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Accueil du site > Actualités > Environnement > Comment faire exploser une démocratie au gaz de schistes

Comment faire exploser une démocratie au gaz de schistes

Danger d’explosion d’une démocratie au gaz de schistes ou comment Monsieur Fillon et son gouvernement se joue du Parlement avec son aval !

Voilà l’histoire résumée d’une leçon de stratégie politico-juridique ou comment, subtilement, on peut faire capoter un mouvement citoyen en toute transparence en prenant le Parlement comme outil et en servant les intérêts de sociétés américaines sans en avoir l’air.

Le mouvement contre l’exploration et l’exploitation des gaz de schistes sur le territoire national est un mouvement citoyen d’une force que personne n’avait prévu, pas même les Verts, soutien de la première heure de ce mouvement que des lanceurs d’alerte ont initié.

Ce mouvement a largement dépassé les élus qui ont mesuré l’ampleur de leur défaillance à l’aune de leur échec aux élections cantonales. Tous sont surpris du rejet marqué d’une forme d’expression et de décisions politiquement correctes pour un technocrate de la politique politicienne, sans aucune lisibilité des valeurs que porte traditionnellement la France, même à ces heures les plus sombres.

Le mouvement citoyen rappelle qu’une forme de résistance existe en France et est toujours vivace. Elle s’exprime hors des sentiers battus, même si ça et là, on peut y apercevoir des politiques qui ont une meilleure conscience des enjeux qui se jouent à long terme et évitent le court-termisme ambiant.

L’actualité de la Fronde anti-gaz de schistes est l’occasion de rappeler comment des politiques rompus à contourner ces mouvements de résistances utilisent les moyens juridiques pour parvenir à corrompre les valeurs de notre démocratie, sans coup férir et avec l’aval, voire la complicité d’une opposition politicienne .Et dire que ce sont les mêmes qui se posent encore la question de savoir comment ils vont pouvoir démontrer qu’ils sont à la hauteur de ce qu’exigent les citoyens de ce pays !

L’actualité parlementaire des gaz de schistes, c’est, à quelques jours d'une "journée nationale de mobilisation" organisée dimanche par les opposants, le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, qui annonce l'examen le 10 mai, en procédure d'urgence, de la proposition de loi de Christian Jacob (UMP). Celle-ci vise à interdire l'exploration et l'exploitation de ces hydrocarbures non-conventionnels. Deux autres propositions de loi analogues, une socialiste et une de Jean-Louis Borloo (Parti radical), ont été déposées à l'Assemblée.

M. Accoyer a précisé mardi avoir demandé "au gouvernement, au président de la commission, aux deux présidents des groupes concernés d'essayer de trouver une solution de discussion commune", ce qui a été fait en prenant pour ligne, grosso modo, la proposition de Monsieur Jacob.

 

La seconde étape qui devrait suivre sera une réforme du code minier. L'ordonnance en question n'a rien à voir avec les permis exclusifs de recherche déjà délivrés, qui l'on été sur un autre fondement. Contester l'ordonnance présente un intérêt, mais pour l'avenir, pas pour les permis déjà délivrés. Il faut intégrer au code minier des études d'impact et la participation du public, en vertu de la Charte de l'environnement (art. 1, 2, 7), mais cela ne se limite pas aux schistes, loin de là. Tout le code minier a besoin d'être réformé.

En vertu de la procédure d'urgence, décidée par le gouvernement, qui limite l'examen parlementaire à une seule lecture par l'Assemblée et le Sénat, une interdiction devrait être votée avant la fin juin. On peut déjà se poser la question de cette chronique d’une mort annoncée avant tout débat…

 

Aucune des deux propositions de lois connues[1] ne propose l'abrogation de l'ordonnance du Code minier, fruit du travail gouvernemental. Elles proposent l'abrogation des permis exclusifs de recherches délivrés il y a un an, ce qui est très différent et l’interdiction de l’exploration et l’exploitation des gaz de schistes sur le territoire national. Bien !

On peut quand même se poser la question de savoir pourquoi le gouvernement si prompt à faire son mea culpa sur les permis accordés ne le fait pas sur le code minier et ne propose pas un débat au Parlement comme il en a le pouvoir : serait-ce pour éviter de se faire invalider un travail tout à refaire ? Pour éviter un débat sur les ressources et les choix énergétiques de la France ? On ne sait mais il est à noter que l’opposition ne demande pas non plus ce débat sur la loi de validation de l’ordonnance relative au code minier.

Première leçon de droit constitutionnel et administratif pour comprendre ce qui sera dit par la suite : le Législateur (Parlement) a donné délégation au pouvoir réglementaire (Gouvernement) de dépoussiérer le code minier, soit disant pour le remettre aux normes ; à charge pour le pouvoir exécutif de présenter le fruit de son travail au Parlement qui doit le valider à travers une loi de validation. C’est cette loi qui transforme l’ordonnance, acte réglementaire créé sans débat et sans contrôle de constitutionnalité, en loi à valeur législative.

Reprenons notre actualité : le Premier Ministre, Monsieur Fillon, de son côté affirme que certes, une exploitation dans les conditions d’octroi des permis ne sera pas possible mais que la recherche ne s’arrêtera pas ! On passera donc du permis d’exploration qui sera interdit au permis de recherche qui sera permis, au nom de l’innovation scientifique etc. de la France, n’en doutons pas. Cela tombe bien car, le code minier nouveau ou ancien ne mentionne que le permis de recherche ; de permis d’exploration, il n’en existe point ! Première subtilité qui permet de voter sur un élément de droit qui n’existe pas…

à lire aussi :

La proposition de M. Jacob, député UMP, prévoit donc l'abrogation des permis d'exploration pour le gaz et l'huile de schiste ainsi que l'interdiction de leur exploitation par fracturation hydraulique, une technique contestée par les citoyens soucieux de l’impact sur l’eau et l’air de nos régions.

Les opposants estiment notamment que cette technique, impliquant l'injection sous pression dans le sous-sol de grandes quantités d'eau et de produits chimiques pour fracturer les roches qui contiennent le gaz ou l'huile, peut entraîner la contamination des nappes phréatiques de façon irrémédiable et sans possibilité de l’éviter.

Les medias relaient les discours des opposants et les déclarations intempestives faites, droit dans leurs bottes, par ceux là même qui ont signé les permis contestés ( M. Borloo), plaident pour une indépendance énergétique au nom de la souveraineté nationale (UMP & PS), ceux là même qui acceptent que les Grenelle I et II soient grignotés jour après jour de leur substantifique moelle, et qui feignent (pour certains) d'ignorer ce que sont les fondements juridiques administratifs et constitutionnels de notre merveilleux et beau pays, dont des millions de touristes viennent admirer les paysages, la fraîcheur et l’art culinaire.

Pourtant, tout cela - démocratie, paysage et indépendance énergétique - est proche d’exploser…et pas seulement pour du gaz de schistes mais en partie à cause du gaz de schistes !

Petit aparte sur l’auteur de cet article : pourquoi une telle détermination d’une simple avocate qui n’a pas déposé de recours contre l’ordonnance réformant le code minier, n’est pas députée, n’a pas de client à défendre dans ce dossier des gaz de schistes, mais est simple citoyenne, qui n’est d’aucun parti mais revendique, au sein d’une ONG, le droit de vivre dans une société soutenable, pour elle mais surtout pour vos enfants ?

La raison en est simple : l’auteur est une avocate et docteur en droit public, simple citoyenne ayant appris les vertus de la démocratie, spectatrice attentive des révolutions par des peuples ayant soif de démocratie et de justice sociale et économique, spectatrice alarmée des catastrophes environnementales telles que le réchauffement climatique, la fragilité d’un pays comme le Japon face à la menace nucléaire avérée et non plus virtuelle, choquée face aux erreurs d’appréciation, volontairement minorée pour des raison financières, de l’ampleur des effets des catastrophes naturelles comme un tsunami, l’éruption d’un volcan ou la montée des eaux y compris ceux de la mer.…Comme tout un chacun, l’auteur perçoit à quel point notre démocratie est fragile à travers ce dossier emblématique qu’est celui des gaz de schistes. Car les mêmes erreurs se reproduisent à l’identique, et pour les mêmes types d’intérêts : l’argent pour une « élite »[2], le miroir aux alouettes de l’emploi pour les pauvres « ilotes »[3] que nous sommes, la fausse idée d’un bien être consumériste assimilé au bonheur individuel qui serait sans fin pour tous, enfin presque.

