Huile de palme : la déforestation va se poursuivre
Le développement des plantations de palmiers à huile est à l’origine d’une déforestation massive en Indonésie et en Malaisie, les deux premiers producteurs mondiaux. Dès à présent, et après avoir favorisé l’essor des économies d’Asie du Sud-Est au prix de cette dévastation, le palmier à huile fait son grand retour en Afrique.
Pour des raisons environnementales en effet, les grands producteurs asiatiques d'huile de palme ne peuvent plus étendre en toute liberté leurs plantations en Indonésie et en Malaisie, qui fournissent les quatre cinquièmes de la production mondiale. Or, la demande en huile de palme des pays du Sud, Chine et Inde en tête, qui consomment plus de 80 % de la production, est en forte progression. Et au Nord, les Etats-Unis et l'Europe accroissent quant à eux leur demande de 13 % chaque année depuis 2000.
L'industrie agro-alimentaire s'inscrit en tête de la demande avec 80 % de la consommation, suivie par l'industrie cosmétique, 19 %, et enfin les carburants, 1 %. La consommation d’un Européen est d’environ 60 kilos/an d’huile de palme, la consommation mondiale s'élevant à une vingtaine de kilos/an par personne.
Cette huile est aujourd'hui la plus consommée au monde (plus de 30 % du total des huiles végétales produites), devant l'huile de soja (24 %), de colza (12 %) et de tournesol (7 %). La production a été multipliée par deux tous les 10 ans depuis 30 ans pour atteindre près de 50 millions de tonnes cette année.
Et suite à la croissance démographique et au développement des agro-carburants dans le monde, on prévoit une augmentation de la demande en huile de 30 % d’ici 2020.
Déforestation
Au cours de la dernière décennie, ce sont chaque année 13 millions d'hectares de forêt qui ont été rasés de la surface de la planète, selon la FAO. Nul ne l'ignore plus, le binôme commerce du bois - exploitation du palmier à huile (Elaeis guineensis) est le premier responsable de ce désastre, orchestré par ces deux industries avec l'agrément des Etats.
Les palmeraies sont des monocultures cultivées sur des terres déboisées et exploitant une main d’œuvre bon marché. Elles surexploitent et empoisonnent les réserves en eau, en utilisant engrais et pesticides. Au bout de vingt ans d’exploitation, il ne subsiste rien qu’un sol dégradé.
Les plantations familiales représentent encore 60 % du secteur des plantations à l’échelle mondiale. Le reste des palmeraies est essentiellement exploité par de grands groupes d’envergure internationale, comme le malaisien Sime Darby, ou l’indonésien Sinar Mas, tous les deux sous le contrôle de capitaux chinois. Les multinationales occidentales de l’agro-alimentaire, comme Unilever (premier consommateur d’huile de palme au monde jusqu’en 2010), Procter & Gamble, Nestlé ou Cargill se sont retirées de la production et font maintenant appel à ces fournisseurs.
L’Indonésie, pratiquement rasée
En Indonésie, 90 % des forêts ont été déboisés à cause du commerce du bois puis de la conversion en palmeraies. Selon une étude de la Banque Mondiale, 1,8 millions d'hectares de forêt vierge y sont rasés chaque année et, toujours selon cette étude, en ce qui concerne l'île de Bornéo, au rythme actuel, l'ensemble des forêts de plaine, hors zones protégées, auront disparu dans les 10 années à venir.
Bien sûr, cette déforestation est responsable de l’expropriation des populations locales, qui les prive de leur principale ressource. Bien souvent, celles-ci n’ont d’autre choix que de céder leur territoire ancestral à des investisseurs étrangers qui s’installent avec l’aide des pouvoirs politiques, voire de l’armée si nécessaire. Les rapports du World Rainforest Movement et les associations comme Survival International font état de menaces, de violences, de violations des droits de l’homme et de destructions de propriétés.
Ces forêts sont pourtant le refuge d’une rare biodiversité (l’Indonésie abrite de 10 à 15 % des plantes, mammifères et oiseaux connus au monde). Certaines espèces animales, dont les emblématiques orangs-outans, les éléphants, et les tigres de Sumatra, sont directement menacées de disparition à court terme.
En dépit de cela, et selon un rapport du WWF, le gouvernement prévoit encore un plan d'extension de 14 millions d'hectares dévolus à la plantation de palmiers à huile, investissant quant à lui 5,6 milliards de dollars pour créer la plus grande palmeraie du monde, d’une superficie de 1 million d’hectares. Et l’Association indonésienne des producteurs d’huile de palme a annoncé que les exportations augmenteront significativement en 2012, tirées essentiellement par les besoins croissants des pays émergents.
