Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Environnement > Et maintenant la taxe carbone aux frontières de l’Europe (...)

Et maintenant la taxe carbone aux frontières de l’Europe ?

Nicolas Sarkozy a dû finir par s’apercevoir que d’instituer la taxe carbone en France sans compensation pour les entreprises( à part celle de la diminution de la taxe professionnelle) allait ajouter un étage de plus sur le millefeuille de nos prix de revient et rajouter au manque de compétitivité de l’industrie française. Un impact que je vous avais signalé dans un article du 17 septembre.

Sans doute conscient que de vouloir précéder les autres pays sur le plan du volontarisme environnemental équivalait à se tirer une balle dans le pied sur le plan économique, Nicolas Sarkozy, sans doute à l’occasion du sommet de l’Union Européenne préparatoire au G20, a réussi à embarquer Angela Merkel, en campagne electorale dans un pays très vert, dans son combat pour la Taxe carbone "Uber alles", pour tout le monde. D’où cette proposition commune de taxer les produits en provenance de pays n’ayant pas signé le protocole de Kyoto ou de son successeur, celui de Copenhague, d’une taxe carbone aux frontières de l’Union Européenne. Sans doute s’imaginent-ils qu’ils vont ainsi faire plier la Chine ou l’Inde à leur croisade environnementale.

Il me parait extrêmement douteux qu’ils puissent y parvenir et que ces deux pays veuillent bien finalement augmenter les prix de revient de leurs propres produits pour maintenir leurs positions sur le marché français, allemand si Angela Merkel finissait par instituer une taxe carbone dans son pays, voire même européen avec la taxe aux frontières, alors que leur marché à eux est le monde entier et les Etats-Unis en premier lieu. Et que je sache, Barack Obama n’en est pas encore à vouloir instituer une taxe carbone dans son pays. Car quand vous instituez une taxe nouvelle elle affecte votre compétitivité sur la totalité de vos marchés et pas seulement en France ou en Europe.

Voudraient ils bien d’ailleurs se plier à notre oukase présidentiel qu’ils auraient mille possibilités de le contourner. En oubliant de la prélever, en la mettant en place à un niveau dérisoire, en changeant l’étiquette " made in China ou India" par une étiquette "made in Vietnam ou Bangladesh", en calculant différemment de nous le contenu carbone des produits. Rien que de très facile dans des pays qui sont déjà des hauts lieux de la contrefaçon ! Nous ne pourrons jamais contraindre par la force un pays ou plusieurs à faire comme nous le souhaitons.

Pour mémoire j’avais eu l’occasion de raconter dans ce blog l’expérience d’une journaliste américaine qui avait essayé de faire l’expérience de vivre au jour le jour sans acheter aucun produit d’origine chinoise. Elle s’était aperçue, très pratiquement, qu’elle ne pourrait plus se chausser, acheter des jouets pour ses enfants, acheter un téléphone mobile voire un ordinateur etc etc. Vivre en autarcie comme au 17 ème siècle c’est fini !

Il est dommage de s’apercevoir maintenant, après avoir lancé la taxe Carbone dans les conditions d’application définies, que vous risquez de subir de sérieux retours de baton industriels et commerciaux. Peut-être dans quelques temps, comme il vient de le faire pour les tests ADN, notre Président nous déclarera-t-il qu’il est allé trop vite en l’instituant, mais ce sera un peu tard.

NB La taxe carbone aux frontières de l’Europe aiderait à ne pas dégrader notre compétitivité vis-à-vis des produits d’origine extérieure à l’Europe, elle ne changera rien à la perte de compétitivité intra européenne. Les fruits espagnols viendront encore plus sur les marchés français, les voitures viendront encore plus des pays de l’est européen et les avions de nos compagnies aériennes iront encore plus faire leurs plein de carburant dans un aéroport "hors taxe carbone" !!    


Moyenne des avis sur cet article :  3.29/5   (7 votes)




Réagissez à l'article

4 réactions à cet article    


  • jymb 24 septembre 2009 12:55

    La France est très souvent championne pour se tirer des balles dans les pieds tout en pourrissant la vie de ses citoyens
    Quel candidat se présente (ra) avec le slogan : restaurer les libertés et faciliter le quotidien ?
    Cela nous changerait de la litanie coupable désigné-victimisation-sanction fiscale-cynisme du« pourvotrebien »
    Effectivement, les chinois n’ont pas de soucis à se faire, encore plus paupérisés, nous ne pourrons que se tourner un peu plus vers leurs produits. Y compris les voitures chinoises. Ce jour là la boucle sera bouclée.


    • sergius63 25 septembre 2009 12:05

      Effectivement avec la taxe carbone, la France se tire une une belle balle dans le pied, qui va finir de couler l’industrie et l’économie française. sur ce point il faut rendre hommage à Claude Allègre qui a été le premier et un des rares avec Ségolène Royal , parmi le microcosme politique à dénoncer ce nouvel impôt .
      Cette épisode illustre à merveille le dogmatisme et l’aveuglement de cette classe politique , dont il n’y a malheureusement plus rien à attendre pour résoudre les problèmes du pays.


      • Philippe D Philippe D 25 septembre 2009 12:15

        Pas vu cet article hier.

        Les économies totalement interpénétrées ne laissent que peu de marge de manœuvre aux états. L’erreur récurrente est de penser pouvoir s’affranchir seul des règles communément pratiquées par l’ensemble des pays, ou d’imaginer que l’on parviendra à entraîner dans son sillage l’ensemble de la planète.
        Les intérêts sont bien trop divergents pour que l’unité ne se fasse, autrement que très lentement.
        Il n’en reste pas moins qu’il y a fatalement des pays en pointe sur tel ou tel dossier, et qu’il faut bien faire bouger les choses.
        Sur la taxe carbone, je n’ai pas de position affirmée. On sent bien que l’idée est dans l’air un peu partout et qu’une vigilance, assortie de règles avec pénalités financières, risque bien d’être une solution commode et incitative de régulation.

        L’erreur serait d’aller trop vite ou trop seul.
        De reproduire en quelque sorte le coup (le coût) des 35 heures, que le monde entier devait nous envier, et qui nous a plombé d’une façon pourtant totalement prévisible.

        Pour la taxe carbone, il y a tout de même moins « d’idéologie » et plus d’anticipation sur une mesure qui devrait sans doute être amenée à se généraliser.
        A suivre prudemment.


        • Gary 8 octobre 2009 15:34
          La taxe carbone aux frontiéres n’est pas nouvelle, elle a notamment été reprise par Nicolas Sarkozy en 2008 et abandonnée faute d’adhésion des partenaires européens, elle est aujourdhui envisagée par le gouvernement américain...
          Une mesure bien entendu dénoncée auprés de l’OMC par la Chine comme entrave au libre échange.
          Faut-il rappeller ce qui rend la Chine ou les multinationales qui chiosissent le cadre réglementaire de leur choix via la délocalisation si « compétitives » ?
          L’absence de contraintes liées aux droits de l’homme, aux droits du travail, à la sécurité, à la qualité de produits ou à l’environnement
          Faut-il encore se fader les vieilles rengaines d’un capitalisme déréglémenté qui mine les emplois et les salaires des démocraties ?
           
          Quand à l’idée plus génerale d’une taxe carbone, d’une fiscalité verte dissuasive à l’egard d’un productivisme sans conscience, il n’est pas nécessaire d’être grand clerc pour comprendre sa nécéssité.
          Il n’es pas normal que les energies fossiles qui ne nous sont pas vitales, ressources épuisables qui ont mis des millions d’années à se former, qui menacent gravement notre climat et nos économies par sa raréfaction nous coûtent aussi peu cher. Faut-il rappeller que le pétrole coute moins cher que l’eau ? que son prix rapporté au niveau de vie n’a céssé de diminuer ? que l’AIE craint une pénurie entre 2012 et 2020 ?
           
          Ce que l’on peut certainement regretter, c’est une taxe carbone aussi faible, quatre fois inférieure à l’economie fiscale faites aux entreprises par la suppression de la taxe professionnelle sur l’investissement...
          Finalement la taxe carbone intérieur s’apparente à une usine à gaz qui découragerait par son signal prix insuffisant l’investissement envers les alternatives energétiques et se résume par une diminution déguisée des cotisation patronales.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès