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Accueil du site > Actualités > Environnement > Facenuke, le réseau social du nucléaire

Facenuke, le réseau social du nucléaire

Greenpeace publie FaceNuke, réseau social des femmes et des hommes du nucléaire en France.

On entre sur un fond bleu constellé de points noirs reliés entre eux par d’innombrables fils. Si l’on devait dessiner l’internet mondial, il prendrait très certainement cette forme. Cette énorme toile d’araignée représente en fait les méandres d’un autre monde tout aussi énigmatique, celui du nucléaire français. Facenuke est en effet un outil en ligne interactif qui donne à voir une cartographie des femmes, des hommes et des organisations, le réseau social qui fait la politique énergétique de la France. Areva, EDF, le corps des Mines, l’UMP, le PS, les grands patrons, les femmes et hommes de l’ombre, les passerelles entre politique et industrie, les chercheurs, etc. : tous sont au cœur du système ‘facenuke’.

A l’origine de l’initiative on trouve l’association environnementale Greenpeace qui a souhaité montrer les connexions entre les différents acteurs de la filière. « FaceNuke donne à voir une sorte d’État dans l’État, qui décide de la politique énergétique de la France depuis 40 ans. C’est un univers d’experts et de technocrates dans lequel il est possible de faire carrière de 18 à 77 ans : des grandes écoles aux associations de défense du nucléaire, en passant par les postes clés dans les grands groupes énergétiques, les centres de recherche ou encore les cabinets ministériels ».
 
 
Hommes de l’ombre

Quelle est la taille et l’ampleur des réseaux (connus et visibles) de l’ex patronne d’Areva Anne Lauvergeon ? Ceux du Président et candidat Nicolas Sarkozy, qui nomme la plupart des responsables ? Ou encore d’un expert très médiatique comme Elie Cohen… Qui sont les personnes de l’ombre, au pouvoir immense, qui sont les "passerelles” entre groupes, entre groupes industriels et partis politiques, entre partis et associations ? L’internaute pourrait naviguer pendant des heures au coeur du système.
 
Le nombre de critères retenus pour établir ces connections et choisir les personnes qui figurent sur la carte a été volontairement limité pour permettre la lisibilité du résultat final. Les connections entre les personnalités, qui sont le cœur et la source de cette cartographie, sont : un mandat actuel ou récent (environ cinq ans) dans un conseil d’administration, de surveillance, un poste de direction dans un grand groupe, la présence dans un centre de recherche, l’adhésion à une association ou encore un mandat dans une autorité de régulation, etc. ; un mandat passé significatif ; l’adhésion ou un mandat actuel dans une organisation politique ; l’adhésion ou un mandat passé à une organisation politique ; la formation.
 
Cet outil est appelé à évoluer dans les semaines à venir. Les internautes sont d’ailleurs invités à communiquer leurs commentaires, les liens qui pourraient manquer ou toute autre suggestion afin d’améliorer l’outil. 
 
Inertie
 
Pour l’ONG, la visualisation de ce système explique l’inertie de la politique énergétique française dont "le citoyen a été systématiquement tenu à l’écart depuis les années 1970".
 
"L’inertie et l’entêtement de la France dans son obsession nucléaire est le produit des femmes et des hommes de ‘facenuke’, unis par leur intérêt commun de maintenir et prolonger leur monopole. Pourtant tôt ou tard, il faudra fermer les centrales françaises vieillissantes, et il sera impossible de les remplacer par des EPR,” conclut Karine Gavand. "Amorcer la transition énergétique, par une décision de sortie du nucléaire et la fermeture progressive des centrales nucléaires, est la seule attitude responsable pour le prochain Président. C’est ce que font nos voisins européens. C’est précisément la décision politique allemande de sortir du nucléaire qui a amené les industriels de l’énergie, comme Siemens, E.ON ou RWE, mais aussi le secteur de la recherche à se réorienter massivement vers les renouvelables et les économies d’énergie."
 
A deux jours du premier tour des élections présidentielles, Facenuke devrait faire parler de lui et donner du grain à moudre aux anti-nucléaires.
 
Kiagi.org est un des projets de l'association e-graine

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3 réactions à cet article    


  • krolik krolik 20 avril 2012 16:40

    « Sauvons le Climat » vient de publier un communiqué intéressant au sujet de Face-nuke.

