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Des changements urgents pour la nature roumaine : la pollution des rivières

En arrivant dans le petit village au bord de l’eau, une de mes premières visites fut pour la Mures une des plus grandes rivières de Roumanie qui coule à quelques mètres de ma maison. Ce large fleuve charrie tous les limons des Carpates, mais aussi de nombreuses bouteilles en plastique. Sur les berges sablonneuses où s’abreuve le bétail, le chant des martins pêcheurs est perturbé par le claquement des bouteilles au soleil.

 Les berges résonnent de cette mélodie surprenante où avec une grande régularité le plastique se tend et se détend selon la température en un « plop » surprenant. Pourtant cette rivière très poissonneuse est appréciée des pêcheurs qui tout au long de l’année campent le long du courant. Où les enfants du village où j’habite aiment à se baigner dans ces eaux troubles, où l’agriculture de la vallée dépend complètement de ces eaux…

P1090227Comme en Inde où j’avais été écœuré de la quantité de bouteilles sur les plages de Goa, où pourtant seuls les touristes utilisent ces bouteilles, ici aussi l’habitude du plastique est récente. Jusqu’alors les liquides, majoritairement du lait et de l’alcool étaient toujours contenus dans des bouteilles de verres, facilement recyclables. Pourtant les bouteilles en plastique sont faites de pétrole, donc elles sont vouées à être plus rares. Mais il ne faut pas attendre d’en arriver là, nos rivières et notre sol ne le supporteront pas. Le recyclage existe, les bouteilles plastiques sont transformées en billes de plastique pour fabriquer la populaire laine polaire. Mais sans les subventions européennes cette industrie n’est pas encore rentable. De plus encore faut-il les récupérer ces bouteilles. Ici (mon village) personne ne vient les chercher, et les villageois ne comprennent pas encore l’intérêt. De plus il n’y a pas d’endroits pour les déposer, il faudrait aller jusqu’à la prochaine grande ville, autant dire que personne ne fera un tel effort. Pourtant le problème est urgent.

P1090398P1090412Autre problème de taille qui réclamerait un article à lui seul, le non droit qui règne en Roumanie depuis la chute du communisme a permis à de nombreux industriels de polluer les rivières sans aucun risque pour eux. Une usine de pesticides (malheureusement énormément utilisés par les agriculteurs) est implantée en aval du village. L’hiver dernier une de leur cuve a pris l’eau et tout le produit a débordé jusqu’à la rivière, depuis les pêcheurs se plaignent du manque de vigueur de leurs prises ! Sans contrôles, de tels accidents arrivent presque quotidiennement en Roumanie, et si les pêcheurs se rendent compte d’une différence c’est qu’une énorme quantité de polluants ont touché l’écosystème. Décrire tous les méfaits d’un tel accident serait trop fatiguant. Ajouté aux nombreux engrais et pesticides déversés sur les champs alentour, la Mures est en train de mourir.

pollut10L’Union Européennes par ses règles et ses contrôleurs peut limiter voir éviter beaucoup d’accidents industriels, mais la grave menace des épandages chimiques est un danger à portée des habitants de ces régions touchées. L’exemple bio n’a pas encore été perçu jusqu’ici, et les paysans bernés par les multinationales comme Monsanto sont persuadés que sans ces pesticides, leurs céréales ne pourraient pousser. Quel efficace lavage de cerveau effectué par les grandes entreprises sous l’œil bienveillant des gouvernements. A leur décharge (sauvage) il est vrai qu’après la seconde guerre mondiale le chaos était tel que les rendements devaient être importants pour nourrir une population blessée et affamée. Mais ce temps est révolu, désormais nos céréales servent à produire des agrocarburants encore plus polluants. Donc il est largement temps de réagir et de changer nos habitudes de production : la qualité prime au rendement, nous voulons manger mieux et pas nécessairement plus. Ce n’est pas la faute des agriculteurs à qui l’on a dit depuis des décennies de produire plus, mais c’est à la population urbaine, en manque de qualité, d’exprimer leurs besoins. Une meilleure communication permettrait de changer les choses et d’éviter de voir des bouteilles plastiques sur les bords de la Mures, mais aussi de nombreux emballages de pesticides et engrais de tout genre, inutiles et dangereux.

zoomPour que nos enfants puissent à nouveau se baigner sans risque, pour que les pêcheurs puissent à nouveau considérer leur passion comme un sport, pour à nouveau entendre chanter les martins pêcheurs plutôt que les bouteilles et pour que la santé de la planète devienne une priorité ; buvons nos bières dans des bouteilles de verre, préférons les emballages qui ne sont pas en plastique lorsque nous sommes au supermarché, et préférons la qualité plutôt que le jambon sous plastique à 1€ le kilo…

source : LGV

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livre à ce sujet : La Roumanie post 1989


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5 réactions à cet article    


  • sylvie 23 juillet 2009 19:38

    La Roumanie, un pays que j’envisage pour ma retraite, il y a suffisament d’espace pour y vivre dans son ile, merci de votre article


    • philbrasov 24 juillet 2009 08:03

      @l’auteur

      vous êtes nouveau en Roumanie, et apparemment cela se sent. Votre fibre bien française jete un oeil superficiel sur ce pays.

      Totusi bine at venit ......

      je reviens sur votre post du 18 juillet...

      Sachez que chaque famille roumaine dans les villages a droit a un quota de M3 annuel de bois de chauffe. les zones de coupe sont en général situes près des villages, et sont utilises essentiellement par les tiganes ou les paysans les plus pauvres.
      Faute de moyens de transport cher ami...

      je ne vous conseille pas de faire chaque jour, 15 km aller retour , pour aller chercher votre quota de bois pour vous chauffer au cours d’hivers longs et froids.


