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Accueil du site > Actualités > Environnement > Energie : le scandale incontournable de l’exploitation des (...)

Energie : le scandale incontournable de l’exploitation des hydrocarbures

J’ai lu l’article de jeanrene, « Pour quelques barils de plus » sur Agoravox, reprenant les thèmes de l’émission Envoyé spécial à propos de la pollution dangereuse de l’exploitation actuelle des pétroles bitumineux du bassin de l’Athasca au Canada. C’est une réalité, mais le point de vue n’est pas suffisamment large pour comprendre ce qui est en jeu, et l’article présent répond au besoin de mettre en perspective de ce qui sera probablement considéré comme un des tournants essentiels de notre civilisation. Car, en fait, nous n’avons pas tout à fait le choix : entre mourir tout de suite ou mourir demain, ce sont essentiellement des considérations purement financières qui provoquent les décisions qui modèlent notre futur et sa qualité, ou plutôt sa non-qualité...

Notre civilisation actuelle est celle de l’énergie.

La découverte du pétrole et la capacité industrielle que cela nous a permis a entraîné l’essor de tout un ensemble de techniques (transport, exploitation agricole, industrie alimentaire, chauffage en régions ou conditions climatiques froides, etc.). L’exploitation du pétrole a vraiment commencé au début du XIXe siècle, et la population était alors d’environ 1,1 milliard d’hommes dans le monde.
Aujourd’hui, cette population est de 6,7 milliards qui dépendent entièrement de l’énergie pour être transportés, nourris, chauffés, soignés, travailler et, même la plupart du temps, abreuvés (traitement de l’eau). Et la liste n’est pas exhaustive.

Un arrêt brutal de la disponibilité d’énergie provoquerait probablement un retour à des capacités correspondant à une population similaire à celle du XIXe siècle, à savoir la disparition d’une grande partie des 80 % de la population mondiale (surplus de population par rapport à l’avant-pétrole).

Tout ce qui suit dans l’article n’est qu’un éclaircissement concernant le pétrole (et le gaz) pour mieux comprendre ce que je viens d’écrire, et en particulier les affirmations du chapeau de l’article et du paragraphe précédent.
Vous l’avez compris, je ne suis pas très optimiste pour le futur de l’humanité, et je ne suis pas non plus très optimiste sur la capacité de nos dirigeants d’aujourd’hui à pouvoir collectivement choisir la solution la meilleure pour notre sauvegarde de demain.

L’ENERGIE

Gaz, pétrole et charbon (énergies fossiles) représentent actuellement environ 85 % de l’énergie consommée dans le monde (source CNUCED). Les énergies renouvelables représentent moins de 15 % de la consommation énergétique, y compris l’utilisation du bois et de la biomasse solide qui représente 77 % de l’énergie renouvelable. Encore que, comme Jean-Marc Jancovici (Ingénieur X, consultant, spécialiste international sur les énergies) le répète souvent, le bois pourrait être une énergie renouvelable, mais compte tenu d’un surplus important de consommation par rapport au renouvellement, ce serait plutôt de la déforestation.

Parmi toutes les sources d’énergie, le pétrole représente donc encore près de 40 % dans le monde (source CNUCED). Et son extraction (supposons que l’extraction soit un coût moyen de 10$ le baril en tête de puits) coûte environ 0,4 ct d’euro le kWh (si on le convertit en électricité). Soit bien moins que l’éolien qui coûte entre 6 et 8 cts d’euro le kWh. L’hydroélectricité est de l’ordre du coût du kWh thermique, mais on est forcément limité en nombre de barrages (2,4 % de la production mondiale d’énergie).

LE PETROLE

Donc, pour l’instant, pas moyen de se passer de pétrole.

Les réserves mondiales sont en constante évolution, et même en progression alors qu’on continue d’en consommer de plus en plus. A titre d’exemple, les réserves prouvées (nous reviendrons sur ce terme) étaient de 72 milliards de tonnes en 1970 (juste avant le premier choc pétrolier de 74). En 2005, elles étaient de 140 milliards de tonnes alors qu’entre 1970 et 2005, nous en avons extrait 110 milliards de tonnes.

Miracle de la découverte diriez-vous.

En fait, pas du tout. D’ailleurs, depuis 1980, on ne découvre plus de champs "géants" (supérieurs à 2 milliards de tonnes) et les réserves ultimes n’ont pas bougé.

DEFINITIONS DES RESERVES PETROLIERES

Nous voici arrivés au point où il est indispensable de poser les choses et de donner quelques définitions :

Réserves ultimes : quantité de pétrole total qui a été créé par la nature dans le monde. Les réserves ultimes sont la somme de la quantité déjà produite (consommée ou non), des réserves prouvées, des réserves probables et des réserves possibles.

Réserves prouvées : quantité du pétrole prouvé (trouvé) que l’on peut extraire avec des technologies existantes à un coût compatible avec sa commercialisation compte tenu du prix actuel.

Réserves probables : regroupe à la fois la part supplémentaire du pétrole prouvé (trouvé) qui pourra être exploité avec l’avancement probable de la technologie d’extraction (technologie et coût) et la part de pétrole non trouvé estimée, mais dont les indices permettent d’affirmer qu’il existe même si on ne l’a pas encore trouvé.

Réserves possibles : la quantité de pétrole estimée que l’on imagine qu’il puisse exister compte tenu de la géologique et de l’histoire de la terre.

Réserves : le mot sans autre précision est en général calculé en ajoutant les réserves prouvées, 50 % des réserves probables et 25 % des réserves possibles.

LES RESERVES DE PETROLE DANS LE MONDE

Nous avons vu que les réserves ultimes n’ont pas changé. Elles sont de 350 milliards de tonnes, et nous en avons déjà extrait environ 150 milliards de tonnes.

Maintenant, pour entrer plus dans le détail, il va falloir changer une nouvelle fois de degré de complexité, car il n’y a pas un seul type de pétrole car sa composition change de façon très importante selon les sources. En particulier, dans la suite de l’article nous allons parler des pétroles très épais du type bitumineux comportant une part importante de soufre (d’où la corrosivité et le danger, le soufre avec l’eau formant de l’acide sulfurique) qui sont très différents des types de pétrole couramment exploités actuellement.

Traditionnellement, vous en avez l’habitude, le volume de pétrole est donné en barils. Et, par définition, un baril est un volume de 159 litres. Mais, évidemment, le poids d’un baril de brent (qualité de pétrole venant de la mer du Nord) n’est pas le même que celui d’un baril de bitume venant de l’Alberta, qui nécessite de plus un traitement physico-chimique important avant d’être exploitable par l’industrie qui sait traiter le brent. D’ailleurs, la masse volumique n’est pas le seul point important dans le pétrole, et il faut faire intervenir la longueur des chaînes carbonées caractéristiques de la viscosité. En pratique, on calcule la qualité du pétrole en °API, ce qui ne va pas simplifier notre compréhension.