L'Afrique, nouvelle frontière pour la culture du palmier à huile
Vaste réserve de terres fertiles, l'Afrique est aussi un grand marché de consommation d'huile de palme, et une tête de pont idéale vers les marchés du Maghreb et d'Europe. Nombre de gouvernements africains approchés par les industriels de la filière sont séduits par les revenus d'exportation potentiels. C'est pourquoi les projets d'implantation se multiplient depuis quelques mois.
Le Singapourien Olam a monté avec le gouvernement gabonais une co-entreprise qui vise à étendre le palmier à huile sur 300.000 hectares. Quant au Malaisien Sime Darby, après avoir obtenu une concession de 63 ans au Liberia, sur une surface équivalente, il envisage de s'implanter également au sud-ouest du Cameroun, où les communautés villageoises craignent la disparition de 60.000 hectares de forêt.
Jusqu'en 1965, le Nigeria était le premier exportateur mondial d'huile de palme, dont il assurait 30 % des exportations mondiales (un tiers de la production totale du pays). Mais, depuis 1985, la Malaisie a pris la première place et le Nigeria est devenu importateur. Aujourd'hui, le gouvernement souhaite relancer la filière mais les investisseurs privés traînent les pieds.
La Côte d’Ivoire possède également une palmeraie vieille d’un demi-siècle, composée de 69 % de plantations villageoises et traditionnelles et 31 % de plantations industrielles. La filière y fait vivre directement ou indirectement plus de deux millions de personnes. Villageois et industriels procèdent en ce moment au renouvellement des palmiers des friches existantes. Avec un rendement de quatre tonnes d’huile de palme par hectare (contre sept à neuf en Asie du Sud-Est), leur objectif est d’augmenter la rentabilité, afin de rattraper celle des pays asiatiques.
Une forte demande intérieure et le faible volume de production par rapport aux géants du sud-est asiatique font que l’huile de palme ivoirienne pénètre difficilement les principales zones d’importations que sont l’Europe, l’Inde et la Chine. Et sur le marché interne et sous-régional, elle subit la concurrence déloyale des huiles importées frauduleusement.
Dans les années 1920, c'est le Congo belge qui abritait la plus grande plantation, celle des frères Lever, qui ont donné leur nom à l'une des plus puissantes multinationales. Aujourd’hui, le palmier à huile revient donc en force en Afrique, d’où il provient, après avoir été implanté en Asie, avec les conséquences que l’on sait.
Greenpalm, RSPO…
L’huile de palme est privilégiée par les industriels pour ses propriétés chimiques et son faible coût par rapport aux autres huiles végétales (soja, colza, arachide), qui s'explique par le rendement du palmier à huile, en moyenne 10 fois plus élevé que celui du soja. Depuis quelques années toutefois, en raison de l’impact négatif des plantations de palmiers à huile sur l’environnement et de sa nocivité lorsqu’on la consomme de manière régulière pendant plusieurs années (voir en fin d'article), elle suscite une méfiance grandissante.
Aussi, certains industriels de l'agro-alimentaire feraient à présent leur mea culpa. Difficile à croire toutefois… Ces géants de l'alimentation adhèrent au programme GreenPalm, qui leur propose de reverser la (plutôt modique) somme de 1 dollar par tonne d’huile utilisée pour la lutte contre la déforestation. Moyennant cela, l'entreprise peut continuer à utiliser l'huile de palme et s'offrir un label à moindre coût qui mentionne sur l'emballage : "Participe à la lutte contre la déforestation". Il n'est donc pas indiqué "huile de palme durable", une nuance qui échappe souvent au consommateur. Une fois de plus, on joue sur les mots.
Par ailleurs, dès 2004, les acteurs du secteur et les ONG se sont réunis au sein d’une Table ronde sur l’huile de palme durable (RSPO) pour définir les critères de durabilité de la production d’huile de palme : il s’agissait d’un premier pas en vue d’une régulation de ce marché. Il faut néanmoins en signaler les plus grands absents, sans qui aucune avancée ne se pourra se faire : les entreprises agro-alimentaires chinoises et les gouvernements en général.
Selon certaines associations, cette RSPO s’apparente à du greenwashing. En 2009, Greenpeace a notamment publié un rapport intitulé "La face cachée de Sinar Mas", dénonçant les pratiques illégales de cette entreprise en matière de déforestation (absence de permis de déboiser, aucune évaluation des impacts environnementaux, destruction de tourbières), dans le même temps que deux autres de ses filiales, dont Smart visée par l’ONG, participent à la RSPO.
