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Il s’est dit des choses aux assises nationales du développement durable de Toulouse

Quelque chose est en train de se modifier dans les propos de ceux qui dirigent les politiques territoriales. Ils savent comme les risques liés à la crise écologique sont avérés, ils veulent du concret, ils veulent des actes.

Les sixièmes assises nationales du développement durable (ANDD) se sont passées à l’hôtel de région Midi Pyrénées, en plein cœur de Toulouse. Quelques piliers historiques de l’Education à l'Environnement et au Développement Durable (EEDD) nationale étaient là. Annick Delhaye vice présidente de la région PACA et pilier de l’Espace National de Concertation (ENC)…des historiques de la lutte des collectivités pour le DD, Renan Dantec (fraîchement élu sénateur), Guy Hascouet, Jean-François Caron (qui était des assises de Lille en 2000), Marie-Noëlle Lienemann…d’autres pointures… Brice Lalonde (aussi des premières assises de l’EE), Pierre Radanne, Riccardo Petrella …

 en 2013 ce sera à Marseille

 Nous étions mille et il y a eu plus de mille contributions. Succès indéniable, très bonnes animations. Deux tables rondes d’ouverture intéressantes, atelier intéressant en ce qui concerne l’éducation, dans deux ans en 2013 ce sera à Marseille organisé par la région PACA, prenons nos tickets. Les liens avec les Assises de l’EEDD dans deux ans, seront sans doute encore plus forts que cette année.

 « ce qui s’est dégradé, c’est la confiance »,

 Elle est allée fort d’entrée Laure Noualhat journaliste à Libération et animatrice de la première table ronde. Ses premiers mots ont été pour dire qu’« à Libé ils préféraient parler d’environnement et d’écologie plutôt que de développement durable », ça devrait faire plaisir à quelques uns. On a vu Jean-Louis Etienne le tarnais de Vielmur par skype depuis ses glaces lointaines. Il traite l’homme de « mutant surdoué » et de « piètre recycleur ». Il a beaucoup insisté la dessus, il faut qu’on devienne des « recycleurs ». Elisabeth Pastor-Reiss conseillère en DD dit que : « chacun d’entre nous peut changer le système depuis là où il est », « ce qui s’est dégradé, c’est la confiance », « un scepticisme monte », « le moteur n°1 des français c’est eux-mêmes, c’est l’égologie » mais « la compréhension de l’interdépendance augmente », « on rentre dans des modèles d’autrement, de mieux et moins de plus », « ça bouge sur les transports en commun ». Elle insiste sur le mot « partage ».

 « je suis d’origine pauvre et j’ai des souvenirs de joie de vivre »,

 Christiane Taubira avec sa passion toujours aussi vive, nous a sorti de l’ordinaire. Elle prononcera une des phrases les plus fortes des deux jours : « je suis d’origine pauvre et j’ai des souvenirs de joie de vivre », j’ai dit à ma voisine que c’était indécent, elle a hésité entre rire et effarement. CT dira aussi : « il y a des gisements d’emplois dans la connaissance de la biodiversité » et « il faut que nous changions de paradigme culturel » oui, oui, oui, elle a même osé un éloge de l’Etat…Martin Malvy le président de la Région est très clair : « on va dans le mur si on ne change pas », « il faut mettre l’accent sur le concret de l’action » ha ! fin du hors sol ?

 « le monde est indivis »

 Dominique Dron à rappelé à propos de nos capacités de changement que « la construction européenne était improbable…mais qu’il y avait des gens qui n’avaient plus envie de ça ». Pour dire que ça vient des gens, ceux qui n’avaient plus envie de la guerre ont fait l’Europe, sous entendu ( ?) a nous de voir de quoi on n’a plus envie, pour construire plus que dénoncer toujours…Un autre intervenant dira « briser cette idée de développement matériel »…un autre : « DD= équité et éthique »…puis : « le monde est indivis » ça vient de d’Amartya Sen prix Nobel d’économie qui a été cité. L’interdépendance ce vieux principe de l’écologie à l’air d’enfin trouver sa place dans les consciences.

 des gens qui ne se prennent pas trop au sérieux !

 Lors de la table ronde n° 2 Jean-François Caron dira : « Quand on a de bonnes racines, on a confiance en l’avenir ». Après il semble s’adresser aux éducateurs que nous sommes : « l’intérêt général ne tombe pas du ciel, on le construit ». Véronique Marendat du réseau Cittaslow et maire de Segonzac (Charente) dit : « le bio quand il est produit à proximité, il est à la portée de toutes les bourses ». Gérard Poujade maire de Le Séquestre et conseiller régional MP nous a fait un superbe show, le rire a trouvé sa pleine place dans les assises et c’était bon. Que c’est agréable de trouver en tribune des gens qui ne se prennent pas trop au sérieux !