    @+

    1/ Un travail bâclé

    Greenpeace vient de publier un fichier qu’elle appelle un « face-nuke », une espèce de pâle copie d’un Who’s Who des « pro-nucléaires ». Pâle copie, car on se demande comment les personnalités distinguées par Greenpeace ont été choisies. Ainsi Sauvons le Climat (SLC) a l’honneur d’être représenté par 22 membres, alors qu’EDF n’en compte que 19 pour 160.000 salariés, et sur les 16.000 salariés du CEA, 40 sont désignés ; dont un certain nombre de membres de SLC qui, étant retraités, n’ont plus aucun lien avec ledit CEA.

    Faut-il en déduire qu’en interdisant SLC la question du nucléaire sera réglée ? Il semble que les membres de SLC aient été essentiellement choisis en fonction de leur appartenance aux Conseils de l’association (Surprise, cependant, de constater que le président et le vice-président aient été oubliés !). La composition de ces conseils est publique et l’on aimerait que Greenpeace fasse preuve de la même transparence (on ne trouve que 6 noms dans la liste des dirigeants sur 30 membres de l’Assemblée statutaire), dans ce domaine comme dans d’autres : dans le baromètre de transparence des ONG de Prométheus, une note 3/10 pour Greenpeace International contre 9/10 pour SLC ! Quelques curiosités : Marcel Boiteux, Président d’honneur d’EDF reste affilié au CNRS qu’il a quitté en 1949...

    Certains membres de SLC listés sont retraités depuis plus de 20 ans mais restent, selon Greenpeace, affiliés au CEA. CEA un jour, CEA toujours ! En réalité un seul membre des organes directeurs de SLC appartient au CEA, aucun à EDF ! Il est clair que Greenpeace cherche à démontrer l’inféodation de « Sauvons le Climat » au CEA, et par là, au pouvoir C’est ainsi qu’indirectement, des membres de SLC notoirement de gauche ou même d’extrême gauche, se retrouvent reliés au Président Sarkozy. La ficelle est grosse : on ne peut pas être pro-nucléaire par conviction, seulement par intérêt !

    Alain Cernes, membre de l’IRSN a été rattaché d’office à SLC, on se demande pourquoi. Pour Greenpeace, SLC est réduit à un soutien du nucléaire. Elle oublie que SLC a un seul objectif : réduire l’utilisation de combustibles fossiles, donc l’effet de serre. Bref, il s’agit d’un travail bâclé qui montre bien le même manque de sérieux de Greenpeace qu’on peut, malheureusement, constater aussi dans toutes les soi-disant « études » dont elle abreuve les médias.

    2/ Un hommage involontaire ?

    Les membres de « Sauvons le Climat » qui ont été distingués par Greenpeace en sont fiers et ceux qui ont été oubliés, un peu vexés...

    Nous en sommes fiers car, depuis sa création SLC s’oppose à Greenpeace qui est un des freins principaux à la lutte contre le réchauffement climatique, en s’opposant à toutes les mesures qui sont efficaces dans cette démarche : constructions de grands barrages, capture et séquestration du gaz carbonique, biocarburants.

    L’énergie fétiche de Greenpeace est le gaz.

    Mais pas tous les gaz, celui qui vient de Russie : on n’a pas entendu Greenpeace protester contre les grands gazoducs reliant la Russie et l’Allemagne. Par contre, elle dénonce avec force les malheureux Polonais et Roumains qui envisagent d’exploiter leurs gaz de schistes ; de même elle critique les projets d’exploitation de gaz dans l’océan Arctique par les occidentaux.

    En ce qui concerne le nucléaire l’ennemi principal de Greenpeace est le nucléaire français ; on ne l’entend guère protester contre le nucléaire russe qui est celui qui construit le plus grand nombre de réacteurs. La Russie serait-elle membre de Greenpeace ?

    3/ Une méthode qui rappelle de tristes souvenirs

    Bien que la qualité comme la pertinence de cette liste soient risibles, il faut se demander quelles sont les motivations de Greenpeace en la publiant. Sûrement pas de donner un panorama objectif des dirigeants du nucléaire (Sauvons le Climat n’en est pas !), ni des acteurs du débat sur le nucléaire : ni la CRIIRAD, ni Global Chance, ni Sortir du Nucléaire n’y figurent.... Elle vise bien la mouvance « pro-nucléaire ».

