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Accueil du site > Actualités > Environnement > Glaciation et réchauffement climatique : brèves sur le climat

Glaciation et réchauffement climatique : brèves sur le climat

 

 

Une équipe de géochimistes anglais et allemands vient de proposer un nouveau modèle décrivant les liens entre la glaciation de l’Antarctique et le cycle du carbone des océans.

Lors de la baisse du niveau des océans causée par le début de la glaciation antarctique, de nombreux récifs coralliens se seraient retrouvés à l’air libre. L’érosion aurait alors rapidement injecté de grandes quantités de calcaire dans les océans et ce dernier, en réagissant avec le dioxyde de carbone en solution, aurait conduit à une baisse de l’acidité des océans.

- Le rôle du méthane dans la fin de la dernière glaciation

Des chercheurs du CNRS (laboratoire de glaciologie et géophysique de l’environnement) se sont ainsi penchés sur l’évolution du taux de CH4 entre le dernier maximum glaciaire, il y a 18 000 ans et le début de la période actuelle (l’Holocène) il y a 11 500 ans.

Les chercheurs sont parvenus à identifier les processus responsables du doublement de la concentration en méthane atmosphérique lors de la dernière transition glaciaire-interglaciaire. Première conclusion, près de la moitié de cette augmentation résulte d’un accroissement substantiel des émissions de méthane à partir des régions marécageuses tropicales. De plus, ces émissions ont été renforcées par la production des marécages et des tourbières boréales qui a débuté au cours de la transition climatique.

 

- Le permafrost sibérien fond et libère son méthane

Panique à bord ! Contrairement à des études qui se voulaient rassurantes sur la fonte du permafrost, la bombe climatique pourrait avoir commencé à exploser, comme il était hélas prévisible !

Les scientifiques ont découvert que le sol gelé de l’Arctique a commencé à fondre, libérant dans l’atmosphère le méthane qu’il emprisonnait. Ce phénomène pourrait être catastrophique car l’effet de serre de ce gaz est vingt fois plus important que celui du dioxyde de carbone.

- L’équilibre climatique pourrait basculer d’ici sept à dix ans

L’équilibre climatique de l’hémisphère Nord pourrait « basculer » d’ici sept à dix ans, provoquant une hausse aussi subite que sensible de la température moyenne du globe, en raison de la disparition de plus en plus prévisible de la calotte polaire en été et du réchauffement de l’océan Arctique.

« Les scientifiques du Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat (Giec) ont été trop timides, dit-il dans une entrevue donnée au Devoir. Le Giec est commandité par les gouvernements » et ses conclusions doivent faire l’objet de consensus qui ne sont pas arrêtés uniquement par des scientifiques, mais aussi par des politiques.

C’est grave, parce que les politiques vont certainement nous reprocher de ne pas les avoir avertis à temps. On a aussi été influencé par l’opinion publique qui ne veut pas entendre parler de catastrophes alors que des solutions existent pourtant, dont plusieurs cependant ne veulent pas entendre parler.

- L’effet humain sur les précipitations arctiques

Selon une nouvelle étude, l’Arctique est devenue plus humide durant le dernier demi-siècle et les hommes en sont en partie responsables. Cette nouvelle est particulièrement importante pour les climatologues car les anomalies dans le climat arctique peuvent, en raison de la structure unique des terres et de la position de l’Arctique sur le globe, influencer en fait le climat global.

Les chercheurs avertissent que cette "humidification" de l’Arctique pourrait se dérouler plus vite que prévu par les simulations actuelles du climat ; ils remarquent d’ailleurs que des études récentes montrent aussi que les glaces de l’Arctique régressent plus rapidement que prévu par les modèles.

- Le phytoplancton s’opposera-t-il au réchauffement climatique ?

C’est une lueur d’espoir assez douteuse car ce n’est qu’une expérience de laboratoire et si les coccolithophores qui se transforment en craie ont effectivement augmenté depuis 200 ans, cela n’a pas empêché la température de monter...

L’un des principaux dévoreurs de gaz carbonique du monde, le discret coccolithophore, qui peuple les océans du monde, ne semble pas craindre, comme on le pensait, l’augmentation d’acidité de l’eau de mer liée à l’effet de serre d’origine humaine. Au contraire, il se fait encore plus gourmand en gaz carbonique. Sa population aurait même crû depuis les débuts de l’ère industrielle.

Dans des sédiments de l’Atlantique Nord, étudiés par carottage, il semble que l’activité de ces organismes du phytoplancton ait augmenté de 40 % depuis les 220 dernières années, comme si elle était effectivement corrélée à l’augmentation du gaz carbonique atmosphérique.