 « ils veulent faire partie d’une communauté, pas d’un marché »

 D’ailleurs Riccardo Petrella dira sa satisfaction de voir que « le DD devient théâtral ». Puis : « on essaie de revivre pas mieux, mais en confiance » encore elle la confiance, « on nous a réduit à devenir consommateur, on n’est plus citoyen, on est consommateur…on ne fait pas communauté ». Et enfin on entend parler des indignados : « ils veulent faire partie d’une communauté, pas d’un marché ». Denis Cheissoux qui animait ce moment dira : « d’ici quelques années on aura la décentralisation énergétique, ça va aller plus vite qu’on imagine ». Une participante parlera de l’expérience d’Aubagne où ils appliquent la gratuité des transports en communs. Ils en sont à 34% de personnes transportées en plus, beaucoup de jeunes et il y a une baisse de la délinquance. Pascal Cafin député européen nous propose de retenir les trois lettres VIN avec V pour valeurs dont le fait d’être fier de son passé, I pour intérêt, on change dans son intérêt et N pour norme, par exemple on peut interdire le chauffage électrique.

 « transformation radicale de l’acte d’apprendre »

 L’atelier 13 consacré à l’éducation était présidé par Nicole Belloubet vice présidente de la région Midi-Pyrénées, je l’animais au nom du CFEEDD. NB a posé la question clé d’entrer : « Comment former 9 milliards d’être humains ? »  Oui c’est bien ça la question, 2050 c’est bientôt, c’est sans doute cette introduction qui me fera lui glisser dans l’oreille en fin d’atelier qu’on pourrait se mettre au chantier de la définition d’un projet éducatif mondial. Elle n’hésite pas quant à l’Education nationale qui pour elle : « doit être totalement revisitée » elle parle « d’un fonctionnement qui n’est plus adapté aux enjeux », elle voudrait de la « souplesse, une ouverture très large »…Après avoir posé le cadre de l’atelier qui parlait quand même d’une « transformation radicale de l’acte d’apprendre ». Nous avons écouté Haidar El Ali qui plante des millions de pieds de palétuviers pour reconstituer les mangroves du Sénégal. Désolé de devoir peut-être en décevoir quelques uns mais suite à une question de la salle, il nous a dit que : « la grande muraille verte, c’était un éléphant blanc !… je suis allé trois fois sur le site, je n’ai jamais rien vu ! ». Après ERDF a présenté une expérience de récupération d’ordinateur et une asso de micro entreprise a aussi eu la parole en introduction. Dans la discussion nous avons abordé la création de l’Espace National de Concertation et celles des Espaces de Concertation pour l’EEDD dans les territoires. La salle a parlé d’émancipation mais aussi du dressage que présentait parfois l’acquisition des éco gestes, de l’importance de la gouvernance, du besoin d’un observatoire national pour l’EEDD…Je ne sais pas pourquoi aucune question n’est venue sur la marchandisation de l’EEDD avec les appels d’offre, question clé pourtant.

 un mur de Berlin avec la grande distribution et la publicité 

 Le vendredi matin la première table ronde c’était restitution des ateliers. On a abordé l’expérience de covoiturage instantané de Moissac   puis la question des circuits courts ce qui sera l’occasion de la deuxième grande phrase des assises : « Entre producteurs et consommateurs on a construit un mur de Berlin avec la grande distribution et la publicité ». Et puis « il s’agit de casser la société du jetable », « Il faut mieux être acteur que victime », « tout n’est pas chiffrable et en ce moment ce qui n’est pas chiffrable n’existe pas. ».

 libérer le plus possible la parole

 Très sympa de la part d’ARF d’avoir  proposé à un représentant du CFEEDD d’animer cet atelier, c’était une première. Je me souviendrais que trop souvent j’ai eu le sentiment d’être en grand groupe et j’ai la conviction que s’il y avait pléthore d’ateliers sur des thèmes précis, ça permettrait plus de rapprochement entre les acteurs. Ça pourrait être ça le premier objectif, plus de rapprochement, libérer le plus possible la parole, donner la possibilité de créer des liens entre personnes venant d’horizons différents. Dans son discours final le président Malvy a évoqué une volonté de rapprochement entre ARF et les autres associations d’élus…


à suivre.

