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Accueil du site > Actualités > Environnement > Japon : remise en cause de certitudes géologiques

Japon : remise en cause de certitudes géologiques

Le méga-tremblement de terre de magnitude 9 baptisé “Tohoku earthquake“qui secouait le Japon le 11 mars dernier est certainement le mieux observé du fait du vaste réseau japonais de stations de mesure. Les données récupérées ont déjà permis une sérieuse analyse de l’évènement, comme on pouvait le découvrir lors de la réunion annuelle ce 14 avril de la Seismological Society of America in Memphis, Tennessee.

Selon certains spécialistes tels Emile Okal de la Northwestern University à Evanston, Illinois, ou Barbara Romanowicz directrice du Berkeley Seismological Laboratory à l’Université de Californie “Il y a beaucoup de choses que nous croyions savoir et il est aujourd’hui terriblement évident que ce n’est tout simplement pas le cas. De nombreuses idées seront profondément remises en causes suite à ce tremblement de terre”.

Il s’avère en effet que le comportement de la secousse “Tohoku” est nettement plus complexe que ce que l’on a pu voir ailleurs, selon les mesures d’un réseau de400 séismographes aux Etats-Unis. Plutôt qu’une “simple” rupture avec déplacement le long de la ligne de fracture – le cas classique – on voit ici une rupture multi-directionnelle, comme un feu d’artifice. La courte vidéo ci-dessous illustre le phénomène :

Ces données impliquent non seulement une remise en cause de notre compréhension de la dynamiques des zones de subduction, mais aussi une réévaluation des zones à risque de part le monde. Rien, en effet, ne laissait penser que la zone de subduction à l’origine de ce tremblement de terre pouvait se comporter de telle manière.

Pour Matt Pritchard de l’Université de Cornell à Ithaca, New York, une possible explication est que cette zone serait hautement hétérogène, mélangeant des éléments plutôt visqueux et glissants avec des éléments “accrochant” comme du Velcro. Les éléments “Velcro” auraient emmagasiné une énorme quantité d’énergie (de tension) avant de lâcher, transmettant cette énergie à des zones visqueuses qui se seraient alors fortement déplacées. Ce d’autant que la zone ne fait “que” 40 000 km² alors que pour un tremblement d’une telle magnitude elle devrait être nettement plus importante. En fait, selon Eric Kiser de l’Université de Harvard, prenant en comptes l’origine des secousses secondaires survenues après le 11 mars, la zone complète fait à peu près 100 000 km². Si toute cette surface avait bougé en même temps, le tremblement de terre aurait été encore bien plus important…

Pour Hiroo Kanamori du California Institue of Technology, la zone de rupture est faite de deux parties distinctes : une le long de la tranchée du Japon dans l’océan Pacifique et responsable du tsunami dévastateur, et une autre plus profonde et plus proche des côtes responsable du tremblement proprement dit.

Le déplacement brutal des plaques tectoniques pendant un tremblement de terre se mesure généralement en cm. Dans ce cas-ci, selon Takeshi Sagiya de l’Université de Nagoya au Japon et Guangfu Shao de l’Université de Californie, le déplacement alla jusqu’à 60 m – un chiffre énorme, du jamais vu. Ce d’autant que cette zone, vu son age (140 million d’années) n’était pas une candidate pour un méga-tremblement. Généralement, plus une zone est jeune donc fluide, plus on peut s’attendre à des mouvements de plaques importants. Pour Emile Okal, le cas du tremblement de 2004 dans l’océan Indien, le troisième plus important malgré un age avancé de la zone de subduction de 80 à 90 million d’années, pourrait être un évènement atypique du même ordre que Tohoku, et donc que la relation couramment admise entre age de la zone, vitesse de subduction et magnitude des secousses est fondamentalement à revoir.

Selon Matt Pritchard, ces évènements indiquent que n’importe quelle zone de subduction pourrait en fait être candidate à une secousse de magnitude 9. Et donc, de nombreux endroits de la planète aujourd’hui réputés à faible risque seraient susceptible de connaître ce même type de phénomène.

Source : New Scientist.