      Les essences coupées n’ont AUCUNE VALEUR SYLVICOLOLE.

      En realite vous denoncez un scandale qui non seulement n’existe pas, mais permet aux plus pauvres de se chauffer gratuitement.
      C’est au contraire une activité assez bien surveillée, par les inspecteurs d’ocolul silvic.

      Je travaille dans l’industrie du bois, et de nombreux responsables d’Ocolul Silvic ( ONF local) sont de mes amis, et je vous prie de croire que les scandales sont ailleurs....et ceux ci, vous ne les VERREZ JAMAIS....
      ce que vous dénoncez sont des pratiques ancestrales datant du moyen age et qui perdure encore aujourd’hui dans les campagnes roumaines.


      Quand aux ours, laissez moi rire , ils s’accommodent parfaitement avec l’homme, qq poubelles suffisent....
      c’est un vrai FLEAU dangereux plus que sauvage.

      L’écologie est un hobby de pays riches et de gens éduqués. On en est loin ici, et mes compatriotes ont d’autres soucis, que de se préoccuper d’écologie.
      les taxes de « poluare », existent, mais le probleme en Roumanie c’est qu’on ne sait pas ou elles vont. sourires...
      On y arrivera , mais comme on dit ici doucement, doucement.

      servus domnul.

      Cela vient , mais doucement..... 


      • david354 24 juillet 2009 09:26

        Allons, philbrasov, ce que tu dis est valable pour ceux des montagnes, si tous les paysans comptaient sur le bois autour du village, ils creveraient tous de froid...
        Toi qui travailles dans le domaine, tu devrais savoir que, corruption oblige, des abus enormes ont ete commis, ce n’est pas normal qu’il y’ait dans ce pays de gigantesques vallees sans 1 seul arbre.
        Et ne generalises pas , les roumains sont comme tous, ils aiment la nature autant que les autres... Tu crois qu’on prefere aller faire un gratar sur un parking a 40 C ou dans une foret ?


      • boddah boddah 24 juillet 2009 17:44

        Bonjour,

        Effectivement, je suis nouveau dans ce pays que j’aime (soit dit en passant) et je pense que pour cela mon oeil franchouillard peut-être intéressant. Ce que vous dites me va très bien, mais ce n’est pas la réalité où je vis, peut-être qu’à Brasov c’est le cas, mais ici, près de Deva, le bois n’est pas gratuit car les familles du village l’achètent à un ou deux téméraires qui vont le couper très tôt le matin pour éviter de payer une « taxe » aux policiers. Ceux-ci (et je tiens cela d’eux même) ne se préocupe pas de l’essence qu’il coupe mais d’avantage de la facilité à l’obtenir, puis ils vendent leur bois de médiocre qualité aux villageois à un prix à peine en dessous de celui « légal ». Le système que vous décrivez parait très bien, et je sais que les concessions forestières se négocient en dessous de table qui vont dans les pôches des même autorités locales. Donc dans ma région effectivement la forêt est rognée et peut-importe les essences, qu’elles soient rares ou non. Même si après le communisme les paysans ont laissé la forêt reprendre ses droits...
        Pour ce qui est des Ours et de l’écologie, effectivement j’ai conscience que c’est un luxe des pays modernes, je me suis surtout rendu compte de cela en Inde lors de mes « quelques » voyages. Mais il y a urgence pour la planète, nous sommes obligés de voir globalement. La Roumanie est préservée par rapport au reste de l’Europe et ses ours ont disparus de presque tout les autres pays, donc même s’ils vous semblent nuisibles (c’est le cas aussi pour certains canadiens), ces ours qui mangent des poubelles s’adaptent aux dégradations faites par l’homme, ils ne sont donc plus intégrés à l’écosystème et par la faute de l’homme l’ours sauvage et certe dangereux disparait...
        Pour conclure, je suis heureux de discuter de cela en français avec un roumain car je ne maitrise pas assez la langue pour le faire avec mes voisins, et bien que venant d’un pays « moderne » je choisi la Roumanie pour sa qualité de vie. Mais certaines choses ne peuvent plus être laissées dans l’était : la corruption, la pollution et la dégradation de l’écosystème en font partie. J’ai espoir que l’Europe pourra permetre à la Roumanie de se dégager de ses fardeaux...

      • philbrasov 24 juillet 2009 17:34

        je ne parle pas de gens de villages.... je parle de gens PAUVRES qui se chauffent au bois...
        cherchez pas la polemique ou il n’y en a pas,

        la corruption dénoncé par l’auteur , n’a STRICTEMENT RIEN A VOIR avec la réalité. C’est juste cela que je critique... RIEN D’AUTRE....

        Cette corruption existe et tous les jours j’y suis confronte, mais ne croyez pas que cela se situe a quelques m3 voles par des tigan.....mais en millions....dans une autre planète que notre auteur n’est pas prêt de connaitre. et sur des territoires que les touristes ne sont pas prets de voir tant ils sont eloignes des circuits habituels et des routes meme de campagne.

        quand aux valees , je vous conseille de verifier en France ce qu’etait la foret francaise en 1800 et aujourd’hui ? en roumanie

        Ceci dit la Roumanie a un territoire sylvicole sans commune mesure avec les pays de la CEE
        les roumains et j’en suis .... n’ont dans leur majorité AUCUNE NOTION d’écologie .. AUCUNE
        quand a ne pas trouver un coin d’ombre et un beau ruisseau, faut être aveugle dans ce pays.

        bon week end

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