Mais quel lien cela a-t-il avec notre sujet des gaz de schistes nous dira-t-on ? Le lien c’est l’accessibilité à l’énergie, à l’eau, à la satisfaction des besoins fondamentaux qu’une démocratie est censée assurer à chacun de nous, c’est aussi l’accès au Droit, à notre droit et à ses principes qui permettent de sauvegarder ce qui est le bien commun : cette démocratie grâce à laquelle certains ilotes peuvent espérer faire partie de l’élite et pourquoi pas un jour faire que tous, nous ne soyons plus que des citoyens partageant les connaissances, nous enrichissant les uns les autres sans trouver d’autres sources de profit et de satisfaction que cet enrichissement mutuel dans un environnement sain, varié et équilibré.

Revenons à notre analyse juridique en lien avec ce danger qui couve : une proposition qui se propose d’abroger une ordonnance, celle qui réforme le code minier en l'occurrence, est juridiquement « baroque ». En effet, il s’agit d’une ordonnance non ratifiée, non validée, donc n’ayant pas encore valeur législative. Il faudra donc expliquer comment des parlementaires peuvent abroger un acte règlementaire dans un texte de loi. Qu’ils refusent de ratifier une ordonnance, d’accord, mais l’abroger avant ratification, c’est d’une créativité juridique assez inédite et donc condamnable.

Si cette ordonnance pose tant de problèmes, la solution est d’organiser un débat autonome sur sa ratification. Les députés pourraient alors déposer des amendements pour modifier les points posant problème, avec un vrai débat et à la fin, un vote explicite, le refus de ratification valant rejet de cette ordonnance. Ce serait sans doute l'occasion d'avoir ce fameux débat sur la politique énergétique de la France que nous appelons de nos voeux.

Dans le cas présent, les députés ont exclusivement parlé du fond avec une vision court-termiste, sans jamais avoir la moindre interrogation sur la rigueur juridique de leur démarche et une vision du dossier globale. Il serait bon que ces questionnements ne surgissent pas uniquement lors des débats sur les propositions de loi de simplification du droit, mais soient systématiquement posés à chaque texte.

Quant à la compétence du législateur pour abroger un acte pris par le pouvoir exécutif, Montesquieu doit se retourner dans sa tombe, la séparation des pouvoirs étant à la base de notre construction constitutionnelle et démocratique. Ce n’est pas la première fois que cette séparation est violée mais c’est la première fois qu’elle peut avoir des conséquences sur un mouvement citoyen important.

Quelles conséquences : le calcul est subtil ; faire voter par le Parlement une loi dont les fondements constitutionnels sont eux-mêmes baroques, c’est fragiliser ceux qui portent la mobilisation contre les permis.

Que va-t-il se passer une fois la loi votée car n’en doutons pas, elle sera votée ?

La chose est simple : les sociétés détentrices de permis vont saisir le conseil constitutionnel soit à l’occasion d’un recours contre l’annulation des permis (QPC : question prioritaire de constitutionnalité), soit grâce à des sénateurs et députés favorables à la production de gaz de schistes (il y en aura bien 60 à se manifester).

Et que fera le conseil constitutionnel ? Il n’aura d’autre choix que de constater que le législateur n’avait pas compétence pour abroger un acte réglementaire et invalidera cette pseudo loi. Le permis d’exploration est un acte administratif non réglementaire créateur de droit.

Deuxième leçon de droit administratif : pour les juristes, la réponse détaillée se trouve dans Frier Petit, Précis de droit administratif, 6ème édition, Précis, Dalloz, 2010, p. 328.

Lorsqu'une décision non réglementaire est un acte créateur de droits, l'administration ne peut pas abroger au delà d'un délai de 4 mois (donc ici ce serait trop tard), sauf :

- si des dispositions législatives ou réglementaires ont institué d'autres régimes d'abrogation (CE, 30 juin 2006, Soc. Neuf Telecom, AJDA, p. 1703). En l'espèce, il resterait à savoir si les propositions de loi en cause vont ou non instituer un régime d'abrogation. Dans l'état de leur rédaction actuelle, elles n'instituent pas un régime d'abrogation, elles abrogent directement, ce que la loi ne peut pas faire.

- si le juge estime qu'une décision créatrice de droits (les permis de recherche) ne peut être légalement maintenue qu'aussi longtemps que les conditions légales de son édiction sont remplies (CE, 14 mars 2008, M. Portalis, AJDA, p. 800). En l'espèce, on pourrait considérer que lors de leur édiction, les permis étaient déjà contraires à la Charte de l'environnement et à la directive 85/337. Quoi qu'il en soit, c'est l'administration qui abroge, pas la loi.

- si l'on peut considérer que, dès l'origine, l'acte ne remplissait pas les conditions légales de son adoption, cette illégalité originelle ayant été tardivement relevée (CE, 6 nov. 2002, Mme Soulier, AJDA, p. 1434.)

Bref, quoi qu'il en soit, le risque est bien que les exploitants fassent une QPC devant le conseil constitutionnel pour faire « annuler » l'abrogation prévue par les propositions de loi (si une d'elle est adoptée).

Fin du premier acte d’une tragédie en trois actes et premier camouflet pour le Parlement (il en a vu d’autres) mais surtout pour le mouvement citoyen naissant ;

Quels sont les effets d’une censure constitutionnelle : démobilisation d’une partie des citoyens qui pensent que le droit les protège, que le droit a parlé et dit ce que nous savons déjà : les permis ne peuvent être annulés que par ceux là même qui les ont accordés, le gouvernement !

Celui-ci entre temps aura disparu, élection présidentielle oblige… fin du deuxième acte !

Oui mais dirons certains, la proposition de loi prévoit l’interdiction de l’exploitation des gaz de schistes ; c’est bien cela que nous voulons n’est-ce pas ? Certes, la loi interdira l’exploitation et l’exploration des gaz de schistes mais elle n’interdira pas le permis de recherche au nom de la science et de l’innovation et comme l’a dit un député UMP : ce qu’une loi peut faire, une autre peut le défaire…question de temps… début du troisième acte !

Quelle solution alors ?

Les permis ont été accordés par le gouvernement sur la base d’informations tronquées voire mensongères : pas de produits toxiques, pas d’impact sur la biodiversité, pas de pollution non maitrisée etc sur la base des affirmations des sociétés détentrices de permis.

La réalité du dossier est tout autre : il y a des produits toxiques et cancérigènes avérés, il y a un risque pour la biodiversité du fait, par exemple, des micro-séismes à répétition via la fracturation des roches à 3000m ou 4000m sous terre, qui font fuir la faune et attaque la flore dans des territoires pourtant protégés ( site Natura 2000 par exemple ou parcs naturels), et il y aura des pollutions non maitrisées car les sédiments emprisonnés depuis des millions d’années et pour certains radioactifs (Radon), seront libérés par l’eau injectée via la fracturation hydraulique ( eau mélangée à plus de 500 produits dont certains à la toxicité avérée) et pourront dés lors revenir à la surface ou migrer vers la nappe phréatique en suivant les fractures ainsi faites de technique d’homme.

Une proposition de solution juridique : le retrait des permis pour des raisons qui tiennent à des raisons de sécurité et sur la base de la violation de la convention d’Aarus : les permis n’auraient pas été délivrés si celui qui les avaient octroyés avaient eu connaissance des informations dont il a eu connaissance mais après coup et pas par les dites sociétés elles mêmes. Ces informations ont été volontairement dissimulées. Les permis ne sont pas illégaux ; ils sont le résultat d’une fraude aux fins de leur obtention.. Le retrait est alors possible sans délai pour des raisons tenant à la santé, la sécurité et la salubrité publiques. Et ce, sans indemnisation car « Nul ne peut arguer de sa propre turpitude pour arguer d’un droit à réparation de son préjudice ». Les sociétés détentrices des permis n’ont pas donné toutes les indications techniques et environnementales permettant d'éclairer de façon fiable et honnête le ministère qui a délivré les permis.

Le ministère pourrait déjà, sans attendre la loi, abroger les permis d'exploiter sur la base de la Charte de l'environnement et de la directive 85/337.

Cet article n’a d’autre but que d’éclairer le citoyen sur les dessous des cartes, le dessous des enjeux et le destin que l’on promet s’il ne le prend pas en main. Nous avons une responsabilité dans ce qui arrive et ce qui arrivera. Nous ne devons pas, sous prétexte que nous avons élu des personnes, dont beaucoup essaient de faire de leur mieux, démissionner de cette responsabilité. Dés lors qu’une alerte est lancée, dés lors qu’une information est donnée, nous devons la transmettre à ces élus et leur demander de faire en sorte que nos destins ne dépendent pas de la technologie, des brevets de sociétés étrangères notamment. Certes, des sociétés françaises se sont signalées dans ce dossier comme Total. Mais elles ne possèdent rien d’autres qu’un droit sur le permis, pas le savoir faire sur l’exploration ou l’exploitation. Notre souveraineté énergétique dépendra du bon vouloir de ces sociétés qui vendront peut être le gaz à pas trop cher au début mais une fois la dépendance acquise auront beau jeu de se livrer à une spéculation toute orientée vers les intérêts bien compris de leurs actionnaires dont l’Etat, sans que soit considérée la facture de l’eau, de la pollution, de la perte d’un environnement pour la collectivité.

Demandons à nos députés et sénateurs qu’ils demandent aux gouvernement de retirer le permis accordés et qu’ils votent une loi qu’aucune loi et aucun acte réglementaire ne pourra être votée sans qu’un bilan coût avantages par rapport à la Charte de l’environnement (valeur constitutionnelle) ne soit débattu (nationalement ou localement ) puis rendu public Enfin, il faut qu’une étude d’impact contradictoire ne soit réalisée avant toute exploitation ou recherche ayant des effets sur l’Environnement.

Aux armes-guments Citoyen ! Résistons aux mirages du gaz fossile et activons nous pour que d’une part nous apprenions à consommer moins d’énergie et que nous diversifions nos modes d’énergie individuels et collectifs et d’autre part, que nous trouvions la voie d’une société soutenable sans esprit partisan sauf celui de résistance à une forme d’oppression larvée où la vie n’a plus que le sens que d’autres que nous, lui donnent


[1] http://www.assemblee-nationale.fr/13/propositions/pion3301.asp

http://www.assemblee-nationale.fr/13/propositions/pion3283.asp

[2] À l'origine, le statut d'élite n'est pas accordé par la détention du pouvoir, mais par l'autorité morale, c'est d'ailleurs pourquoi le terme est employé au singulier. Aujourd'hui il est plus courant d'évoquer les élites. Aujourd’hui , l’ élite regroupe la population qui a une place en haut de la hiérarchie sociale.

[3] : ilote : esclave, serf.


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21 réactions à cet article    


  • Bulgroz 19 avril 2011 11:16

    Bref, vous proposez de tourner la page des gaz de schiste avant même de l’avoir ouvert.

    Cela témoigne d’un grand courage politique, d’une grande capacité de se projeter dans l’avenir et surtout, d’une extraordinaire confiance dans les progrès technologiques qui permettront d’exploiter un jour cette énergie sans aucun dégât pour l’environnement.

    Pas de problème, d’autres pays se chargeront de développer ces technologies.

    et comme vous le dites, le pouvoir appartient aux « mouvements citoyens », c’est à dire, à ces poignées de bobos qui délaissent un moment leur Porsche Cayenne pour manifester dans la rue et qui, il y a encore 3 mois, ignoraient ce qu’étaient les gaz de schistes.

    Pas la peine de voter, le pouvoir appartient à ceux qui se baladent dans la rue. Quand à ceux qui n’y sont pas, ils ne comptent pas.

    Les Français qui veulent travailler pour vivre ont du soucis à se faire.


    • desmotscratie 19 avril 2011 12:43

      Bulgrozer,

      Curieux comment les chantres des technologies qui vont solutionner tous les problèmes créés par des technologies salissantes rechignent à l’idée qu’il serait encore plus sage et plus simple de mettre au point directement des technologies propres qui n’engendrent pas de risques sévères ...

      Quitte à revoir nos modes de vie afin de moins consommer d’énergie dans un premier temps ... Par exemple entre nucléaire et éclairage à la bougie, je suis pour le retour à la bougie !

      Choquant ? Non un choix dicté par le goût de l’essentiel au détriment du futile qui nous pourrit la vie en cela surtout qu’il donne bien souvent beaucoup de pouvoir à une minorité corrompue, mue avant tout par le désir perverti de s’enrichir au mépris de la démocratie en nous imposant des choix de vie sur lesquels aucun débat n’est jamais organisé avec consultation électorale sur le mode de la votation citoyenne à la clé par exemple !

      Les moyens existent pour fournir à tout un chacun un cadre de vie et des conditions susceptibles de permettre à tout un chacun de vivre dignement et heureusement ! A ce stade de notre évolution, on peut légitimement penser que la solution ne passe pas tant par la recherche du toujours plus que par celle d’une meilleure utilisation des ressources existantes.

      Ceci passe donc entre autre par une réorientation de nos modes de vie actuels énergétivores , qui ne combattent les effets déprimants qu’ils induisent qu’à coups de stimulants et autres dérivatifs artificiels qui abrutissent des populations formatées, voire asservies, par le moyen du marketing tous azimuts.


    • joelim joelim 19 avril 2011 13:06

      Votre « extraordinaire confiance dans les progrès technologiques qui permettront d’exploiter un jour cette énergie sans aucun dégât pour l’environnement  » fait froid dans le dos.  smiley


    • joelim joelim 19 avril 2011 13:11

      Le fanatisme technologique (béat) est dangereux pour la santé. 


    • epapel epapel 19 avril 2011 16:45

      Les gaz de schistes du sous-sol français ne s’envoleront pas et il sera toujours temps de les exploiter si cette exploitation est sans danger.

      Il serait stupide de se précipiter dans l’épuisement prématuré de cette ressource, notre intérêt est au contraire de la préserver pour le jour où les problèmes d’approvisionnement seront avérés.

      Rappelons que l’Europe a déjà quasiment épuisé tout son charbon, son pétrole et son gaz conventionnel et nous voudrions attaquer le peu qui nous reste, notre intérêt est de consommer celui des autres continents tant qu’ils veulent bien nous le vendre.


    • heptan 19 avril 2011 21:01

      Le courage, face à des pétroliers, c’est de pouvoir dire non ! Non à l’exploration de ce gaz, auquel suivra forcément l’exploitation. Nous ne savons pas s’il y a du gaz sous nos pieds ? Qu’importe, nous savons qu’il y a de l’eau propre, et c’est bien là l’essentiel.


      Ah, et je suis allé manifester à Meaux ce WE, et je n’ai vu aucun Cayenne. Vous devez être stupide smiley , et ce pour plusieurs raisons .

    • le poulpe entartré 19 avril 2011 11:49

      Bien sur qu’on le paye le mou du bulbe. Il a rien dans le plot alors ça ou manutentionnaire ; il ne voit pas la différence. Encore un herbivore.


    • criticaldistance 19 avril 2011 14:38

      excellent article

      il serait intéressant de connaître l’avis de l’auteur sur l’investiture EELV

      Corinne Lepage semble la mieux qualifiée, est-ce exact ?


      • alberto alberto 19 avril 2011 15:07

        Dommage qu’il y ait peu de journalistes du gabarit de Denis Robert (d’un autre côté, ça se comprend un peu vu ce qu’il a morflé !) pour enquêter sur ceux qui ont « palpé »...

        Parce que, un coup pareil, faire un tel cadeau à des société américaines, autoriser la distribution et la vente du gaz par des banques américaines, et venir nous dire que c’est gratos ?

        Je veux bien croire au petit Jésus, mais il y a des limites !

        Borloo ? Probablement, vu sa précipitation à signer les autorisations juste avant de se tirer !
        Fillon ? Forcément aussi, solidaire de son ministre sur ce coup là...

        Les autres ? Il doit y en avoir quelques uns, car le Pactole s’annonçait bien juteux !

        Forfaitures, prévarications, concussions seraient-elles les vrais objectifs des nouveaux politiciens ?

        Ca vous donne envie de gerber : moi aussi !

        Merci l’Auteure pour la leçon de droit et de démocratie, et pour les lecteurs, regardez bien comment vont voter vos députés sur ce coup là...

        Bien à vous.


        • Darim 19 avril 2011 15:10

          merci pour cet article qui éclaire nos lanternes....


          • devphil30 devphil30 19 avril 2011 15:14

            Bonjour,

            Article excellent , un peu technique au niveau du droit mais très bien structuré et très interessant sur les possbilités de manipulation dans une démocratie pour satisfaire l’appetit permanent de certain pour l’argent.

