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Accueil du site > Actualités > Environnement > Corinne Lepage : l’écologie c’est son métier

Corinne Lepage : l’écologie c’est son métier

Corinne Lepage c'est 40 ans d'activité dans l'environnement : ministre d' Alain Juppé, avocate spécialisée dans le droit de l'environnement, engagée auprès des collectivités locales dans l'affaire de l'Amoco Cadiz, de l' Erika, auprès des victimes des inondations de La Faute-sur-Mer, auteure de rapports auprès des ministres de l'environnement Jean-Louis Borloo puis Ségolène Royal.

Marc Fraysse et Pascal Roger membres fondateurs de l' "Association Horizon Durable 2020", share tank qui met en relation des industriels, des collectivités territoriales, des universités, des acteurs du tertiaire privé, des acteurs de l'état, l'ont invitée en ce début d'année 2016.

Corinne Lepage annonce tout de go le nouvel enjeu de la planète : "gérer le développement du monde, au-delà des clivages habituels, avec les attentats terroristes". On peut se poser la question : s'agit-il d'un "changement géologique" ?

Il n'est pas simple de "penser économie, écologie, société et terrorisme". Il faut donc rester ferme sur "les valeurs fondamentales" pour passer le cap.

Il y a 20 ans quand elle était aux commandes du ministère de l'environnement elle agissait sur des "questions sectorielles, risques industriels, pollutions des sols, de l'air". Elle avait fait voter une loi sur l'air jamais appliquée par ailleurs,ce qui illustre bien "le folklore français".

Aujourd'hui la donne a changé avec les "2 tsunamis de l'environnement et du digital".

Pour le rapport remis à Ségolène Royal dans le cadre de la COP21 elle s'est entourée de 35 personnes, industriels, spécialistes du numérique, journalistes, économiste, médecin... pour réfléchir à "ce qui fait obstacle" à "une économie connectée, territorialisée, ni fossile,ni fissile". Pour aboutir à "100 propositions pour les collectivités, l'état (20), les entreprises, les citoyens". "S. Royal ayant modérément apprécié le rapport pas suffisamment laudatif !"

Pour l'ex ministre, la COP21 a été "très intéressante" car elle a abouti à "un projet d'accord". Alors que "les intérêts des îles de l'Asie du Sud-Ouest qui sont en train de plonger et du Vénézuela et de l'Arabie Saoudite (puissances pétrolières) ne sont pas convergents". Mais aucun engagement contraignant n'est imposé. La "clause de se revoir tous les 5 ans" est actée. "La direction planétaire" est donnée "pour réduire les gaz à effet de serre". Maintenant "il faut que 55 pays au moins signent". Cependant passer de 2° à 1,5° est impossible et on va plutôt vers 3° ! Les 100 milliards de dollars du fonds vert ne sont pas suffisants, ce sont "500 milliards qui sont nécessaires" pour certains et pour le financement on ne sait toujours pas comment il va se faire : "le chiffre de l'OCDE pour 2020 s'élève à 85 milliards" grâce au recyclage et au prix du carbone ( "la taxe financière" étant "impossible à mettre en place").

Corinne Lepage qui a participé à 5 COP indique que "dans les grandes messes climatiques" il ne faut pas ignorer "les postures". La Chine quand elle a eu "des positions trés dures" concernant les énergies fossiles "il y a 3 ans, était le premier vendeur de renouvelable et multipliait les installations chez elle".

En 2015 il y a eu "moins d'investissements dans le pétrole". Début 2016 " le prix du baril de pétrole est à moins de 30 dollars". "Certains proposent de fixer le baril à 50 dollars, la différence de 30 à 50 permettant d'alimenter un fonds". Le prix des matières premières suit le prix du pétrole et " la réutilisation des matières premières n'est plus intéressante", ce qui est catastrophique. Mais on peut noter que "les investissements dans le solaire ont été colossaux ces 2 dernières années".