- Obscurcir le ciel avec du soufre pourrait attaquer l’ozone polaire

C’est pourtant un spécialiste du trou d’ozone, Paul Crutzen, qui proposait d’obscurcir le ciel pour nous protéger de la chaleur du soleil... Voir aussi les critiques d’Edouard Bard.

L’injection continue de soufre dans la stratosphère, un projet de géoingénierie qui pourrait contrer le réchauffement global selon certains chercheurs, ferait sévèrement chuter les quantités d’ozone polaire selon de nouveaux calculs effectués par Simone Tilmes du Centre de recherche de Jülich en Allemagne et ses collègues.

En fait, des injections de petites particules soufrées assez grandes pour pallier le réchauffement en surface de ces prochaines décennies supprimeraient, estiment Tilmes et son équipe, tout l’ozone de la basse stratosphère arctique durant les hivers très froids. Et, en Antarctique, l’injection soufrée pourrait retarder de 30 à 70 ans le rétablissement prévu de la couche d’ozone.

Clairement, beaucoup plus de recherches seront nécessaires pour déterminer toutes les conséquences de la géoingénierie avant que nous puissions sérieusement considérer l’injection de sulfates dans la stratosphère.

- L’inutile fertilisation des océans

Carte des couleurs de la mer (moyennées entre décembre 2004 et février 2005) illustrant la fertilité des eaux du plateau des Kerguelen (couleurs chaudes au sud-est de l’île) comparée à l’infertilité des eaux du large de l’océan Austral (couleur bleue au sud et à l’est), pourtant très riches en sels nutritifs. La couleur de la mer est un indicateur de la productivité biologique

Ces mesures révèlent qu’une quantité importante de fer - pas moins de 100 000 tonnes - est déversée tous les ans sous forme dissoute dans la mer depuis les berges des îles de Heard, localisées au sud-ouest du plateau des Kerguelen.

Mais qu’est devenu tout ce fer ? Car force est de constater que les eaux du plateau n’en gardent quasiment pas trace. On le sait, dans un milieu oxygéné comme l’eau de mer, le fer dissous est chimiquement instable : il s’oxyde et forme des produits insolubles. Ces énormes quantités de fer amenées à l’océan par l’érosion sont donc très vraisemblablement, et, en grande majorité, très vite soustraites de la surface de la mer, les produits d’oxydation disparaissant dans les sédiments, probablement dans les zones situées près des côtes.

Ces résultats mettent en exergue combien vaines seront les fertilisations artificielles de l’océan envisagées par la géoingénierie sous la forme de déversements de fer dissous.

 

- Les réfugiés de l’environnement

La Terre chauffe et avec elle beaucoup de territoires autrefois accueillants deviennent inhabitables pour leurs occupants traditionnels. Du coup, les populations résidentes sont obligées d’aller s’installer ailleurs. Ces nouveaux réfugiés climatiques sont aujourd’hui une trentaine de millions, mais leur nombre devrait dépasser les 250 millions en 2050.

Il faut savoir que près de 500 millions de personnes vivent à moins de cinq kilomètres des côtes et pas loin de 350 millions à moins de cinq mètres au-dessus du niveau de l’eau, voir en dessous pour certains (Bengladesh, Pays-Bas, Camargue…). Toutes ces régions sont directement menacées par la montée des eaux consécutives à la fonte des glaces polaires. Pour d’autres, la menace ne vient pas de l’eau, mais plutôt de son absence. En Asie, en Afrique et en Amérique latine, la déforestation conjuguée à la hausse des températures accélère la progression des déserts menaçant encore plusieurs millions de personnes.

- Total se reconvertit dans le nucléaire

Total veut faire du nucléaire un de ses "cœurs de métier". Parmi les sujets connexes abordés lors de cette déclaration, il a estimé que le prix du pétrole ne redescendra plus... jamais.

 

- La France abandonne les agrocarburants alimentaires

La France veut faire "une pause" dans les biocarburants de première génération, qui sont fabriqués à partir de plantes vivrières et sont accusés de concurrencer les cultures alimentaires.

"La position de la France est claire : cap sur la deuxième génération de biocarburants", c’est-à-dire des carburants fabriqués à partir de plantes non vivrières.

- L’Allemagne se lance dans le diesel de bois, de paille ou de résidus de lait

Les biocarburants de "deuxième génération" ou "synthétiques" se veulent inoffensifs pour le climat, mais aussi pour la sécurité alimentaire.

Pas question, par exemple, d’utiliser des céréales : les expérimentations en Allemagne utilisent du bois, de la paille, des mauvaises herbes ou des résidus de lait de l’industrie agroalimentaire. "La deuxième génération des biocarburants sera mûre en 2012-2014 au mieux. Croire que cela peut aller plus vite est illusoire", juge-t-il.

