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Accueil du site > Actualités > Environnement > Extinction du dauphin de Chine dans l’indifférence générale

Extinction du dauphin de Chine dans l’indifférence générale

On le savait menacé par la démographie métastasique de l’humanité, qui a conduit à l’édification du gigantesque barrage des Trois-Gorges sur son fleuve, l’immense Yang-Tsé-Kiang. Mais on espérait un petit répit, un sursaut, qui aurait conduit les autorités chinoises à tout faire pour sauver cet emblématique animal. En vain. Le dauphin de Chine, ou Baiji (son nom vernaculaire, qui n’aura guère eu le temps d’imprégner l’esprit des occidentaux) a officiellement été déclaré éteint en décembre 2006.

Mentionnée par de nombreux sites spécialisés, cette consternante nouvelle n’a guère été reprise -voire pas du tout- par les grands médias, ni par les agences de presse, à croire qu’il s’agissait de la disparition d’une vague espèce de moustique comme la Terre en compte par milliers. Pourtant, le baiji n’est pas -ou plutôt, n’était pas- un animal « comme les autres ».

En tant que mammifère, qui plus est de grande taille, il fait déjà partie d’une petite élite animale qui le classe automatiquement parmi les richesses primordiales du patrimoine de cette Terre. Qui plus est, le baiji, dont le nom scientifique est Lipotes vexillifer, était le seul membre du genre Lipotes. Lipotes était l’un des quelques genres de dauphins à avoir abandonné le milieu marin pour remonter les fleuves, à l’instar de l’inia (ou boutou) sud-américain ou du plataniste (ou susu) indien. Hantant des eaux boueuses à la visibilité quasi nulle, tous ces dauphins d’eau douce ont petit à petit perdu l’usage de leurs yeux, au profit d’un autre sens très développé chez les cétacés : l’écholocation. L’écholocation est le mécanisme de sonar qui permet de repérer les obstacles et les proies lorsque la lumière n’est plus exploitable, par exemple dans l’obscurité pour les chauves-souris ou dans une eau trouble pour les dauphins, voire, d’une certaine façon, pour les poissons électriques. Au moins l’un de ces cétacés dulçaquicole, le boutou, a également développé le sens du toucher en utilisant largement ses « nageoires pectorales » (correspondant à nos bras), ce qui lui donne une nage sur le flanc tout à fait caractéristique.

La disparition de Lipotes vexillifer est encore plus inacceptable lorsqu’on considère le battage médiatique et la sympathie que suscite un autre animal emblématique chinois hautement menacé, le grand panda. Les moyens déployés pour la sauvegarde de ce dernier, s’ils sont amplement justifiés, contrastent violemment avec l’indifférence réservée au sort du dauphin de Chine, alors que d’un point de vue zoologique, Lipotes est à peine moins important, si ce n’est aussi important, qu’Ailuropoda (le grand panda). Déjà disparu, Lipotes n’a livré que bien peu de ses secrets, et notamment reste énigmatique quant à ses liens de parenté avec les autres dauphins. Est-il réellement un cousin du boutou de l’Amazone, avec lequel il est parfois classé (dans la famille des iniidés) ? Ou du susu du Gange (platanistidés) ? Ou, plus vraisemblablement, doit-il ses particularités à une évolution indépendante, qui a conduit à l’une des innombrables convergences évolutives dont la nature est coutumière ? Car s’il était apparenté au boutou amazonien, il faudrait imaginer qu’il ait migré depuis l’Amérique du Sud jusqu’à la Chine (hautement improbable), ou que leur ancêtre commun marin possédait déjà les caractéristiques propres qui les rend si bien adaptés au milieu fluviatile (à peine moins improbable). Quoi qu’il en soit, les analyses moléculaires confirment pour l’heure une divergence d’avec les autres cétacés à dents qui se serait produite il y a au moins 25 millions d’années.

L’origine fluviatile du baiji aurait dû inciter davantage à sa conservation dans des delphinariums, puisqu’il s’agit d’un milieu moins stable que le milieu marin, et qu’on aurait pu supposer que le baiji aurait mieux supporté la captivité que ses cousins du grand large. Mais la culture du delphinarium ne s’est sans doute pas assez vite développée en Asie, et les rares tentatives en ce sens, survenues ces deux dernières décennies, soit bien trop tard, ont toutes tourné court en quelques années.

