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Accueil du site > Actualités > Environnement > D’où viennent les peines du passé

D’où viennent les peines du passé

Voilà bien, donc, comment parfois l’actualité économique et culturelle en se croisant inopinément, peuvent parfois nous renvoyer tel un miroir sans pitié, à notre réalité.

A la pointe de la technologie, le japonais Honda sort sa nouvelle voiture hybride, avec une conso de 4.4l et 101gr/co2, et surtout sans NoX, principal rejet des moteurs diesel auquel les constructeurs français restent accrochés comme des berniques à un rocher, mais dont le temps est pourtant fini... l’avenir est bien à l’électrique, assisté pour l’instant encore de moteur thermique mais appelé à se développer de manière totalement autonome grâce aux PAC Hydrogène. Système sur lesquels les coréens, japonais, allemands et américains sont en pointe, et à quelques années de développer des modèles de série fiables qui renverront les HDI et autres DCI à l’âge de pierre... ce sera évidemment bon pour la "planète" comme on dit, mais aussi pour l’économie en général en nous défaisant de la dépendance (et du coût) énergétique liée aux hydrocarbures, dont la faiblesse actuelle des prix ne doit pas faire illusion !

Le faible prix du baril est purement conjoncturel, lié à la contraction des marchés mondiaux frappés par la crise qui entraîne une chute record de la consommation de carburant, tant par les particuliers que par les entreprises qui cherchent à réduire les coûts. Mais la reprise économique sonnera le glas des "prix bas", et la hausse du prix du baril, et c’est aussi valable pour le gaz, pour reportée qu’elle a été par la crise économique actuelle, reprendra inexorablement. Car de toute façon un produit qui se raréfie, ne peut que s’enchérir au fur et à mesure qu’il disparait. Et la crise gazière actuelle entre l’Ukraine et la Russie, montre bien aussi de son côté, que cette autre énergie fossile, en plus de disparaître elle aussi, fait supporter à l’Europe notamment le poids d’un contrôle politique du Kremlin sur le "robinet" qui n’est simplement pas acceptable.

Des projets en cours dans le monde entier

Les énergies renouvelables ne sont donc pas seulement nécessaires du seul point de vue écologique, même si cet aspect est évidemment important, mais elles sont les outils incontournables de l’économie de demain.

Et si l’éolien est légitimement questionné par les populations et les associations écologiques - et c’est vrai, imagine-t-on demain des éolienne géantes défigurant nos paysages de Camargue ? - , en revanche le solaire, la géothermie, l’hydro-électricité, seront bien demain des ressources "de base" dans tout développement urbain et construction de l’habitat, mais aussi pour fournir en électricité la plupart des ZAC et des entreprises. Car les récents pics de consommation d’électricité liés au changement climatique qui tend en Europe à provoquer des hivers de plus en plus rudes et froids par contraste à des été toujours plus chauds, comme aux Etats-Unis, montrent aussi la limite d’une énergie nucléaire centralisée qui malgré un déploiement sur tout le territoire, tend à la saturation.

Les allemands l’ont compris depuis dix ans, le nucléaire n’est pas non plus une voie d’avenir. L’avènement des énergies renouvelables ne peut s’envisager que sur des modèles de développement locaux, décentralisés et autonomes, permettant de répondre aux besoins de façon sectorisée plus efficace. C’est le cas aux Pays Bas ou en Allemagne par exemple, où l’on tend à développer des villes entièrement autonomes reposant sur les énergies renouvelables ; où chaque maison même devient autosuffisante, et où sont valorisés l’emploi de matériels écologiques recyclables à impact quasi nulle sur l’environnement.

Tout cela semble pourtant de la science fiction pour les français, tant notre pays accumule les retards en restant en retrait d’une révolution écologique qui génère partout ailleur des projets forts. En Allemagne, aux Pays Bas, mais aussi en Autriche où Güssing est devenue la première ville européenne 100% autonome. Modèle qui inspire le projet britannique de Bedington Zero Energy Development,une ville également entièrement autonome, tandis que Londres révolutionne tout son éclairage public en misant sur des diodes électroluminescentes à énergie solaire qui accumule en journée la lumière qu’elle renvoie la nuit. Le reste du monde n’est pas en reste, depuis la Chine et ses projets de villes nouvelles entièrement écologiques dont Dongtan première écocité chinoise, sera inaugurée en 2010 pour l’exposition universelle, aux Etats-Unis où à Chicago, Skidmore, Owings & Merrill (SOM), un cabinet d’architectes de la cité américaine, a commencé fin 2006 d’édifier le siège social d’une entreprise, un immeuble de 69 étages qui peut produire plus d’énergie qu’il n’en a besoin pour sa propre consommation, et pourra donc alimenter en énergie électrique tout le quartier où la tour sera édifiée à un coût extrêmement avantageux par rapport à celui imposé par les compagnies électriques traditionnels de l’Illinois, qui en plus de faire payer chèrement leur électricité, sont polluantes.