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59 réactions à cet article    


  • epapel epapel 25 avril 2011 17:30

    C’est le tsunami qui a provoqué la catastrophe et non le tremblement de terre.


  • Vincent Verschoore Vincent Verschoore 25 avril 2011 21:24

    @Epagel,

    C’est la panne des diesels de secours qui a déclenché la catastrophe. Pas besoin d’un tsunami pour que cela arrive : panne mécanique, manque de carburant, mauvais entretien, rupture des lignes électriques...

  • epapel epapel 25 avril 2011 23:37

    Dans ce cas, tout va pour le mieux dès lors qu’un exploitant compétent et sérieux s’occupe des centrâles.


  • sto sto 26 avril 2011 00:36

    Dans tous les cas, il vaut mieux fermer les centrales, car il n’existe pas d’exploitant serieux.


  • Vincent Verschoore Vincent Verschoore 26 avril 2011 00:46

    @Espagel,

    Et ça, malheureusement, on ne pourra jamais le garantir.

  • Sir Vladimir L.S Freak Sir Vladimir L.S Freak 26 avril 2011 16:32

    L’état sous contrôle citoyen.... Mais pour cela, il faut que ce soit un réel contrôle citoyen bien sur. 


  • jcm jcm 25 avril 2011 15:24

    A noter que, pour ce qui concerne la France, des séismes beaucoup plus importants que ceux constatés au cours de l’histoire ne sont pas exclus d’emblée, c’est ce que l’on voit par exemple dans ce document de l’IRSN : « ÉTUDE DU POTENTIEL SISMIQUE et de l’enracinement de la faille de la Moyenne Durance ».

    En conclusion on lit : « Les résultats acquis par le réseau de surveillance sismique de
    l’IRSN ont permis de caractériser la microsismicité de la FMD
    et des structures environnantes et de proposer une évaluation
    de l’aléa sismique plus précise. Une acquisition de plus longue
    donnée de cette surveillance sismique ne devrait pas modifier
    l’image d’ores et déjà obtenue, sauf peut-être en cas de crise
    sismique majeure
    .
     »

    Quelle serait l’ampleur de cette crise majeure et ses conséquences sur un certain nombre d’installations, qui n’ont pas été calculées pour subir plus qu’une « crise historique » à ce qu’il paraît ?


    • epapel epapel 25 avril 2011 17:31

      Y-a-t-il un risque de tsunami sur ces installations, parce que c’était ça le problème à Fukushima ?


    • Ariane Walter Ariane Walter 25 avril 2011 19:06

      C’est quand même le tremblement de terre qui a causé l’arrêt automatique de l’installation.
      Qunat au tsunami, il a été bcp moins destructeur à Fuku qu’ailleurs. les multiples photos révèlent un environnement intact. C’est l’explosion qui a mis des débris partout.
      le tusnami a noyé les pompes de secours.
      mais tt de même...sur une côte, dans un pays sensible au tremblement de terre et au tsunami, il n’y avait pas d’autres moyens prévus pour éviter ce qui semble être un danger connu de tous : l’arrêt du refroidissement des piscines ?
      On a l’impression que l’on vit avec des amateurs parfaits !!


    • Icopas 25 avril 2011 21:34

      Il n’y a pas que les tsunamis.
      Les ruptures de barrage et crues torrentielles historiques peuvent être des événements interrogeants sur les centrales nucléaires.

      Celles qui se trouvent dans le couloir Rhodanien sont particulierement concernées par ce type de risque.

      Des ruptures de barrage c’est possible, et c’est très bon pour scalper ce qui dépasse et arroser large, on peut penser qu’une centrale sur la trajectoire serait en très mauvais état

      Rupture du barrage de Malpasset en 1959 : Une vague de quarante mètres de haut (soit cinquante millions de mètres cubes d’eau) déferle sur la vallée à à soixante-dix kilomètres à l’heure, dévastant campagnes et fermes. Elle atteindra la ville de Fréjus 20 minutes plus tard, avant de se jeter dans la mer. Des blocs de pierre pesant jusqu’à six cents tonnes dévalent la colline et détruisent le quartier de Malpasset.