On va faire une approximation grossière pour faire le saut entre les réserves ultimes en tonnes et la quantité correspondante en barils, sachant qu’il faut le faire en tenant compte des qualités de pétrole qu’on n’a pas encore découvertes dont on ne connaît évidemment pas la densité... Donc, les 350 milliards de tonnes feraient dans les 5 000 milliards de barils, et la quantité déjà produite fait environ 1 100 milliards de barils. Acceptez la magie de l’approximation grossière qui de toute façon n’a pas un impact si important du fait qu’on parle en grande partie de choses estimées pas encore découvertes formellement.

On estime que la demande mondiale va atteindre 40 millions de barils par an en 2020. En supposant que les années suivantes ne dépasseront pas ce niveau de demande, la réserve ultime ne permettrait plus que de tenir 100 ans.
Les soucis vont venir avant. Mais on peut considérer que, de toute façon, on n’ira pas au-delà de ce siècle pour la fourniture de pétrole, même en figeant la demande à celle qu’on aura dans une dizaine d’années.

Jacques Attali estimait que plus le prix du pétrole augmentait, plus on allait trouver d’autres sources. Il a peut-être raison si on compte sur de nouvelles techniques comme l’énergie hydrolienne par exemple, mais, pour le pétrole, la barrière est là, et bien là, et le prix de l’énergie va augmenter de façon considérable avant qu’on puisse imaginer pouvoir mettre en place d’autres ressources.

LE PETROLE BITUMINEUX

Les réserves de pétrole bitumineux de l’Alberta et de l’Orénoque font partie des grands gisements (Alberta : 1 780 milliards de barils, Orénoque : 1 200 milliards de barils), mais seuls 10 % de ces gisements sont extractibles (donc comptés dans les réserves prouvées) compte tenu des technologies actuelles, à la fois pour des limites techniques, et à la fois pour des raisons économiques (pétrole pas assez cher).

Il existe en fait trois grands modes d’extraction des pétroles bitumineux : l’extraction et traitement du sable bitumineux, et deux méthodes in-situ soit par simple puits horizontal, soir double puits horizontal.

L’extraction des sables bitumineux est ce qui se passe actuellement et constitue un scandale écologique dont la plus grande partie reste d’ailleurs à venir. Le principe est facile sur le papier : on enlève la couche de surface (jusqu’à 75 m), puis on ramasse le sable bitumineux pour l’emmener aux unités de traitement pour séparer le sable du bitume. La pollution est infernale et les conditions d’extraction abominables.

L’exposition à l’air et à l’eau des mines à ciel ouvert provoque la formation de gaz sulfureux (nauséabonds à l’extrême en faible concentration et mortels à plus forte concentration) et d’acide sulfurique hautement corrosif, sans compter la destruction du site de la mine. Le chauffage de l’eau pour l’extraction nécessite de l’eau qu’on ne peut pas recycler du fait de la présence d’acide corrosif après utilisation, et de l’énergie qui fait grandement baisser le taux de récupération par rapport aux réserves. Le sable une fois traité ne peut pas être utilisé pour un autre usage car contenant toujours une part de bitume et de soufre et donc doit être stocké en attendant de pouvoir être remis dans la mine. Enfin, le bitume récupéré doit passer par un process lourd (cracking et hydrogénation) pour pouvoir être commercialisé aux raffineries (le résultat est un "pétrole de synthèse" qu’on appelle "syncrude", bien que ce nom soit une marque, un peu ce qui s’est passé avec "frigidaire" dans le monde de l’électroménager).

Le coût d’extraction du baril est de l’ordre de 20$ à 30$ par baril (à comparer à environ 10$ par baril pour le pétrole du Moyen-Orient, et à environ 10$ à 23$ pour les forages off-shores classiques.

Le taux de récupération devrait pouvoir atteindre jusqu’à 60 % du bitume des sables extraits (mais on ne peut pas extraire tous les sables).

La méthode en puits horizontal est un peu meilleure, car on laisse le sable sur place, et on fait passer un puits horizontal dans lequel alternativement on envoie de la vapeur et on récupère le bitume qui a coulé du sable ainsi chauffé.

Impact sur le site moins fort, bilan énergétique un peu meilleur, pollution un peu amoindrie, mais coût bien plus élevé, investissements (donc mise en place) beaucoup plus lourds, et surtout pollution de l’eau toujours aussi intense.

Le coût d’extraction est entre 30$ et 40$ le baril.

Enfin, la méthode en double puits horizontal semble la plus prometteuse actuellement. Elle consiste à faire deux puits horizontaux. Dans celui du dessus, on fait circuler la vapeur d’eau (qui est recyclée en tête de production), et le bitume liquéfié est extrait par le deuxième puits horizontal situé en dessous.

On atteint alors un coût d’extraction supérieur à 40$ par baril.

Le taux de récupération ne devrait pas dépasser 25 % du pétrole en place.

Ces quelques explications techniques vous permettent de comprendre pourquoi le Canada, et l’Alberta en particulier, n’hésitent pas à polluer gravement toute une région en faisant des mines à ciel ouvert pour des raisons d’arithmétique économique. C’est navrant, et peut effectivement être qualifié de criminel.

Mais c’est du même ordre d’inconséquence et d’immoralité envers l’humanité que ce l’Alberta fait déjà avec l’exploitation des gaz naturels dangereux.

L’HORREUR DES GAZ SULFUREUX DE L’ALBERTA

L’Alberta est un des grands producteurs mondiaux de gaz naturel, grâce à ses richesses fossiles, et on n’a pas fini d’entendre parler d’eux, car le bassin de l’Athasca et les plus grandes réserves de pétrole bitumineux sont chez eux.

Seul petit problème : les gaz sont sulfureux.

Pour la plupart d’entre vous, cela n’a pas de signification particulière. Pour simplifier un peu, on va dire que ces gaz sont mortels pour l’homme.

Tous les fermiers de la région connue autrefois comme un centre de production agricole important et où la capitale Calgary était le siège d’une des plus grandes réunions de passionnés de chevaux du continent (le fameux "Stampede") le confirment dès qu’ils peuvent : les animaux (sauvages et domestiques) meurent autour des têtes de puits de gaz naturel installés un peu partout dans cet Etat canadien. Sans compter les pluies acides qui détruisent la forêt et la végétation en général. Tout le monde le sait, mais entre les faibles revenus d’hier et la richesse en route pour les survivants de demain, le choix a été fait.

Pire encore, dans la frénésie d’exploitation de ce gaz mortel, Petro-Canada n’a pas hésité à demander l’autorisation d’implantation de têtes de puits à proximité des zones habitées de la capitale Calgary, et les autorités n’ont pas hésité à leur donner.
Les conditions d’une catastrophe pire que celle de Cevezo sont en place : un tremblement de terre, un attentat, un accident industriel et ce sont des centaines de milliers de personnes qui vont mourir en quelques minutes.

Le cynisme des autorités canadiennes n’a pas de limites à ce sujet. Car malgré le fait que les concentrations de H2S contenues dans les gaz naturels extraits tueraient plusieurs dizaines de milliers de personnes avant même que l’alerte ne puisse être donnée en cas de rupture de tête de puits, la loi sur l’environnement de 1999 décrète que H2S n’est pas toxique car n’ayant pas d’impact écologique aux concentrations constatées en Alberta.