Au Japon et en Corée du Sud des investissements visant à autonomiser leurs grandes villes et à développer leur autosuffisance énergétique n’ont pas été freiné par la crise. Au contraire ces deux pays ont bien compris que la crise était une opportunité pour accélérer ces évolutions, ce qu’a bien compris Barack Obama aux Etats Unis qui a fait du développement des énergies renouvelables un axe fort de sa politique économique, tandis que la Californie développe à un rythme effréné les stations services délivrant de l’hydrogène liquide pour les véhicules équipés en PAC (Piles à combustible). Honda ne s’y est pas trompé qui a lancé en location longue durée, un premier modèle de série entièrement hydrogène accessible au grand public.

Le compréhensible retard français

Alors pourquoi, alors que le monde entier semble muer vers une révolution écologique majeure, notre pays semble paralysé sur le banc de touche pendant que les autres, y compris en Europe, mènent le jeu ?

A cela plusieurs raisons, et responsabilités partagées : notamment le problème général de tous les acteurs et décideurs politiques, mais aussi économiques et sociaux, comme une sorte de "mal français", est que dans notre pays on vit encore au XXème siècle, siècle éminent des idéologies, et qu’on ne parvient plus à penser, à évoluer, tant des médias aux associations mêmes où l’on pourrait espérer plus de pragmatisme et d’ouverture d’esprit, on demeure enclavé dans des réflexes dépassés qui nous empêchent d’avancer.

Ce n’est pas faux de dire que ce pays est devenu impossible à "réformer", mais bien plus grave encore, il est même devenu impossible à simplement faire évoluer même en douceur. La peur du changement est telle en France, que ce pays est le seul au monde où l’on subit même de véritables épidémies de psychose collective au moindre degré de mouvement technologique par exemple. Alors que Barack Obama aux Etats-Unis envisage d’équiper tous les bus scolaires du WIFI permettant aux enfants de se connecter sans fil à internet en se rendant à l’école, en France on retire les antennes de téléphonie mobile sous la pression de vagues paranoïaques ayant réussi à emporter des populations entières dans la conviction, et ce n’est que cela car aucune étude au monde n’a jamais accrédité cette conviction, selon laquelle les téléphones mobiles génèrent des tumeurs au cerveau ! Or comment bâtir le progrès sur ce qui ne relève à ce jour que de simples “présomptions” ?

Le pays tout entier semble parfois même pris dans de telles allergies au progrès technologique qu’on en arrive à des formes de régression quasi-mentale inquiétantes, ainsi en est il de la vision cauchemardesque, évidemment fausse mais terriblement angoissante de l’internet comme un repère de pirates, de criminels, d’extrémistes de tous poils et autres pédophiles menaçant à tout moment les enfants au premier clic de souris ! alors que c’est bien dans les cours d’école que des enfants meurent du jeu du foulard, et à la sortie du collège qu’ils sont violentés et rackettés ! Mais qu’importe, le sensationnel, la psychose collective, l’emportent sur tout raisonnement rationnel, et j’insiste sur ce pléonasme, tant dans notre pays malheureusement on est aujourd’hui totalement soumis inversement à une véritablement "déraison irrationnelle".

Tout ne semble plus que peur, réflexe sans réflexion, hostilité par principe, et comment peut on débattre, voire même simplement penser dans un pays qui glorifie des champions du "non" à tout et rejette la parole scientifique, de toute façon convaincu que la parole des scientifiques, comme celle des intellectuels d’ailleurs, est forcément muée par d’obscures complots. Dans ce climat, comment avancer dans le sens du progrès technologique ? Comment s’adapter aux enjeux de demain tandis que la moindre évolution se heurte à de véritables lobbies médiatiques et militants qui ralentissent voire empêchent toute évolution ? Là est précisément le mal français.