Sans compter que ces nouveaux produits sont encore loin d’être viables économiquement, avec un coût de production estimé à 1 euro par litre pour le diesel "au bois".

- Réchauffement : un petit répit avant de replonger

Ce modèle prédit que le réchauffement va se ralentir ces prochaines années pour ensuite s’accélérer, et qu’au moins la moitié des années postérieures à 2009 seront plus chaudes que 1998, l’année la plus torride jamais enregistrée. En d’autres termes, la planète va connaître un petit répit avant de se mettre à suer pour de bon. Selon les auteurs, la prochaine décennie représente un horizon avant lequel il faudrait adopter des mesures de planification pour la mise à niveau des infrastructures, la politique énergétique et le développement économique. Après les tensions seront plus grandes et agir dans l’urgence donne rarement de bons résultats.

- Mieux comprendre le phénomène climatique El Niño

Une des théories actuelles pouvant rendre compte de la nature quasi cyclique d’ENSO (El Niño Southern Oscillation) est la théorie dite de "l’oscillateur rechargé déchargé". Selon cette théorie et diverses observations, le Pacifique équatorial (entre 5°N et 5°S de latitude) se recharge en eaux chaudes (de température supérieure à 20 °C) avant l’apparition d’un événement El Niño et s’en décharge durant sa phase mature, ces recharges / décharges se traduisant par des variations du niveau de la mer.

Les auteurs ont mis en évidence que ces anomalies de volume d’eau chaude du Pacifique équatorial sont égales à la somme des transports de masses d’eau à travers les frontières Nord et Sud de la bande équatoriale. Ils ont également démontré que la variabilité de ces transports méridiens à 5°N et à 5°S est principalement due à des ondes de Rossby équatoriales qui sont des ondes océaniques essentiellement engendrées par le vent et se propageant d’est en ouest. En se propageant, ces ondes modifient en effet la thermocline (profondeur de séparation entre les eaux chaudes de surface et les eaux froides des profondeurs) ainsi que le niveau de la mer, générant des anomalies de courants méridiens qui induisent le remplissage (ou la vidange) de la bande équatoriale en eaux chaudes avant (ou pendant) ENSO.

- Déclencher la foudre par laser

L’équipe de chercheurs franco-germano-suisse Téramobile a réussi pour la première fois à créer des micro-décharges dans un nuage d’orage grâce à un laser : un nouveau pas pour déclencher la foudre.

Pour dépasser le stade de la décharge couronne et déclencher des éclairs, il est nécessaire d’allonger la durée de l’ionisation générée par le laser, qui est actuellement limitée à une microseconde (un millionième de seconde). Les chercheurs travaillent donc à mettre au point un laser dix fois plus puissant, qui pourrait voir le jour d’ici deux ans et qui permettrait cette fois de déclencher la foudre.


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16 réactions à cet article    


  • gecko gecko 7 mai 2008 11:52

    euhhh on va me fusiller à l’aube mais ne peut on penser(et cela malggré le coté plus soudain que jamais du relachement de gaz etc) que la terre « réagira » toute seule à cette nouvelle ère de réchauffement climatique comme elle l’a fait par le passé ? (en passant bien sur par des écarts de bien mauvaise augure pour les hommes j’en conviens)


    • Jean Zin Jean Zin 7 mai 2008 12:03

      Bien sûr que la Terre réagira, il s’agit de savoir en quel sens et en combien de temps. On pouvait espérer effectivement qu’il y aurait des boucles de rétroaction négative (nuages par exemple) mais on s’est plutôt rendu compte qu’il y avait des boucles de rétroactions positives qui font "boule de neige" comme la fonte du permafrost et de l’arctique. L’histoire du climat montre que les épisodes de réchauffement avec libération du méthane provoquent des extinctions massives qu’il vaudrait mieux éviter plutôt que de croire à la providence et de continuer de foncer dans le mur...


    • gecko gecko 7 mai 2008 14:30

      Ca c’est certain, j ai jamais dit le contraire ! merci de votre réponse


    • pdeoliveira 7 mai 2008 17:04

      Je ne sais pas trop ce que vous entendez par "la Terre réagira" mais ce qui est certain, c’est que l’activité humaine ne met pas en péril l’existence de notre planète qui a connu et supporté des variations de climat bien supérieures à celle qui s’annonce dans les dizaines d’années qui viennent. Par contre, on peut se demander si l’homme n’a pas tellement modifié son environnement que celui-ci est en train de devenir invivable pour lui-même. Ce n’est pas très "médiatique" de le dire ainsi, mais ce qui est en jeu dans le combat écologiste, ce n’est pas l’avenir de la planète mais bien celui de l’espèce humaine ...


    • Trashon Trashon 7 mai 2008 12:42

      Si j’ai bien saisi on a des scientifiques comme Crutzen qui préconisent de polluer beaucoups plus pour contrer les effets de la pollution ?

      Si on imposait des cours de bon sens à nos scientifiques ?

      Quant à foncer dans le mur, à moins de baser la société sur les besoins en non sur les profits et vu l’impopularité d’une telle évolution, le seul moyen de l’éviter est d’espérer que ces prévisions s’avereront fausses.

       


      • gecko gecko 7 mai 2008 14:31

        Chamonix plage ca va être top !


      • Trashon Trashon 7 mai 2008 15:27

        Après la bronzette, on pourra faire l’ascension des 8807 millimètres du mont blanc en 15 minutes pour prendre l’apéro cool


      • Trashon Trashon 7 mai 2008 15:43

        @ l’auteur,

        Sinon dans le genre aprenti sorcier, de projet tel que HAARP peuvent-ils avoir d’éventuelles répercutions négatives sur le climat ?


      • LE CHAT LE CHAT 7 mai 2008 18:02

        Bravo pour ce très long et instructif article ! la nature finira par triompher , qu’il reste des hommes ou pas après le désastre !


        • Yohan Yohan 7 mai 2008 18:30

          Certes la terre triomphera en expulsant l’homme de la surface du globe. Si Monsieur Allègre a raison, nous ne serions que des moustiques pas bien dangereux. 

          Malheureusement, je pense que notre pouvoir de nuisance est bien plus grand 

           


          • Di Girolamo 8 mai 2008 12:57

            Merci jean Zin de bosser pour nous.

            La grenouille d’Algore est toujours vivante et l’aspect diffus , global et peu immédiatement perceptible de ce danger pour le commun des mortels engagés jusqu’au cou dans leur quotidienneté et encore moins évident pour les politiciens , il suffit de passer une journée avec l’un d’eux pour comprendre que nos dirigeants sont "surbookés" et pas du tout les pieds sur terre , n’incite pas à l’optimisme quant à notre capacité de réaction.

            Un autre élément important , en négatif pour "noyer le poisson" c’est que les associations environnementales se trompent de combat : leur mission étant la protection de l’envirronnement , elles refusent de s’engager sur le coeur du problème qui est sociétal et politique ; et rentrent dans un processus long et négocié : le grenelle , outil peu adapté à l’urence et à la globalité de l’enjeu .

            Nous sommes formatés pour des réponses techniques et sectorielles qui face à une problématique globale et systémique seront innefficcaces . D’autre part personne ne peut croire le message de quelqu’un qui crierait "au feu la maison !" tout en continuant à éplucher ses patates . C’est ce que nous faisons , les patates étant l’ensemble des problèmes, préoccupations sérieuses ou non d’un quotidien que nous ne savons pas transcender , analyser , maîtriser.

            Pourtant c’est bien en analysant , comprennant les logiques en oeuvre dans nos modes d’organisation et qui sont à l’origine des effets climatiques mais pas seulement , qu’on aurait une chance de trouver cette AUTRE société .

             

             


            • Pharaon 8 mai 2008 23:09

              Article très intéressant !

              Est ce le permafrost sibérien ou le sol gelé de l’Arctique qui fond actuellemnt plus vite que prevu ?


              • Jean Zin Jean Zin 9 mai 2008 09:23

                Les 2, hélas, ce qui est logique, ça se réchauffe partout...


              • Lisa SION 2 Lisa SION 9 mai 2008 07:19

                Ca fout les boules vo’tr truc,

                Je suis en train de me construire une maison qui flotte, mais finalement, il va falloir que je modifie mes plans...Il faut, en effet qu’elle flotte sous l’eau... ??? J’y retourne immédiatement ( break de cuivre..).

                Vous qui semblez féru sur le sujet, avez vous une idée des condition athmosphérique du moment, qui ont poussé les mammouth à fuir leur terre glacée de l’Artique, pour s’enfoncer dans le permafrost fondu de la Toundra ?

                 


                • Jean Zin Jean Zin 9 mai 2008 09:21

                  Non, les mammouths venaient de chez nous et sont remontés vers l’arctique en même temps que le temps se réchauffait à la fin de la dernière glaciation (vers -13000 ans).


                • Lisa SION 2 Lisa SION 9 mai 2008 10:14

                  Cela explique donc à quel point le réchauffement est brutal, puisque le sol gélé de la toundra devait être récemment fondu et non encore sec et dur.

                   

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