 

RG


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6 réactions à cet article    


  • jymb 22 octobre 2011 14:53

    « interdiction » , « dressage »

    Derrière les beaux discours philosophico généreux réapparaissent bien vite les fondamentaux des khmers verts. Taxer, interdire, culpabiliser, rendre le quotidien exaspérant.

    Il est encore permis de ne pas partager les rêve d’un bétail humain entassé dans des RER géants et dans de l’habitat collectif, même placardé de murs végétaux.


    • amipb amipb 23 octobre 2011 08:27

      Mais que croyez-vous ? Qu’il n’est pas temps de prendre des mesures sérieuses, voir fermes, pour changer l’orientation que notre monde a pris ?

      Quant aux khmers verts, ils n’ont jamais tué personne. Est-il possible d’en dire autant de notre système consumériste ?

      Et pour rappel :

      Les Khmers sont le groupe ethnique dominant du Cambodge, représentant environ 90 % des quelque 14 millions d’habitants de ce pays.

      Leur langue, le khmer, fait partie de la branche môn-khmer des langues austroasiatiques.

      Merci donc de respecter ce peuple...


    • jymb 23 octobre 2011 18:54

      Et aussi un peuple à l’origine d’un des pires cauchemar de l’histoire. Leur but initial était d’ailleurs de rééduquer. On a vu le résultat


    • Ptetmai 22 octobre 2011 16:03

       Si les élus avait voulu, depuis le temps que des écolos alertaient , on serait beaucoup plus avancés dans tous les domaines environnementaux

      Pour info en provenance d’un collaborateur de Mme Gro Harlem Brundtland, c’est elle qui a prise la regrettable décision de faire traduire par « durable » le « sustainable » anglais de son rapport « Our common future » quand il a été édité par un éditeur canadien parce que la France s’y était refusé à l’insu de Brice Lalonde, alors ministre

      Ce qui est durable n’est pas forcement soutenable. Exemple : les déchets nucléaires à longue vie.

      Une réflexion encore : lors de la dernière réunion préparatoire à la publication de la version originale anglaise, un Indien (pas un Amérindien) a souligné « Si nous ne donnons pas une dimension spirituelle (à ne pas confondre surtout avec « religieuse ») à notre combat, nous ne réussirons pas »

      Il avait totalement raison et c’est sans doute pour cela qu’il est si long, car la dimension spirituelle ne préoccupe guère beaucoup d’élus.

      J’aurais volontiers souligné çà à Toulouse.


      • HELIOS HELIOS 22 octobre 2011 23:56

        Comme d’habitude la cible des « eco-quelque-chose » ce sont les voitures et les maisons individuelles... ils sont exactement comme les « elites », les capitaines d’industrie et les politiques, ils veulent imposer aux autres leur point de vue, et leurs pratiques sans commencer par s’y plier eux mêmes.

        Je n’ai pas lu ni entendu de proposition sur une nouvelle forme de calcul du PIB,,. (qui... par exemple... deduirai justement les remboursements d’assurances car ils constatent une perte de capital)... je n’ai pas entendu non plus parler de modification de la comptabilité... (qui... par exemple... modifierai le calcul des amortissements pour rendre plus chers les investissements les moins durables et favoriserait la maintenance et la durabilité)... je n’ai pas non plus entendu parler d’objectif economiques visants a faire evoluer les equipements en leur faisant profiter des evolutions technologiques plus economiques pour la planete (L’etat rend extremement difficile le changement d’un moteur d’un vehicule pour un plus economique, impose de plus en plus de normes destinées a « faire du neuf » plutôt que de l’entretien ou de l’evolution)...
         
        bref, comme d’habitude ce genre d’assises ne sont que des bla bla au mieux pilotés par des nantis a qui rien ne manque et en mal de notorieté a tout prix... au pire par les cours des grandes multinationales qui cherchent du green washing pour leur com’...

        Je souscrit au commentaire de Jymb plus haut : Taxer, interdire, dresser... des mots cachés derriere « economie verte », « developpement durable ou sustainable, peu impoprte » et « education ».

        A pres l’enfer economique voici l’enfer ecologique ! A rejeter en bloc, sans même y mettre le doigt de peur d’y passer le bras....

        Lamentables ces assises !!!


        • Roland Gérard Roland Gérard 23 octobre 2011 07:14

          Je précise juste que j’ai rédigé une note d’ambiance à partir de quelques éléments entendus qui m’ont intéressé. Beaucoup d’autres aspects qui ont été abordés n’apparaissent pas là. RG

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