Comment ne pas comprendre dès lors l’inquiétant retard technologique français sur les questions environnementales, trop souvent confisquées par les obscurantistes verts qui au lieu de faire de l’écologie politique une force positive et créative, en ont fait une force d’immobilisme voire de régression consternante, qui au lieu de servir la cause l’ont au contraire puissamment desservie en permettant à d’autres forces, celles du conservatisme de l’ordre ancien celle-là, de ne pas permettre à notre pays d’avancer résolument dans la voie du progrès technologique qui aurait concilié la compréhension du fait écologique avec la demande toujours croissante d’un mode de vie de haut niveau sur lequel il est illusoire de croire que l’on reviendra, car ce ne sera pas le cas (il suffit de voir comment la théorie du réchauffement climatique a accéléré... la vente de climatiseurs !)

De graves conséquences économiques et écologiques

Bref, sans surprise, cela déteint sur l’ensemble de la société et de nos capacités technologiques. Non seulement on est bien loin en France d’envisager dans un avenir très proche des écovilles comme en Allemagne, en Grande Bretagne, en Corée ou en Chine, mais nous perdons du terrain sur les champs économiques où nous étions, il n’y a pas si longtemps encore, parmi les leaders mondiaux. Ainsi en téléphonie mobile, Sagem et Alcatel qui ont été pionniers et leaders dans le GSM, ont totalement loupé la 3G et le Bluetooth et dramatiquement sombré face au suédois Nokia, l’américain Motorola ou les asiatiques Sony Ericson, Samsung ou LG. Cela a coûté des milliers d’emplois dans ce secteur.

Aujourd’hui c’est l’automobile qui pâtit de ce mal français qui ronge, peu à peu, notre économie. Nos constructeurs sont tragiquement en train de louper la révolution verte de l’hydrogène, où allemands, coréens, japonais et américains sont en pleine ébullition de projets. Ainsi les Big Three ont elles bénéficier de l’aide de l’état américain pour éviter la faillite en échange de leur engagement en faveur du développement de motorisation propre, notamment donc hydrogène. Qu’en a-t-il été en France, sinon cette vague prime à la casse, sans projet, sans perspective industrielle, qui enferme nos constructeurs dans un dramatique statu quo technologique où, certes, ils excellent (et les moteurs HDI de PSA sont en tout point de remarquables moteurs diesel), mais dont le concept même est dépassé, quand Honda et Toyota s’apprêtent à lancer sur le marché ces mois ci, leur déjà deuxième génération de voitures hybrides. Alors certes il y a bien ce projet de diesel hybride développé par PSA, mais qui n’a pas franchi le cap du concept car quand les deux japonais cités ci-dessus en sont à une phase industrielle désormais pleinement rodée et banalisée.

Et si on peut saluer le rapprochement de PSA avec l’allemand BMW pour la genèse de nouveaux moteurs essence à injection directe à la technologie remarquable, il faut aussi malheureusement constater que ce rapprochement n’est pas motivé de la même manière en France et en Allemagne. PSA n’y voit qu’un moyen de réduire les coûts, quand BMW y voit un moyen d’y développer des ressources financières nouvelles pour investir sur ses futurs modèles à hydrogène.

Le nucléaire et le mobile : symboles d’un paradoxe

De fait non seulement ce retard français est préjudiciable économiquement, mais il l’est aussi écologiquement, car il ne permet pas les avancées technologiques qui permettraient de réduire notre dépendance aux produits fossiles et de donner un véritable élan aux énergies renouvelables. Car si les "verts" français sont enfermés dans une idéologie régressive, les conservateurs restent quant à eux enfermés dans des modèles tout aussi dépassés : le tout nucléaire étant l’exemple le plus criant d’un aveuglement dramatique. Car non seulement cette obstination sur le nucléaire, ne permet pas de donner leur chance aux énergies renouvelables, mais elle s’avère dangereuse à tout point de vue en favorisant la dissémination mondiale dans le tiers monde notamment, d’un outil dont rien, strictement rien, n’assure que les risques seront parfaitement maitrisés. Là pour le coup, cela vaudrait sans doute de s’inquiéter, surtout quand on assiste à la multiplication des accidents nucléaires en France même du fait du vieillissement de nos centrales.

Le nucléaire et le mobile sont un peu les symboles de cet étrange paradoxe français qui veut qu’on déclenche de véritables hystéries collectives pour quelques antennes de téléphonie mobile, dont, je le redis encore et j’insiste, rien, strictement rien, ne prouve une quelconque nocivité sanitaire, tandis que de réels incidents, graves pour certains, se produisent dans l’indifférence général alors que pour le coup l’impact sur la santé publique d’un accident nucléaire serait absolument dramatique du fait de la densité de population.