Tout ce que l’on peut espérer à présent, c’est que d’éventuels tissus conservés dans le froid de cet animal permette un jour de le ressusciter, sans qu’il soit pour cela nécessaire de faire appel à des chimères biologiques telles que celles qu’on s’efforce de faire pour le mammouth. D’autant que contrairement au mammouth qui est très proche de l’éléphant indien, le baiji n’a pas de proche parent vivant, qui puisse servir de réceptacle évident à son génome. Et il ne faudra pas non plus compter sur le marsouin de Cuvier (Neophocaena phocaenoides) pour cela, cet animal appartenant à une famille distincte (phocénidés) et des baijis, et des dauphins (delphinidés). Sans compter que les jours de ce marsouin sont également comptés, sa population ayant chuté pratiquement aussi vite que celle du baiji.

Le dauphin de Chine est le premier grand mammifère à s’éteindre depuis une cinquantaine d’années. Qui sera le prochain de la liste ? Entre les autres cétacés d’eau douce (ou même marins), les rhinocéros (en particulier celui de Sumatra), le kouprey (un bœuf cambodgien), ou, plus près de nous, le phoque moine de la Méditerranée ou le lynx ibérique, ce ne sont pas les raisons de broyer du noir qui manquent.


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74 réactions à cet article    


  • ExSam (---.---.54.53) 7 mars 2007 09:55

    Merci pour cet article clair et documenté.

    Necéssaire de rappeler combien nous sommes des putains de loups, et pas seulement pour nous. Enfin « nous »..les politiques et les patrons, avec le portefeuille entre eux.

    Tout ce que l’on peut espérer à présent, c’est que d’éventuels tissus conservés dans le froid de cet animal permette un jour de le ressusciter

    Il faudrait également songer à restaurer les conditions de vie du dauphin. Le ressuciter pour le remettre en situation de crever, ressemble un peu trop à un jeu pervers.


    • Tibet Libre France-Tibet Ile-de-France 7 mars 2007 22:20

      La disparition du Dauphin de Chine était écrite. Regardez :

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Dauphin_de_Chine

      C’est un révélateur de la monté, très très préoccupantes, des problèmes environnementaux en Chine.

      voir par exemple :

      http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=2200

      Bien sûr, il faut aussi se préoccuper des autres espèces de Dauphin d’eau douce, dont celui du Gange, de l’Indus et du Brahampoutre qui sont aussi menacés. Quand à la conservation de cellules d’une espèce disparue, elle ne peut en aucune façon permettre de réanimer une espèce. Le seul espoir qui peut subsister ne peut venir que d’un comportement plus responsable des gouvernements pour garrantir une protection de l’environnement. Même dans le cas du Dauphin de Chine, cela est peut-être encore possible. Comme vous le suggérez, c’est une question de réaction aux événements. Si nous savons en tenir compte, alors, nous pourront sauver les espèces menacées (et sans doute des vies humaines en même temps...)


    • alberto alberto 7 mars 2007 10:16

      Merci Thucidide pour cet éloge funèbre à la mémoire du Dauphin de Chine.

      Quel sera le prochain à disparaître demandez-vous : la liste d’attente est bien longue, mais une chose est sûre nous, l’espèce humaine, y sommes inscrits et certainement pas en dernière position...


      • LE CHAT LE CHAT 7 mars 2007 10:22

        triste nouvelle que la disparition de ce cousin du dauphin de l’amazone et du dauphin du gange , la biodiversité en prend encore un coup !ces dauphins sont caractérisés par un bec très allongé , similitude avec le long museau des gavials .

        un excellent reportage sur national geographic tv diffusé ce week end décrivait très bien le système de l’echolocation des dauphins

        merci thucidyde pour ce nouvel article interessant comme toujours

        bien à toi


        • sylvia (---.---.27.67) 7 mars 2007 10:49

          Article intéressant et bien attristant... J’avais déjà lu cette nouvelle dans un journal, un encadré minuscule ...

          Elle n’était sortie de la tête et la voilà de retour. Parmi tous les animaux en voie de disparition que vous citez, on peut ajouter les grands singes et l’ours polaire.

          Et l’homme, sans doute aussi, comme le dit Alberto.

           smiley

          (Si quelqu’un est en possession de bonnes nouvelles,qu’il nous en fasse part le plus vite possible !)


          • gedm (---.---.4.203) 7 mars 2007 10:57

            Concernant l’homme, ce n’est pas pareil : il cause sa propre extinction. Peu d’espèces animales ont fait ça dans le passé...