La CTB, l'Agence belge de développement, concluait ainsi son rapport de 2011 sur l’huile de palme dans les échanges mondiaux : "Aujourd’hui l’huile de palme certifiée durable ne représente que 7,5 % du marché. Son avenir s’avère radieux, mais la question est de savoir quelle sera la qualité de cette certification. L’huile 'ségréguée' - toute l’huile est certifiée et tracée du début à la fin de la chaîne -, la seule à pouvoir être vraiment qualifiée de durable, ne représente qu’une petite part de ces 7,5 % et peine à trouver preneur. Quant à l’huile de palme ‘bio’, il s’agit d’un marché très étroit (0,2 %). Enfin, l’huile de palme ‘équitable’ est, pour sa part, encore très loin d’inonder le marché. Dans un communiqué du 18 mars 2010, FLO, qui rassemble de nombreuses organisations de labellisation 'équitable' dont Max Havelaar, explique qu’il n’existe pas de standard de commerce équitable pour l’huile de palme qui soit reconnu internationalement. Ceci n’empêche toutefois pas des produits alimentaires reconnus équitables pour d’autres éléments de leur composition d’en contenir."
Le rapport Arnaque à l’huile de palme durable (2011) des Amis de la Terre indique : "Aujourd’hui, force est de constater que les importations européennes d’huile de palme ont continué d’augmenter malgré les annonces de quelques entreprises et de la grande distribution d’en arrêter la commercialisation. [...] Le principal moteur des importations d’huile de palme en Europe est en réalité le développement des agro-carburants". Selon cette association, "l’essentiel de la production européenne de colza et de tournesol a été détourné vers les agro-carburants et, en substitution, les industriels de l’agro-alimentaire et d’autres secteurs ont augmenté les importations d’huile de palme."
Dès lors, concernant l’huile de palme 'durable' et la RSPO, les critères sont trop faibles et "[...] cette certification est d’abord utilisée pour ne pas remettre en cause le problème fondamental de surconsommation dans les pays riches." Plutôt que de tabler sur l’illusoire développement d’une monoculture d’exportation durable, il serait sage, pour les pays occidentaux, de réduire leur trop grande consommation d’huile, mais également de revenir à des huiles plus locales.
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"Huile végétale : 15 % !"
L'avis du nutritionniste
Souvent mentionnée comme 'huile végétale', l’huile de palme est présente dans les cosmétiques, les savons et détergents, mais surtout dans une quantité impressionnante d'aliments préparés tels que les pizzas, les viennoiseries, les biscuits et pâtisseries, les céréales petit-déjeuner et barres de céréales, les confiseries, les pâtes à tartiner…
Pour les industriels de l’agro-alimentaire, cette huile dispose en effet de deux immenses atouts : son faible coût, et sa texture semi-solide (crémeuse) à température ambiante. Une propriété particulièrement intéressante, car pour obtenir des viennoiseries et autres biscuits moelleux et fondants, il est nécessaire de les préparer avec une matière grasse semi-solide. En effet, si l’industrie utilisait des huiles totalement liquides (à température ambiante), ces aliments paraîtraient secs, les pâtes à tartiner seraient liquides, etc.
La consistance d’une matière grasse à température ambiante dépend de sa composition en acides gras : plus elle contient d’acides grassaturés (AGS) - pour schématiser, les "mauvaises" graisses -, plus elle sera solide. Ainsi, l’huile de palme contient 50 % de ses graisses sous forme d’acides gras saturés, le saindoux 40 %, le beurre 65 %, l’huile de coprah (coco) 90 % . Par contre, les huiles liquides contiennent majoritairement des acides grasinsaturés (qui ont un effet neutre à positif sur la santé), telles que l’huile d’olive qui contient seulement 15 % d’AGS, l’huile de tournesol 11 %, ou l’huile de colza 8 %.
L’industriel n’a donc pas énormément de choix pour plaire au palais du consommateur :
Soit il utilise du beurre, onéreux, et contenant 50g. d’AGS par 100g.
Soit il utilise des huiles liquides, majoritairement insaturées, qu’il doit hydrogéner. Ce processus vise à transformer les acides gras insaturés en AGS, solidifiant ainsi la matière grasse (et augmentant évidemment la proportion d’AGS).
Soit il préfère l’utilisation d’une huile à texture semi-solide, comme l’huile de palme ou de coprah.
Ces trois options mènent de toute façon à une proportion d’environ 50 % d'AGS dans les matières grasses incorporées aux aliments.