Se défaire des idéologies pour enfin penser l’avenir

Face à ce paradoxe et aux peurs collectives que manipulent de véritables professionnels de la démagogie et du populisme à des fins politiques obscures, il n’y a guère d’autre résolution que se défaire des idéologies du passé pour enfin pouvoir librement penser l’avenir. Et cette étape est la plus difficile, car elle remet en cause tout l’ordre d’un système médiatique, politique, social et économique, voire culturel, qui semble s’être figé dans la peur, et qui est devenu une véritable entrave au débat public. Cela impliquerait de revaloriser la parole du scientifique sur celle du démagogue, la réflexion de l’intellectuel sur celle du populiste, mais comment faire ce chemin pourtant essentiel et de toute façon incontournable quand on voit malheureusement la lâcheté des politiques, qui pour la plupart préfèrent aller dans le sens du vent plutôt que d’oser le courage d’un discours de vérité, quitte à heurter et à devoir affronter les lobbies et les préjugés.

Oui cela est bien de la reponsabilité des politiques que de changer cet ordre établi, comme Obama l’a si fortement imprimé en Amérique, mais le peut-on encore dans ce vieux pays enlisé par la faiblesse de ses élites ? Et bien paradoxalement je le crois. Et j’ai pour exemple la chanson française. Finalement en dépit des médias, du lobbying des majors, du poids de la culture populaire "officielle", ceux qui font la chanson française d’aujourd’hui ne sont pas les Alain Souchon et autres Cali dont l’on perçoit bien l’hypocrisie des discours quand ils critiquent les grandes sociétés capitalistes et les parachutes dorés, tandis qu’ils défendent leurs propres profits chez Vivendi Universal et consorts en soutenant le projet de loi HADOPI, symbole là encore des obstacles psycholigiques au progrès technologique perçus comme un danger. Symptôme bien symbolique du mal français, alors que l’avenir est au numérique et à l’internet, ne serait-ce qu’en conduisant à la réduction des transports urbains par exemple par le développement du télétravail, qui réduira des coûts financiers et écologiques considérables en matière de déplacement, de gestion d’espace urbain ou d’aménagement du territoire.

Ceux qui s’accrochent à HADOPI sont bien de ceux qui sont restés bloqués au XXème siècle et à ses vieux modèles, comme quoi la musique serait forcément marchandisable tout en plaidant contre la marchandisation de la culture (ce qui est loin d’être la seule de leurs contradictions), alors que l’internet réinvente les notions de partage et d’accès gratuit à la culture pour tous, qu’enfin les véritables artistes ne sont pas ceux qui "vendent" dans les hypermarchés même virtuels en passant à la télé, mais ceux qui rassemblent le public dans les concerts.

Voilà bien, donc, comment parfois l’actualité économique et culturelle en se croisant inopinément, peuvent parfois nous renvoyer tel un miroir sans pitié, à notre réalité, de la nouvelle Honda qui montre comment ailleurs le monde avance à Alain Souchon qui n’est plus bon, effectivement, qu’à écouter d’où viennent ses peines du passé...


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11 réactions à cet article    


  • Lisa SION 2 Lisa SION 2 14 janvier 2009 15:08

    " L’avènement des énergies renouvelables ne peut s’envisager que sur des modèles de développement locaux, décentralisés et autonomes, " avez vous écrit dans votre solide pavé dans la mar(r)e...

    C’est notre principal problème en France, on est tellement fainéant, qu’on imagine qu’il va falloir pédaler pour regarder la télé. On préfère accepter de payer bonbon abonnements mensuels pour que tout arrive à la maison tout chaud, quitte à ce que nous polluions un pays lointain pour extraire cette énergie ( Niger, etc...), puis enterrer nos déchets dangereux pour dix mille ans.

    Là où nous devrions aujourd’hui rouler sur des autoroutes gratuites dont l’entretien serait financé par l’impôt direct, prendre les transports urbains électriques gratuits dont l’entretien serait payé par ce même impôt, c’est chacun pour soi dans sa pétoire qui pue et un tiers de sa paye en abonnements à vie. On nous prive de ce qu’on a cru bon privatiser.

    Quand Mitterrand a tendu la perche à son ami coureur automobile Ligier, cela a été pour produire une pétoire innommable, cinq fois moins lourde et rapide que les grosses berlines allemandes qui partagent le même réseau routier. Et cela, à l’heure même où les japonais programmaient leurs projets hybrides complètement silencieux en ville. Dans ces pays ayant développé la recherche en autonomie des transports, plutôt que la longue chaine du nucléaire, on a inventé la peinture photovoltaïque et certains bus rechargent en une minute, à l’arrêt de bus, leur petite pile dernières génération, les mouvant jusqu’à l’arrêt suivant.

