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Et le massacre continue !

Cet article pour vous faire part que le massacre de mammifères marins continue ! D’abord celui des dauphins au Japon, responsable de la mort de 13000 individus rien que dans l’année 2007. Mort qui fait suite à des actes d’une grande cruauté.
Ensuite, la chasse des baleines, dont le moratoire couvre depuis 1986, pourrait être levé lors de la réunion de la CBI à Agadir.

Chaque année, des milliers de dauphins sont tués le long des côtes japonaises pour la principale raison : leur viande. La baie de Taiji (1), station balnéaire, n’est pas la seule à pratiquer ce massacre mais elle est un excellent exemple de la cruauté employée. Les habitants de Taiji usent d’une technique de rabattage qui leur est propre, consistant à frapper des tubes métalliques et de créer sous l’eau un tapage atroce pour l’ouïe extrêmement fine des cétacés, afin de diriger les bandes de dauphins paniqués vers une crique. Ceux-ci y restent entassés, le plus souvent une nuit entière, prisonniers d’un filet leur interdisant toute fuite possible.

Le lendemain – quant la viande est bien gorgée d’adrénaline, les dauphins seront harponnés, égorgés, noyés ou jetés vivants sur le sable jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Parfois, ces mêmes « pêcheurs » sautent à pieds joints sur le corps d’un dauphin expirant sous un soleil de plomb, pour mieux le faire souffrir.

La chasse à la baleine et au dauphin est en effet considérée comme un fleuron important du mode de vie traditionnel nippon et constitue l’un des éléments de sa culture gastronomique, un peu comme le foie gras en France. Beaucoup de Japonais voient dans les critiques des défenseurs des cétacés, qui regroupent en effet nombre d’occidentaux, mais aussi de courageux citoyens nippons une ingérence étrangère contre laquelle il convient de se défendre.

Néanmoins, il faut bien constater que seule une minorité de Japonais, le plus souvent âgés, consomment encore de la viande de baleine, et moins encore de la chair de dauphin, considérée comme un sous-produit mais qui peut être vendue sous l’appellation de viande de baleine, et qui, malgré leur haut teneur en mercure, peut se retrouver dans les cantines des enfants. Un dauphin mort rapportant près de 600 $ pièce.

Soumis comme la plupart des autres médias mondiaux aux ukases du pouvoir en place, un puissant tabou prévaut également au sein des médias japonais à l’égard de toute critique visant les agriculteurs et les pêcheurs du pays, souvent décrits comme d’héroïques défenseurs d’un mode de vie en voie de disparition.
Mais une petite partie de ces êtres échappent au massacre pour alimenter les delphinariums. Ce sont seulement les plus beaux spécimens (des femelles Tursiops Truncatus, celles qui ressemblent à Flipper) qui sont épargnés pour être revendus à des prix pouvant avoisiner 150 000 $. Ces pêcheurs japonais ne sont donc pas les seuls responsables de ces captures mais également les parcs aquatiques prétendant pratiquer des spectacles "éducatifs"avec leurs dauphins !

Les choses pourraient changer avec la diffusion du film "The cove" (2), qui a réussi à être diffusé lors du festival cinématographique de Tokyo, grâce néanmoins à des pressions occidentales. L’équipe de tournage du film, comprenant un couple d’apnéistes et divers spécialistes en opérations clandestines ont utilisé de faux rochers afin cacher les caméras et les micros le long de la crique de Taiji. De nombreux spectateurs ont été outrés de ces pratiques qui leur été pour la plupart inconnues et le buzz autour de ce film pourrait pousser le gouvernement japonais à enfin réagir. Du côté de la coopérative de pêche à Taiji, ils avaient exigé que le festival retire le film de son programme, accusant les producteurs de violation de propriété privée dans le seul but d’y tourner des séquences et d’émettre des affirmations mensongères. La petite ville avait même embauché un avocat et se préparait à prendre des mesures juridiques, selon le témoignage d’un responsable local. Néanmoins, l’avocat désigné, M. Shozaburo Ishida, n’a jamais répondu aux demandes répétées afin de régler l’affaire. « Pendant ce temps, quoiqu’il en soit » a annoncé l’Agence des Pêcheries Japonaises « la chasse aux dauphins se poursuivra comme prévu durant la saison qui s’étale de septembre à février ».

Mais cette semaine, se joue également la vie d’autres cétacés. En effet, la commission baleinière internationale (CBI) se réunissait à Agadir pour statuer sur une demande de chasse à la baleine commerciale. Malgré un moratoire datant de 1986, un certains nombre de cétacés sont tués soit sous prétexte d’étude scientifique (3), soit sous prétexte d’une chasse traditionnelle comme l’avance les inuits voulant défendre une pratique ancestrale. Mais la culture inuit ne se définit elle que par la chasse à la baleine ?

La proposition de la CBI - le fruit de trois ans de négociations - recommande :
  • De lever l’interdiction internationale sur la chasse commerciale à la baleine et d’autoriser la chasse dans le sanctuaire baleinier de l’Océan austral près de l’Antarctique ;
  • De légaliser la chasse à la baleine pratiquée à des fins commerciales par le Japon près de la zone antarctique et dans le Pacifique nord ;
  • D’accorder le droit au Japon de chasser les baleines dans ses eaux côtières ;
  • De permettre à l’Islande et à la Norvège de continuer à chasser les baleines en violation des procédures scientifiques approuvées il y a longtemps et du moratoire international.

La réunion a d’ores et déjà été ébranlée par des accusations de corruption dévoilées récemment par le quotidien anglais The Sunday Times. D’après l’article, les vols, l’hébergement, les per diem, et bien d’autres dépenses inhérentes à cette réunion auraient été financés par des représentants du Japon pour le Président élu de cette réunion de la CBI et certains Pays Parties (4). Un conflit d’intérêts est donc évident et soulève légitimement la question de l’objectivité des prises de décision.

"Parmi les pays qui prennent eux-mêmes en charge leurs dépenses, la plupart sont favorables à une protection permanente des baleines" déclare Patrick Ramage, le directeur du Programme international de protection des baleines d’IFAW. "Cependant, des tactiques procédurales sont utilisées pour les empêcher de présenter leur point de vue en session plénière. Le Président élu a ordonné deux journées supplémentaires de réunion à huis clos afin de limiter le temps imparti à un débat public et d’accélérer la révision de la proposition lorsque la réunion officielle reprendra mercredi."

Nous sommes donc en attente de l’issue de ces réunions, si la protection de ces animaux va enfin être suffisante, animaux qui doivent déjà faire face à un milieu pollué (chimique & sonore), la destruction de leur habitat, les collisions avec les navires et les prises dans les filets. Si en plus, on continue à les traquer dans leur habitat pour leur chair !

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8 réactions à cet article    


    • Reinette Reinette 28 juin 2010 16:51

      La pêche aux cétacés est décriée plus de cent ans avant l’arrivée de la chasse industrielle, c’est ainsi que Bernard Germain de Lacépède prédisait un massacre menaçant ces espèces, essentiellement causé par les gains engendré par cette chasse. *

      « C’est ainsi que les géans des géans sont tombés sous ses armes ; et comme son génie est immortel, et que sa science est maintenant impérissable, parce qu’il a pu multiplier sans limites les exemplaires de sa pensée, ils ne cesseront d’être les victimes de son intérêt, que lorsque ces énormes espèces auront cessé d’exister. C’est en vain qu’elles fuient devant lui : son art le transporte aux extrémités de la terre ; elles n’ont plus d’asyle que dans le néant. »

      — Bernard Germain de Lacépède, histoire des cétacés, 1804

      * texte intégral
      http://www.inra.fr/dpenv/inmemc21.htm


    • ZenZoe ZenZoe 28 juin 2010 16:33

      Il y a longtemps que le Japon se moque de l’interdiction de la chasse à la baleine, et continue à les massacrer en masse pour raisons « scientifiques ».
      En outre, la manière dont ils traitent les baleines est proprement scandaleuse. Harponnées, elles sont ensuite traînées sur le navire-laboratoire et découpées, alors qu’elles ne sont la plupart du temps pas encore mortes. Tout autour on entend les appels de leurs congénères plus chanceux, la mer est complètement rouge. Une vraie scène d’horreur.
      Le Japon n’est pas le seul pays d’ailleurs, il me semble que la Norvège se met aussi la réglementation dans la poche en la matière.


      • asterix asterix 28 juin 2010 20:08

        Bah, le jour où il n’y aura plus de baleines, plus de dauphins, le Japon acceptera de ne plus en chasser. Ce n’est qu’une question de temps. Dès qu’il est question d’honneur national, de culture locale, de droits de poursuivre leurs habitudes, aucun pays asiatique ne cède jamais.
        Norvège, Islande et Féröe sont à mettre dans le même sac. La protection des intérêts nationaux, vous connaissez ?


        • mandrier 28 juin 2010 21:55

          Qu’attendez-vous pour lancer un boycott des produits japonais de tous genres ?


          • phiconvers phiconvers 29 juin 2010 03:08

            Je plusse, tout en espérant qu’un jour, les humains se rendront compte qu’ils massacrent également par millions les embryons, humains en devenir dont le coeur bat dans le ventre de leurs mères jusqu’à ce qu’on les « aspire » et déchiquette.


            • worf worf 29 juin 2010 11:10

              il est vrai que j’aurais pu ajouter le massacre aux îles Feroes.

              Concernant le boycott, pénaliser toute une population (car c’est toujours la population et pas le gouvernement qui subit directement les conséquences du boycott) alors que beaucoup ne sont pas au courant n’est pour moi pas la bonne solution.
              La diffusion du film « the cove », le buzz autour, soutenir des organisations qui prennent des risques, ainsi que signer la pétition sont préférables.

              La pétition contre la chasse aux cétacés :
              https://secure.avaaz.org/fr/whales_last_push/?vl


              • worf worf 1er juillet 2010 09:55

                Chers amis,

                Nous avons réussi ! La proposition de légalisation de la chasse à la baleine a été enterrée au Maroc — et notre campagne a contribué à faire pencher la balance du bon côté.

                En seulement quelques semaines, nous avons construit ensemble la plus grande pétition pour la protection des baleines jamais signée, réunissant plus d’1,2 million de citoyens, et nous l’avons remise directement aux principaux négociateurs de la Commission Baleinière Internationale réunis à Agadir. A la fin du sommet, ils ont décidé de maintenir le moratoire sur la chasse à la baleine vieux de 24 ans.

                Le lobby pro-chasse a tenté de recourir à des manoeuvres politiques pour obtenir le texte dit de « compromis » équivalant à un quota de chasse à la baleine. Mais alors que la tension montait dans ces négociations à huis clos, notre gigantesque pétition est apparue sur la Une de la BBC World et dans une longue dépêche AFP, et nous avons agi avec les délégations proches de nos vues et d’autres partenaires pour mettre la pression là où elle était la plus utile, afin d’attirer encore plus l’attention de l’opinion internationale.

                Le Ministre australien de l’Environnement Peter Garrett a reçu notre pétition et à travers lui l’ensemble des pays défenseurs du moratoire. Face aux médias du monte entier, il a déclaré : "Merci beaucoup à Avaaz. C’est un réel plaisir d’être ici et d’accepter cette pétition(...). J’estime que les voix des peuples du monde doivent être entendues. Je les ai clairement entendues aujourd’hui. "

                La délégation américaine nous a accueilli par ces mots : « Avaaz ! Nous avons vu votre grande affiche à l’aéroport ! » On nous a aussi rapporté les propos animés de négociateurs évoquant le compteur géant que nous avions installé face au centre de conférences pour indiquer en temps réel le nombre de signatures dépassant largement le million.

                Après la réunion, un négociateur européen nous a confié : "nous avons réussi à maintenir le moratoire en place (...). J’ai suivi les chiffres de la pétition en ligne. J’ai été vraiment impressionné par la vitesse de croissance et les signataires venus du monde entier."

                C’est une victoire importante en faveur des baleines — et pour la mobilisation citoyenne mondiale. Ensemble, nous avons démontré que les décisions internationales peuvent être influencées par une seule initiative bien coordonnée et qui réunit des citoyens du monde entier.

                Mais en remportant cette bataille, nous ne garantissons pas encore la protection des baleines — la flotte japonaise dite « scientifique » est déjà en route pour exploiter les failles de la Commission Baleinière Internationale et tuer des centaines de baleines.

                Si nous voulons gagner pour de bon, nous devrons mener campagne pour le renforcement et la réforme de la Commission Baleinière Internationale, et pour mobiliser les citoyens dans les pays où les gouvernements soutiennent la chasse commerciale, comme le Japon
                — où l’équipe au pouvoir connaît Avaaz et où par le passé nous avons fait changer la politique environnementale.

                Nous pouvons y arriver, si nous sommes suffisamment nombreux à faire une petite contribution régulière. Nous avons déjà réuni 6000 donateurs hebdomadaires réguliers — si nous parvenons à 10 000 donateurs, nous pourrons commencer à financer des campagnes au Japon et dans d’autres pays clés. Cliquez ici pour parrainer l’action d’Avaaz et atteindre notre objectf :

                https://secure.avaaz.org/fr/whales_reportback_6/?vl

                En seulement 3 ans d’existence, notre mouvement a rassemblé des millions de membres autour d’une idée démocratique simple : le pouvoir des citoyens peut être mobilisé et obtenir des victoires face à de puissants groupes d’intérêts. Qu’il s’agisse de la protection des baleines, de la lutte contre la corruption, du soutien aux forces démocratiques, ou de la lutte contre le changement climatique, nous agissons ensemble pour réduire l’écart entre le monde tel qu’il est et le monde voulu par la grande majorité d’entre nous.

                A présent, si un certain nombre d’entre nous décident de faire un don pour soutenir les campagnes d’Avaaz financées par ses membres, nous aurons plus de force pour remporter encore plus de victoires.

                Avec espoir,

                Ricken, Alice, Paul, Mia, Ben, Luis, David, Graziela, Milena et toute l’équipe d’Avaaz

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