Comme nous venons de le voir, il est indéniable que l’huile de palme contient beaucoup d'AGS. Le problème vient en outre de la piètre qualité et de l'omniprésence de cette huile dans les aliments décrits plus haut. D’autant que ces derniers ne nous apportent pas les vitamines, sels minéraux, acides gras essentiels et autres précieux nutriments dont nous avons besoin. Il faudrait de plus veiller à l’absence de matière grasse partiellement hydrogénée dans les préparations, car elles peuvent se révéler nocives pour la santé.
C’est à nous, consommateurs, de réaliser que la plupart de ces produits contiennent bien trop de graisse, et qu’il faut donc en limiter la consommation, qu’ils soient préparés tant avec de l’huile de palme, que de coprah, ou encore avec du beurre ou autre.
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L’étiquetage des aliments avec « huiles végétales » est une tromperie sur la présence d’huile de palme, sans compter les aliments comme le chocolat où rien n’est précisé . la forte demande est due à l’objectif d’alimenter le marché des agrocarburants, promu par les gouvernements ( au détriment du marché alimentaire pour le colza et le tournesol ) .
Les multinationales et les fonds spéculatifs se sont jeté sur ce produit, vu le rapport juteux investissements / bénéfices . A port-la-Nouvelle (Aude), la multinationale malaisienne Sime Darby installe une usine, cofinancée par la Région, pour le stockage et le conditionnement de cette huile . Un projet qui soulève une très forte opposition de la population .
Il est clair que nous n’avons jamais eu autant besoin d’une écologie dans nos gouvernements. Il faut en finir avec ces lobbies de : la pharmacie, l’agro-alimentaire, la chimie etc... car ce n’est ni plus ni moins que de crimes contre l’humanité dont ils sont responsables.
Et, les politiques qui cautionnent cela ou ferment les yeux... devront rendre compte de complicité voir de duplicité.
On ne peut pas laisser des maladies comme le cancer se développer ainsi, on ne peut pas laisser nos enfants de plus en plus allergiques à tout... ce n’est plus d’une prise de conscience dont il va s’agir bientôt mais de la sauvegarde de l’espèce ou des espèces maminfères...
Merci pour cet article, très clair ! Je n’aurais pas mieux dit ! Après c’est à chacun de faire la démarche en faisant au maximum attention d’éviter d’acheter ou de consommer des « produits » où l’huile de palme n’entre pas dans leur composition ! Choix assez difficile parce que l’étiquetage n’oblige pas à indiquer en clair l’huile de palme ...
Mais il faut à tout le moins essayer d’éviter ... j’en parle très souvent autour de moi et cela génère beaucoup de scepticisme et de moqueries ...
Chaque bouts est important, tout le monde aura compris que la culture intensive d’huile de palm est principalement incité et financé par des lobbys pour l’agrocarburant (qui n’est en rien une solution, bien au contraire), c’est seulement un exemple de plus qui nous incite à changer de paradigme, la fin des matières premières et la diminution des ressources primaires sont le principal mur qui se dresse devant nous à court/moyen terme, qu’on le veuille ou non, nous allons devoir changer de système, soit en choisissant notre avenir, soit en le subissant....
Merci pour cet article, très clair ! Je n’aurais pas mieux dit ! Après c’est à chacun de faire la démarche en faisant au maximum attention d’éviter d’acheter ou de consommer des « produits » où l’huile de palme n’entre pas dans leur composition ! Choix assez difficile parce que l’étiquetage n’oblige pas à indiquer en clair l’huile de palme ...
Mais il faut à tout le moins essayer d’éviter ... j’en parle très souvent autour de moi et cela génère beaucoup de scepticisme et de moqueries ...
Le mieux c’est de renoncer une bonne fois pour toutes aux produits alimentaires déjà préparés qui sont en général nocifs pour la santé et très coûteux.
L’étiquetage des aliments avec « huiles végétales » est une tromperie sur la présence d’huile de palme, sans compter les aliments comme le chocolat où rien n’est précisé . la forte demande est due à l’objectif d’alimenter le marché des agrocarburants, promu par les gouvernements ( au détriment du marché alimentaire pour le colza et le tournesol ) .
Les multinationales et les fonds spéculatifs se sont jeté sur ce produit, vu le rapport juteux investissements / bénéfices . A port-la-Nouvelle (Aude), la multinationale malaisienne Sime Darby installe une usine, cofinancée par la Région, pour le stockage et le conditionnement de cette huile . Un projet qui soulève une très forte opposition de la population .
Très bon article ce me semble. Vos sources sont probablement issues des assossiations militantes et/ou de votre profession mais en ce qui concerne la nutrition quelles seraient les références ?