    Ce même Etat tend la perche à l’énorme Total ( Birmanie, etc...) qui envahit la nature et le paysage de géants Don Quichotte éoliens, et compte enterrer des millions de poteaux électriques ( 6O à 12O.OOO euros le kilomètre ) alors qu’ils sont déjà debout face au vent, alors que chacun d’eux, doublés d’un semblable éolien, réduiraient l’usine à laquelle ils sont raccordés à une secours palliatif.

    Mais, le budget pour la recherche nucléaire a été englouti au détriment de toutes les autres recherches de sources d’énergie alternatives et autonomes, pour la bonne raison que l’ensemble de ces dernières, à terme, rompt la longue chaine des abonnements compulsif dont l’Etat se gave pour piller des pays lointains et la gaspiller dans des projets décentralisateurs et irresponsables...

    C’est la technologie du passé qui a permis d’alimenter le moulin des technologies alternatives. Tout comme le premier ordinateur gros comme un camion est contenu aujourd’hui dans une simple clé USB, tout comme un petit lecteur MP3 contient cent fois plus de chansons que l’ancien vinyle 33 tours, l’avenir passera forcément par une relocalisation et donc, une responsabilisation du consommateur averti. La privatisation n’a de sens que si elle retombe entre les mains du citoyen français et non du retraité américain.

    Il est urgent de reconsidérer nos énergies plus durables à terme...que nos déchets.

    Bien à vous, L.S.


    • zelectron zelectron 14 janvier 2009 15:24

      Sur un aspect pas si anecdotique : notre législation sur l’hydrogène dépasse les sommets de l’imbécilité, ces messieux les députés préfèrent se chamailler à propos du sexe des anges...


      • antireac 14 janvier 2009 17:14

        Analyse des faits intéressante


        • colza 15 janvier 2009 11:11

          Qui veut la fin des voitures essence ou diesel ???
          Total ? Plus de mirifiques bénéfices et de juteux dividendes aux actionnaires...
          L’Etat alors ? Plus de TIPP et de TVA sur les carburants...
          Je crois que vous ne cherchez pas au bon endroit.
          Pour prendre un exemple, Mr Guy NEGRE a fondé une société MDI pour développer des véhicules fonctionnant avec un moteur à air comprimé, ici en France. 
          http://www.mdi.lu/index.php
          Qui en parle ? Qui a intérêt à ce que de tels moteurs se développent ?
          Surement pas l’Etat ou les lobbies pétroliers.


          • Seregedhel Seregedhel 15 janvier 2009 11:52

            Bonjour,

            Je suis d’accord avec vous sur le manque de motivation de tout le système en place pour trouver des solutions alternatives :
            Trop d’argent, de pouvoir sont en jeu pour que notre petite "Elite" economicopolitique nationale ne change.
            Même au prix conscequences catastrophiques parceque "Ce qui est pris n’est plus à prendre" et que de toute manière ces gents sauront se defiler pour ne pas assumer leurs responsabilités après s’être remplis les poches.

            Sur la societe MDI et leur développement de moteurs à Air comprimé, je vous engage à aller voir le topic qui lui est consacré sur le forum futura-science :
            Voiture moteur à air comprimé MDI

            Résumé rapide : MDI fait beaucoup d’annonces mais n’a jusqu’à présent rien sortis, ne produit rien et est incapable de fournir des données crédibles sur le fonctionnement et le rendement de ces moteurs.

            Cordialement.



          • Salade Salade 15 janvier 2009 12:06

             Votre document est intéressant, et suscite chez moi quelques remarques :

             Energies renouvelables :
            Anecdote personnelle. Je voudrais faire construire, en Gironde, une maison qui respecte les normes de consommation énergétique de 2012, et utilisant la géothermie et la production électrique photovoltaïque. Personne ne sait faire ! Je ne trouve même pas d’artisan fiable qui sache construire en briques monomur !