          • faxtronic (---.---.127.45) 7 mars 2007 14:37

            Si, les cyanobacteries (algues bleues, mais c’est un animal) il y a 3 milliards d’années, qui a force de polluer l’atmosphere avec leur rejet ont géneré une extincation de masse. Le polluant etait .... l’oxygene. Les algues bleues consommele Co2 pour produire de l’oxgene. Comme quoi il ne faut pas s’affoler, la Vie est toujours a la fois forte et fragile.


          • babayaya (---.---.2.226) 7 mars 2007 10:54

            Et bien voilà, une espèce de plus à disparaitre sur l’autel de notre sacro saint mode de vie.......... Cela dit comme alberto le dit si bien, un jour la terre en aura ras-le-bol de l’homme et elle s’en débarassera tout comme elle l’a fait avec les dinausores... et ensuite ? et bien ensuite j’espère que viendra une espèce moins conne et moins à même de chercher à s’autodétruire !!!

            Comme le disais un certain mr. smith dans matrix, l’homme n’est comparable a aucune autre espèce animale sauf aux virus... à croire qu’effectivement nous sommes le cancer de cette planète... elle va bien finir par inventer une chimio efficace, elle a des milliards d’années d’expérience et le temps devant elle...nous moins à ce rythme... merci pour cet article en tout cas, il a le don de remettre un peu les choses importantes à leur place...


            • un_passant (---.---.91.242) 7 mars 2007 16:43

              La Terre n’a pas besoin de mettre au point une méthode pour exterminer les êtres humains. Nous sommes nés avec notre propre système d’autodestruction : la guerre (d’ailleurs n’est pas le vrai sens de l’apocalypse ? A force de faire des conneries, nous allons nous autodétruire).

              Les méthodes expéditives ne manquent pas : mode de vie, armes de destruction massives (disons non conventionnelles : chimiques, bactériologiques, virales, nucléaires... Certains suggèrent même que les armes à anti-matière sont déjà, sur le papier, prêtes, manque plus qu’à les tester et produire en masse).

              Et dire que même si je l’avais voulu, ce post n’a rien du sarcasme ou de l’ironie...


            • Le furtif (---.---.25.69) 7 mars 2007 11:24

              Bonjour Thucydide

              Ainsi se ferme à jamais le monde de David Brin.

              « Les dauphins , combien de divisions ? »

              Cordialement

              Le furtif


              • nelly (---.---.211.35) 7 mars 2007 11:28

                2007 est l’année internationale du dauphin

                Les extinctions se succèdent et y compris d’espèces encore inconnues car nos connaissances sont faibles par rapport à l’immensité du vivant... Et il faudrait stopper l’érosion car l’humanité fait partie de la biodiversité et en dépend.

                Si le réchauffement climatique préoccupe de plus en plus, la perte de biodivertsité indiffère beaucoup... Notre ligue fait ce qu’elle peut pour alerter www.biodiversite2007.org

                Avec les moyens que lui donnent ses membres.

                Si vous ne lisez qu’une page, lisez celle de l’enjeu !

                cordialement


                • Thucydide Thucydide 7 mars 2007 20:13

                  Si le réchauffement climatique préoccupe de plus en plus, la perte de biodivertsité indiffère beaucoup... Notre ligue fait ce qu’elle peut pour alerter www.biodiversite2007.org

                  Je reprends cette phrase ô combien justifiée... Le réchauffement climatique est certes préoccupant, très préoccupant, mais il est réversible, et son cycle peut être de quelques milliers, voire centaines d’années (peut-être plus rapide, si l’homme réussit à maîtriser sa technologie et, surtout, sa démographie). Le cycle de régénérescence d’une extinction de masse, comme celle qu’ont connue les dinosaures et que connaît la faune actuelle depuis la fin du pléistocène à cause de l’homme, se compte en millions d’années.


                • Gentil diable (---.---.87.19) 8 mars 2007 10:29

                  La principale cause du réchauffement de la Terre est l’accroissement de la population mondiale (la démographie). Sa principale conséquence est la disparition des espèces vivantes.

                  Le vrai problème, c’est qu’on ne peut pas agir directement sur la démographie sans choquer les gens. Et on ne peut pas empêcher la disparition des espèces vivantes (bien sûr on pourra sauver des individus, mais jamais toute une espèce).

                  Alors on essaye de nous faire croire qu’on arrivera à s’en sortir en modifiant les comportements individuels et en trouvant de nouvelles technologies (à quand un parasol large de 2000 kilomètres, que l’on mettrait en orbite ?).

                  Mais bon, quand je regarde la courbe démographique d’ici à l’année 2050, j’ai comme un vertige. Je pense que ce qui est en jeu actuellement, c’est de diminuer autant que possible la vitesse à laquelle nous percuterons le mur et combien d’espèces vivantes s’en sortiront. Pour l’instant, l’idée de faire demi-tour est inenvisageable tant qu’on n’abordera pas le sujet de la démographie.


                • bernard29 candidat 007 7 mars 2007 11:33

                  la sauvegarde de la biodiversité est un combat. bravo d’y participer.


                  • (---.---.126.214) 7 mars 2007 12:03

                    Et oui, On leur parle de disparition des espèces, et ils nous répondent comptabilité et fiscalité...

                    Merci pour cet article en tout cas, bien que je pense qu’il n’illuminera que les esprits éclairés, les autres ne voudront y voir qu’un nouvel effet du darwinisme avec la disparition sois-disant naturelle d’une espèce...


                    • TiBuD (---.---.83.129) 7 mars 2007 13:12

                      parlons en il reviendra peu être...


                      • Aurélien (---.---.52.95) 7 mars 2007 13:31

                        Au Japon aussi :

                        Quand on voit avec quelle allure se font les découvertes d’espèces rares au Japon par les scientifiques océanographes, on ne peut que s’interroger sur les moyens qu’ils utilisent pour faire leurs découvertes !

                        On sait aussi que la pêche à la baleine continue dans cette région...

                        Ne trouvez-vous pas étonnantes toutes ces découvertes faites ces derniers temps et à un rythme aussi élevé ?

                        dauphins avec résurgence de patte arrières, calamar géant des grands fonds, requins préhistoriques et autres espèces des abysses...

                        Quelles sont les méthodes de pêche de ces scientifiques ?


                        • faxtronic (---.---.127.45) 7 mars 2007 14:41

                          Euh....peche a la ligne ? Commentaire etrange : « etranges ces scientifiques zoologues et oceanographe qui font des decouvertes d’animaux marins ». Ah bon, tu croyais que les zooocenographe cherchais des cailloux ?


                        • prgrokrouk (---.---.98.137) 7 mars 2007 14:58

                          Mais non ! ces trois animaux étaient remonté des Bas-fonds (au large du Japon) tous trois au cours d’un mois à peine. Je pense que les océanographes n’y étaient pour rien. Comme pour le dauphin chinois, cela s’est terminé par la mort. Ils étaient sans doute remonté en raison d’un problème nouveau rencontré, cette fois, au niveau des abysses (chaleur ou saleté anormales). Je ne voudrais pas faire de catastrophisme ni affoler de politiciens, mais je me demande si l’homme a encore de l’avenir à vingt ans d’ici. smiley


                        • prgrokrouk (---.---.98.137) 7 mars 2007 15:02

                           smiley Merci de ce très intéressant article. Cela n’exempte pas les acquariums non-asiatiques, de n’avoir pas su protéger un ou deux spécimens. Au fait, celui, dernier, qui est mort fin 2006, il était où ?


                        • (---.---.150.188) 7 mars 2007 15:42

                          Techniquement, on ne sait pas si le dernier spécimen est mort en 2006 ; simplement, une expédition scientifique chargée de recenser leur population lancée en 2006, et devant son incapacité à trouver aucun spécimen vivant, l’espèce a été déclarée éteinte (source wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Dauphin_de_Chine).


                        • Aurélien (---.---.52.95) 7 mars 2007 15:52

                          Je me demande simplement si ces scientifiques n’utilisent pas des techniques de pêche industrielle pour sonder les fonds marins, en toute illégalité.

                          Ces informations reprises par les médias n’ont jamais évoqué ces questions.


                        • prgrokrouk (---.---.98.137) 7 mars 2007 18:49

                          Ah, d’accord. Donc, si je vous suis, il n’y en avait probablement plus ou presque plus depuis quelques années déjà. smiley


                        • ZEN zen 7 mars 2007 13:44

                          Triste nouvelle. Merci de nous tenir informé.


                          • seb59 (---.---.180.194) 7 mars 2007 13:45

                            Triste nouvelle et interessant article qui nous change des rivalités politiques.

                            L’homme est un fléau pour son envirronnement. Le bon coté des choses c’est que nous causerons notre propre perte à cause de notre betise et de notre cupidité.

                            La terre, elle, se relevera toujours. Elle est vieille de millions d’années et le calendrier humain n’est qu’à 2000... smiley


                            • babayaya (---.---.2.226) 7 mars 2007 14:09

                              Je ne sais plus qui avait fait une comparaison intéressante : si l’on considère que l’histoire de la terre représente la tour effel, alors l’histoire de l’homme représente une feuille en épaisseur.... et l’on se considère les maitres... Vaclav havel avait une très bonne approche dela chose en considérant l’homme non pas propriétaire mais gardien de sa planète... ou encore ce dicton indien : nous ne sommes que les locataires du monde de nos enfants... mais bref effectivement pour une fois cela change des prblèmes de politique....


                            • aixetterra... aixetterra 7 mars 2007 16:42

                              @ Seb59

                              « mais bref effectivement pour une fois cela change des prblèmes de politique.... »

                              Pourtant, la politique est, là encore, la clé permettant de révolutionner les mentalités en accordant enfin une vision transversale aux problèmes du monde.

                              Aixet...


                            • prgrokrouk (---.---.98.137) 7 mars 2007 15:05

                               smiley Je présente mes condoléances aux cousins et amis de cet animal.


                              • florides (---.---.2.211) 7 mars 2007 15:26

                                Très bon article. Merci beaucoup de nous faire part de cette affligeante disparition. Mais sinon, pourrais-tu nous indiquer quelques sources ? Je serais curieux de voir comment nous alllons réussir à survivre ne serait-ce qu’un siècle de plus au train ou nous allons !!!! Cordialement, Florides


                                • troll (---.---.82.131) 7 mars 2007 15:27

                                  quand on voit les reactions que suscite le sauvetage de nos ours, je me dis qu’il n’y a pas grand chose a attendre de la foule...

                                  j’aimerais esperer que l’energie de certaines personnes qui se battent pour la biodiversite puisse suffire, mais quand je vois les reactions meme en france, je me dis que c’est vraiment pas gagne...


                                  • aixetterra... aixetterra 7 mars 2007 16:35

                                    @ l’auteur,

                                    Mon dernier article « Projet REPCET » [http://www.AgoraVox.fr/article.php3?id_article=19727] faisait référence à une convergence des volontés à sauvegarder nos cétacés Méditterranéens, même quant les raisons qui poussent les différents protagonistes semblent très éloignées. On ne peut que déplorer le manque d’intérêt des pays Asiatiques à la cause environnementale comme dans bien d’autres domaines ayant pour dénominateur commun le seul rendement immédiat.

                                    Les consciences auront-elles le temps de s’ouvrir ?

                                    A vous lire, il est déjà bien tard pour une part de la Vie. A moins que...

                                    Aixetterra smiley


                                    • panama (---.---.198.59) 7 mars 2007 17:18

                                      Hélas, les chinois ont d’autres objectifs actuellement que la conservation de leur patrimoine naturel, culturel et humain...

                                      Ils « font » 9% de croissance par an.

                                      C’est triste, mais nous aussi nous avons exterminé l’Auroch, le bison européen, le loup et tant d’autres, il fut un temps.


                                      • aixetterra... aixetterra 7 mars 2007 18:18

                                        @ Panama,

                                        Loin de moi l’idée de faire de nous des anges dans un monde de barbarie mais force est de constater qu’une sensibilité naissante existe bel et bien au sein de nos sociétés. Preuve en est - même si tout n’est reste à faire - l’intérêt que suscite l’article que nous commentons ici.

                                        Aixet... smiley

                                        @ Tall,

                                        C’est vrai pour certaines espèces de « requins » terrestres mais, pour certains autres, c’est malheureusement en bonne voie et dans des circonstances d’une rare barbarie...

                                        Aixet... smiley


                                      • aixetterra... aixetterra 7 mars 2007 18:21

                                        @ l’auteur,

                                        Je me suis permis de reprendre cette info dans mon blog avec un coup de griffe personnel.

                                        [http://sandek13.free.fr/index.php?2007/03/07/28-avis-de-deces]

                                        Aixet... smiley


                                      • babayaya (---.---.2.226) 7 mars 2007 18:35

                                        et bien pour la disparition des requins, ça commence doucettement avec le pélerin et le baleine qui frolent dangereusement la cote de non régénération de l’espèce...


                                      • (---.---.198.59) 7 mars 2007 18:37

                                        « qu’une sensibilité naissante existe bel et bien au sein de nos sociétés. Preuve en est - même si tout n’est reste à faire - l’intérêt que suscite l’article que nous commentons ici. »

                                        En occident oui. En Chine, leur sensibilité est actuellment tourné vers le capitalisme le plus effréné.

                                        Et allez dire à des millions - oui, il s’agit de millions - de chinois qu’il ne faut faire le barrage des trois gorges pour sauver le dauphin du yang-tsé, et qu’il n’auront pas le droit à l’électricité ; ni à travailler dans des usines.

                                        C’est regrétable, triste voire honteux, je suis d’accord avec vous. Il y a trop d’hommes sur terre, en Chine surtout, pour cette espèce de dauphin.


                                      • aixetterra... aixetterra 7 mars 2007 19:23

                                        Et moi, et moi, et moi...


                                      • aixetterra... aixetterra 7 mars 2007 19:34

                                        @ l’auteur,

                                        Je suis allé lire votre article « Résurgence de pattes arrière chez un dauphin capturé au Japon ». Je ne l’avais pas lu car pas encore Agoravoccien à l’époque...

                                        Permettez une question : Pourquoi ne pas envisager la possibilité que ces organes reprennent une place qu’ils avaient perdue du fait d’un nouveau besoin, un retour à terre ?

                                        Ce manque de pattes « physiologique » (alors que la conscience penserait en être pourvue) ne pourrait-il pas expliquer certains échouages mystérieux ?

                                        Je concède qu’il s’agit là d’une extrapolation de troisième degré mais néanmoins une question candide qui mérite réponse.

                                        Merci.


                                      • Gnole (---.---.192.187) 7 mars 2007 20:00

                                        Je me permet d’essayer de répondre à cette intéressante question, je citerait ce cher SJ Gould qui disait « l’évolution est myope » en cela que la valeur adaptative d’un trait (ici des pattes arrières) ne peux avoir une valeur évolutive que si son avantage est réel pour la génération suivante et pas plus loin.

                                        Une résurgence de pattes capables de permettre à un dauphin de se mouvoir sur terre ne serait donc conservée que si elle permet à se dauphin d’optimiser sa fitness (avoir plus de descendence en meilleur forme que celle du dauphin voisin). Or un dauphin ne peux se mouvoir sur terre, même avec 4 pattes solides du fait que sa cage thoracique est trop faible pour supporter son propre poids (ce qui ne pose pas de souci dans l’eau)...

                                        Donc on ne vois pas trop comment une pair de pattes arrières pourrait avoir un intéret évolutif dans ces conditions... bien entendu c’est quelque chose de beaucoup plus compliqué puisque ces pattes arrières ne seront pas forçément contre sélectionnées si les animaux qui en sont pourvus n’ont pas de problème particulier avec (pas de perte d’hydrodynamisme ou autre) et pourront peut être un jour servir dans des cas de courte sortie des eaux (ces sorties leur assurant potentiellement une meilleur survie que les autres) et ainsi devenir évolutivement intéressants et sélectionnés.

                                        Mais il s’agit la de l’Evolution avec un grand E qui s’étalle sur des milliers d’années, voire des millions.

                                        L’hypothèse la plus plausible restant une mutation dans les « homéobox » (les grands ordonnateurs de la machine du développement) ou encore des perturbation chimiques endocriniennes... mais bon on en sait pas plus pour l’instant.


                                      • Thucydide Thucydide 7 mars 2007 20:17

                                        Bonjour, Aixeterra. Gnôle a répondu à votre question, je ne peux qu’ajouter un exemple : il arrive que des résurgences durables se produisent dans l’évolution animale, par exemple, la clavicule chez les oiseaux. En l’occurrence, si, un jour, un Lipotes s’était trouvé dans un fleuve presque asséché (et sans les humains pour lui pourrir la vie), un individu avec des pattes résurgentes aurait peut-être pu tirer un avantage évolutif pour ramper d’une mare à une autre, à l’instar de quelques poissons actuels (poissons-chats Clarias, perches grimpeuses Anabas, etc.). Mais ce genre de choses est parfaitement aléatoire et imprévisible, tout autant qu’assez peu probable.

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