De ce que j’ai compris de la littérature les huiles insaturées sont recommandable du point de vue de la prévention des maladies cardio-vasculaires ; en revanche elles seraient source, par leur plus grande réactivité (chaînes carbonées doubles ou triples), de produits dégradés cancérigènes.
Très bon rappel. je pensais que la part utilisée en carburant dépassait de beaucoup les 1%.
Pour mémoire, les huiles insaturée sont naturellement « cis » . lors de l’hydrogénation, une partie des acide gras se transforme en « trans ». Ces acides grand « trans » sont suspectés d’être encore plus atherogènes (encrasseur d’artères) que les acides gras saturés.
du coup l’huile de palme serait « moins pire » que les huile partiellement hydrogénée
Il est clair que nous n’avons jamais eu autant besoin d’une écologie dans nos gouvernements. Il faut en finir avec ces lobbies de : la pharmacie, l’agro-alimentaire, la chimie etc... car ce n’est ni plus ni moins que de crimes contre l’humanité dont ils sont responsables.
Et, les politiques qui cautionnent cela ou ferment les yeux... devront rendre compte de complicité voir de duplicité.
On ne peut pas laisser des maladies comme le cancer se développer ainsi, on ne peut pas laisser nos enfants de plus en plus allergiques à tout... ce n’est plus d’une prise de conscience dont il va s’agir bientôt mais de la sauvegarde de l’espèce ou des espèces maminfères...
Moui en fait vous dénoncez sans dénoncer. Les palmiers produisent 10 fois plus d’huile à l’hectare que le soja dites vous. Il est donc évident qu’il ne faut surtout pas tenter de remplacer l’huile de palme par de l’huile de soja ou de tournesol dans les produits alimentaires, sans quoi le problème va s’accroitre de manière explosive. Vous êtes bien conscient que s’il faut remplacer 1 ha de palmier par 10 ha de soja, il faudra bien plus de terres cultivables (et je ne vous parle même pas du beurre...). La déforestation est un problème, c’est vrai, mais il faudrait quand même préciser quel pourcentage de la déforestation est du aux palmiers. Vous oubliez un peu vite les élevages bovins et ovins, les céréales, l’indsutrie du bois... Je n’ai pas la solution, mais ce n’est certainement pas en stigmatisant l’huile de palme que ce problème va se résoudre. La demande mondiale de graisse explose, et je trouve qu’il n’est pas raisonnable de prendre le problème par un seul bout comme vous le faites
Chaque bouts est important, tout le monde aura compris que la culture intensive d’huile de palm est principalement incité et financé par des lobbys pour l’agrocarburant (qui n’est en rien une solution, bien au contraire), c’est seulement un exemple de plus qui nous incite à changer de paradigme, la fin des matières premières et la diminution des ressources primaires sont le principal mur qui se dresse devant nous à court/moyen terme, qu’on le veuille ou non, nous allons devoir changer de système, soit en choisissant notre avenir, soit en le subissant....
Chaque bout est important, effectivement. Mais je vous invite à regarder le problème dans son ensemble. C’est bien gentil d’accuser le lobby agroalimentaire, mais il faut proposer une solution alternative. Dire : « les produits avec de l’huile de palme, c’est pas bien », c’est un peu court. L’article le dit très bien : la consommation de matière grasse explose, et particulièrement dans les pays « émergents ». Quelle solution ? Ce n’est certainement pas de remplacer l’huile de palme par une autre huile, car alors LE DESASTRE ECOLOGIQUE SERAIT ENCORE PLUS GRAND.
j’en suis bien conscient, la définition de « changement de paradigme » a un sens, nous nous retrouvons face à une équation extrêmement complexe, le système actuelle (dans sa globalité) ne marche que si il y a de la croissance par la compétition.... ce système, pour tout ceux qui ont un minimum de recul et d’objectivité, est mort... il est mort !! , la question est comment allons nous gérer la progressive symbiose de milliards d’êtres humains avec son environnement !
Les crises systémiques que nous subissons ne sont que les premières conséquences d’une idéologie basée sur la croissance et le profit, cela ne tiendra pas longtemps, toutes les idées de nouveaux systèmes alternatifs sont les bienvenus, tous les réflexions existentielles sont nécessaires....
Très bon article, la courbe statistique des cas de cancers dénombrés va avoir une tendance à croitre pour au moins deux décennies. L’hygiène alimentaire étant ce qu’elle est et les pratiques des industriels du secteur agros étant ce qu’elles sont ; la demande commencera à baisser lorsque le nombre de consommateur se réduira par la multiplication des cas cancéreux. Il faudra probablement attendre un désastre sanitaire à l’échelle du monde pour que ça bouge. Il sera cependant bien trop tard pour la flore et la faune qui entre temps auront été dévastées. A moins d’une prise de conscience comme celle des japonais vis à vis du nucléaire.
Nous n’arrêterons cet appétit insatiable de ces compagnies que lorsque la planète n’en pourra vraiment plus. Aujourd’hui, leurs moyens sont trop puissants et notre envie de nous y opposer n’est pas assez forte et trop dispersée. Alors ils en profitent et rien ne les arrêtent.
Bien que je ne sois pas du tout spécialiste dans ce domaine, je vais me faire l’avocat du diable, juste pour montrer que tout ceci est très discuté.
Le Crirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement), est un organisme a priori respectable, qui dépend du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche. Est-il infiltré par des lobbies de l’agro-alimentaire ? Je n’en sais rien, mais sur son site on trouve l’article suivant http://www.cirad.fr/actualites/toutes-les-actualites/articles/2010/science/huile-de-palme-et-idees-recues (Huile de palme : les idées reçues ont la peau dure...), qui conteste totalement l’article d’AniKoreh.
Pour répondre à Thomas, il faut savoir que le CIRAD possède une entreprise (palm élite ) qui est leader mondial dans la vente de palmiers à huile !! Donc l’article n’est pas très neutre, en plus d’être de très mauvaise foi ! L’article, très bon, se rapproche bien plus de la « réalité »
A propos du CIRAD, je m’apprêtais à faire cette nécessaire mise en perspective.. Merci alors à Panda68, a qui ceci n’avait pas échappé.
J’ajoute que, durant mes recherches, j’ai bien entendu consulté plusieurs pages de cet organisme mais, devant la concordance des informations recueillies ailleurs, j’ai finalement écarté, comme suspect, l’organisme en question de mes sources.
Ainsi, je voudrais assurer les lecteurs que tous les chiffres qui se rapportent aux superficies déforestées et dévolues aux palmeraies en Asie du Sud-Est et en Afrique, ainsi que ceux qui se rapportent aux volumes de production et de consommation dans le monde, sont recoupés à plusieurs sources institutionnelles a priori fiables, telles la FAO, la Banque Mondiale, ou encore la Coopération technique belge (CTB). Bien entendu, je me suis également intéressé aux rapports produits par les leaders du milieu associatif (cités dans l’article), tels le WWF, Greenpeace, et les Amis de la Terre.
Dès qu’une alarme sonne, elle est « très discutée » ! Concernant le CIRAD, organisme public à caractère industriel et commercial, les « infos » diffusées sur son site ne viendront pas contredire ce pourquoi il a été créé. D’autre part, il faut savoir que la recherche en agronomie n’a rien de philanthropique. Idem de l’INRA. Quand on parle de développement, c’est celui de l’agro-industrie et rien d’autre. Il n’y a pas de paysans dans ce système qui nécessite une production concentrée, standardisée et constante. Cela s’appuie sur une biotechnologie qui induit l’éclatement du concept même de l’agriculture avec des répercussions inimaginables à notre échelle (le fameux « on ne nous dit pas tout » d’une certaine humoriste prend ici tout son sens).
Les assertions concernant une « filière certifiée » s’appuient sur une communication très cadrée où l’on nous montre « les petits producteurs » qui travaillent le lopin familial pour fournir le marché mondial quand en réalité, ceux-là fournissent le marché local. Ceux qui se laissent séduire par les sirènes des cartels finissent en réalité au cimetière comme les « petits producteurs » du coton en Inde ou au mieux affamés comme les paysans brésiliens, devenus esclaves du soja en Amazonie.
En conclusion, dans le cadre d’une
exportation massive, la filière dite équitable ou certifiée de l’huile de palme
(et huile de palmiste) est donc une hérésie quand on sait qu’elle ne sert qu’à
masquer le désir de maximaliser les profits de l’industrie, en se parant des oripeaux de la bonne conscience. Bien des
ONG prônent cette filière au prétexte qu’elle pourrait faire vivre les
« petits producteurs », c’est se moquer du monde.
« Le rapport des
Amis de la Terre souligne notamment que dans les trois dernières années, le
gouvernement du Ketapang(3) a concédé des permis pour des plantations d’huile
de palme sur 40% de la surface du district, en violation des lois pour protéger
les forêts, l’environnement et les populations locales. 39 des 54 permis sont situés
sur 400 000 hectares de forêts protégées, incluant un parc national où vivent
des orangs-outangs, menacés d’extinction. Au total, les permis couvrent 1,4
million d’ha au Ketapang...