            - Allergie au progrès technologique :
            Votre démonstration me semble contradictoire : d’un côté vous soulignez les failles du nucléaire prouvées aujourd’hui, et de l’autre vous dites que rien ne prouve la nocivité des nouvelles technologies, donc qu’il faut y aller à fond.
            Mais à l’époque ou le nucléaire était une nouvelle technologie, rien ne prouvait scientifiquement son danger. Il y avait (et il y a toujours !!) des tas de scientifiques pour nous dire que, scientifiquement, aucun danger n’était avéré, que les technologies étaient 100% sûres, que les fuites étaient des vues de l’esprit malade de quelques écologistes rétrogrades, ….
            Idem pour l’amiante, les PCB, la cigarette, l’hormone de croissance, Etc.…..ou aujourd’hui la pollution, la malbouffe, les OGM, le réchauffement climatique (qui n’a pas dans sa famille un aïeul dont tout le monde se moquait quand il disait que le climat changeait à cause de « leur » bombe atomique ! La raison était peut être fausse, mais le constat est maintenant pratiquement avéré, même scientifiquement !), …
            Je remarque que les rares scientifiques de premier plan respectent tous le bon sens.
            Ceux de seconde zone, par définition beaucoup plus nombreux, (tout le monde n’est pas « Einstein », même chez les scientifiques), ont une sorte de foi en la science, et s’en tiennent à la religion des statistiques. Mais en science comme ailleurs, les extrémismes sont meurtriers !
            Comme pour tout ce qui touche aux religions, le dialogue est difficile. Plutôt que d’essayer de comprendre, et éventuellement de confondre une opposition (autrement qu’en psalmodiant : "puisqu’on vous le dit"), le plus facile est de la stigmatiser en riant de la peur du changement, horreur absolue dans notre société ou toute légitimité repose sur l’appel au changement.
            Quand tout le monde va dans le mur de plus en plus vite, il est intolérable (impossible ?) que quelqu’un veuille dévier sa route ou ralentir pour faire sauter le mur !
            Les Américains mettent du WIFI dans les bus scolaires ? C’est donc la preuve qu’il faut le faire ! Foi de scientifique !
            Comme quoi, on peut titrer : « Se défaire des idéologies pour enfin repenser l’avenir » et être soi-même asses idéologue !
            - Retard Français :
            L’exemple de l’automobile est intéressant. Pendant des années, les bénéfices des entreprises automobiles et pétrolières ont en partie servi à bloquer toute recherche sur les énergies alternatives, bien que la crise à venir soit connue de tous depuis 1973.
            Aujourd’hui, partout dans le monde occidental, ces industries réclament des aides pour compenser le manque de vision stratégique de leurs dirigeants, qui ont été pendant 30 ans, et seront encore, grassement rémunérés pour cela.
            Mais, au Japon ou en Corée, ou les PDG gagnent de manière bien plus raisonnable leur vie (11 fois le salaire moyen d’un ouvrier contre couramment plus de 100 fois en occident), les stratèges ont vu venir les évolutions. Ils se retirent même des rallyes, formule 1, grands prix motos là ou les occidentaux continuent d’engloutir des sommes indécentes pour satisfaire quelques ego surdimensionnés et enrichir quelques people très polluants.
            Peut être le manque de vision stratégique et l’avidité ont-ils plus contribué à cette situation que la franchouillardise qui n’est, à mon sens, qu’un facteur aggravant au moment de rattraper la situation.

            • bruno lebeau bruno lebeau 15 janvier 2009 12:38

                Energies renouvelables :

              C’est bien lamentable, et cela montre à quel point dans notre pays, alors qu’on consacre des milliards d’euros pour les "grosses boites" dont les amis du président sont les dirigeants et les banques qui font payer à tous leurs errements boursiers, on est incapable de soutenir des filières industrielles nouvelles, et le développement de PME-PMI spécialisées dans la filière verte, ce qui permettrait pourtant de créer des centaines de milliers d’emplois, car ce que vous évoquez est général partout en France, et donc de l’activité économique, de la croissance et du pouvoir d’achat...

               Allergie au progrès technologique :

              Ce que vous dites est vrai, et avoir foi en la science et au progrès technologique ne veut pas dire qu’on doit être aveugle et verser dans une autre forme d’idéologique, vous avez tout à fait raison, et je ne voudrais pas négliger cet aspect. Et c’est pourquoi je pense que malgré tous leurs errements, les écologistes sont évidemment utiles et indispensables, mais sans doute cela passe par un autre processus que celui actuel, où forcément, peu écoutés, ils sombrent dans l’extrême. Ce que je crois c’est qu’il faut que les associations écologistes (et je dis bien associations, pas les verts), soient présentes partout dans toutes les instances de décision économiques, politiques, sociales, y compris même dans les conseils d’aministration des grandes entreprises. Que soient développés aussi des réseaux de surveillance technologique animés par les associations là aussi pour garantir l’indépendance de ce contrôle. Après tout la HALDE a montré le chemin sur le terrain de la discrimination, pourquoi pas une HALDE environnementale ?

               Retard Français :

              Entièrement d’accord, même si l’aspect franchouillard (comme vous dites) de cette dérive, est hélas bien plus prononcée chez nous que chez même nos voisins allemands par exemple, qui ont su, eux, conserver leur production automobile chez eux par exemple (quand vous achetez une golf, elle est fabriquée en Allemagne) alors que nous avons délocalisé les nôtres (les renaults "françaises" sont produites en Turquie ou au Maroc), tandis que les patrons français sont bien mieux payés que les allemands. c’est vrai l’exemple asiatique coréen et japonais devrait nous inspirer, je vous rejoins complètement !


            • bruno lebeau bruno lebeau 15 janvier 2009 12:09

              Tout ce que vous dîtes est fort juste, et on voit bien justement à quel point certains intérêts privés (Areva, Total etc.) se conjuguent avec ceux de l’état pour empêcher la "révolution verte" qui pourrait permettre une croissance nouvelle fondée sur le développement durable... tout du moins en attendant que ces mêmes lobbies industriels soient prêts pour eux mêmes "organiser", et en fait installer de nouveaux monopoles sur la production, la distribution et la commercialisation des énergies renouvelables... nul doute alors qu’ils sauront récupérer jusqu’à la voiture à air comprimée, et nul doute aussi que l’état trouvera bien le moyen de nous imposer une TIPP sur l’air sous prétexte qu’il est comprimé !

              L’aspect que j’ai voulu mettre en évidence, est comment les écologistes en se fourvoyant dans l’aveuglement idéologique des Verts notamment, servent finalement les intérêts de ces "majors" de l’énergie et la TIPP (dont ils réclament d’ailleurs sans cesse l’alourdissement pour restreindre l’usage de l’automobile), et comment en n’affichant de l’écologie que le visage de la peur et des psychoses collectives en diabolisant totalement le progrès technologique et la science, ils ont eux même contribué à ralentir la "révolution verte" qu’ils prétendent porter !

              En effet c’est bien en générant un tel climat de méfiance à l’égard du progrès et de la science, qu’on a finalement cassé les dynamiques d’innovation technologique et scientifique qui permettraient aujourd’hui comme dans d’autres pays, d’initier cette révolution verte qui marque de vrais progrès comme je les ai cité dans mon article, de la voiture à hydrogène aux écovilles.

              Ce n’est pas en militant contre la science et le progrès technologique qu’on aura un jour une révolution verte, mais bien au contraire en les soutenant fortement pour leur permettre de concilier demain écologie et croissance, ce qu’on appelle le "développement durable".

              Enfin si l’on veut faire adhérer les peuples à la question écologique, ce n’est pas en leur promettant que la révolution verte sera pour eux toujours plus de taxes, d’impôts, de contraintes, de restrictions et de sacrifices sur leur mode de vie, surtout quand ceux qui disent ça profitent largement d’un système qu’ils "condamnent" mais dans lequel ils vivent très confortablement sans se soucier du Co2 qu’ils rejettent quand ils prennent l’avions pour venir en province dispenser leurs leçons de morale


              • Salade Salade 15 janvier 2009 14:28

                Au delà de l’incurie des partis politques soi disant écologistes, que vous raillez à juste titre à mon sens, il y a d’autres causes à la suspiscion envers la communauté scientifique, et donc envers les innovations qu’elle supporte. Je vous en soumets 2 parmi beaucoup :

                - La première est qu’il n’y a pas une, mais des communautés scientifiques ! Quand un scientifique dit blanc, il y en a toujours un autre pour dire noir, et une myriade pour explorer tous les tons du gris.
                Qui croire dans ce fatras ?

                - La seconde est que les deux siècles précédents ont vu la science toute puissante (manipulée par des intérêts privés), nous amener à une catastrophe écologique. Pour autant, les scientifiques ne se posent pas de question sur leur propre responsabilité et continuent à lancer des technologies ou des produits sur le marché (avec les mêmes intérets privés pour les pousser à la moindre hésitation) sans en avoir un tant soit peu étudié les effets collatéraux.

                On a l’impression que le chauffeur roule à 200, les yeux bandés sur une route de montagne, et que les scientifiques demandent aux passagers de sourire.

                J’aime bien votre idée de la "Halde" écologique (à condition qu’elle ne se perde pas en bétise comme l’autre qui demande la suppression du poème de Ronsard "Allons voir si la rose..." des livres d’école sous prétexte que c’est du racisme anti vieux !!!!)