Il y a dans le monde de grands changements qu'il faut prendre en compte. La Californie se transforme avec le constat qu' "il n'y a plus d'eau depuis 5 ans". "Total a construit au Texas un des parcs solaires les plus vastes du monde". "En Afrique qui compte 1 milliard d'habitants, 2 milliards en 2050 ( pour 650 millions en Europe), le projet de Jean-Louis Borloo est intéressant quand on sait l'importance du nombre de téléphones portables et des "remplisseurs" de portables au nombre de 1 million et demi qui se déplacent de village en village".

Pour nos pays, l'économie de partage, l'économie circulaire, de fonctionnalité, l'ubérisation de l'économie, l'économie sociale et solidaire sont à prendre en compte également.

En juillet 2015 une conférence sur la finance carbone a eu lieu à Paris, sur l'exposition des entreprises à la taxe carbone, les relations des entreprises et du fossile, les risques( la loi française a introduit le risque carbone). Corinne Lepage préside depuis peu " 2 degrees investing initiative" qui travaille sur "l'évolution financière du risque carbone", en un temps où "des grands organismes se retirent des investissements charbon et pétrole par la suite". "Un mouvement a été également créé pour les entreprises de la nouvelle économie, en octobre 2015, touchant 4500 entreprises dans le textile, la chimie,les medias ; les services, les transports..."

Il est donc d'autant plus à déplorer que sur la question écologique " il n'y a rien actuellement dans le budget 2016", que "sur le terrain les actions sont menées à petite échelle et non à grande échelle".

Et que dire du nucléaire, "un boomerang que nous allons prendre dans la figure", d'abord avec "la question financière"( où trouve-t-on l'argent ?), "les problèmes d'Areva non réglés", "les règles de sécurité changées au 3/1/2016 sur la sûreté des réacteurs", "Flamanville pas dans les clous", "le prix du nucléaire en hausse", "l'état qui pompe tout ce qu'il peut sur les entreprises publiques". Que dire de "la hausse de nos importations énergétiques"....


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12 réactions à cet article    


  • Jean-Michel Lemonnier Jean-Michel Lemonnier 18 janvier 13:14

    Ce discours ne peut séduire que ceux qui n’ont toujours pas voulu ou ne veulent pas prendre la mesure de la situation. A aucun moment Lepage ne propose de remettre en cause la « société technicienne », le mode de production capitaliste (si bien défendu par les gauchistes sociétaux deleuziens cyborg-transgenristes), l’idée de croissance (libéraux et marxistes se serrent la main) qui n’a été qu’une parenthèse dans l’histoire récente ou encore repenser le rapport entre nature et culture, soit sortir de l’ontologie naturaliste.

    Rien de révolutionnaire ou de novateur ici, les idées de Corinne Lepage sont vieilles comme le capitalisme et les solutions qui permettent sa conservation-mutation : innovation, « progrès », etc.
    En gros, ce que propose l’autre...Jérémy Rifkin...


    • Jean-Michel Lemonnier Jean-Michel Lemonnier 18 janvier 20:41

      @Baruntse
      De retour. Bien heureux de retrouver votre phraséologie d’anti-domestication refusant la normativité langagière logorrhéique aliénatoire du grand maître transexué gaucho-capitalo mutant extropien.
      Vous avez plus de vie qu’un chat !
      Il est vrai que j’ai des fantasmes de démantèlement de la société techno-financiaro-rationnelle du lobotobo-beauf transhuma(i)nt camisolé, mais aussi de resurgissement ontologique des communes originelles des terroirs multiséculaires, de fusion en la totalité du Corps cosmico-mystique d’indivision, de révolution-conservatrice (celle du XXe s. par contre) natio-bolcho à la Ersnt Niekisch (la honte !)...voire de refuge sur le mont Rose évolien...(mais votre avatar népalien me dit que vous penchez aussi pour la stratégie du « recours aux forêts » !?).


    • Jean-Michel Lemonnier Jean-Michel Lemonnier 19 janvier 08:31

      Le « petit patron » n’est qu’un gros en puissance ou un gros impuissant. Il faut avoir une mentalité de notaire pour ne pas le comprendre. Le bourgeoisisme, pathologie sociale, a pourri jusqu’à la conscience des gamins de prolos.

      J’ajoute que le catalogue Pardès était de meilleure qualité que celui de K.K..


    • Jean-Michel Lemonnier Jean-Michel Lemonnier 19 janvier 10:30

      @Baruntse
      La pensée évolienne se prête à plusieurs interprétations (manipulations) comme toutes les pensées. Mais surtout il faut la considérer dans sa totalité (« Chevaucher le tigre » n’a plus grand chose à voir avec les écrits antérieurs). N’importe quel alter-capitaliste adhérerait à ce seul passage d’« Orientations », par exemple.

      Son refus du chauvinisme-patriotard est séduisant mais son idée impériale-fédéraliste...
      Par association, tout ça me fait repenser à certains (ex-)GRECistes, qui, il n’y a encore pas si longtemps, dénonçaient l’indigence intellectuelle et spirituelle des cadres du FN d’extraction bourgeoise...(de ce côté là, ça n’a pas bcp changé, malgré le rajeunissement).

      Son rejet du type d’homme machiste anti-viril au possible, le crustacé, dur à l’extérieur, mou à l’intérieur : oui.
      ____________________________________________
      Le tantrisme est la voie spirituelle de désespoir des « Occidentaux » névropathes (donner des dimensions cosmiques à des petites parties de réjouissances bien bourgeoises). La meilleure façon de finir en H.P., au mieux de rester au même stade d’involué. Quant à « Chevaucher le tigre », la plupart des évoliens dernière période auraient du mal à tenir l’équilibre sur un mulet.


    • Jean-Michel Lemonnier Jean-Michel Lemonnier 19 janvier 20:58

      @Baruntse
      Oui, Evola dur à trouver. « Chevaucher le tigre » n’est plus réédité, en bibliothèque vous l’aurez assez facilement. Je parlais du « catalogue Pardès », en effet, qui propose des ouvrages de très bon niveau. Niekisch, « Hitler, une mystification bourgeoise », par ex., critique non-marxiste du N-S est à faire lire à certains « dissidents 2.0 » parfois d’une grave nullité.
      Certes, on est moins dans la bouillie politique qu’auparavant avec certains du style « les bolchos, les rouges, le poison marxiste, etc. » mais à force de ratisser trop large...

      Et oui, la connaissance d’Evola en matière de marxisme-diamat semble assez limité. Marx, penseur de la Tradition primordiale, il en est très loin. Mais il est vrai que les marxistes fossiles « économistes » ne sont pas plus éclairés que lui sur le sujet.
      Le rejet de l’historicisme est, par ailleurs, commun à de nombreux intellectuels qui ont adhéré à un des fascismes. Eliade par exemple (ça aussi à faire lire à certains) qui est en outre, quand même bien au-dessus d’Evola intellectuellement. On ne lui a jamais pardonné ses errances de jeunesse à celui-ci quand à d’autres, stal’s enthousiasmés par l’URSS, on n’a jamais rien reproché.
      Evola était très impressionné par le fascisme spirituel de Codreanu et de sa « Garde de Fer », le fascisme le plus complet selon lui.
      Après sa période politique, sans abandonner son « racisme de l’esprit », il fait le constat d’un impossible changement par la voie politique, pour parler vite. A l’instar de Guénon (et sa pensée mythico-cyclique), l’histoire comme involution (rejet du démocratisme, principe féminin, le pouvoir de/à la plèbe comme stade ultime de l’involution historique), il estime qu’il n’y a rien à sauver. Il faut attendre la fin de ce cycle, d’où l’émigration intérieure.


    • Jean-Michel Lemonnier Jean-Michel Lemonnier 20 janvier 10:05

      semble assez limitée...