Ce qui pose problème pour l’ONG c’est le fait que ces
violations légales proviennent également (pour 43 %) de compagnies membres de
la « La Table ronde pour la production durable d’huile de palme » (Roundtable
for Sustainable Palm Oil - RSPO) pourtant fondée par l’organisation
de protection de la nature WWF.
Pour une vision
plus globale et être averti de ce qui se passe actuellement, on peut consulter le
site : http://www.sauvonslaforet.org,
association basée à Hambourg mais lecture en français.
De même, il est utile de
bien faire la distinction entre le produit brut : l’huile de palme
utilisée par le pêcheur brésilien pour faire frire son poisson et le produit
technologique répandu dans les cantines et restos de tous les pays occidentaux, très éloigné du premier.
Il faut aussi rappeler que la culture
intensive aujourd’hui = hybride et non ressource naturelle.
Pour clore ce point, je terminerai par ces mots de Kostas Vergopoulos dans le numéro 105 de la revue des sciences sociales publiée par l’UNESCO :
« l’agriculture ne s’industrialise pas, comme certains l’attendaient depuis longtemps, mais elle est remplacée par l’industrie. L’agriculture capitaliste ne triomphe pas, mais c’est l’industrie qui se substitue à toute forme d’agriculture, capitaliste ou familiale. »
Pour revenir au sujet de la déforestation et de la nutrition :
Les
groupes miniers qui s’accaparent des territoires inviolés, oh c’est horrible
mais bon… les bois précieux dilapidés, oh c’est horrible mais bon… la culture
du soja en Amazonie, oh c’est horrible mais bon… l’urbanisation croissante, oh
c’est horrible mais bon… Tous ces arbres abattus sont pour certains
remplacés par des rangées de pin en
Europe ou des rangées de palmiers à huile hybrides en Asie du Sud-est. Même en
les qualifiant de « forêts de substitution », le compte n’y est pas
puisque 13 millions d’hectares de forêts « normales » (je ne dis même pas « primaires ») disparaissent néanmoins
chaque année dixit un expert du CIRAD (article du Monde). J’ai pris leurs
chiffres pour ne pas être taxée d’activiste partisane. Rappelons que le CIRAD ne lutte pourtant pas pour la Décroissance, se proposant même de créer le palmier à huile du futur !
Au final, dans un tel contexte
d’indifférence marquée à l’égard du problème de la déforestation au niveau
mondial, la mobilisation des occidentaux
sur l’huile de palme mériterait tout un article tant elle a été rapide et
efficace. Si elle a trouvé un tel écho, c’est d’abord à cause de ses
conséquences sur la santé, très habilement mises en avant mais fausses
partiellement, ensuite parce que les moyens de rétorsion sont simples à mettre
en œuvre.
Le combat
n’est pas terminé. Tandis que de nombreuses marques ont décidé d’investiguer le
segment « sans huile de palme » paradoxalement, les industriels du bio
n’ont aucun scrupule à l’introduire dans leurs produits déjà très chers, ce qui
est une double imposture.
A propos des graisses :
Les biscuits sont au
beurre en Normandie, au saindoux en Andalousie… L’hécatombe de maladies
cardio-vasculaires ou de cancers est trop complexe et trop récente pour
l’attribuer à nos traditions culinaires. Difficile de croire à de bonnes ou
mauvaises graisses tant que l’on fait l’effort de préparer soi-même sa cuisine
avec des ingrédients de base archi-connus et naturels. Même l’huile de palme n’est pas à
bannir en tant que telle. Elle n’est sans doute pas un poison pour nos artères
si elle est utilisée non transformée et dans le cadre d’une alimentation
spécifique puisqu’elle intervient dans de nombreuses traditions. Chaque culture
a su tirer parti de ce que lui offrait son environnement. Si je veux cuisiner
chinois, j’utiliserai aussi de l’huile de sésame par exemple, si je veux
cuisiner indien, j’utiliserai du ghee, de l’huile de cocodans les îles sous le vent et dans certains
coins d’Afrique, d’Asie ou autres, j’utiliserai cette belle huile orange qu’est
l’huile de palme… mais ce ne sera pas pour cuisiner des plats européens. En revanche, la margarine : belle « graisse d’usine » continue à prospérer dans nos rayons.
Vous écrivez : La consommation d’un Européen est d’environ 60 kilos/an d’huile de palme.
Je doute que ce chiffre soit juste. Cela correspondrait à un nombre de Kcalories par jour peu crédible.