              • joelim joelim 15 janvier 2009 12:10

                Vous abordez un problème de fond mais votre diagnostic me paraît entièrement fantasmé. Vous écrivez "Le pays tout entier semble parfois même pris dans de telles allergies au progrès technologique..."comme si c’était l’inertie des Français qui était cause de ce grave disfonctionnement...

                Je vais vous éclairer (quoique vous auriez pû vous renseigner, ou simplement réfléchir plus rationnellement) : les constructeurs automobiles sont les premiers responsables du grave retard pris. Ils ont misé sur le court terme : grosses voitures et grosse consommation avec l’espoir de gros bénéfices (totalement fantasmés vu la faible demande, ce qui révèle leur total manque d’intelligence).

                Ils n’ont pas compris la demande, et surtout ils n’ont pas voulu aller à l’encontre des lobbys pétroliers avec lesquels on peut imaginer qu’ils ont de grosses accointances. Ils devraient virer leurs équipes marketing, et l’Etat devrait pouvoir virer tous les dirigeants incompétents, en leur reprenant tout le fric qu’ils se sont fait en amenant leur boîte au bord du sinistre économique.


                • bruno lebeau bruno lebeau 15 janvier 2009 16:30

                  "Une science sans conscience est une science de l’insconscience", je ne sais plus où j’ai entendu ça, mais c’est exactement ce que vous décrivez,

                  Oui évidemment la science seule peut conduire à toutes les folies (clônage, nanotechnologie, robotique, intelligence artificielle, biotech, et j’en passe, qui portent bien des espoirs mais comportent des risques), et c’est pourquoi il faut que s’exercent au moins deux axe essentiels de contrôle :


                  - le politique doit jouer son rôle, et pour cela cesser de n’avoir que des élites ignardes au pouvoir, mais au contraire des gens éclairés, au fait des nouvelles technologies et capables d’en comprendre pleinement les enjeux. Quand j’entend coup sur coup le porte parole de l’UMP (Lefèvre) puis celui du PS (Hamon) être déjà incapable de répondre à Bourdin sur RMC "qu’est ce que le web 2.0 ?", comment ces gens peuvent prétendre ensuite embrasser le XXIème siècle ? pas étonnant après que d’un côté certains scienfitiques peuvent faire avaler n’importe quelle bêtise aux gouvernements de nos pays...


                  - les associations et l’internet justement. Sans les excès que vous décrivez effectivement (et là aussi je suis d’accord avec vous concernant Ronsard qui n’est d’ailleurs pas le seul visé), je crois qu’il faut sceller les principes d’une démocratie participative forte reposant sur une HALDE écolo, appelons là comme ça pour en décrire l’idée par un raccourci, mais qui en tous cas permet aux associations de disposer de vrais contrepouvoirs d’investigation, d’un vrai rôle politique et économique, et bien sûr d’une réelle liberté de publication, et dans ce dernier cas je m’inquiète du verrouillage actuel d’internet par le gouvernement (HADOPI, labellisation de l’internet, etc.)

                  Je pense que si le politique se met enfin à la hauteur, et que si on crée un solide contre pouvoir citoyen en renforçant le rôle des associations considérablement, alors on tiendra le bon bout pour concilier le besoin, je dirais même, la soif de progrès et d’avancer, et de l’autre le souci de protéger notre environnement et aussi, car je l’ai oublié, mais par voie de conséquence la santé humaine et publique

                  Mais je suis d’accord, là, vu l’état actuel du centre-gauche (qui pour être honnête est quand même le plus capable d’évoluer en ce sens, plus que les conservateurs de l’UMP en tous cas,), j’avoue ma profonde inquiétude en constatant l’épouvantable déliquescence du PS et à quelques exceptions, la relative bêtise de ses élites. Je suis moi même conseiller fédéral du PS dans le Gard, un tout petit suppléant en fait, et je travaille pour une PME de 7 salariés, et quand je vois comment certains "fédéraux", voire élus, sont complètement dépassés par de simples questions économiques ou incapables de comprendre les enjeux de l’internet libre face aux projets du gouvernement, alors leur parler des enjeux de la nanotechnologie qui devrait pourtant plutôt nous préoccuper vu qu’on en trouve depuis quelques années dans une bonne partie de notre alimentation... car en fait le problème c’est qu’on en est là quoi... et loin de moi l’amalgame, certains sont quand même au fait, mais hélas ils sont tellement rares.. smiley

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