtout parce que les opérations de dépollution seraient très complexes du fait de la position géographique de l’île et nécessiterait une logistique lourde et couteuse qui demanderait un délai de mise en œuvre.

L’association Clipperton, Projets d’Outre-mer, (association de droit Alsace/Moselle) fut créée le 11 novembre 2008 dans les locaux de l’université de Metz. Le but et les objectifs de cette association sont l’étude, la promotion et la mise en valeur de Clipperton et des territoires insulaires d’Outre-mer, ainsi que la réalisation de projets scientifiques, historiques ou de recherche sur ces territoires. Fondée à l’initiative de neuf membres, tous passionnés de l’atoll, dont l’auteur de cet ouvrage, cette association dénombrait 62 membres lors de sa dernière Assemblée Générale le 15 mai 2010, dont des scientifiques, des radioamateurs et d’anciens militaires ayant séjourné sur l’atoll. Son président est actuellement Christian Jost.

L’association se veut un pôle de réflexion, d’information sur les territoires d’Outre-mer et avec une approche ouverte aussi bien à la recherche, qu’à l’écologie ou l’économie sans restriction ni tabou. L’association en particulier n’est pas contre la mise en valeur et l’exploitation économique de Clipperton et des îles Eparses à condition d’en respecter l’environnement, de planifier et d’encadrer strictement les activités économiques. Elle est en contact régulier avec le Ministère de l’Outre-mer et les divers organismes administratifs et scientifiques en charge de ces territoires. Le conservatisme absolu étant à la fois utopique et contreproductif pour ces îles, accepter une présence et une activité humaine ne serait-ce que pour les protéger n’est pas une hérésie, loin de là.

L’association développe aussi une approche historique. Elle est partie prenante de la commémoration au Havre du tricentenaire le la découverte de l’île, par Dubocage de Bléville en 1711. Certains de ses membres ont joué un rôle très actif d’information, de vigilance et de mobilisation lors de l’échouement du cargo maltais, Sichem Osprey, sur la côte de l’atoll en février 2010. Elle permet enfin aux anciens militaires des missions Bougainville de maintenir des contacts entre eux et de faire part de leur expérience aux civils et aux plus jeunes.

Les voyages des radioamateurs

Les radioamateurs sont des passionnés dont les centres d’intérêts sont très variés. Un de leurs objectifs est d’émettre et d’être réceptionnés des endroits les plus isolés de la planète, mais ils ont su greffer autour de leur hobby d’autres thématiques et leurs expéditions associent le plus souvent des scientifiques de plusieurs spécialités selon le terrain sur lequel ils se rendent. Clipperton fait naturellement parti de leurs objectifs d’escale. Entre 1954 et 2008, pas moins de dix expéditions ont été organisées sur l’atoll. Le radio amateurisme est une activité de loisir à caractère scientifique et technique qui permet d’établir des liaisons avec les radioamateurs du monde entier, mais surtout de développer des liens d’amitié entre membres. On recense environ 2,5 millions de radioamateurs dans le monde, dont 16.500 en France.

Inventaire et chronologie des expéditions : [i] (Voir note)

Notons enfin que l’absence de présence humaine sur Clipperton, n’a pas rendu possible la retransmission par satellite sur l’atoll du match de Coupe du Monde de football entre la France et le Mexique le 17 juin 2010. La défaite cinglante de l’équipe de Raymond Domenech y aurait pourtant pris une dimension surréaliste avec des allures de revanche tardive pour les Mexicains.

Mais ne rêvons pas, ce n’est pas demain la veille que la Fédération Française de Football délocalisera un match international entre l’équipe de France et celle d’un pays d’Amérique latine sur Clipperton, bien qu’il y ait de la place pour un terrain au niveau de la piste d’atterrissage. Les crabes et les fous masqués ne sont pas exactement le public idéal pour ce genre de spectacle ! Et en plus, la France n’a pas encore réussi à identifier dans les eaux territoriales environnantes, un poulpe pronostiqueur suffisamment expert en ballon rond ! A moins que Gecarcinus planatus Stimpson, s’y mette à son tour et remplace avec le même brio Paul décédé brusquement dans son vivarium le 24 octobre 2010, qui sait ! Mais la couleur de sa carapace le rendrait rapidement suspect de favoritisme pour l’équipe batave, même s’il était sponsorisé par un groupe français de téléphonie mobile de réputation internationale.