Démonstration :
1kg d’huile fournit 9 000 Kcal 60 kg en fournissent donc 60 x 9 000 Kcal, c’est-à-dire 540 000 Kcal ! Divisons ce nombre de Kilocalories dans une année par le nombre de jours pour connaître la consommation quotidienne moyenne : 540 000 Kcal / 365jour = 1479 Kcal / jour.
Cela représenterait la principale source de Kcalories de l’alimentation. C’est pourquoi ce chiffre me semble fantaisiste.
Bonjour Giordano ! (Eh oui, c’est bien la Terre, la planète ! Et non le Soleil ! )
Chiffre extravagant, vous en convenez !
Eh bien, ce sont les chiffres cités.. ! La consommation alimentaire traditionnelle moyenne (donc, essentiellement en Afrique) - c’est-à-dire, hors les préparations industrielles, les savons, détergents, cosmétiques, etc - tournant autour des 20 kilos/an, paraît-il.. Dès que j’ai un peu plus temps, je vous retrouve les liens, promis !
« (..) Dans les pays occidentaux, la consommation moyenne d’huiles et de graisses s’élève à environ 50 kilos par an. En Chine, Indonésie et Inde, elle atteint seulement 15 kilos.Cependant, ces pays abritent un tiers de la population mondiale. Dès lors, le mouvement de rattrapage potentiel est énorme. La consommation annuelle de graisses et d’huiles devrait en effet pouvoir progresser de plus de 3% au cours des vingt prochaines années. Cela signifie 60 millions de tonnes de production supplémentaire nécessaire, soit moitié plus que la quantité actuelle. (..) »
Même avec le lien, je n’y crois pas. Il est possible qu’il y ait une ambiguïté avec le terme « consommation ». Il est pour moi synonyme d’ingestion. Et je ne trouve pas cela crédible. Par contre, il se pourrait que ces 50 kg correspondent à la masse utilisée par personne, sans que la totalité soit nécessairement ingérée. En particulier, si on compte les huiles de fritures, on obtient une bonne quantité d’huile qui bien qu’utilisée n’est en grande partie pas ingérée. Le nombre de litres d’huiles de tournesol que j’achète tous les ans pour me faire des frites ne correspond pas à la quantité d’huile de tournesol que j’avale, loin s’en faut, heureusement.
Je sens que je vis encore collectionner les votes négatifs, mais je souhaite encore ajouter un p’tit quelquechose. En ce moment il est de bon ton (c’est du moins mon ressenti) d’être anti huile de palme. Comme il est de bon ton d’être anti-aspartame. Dans ce type de cas, il me semble nécessaire de se poser la question : la réponse n’est elle pas trop simpliste en regard de la complexité des questions posées ? Là je lis : " L’huile de palme est privilégiée par les industriels pour
ses propriétés chimiques et son faible coût par rapport aux autres
huiles végétales (soja, colza, arachide), qui s’explique par le
rendement du palmier à huile, en moyenne 10 fois plus élevé que celui du
soja.« , ce qui signifie, sans contestation possible, qu’il n’est pas souhaitable de remplacer l’huile de palme par une autre huile, en tous cas d’un point de vue écologique (mais si je me goure, il faut me le dire, au lieu de voter bêtement moins), puisqu’évidemment il faudrait 10 fois plus de surface de soja que de palmier pour produire la même quantité d’huile. D’autre part, il est dit assez clairement dans l’article que les industriels modifient la nature des autres huiles pour les rendre »intéressantes" d’un point de vue technique, ce qui a pour conséquence de les rendre aussi voire plus nocives que l’huile de palme. Donc je vous pose cette question : le combat n’est il pas plutot de réduire cette consommation extravagante de graisse ? Savez vous qu’il y a de l’huile dans le pain de mie, par exemple ?
Une seule solution à l’échelle individuelle : limiter sa consommation de cosmétiques au strict minimum, et celle de la malbouffe en lisant la composition et ses astuces (« huile végétale »).
C’est l’avis d’un nutitionniste de la vieille école.. les acides gras insaturés ne sont pas au pire « neutres » pour la santé. L’excès d’omega 6 (il y en a partout), malgré son statut d« ’insaturé », est vu par beaucoup de spécialistes comme un fléau sanitaire.
un petit retard dans la re-re réponse. Concernant l’article du Cirad concernant la déforestation je crois bien qu’ils jouent sur le mot forêt primaire et sont dans l’estimation basse de la déforestation due à l’huile de palme. Mais je voudrais bien savoir quelles sont les causes de déforestations totales entre les feux, les coupes illégales, le bois etc... Cela serait peut-être plus instructif comme comparatif !