    • Jean-Michel Lemonnier Jean-Michel Lemonnier 20 janvier 16:08

      « Hitler, une fatalité allemande » (E.N.), « mystification bourgeoise » c’est la formule obsédante retenue dont je n’arrive pas à me défaire...Voyez chez M. Eliade « Le mythe de l’éternel retour. Archétypes et répétitions ». Archétype a un sens différent de celui donné par Jung. Mais tout est à lire (« Le sacré et le profane », « La nostalgie des origines », etc.), même ses écrits de jeunesse... Ses romans et nouvelles (en dehors de quelques-uns, « La nuit Bengali », « Les Hooligans »...) sont souvent considérés comme illisibles notamment « La lumière qui s’éteint » (même Eliade le reconnaît). Je pense de mon côté que leur lecture est une quête, une initiation. Ils sont sursaturés de symboles...C’est comme si Eliade avait rendu volontairement ses écrits abscons pour que seuls certains « initiés » puissent avoir accès à la compréhension des Mystères de la Totalité...


    • Jean-Michel Lemonnier Jean-Michel Lemonnier 21 janvier 09:08

      @Baruntse
      Très bon choix. De quoi s’occuper très sérieusement.
      Pourquoi Levi-Strauss est reconnu comme le grand anthropologue-mythologue alors qu’Eliade a, de toute évidence, mieux saisi que lui la pensée mythique ?
      Pourquoi les élèves des classes scientifiques ne connaissent pas les implications métaphysiques du calcul infinitésimal dont on a retenu les seuls aspects utilitaires ? On arrêterait de produire des demi-instruits, de vulgaires z’ingénieurs...
      Ce pseudo-éclairé de Voltaire n’a pas arrêté de chier dans les bottes de Leibniz. On voit les conséquences aujourd’hui. Jusqu’à l’absurde...


    • Jean-Michel Lemonnier Jean-Michel Lemonnier 18 janvier 13:19

      ou plutôt une parenthèse récente dans l’histoire...


      • Homme de Boutx Homme de Boutx 18 janvier 14:56

        «  »La direction planétaire« est donnée »pour réduire les gaz à effet de serre« . »

        C’est la phrase qui conduira la planète à sa perte !

        Incitation non justifiée et irresponsable au tout nucléaire, laissant croire que la chaleur en général ne réchauffe plus rien et donnant raison aux iraniens et autres de construire des centrales sous nos recommandations !

        Il serait bien de réfléchir un peu avant d’écrire sur un sujet aussi sensible !

        Comment voulez-vous que vos pseudo gaz à effet de serre réchauffent quoi que ce soit lorsqu’ils sont noyés dans des nuages sur 70 % de la planète, 6% de plus par degré, donc plus de 80 % avant la fin du siècle si on ne stabilise pas aujourd’hui la consommation d’énergie primaire (ce qui va à l’opposé du tout nucléaire = 1 kWh dans le salon, 3 kWh dans le jardin - et que toute personne non endoctrinée comprendrait facilement !) smiley


        • vesjem vesjem 18 janvier 21:43

          @l’auteur
          corinne , c’est ta copine ?
          quand une femme , qui ne représente qu’elle-même , à ses entrées régulières dans tous les studios , je me dis : toi corinne , t’as beaucoup de copines


          • JMBerniolles 19 janvier 09:34
            Corine Lepage est l’exemple type de l’exploitation carriériste de questions environnementales, soigneusement choisies pour ne pas heurter ses employeurs (comme Greenpeace une organisation internationale à la gestion non démocratique et au financement plus que suspect, auteur de manipulations repérées, qui privilégie les actions commandos, couvertes par le pouvoir en France, à l’argumentation et à la protestation).

            Mais tout le mouvement de l’écologie politique se résume à cela.

            Corine Lepage a été ministre de l’écologie. Son action s’’est surtout concentrée sur Super Phénix dont elle a commencé à ralentir le démarrage... quoi d’autre ? oui, la défense de la Planète....

            Corine Lepage se caractérise aussi par un aplomb incroyable sur les questions techniques, notamment celles qui se rapportent au nucléaire. Un domaine où elle ne connaît naturellement rien, ce qui l’amène à dire beaucoup de choses inexactes qui sont couvertes par des médias complaisants.

            Aujourd’hui, les gens trompés par cette propagande orchestrée, comprennent que c’est l’humanité elle-même qui est menacée et non la Planète.




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