    La démarche rappelle celle des intégristes d’Al Qaida qui lancent des fatwas contre les « mauvais » musulmans, les juifs et les infidèles. Si des kamikazes obéissent à ces fatwas les intégristes disent qu’ils n’y sont pour rien. Si parmi les lecteurs de cette « dénonciation » faite auprès de la mouvance anti-nucléaire, l’un passait à l’acte[1], bien sûr, Greenpeace ne se sentirait nullement responsable !

    Tout aussi, sinon plus inquiétante, est l’affectation d’une étiquette à vie à ceux qui ne partagent pas les idées de Greenpeace.

    Ajoutons au tableau un appel à la dénonciation sur le site de Greenpeace : « les internautes sont invités à nous communiquer leurs commentaires, les liens qui pourraient manquer.. ». Pour ceux qui ont connu, ou dont les parents ont connu les jours sombres de l’occupation cela fait froid dans le dos...

    Sauvons le Climat exige que Greenpeace rectifie immédiatement les nombreuses erreurs de son fichier concernant ses membres et supprime, conformément à la loi Informatique et Liberté, toute référence individuelle à ses membres qui lui en feraient la demande.

    Sauvons le Climat se réserve le droit de poursuivre Greenpeace en justice et soutiendra ses membres qui jugeraient bon de poursuivre à titre individuel.

    [1] Ce n’est malheureusement pas une clause de style : rappelons, entre autres, l’attentat mortel contre Georges Besse, la bombe contre Marcel Boiteux, l’envoi d’un missile contre Super Phenix par un député vert genevois, Chaim Nissim, les menaces de mort contre des élus acceptant chez eux l’installation d’équipements nucléaires...


    • amipb amipb 20 avril 2012 20:13

      Une belle réduction ad-hitlerium.

      Sauvons-le-climat est une association pro-nucléaire. Voir le mail d’Eva Joly à leur encontre ici : http://evajoly2012.fr/2012/04/16/courrier-deva-joly-au-collectif-sauvons-le-climat/


    • ubick 7 mai 2012 11:55

      M’aurait étonné si sieur Henri n’avait pas pointé le bout de son faux-nez. Déçu et vexé de ne pas être encore répertorié dans ce réseau ? Rassurez-vous, cette oubli va être réparé...Avec les autres.


      En attendant, les attentats écologistes= zéro morts ! Si vous avez des infos fiables pour accuser les écologistes de l’assassinat de Georges Besse, vous devriez les fournir à la justice, officiellement, c’est Action Directe. Officieusement, un règlement de compte en rapport avec Eurodif. Mais en aucun cas Greenpeace. Vous pourriez vous aussi vous retrouver accusé de diffamation...
      Et de grâce lâchez-nous la grappe avec vos comparaisons foireuses à base d’intégrisme et d’ayatollah vert. La chasse au point Godwin est fermée, la sauce ne prend plus, elle n’a jamais prise d’ailleurs. Aucun pays ne vit sous une dictature écologiste. Aucune prison verte ne détient et ne torture des opposants. Aucun policier écologiste n’a tué de courageux manifestant pro-nucléaire devant les futurs sites de centrales en Inde. Point barre. Vous êtes furieux d’avoir été publiquement démasqué, soit, mais pour ceux qui s’intéresse un tant soit peu à la Chose, cela fait longtemps que vous êtes débusqué, continuez donc à troller sur les commentaires et dans les forums ou vous pourrez encore impressionner ceux qui ne connaissent pas votre passé « Plutonien ». Quand aux menaces de mort, on en a 58 en France...Oh, je sais, vous allez nous sortir des argument bien techniques pour banaliser le nucléaire, nous ressortir les pelouses russes, l’excellente santé des riverains de Tchernobyl, toussa...

      Concernant le biais grossier par lequel SLC prétend sauver le climat avec le nucléaire, la ficelle est si grosse que même un gamin ne s’y laisserait pas prendre. Du reste, pour les curieux, une petite visite sera édifiante. CEA un jour, ARCEA toujours. Sans parler de la SFEN ou de l’AEPN. Belle réunion de faux-nez.  smiley


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