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Comprendre et réagir

Nous avons tendance à oublier que nous sommes issus de la nature et que nous en sommes dépendants comme d’une mère nourricière. Elle est aussi la meilleure des éducatrices pour nous aider à concevoir un modèle de société viable et juste. Nous devrions pour y parvenir arrêter de l’asservir, et la traiter comme une partenaire et une alliée dans nos choix. Continuer à l’exploiter ainsi c’est mettre en péril notre survie. Car comme nombre de civilisations ayant chuté en épuisant leurs ressources naturelles, la notre se destine aussi à disparaître à cause de sa dévorante expansion. L’histoire se répètera une fois de plus, mais l’état de mondialisation actuel étend cette fois-ci le risque à toute la planète…

L’influence des grands groupes transnationaux a déjà fait tomber dans l’oubli de multiples modes de vie prospères et parfaitement adaptés à leur territoire. La standardisation culturelle s’est faite au détriment des savoirs accumulés. Ceci n’est pas surprenant, étant donné qu’il s’agit de savoirs gratuits et donc non compatibles avec le système marchand. Pourtant ces savoirs sont d’une immense richesse. Une richesse immatérielle qui ne se détériore pas au fil du temps mais se relègue et s’enrichit si la transmission de génération en génération n’est pas compromise. En se réadaptant soigneusement à son environnement direct, notre société ne serait plus sous l’emprise de la dépendance du trio « croissance, compétitivité, emploi ».

Chacun contribuerait à produire le nécessaire de l’autre, et l’artisanat trouverait un nouvel âge d’or, allant à contre-courant de l’obsolescence programmée et de l’uniformisation. La durée du travail serait réévaluée et les finalités de celui-ci reconsidérées comme des activités humaines essentielles, tel que l’auto-production alimentaire. Le temps libre ainsi dégagé permettrait à tous de pratiquer les arts, la science, la philosophie et diverses activités enrichissantes, et améliorer ainsi l’existence commune. Un environnement plus sain, des relations non plus basées sur la compétition mais sur l’entraide, et une réappropriation de la lenteur et des saisons favoriseraient considérablement l’éveil des qualités humaines.

Moins utopique que la quête d’un « toujours plus », qui n’est qu’une fuite en avant suicidaire, certains secteurs primordiaux pour le bien commun comme la santé ou l’énergie seraient développés de manière responsable et utilisés alors avec plus de parcimonie. Cette forme de frugalité n’aurait rien de contraignant, la liberté n’étant pas de pouvoir choisir entre un produit A, un produit B ou un produit C, mais de pouvoir s’affranchir de la servitude consumériste afin de se concentrer sur l’essentiel. Le progrès n’est sans doute pas dans l’évolution des gadgets inondant le marché mais dans l’éveil des consciences. Chaque composante de notre quotidien a son alternative, tout est affaire de connaissance et de savoir-vivre, et il y a là plus à y gagner qu’à y perdre.

Vouloir changer le monde dans lequel on vit passe d’abord par un changement personnel ; chacun doit commencer à se reconnecter à son environnement. La société n’est pas une entité extérieure à nous, nous la composons. Il n’appartient qu’à nous d’enclencher un mouvement populaire de réappropriation de la terre, afin d’éviter la souffrance d’une rupture qui s’accentue de jour en jour.

Prendre conscience de ces problèmes, ce n’est pas seulement trier ses déchets et manger bio. C’est aussi refuser l’hyperconsommation, car une consommation toujours plus importante, dévoreuse d’énergie détruit les ressources de la planète, et c’est se rendre compte que le sud crève de faim pendant que nous, nous crevons de mal bouffe.

http://2ccr.unblog.fr/2012/12/13/comprendre-et-reagir/

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11 réactions à cet article    


  • maQiavel machiavel1983 15 décembre 2012 11:03

    La question n’ est pas de revenir à la pré-histoire. La technique pourrait être au service de l’ homme et non de la création plus value. 

    Et savoir aussi que bon nombre de pathologie disparaîtraient d’ elle même avec une vie plus saine ( notamment les maladies cardio-vasculaires dont la mortalité est très élevé dans notre « modernité » ).

  • maQiavel machiavel1983 15 décembre 2012 13:53

    Peut-être, mais vous avez une idée, même vague, de ce que cela induit comme « biotope industriel » la livraison du produit fini « scanner médical » ?

    R / Un peu. Mais vu l’ utilité de l’ outil , je ne vois pas ou est le problème. Par contre il y’ a des objets bien moins utile dont le biotope industriel est bien plus nocif .