            Ne pas oublier que les Balkany sont partis prenantes dans l’exploitation du schiste....

            Ayant lu d’autres articles concernant le cout du nucléaire de focntionnement , de l’entreiten et surtout du démantelement du nuclaire , je trouve aberrant de ne pas se diriger vers d’autres energies renouvellables.

            De l’argent il y a en a , 200 millions que l’état va reverser à la grande distribution pour cause de taxe sur la viande hors la loi avec Bruxelles , du vrai délire juridique qui nous mènent dans le mur

            Quand tous se seront gaver à nous fournir de la merde à manger , à boire , à respirer quand la planète sera un désert de vie alors on pourra dire SI ON AVAIT SU ........

            Philippe



            • Robert GIL ROBERT GIL 19 avril 2011 15:26

              Le plus inquiétant, c’est le silence des industriels et des pétroliers, les alliances
              qu’ils ont dû contractées ou les droits d’exploitation des brevets, tout cela a déjà eu
              un coût ! Mais surtout les bénéfices qu’ils comptaient engranger correspondent à
              des sommes énormes, croyez vous qu’ils vont tirer un trait sur toute cette histoire ?
              Si le gouvernement met effectivement un terme aux contrats d’exploitation,
              gageons que les contribuables devront mettre la main à la poche pour dédommager
              les pétroliers et les industriels de leurs investissements.

              « Nous allons attendre que les choses se calment. Je ne suis pas pressé »
              Christophe de Margerie, PDG de TOTAL

              Lire ci-dessous :
              http://2ccr.unblog.fr/2011/04/15/gaz-de-schiste-cest-fini/


              • eugène wermelinger eugène wermelinger 19 avril 2011 15:29

                Bonjour,

                je viens de recevoir ici : 
                un article d’un défenseur de la recherche du gaz de schiste.
                L’auteur Muriel pourrait-elle allez voir pour contrer si possible ce type de raisonnement qui risque aussi de faire florès ? 
                Merci. 

                • Pol-Adolf Staline Pohl-Adolph Stahline 20 avril 2011 03:57

                  Un article d’un ardent pourfendeur d’écolo-régressistes : je suis content, j’ai appris un nouveau mot grâce à ce monsieur. Vive le progrès ! smiley

                  Tiens, j’en invente un aussi sec histoire de donner encore un peu plus de poids à la rhéthorique imparables de nos chers techno-scientistes-qui-savent :: écolo-primate.

                  Alors ça, si on nous le balance à la figure, c’est imparable, on n’a plus qu’à aller se cacher dans la brousse rouges de honte ! smiley 


                • Pol-Adolf Staline Pohl-Adolph Stahline 20 avril 2011 04:13

                  Un article d’un ardent pourfendeur d’écolo-régressistes : je suis content, j’ai appris un nouveau mot grâce à ce monsieur. Vive le progrès ! smiley

                  Tiens, j’en invente un aussi sec histoire de donner encore un peu plus de poids à la rhéthorique imparables de nos chers techno-scientistes-qui-savent : écolo-primate.*

                  Alors ça, si on nous le balance à la figure, c’est imparable, on n’a plus qu’à aller se cacher dans la brousse rouges de honte ! smiley 

                  * Wikipedia : "un écolo-primate est une forme d’écologiste régressiste qui pense que l’humanité a trop évolué et qu’elle devrait retourner à un stade pré-hominidé. Ils se nourrisent généralement de baies sauvages et d’insectes (poux), vivent nus et marchent courbés, les jambes arquées en balayant le sol de leurs mains. Leur mode de vie est tribal et ils ne communiquent que par onomatopées."


                • heptan 19 avril 2011 21:14

                  Ne vous inquiétez pas, la France sera suivi par tous les autres pays qui ont été faible (naïf ?) face aux pétroliers.

                  De plus, cette technique n’est pas nouvelle ! l’amicale des foreurs nous rappelle qu’elle est utilisée depuis 40 ans !! Si des désastres surviennent encore, ce n’est pas de la faute à la technologie : injecter des produits chimiques et des milliers de m3 d’eau à 900 bars de pression, faut pas s’étonner de retrouver des liquide de fracturation à la surface à plusieurs km du puit ! 
                  (Pour info, un robinet donne 3 bars de pression) Surtout dans un puit en BETON smiley dont on ne peut contrôler l’état à 200 m de profondeur. Mais je veux bien admettre que le béton français est le meilleur smiley

                  Pour la liste de produit toxique, même un seul est déja de trop  smiley ils peuvent y mettre du sucre de canne, ça restera toxique/cancérigène/radioactif.

                  « Permettont donc à la science d’avancée » : OUI, mais l’exploitation de gaz, ce n’est pas de la science smiley)

                  Sur les 10 milliards d’euros de bénéfices de Total combien sont destinés aux énergies renouvelables ? hein ??

                • desmotscratie 19 avril 2011 22:38

                  « permettez donc, a la science d’avancer »

                  ==> permettez donc que la science soit subordonnée à la démocratie (nucléaire, ogm, nanotechnologies, ) ; ayez confiance dans les citoyens pour prendre de sages décisions au terme de débats réellement contradictoires ... La science est au service des populations, pas à celui des scientistes et des technocrates !


                • Chris83 19 avril 2011 23:06

                  Un rapport parlementaire américain (Avril 2011) dévoile les poisons utilisés dans les liquides employés pour capturer le gaz de shiste.

                  Dans l’annexe A, la liste des 750 produits chimiques utilisés pour la fracturation hydraulique.

                  Si certains sont communs et généralement inoffensifs tels que le sel et l’acide citrique, d’autres sont extrèmement toxiques tels que le bunzène, le plomb, le méthanol (polluant atmosphérique dangereux), l’alcool isopropylique, le 2-butoxylethanol et l’éthynel glycol sont largement utililsés. 29 autres substances chimiques qui sont connues ou cancérogènes possibles pour l’homme sont réglementées en vertu de la loi américaine sur la salubrité de l’eau potable pour leurs risques pour la santé humaine et malgré tout utilisées. Idem pour les polluants atmosphériques.


                  • Pol-Adolf Staline Pohl-Adolph Stahline 20 avril 2011 03:32

                    Claude Allègre, à propos des gaz de schiste : "Il faut que les compagnies industrielles comprennent que les temps ont changé et que les populations ne veulent plus accepter n’importe quoi !« 

                    Il lui arrive d’être très lucide. Certains ici devraient s’en inspirer.
                    Lucide mais pas extra-lucide : les industriels n’en ont rien à foutre de ce que les populations veulent, c’est uniquement les rapports de force consécutifs aux mobilisations citoyennes qui les forcent à revoir leur copie. Et de leur côté, tous les coups-bas sont permis, comme on le constate à la lecture de cet article, qui est de ceux qui redorent le blason d’Agoravox, parmi tant de blablas superflus et gavants (merci Maître !).

                    Ecrivons à nos députés (contacts) et sénateurs (contacts) en leur envoyant une copie ou le lien de l’article, en leur demandant d’en prendre connaissance et de se positionner :

                     »Demandons à nos députés et sénateurs qu’ils demandent aux gouvernement de retirer le permis accordés et qu’ils votent une loi qu’aucune loi et aucun acte réglementaire ne pourra être votée sans qu’un bilan coût avantages par rapport à la Charte de l’environnement (valeur constitutionnelle) ne soit débattu (nationalement ou localement ) puis rendu public Enfin, il faut qu’une étude d’impact contradictoire ne soit réalisée avant toute exploitation ou recherche ayant des effets sur l’Environnement."


                    • Clojea Clojea 20 avril 2011 12:42

                      Excellent article qui nous rappelle que les pétroliers vont chercher à entrer par une autre porte si nous ne restons pas vigilants.
                      Pour les pro gaz de schistes et les antis aussi, un film :
                      http://www.youtube.com/watch?v=dZe1AeH0Qz8
                      Merci à l’auteur


                      • lagabe 24 avril 2011 11:40

                        dans tout ce débat , une question que l’on ne pose pas et qui est très importante
                        (je suis contre le gaz de schiste sauf si on trouve trouver un procédé non polluant )

                        EST CE QUE L’ON EST PRET A MOINS CONSOMMER D’ENERGIE ?
                        si oui , alors on avancera , on trouvera des solutions
                        si non , on aura toujours besoin du nucléaire et du gaz de schiste
                        la réponse dépend de nous

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