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Accueil du site > Actualités > Environnement > Et désormais : évacuation progressive ou trêve hivernale à Notre-Dame-des-Landes

Et désormais : évacuation progressive ou trêve hivernale à Notre-Dame-des-Landes ?

De la lecture de la toile en ce 2 novembre 2016 se dégage une ambiance pour le moins curieuse : les informations en rapport avec cet évènement sont rares, les manifestations de joie inexistantes, et pourtant hier 1er novembre a débuté la trêve hivernale, cette fameuse trêve obtenue de haute lutte par celui qu’elle rendra très populaire, l’abbé Pierre. Elle se poursuivra pendant cinq mois, jusqu’au 1er avril. Au cours des trêves hivernales les expulsions sont interdites, ce qui signifie que légalement les zadistes ne peuvent plus se voir délogés de NDDL avant le printemps. Ne faut-il pas s'en réjouir ? On le pourrait sans réticence si ce "légalement" n’était pas écrit en situation d’Etat d’urgence, un régime d'exeption à l'imprévisibilité relative, et si les zadistes n’étaient pas considérés comme des habitants illégaux quand bien même ces magnifiques résistants apparaissent éminemment légitimes au regard de la COP21 et de la loi sur la transition énergétique.

Cette date qui n’est donc mise en avant par personne mais discrètement prise en compte dans les calculs politiques, était pourtant sur bien des lèvres lors du rassemblement des 8 et 9 octobre qui a vu converger de toute la France, et d’ailleurs, une quarantaine de milliers de « bouseux » anti-aéroport et pourfendeurs de la toute-puissance des trans- et multi-nationales, afin d’y chanter le chant des bâtons, histoire de signifier élégamment à Valls qu’on était passé à un échelon bien supérieur dans l’échelle de la détermination.

Dans ces conditions allait-il attaquer avant le 1er novembre ? C’est ce qu’il promettait depuis des semaines, affirmant sans évoquer ce jour fatidique que l’évacuation aurait lieu avant la fin octobre. Tout comme en 2012, qui vit la calamiteuse opération César (de si terrible extraction historique) débuter le 16 octobre au matin pour s’embourber dans la deuxième quinzaine de novembre. Les forces du l’ordre établi, qui pensaient n’en avoir que pour quelques jours, quittèrent la zone la matraque entre les jambes après quelques destructions de bâtiments, mais sans faire fuir des zadistes parfois nus qui reconstruisaient trois fois plus de barricades que les playmobils en détruisaient.

Et ces derniers temps Valls, fidèle à son image, s’évertuait une nouvelle fois à jouer les gros bras. Mais, las, les révélations de « celui qui n’aurait pas dû dire ça », et de son « ex » déclarant « qu’il valait mieux arrêter les frais  », créèrent un climat vaguement délétère peu propice à une démonstration de force infaillible. Un malheur arrivant rarement seul, elles furent suivies, suite aux dernières rodomontades vallsiennes accusant les zadistes de "vouloir créer les conditions d’un drame, avec des victimes et des martyrs", d’appels à l’insoumission de la part de José Bové, Noël Mamère et des deux candidats à la primaire d’EELV promettant de se retrouver en personne à NDDL à l’apparition du premier robocop. Résultat, définitivement dépité, notre éruptif premier-ministre est allé faire un tour en Afrique pour se donner une stature d’homme d’Etat tandis qu’il se répandait en propos fielleux en direction de son patron défaillant. Mais, et c’est ce qui compte en politique, le résultat est qu’à cette date, d’intervention musclée au sein de la ZAD il n’y en a pas eu. Ce qui me rend, sans les éclats des hourras de victoire attendus - leur absence témoignant probablement d'une maturité politique liée à l'ancienneté de la lutte - timidement heureux qu’à cette heure se trouve respectée « cette bagarre au caractère sacré », comme la nomme le très récemment inquiet Fabrice Nicolino*, l’un des survivants de Charlie. Une inquiétude partagée par les paysans opposants, lesquels « vont ressortir leurs "tracteurs vigilants" » face aux menaces d’évacuation « progressive » formulées dans la semaine par un Manuel Valls peut-être mué finalement en un fin tacticien. Il ne faut jamais sous-estimer ses adversaires. En tout cas en voilà un, bien trop pressé, qui vient de s’auto-dissoudre sans qu'on l'y ait beaucoup poussé : « Montebourg : NDDL « doit être mis en œuvre sans plus attendre » (Ouest-France) ».

 

(*) « Cette bagarre a fait surgir de magnifiques combattants et pour des milliers d’êtres, elle a un caractère sacré ». Farice Nicolino

 

Action de Greenpeace en 2012 - Nicolas Chauveau / Greenpeace

 

Gonflé le technicien - lumières ! En voilà un qui ne craint pas de perdre son emploi pour défendre une cause qui lui parait essentielle ! (Photo : EELV Rennes)

 

Jim Citoy'Art

 

Le Courrier de l'Ouest


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61 réactions à cet article    


  • velosolex velosolex 2 novembre 15:03

    Cent ans après la guerre de 14-18, et ces généraux stupides, leurs coups de menton sacrifiant les hommes et le territoire, nous avons ce projet funeste de Notre dame des Landes. Certains arc boutés à leurs godillots, se cramponnent au résultat d’un référundum illigitime, taillé sur mesure pour la cause !

    Ils refusent de voir plus loin que le bout du nez de leur avion....Rappelons qu’un comité d’experts indépendants, diligentés par le gouvernement, sans être trop sévères, ont conclu à la grande irrationalité de ce machin d’un autre âge, expliquant que les mesures alternatives sont nombreuses, pour un aéroport existant, loin d’être saturé....
    ...« D’un autre âge » ?...Dans cette époque d’affairisme et de lobbying, n’oublions pas que le concepteur est le groupe Vinci, celui même qui a acheté pour une misère le droit de vous taxer sur les autoroutes, après que celles ci furent payés par le contribuable. 
    Le jackpot est là aussi considérable : Le sort du fret aérien importe peu, la mainmise sur les terres, et un contrat en or massif :« Quand le Conseil d’Etat a validé la déclaration d’utilité publique de 2008, il a également validé la concession pourtant bien défavorable aux collectivités publiques, en admettant, en particulier contre toutes les règles habituelles de la concession, que les collectivités publiques mettent la main au porte-monnaie ».

    • sarcastelle 2 novembre 18:20

      @velosolex

      .
      Le « funeste projet » est comparé par vous aux folies des généraux de 14 envoyant la piétaille en rouge bien visible par centaines de milliers vers le feu ennemi. Mais est-ce là tout ? Une comparaison avec les déportations nazies vous a donc parue exagérée ? Vous avez bien tort. 

    • velosolex velosolex 2 novembre 19:20

      @sarcastelle

       Le projet nazi n’était rien d’autre que de coloniser l’espace européen, avec cette conception de l’homme supérieur qui installait toute une strate de prédation et d’accaparement, Les buts : Territoriaux en dégageant un espace vital, et économique, comme tout impérialisme, les camps devant être vu comme des outils de rationalité et de profit, au delà de l’industrie de la mort banalisée. La pensée de Timothy Snyder me semble en tout point pertinente, pour l’appliquer sur cette terre victime d’enjeux d’argent et de pouvoir, sacrifiant la terre et les hommes 
      Timothy Snyder et ses critiques - La Vie des idées
      La pensée nazi quelque part n’est pas morte, dans ces valeurs de mépris et d’accaparement du sacré : Ce conflit de NDdLandes, est en relation étroite avec toute la mise en tutelle par l’argent, l’arbitraire et le pouvoir, qui fut en vigueur tout au cours du vingtième siècle. Même si elle est évidement plus soft, elle est de même nature totalitaire
      Nous voilà maintenant devant la facture, et elle est salée : 
      Plus de la moitié des espèces ont disparu, la montée des risques majeurs est si patente qu’elle exigerait des réformes totales, et non des demi mesures. 
      On pourrait d’un certain coté considérer que c’est une chance, dans le sens où ces paradigmes pourrait nous faire évoluer vers une société d’entraide, de partage, la seule possible. 
      Nous en sommes encore loin, et il se fait tard. Avec ça, ce système de la dérégulation économique ou de capitalisme voyou, surgit au début des années 80, semble incapable de se réformer. Les aberrations continuent, et Notre dame des landes n’est plus qu’un projet irrationnel et fou ; c’est le symbole et le terrain de confrontation de deux mondes : L’ancien, fait de lobbying et de coupes sauvages sur la nature, et l’autre, avec des gens motivés, se battant pour pour un autre avenir. Le seul qu’on peut se permettre. 

    • Armelle 3 novembre 09:01

      @velosolex
      "Dans cette époque d’affairisme et de lobbying, n’oublions pas que le concepteur est le groupe Vinci, celui même qui a acheté pour une misère le droit de vous taxer sur les autoroutes, après que celles ci furent payés par le contribuable. « 

      C’est assez marrant comme la vision des choses peut être différente d’un individu à l’autre, et à quel point elle peut être orientée !!! Car comme vous le dites »Dans cette époque d’affairisme et de lobbying", il n’aura échapper alors à personne que nous évoluons dans un monde de rapaces, par conséquent, et étant conscient de cela, la faute ne revient elle pas à l’état d’avoir VENDU POUR UNE MISERE LE DROIT DE VOUS TAXER...
      Il ne faudrait quand même pas se tromper !!! C’est marrant vous etes prêt à payer 200 ce que vous pouvez acheter 100 vous ?

      ...On croit rêver


    • Patrick Samba Patrick Samba 3 novembre 09:47

      @Armelle

      « Il ne faudrait quand même pas se tromper !!! C’est marrant vous êtes prêt à payer 200 ce que vous pouvez acheter 100 vous ?
       » dites-vous bien ingénument.

      Pour vous répondre je me contenterai de rappeler les commentaires de Jean-Pierre que vous n’avez certainement pas manqué de lire plus bas, avant de commenter vous-même (ou alors c’est que vous seriez pour le moins impulsive...) :

      - "’il faut annuler pour conflit d’intérêt, trafic d’influence et favoritisme les enquêtes faite par un préfet ensuite embauché par le concédant du marché.« 

      - »Qu’il faut enquêter (brigade financière, Tracfin) sur les liens étroits (y compris éventuellement financiers ou via des embauches de collaborateurs) entre Valls, son entourage et Vinci.Etc, etc "

      Alors oui pourquoi payer 200 ce que vous pouvez payez 100 ? A condition bien sûr qu’il n’y ait pas eu corruption, concussion, malversation, etc, ce qu’une transnationale richissime saura maquiller en emplois tout ce qu’il y a de plus anodin (tel celui du préfet par ex ?...), en subvention de campagne électorale, d’expositions artistiques par le biais de fondations, etc...

      Vous êtes attendrissante d’ingénuité. Ou alors c’est que vous avez vous-même trempée dans ce genre de malversations pour afficher ce qui ne serait alors que manipulation ou déni...


    • velosolex velosolex 3 novembre 11:32

      @Armelle
      Soit je m’explique mal, soit vous ne me comprenez pas...Il est clair que je déplore la non consistance d’un état défendant ses citoyens des ambitions des prédateurs. En ce faisant il se fait tailler des croupières,complaisamment, et nous oblige à cracher au bassinet. La vente des autoroutes est un scandale incroyable... Enfin, pour mon compte je ne prend jamais l’autoroute, question de principe. Si tout le monde faisant comme moi, vinci serait à genoux. Mais qu’importe ce que font les autres, ou plutot tant pis, je crois au principe du colibri. 

      Maintenant, l’état régalien à tous les pouvoirs pour retrouver la donne, et accorder les principes de bases proclamés lors de cette fameuse cop 21 avec le réel. Et respecter tout simplement les lois européennes de conservation des espaces naturels. 

    • Armelle 3 novembre 13:14

      @velosolex
      Non mais je disais juste que ; utiliser le terme « acheter » ne met en cause que l’acheteur, en l’occurrence là VINCI, alors qu’on ne peut acheter que ce qui est à vendre, et QUI A MIS EN VENTE CES CONCESSIONS ?
      Par conséquent la responsabilité est davantage du côté de l’état plutôt que de VINCI !!!
      On ne peut être plus logique
      Moi c’est pareil j’adhère au principe du colibris, je ne prends pas l’autoroute, d’ailleurs je n’ai plus de voiture...
      En même temps l’incendie est gigantesque n’est ce pas ? Mais si 65 millions de colibris s’y attèlent on devrait pouvoir obtenir qqes résultats...


    • Armelle 3 novembre 15:52

      @Patrick Samba
      C’est bien ce qu’il me semblait, vous ne m’avez pas comprise !!! Votre « envolée » sans queue ni tête n’ a absolument rien à voir avec la remarque que je faisais à Vélosolex. Relisez Mossieur !!! Je lui reprochais juste de trouver le coupable chez l’acheteur, c’est tout !!! Car pour acheter, il faut que ce que l’on achète soit à vendre, peu importe les conflits d’intérêt ou trafic d’influence, un état qui respecte ses administrés ne vend pas un bien qu’ils ont payé au moment même où ce bien est amorti et en promesse de revenus, pressions ou pas !!! 
      Votre démonstration fumeuse n’a pas de sens, sinon celle de chercher à vous faire mousser
      Et c’est vous qui me parlez d’ingénuité ? Qu’il est drôle le gars. Que de trouver de subterfuges ayant le sentiments de vous donner tte puissance ou une pseudo culture infinie ou bien encore de la pauvre surenchère complotiste, est tout simplement pathétique. Comme si le gars parcourait tous les jours les couloirs de l’Elysée, le long desquels les occupants lui chuchotaient à l’oreille les dessus et dessous des affaires d’état. Te fatigues pas mon gros, il n’ ya pas de nanas à impressionner ici !!! Il scherchent des clowns chez Pinder en revanche...Vous avez ttes vos chances !!!
      De plus vous dites « pour vous répondre... » Or il ne m’avait pas semblé vous interpeler mon gros balourd ! narcissique en plus ? De quoi je me mêle ? Franchement quel goujat ahuri !!!