    On a vu ce que cela donnait, qualitativement parlant, dans tous les pays communistes, la technique au service de l’homme, plutôt que de la plus-value

     R / Ce que vous appelez pays communistes n’ étaient rien d’ autres que des capitalisme d’ Etat et la technique était bien au service de la plus value.


  • maQiavel machiavel1983 15 décembre 2012 10:53

    Superbe article je suis d’ accord avec tout ce qui y est écris ...


    • maQiavel machiavel1983 15 décembre 2012 10:55

      P.S : Malheureusement on continuera dans la fuite en avant et on ne se remettra jamais en question.


    • maQiavel machiavel1983 15 décembre 2012 13:56

      Y compris quand l’auteur prétend imposer son essentiel*, ou sa conception à lui de l’essentiel, au reste de l’humanité ?

      Je ne suis pas d’ accord pour imposer quoi que ce soit par contre l’ épuisement des matières premières planétaires, elle , s’ imposera à nous ...

      Soit on trouve un moyen pour aller en chercher dans l’ espace soit on vit différemment ...


    • jacques lemiere 15 décembre 2012 13:57

      flou de la définition se l’hyper consommation..ça commence quand l’hyper consommation ?

      certitude de détenir la vérité.
      sans parler qu’on a rien de précis « se reconnecter à l’environnement. »..la mère nourricière...wow...
       vouloir changer le monde....ça implique une autorité quasi hégémonique ou bien une stupéfiante convergence des opinions des être humains sur la planète...
      la majeure partie des zigs de ce genre quand vous leur faites remarquer la discordance qu’il y a entre ce qu’ils font et ce qu ils disent vous diront qu’ils attendent que des mesures autoritaires soient prises.... ils vivent forcés et contraints on les contraint à voyager, on les contraint à aller au supermarché, on les contraint à avoir une bagnole..sans compter que ce sont souvent des gens assez âgés qui ont vécu d’une façon contraire à ce qui prônent maintenant...

      Ceci dit je suis d’accord pour un monde avec moins de gaspillage ( ça ne veut rien dire) , plus respectueux de l’environnement, plus respectueux des hommes et des animaux et des plantes et moins de maladie ( plus exactement de malades ) et de guerres.
      Vous l’avez votre consensus..même les types de la cgt qui travaillent dans des usines d’armement ou les forgerons qui forgent des épées peuvent se dire contre la guerre..

      Passons au point de vue pratique, faites des propositions concrètes qu’on puisse les évaluer...

      je vois la généralisation du bio, mais c’est aussi pour moi quelque chose à préciser qu’entend on par bio, car on ne peut d’en tenir à un cahier des charges, il faut un principe général, le bio peut il accepter d’utiliser de la bouillie bordelaise par exemple...

      Le tri sélectif...quel est le principe qui doit régir le tri sélectif ? faut il tout trier et recycler ? n’utiliser que des produits recyclables ??

      Je vous le demande vraiment...

      • foufouille foufouille 15 décembre 2012 14:08

        « ce n’est pas seulement trier ses déchets et manger bio. »

        vu le prix et meme en direct, faut pas rever

         "C’est aussi refuser l’hyperconsommation, « 

        le jetable est partout

         »car une consommation toujours plus importante, dévoreuse d’énergie détruit les ressources de la planète, et c’est se rendre compte que le sud crève de faim pendant que nous, nous crevons de mal bouffe."

        avec 6 momes en moyenne par femme, dix bien nourris, on va manger du pain sec longtemps


        • lemouton lemouton 15 décembre 2012 19:06

          Très bon article Robert Gil.. smiley

          Vous lancez plusieurs pistes de réflexion intéressantes, pour un demain à échelle humaine..

          Ouhais .. Combien j’aimerais pouvoir vivre ce temps..

          Simplement revenir à une société de consommation, comme celle que nous avons connu dans les 70’s..


          • foufouille foufouille 15 décembre 2012 19:41

            va falloir virer les ex-citadins, dans ce cas
            exproprie les gros agriculteurs
            renover les ruines hors de prix
            y a du boulot
             


          • sirocco sirocco 15 décembre 2012 20:35

            Belle photo d’illustration qui devrait nous inciter à nous remettre en question en tant qu’Occidentaux pilleurs, pollueurs, imposant au monde entier nos valeurs cupides, vaniteuses et égoïstes...


            • Kelimp 19 décembre 2012 18:23

              Analyse très pertinente mais utopique dans l’état de soumission au « progrès » (d’abêtissement ?) où se trouve la société humaine, aveuglée par le profit, l’égoïsme et le chacun pour soi, avec la complicité des médias qui se font la guerre pour le scoop le plus sanglant, le plus trash.

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