Bravo le raisonnement : c’est comme si on disait que les radiations de produits radioactifs ne sont pas dangereux parce que les radiations constatées dans la nature et autour des centrales nucléaires n’ont pas d’impact écologique mesurable dans le temps.

Et on n’a pas fini d’entendre parler de l’Alberta, car ils sont en plus riches en terres et boues carbonées (le terme en anglais que tous les spécialistes utilisent est "shale").

En fait, les shales sont la plupart du temps sous forme de roches plus ou moins solides composées en partie d’argile et en partie de composés carbonés. Ils sont classés en "sources d’hydrocarbures non-conventionnels", car, en les chauffant, on peut obtenir des gaz d’hydrocarbures que l’on convertit soit en gaz liquéfiés, soit en pétroles de synthèse.

Les shales sont comptabilisés la plupart du temps en "réserves possibles" avec un coût d’extraction qui devrait se situer entre 40$ et 70$ l’équivalent-baril de pétrole.


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82 réactions à cet article    


  • ZEN ZEN 2 mai 2008 13:32

    Je partage le pessimisme relatif de l’auteur...

    Il vaut mieux ne pas se leurrer , afin de réagir au plus vite, s’il n’est déjà trop tard...

     

    La fin du monde tel que vous l’avons connu

    "...Cette cure de désintoxication est notre seule planche de salut. Une diminution drastique de notre consommation d’énergies fossiles, pétrole mais aussi charbon et gaz, est vitale pour la survie de la planète. Les combustibles fossiles représentent aujourd’hui 80% de l’énergie mondiale. Si la consommation de ces énergies continue à croître de 2% par an, comme elle le fait en moyenne depuis 1970, les émissions de CO2 seront telles que la température planétaire aura grimpé de 5 degrés au moins en 2100, et de 10 à 20 degrés en 2200 !. ... Imaginons que la question climatique n’existe pas. L’humanité devra de toutes façons consommer moins d’énergies fossiles avant la fin du XXI° siècle. Contrairement à ce que nous croyons souvent, le stock disponible n’est pas extensible à l’infini et il faut à la planète des millions d’années pour faire du pétrole ou du charbon. Ce sont les opérateurs pétroliers eux-mêmes - souvent plus conscients du problème que les politiques ou les média- qui le disent. Selon Shell, la production pétrolière commencera à décliner vers 2025. Total parle lui de 2020..." (JM Jancovici)


    Pétrole : le grand bluff ?

    "Les enjeux planétaires du pétrole"

    . Les enjeux de l’energie - Cite des Sciences

    Géopolitique du pétrole

    L’enjeu du pétrole

    Aux origines de la nouvelle crise pétrolière


    • Jean Lasson 2 mai 2008 14:17

      Où est passé l’article "frère" sur l’hydrogène, publié ce matin et apparemment disparu ?????

       

       


      • L'équipe AgoraVox L’équipe AgoraVox 2 mai 2008 15:31

        Il a été supprimé car il a été publié par erreur. En effet, l’article avait été déjà publié en janvier. Désolés.


      • Jean Lasson 2 mai 2008 16:03

        @ l’auteur,

        "On estime que la demande mondiale va atteindre 40 millions de barils par an en 2020."

        Il doit s’agir plutôt de 40 milliards de barils par an.

        "En supposant que les années suivantes ne dépasseront pas ce niveau de demande [...]"

        Ce qui n’est évidemment pas réaliste, la croissance économique engendrant toujours une demande croissante d’énergie. Avez-vous une source sur l’augmentation de la demande en produits pétroliers chinoise et indienne ces dernières années ?

        Il est à craindre que le "peak oil" soit beaucoup plus proche dans le temps. Il est même possible que nous y soyons déjà (cf. cet article). Qu’en pensez-vous ?

         


      • dalat-1945 2 mai 2008 16:31

        @ Jean Lassoin,

        C’est probable, mais l’auteur n’en est pas à çà près ! Il en connait un rayon, l’auteur, sur le sujet !


      • koudou 2 mai 2008 16:42

        @ jean lasson (... et les autres)

        1. Euuuhhh oui, pardon, ce sont bien une demande de 40 milliards de barils par an de demande prévus pour 2020

        On a beau se relire, un long article recèle souvent des coquilles qu’on n’arrive pas à éliminer complètement.

        2. Il est sans doute logique de penser que la demande d’énergie sera en progression croissante.

        Mais si le coût du pétrole continue d’augmenter au même ryhtme pour arriver entre 200$ et 300$ le baril, il est fort à parier que des investissements et des sources d’énergie actuellement pas vraiment mises en place (telles que l’hydrogène et les hydroliennes) vont pouvoir être très rentables, ce qui fait que l’on peut espérer qu’effectivement, à partir d’un certain moment, la courbe de demande de pétrole va être réduite.

        Pour illustrer un tel propos, il suffit de considérer la demande de pétrole de la France, et la chute très importante de la demande de pétrole qui a eu lieu avec l’arrivée de l’électricité nucléaire et le développement du gaz.

        3. A propos de l’hydrogène : je pense que c’est une voie très prometteuse, car on résoudrait non seulement le problème de la production de l’énergie, mais aussi celui du transport.

        On n’y est encore largement pas, car la plupart des projets actuels se penchent sur le transport (parce que l’hydrogène, c’est dangereux à transporter, plus que le gaz naturel même) et sur les moteurs à hydrogène. Par contre, pas grand chose sur la production d’hydrogène qui est la plupart du temps passé soigneusement sous silence pour une raison super simple : la matière première est l’eau.

        Super si c’est de l’eau allez-vous me dire, puisqu’il y en a partout.

        Oui, mais si on récupère une quantité Q d’énergie en tranformant H2 en H2O, il va falloir fournir au moins la même énergie (et probablement beaucoup plus pour des histoires de rendements de transformation) pour produire H2 à partir de H2O.

        Les deux pistes les plus sérieuses de production sont actuellement soit l’électrolyse de l’eau à partir d’électricité (oui, mais si elle est fabriquéeen brûlant du pétrole, on n’a rien gagné du tout, au contraire), soit des processus mixant chauffe et catalyse. Par exemple, avec des centrales nucléaires (on est reparti vers le nucléaire), soit avec de l’énergie géothermique (par exemple en Islande qui en regorge).

        Tiens, l’Islande ... surveillez bien ce pays qui se réclame européen (et il est vrai qu’ils on plus une mentalité européenne qu’américaine) et qui sera probablement au centre d’une grande bagarre dans le futur. En tout cas, l’Islande est devenu un gros producteur d’aluminium alors qu’ils n’ont pas un seul gramme de beauxite sur leur territoire. La raison en est simple, ils ont de l’électricité presque gratuite avec la géothermie et l’aluminium est très gourmand en électricité parce qu’il est fabriqué par électrolyse de l’alumine (fabriqué à partir de la beauxite).

         

        Et puis, ne pas oublier que H2O est aussi un gaz à effet de serre.
        Au niveau du sol, ce n’est pas si grave, puisque de toute façon, on est déjà entre 60 à 80% de la pression de vapeur saturante (100% quand il y a du brouillard). Mais l’injection à haute altitude par des moteurs d’avion à hygrogène, ce n’est pas si top. H2O, c’est mieux que CO2, mais cela reste plus longtemps et c’est aussi un gaz à effet de serre ...


      • dalat-1945 2 mai 2008 18:30

        @ Jean Lassoin,

        Je souhaiterais dire aussi que l’on parle toujours de barril/ jour et non de barril/an !


      • koudou 2 mai 2008 18:52

        @dalat-1945

        Si vous voulez ne parler que de barils par jour, c’est votre droit, il vous suffit de diviser par 365 le nombre de barils par an, et c’est vrai que c’est l’unité de débit standard pour la production.

        SI vous voulez dire que personne ne parle jamais de barils/an, alros vous êtes à côté de la plaque.


      • dalat-1945 2 mai 2008 19:21

        @ l’auteur,

        C’est vrai , je ne pratique jamais le "barril/an". J’ai fait l’IFPet c’est ce que l’on m’a appris ! Mais c’est vrai qu"’en divisant par 365, çà marche !

        Je ne vous en veux pas !

        Cordialement

         


      • lavabo 2 mai 2008 14:58

        Bonjour Koudou,

        Félicitations pour votre article.

        L’exploitation du pétrole bitumuneux au Canada va entraîner une véritable catastrophe écologique. Le Canada cherche probablement à obtenir une plus grande autonomie énergétique, mais la statégie envisagée ressemble plus à un sauve-qui-peut qu’à une solution véritable.......

        Je serais curieux de savoir quel est l’investissement de départ pour l’exploitation du pétrole canadien. Avez vous des sources là dessus ?

        Cordialement


        • dalat-1945 2 mai 2008 16:53

          @ lavabo,

          Le Canada a une population de 32 000 000 d’habitants, c’est à dire la moitié de celle de la France et une superficie 20 fois plus grande que celle de a France. Aujourd’hui, le Canada possède largement assez d’hydrocarcures et d’énergie hydraulique pour ses besoins propres et s’il essaie de développer ses "oilsands" du nord de l’Alberta, c’est uniquement pour le "business", c’est à dire exporter. Il pourrait très bien arrêter cette exploitation d’un jour à l’autre. Ce qui toutefois bien sûr, encoragerait l’augmentation du prix actuel du Pétrole....

          C’est le prix élevé du pétrole actuel qui le pousse à exploiter ces gisements. Mais le mode d’extraction de l’huile est très différent et coûte ptrès cher ...Si les pétroliers voulait vraiment traiter ces sables bitumineux correctement (sans polution), c’est possible, mais moyennant un surcoût considérable qui n’est possible que si le pétrole augmentait encore bien d’avantage. En attendant ils extraient leur "huile" en polluant ! C’est triste , mais que faire ! Arrêter tout de suite ou bien attendre une augmentation du prix du barril encore bien plus forte ?


        • edouard 2 mai 2008 16:16

          incontournable ? faut voir...

          La théorie Russe de l’origine abiotique et non fossile des hydrocarbures est semble-t-il fondée par la réussite des découvertes de nouveaux gisements.

          Elle permet d’envisager des réserves illimitées pour l’humanité à condition d’y mettre le prix(grande profondeur)

          Les compagnies pétrolières ont tout intérêt à nous faire croire à la pénurie, les marchands d’armes aussi..

          Nous sommes sortis de l’ère du pétrole, tous les médias essaient de nous persuader du contraire. Les solutions existent, c’est à nous d’imposer une ère de l’énergie propre( hydrogène, solaire...)

          Les recherches souvent menées hors des grandes chapelles, se heurtent aux blocages de la pensée dominante :

          ex : le procédé Pantone qui permet des économies de 20% à 40% de carburant et de diminuer de20% à 30% la pollution n’est pas repris par les constructeurs.

          Comme dab, c’est l’armée qui récupère les fonds, les chercheurs et qui bloque ensuite les applications civiles :

          ex : l’armée américaine qui a mis au point des bombes à fusion propre à partir de la z-machine de Sandia et des travaux sur la fusion froide...

           

           

           

           


          • heyben 4 mai 2008 20:06

            Que change la théorie russe ?

            Il faut balancer nos forets à grande profondeur ?

            Chuis pas fan, j’préfère encore les agrocarburant, ca a l’air plus efficace bien que ce le soit déjà peu.

             


          • koudou 4 mai 2008 22:20

            @heyben

            Je comprends parfaitement ce que la théorie abiotique peut avoir de perturbant quand c’est la négation de tout ce qu’on nous a appris. En plus, cela permet d’espérer un petit peu plus de réserves, mais cela risque de ne pas aller très loin : ceux qui croient que le théorie abiotique va permettre de creuser n’importe ou pour tomber sur des réserves gigantesques n’ont rien compris et se laissent guider par leur fantasmes. Après tout, le diamant et l’uranium ont aussi des origines abiotiques, et on n’en trouve de loin pas partout.

            Attention à votre remarque sur le agrocarburants qui n’est pas réaliste du tout en terme de volumes.
            A titre d’exemple, en France, si on arrêtait totalement toutes les cultures pour se nourrir et nourrir les animaux, pour se contrentrer uniquement sur des cultures pour les biocarburants, en rasant complètement toutes les forêts, il faudrait 3 fois la surface de la France pour couvrir les besoins de la France.

            Conclusion : les agrocarburants peuvent peut être aider un peu, mais la biomasse n’est pas la solution éngertique pour le futur.

             


          • frédéric lyon 2 mai 2008 16:50

            Très bien tout celà sauf qu’on ne connait presque rien des réserves d’hydrocarbures contenues sous le plancher des océans.

            Elles sont sans doute gigantesques, car les océans recouvrent 70% de la surface de la planète.

             


            • frédéric lyon 2 mai 2008 17:06

              Le taux de renouvellement des réserves prouvées des grands groupes pétroliers internationaux est de l’ordre de 120% par an.

              Ce qui veut dire que chaque année, ces groupes découvrent de nouvelles réserves dont le volume est 1,2 fois supérieur à leur production de l’année.

              Par conséquent pas d’affolement prématuré dans vos soupapes chers amis !

              Et pas de conclusion hâtive, ni de spéculations intellectuelles trop osées, s’il vous plait.

              Des spéculations intellectuelles à faire rougir de honte tous les spéculateurs boursiers, qui n’auraient certainement pas le courage de miser un seul dollar sur des divagations semblables (sauf cas exceptionnel du genre du trader de la Société Générale qui s’est illustré récemment !).

              Personne ne connait la limite physique des réserves d’hydrocarbures de la planète Terre. Et PERSONNE ne la connaitra JAMAIS.

               


            • koudou 2 mai 2008 18:27

              @ frédéric lyon

              Pour une fois, j’ai l’impression que vous n’avez pas bien lu en basant votre raisonnement de découverte de nouveaux gisements à partir de l’augmentation des réserves prouvées.

              Je reprécise donc ce que sous-tend l’article sur les "Réserves prouvées" par la définition.

              Les "réserves prouvées" correspondent à la quantité de pétrole des ressources connues (des champs identifés) qu’on est certain ou quasi certain de pouvoir extraire compte tenu des technologies existantes et des prix de vente du pétrole (rentabilité économique).

              Ce qui veut dire que chaque fois qu’on trouve une technique pour récupérer un peu mieux le pétrole, même de puits qu’on a laissé tomber, on peut y retourner, ce qui augmente les réserves prouvées, sans qu’on ait trouvé de nouveau gisement. Au début du pétrole, on creusait un trou vertical, et ça jaillissait. Et quand cela ça jaillissait plus, le puits était à sec. Aujourd’hui, la manière de creuser (puits horizontaux, puits multibrins, déports par profondeur, ...) la façon de récupérer le pétrole (injection de gaz, d’eau,...) fait progresser le taux de récupération (dont j’ai parlé à plusieurs reprises dans l’article) et donc d’augmenter les réserves prouvées.
              Pour donner des chiffres, entre le premier choc pétrolier de 1974 et aujourd’hui, le taux de récupération moyen est passé de 25% à 35%, c’est à dire que même si on n’avait découvert aucun nouveau gisement pendant cette période, la simple technique aurait permis d’augmeter les réserves prouvées de plus de 50%.

              Le prix du pétrole a également un influence considérable, car certaines techniques trop coûteuses ne permettaient pas d’extraire, et donc les quantités de pétrole qui auraient pu être récupérées n’étaient pas comptabilisées dans les réserves prouvées.

              Ainsi donc, l’augmentation des réserves prouvées peut ne rien à voir avec la découverte de nouveaux gisements. Et c’est d’ailleurs le cas, puisque depuis 1980, on n’a plus découvert de gisements géants (supérieurs à 2 milliards de barils) et depuis 1990 on n’a plus trouvé de grands gisements (entre 500 millions et 2 milliards de barils). A titre de comparaison, je rappelle que la demande mondiale en 2007 était de 31 milliards de barils.

              =====================

              Pour ce qui concerne l’origine abiotique du pétrole et de la guerre des théories entre origine fossile et origine abiotique, cela concerne uniquement les réserves possibles et les réserves probables.
              Car même si le pétrole est totalement d’origine abiotique et se renouvelle au sein des grandes profondeurs, il est probable que ce renouvellement se fait selon des échelles de temps géologiques.

              Les réserves de pétroles (prouvées, probables et possibles) se calculent par la somme des déclarations des grandes compagnies (j’ai bien écrit des "déclarations"), y compris Yukos Oil qui est l’unique compagnie spécialisée dans le domaines des champs pétrolifères abiotiques (même si le Vietnam a des puits non explicables par la théorie fossile). Car même abiotique, c’est à dire dans des couches géologiques supposées vierges de fossiles, il n’y a pas du pétrole partout. Et le champs de la mer du nord ne sont explicables pque par une origine abiotique, ce qui ne change rien aux réserves mondiales.

              Il serait donc erroné de croire qu’un changement de théorie d’origine du pétrole puisse modifier fondamentalement les données concernant les besoins énergétiques. Que cela mette à mal d’autres théories comme le pic du pétrole (dont je me garde bien de parler, d’ailleurs), c’est certain. Mais pas le mécanisme général.

              Pour donner un exemple, on pensait autrefois qu’une nappe phréatique était une réserve. Si on pense que c’est une réserve fossile qui ne se renouvelle pas, on est inquiet. Mais même si on découvre finalement qu’elle se renouvelle, si on pompe plus vite qu’elle ne se remplit, on la vide quand même et on a un vrai problème dont i lfaut continuer d’être inquiet. Abiotique ou pas.


            • Dominique Larchey-Wendling 2 mai 2008 22:58

              Que cela mette à mal d’autres théories comme le pic du pétrole (dont je me garde bien de parler, d’ailleurs), c’est certain.

              La théorie du Peak Oil découle simplement du fait que l’homme consomme plus vite le pétrole qu’il ne se renouvelle, quelle que soit la manière dont il se renouvelle. Il n’y a pas besoin de supposer que les réserves de pétrole ne se régénèrent pas pour que la théorie soit valide. Juste qu’elles se régénèrent beaucoup trop lentement, ce qui arrive forcément avec une croissance exponentielle de la consommation, liée à la croissance exponentielle de l’économie, elle même liée aux besoins de rembourser des intérêts sur les dettes contractées sur les générations futures.

              Comme le dit Mike Ruppert : Until you change the way money works, you change nothing.

               

               


            • Mr Mimose Mr Mimose 2 mai 2008 17:15

              Mr lyon expliquez moi par quel miracle alchimique le pétrole qui est une réserve fossile peut-il se renouveler ?

              Et d’ou tenez vous ces chiffres étonnants qui contredisent tout les points de vues des experts les plus renommés ?

              Je note aussi que les américains s’empressent de rétablr la démocratie en irak, iran et syrie qui comme par hasard détiennent des réserves pétrolifères énormes.


              • Mr Mimose Mr Mimose 2 mai 2008 17:20

                Vous dites aussi cher Mr lyon, " des spéculations intellectuelles", moi la seule spéculation que je vois, c’est celle sur le baril de pétrole qui ne cesse d’augmenter, en corélation avec votre immense stupidité.


              • Mr Mimose Mr Mimose 2 mai 2008 17:24

                Un journaliste espagnol qui suit de près le groupe de bilderberg, à eu l’information que le baril devra atteindre 180$ cette année, prix fixé par le dit groupe.


              • dalat-1945 2 mai 2008 17:37

                @ Mimose,

                Vous et d’autres, êtes obscédés par la présence des USA en Irak, juste pour le pétrole ! On est en droit de penser aussi que ce n’est pas uniquement pour cela.

                En Yougoslavie , les USA ont attaqués et mis à genoux les Serbes "sans pétrolole et chrétiens" pour soutenir des Kosovars "sans pétrole et musulmans". Vos propos relèvent de la malhonneteté intéllectuelle ...Cà vous arrive assez souvent d’ailleurs.

                Y’a t’il aussi du pétrole en Corée du Sud et en Corée du Nord, qui pousserait les Américains à ne pas lâcher le morceau avec KIM JUNG IL ?

                 

                 


              • koudou 2 mai 2008 18:46

                @Mr Mimose,

                La grande théorie du pétrole est dès le départ une origine fossile, probablement par similitude au charbon qui est prouvé être d’origine fossile (on a trouvé des fossiles pris dans le charbon).

                Mais l’origine fossile du pétrole n’a jamais été prouvée, même si tout le monde s’accorde à penser qu’au moins une partie du pétrole a peut être une origine ofssile.

                La théorie russe qui date des débuts des années 90 est que le pétrole ne serai pas d’origine fossile, mais le résultat d’une concentration du carbone et de l’hydrogène en provenance du magma qui s’est refroidi. Après tout, les gisements d’or, de cuivre, de nickel, et platine, de diamant etc... sont bien dus à des phénomènes de ce type, mal connus, mais dont on est bien obligé d’admettre le résultat.

                Au début, les américains, spécialistes du pétrole se sont gaussés totalement de cette théorie, jusqu’à ce que les russes, forts de cette théorie, ont commencé à réaliser des forages à partir d’études géologiques faisant fi des théories fossiles. Et ils ont trouvé du pétrole en quantité très significative dans des lieux qui devraient être stériles d’après la théorie fossile. D’alleurs, les gisements de la mer du nord ne sont justifiables que par la théorie abiotique (ce mot pour opposer à fossile, veut dire d’origine non biologique).

                A mon sens, cela ne change pas grand chose à l’article que j’ai commis, car les quantités possibles de pétrole d’origine abiotique ont été intégrées par la compagnie russe Yukos dans les possibles et la quantité totale incluant les possibles (ce qu’on appelle les réserves ultimes) n’ont à priori pas changé beaucoup entre 1990 (le déut de la théorie abiotique) et aujourd’hui. 


              • FYI FYI 2 mai 2008 17:39

                Vivement la "télétransportation"


                • jcm jcm 2 mai 2008 17:50

                  Les majors pétrolières se concentrent sur les fossiles :

                  "...

                  Les géants du pétrole se recarbonisent, choisissant volontairement d’oublier le réchauffement climatique et la nécessité de disposer d’énergies renouvelables du point de vue de la sécurité nationale.

                  Shell s’est retirée hier de la plus importante ferme éolienne du Royaume Uni et BP se désintéresse du solaire pour investir dans les sables bitumineux, malgré un précédent refus de s’y impliquer à cause des émissions de gaz à effet de serre qu’entraîne leur extraction.

                  ..."

                  Traduction de quelques lignes d’un article du Guardian du 2/05/2008 à lire ici : Dawn of an energy famine


                  • dalat-1945 2 mai 2008 18:07

                    Mc Murray


                    • Mr Mimose Mr Mimose 2 mai 2008 18:41

                      @dalat-1945

                      Quels étaient les buts de la guerre des balkans :

                      1° Liquider l’autogestion et les droits sociaux des travailleurs serbes pour privatiser. La crise impose aux multinationales de conquérir sans cesse de nouvelles « terres », de nouveaux marchés. Par les bombes quand il le faut.

                      La Sécurité sociale et les droits des travailleurs ayant été piétinés, US Steel, par exemple, a pu racheter pour une croute de pain Sartid, la plus grande usine sidérurgique des Balkans. Délocalisations en perspective, et aussi en Europe.

                      Les multinationales ont cru avoir gagné en imposant à Belgrade un gouvernement du FMI, mais ce gouvernement vient d’être totalement désavoué aux récentes élections.

                      2° Contrôler la voie stratégique des Balkans. Berlin veut que la route du pétrole passe par le Danube (donc à Belgrade), pour acheminer vers Hambourg et Rotterdam le pétrole et le gaz du Caucase et du Moyen-Orient. (Cela servirait aussi pour les produits des usines délocalisées dans les Balkans).

                      Cherchant à affaiblir et contrôler l’Europe, Washington veut un tracé plus au sud à travers ses Etats-marionnettes : Bulgarie, Macédoine, Albanie. Dans ce but, il a construit au Kosovo une gigantesque base militaire : Camp Bondsteel (montrée dans le film Les Damnés du Kosovo).

                      Pourquoi Washington utilise des terroristes

                      L’instrument des USA pour réaliser ce plan stratégique ? L’UCK, mouvement nationaliste dégénéré, qui a toujours voulu créer une « Grande Albanie » ethniquement pure (Albanie + Kosovo + morceaux de Serbie, Macédoine, Monténégro et Grèce).

                      Alors qu’ils avaient déclaré cette UCK « terroriste », Washington l’a littéralement achetée et rebaptisée « combattants de la liberté ». But ? Faire éclater cette Yougoslavie alors trop à gauche et se créer un nouvel Israël dans les Balkans.


                      • dalat-1945 2 mai 2008 19:16

                        @ Mimose,

                        Votre réponse montre bien à quel point vous êtes polué ou menteur ! Vous voulez toujours avoir réponse à tout, et vous me faites penser à nos Communistes d’antant avec leur "langue" de bois, martelant sans jamais molir des contre vérités ... Mais peut être d’ailleurs êtes-vous Communiste ?. Vous êtes aussi un peu comme ces gens (exemple MAUGIS, etc..) qui veulent, coûte que couûe, nous faire croire que Cuba est un pays démocratique ou le "bonheur est dans le pré, cours y vite, cours y vite" en permanence et que si cà ne va pas, c’est bien encore de la faute aux Américains qui les ont mis sous embargo !

                        Il se trouve que je connais bien la Yougoslavie, pour y avoir créé une société franco-yougoslave dans les années 70 à Sarajevo. J’ai un grand nombre d’amis, maintenant bosniaques à Sarajevo ou français (car ayant fui les combats de la région et notamment Sarajevo). Aucun n’a le discours que vous racontez à propos de la dernière guerre du Kosovo, et pourtant ils sont serbes chrétiens, bosniaques musulmans, croates catholiques.

                        Ce que vous racontez relève du pur mensonge politique, et de la malhonneteté intelectuelle la plus totale. Mais c’est vrai, vous n’en êtes pas à cà près !

                        Et pour la Corée du Sud et du Nord est-ce aussi pour des histoires des routes économiques, pétrolières, etc..Là cela risque d’être plus difficile pour répondre !

                        Chez vous j’ai l’impression que les mensonges et les contre vérités, c’est complulsif, alors dans ce cas, oui, il n’y a pas grand chose à faire. Consultez un analyste ! Mais ce n’est pas sûr que cà marche !

                         


                      • Mr Mimose Mr Mimose 2 mai 2008 19:46

                        @Dalat-1945

                        Contrairement à ce que vous pensez je ne suis pas communiste, ni ne prone la langue de bois, ni ne martelle des contre-verités.

                        Je vais vous le prouver de suite

                        1- Le stalinisme était surement le régime le plus criminel de toute l’histoire de l’humanité avec le nazisme

                        2- Cuba n’est pas une démocratie, c’est certain.

                        Contrairement à vous, j’essaie d’etre objectif et de ne pas me laisser manipuler par quelques idéologie que ce soit.

                        L’angélisme voire la naiveté de vos propos concernant les états-unis pretent à sourire.

                        L’amérique est une grande nation, malheureusement dirigée par une clique de dangereux psychopathes, qui vont la conduire soit à un état nazi soit à sa perte.


                        • Mr Mimose Mr Mimose 2 mai 2008 19:53

                          @koudou

                          Je ne crois pas à la théorie russe du pétrole abiotique, par contre un procédé qui semble intéressant pour produire du pétrole synthétique est le procédé fischer-tropsch.


                        • koudou 2 mai 2008 21:00

                          @Mimose,

                          Il va vous falloir réviser totalement vos connaissances ...
                          Le procédé Fischer-Tropsch date de 1925 et a considérablement été modifié et on appelle désormais ça des procdés XTL. Pour éviter de leur donner un nom, dans l’article, je parle de cracking (casser les chaines longues) et hydrogénation (ou réduction par l’hydrogène, c’est pareil).

                          L’objectif prncipal de F-T était de faire de l’essence à partir de charbon. Pour cela, on fabriquait du méthane à partir du charbon (par chauffe), puis on l’oxydait partiellement pour obtenir du CO et de l’hydrogène, et enfin, par un procédé catalytique et en rajoutant un peu d’hydrogène, ont réduisait le CO pour obtenir des chaines longues d’hydrocarbures.

                          Toutes ces techniques ont été améliorées pour être regroupées sous le nom générique de techniques CTL (Coal To Liquid). Et on a commencé à utiliser directement le méthane des torchères (gaz naturel ou coupe hautes des raffineries de pétrole) pour des techniques GTL (Gaz To Liquid) ou même des méthanes d’origine bio pour les techniques BTL. Et toutes ces techniques ont été rassemblées sous le terme générique de XTL.

                          De ce point de vue, votre commentaire n’apporte rien, car cette notion est déjà totalement intégrée dans l’article, et en particulier pour ce qui concerne les shales, la seule exploitation étant de chauffer ces shales pour obtenir un gaz et en refaire un syncrude par une technique GTL (je précise, qui n’a rien à voir avec le GPL, on en sait jamais ...)

                          Le deuxième point de votre commentaire concerne la théorie abiotique du pétrole.

                          Là encore il va vous falloir remettre à jour vos connaissances, car si autrefois, on avait encore le loisir d’y croire ou non, aujourd’hui, il n’y a plus le choix, car on a trouvé du pétrole qui ne peut pas être expliqué par une théorie fossile. Cela ne veut pas dire que le pétrole fossile n’existe pas, ni la proportion qu’il y a entre pétrole fossile et pétrole abiotique, mais il est désormais certain que les deux théories sont exactes et non exclusives.

                           


                        • dalat-1945 2 mai 2008 21:45

                          @ l’auteur,

                          Vous avez bien fait de faire ce cours à Mr Mimose et de lui rafraichir la mémoire, il en avait besoin !


                        • frédéric lyon 2 mai 2008 21:14

                          Pétrole abiotique ou non, les notions de réserves prouvées, probables ou possibles, ne sont pas des notions physiques, mais des notions économiques, elles indiquent la quantité de pétrole qui est placé dans des gisements exploitables dans les conditions économiques actuelles.

                          Et c’est tout.

                          Les experts pétroliers se garderaient bien de donner une évaluation des réserves physiques d’hydrocarbures, car comme je l’a indiqué : Personne n’a aucune idée de la quantité physique d’hydrocarbures présente sur notre planète.

                          Contrairement à ce que vous dites, on découvre de nouveaux gisements d’hydrocarbures tous les ans. Les Brésiliens viennent, par exemple, d’annoncer la découverte d’importants gisements offshore au large des côtes brésiliennes, par plus de 1000 mètres de fond.

                          Quant à l’augmentation actuelle du prix du pétrole, elle tient à l’évolution de la demande dans le monde, notamment dans les pays émergents, et non à la production de pétrole qui augmente régulièrement tous les ans.

                          Disons pour simplifier que la production augmente, mais qu’elle augmente trop lentement, tout au moins de façon trop lente en ce moment.

                          Pourquoi la production ne parvient-elle pas à suivre la consommation ?

                          Parce que l’exploitation pétrolière est une industrie qui demande de lourds investissements, par conséquent on ne peut pas augmenter la production en claquant simplement dans les doigts.

                          Les investissements dans la production n’ont pas été suffisants, ou pas assez rapides, ces dernières années, car une plate-forme de forage en mer profonde est un investissement très lourd et la construction et la mise en place de cette plate-forme demande plusieurs mois de travail.

                          En résumé : Nous sommes encore loin de la pénurie, même si l’on observe une tension sur le prix du barril dans la période actuelle.

                          Le dernier barril de pétrole présent sur la Terre ne sera JAMAIS extrait, ni même JAMAIS découvert, car on en aura JAMAIS besoin ! 

                           


                          • koudou 2 mai 2008 22:25

                            @frédéric lyon

                            Vous m’avez habitué à meux commec ommentaires !

                            Pétrole abiotique ou non, les notions de réserves prouvées, probables ou possibles, ne sont pas des notions physiques, mais des notions économiques, elles indiquent la quantité de pétrole qui est placé dans des gisements exploitables dans les conditions économiques actuelles.

                            Pour ce qui concerne les réserves prouvées, oui, absolument.

                            Pour les réserves probables, partiellement, puisque c’est la somme des ressources connues qu’on pense que l’on va pouvoir exploiter bientôt, et de celles qui seront exploitables quand on aura trouvé les ressources qu’on soupçonne fortement.

                            Pour les ressources possibles, pas du tout, c’est du pif complet sans aucun élément de preuve, et cela n’a rien à voir avec ce que vous écrivez en fin de paragraphe.

                            Les experts pétroliers se garderaient bien de donner une évaluation des réserves physiques d’hydrocarbures, car comme je l’a indiqué : Personne n’a aucune idée de la quantité physique d’hydrocarbures présente sur notre planète.

                            Bien sûr que si ! Les experts ne font pas QUE ça, mais cela fait partie de leurs fontions et responsabiités. Pour vous en rendre compte, il vous suffit de vous plonger dans leurs différents rapports.
                            Pour vous mettre le pied à l’étrier, vous pouvez commencer par lire le dossier de Institut Français du Pétrole

                            http://www.ifp.fr/actualites/dossiers/les-reserves

                            Contrairement à ce que vous dites, on découvre de nouveaux gisements d’hydrocarbures tous les ans. Les Brésiliens viennent, par exemple, d’annoncer la découverte d’importants gisements offshore au large des côtes brésiliennes, par plus de 1000 mètres de fond.

                            C’est vrai, ils ont découvert ce gisement dont ils ne connaissent pas encore la taille l’annonce est récente, je l’ai entendue mi-avril et pas encore intégrée, même s’il pensent qu’il peut atteindre 33 milliards de barils. C’est une découverte importante, c’est la première de cette importance depuis 25 ans. Mais même si on arrive à un taux de récupération de 50% (rassurez-vous, on n’y arrivera probablement pas à 1000m de profondeur), cela correspond aux besoins de 6 mois actuellement.

                            La précédente découverte importante était celle de Tupi avec 8 milliards de barils. Et l’ensemble de toutes les découvertes ont eu pour effet principal de faire passer des réserves possibles aux réserves probables et un peu aux réserves prouvées. En tout cas les réserves utimes n’ont pas été modifiées.

                            Quant à l’augmentation actuelle du prix du pétrole, elle tient à l’évolution de la demande dans le monde, notamment dans les pays émergents, et non à la production de pétrole qui augmente régulièrement tous les ans.

                            Là, je suis en désaccord complet.

                            Pour commencer, à aucun moment ni dans l’article ni dans mes commentaires, je n’ai parlé des raisons de l’augmentation du prix du pétrole, mais uniquement du fait que les réserves prouvées augmentent du fait que des extractions trop chères deviennent économiquement possibles.

                            Ensuite, il suffit de savoir faire une règle de trois pour se rendre compte que l’évolution du prix ne peut pas venir de la simple variation de la demande. Elle vient de la spéculation.

                            Disons pour simplifier que la production augmente, mais qu’elle augmente trop lentement, tout au moins de façon trop lente en ce moment.

                            Pourquoi la production ne parvient-elle pas à suivre la consommation ?

                            Non. Vous mélangez (je ne sais pas si c’est volontaire ou non) la capacité maximale de production et la production réelle. Et en plus vous ne tenez pas compte des stocks commerciaux de l’OCDE.
                            Cet ajustement de la production au marché est normale : pourquoi voulez-vous que les producteurs fabriquent plus à un certain prix, alors qu’il savent que ce qu’ils n’ont pas vendu aujourd’hui n’est pas perdu et sera vendu beaucoup plus cher demain ?

                            A ce sujet, je vous propose de lire l’excellent papier d’Emmanuel Broto qui m’a fait comprendre pas mal de choses sur le jeu de la spéculation sur le pétrole.

                            http://www.terredebrut.org/article-13865998.html

                            Le dernier barril de pétrole présent sur la Terre ne sera JAMAIS extrait, ni même JAMAIS découvert, car on en aura JAMAIS besoin !

                            Ca, c’est un affirmation purement viscérale, du même ordre que celui de croire en Jésus-Christ, Allah ou Yahvé. C’est une simple question de foi, sans aucun fondament scientifique, parce que ça n’a aucun rapport avec la science.

                            Cela peut servir de base à toute votre façon de vivre, et entraîner tout un ensemble de convictions profondes, mais cela ne m’oblige pas à croire au même Dieu que vous.


                          • yvesduc 2 mai 2008 21:41

                            Merci beaucoup pour cet article ! Vous êtes très clair et j’apprends beaucoup de choses en vous lisant. Que pensez-vous de la récente découverte « colossale » au Brésil, à Tupi ? ( http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=38772 ) Merci.


                            • koudou 2 mai 2008 23:17

                              @ yvesduc

                              Je n’ai pas commenté l’article, mais j’étais un peu gêné par le raisonnement. En effet, on vient de découvrir du pétrole (qui n’est donc au mieux que dans les réserves probables, puisqu’à 1000m de fond alors qu’on n’a même pas identifié vraiment la taille du gisement), et l’auteur annonce que cela place le Brésil au rang de 6e producteur mondial (là, on parle de production et même pas de réserves prouvées). Il y a comme un truc ...

                              Pour la découverte elle-meme et pas l’article, en fait il y a deux découvertes différentes. Celle de Tupi concerne un gisement de 8 milliards de barils et celle de l’offshore un gisement de 33 milliards de barils.

                              Il est probable que le gisement de Tupi aura une taux de récupération moyen (de l’ordre de 35% actuellement, touts puits confondus), tandis que celui au large de Rio sera un peu moins bon si on considère l’expérience du bassin de mer du nord. Je n’ose pas avancer de chiffre, car il n’y a aucune donnée disponible, mais la plupart du temps, en mer du nord on est autour de 20 à 30% (certains puits sont à 10%, d’autres à 50% et même un à 80%).

                              De toute façon, ces chiffres sont à rapprocher de la demande mondiale actuelle autour de 32 milliards de barils par an.


                            • Dominique Larchey-Wendling 2 mai 2008 22:40

                              @ l’auteur,

                              Bon article. Je vous conseille la lecture de "Nous mangeons du pétrole".

                              Concernant la part du pétrole dans le bilan énergétique mondiale, il me semble que c’est plutôt 30% (à égalité avec le gaz naturel). Le chiffre de 40 millions de barils par an ne devrait-il pas plutôt être de 40 milliards de barils par an (càd 110 millions de barils par jour). Si on en croit le PDG de total (maximum 95 millions de barils par jour) ou l’ex-chef d’exploitation de la Saudi Aramco, ce chiffre n’est pas atteignable. Actuellement, on est à 85 millions de barils par jour.

                              Quand à sieur F. Lyon, inutile de trop vous investir en lui répondant, c’est un idéologue qui ne s’intéresse pas aux faits. Seul compte la préservation de son idéologie.

                              Pour ma part, j’aurais tendance à suivre le pronostic de Matthew Simmons (banquier d’affaire spécialisé dans les projets d’exploitation pétrolière et auteur de l’excellent "Twilight in the desert") : quand Ghawar déclinera, Peak Oil sera atteint.

                               

                               


                              • koudou 2 mai 2008 23:31

                                @Dominque Larchey-Wendling

                                Merci de m’avoir fait passer cet article très intéressant, il donne quleques clef de compréhension importantes concernant les raisons du déclenchement de la crise alimentaire.
                                Il va d’ailleurs falloir s’attaquer à ce sujet, mais l’étude scientifique des données m’avait paru trop lourde quand j’avais fait un premier tour.

                                Pour les milliards au lieu de millions, ou c’est exact, un lecteur m’en avait déjà fait la remarque avec justesse. J’avais d’ailleurs compté des milliards dans tous les calculs, et mes doigts ont fourché.

                                Pour ce qui concerne la part du pétrole, l’IEA (Agence Internationale pour l’Energie) indique dans son rapport 2007 35% pour le pétrole au niveau monde pour 2005 (derniers chiffres consolidés) pour l’utilisation énergétique hors Electricité (page 6 du rapport). Par contre, si on considère la quantité finale d’énergie directe et indirecte (dont incluant la prod d’électricité), la part du pétrole est de 43,4% (page 28 du rapport). Comme cette part est en diminution régulière et que les chiffres sont de 2005, j’ai fait une approximation à 40% pour aujourd’hui en ajoutant le mot "environ" dans l’article.

                                Si vous êtes intéressé par le rapport, on peut le télécharger ici :
                                http://www.iea.org/textbase/nppdf/free/2007/key_stats_2007.pdf

                                 


                              • Pharaon 2 mai 2008 23:23

                                @koudou

                                Bon article.

                                > 10 % de ces gisements sont extractibles compte tenu des technologies actuelles, à la fois pour des limites techniques, et à la fois pour des raisons économiques ...

                                Une 3ème raison de "non extraction" survient lorsque que le cout énergétique de l’extraction est supérieur à l’énergie qu’on retire du pétrole extrait ; c’est typiquement le cas pour ces sables bitumineux lorsqu’ils sont trop profond, trop visqueux ou à trop faible teneur en carbone.


                                • koudou 2 mai 2008 23:41

                                  @pharaon

                                  Tout à fait d’accord dans l’absolu.

                                  Mais dans mon idée, cela rentrait dans la double limite technique et économique. Ainsi, par exemple, une révolution technologique du type extraction micro biologique (enzymes, bactéries ...) ou nano technologiques pourraient faire passer les bitumes auxquels vous faites allusion dans la catégorie des réserves prouvées. Evidemment, on y est pas encore, mais on sent quand même confusément que des voies de recherche telles que celles que je viens d’indiquer sont en train de sortir du domaine de la science fiction pour rentrer dans celui de la recherche fondamentale.

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