      Vous savez ceux qui ont la prétention de tout savoir n’ont souvent pas le talent de tout comprendre, et vous en faites la parfaite illustration sur une simple remarque qui n’a d’autre avantage que d’être on ne peut plus claire et dans un Français ma foi, compréhensible !!!


    • Patrick Samba Patrick Samba 3 novembre 16:21

      @Armelle

      Mais c’est vrai ça ! De quoi je me mêle !
      Elle est adorable....

      Ah s’il n’y avait pas cette distance virtuelle, je te dirais bien : « Viens-là que je t’embrasse ma grande ! Et inonde-moi de ton amour débordant toi qui ne demandes qu’à être bien comprise ». Et c’est vrai je ne t’avais pas bien comprise, ce qui n’est plus le cas désormais.


    • velosolex velosolex 4 novembre 19:35

      @velosolex
      Génial.. ;dernières nouvelles : je copie collé "20 minutes : Le rapporteur public préconise l’annulation des travaux


      C’est peut-être un nouveau coup de théâtre qui se prépare dans le dossier Notre-Dame-des-Landes. Le rapporteur public de la cour administrative d’appel de Nantes, dont l’avis est généralement suivi, va demander l’annulation d’arrêtés préfectoraux autorisant les travaux de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, ont annoncé vendredi les parties.L’audience, en appel, a lieu lundi après-midi.

      La magistrate proposera à la cour, saisie par des opposants, d’annuler quatre arrêtés pris par le préfet de Loire-Atlantique en décembre 2013, liés aux aménagements hydrauliques et aux destructions d’espèces protégées, pour permettre la réalisation de la plateforme aéroportuaire et sa desserte routière.

      Loi sur l’eau et espèces protégées

      Le sens des conclusions du rapporteur public, communiqué aux parties, est l’annulation des arrêtés dits « loi sur l’eau » et « espèces protégées », pour incompatibilité ou non respect d’articles du Code de l’Environnement, ont-elles précisé.

      La dérogation à la destruction et au transfert d’espèces protégées - une centaine ont été recensées sur le site prévu pour accueillir le nouvel aéroport nantais - est prévue par le Code de l’Environnement, à condition que le projet soit d’intérêt public majeur, qu’il n’existe pas de solution alternative satisfaisante, et qu’il ne nuise pas au maintien, dans un état de conservation favorable, de l’espèce dans son espace naturel.

      « Un bon signe » pour les opposants

      En première instance, le 17 juillet 2015, le tribunal administratif de Nantes avait rejeté les recours déposés par les opposants au projet de Notre-Dame-des-Landes, ouvrant ainsi la voie à la réalisation des travaux.

      « C’est un bon signe, mais nous attendons les débats de l’audience de lundi et les arrêts que rendra la cour administrative d’appel », qui doit être connue sous quinze jours, a commenté Sébastien Le Briéro, l’un des avocats des requérants. « On attend l’audience et la décision. Mais si c’est confirmé, et si les arrêtés sont annulés, les conditions pour une intervention ou un démarrage des travaux ne sont aucunement réunies », a déclaré de son côté Thomas Dubreuil, autre avocat des associations requérantes.


    • Patrick Samba Patrick Samba 5 novembre 10:35

      @velosolex

      « C’est peut-être un nouveau coup de théâtre » : effectivement, et on ne peut que s’en réjouir s’il a de grandes chances d’aller jusqu’à son terme espéré.

      Le rapport de force en faveur du combat de NDDL est en tout cas en train de s’inverser. Les initiatives originales se multiplient. Cette dernière n’en est pas une des moins importantes :

      Barricade de mots en défense de la ZAD

    • Patrick Samba Patrick Samba 2 novembre 15:12

      je ne résiste pas à l’envie de vous faire partager ce texte qui résume très bien l’état d’esprit actuel sur la ZAD. Il en vaut la peine, pour comprendre ce qui se joue dans ce coin de bocage…

      « ZAD : Valls sans retour ».
      Depuis Notre-Dame-des-Landes par le collectif Mauvaise Troupe

      Alors que nous écrivons ces lignes, le bruit de l’hélicoptère tente de
      briser notre concentration. Il tourne, désormais quotidiennement,
      là-haut où les avions ne volent pas, répandant sa rumeur de guerre et de
      reconquête. César1 guette et cherche à impressionner. Parfois il se met
      légèrement sur le flanc, pour nous mieux observer. Est-il surpris par la
      ronde des tracteurs qui depuis quelques jours déposent des balles de
      foin aux carrefours ? Par ces comités de soutien qui viennent repérer
      les lieux les plus stratégiques où ériger leurs barricades ? Par les
      formations qui chaque fin de semaine regroupent plus de cent personnes
      venues se préparer aux expulsions annoncées ? Peut-être l’est-il
      davantage encore de tous ces gestes qui perdurent. Sylvie et Marcel qui
      soignent leur troupeau, les moissons du sarrasin, un fest-noz célébrant
      la récolte de patates, quatre-vingt charpentiers bâtissant l’ossature
      d’un gigantesque hangar ou une bibliothèque tout juste inaugurée. Son
      regard peut-il embrasser avec les 2000 hectares toute la richesse de la
      vie qui les peuplent ? Celle qu’il prétend détruire dans le mois à
      venir…

      Les préparatifs d’une nouvelle opération d’occupation et de destruction
      du bocage à sept mois des élections présidentielles ont quelque chose
      d’irréel. Après un printemps de grèves, de blocages économiques,
      d’agitation de rue contre la loi travail, en plein état d’urgence, quel
      serait l’enjeu de transformer ce coin de campagne mais aussi la ville de
      Nantes en véritables poudrières ? Ce n’est certes pas seulement pour
      construire un aéroport de plus et ainsi honorer les « accords
      public-privé » avec la multinationale Vinci. S’il est vital pour les
      gouvernants d’écraser la zad, c’est qu’elle constitue une démonstration
      insolente d’une vie possible sans eux. Et d’une vie meilleure. À l’heure
      où la seule prise politique qui nous est proposée consiste à choisir, le
      nez bouché, le moins pire des affairistes en mesure de battre le FN
      (mais d’en appliquer le programme), le surgissement d’un territoire hors
      et contre le principe même de gouvernement leur est insupportable.

      Car ici, l’expression « zone de non droit », qu’ils voudraient
      effrayante, a pris une acception radicalement positive. Contrairement à
      ce qui a lieu dans les rues des villes « policées », à la zad, personne
      ne dort dehors et chacun mange à sa faim. De grands dortoirs accueillent
      les arrivants, un « non-marché » hebdomadaire propose les légumes, la
      farine, le lait, le pain et les fromages produits sur place, sans qu’un
      prix ne vienne en sanctionner la valeur. Dans les nombreuses
      infrastructures collectives, mais aussi dans les échanges ou les travaux
      collectifs, les relations se basent sur la confiance et la mise en
      commun, à l’envers des logiques ayant cours qui s’appuient sur le
      soupçon et l’individualisme. Ce que les cyniques de tous bords taxent
      d’utopie irréalisable est éprouvé dans les gestes et la matière. Même
      l’absence de police et de justice – les gendarmes ne fréquentant plus la
      zone depuis 2013 – n’a pas produit le chaos que d’aucuns auraient
      imaginé et souhaité. Les opposants à l’aéroport ont démontré qu’ils
      étaient capables de vivre ensemble sans aucune tutelle les surplombant.
      Une communauté de lutte a donc patiemment vu le jour, nouant des liens
      tissés pour résister aux attaques comme au pourrissement. Tout ceci ne
      va pas sans heurts, évidemment, si déshabitués que nous sommes à décider
      nous-mêmes de nos devenirs. Nous réapprenons, nous apprenons, et rien
      n’est plus joyeux et passionnant que de se plonger dans cet inconnu.

      C’est pour toutes ces raisons que la zad représente une véritable
      expérience révolutionnaire, de celles qui redessinent radicalement les
      lignes de conflit d’une époque. Le mouvement anti-aéroport s’étend
      aujourd’hui dans des pans de la société habituellement plus sensibles au
      chantage à l’emploi et à la crise qu’à la défense d’un bocage. Les
      salariés de Vinci, mais aussi de l’actuel aéroport, ont clairement
      exprimé, via leurs sections CGT, qu’ils rejoignaient la lutte et ne
      seraient jamais des « mercenaires ». De même, les lycéens et étudiants
      mobilisés au cours du mouvement contre la loi travail s’apprêtent à
      bloquer leurs établissements dès l’arrivée des troupes. Trop d’espoirs
      sont condensés ici pour que nous puissions être vaincus, il en va de
      notre avenir, de nos possibilités d’émancipation. Nombreux sont ceux qui
      le pressentent, se tenant prêts à transformer la bataille de
      Notre-Dame-des-Landes, si elle a lieu, en véritable soulèvement
      populaire, capable de rabattre l’arrogance d’un État qui pense pouvoir
      impunément casser les travailleurs, précariser la population, mutiler
      les manifestants, tuer Rémi Fraisse, Adama Traoré et tant d’autres,
      donner un blanc-seing à sa police et continuer allègrement sa chasse aux
      migrants.

      Face à leurs fusils semi-létaux, face à leurs blindés à chenilles, nous
      aurons les armes séculaires de la résistance : nos corps, des pierres,
      des tracteurs et des bouteilles incendiaires, mais surtout notre
      incroyable solidarité. Peu importe que la partie soit inégale, elle
      l’était tout autant en 2012, quand après des semaines dans la boue,
      derrière les barricades, nous leurs avons finalement fait tourner les
      talons. Il y a quelques semaines déjà, alors que sous le hangar de la
      Vacherit l’assemblée du mouvement touchait à sa fin, un octogénaire se
      lève, un éclat de malice dans le regard et des cartons plein les bras.
      Il déballe fièrement les mille lance-pierres qu’il a fabriqués avec
      quelques complices pour projeter des glaçons de peinture. Tous rient,
      mais en essaient l’élastique. Car s’il faut à nouveau prendre les
      sentiers de la guerre pour défendre ce bocage, nous serons nombreux à le
      faire, ici, partout. C’est ce que nous avons affirmé ensemble une fois
      de plus lors de la grande manifestation du 8 octobre. Brandissant nos
      bâtons, nous avons scellé ce serment : nous défendrons ce bocage comme
      on défend sa peau ; policiers, soldats, politiciens, vous pouvez venir
      raser les maisons, abattre le bétail, détruire les haies et les forêts,
      ne vous y trompez pas : la fin de votre mandat ne suffirait pas à
      éteindre ce que vous embraseriez à Notre-Dame-des-Landes.

      Collectif Mauvaise Troupe


      • velosolex velosolex 2 novembre 16:18

        @Patrick Samba
        Je vous rejoint sur toute la ligne

        . Il existe heureusement beaucoup de gens dans ce pays qui refusent les diktats, et qui prennent l’écologie et notre futur, pour une cause essentielle, le seul projet face à au capitalisme devenu fou 
        L’approche des présidentielles ne fait pas reculer ceux qui ont choisi la posture de la rigidité,. C’est l’effet « Trump » à la française. 
        Walls semble avoir choisi de se blinder ainsi, en se servant rigidement de la force, dans une posture publicitaire et populiste. Un message envoyé à la France des déboussolés du FN,...
        Notons que si l’on est fond du trou, c’est justement pour la raison qu’on a cédé aux sirènes du Libéralisme et de la dérégulation à outrance, la mise en coupe du pays et de ces intérêts majeurs, dont ce projet est une forme d’expression évidente !

      • alinea alinea 2 novembre 16:11

        J’ai été écœurée ces derniers temps de lire quelques phrases de quidam que je croyais ordinaires et qui déclaraient, mais enfin ! qu’est-ce qu’on a à foutre de quelques grenouilles ? L’aéroport de Nantes est plein et dangereux, et il n’y a là-bas aucune espèce rare...
        Bien sûr, pour les affaires, les loisirs, l’avion toujours sera indispensable, irremplaçable et les candidats à la transcendance seront de plus en plus nombreux !
        Mais je ne pensais pas à la vie là-bas ! merci pour ce texte Patrick. Je pensais juste à l’irrémédiabilité de la construction après destruction, en vue d’un monde dont on n’a pas idée et qui me semble à moi bien devoir restreindre ses prétentions.
        Toutes ces routes, ces autoroutes, ces voies de TGV, ces aéroports comme un progrès, à l’infini, c’est, à n’en pas douter, la preuve de la limite de l’intelligence humaine.


        • velosolex velosolex 2 novembre 16:30

          @alinea
          Bonjour Alinea

          Vinci voilà, depuis « Lindbergh », de Robert Charlebois, bien de l’air est passé sous les ailes des avions.Mais notre dame des landes, projet archaïque, construit au début des années 60 à renaît de ses cendres. C’est comme si on tentait de remettre à flot le concorde..
          .Pourquoi pas, se disent certains, tant qu’il y a du fric à faire, on peut rouler le gogo comme on veut,il suffit de mettret l’état ou ce qu’il en reste dans sa poche ! 
          Même des personnalités de droite sont très réservées sur cette aberration, c’est dire. Même Hollande, qu’est « un gars ben ordinaire », autre chanson de Charlebois, ne veut pas qu’on le rende responsable ni coupable de ce truc, et a dejà mis son parachute...
          J’ai vu cela sur arte plus sept, et ça m’a remit le moral : Un tour des alternatifs, des gens bien au delà des moulins de Hollande et de Cahuzac. 
          ARTE+7 | L’urgence de ralentir

        • Fergus Fergus 3 novembre 17:55

          Bonjour, alinea

          Sans vouloir défendre un projet d’aéroport je n’ai rien à faire à titre personnel, mais dont je pense quand même qu’il devrait se faire, eu égard au résultat d’un référendum que les écolos n’ont pas dénoncé, persuadés qu’ils étaient de l’emporter, sans vouloir défendre ce projet, disais-je, je fais humblement remarquer que les zadistes racontent des sornettes sur le préjudice environnemental.

          Certes, il y a quelques espaces humides qui seront sacrifiés, mais surtout des espaces agricoles. Or, NDDL, ce sont 2 700 ha qui seront pris à la nature une fois pour toutes. Une superficie à comparer avec les 82 000 ha de terres agricoles qui disparaissent chaque année en France (source : le Syndicat des jeunes agriculteurs).

          Eh oui, je sais : ces données sont gênantes !


        • velosolex velosolex 3 novembre 19:11

          @Fergus

          Bonsoir
          D’abord un petit calcul : si vous multipliez 2700 hectares par les 100 départements français, vous arrivez à 270 000 hectares..On est loin des 82 000 hectares, chiffre déjà aberrant en lui même, mais qui s’explique en grande partie par la collusions des intérêts des lobbys du BTP avec les élus, dont l’eyraudrome est la marque la plus extraordinaire. 
          2700 hectares, ce n’est pas rien. Pas 2700 de Causses ou de désert, avec tout le respect d’ailleurs que j’accorde à n’importe quelle terre, mais ces 2700 hectares là sont en double bassin versant, un ballon d’air, d’eau et de bocages à une vingtaine de kilomètres de Nantes. Des terres normalement doublement protégés par des accords européens, que la France a ratifié...Et après cela, les opposants se font reprocher des questions de droit, liée à une démocratie bidon, à une référendum dont ils ne respecteraient pas eux le résultat. Tout cela est à géométrie variable, comme le concorde, un avion d’un autre temps. Nous y sommes..... 
          Le mur du con est franchi....Indignez vous, comme disait Heyssel, un type qui savait ce que voulait dire le terme de résistance.
          Que croyez vous ? Que les écolos sont des divisions de bonhommes verts, vivant dans la forêt de Sherwood et chantant et votant comme un seul homme dés que Robin des bois leur donne la consigne. 
          Certains ont été voté, d’autres non. D’ailleurs, non, les opposants étaient très pessimistes sur le sort de ce référendum, dont le périmètre, après sondages a été taillé sur mesure par le gouvernement pour qu’il ’y ait le moins de surprise possible. 
          S’il avait été fait sur la région Bretagne, du nom de ce machin, le résultat aurait été beaucoup plus incertain. Habitant le Morbihan, je suis donc invité à financer cette aberration sans avoir été consulté, et c’est donc un déni de démocratie...Reste que même taillé sur mesure pour s’imposer, en faisant dans la surenchère à l’emploi, la ville de Nantes n’a voté le oui, qu’avec une centaine de voix d’avance. Vue la disproportion des moyens dont disposaient les deux camps, et les arguments à base de chantage économique délivrés par la bande à Eyrault, cela en dit sur la popularité du projet qui bat de l’aile, et ne repose que sur des intérêts économiques particuliers, et non sur l’intérêt collectif, et les enjeux environnementaux considérables. . 
          Du reste j’ai été dés le départ opposé personnellement à ce référendum, flairant le piège...De telles questions essentielles ne se règlent pas selon l’humeur du temps et de l’électeur orienté. On ne jette pas comme cela un couvercle des sarcophage de béton sur le vivant, surtout après avoir fait la morale au monde entier....
          Maintenant, plus rien ne me surprend sur la nature humaine !
          Ni sur les opportunistes qui changent d’opinion et de direction, comme des manches à air.
          ..


        • Fergus Fergus 4 novembre 09:03

          Bonjour, velosolex

          Je ne vois pas pourquoi le Syndicat des jeunes agriculteurs raconterait n’importe quoi sur l’abandon des terres agricoles qui a calculé que 26 m² sont abandonnés chaque seconde en France !

          Et, désolé, mais la multiplication par 100 des 2700 ha de NDDL n’a strictement aucun sens : l’aéroport est un projet ponctuel qui n’a pas vocation à être reproduit ailleurs ! 2 700 ha une fois pour toutes à comparer, je le répète, avec les 82 000 ha qui disparaissent chaque année, autrement 410 000 en 5 ans, 820 000 ha en 10 ans, etc. Bref, c’est peanuts !

          Sur le référendum, j’étais, comme les écolos, partisan d’une consultation étendue aux départements limitrophes de la Loire-Atlantique. Cela n’a pas empêché les zadistes d’accepter les modalités de ce référendum, ce qui a été une grave faute tactique : ils auraient dû appeler au boycott et ne pas y participer, du moins pour les rares originaires du département. En n’appelant pas au boycott, ils acceptaient de facto le résultat de la consultation !!!

          Pour ce qui est des habitants du Morbihan, j’ai constaté, notamment à Vannes lors d’une séance de tractage un jour de marché, que les habitants qui s’exprimaient étaient plutôt favorables au projet. Mais je vous accorde volontiers que quelques personnes entendues en cette occasion ne sont pas un échantillon représentatif. 

          Finalement, dans cette affaire, moi qui, au départ, n’avait pas d’avis tranché sur l’aéroport, eu égard aux arguments des uns et des autres, j’en suis venu à soutenir NDDL dès lors qu’un référendum a tranché. Le plus cocasse est que la majorité de ceux qui entendent s’opposer à ce résultat sont ceux qui hurlent le plus fort contre les atteintes à la démocratie. Si ce n’était si pathétique, j’en rirais !


        • velosolex velosolex 4 novembre 10:28

          @Fergus

          En fait, vous êtes pour ce projet depuis le début, tachant de cacher votre zeste de mauvaise conscience sous une ambivalence matoise. Ce qui n’échappe à personne....Peut être avez vous des intérêts, mais en quel cas vous les nieriez, bien sûr. 
          Pourtant une telle ambivalence et une telle mauvaise foi, cultivant les sophismes et les clichés, ne peut guère s’expliquer autrement, en dehors du mot « cocasse », pour reprendre vos mots un peu précieux.
          Inutile d’ironiser sur vos éternels arguments : Le référendum, cousu par vinci, grand couturier de l’affaire, et qui serait un casus belli indépassable !. 
          Hé quoi, les opposants, ces manants, n’ont ils pas pris connaissance du jugement de dieu ?. 
          Quant à vos impressions sur le marché de Vannes, on a hâte de savoir ce que disent nos commères de Brive la gaillarde sur le sort des présidentielles. 

        • Fergus Fergus 4 novembre 11:07

          @ velosolex

          « vous êtes pour ce projet depuis le début »

          Eh bien non, et je vous défie de trouver le moindre commentaire de soutien de ma part avant le référendum. Fervent défenseur des espaces naturels et d’autant plus solidaire de la cause agricole que j’ai encore des cousins paysans en activité, j’étais même plutôt opposé au projet il y a quelques années.

          Après le référendum, je suis même resté plutôt silencieux sur le sujet. Mais désormais j’estime que la coupe est pleine, au vu des articles et commentaires très partisans qui remettent en cause sans vergogne le résultat sans équivoque du référendum.

          « des intérêts », MDR. smiley Je n’ai jamais possédé la moindre action de ma vie, et je suis en général très remonté contre la collusion pouvant exister entre le personnel politique et les boîtes de BTP. Quant à prendre l’avion à Nantes, cela ne m’est arrivé qu’une fois contre une trentaine à Paris où je profite du voyage pour rendre visite à mon fils, ma belle-fille et mes petits-enfants qui n’ont aucune envie d’aller vivre à Nantes. smiley

          Suer le référendum cousu par Vinci, libre à vous de croire cela. Mais je note que, comme les zadistes, vous balayez d’un revers de main méprisant, l’opinion des élus du grand ouest, en écrasante majorité favorables à NDDL, y compris des élus communistes peu suspects de collusion avec Vinci.

          Un mot sur Brive : je n’y ai pas mis les pieds depuis plus de 40 ans alors que je vais assez régulièrement à Vannes. Argument pauvre et spécieux par conséquent, et cela d’autant plus que les habitants de Vannes sont de facto concernés par le projet de NDDL.

          Tout cela pour dire qu’en matière de « mauvaise foi », je crois n’avoir aucune leçon à recevoir.

          Cela dit, si l’aéroport ne se fait pas, ce qui est probable, je n’en serais évidemment pas attristé, contrairement à ce que vous faites semblant de croire.

          Mais ne revenez pas parler de « démocratie » en commentant d’autres articles où sont dénoncées des dérives du pouvoir ! smiley


        • Patrick Samba Patrick Samba 4 novembre 12:21

          @Fergus
          On a un peu de mal à vous suivre avec vos chiffres. Vous avancez ce chiffre de 82000 ha qui « disparaissent » [il serait d’ailleurs intéressant de savoir ce que vous entendez par disparaitre] chaque année mais pour en dire quoi ? Que c’est peu ou que c’est trop ?

          Si c’est peu on a donc pas à se préoccuper de leur disparition, si c’est trop pourquoi la disparition de 2700 ha supplémentaires ne devrait-elle pas nous préoccuper ??

          Merci de vos éclaircissements.


        • alinea alinea 4 novembre 13:16

          @Fergus
          Il n’y a pas que la question ponctuelle, pragmatique, Fergus, il y a, j’oserais, une question philosophique : nous n’avons pas à faire des prédations définitives sur un territoire quel qu’il soit, sans nécessité ; or, non seulement s’envoyer en l’air de cette façon n’est pas une nécessité, mais on sait bien que cet engouement pour les vacances et les WE, les affaires, ne va pas durer de manière définitive !
           C’est non seulement insensé, mais impossible.
          Aussi, il faut bien commencer la résistance à un moment donné, préparer un avenir sur une terre pas totalement bétonnée.


        • Fergus Fergus 4 novembre 13:23

          Bonjour, Patrick Samba

          Il s’agit pour l’essentiel de terres cultivées abandonnées aux bétonnage et pour partie retournées à l’état de friches.

          Quant aux 2 700 ha, dont on peut effectivement considérer que c’est trop - sauf si, comme le pensent les élus et la majorité des votants au référendum, NDDL est un projet utile, voire nécessaire -, ils sont à rapporter aux terres exploitées qui disparaissent comme je l’ai écrit ci-dessus. Or, en 10 ans d’exploitation de NDDL - une fois cet aéroport en activité -, on aura constaté un abandon de plus de 800 000 ha en France, à rapporter à 2 700 / 10 = 270 ha en moyenne par année d’exploitation sur le site concerné !

          Je ne vois pas ce qui est difficile à suivre.


        • Patrick Samba Patrick Samba 4 novembre 13:49

          @Fergus

          « Je ne vois pas ce qui est difficile à suivre. » : alors dites-nous la proportion de terres en friche dans l’ensemble des terres disparues, et celle des terres bétonnées, et il sera déjà plus facile de vous suivre !

          Et oui ou non la disparition de 80000 ha de terres agricoles/an est-elle à déplorer ? La question est pourtant simple.

          Quant aux 2700ha de NDDL, oui effectivement c’est trop : les experts mandatés par le ministère de l’écologie ont conclu à un sur-dimensionnement du projet.


        • velosolex velosolex 4 novembre 14:15

          @Fergus
          Désolé, mais vous êtes très difficile à suivre dans vos cheminements et vos pourcentages matois et orientés.  « terres cultivées abandonnées aux bétonnage et pour partie retournées à l’état de friches. »

          Qu’est ce ça veut dire ?...Quand je vois autour de ma ville s’étendre les banlieues pavillonnaires, elles ne se font sur les décombres de vieilles friches industrielles, mais bien sur des terres cultivables. Ne le seraient elles pas, ça serait pareil !
          Une chape de béton de 2700 hectares est un couvercle de cercueil qui se referme sur le vivant. Mais vous êtes là à claironner le ralliement à votre cause, sous prétexte qu’elle a été voté par un seul département. De plus le choix d’un référendum est évidemment spécieux, et a été contesté dés le départ, mais imposé aux forceps pour faire taire les récalcitrants, ou du moins tenté de le faire !
          En 40, suite au plébiscite derrière Pétain, auriez vous condamné la résistance, et De Gaulle, refusant de s’allouer à la majorité des élus ?
          Il y a l’opinion des élus, instrumentalisés, et il y a les intérêts vitaux, et puis notre conscience, nos jugements, liés à notre morale. Mais on est libre de se limiter à l’opinion d’une soi disant majorité instrumentalisée, dans un périmètre contestable, et aux intérêts de Vinci..
          Franchement, je préfère avoir affaire à la rhétorique « des ailes pour l’ouest », qui ne nient pas leurs intérêts, et n’avancent pas masqués et bancales, que face à quelqu’un qui se dérobe et tente de jouer sur les deux tableaux, du moins en apparence. Car si vous n’aviez pas d’opinion sur le problème, comme vous dites, mieux vaut sans doute vous taire que d’avancer de façon boiteuse et ambivalente.
          Maintenant il ne vous convient sûrement pas d’être mis en face de vos contradictions, mais en ayant une opinion de Normand matois, vous créez forcément des questionnements et des répliques, passant d’un sophisme à l’autre, comme ce quantum de terres qu’il serait acceptable de détruire, en toute banalisation, chaque année....Que cela soit un double bassin versant ne semble pas poser problème non plus, puisque nos élus bien aimés ont adoubé une juridiction tronquée. Si les règles droit étaient respectées, NDd landes n’existerait simplement pas en tant que projet funéraire....Alors ne parlons pas des règles de démocratie, svp

        • Patrick Samba Patrick Samba 4 novembre 14:25

          Et je précise que 2700 ha cela fait 27 exploitations agricoles de 100ha, ou 100 exploitations de 27ha, ou encore 1000 exploitations maraichères de 2,7 ha...

          (Quant aux 80000ha, cela fait 800 expl. de 100ha ou 8000 de 10ha. Par an !)


        • Patrick Samba Patrick Samba 4 novembre 14:49

          « Un peu plus, un peu moins, ça change quoi ? »
          C’est ça qui faut entendre dans votre discours,Fergus ?

          (Et un peu plus, un peu moins de malheur, ça change quoi au malheur, hein ? C’est vrai quoi...)


        • Fergus Fergus 4 novembre 15:50

          @ Patrick Samba

          N’ayant pas grand chose à faire de NDDL, je ne vais pas prolonger cette polémique stérile. Si ce n’est pour vous dire, puisque vous aimez les chiffres, que 2 700 ha de terroir à maquis comportant de surcroit des zones humides, cela ne fera jamais 100 exploitations de 27 h ; et sans doute même pas la moitié.

          Pour clore mes interventions, je ne vous reproche pas, à vous et à Vélosolex, de lutter contre le projet de NDDL, mais de rejeter l’expression démocratique des habitants de la Loire-Atlantique.


        • Fergus Fergus 4 novembre 15:57

          @ velosolex

          « En 40, suite au plébiscite derrière Pétain, auriez vous condamné la résistance, et De Gaulle, refusant de s’allouer à la majorité des élus ? »

          Quelle lamentable argumentation ! En 40, le nord de la France était envahi par les divisions blindées allemandes et notre pays menacé de perdre son identité.

          Où sont les troupes ennemies, les panzers, les chasseurs-bombardiers ?


        • velosolex velosolex 4 novembre 17:26

          @Fergus
          Argumentation tout à fait adaptée, au contraire. Si vous suiviez le plébiscite qui a donné les pleins pouvoirs au maréchal en 40, vous perdiez votre identité, précisément. La majorité ne sied qu’aux suivistes qui veulent se laver les mains, comme Pilate. 

          En 39, c’était la loi des panzers, maintenant, c’est celle des bulldozers, avec un nouveau totalitarisme aux commandes...Mais les résistants nouveaux sont légions...Suffit d’avoir des verres progressifs pour se mettre au gout du jour.

        • Fergus Fergus 4 novembre 18:40

          @ velosolex

          « En 40, suite au plébiscite derrière Pétain, auriez vous condamné la résistance, et De Gaulle, refusant de s’allouer à la majorité des élus ? »

          Mieux vaut lire ça qu’être aveugle ! smiley smiley smiley


        • Fergus Fergus 4 novembre 18:43

          Erratum : c’est cette phrase qui a suscité le commentaire ci-dessus :

          « En 39, c’était la loi des panzers, maintenant, c’est celle des bulldozers, avec un nouveau totalitarisme aux commandes »

          Allez, je vous laisse à vos fantasmes, les résistants ! smiley


        • velosolex velosolex 4 novembre 19:04

          @Fergus
          Vous voulez puérilement avoir le dernier mot, tout en disant que vous en en n’avez rien à foutre...

          .Ainsi vous en dites plus sur vous mêmes que sur notre dame des landes.

          Quand à la résistance, raisonnant de façon si projective, il est naturel que vous la niez...

          Comment il disait Hessel, au fait.
          Indignez vous, ou soumettez vous ?....

        • Patrick Samba Patrick Samba 5 novembre 10:18

          @Fergus

          « [je vous reproche] de rejeter l’expression démocratique des habitants de la Loire-Atlantique ».

          une dernière fois ce référendum n’avait rien de démocratique
          . Le périmètre de vote (le département de Loire-Atlantique) n’a été choisi qu’en fonction des sondages effectués en amont dans les différents périmètres envisageables. Ce périmètre offrait une majorité de oui. Il a donc été choisi pour cela et non pas selon des critères démocratiques qui sinon auraient amenés à faire le choix d’un périmètre plus large.
          Ce référendum est donc une manipulation à laquelle tout citoyen un peu critique se doit de ne pas se soumettre par lâcheté ou conformisme (on ne doit pas se soumettre à la manipulation, tout comme on ne doit pas se soumettre à la manipulation aggravée de lâcheté comme l’ont démontré concrètement Moulin et De Gaulle à une autre échelle. C’est en substance l’argument de vélosolex que vous rejetez avec mépris au motif que vous ne voulez surtout pas en percevoir la dimension comparative, qui il est vrai ne penche pas en votre faveur même si la comparaison apparait excessive en raison d’une explicitation insuffisante)

          Votre argument ultérieur : « il fallait appeler à ne pas y participer », est lui effectivement recevable. Mais très peu tacticien face à un gouvernement manipulateur. Or ce combat de NDDL est un combat de portée sociétale. Il teste les capacités de résistance locale à la toute-puissance des trans et multinationales.


        • Roberton 2 novembre 19:33

          Construir un aéroport alors que nous arriverons à un maximun de production de pétrole dans les 10 prochaines années ne me paraît pas très intelligent,

          Oubliée la loi de conservation de l’énergie ? Lavoisier : rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.

          Tout ce que nous utilisons ne sont que des matières premières transformées grace à l’énergie, pas de transformation sans énergie et pas d’énergie sans transformation. Le pétrole conventionel décline à 5 % l’an, nous devrons trouver et produire l’équivalent de 55 millions de barrils jours en 2035 (entrevue Christophe de Marjorie 12/02/2013 sur BFMTV).

          Depuis les années 80 nous consommons plus que ce que nous trouvons, depuis 2000, 100 milliards trouvés pour plus de 400 milliards de barrils consommés, rappelons que en 2015 les compagnies pétrolieres ont trouvées 2,8 milliards de barrils pour une consommation de 34 milliards et moins de 1 milliard en 2016.

          Dans l´agriculture, le pétrole et le gaz servent à fabriquer les engrais, 180 millions de tonnes de fertilisants (N-P-K)) et les phytosanitaires indispensables à l’agriculture moderne. Sans eux, les rendements s’effondrent. Dans les 20 ans nous passerons le pic de production de phosphore qui n’a aucun remplaçant. Nous utilisons aussi du diésel (100 à 150 litres pour ha/an pour planter, traiter et récolter) pour la mécanisation, oubliez le tracteur électrique. 1 camion sur 2 transportent des aliments, chaine du froid etc...Dire que nous voulons un monde durable, c’est possible avec 1 ou 2 milliards d’habitants, mais ce sera le retour en 1800 avant la révolution industrielle. Autre aspect intéressant, nous couvrons d’infrastructures l’équivalent d’un département tous les dix ans. Jusqu’à quand ?

          Moins de pétrole, moins de transport, déclin de la société.

          « Celui qui croit que la croissance peut être infinie dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste. »Kenneth Boulding (1910-1993), président de l’American Economic Association.

          2 vidéos pour comprendre.

          https://www.youtube.com/watch?v=o7805tvS9hc

          https://www.youtube.com/watch?v=mqhC6uI8TUY

          Une étude sur la dépletion du pétrole :

          http://rsta.royalsocietypublishing.org/content/372/2006/20120448


          • sarcastelle 2 novembre 21:43

            Un aéroport de plus ou de moins situé ici ou ailleurs, ce n’est pas très important. Cependant, il est certain que si l’état laisse bafouer le fonctionnement démocratique qu’il est supposé faire marcher, il peut s’attendre à voir diverses minorités agissantes bloquer tout ce qu’elles voudront dans l’avenir. Le nucléaire sera vraisemblablement aux premières loges (ça commence en Lorraine), ce qui est autrement important qu’un aérodrome.

            .
            Il doit être bien démotivant de voter pour des partis qui se ramassent des deux ou trois pour cent, car à ce rythme le grand soir n’est encore pas pour cette année. Aussi, certains électeurs chroniquement déçus par leurs résultats pensent-ils sérieusement que le respect des formes du pouvoir dans un pays de scrutin majoritaire est facultatif. Alors, Manuel, tu dors ? 
            .
            Il aurait tort. Les révolutionnaires sympas qui ont gratifié la collégienne que j’étais de trois semaines de vacances imprévues par un beau mois de mai il y aura bientôt cinquante ans, se sont pris juste après un raz de marée conservateur jamais vu aux législatives anticipées du mois suivant. Mais c’était une époque paisible, et à montrer aujourd’hui un peu trop d’impuissance du pouvoir, à force d’exaspérer la majorité en notre époque moins détendue que jadis, on pourrait se retrouver avec d’autres désastres électoraux qui me tentent beaucoup moins que 50 et quelques % de députés UNR !


            • Jean Pierre 2 novembre 22:41

              @sarcastelle
              « Si l’Etat laisse bafouer le fonctionnement démocratique qu’il est supposé faire marcher ».

              Je suis d’accord à fond. 

              Cela signifie qu’il faut refaire les enquêtes d’utilité publique truquées.
              Qu’il faut annuler pour conflit d’intérêt, trafic d’influence et favoritisme les enquêtes faite par un préfet ensuite embauché par le concédant du marché.
              Qu’il faut que les enquêtes publiques pour des solutions alternatives à NDDL soit aussi bien financées que les enquêtes publiques pour NDDL. 
              Qu’il faut rendre publiques toutes les enquêtes d’environnement financées sur fond public et non pas seulement celles qui vont dans le sens de l’aéroport.
              Qu’il faut faire un référendum régional puisque l’aéroport à une vocation régionale voire même un référendum national puisque l’Etat participe au financement. Il faut veiller également, comme dans toute élection démocratique, a une stricte égalité de temps de parole sur tout les médias entre partisans et opposants à l’aéroport. Il faut également veiller à ce que le concédant Vinci ne puisse influer les choix éditoriaux des médias en orientant ses importants budgets publicitaires.
              Qu’il faut enquêter (brigade financière, Tracfin) sur les liens étroits (y compris éventuellement financiers ou via des embauches de collaborateurs) entre Valls, son entourage et Vinci.
              Etc, etc.
              Quand tout cela aura été fait en suivant rigoureusement les règles d’une saine démocratie, l’Etat aura alors toute légitimité pour imposer des choix réellement démocratiques. Pas avant.


            • sarcastelle 3 novembre 09:32

              @Jean Pierre

              .
              pas avant
              .
              J’ai peur que si. La perfection n’étant pas de ce monde, l’exiger en préalable à quelque chose est une hypocrisie. 

            • Patrick Samba Patrick Samba 3 novembre 10:02

              @sarcastelle / infâme joletaxi (qui continue malgré mes injonctions à venir polluer les commentaires de mes « papiers »)

              vraiment ? vous avez si peur que ça ? Ne serait-ce pas l’expression d’un brin... d’hypocrisie ?

              (mais je comprends votre désarroi : vous ne vous attendiez pas à une réponse aussi cinglante d’un des commentateurs d’AV que dans votre générosité quasi-proverbiale vous mettez en général tous dans le même sac de la bêtise la plus crasse, votre présence permanente en ce lieu n’ayant pour seule fonction que de leur partager pédagogiquement votre sagesse...)


            • sarcastelle 3 novembre 10:29

              @Patrick Samba

              .
              Sur la forme : je vois que vous appliquez le stratagème n°14 de l’Art d’avoir toujours raison.
              .
              C’est un ouvrage que tous les indifférents à l’honnêteté intellectuelle devraient lire pour se méfier d’être pris la main dans le sac.
              .
              Sur le fond : Jean-Pierre qui exige une situation démocratique chimérique avant de faire reculer ses troupes qui n’ont rien à cirer du « pire des systèmes politiques à l’exclusion de tous les autres », parle en hypocrite. 
              .
              Il faut vous résigner à avoir une contradictrice de plus que vous ne voudriez : je jouis de la vue et je n’ai jamais vu Joletaxi même dans ma glace. 

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