Ce samedi 17 janvier, la petite commune de Flins dans les Yvelines fut le théâtre d’une manifestation qui a réuni plus d’un millier de participants. La manifestation était organisée à l’invitation du Comité Flins Sans F1. Le peuple qui battait le pavé à son invitation grondait contre le projet de Pierre Bédier (UMP), Président du Conseil Général des Yvelines, d’installer un circuit de F1 sur les communes de Flins et des Mureaux. Encore la grogne d’un ramassis d’ « intégristes écolos » me direz-vous ? Pas sûr…
vis du NPA et de Cap 21, ainsi que de quelques élus du P.S et du MODEM. Mais aussi des syndicalistes et parmi les organisations majoritairement en rapport avec la protection de l’environnement comme le WWF, AMAP-IDF ou Biocoop le premier réseau de magasins bio en France, venaient s’ajouter des associations citoyennes comme Démocratie Citoyenne Locale et SolliCités. Des tracteurs ouvraient le bal devant ce cortège qui entendaient mettre en lumière ce que le Comité entend être « un non-sens économique, écologique et social » ou autrement dit, le mariage forcé du peuple et des gros groupes d’intérêts financiers qui ne sont pas les siens. Et cela tant dans les domaines de l’Environnement et de la Santé que dans celui de l’Emploi. Si l’Environnement n’est pas le point fort de Pierre Bédier, pourtant pour ce dernier et ses acolytes, l’installation d’un circuit de F1 serait une poule aux œufs d’or à saisir comme un troupeau de faucheurs en ruts la bave aux lèvres lâchés dans un champs d’OGM. Alors, la F1 serait-elle un jackpot pour les Yvelines ? Là encore, pas sûr non plus…
Personne n’ignore en effet que le secteur automobile est en train de prendre avec la crise, ce qu’il convient d’appeler une sacrée claque. Et que cette claque est infligée aussi bien à un niveau international, qu’européen ou français. Le peuple qui voit les grands constructeurs fermer des usines de fabrication afin de ralentir la production, en mettant au chômage technique des milliers de travailleurs, n’est pas, contrairement à ce que l’on voudrait lui faire croire, assez stupide pour penser que par miracle ce malaise épargnerait la Formule 1 et qu’au contraire celle-ci serait en plein essor. Malgré les réformes de l’éducation celui-ci sait encore lire et les actualités en directions du secteur de la formule 1 ne sont pas ce qu’on peut appeler des meilleures. Et c’est peu de le dire ! A titre d’exemple, l’annulation par la France de son Grand Prix en 2009 et la récente déclaration en décembre dernier de Takeo Fukui, président de la firme Honda Motor, de se retirer intégralement du Grand Prix dans lequel elle avait fait ses débuts en 1964. Pour Monsieur Fukui la question ne fait aucun doute : « Cette décision difficile a été prise à la lumière de la dégradation rapide de l’environnement dans le secteur de l’industrie automobile, due aux subprimes américaines, au resserrement du crédit et à la récession des économies mondiales ». Et celui-ci d’enfoncer le couteau dans la plaie : « Je pense que dans cinq ans, l’histoire démontrera que nous avons pris la bonne décision ». Depuis, c’est quelques 760 ouvriers travaillant en contrats temporaires sur la F1 dans les usines du constructeur au Japon qui n’ont pas été reconduits.
A cela veuillez ajouter mes agneaux un récent rapport de l’Etat de Victoria rendu publiquement en Australie et qui pointe du doigt les pertes financières de cette course qui n’ont cessé de grimper en flèche ces dernières années. Y sont mis en cause la faible vente de billets que l’on peut comprendre en raison de la crise financière et de l’inflation, ainsi que le départ des sponsors privés que l’on imagine pour les mêmes raisons. A l’arrivée, l’adition est sévère puisque le Grand Prix de Melbourne affiche un déficit de 34 millions de dollars australiens, soit 22 millions d’euros. Un phénomène qui n’a eu en effet de cesse de s’amplifier au fil des saisons puisque les pertes de 2007 ont augmenté de 12 millions par rapport à 2006. Alors que deux ans auparavant, le déficit de l’épreuve organisée dans l’Albert Park ne s’élevait qu’à 13 millions de dollars. Ce qui fait dire à l’économiste Francis Grey dans les colonnes du journal The Age : « Economiquement, la course est une perte chaque année. C’est une perte depuis le début et le déficit augmente de plus en plus. A cause de cette course, les habitants de l’état du Victoria sont de plus en plus pauvres ». Et le président de la fédération internationale automobile (FIA), Max Mosley, de venir larmoyer à chaudes larmes en octobre en poussant un cri d’alarme sur la viabilité économique de la Formule 1, appelant les écuries à soumettre des propositions pour réduire ses coûts : « Perdre encore deux équipes placerait la F1 dans une situation intenable. Actuellement, nous avons 20 voitures en compétition, si nous perdons deux équipes nous n’en aurions plus que 16 et la grille de départ cesserait d’être crédible ».