 

Le Rocher de Clipperton (29 mètres) – © C. Jost

Ecologie, environnement et climat

Les récents fantasmes millénaristes de fin du monde qui nous viennent droit du Moyen-âge, bien que relayés par les moyens les plus modernes de communication, ne peuvent être qu’exacerbés sur un atoll potentiellement inondable, surtout quand l’épée de Damoclès de la montée des eaux vous est répétée à longueur de journal télévisé. Et si la nouvelle version laïque de l’Eden de la Bible se terminait par un déluge digne de Noé ! La puissance des cyclones qui traversent les océans ne peut qu’y faire irrémédiablement penser. Pourtant les terres insulaires, quand elles sont minuscules, sont quelquefois submergées quand la mer se déchaîne lors des grandes tempêtes. Mais elles ont toutes jusqu’à présent refait surface. L’engloutissement temporaire de Clipperton, que personne ne souhaite, ne serait malgré tout pas la preuve du réchauffement climatique et de la montée inéluctable des eaux.

Intérêt d’une écologie raisonnée

Cependant, en dépit des errances, phobies et délires de quelques ayatollahs verts médiatiques, l’apport récent de l’écologie dans la connaissance humaine a entrainé une prise de conscience indéniable de la pollution et du rôle de l’homme sur son environnement. La récupération des déchets, la protection de la nature ne permettent plus, en théorie, des dépotoirs comme ceux de l’armée américaine, qui laissa sans complexes un amas de munitions sur Clipperton en 1944, et reconnaissons-le, l’immense décharge de l’armée française aux îles Eparses, heureusement récemment déblayée et évacuée en 2009. Les militaires français qui avaient pourtant pollué ces îles pendant des décennies, nettoient et évacuent désormais les dégâts occasionnés sans trop le médiatiser. Lors des missions Bougainville de 1966 à 1968 l’armée française a organisé la collecte des ordures et débris contrairement à ce qui c’est passé sur les Îles Eparses. Les déchets étaient stockés à bonne distance de la zone-vie côté mer « Nous enterrions tout, sauf ce qui pouvait être brûlé ».

Une optique saine de conservation de l’environnement, de mise en valeur du patrimoine naturel ne peut être que bénéfique à des terres isolées et fragiles comme Clipperton. En revanche, l’utilisation de l’écologie à des fins politiques, médiatiques et commerciales ne peut qu’avoir un impact préjudiciable sur la cause supposée être défendue. Reconnaissons cependant qu’en tant que science, l’écologie apporte une connaissance des milieux fragiles comme les atolls et permet une prise de conscience à la fois étatique et individuelle qui débouche sur la sauvegarde de ce patrimoine de l’humanité.

Le cas spécifique de Clipperton

La présence de l’homme est compatible avec le respect de la nature, et elle peut être favorable à la biodiversité, par exemple en régulant la faune (crabes, rats, oiseaux), en introduisant des cultures vivrières ou en rouvrant le lagon de Clipperton pour permettre à la diversité biologique de se réinstaller. L’homme n’est pas obligatoirement une nuisance, n’en déplaisent aux tenants d’une nature virginale qu’il faudrait dévotieusement contempler derrière la vitre d’un aquarium géant.

L’exploitation économique des ressources de l’atoll et de la mer dans les eaux territoriales est souhaitable et ne met pas obligatoirement en danger le milieu naturel. Ecologie scientifique contre écologie politique et médiatique, donc, car comme la fin du monde n’est pas encore pour demain, il va bien falloir continuer à vivre et produire en attendant l’Apocalypse ! Il faut nécessairement envisager de nouvelles ressources alimentaires et minières si la planète veut encore vivre décemment les prochaines décennies, malgré la poussée démographique, à moins de maintenir le Tiers-monde dans le sous-développement endémique avec toutes les répercussions prévisibles que cela peut entrainer. Pourquoi la Chine, l’Inde ou l’Afrique n’aurait pas droit au bien-être matériel et à la consommation pour laquelle nous avons mis des décennies à les obtenir partiellement ? Et tout cela pour la sauvegarde d’une planète qui est loin d’être morte. Le monde ne doit pas être considéré comme une réserve naturelle dont le bénéfice esthétique ne profiterait qu’aux plus riches et à ceux qui le font visiter. La décroissance prônée par certains catastrophistes étant une régression, le seul maintien de la production et de la consommation actuelle entraine de facto une demande accrue de matières premières du simple fait de la croissance de la population. Et en admettant que cet alarmisme repose sur un fond de vérité, il faudra malgré tout s’adapter pour subsister. L’être humain, tout comme le rat, est capable de résister et de s’adapter pour survivre et personne n’a encore réussi à éradiquer ni l’un ni l’autre. La fin du monde n’est certainement pas pour demain, au plus tôt, elle aura lieu après-demain, c'est-à-dire dans des millénaires. Dans un état d’esprit rationnel et non excessivement pessimiste, l’utilisation de Clipperton comme base permanente française, autorisant pleinement l’exploitation des 200 miles nautiques est compatible avec la protection de la faune et de la flore. Il suffit d’instituer des règles simples mais strictes de l’occupation humaine, n’en déplaise à certains Torquemada de l’écologie. Et puis, une présence permanente pourrait éviter un nouvel échouement de cargo ou de pétrolier, ou du moins en minimiser l’impact en permettant une intervention rapide.

Une petite colonie de peuplement, incluant scientifiques, civils et militaires avec zone de mouillage pour un bâtiment de la Marine Nationale apporterait des recettes majoritairement fiscales à la France, ne serait-ce que par le droit d’arraisonnement des bateaux de pêche n’ayant pas acquitté les droits à la France. Enfin, un tourisme restreint et sélectionné pourrait générer une partie des frais de la base permanente et apporter la compagnie temporaire de têtes nouvelles aux occupants permanents. De toute façon, la mode n’étant plus au bétonnage intensif des côtes et les autorités tant politiques que militaires ayant conscience de leur image de marque, aucune implantation de nos jours n’est possible sans respect de l’environnement. Et comme la France ne craint pas une invasion militaire ou une « libération d’un territoire indument occupé » comme aux Falkland, le risque de bunkerisation de l’atoll n’est pas une option envisageable.


[i] Expéditions des radioamateurs

- La première expédition sur Clipperton, se déroula en 1954, organisé par un citoyen Américain, Robert Denniston. Il est le précurseur dans ce genre voyage vers des territoires inhospitaliers ou désert.

- La deuxième expédition, elle aussi américaine, eut lieu du 9 au 23 août 1958.

- La troisième expédition est anglaise et se déroule en novembre 1960.

- La quatrième expédition, la première où participent des Français, fut mise en œuvre du 20 au 28 mars 1978. Cette expédition franco-suisse, avait plusieurs objectifs : faire bien évidemment des émissions radioamateurs, réaffirmer la présence française dans la région et réaliser des observations scientifiques.

- La cinquième expédition est internationale, elle fut organisée en mai 1985. Elle comprenait deux français.

- La sixième expédition, qui commence en mai 1986 est elle aussi américaine.

- La septième expédition internationale s’est effectuée du 6 au 15 mars 1992.

- La huitième expédition de 2000 est l’une des plus cosmopolites. Elle se compose d’un Espagnol, d’un Suisse, d’un Belge, d’un Canadien, d’un Japonais, d’un Singapourien, et de six Américains.

- La neuvième activité radioamateur débute le 25 mars 2005. Le Radio du navire militaire Prairial, chargé de la surveillance des pêches dans cette partie du monde est également Radioamateur

- La dixième et plus récente a eu lieu en 2008 à bord d’un navire américain le Shogun. L’équipe comprenait quatre scientifiques (trois Américains et un Français) sur un total de 14 personnes parties de San Diego en Californie.

Les objectifs de cette expédition, furent de contacter un maximum de radioamateurs dans le monde pendant le séjour. L’expédition de 2008 dura douze jours et permit de mener des observations scientifiques sur la faune et la flore terrestre en complément de l’expédition SUPRACLIP organisée par Christian Jost en 2001.


Moyenne des avis sur cet article :  2.33/5   (6 votes)




Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès