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Accueil du site > Actualités > Environnement > Home : La polémique

Home : La polémique

 Home : un nouveau film écologique sans intérêt ? Certainement, pas. La beauté des images aériennes nous coupe le souffle et permet d’oublier le creux des commentaires. Car si le constat de la catastrophe est bien posé, on reste perplexe devant les solutions proposées - à savoir : des panneaux solaires, du commerce équitable, des parcs naturels… rien de bien sérieux et sans commune mesure avec l’ampleur des dégâts présents et à venir. Les images du film nous le rappellent : aujourd’hui, des dizaines d’urbanisations géantes engloutissent les ressources drainées de tous les confins de la planète ; des urbanisations où le pétrole et la nature se transforment en gratte-ciels, en confort et en sociétés sans agriculteurs. Le problème est sous nos yeux : la consommation des ressources et le bien-être matériel - l’un ne va pas sans l’autre. D’où mon interrogation : un tel modèle de développement peut-il trouver en s’adaptant un point d’équilibre avec la nature ?
 
On nous dit que certaines sociétés agricoles qui ne connaissaient pas le pétrole ont mal terminé faute de modération, comme dans l’île de Pâques. Quel est le sort qui attend nos enfants ? Le plus funeste sans doute, faute de nous engager dans une nouvelle voie. Car force est de constater que le développement durable est cet apanage de bonne conscience des principaux pays pollueurs au monde. Ce n’est pas la sortie, c’est au contraire l’illusion de la sortie qui permet aux pollueurs de se présenter comme d’indispensables complices pour régler les problèmes qu’ils causent.
 
En définitive, si la question d’une adaptation de notre mode de vie aux équilibres de la terre n’est pas posée, c’est que la réponse est trop évidente : une telle adaptation est totalement impossible. Même en renforçant au possible les mesures écologiques, notre mode de vie provoquera nécessairement les grandes catastrophes climatiques qui nous sont prophétisées.
 
Pourquoi ? Tout simplement parce que notre gourmandise en énergie et en ressources est intarissable. Le développement est une boucle, un circuit, qui s’autoalimente et que les crises ou les mesures vertes ne peuvent que ralentir. En voici quelques exemples : le progrès technologique entraîne le boom démographique qui entraîne à son tour l’explosion de la demande, qui permet à son tour de financer le progrès. Et encore : avant que les milliards d’humains habitants les pays émergeants ne s’équipent en éoliennes, ils feront appel à des énergies moins onéreuses et plus polluantes. Alors que certains peinent à sortir du développement pollué, d’autres bien plus nombreux y entrent de plain-pied. Quant à l’organisation urbaine, elle ne peut être maintenue qu’à l’aide d’un puissant marché et d’un niveau élevé de marchandisation polluante, sauf à provoquer le chômage et la misère pour une partie importante de la population. Le seul espoir pour maintenir ce développement sans catastrophe écologique majeure réside dans une solution technologique miraculeuse : la découverte d’une nouvelle énergie quasi illimitée et non polluante. Cette énergie permettrait le recyclage généralisé et la relocalisation des productions qui sont en fait les seules issues possibles et durables pour n’importe quel système socioéconomique en équilibre avec la nature.
 
L’autre développement consiste à adopter dès à présent et avec la technologie existante, une économie intégralement recyclée et relocalisée. Une telle option est-elle possible ? Certainement, mais au prix d’un recul important de confort et au risque d’être incompris par le public. Qui prendra ce risque ? A notre époque où l’on continue de croire fermement dans le miracle technologique, il ne se trouvera pas grand monde pour quitter les cités et se résoudre à vivre en auto-subistance. Mais demain, lorsque la faillite du modèle développé et de ses remèdes écologiques paraîtra plus évidente, il faudra parier sur d’importantes mobilisations en direction des campagnes. Gageons également que ce nouvel exode urbain provoquera des conflits d’une importance inimaginable aujourd’hui et un bouleversement des références sociales. Après le communisme, tel est à mon sens la nouvelle vague de troubles internes qui commence seulement à se lever en Occident.

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8 réactions à cet article    


  • John Lloyds John Lloyds 10 juin 2009 12:04

    Home ? De bien belles images pour une bien belle escroquerie propagandiste, qui n’ira jamais plus loin que de nous faire fermer le robinet pendant qu’on se brosse les dents. Le très gentil YAB et ses suppôts ont quand même oublié l’essentiel : quid de la croissance, dont l’éradication nécessiterait de mettre à la lourde tous ceux qui tiennent (fermement) le système ?

    Cette propagande ne sera plus un gag le jour où elle indiquera nominativement les responsables et leurs collaborateurs (et il y en a), ce qui ne sera pas demain la veille, puisque c’est « grace » à eux qu’existe ce type de documentaire (et « grace » à eux qu’il reste stérile).
    _______________________

    Alerte Info


    • jcm jcm 10 juin 2009 13:19

      Comme vous je suis très fortement dubitatif sur la possibilité d’un développement réellement durable.

      Sur le film : il a 10 ans de retard sur celui d’Al Gore... dommage !

      Un film qui m’a littéralement endormi comme je l’écrivais, au lendemain de la première projection, sur Agoravox : « Home, des sucreries plein les yeux... ».

      En vérité ce ne sont pas des friandises qu’il nous faudrait si nous envisagions réellement de nous inscrire dans un cycle de développement durable car cela impliquerait une mobilisation mondiale très forte, d’une ampleur bien au delà de nos petits efforts actuels.

      Ce qui nous attend est, par exemple, un océan (déjà largement « plastifié » par des déchets en tous genres) acide essentiellement peuplé de méduses, entre autres réjouissances...

      Mais « Surtout ne choquons pas, « positivons » ! » comme je l’écrivais Lundi, également sur Agoravox.

      Un « recyclage » de l’économie exigerait que l’on sache construire un programme afin de mener ce recyclage avec le minimum de dommages, c’est en quelque sorte ce que demande Gorbachev (a lire dans ce fil, où l’on voit aussi que la frénésie énergivore se soucie bien peu des populations implantées sur des terres qui couvrent des réserves, minérales ou pétrolières).

      Qui s’attache, aujourd’hui, à construire un tel plan ?

      Exit donc le développement durable ..................


      • geko 10 juin 2009 13:32

        Vous avez oublié uns troisième voie possible : L’éradication d’une partie de la population mondiale !


        • Alexandre Genko-Starosselsky Alexandre Genko-Starosselsky 10 juin 2009 15:47

          ... hum... si certains monstres y pensent... ce n’est surement pas à des fins écologiques... car les plus démunis sont certainement la cible de cette « éradication » , ce qui ne règle en rien le problème puisque celui ci est généré par le mode de vie des plus privilégiés...


        • souklaye souklaye 10 juin 2009 16:40

          Entre le commerce de la fin du monde et une tendance à la culpabilité sélective, il y a les divertissements apolitiques.

          Quand on confond prises de conscience et caprices de saisons, on fait d’un film d’un soir une cause nationale, voire obligatoire.

          Entre les opinions biodégradables et les chèques en blanc, autant parier sur le hasard, mais pas sur l’avenir.

          La suite ici

          http://tiny.cc/itGbf


          • olivier cabanel olivier cabanel 10 juin 2009 19:45

            je suis assez d’accord avec vous,
            c’est un peu ce que j’ai dit dans un article paru récemment,
            j’y ajoutais qu’il y avait dans ce documentaire pas mal de contre-vérités :
            yab disait que l’énorme quantité de méthane piégé dans les glaces du pole pourrait venir à s’échapper, et accelerer le réchauffement.
            il oublie de dire que depuis près de deux ans, les scientifiques ont observés plus de deux cent « cheminées à méthane » et que celui ci piégé sous le pergélisol sortait à gros bouillon.
            il évoquait donc du conditionnel, en oubliant qu’on était bel et bien dans le présent.
            ce n’est pas sérieux.


              • bernard29 bernard29 10 juin 2009 23:48

                Qu’est-ce qu’il ne faut pas faire pour faire passer la nouvelle taxe carbone. ??

                marketting écologiste des truands qui nous gouvernent.... Et Arthus Bertrand et Hulot sont les profiteurs des agences de pub à la « Séguala », vendue aux pouvoirs économiques et politiques.

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