Dans un tel contexte, il n’est pas vraiment difficile au secteur de l’agriculture biologique qui est l’un des seuls à continuer sa croissance pendant la crise de se placer en pôle position sur le circuit de l’emploi. Et là encore, les chiffres le prouvent. L’agriculture biologique, mes petites chéries, en ces temps noirs de chômage c’est non seulement 20 à 30% de main d’œuvre supplémentaire par rapport à l’agriculture conventionnelle mais c’est surtout un secteur en pleine croissance dans un pays tellement à la ramasse qu’il est obligé d’importer 70 % de sa production. En 2007 c’est 12 000 producteurs français qui étaient engagés dans le secteur et c’est pas moins de 151 000 postes qui seront à prévoir dans les secteurs de l’agriculture, la marine, la pêche et la sylviculture d’ici 2015. Parmi lesquels 14 000 postes de maraîchers et de jardiniers. Un secteur où 30% des agriculteurs et sylviculteurs sont des femmes. L’agriculture biologique a gagné le cœur de 83 % des français. La France restant pourtant au treizième rang des pays européens, loin derrière l’Autriche et l’Allemagne. C’est pourquoi le Grenelle de l’ Environnement avait prévu pour 2012 les 6% de production biologique. L’ Ile de France n’en comptant actuellement que 0.78%). Ce qui n’a pas empêché Pierre Bédier de vouloir débourser 122 millions d’euros avec l’argent du contribuable local pour installer un gouffre financier que l’on pourrait par ailleurs nommer de catastrophe environnementale sur des terrains situés sur le 2ème plus grand captage d’eau potable d’Ile de France et initialement prévus à la mise en place d’un grand projet d’agriculture bio.
avez un chuchotement ou la mélodie d’un jardin paisible dans l’herbe duquel vous vous êtes allongés, à 35 db le tic tac d’un montre, à 50 db une voiture au ralenti, et 58 db le bruit de la tondeuse à gazon. A 90 db vous franchissez le seuil du facteur pour les troubles auditifs une rue au trafic intense et à 95 db un train passant en gare. Le stade des 100 db devient pénible à entendre avec le bruit du marteau piqueur ou du baladeur à fond et à 105 db celui de la discothèque ou du concert. A 110 db cela devient vraiment difficile à supporter avec l’impression d’être dans un atelier de chaudronnerie. A 120 db le seuil de la douleur avec l’équivalent d’un moteur d’avion et à 130 db le bruit d’une formule 1 qui équivaut au décollage d’un avion. C’est dire si au-dessus du bruit de la F1 on fait humainement difficilement pire, avec à 140 dB celui d’un Turbo réacteur au banc d’essai et à 180 dB la Fusée Ariane au décollage ! Le bruit, comme l’indique le Ministère de la Santé a des répercussions sur l’organisme au niveau biologique . Sur la sphère végétative (accélération de la fréquence cardiaque, hypertension, troubles du rythme cardiaque... ) ; le système endocrinien, le système immunitaire, et la santé mentale (stress, états dépressifs, pertes du sommeil...).
révèle pour une seule journée de course une production totale d’émissions de CO2 de l’ordre de 8400 tonnes. Pour Pierre Ozer, 8400 tonnes de CO2 produite pour une seule journée correspondent approximativement et à titre d’exemple aux émissions de CO2 de tous les habitants de la commune de Stavelot dans le même secteur et qui compte 6671 habitants pendant approximativement 5 semaines ; ou l’équivalent de ce que toutes les éoliennes implantées en Région wallonne permettent d’éviter en matière d’émission de gaz à effet de serre dans l’atmosphère en deux mois de fonctionnement ; ou encore l’équivalent de ce que tous les capteurs solaires thermiques installés en Région wallonne permettent d’éviter en deux ans de fonctionnement en matière d’émission de gaz à effet de serre dans l’atmosphère ; ou encore les émissions dites « résidentielles » - c’est-à-dire chauffage et électricité - annuelles de CO2 de 1750 ménages… Mais tout cela n’est apparemment que bagatelles pour certains politiques et groupes financiers…
En attendant, du côté du peuple, « la rigolade s’organise » comme dirait Gabin dans Un Singe En Hiver. Et pas qu’un peu ! Hormis les manifestations de prévues, 8 recours gracieux et 1 contentieux ont déjà été déposés. Sans compter la pétition en ligne qui a déjà réuni plus de 1300 signatures et la cyber-action lancée pour interpeller ces messieurs les ministres. Il est des jours où il ne fait pas bon de s’opposer au peuple de façon irraisonnée. Je n’aimerais pas être à la place de Pierre Bédier qui à Versailles doit en ce moment même encore avoir dans les oreilles le bourdonnement des grondements de la manifestation de ce samedi. Et cette peur politique viscérale de voir un jour le peuple venir gronder jusque sous ses fenêtres. Je l’imagine en train de demander à ses conseillers si cela est une révolte. 
| Don défiscalisé 10€ ou plus |
|
Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.
|
Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.
Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page
Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.
Je ne comprends pas comment fait le très sérieux (sic) Pierre Ozer de l’université de (...)
21/01 17:40 - Sergeil faudrait conditionner l’aide aux constructeurs automobiles par leur retrait de la (...)
21/01 12:15 - Philippe VIGNEAUJ’ai vécu mon enfance à Flins S/seine dans l’un des deux (seuls) HLM de quatre (...)
21/01 01:08 - Romain DesboisAlors que notre zébulon promet des milliards d’€ à tout le monde . A-t-on vraiment (...)
20/01 21:48 - Bobland59... moi aussi, et qu’on tue la F1 !!! ... Mais par soucis d’homogeneité, je (...)
20/01 16:21 - HELIOSLa F1 comme le Dakar sont des survivances d’une conception dépassée du sport, basée sur (...)
20/01 15:47 - fergus
L’Agora reçoit Alain Minc !
Journée mondiale de la liberté de la presse : quel bilan en Europe ?
L’étoile du nord : un théâtre dédié aux auteurs contemporains
Le contrôle des médias, une question d’actualité brûlante
Odyssées : un projet et une distribution internationales Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.
Site hébergé par la Fondation Agoravox
Mentions légales Charte de modération