      On compte quatre cent vingt-trois morts et disparus.

      Combien de barrages autour du couloir rhodanien ? Des cartes existent et les calculs des ondes de submersion ont été faits (fiables ? pas fiables ?)

      Je m’interroge sans avoir de réponses là dessus.

      Autour du couloir rhodanien , quels sont les barrages pouvant être menaçants en cas de grosse secousse alpine ? les tremblements de terre historiques de la zone ?

      est-ce si rare ?

      Des crues torrentielles  ?

      Prodigues le temps et tout arrive... Ok d’accord...

      Mais est-ce pour cela que pendant 1000 ans il faudrait condamner Marseille et éviter cette vallée pour passer par la côte Atlantique ?

      Est-on si sur qu’il n’y a que les Japonais qui ont des problèmes d’espace pour leurs populations ?

      En sommes-nous si prodigues ?


    • jcm jcm 25 avril 2011 23:07

      @Epapel

      « Y-a-t-il un risque de tsunami sur ces installations, parce que c’était ça le problème à Fukushima ? »

      Il n’y a pas que les tsunamis pour mettre en péril une installation et j’ai bien écrit « qui n’ont pas été calculées pour subir plus qu’une »crise historique«  » : ces installations ont été calculées pour résister à des séismes d’intensité correspondant aux plus fortes constatées dans cette région plus un certain coefficient de sécurité.

      Soit probablement 7.5 + epsilon, mais pas 8 ou 9.


    • Jimmy 25 avril 2011 15:24

      intéressant article
      que pensez-vous de la théorie selon laquelle le réchauffement de l’atmosphère en faisant fondre la glace aux pôles, réduit la pression que celle ci y appliquait, et induirait ainsi une déformation de la planète, laquelle provoquerait ces tremblements de terre ?

      cela ne me semble pas s’opposer avec ce dont vous parlez


      • jullien 25 avril 2011 18:09

        Cela me paraît improbable : la banquise de l’Arctique consiste en de l’eau de mer qui gèle à l’arrivée de l’hiver, ce qui ne change pas la pression exercée sur la croûte terrestre.
        En ce qui concerne les phénomènes de remontée des continents une fois qu’ils ont perdu leurs inlandsis, il n’est pas très difficile de faire remarquer que la Scandinavie et le Canada ne sont pas réputés être de grands centres d’activités sismiques.
        Toutefois, je ne suis ni un géologue professionnel ni un sismologue.


      • morice morice 25 avril 2011 20:20

        réduit la pression que celle ci y appliquait, et induirait ainsi une déformation de la planète, laquelle provoquerait ces tremblements de terre ?


        la terre n’est pas une orange, même bleue.

      • morice morice 25 avril 2011 20:18

        Au lendemain du tremblement de terre, je me posais la question de la réaction de la plaque pacifique et notamment de la faille de San Andreas. Comment les charges se répartissent-elle et cela peut-il amener au « big one » ?


        non, ça ne fait pas ping-pong. mais le tremblement de terre en californie, c’est un volcan qui va le déclencher..

        pas de volcan en Californie ??

        si si, cherchez bien au mot « caldera »....

      • Vincent Verschoore Vincent Verschoore 25 avril 2011 21:20

        Bonjour Bertrand,

        Je ne peux bien sur pas donner de réponse d’autant que les experts en sont eux-même à revoir leur certitudes. Ce qui est certain c’est que les sismologues américains, 300 ans après le dernier gros séisme connu, s’attendent à un Big One d’un jour à l’autre. Une expérience est actuellement en cours pour mesurer, à partir de petits exposions, le tracé des ondes sismiques autour de cette faille. En effet les modèles sont toujours basés sur des failles verticales, mais la faille de San Andreas est beaucoup plus complexe, en forme d’hélice avec une probable superposition de plaques. 

      • gaijin gaijin 25 avril 2011 17:43

        epapel
        le tsunami a été provoqué par un tremblement de terre je suis sur que l’information ne vous aura pas échappé
        les centrales sont remarquablement conçues pour resister a ce qui été prévu lors de leur conception
        Le seul ennui dans toute cette histoire c’est que l’imprévu a tendance a se manifester a une fréquence euh..... comment dirais je ? ......imprévue
        Ensuite les conséquences, elles, sont prévisibles.


        • morice morice 25 avril 2011 20:16

          les centrales sont remarquablement conçues pour resister a ce qui été prévu lors de leur conception 


          ah ouais, sauf quand elles sont mal conçues..

        • epapel epapel 25 avril 2011 23:07

          La France est-elle exposée à un risque de tsunami de 10 mètres en méditerranée ?


        • sto sto 26 avril 2011 00:42

          oui ..........


        • Pyrathome Pire alien 26 avril 2011 12:45

          La France est-elle exposée à un risque de tsunami de 10 mètres en méditerranée ?.....

          Évidemment !! la méditerranée est une région hautement sismique pris en sandwich entre plusieurs plaques continentales...


        • thieb03 thieb03 25 avril 2011 17:43

          C’est le tsunami qui a provoqué la catastrophe et non le tremblement de terre ?

          C’est néanmoins le tremblement de terre qui a engendré le tsunami qui a engendré la catastrophe


          • gaijin gaijin 25 avril 2011 17:48

            thieb 03
            et je dirais même plus .....
            parfaite synchronicité
             smiley


          • epapel epapel 25 avril 2011 23:31

            Entièrement d’accord mais là où il n’y a pas de risque de tsunami, les problèmes associés n’existent pas.


          • Jimmy 25 avril 2011 18:04

            epapel
            après Tchernobil on a dit : nous n’avons pas de centrales de ce type donc il n’y a aucun risque, Three Miles Island n’a pas été causé par un tsunami
            on ne sait pas de quoi sera fait le prochain accident, on sait seulement que quand il y en a un les conséquences sont catastrophiques


            • morice morice 25 avril 2011 20:21

              on ne sait pas de quoi sera fait le prochain accident, on sait seulement que quand il y en a un les conséquences sont catastrophiques


              ça risque d’être pire : les centrales vieillissent !

            • epapel epapel 25 avril 2011 23:16

              Ce n’est pas ce qui est affirmé par les spécialistes, pour être exact ils disent : un accident de type Tchernobyl est impossible car conception de centrale différente, et de type Fukushima également car exposition aux séismes et aux tsunami plus faible et conception de centrale différente. Ils ne disent pas qu’il n’y a aucun risque.

              Ceci dit, je suis d’accord pour dire qu’il bien va falloir sortir un jour de cette impasse, le problème c’est que ce n’est pas possible à court terme sans rationnement de l’électricité ou construction de centrales thermiques avec importation de gaz ou exploitation des schistes ou augmentation très importante du prix de l’électricité (triplement voire plus).

              C’est la quadrature du cercle.


            • jcm jcm 26 avril 2011 08:04

              @ Epapel

              Les spécialistes établissent la probabilité de fusion du cœur d’un réacteur à une fois tous les 20 000 ans pour chaque réacteur.

              Le retout d’expérience nous montre que cette probabilité est voisine de 3000 ou 4000 ans au maximum (si l’on tient compte du fait que 3 réacteurs de Fukushima ont subi des fusions partielles, environ 2000 ans).

              Voir « Probabilité d’accident nucléaire majeur : du calcul à la réalité... » à ce sujet.

              En fait Fukushima remet en question toutes les projections, tous les calculs de spécialistes relatifs aux risques naturels, et le retour d’expérience sur 435 réacteurs ayant fonctionné en tout plus de 12000 ans ruine toutes les prospectives établies jusqu’à maintenant.

              On ne connaît pas le niveau de sécurité de nos installations nucléaires et nul n’est en mesure de l’établir de façon crédible, quelle que soit la méthode utilisée, il y a là une impossibilité fondamentale en fait...


            • JL JL 26 avril 2011 08:16

              La manière qu’a l’industrie nucléaire d’établir des statistiques ressemble étrangrement à celle de l’industrie phramaceutique.

              Etrangement ? Non ! Cela tient au fait que, pour les deux industries, les « surveillants » et les contrôlés sont les mêmes !

              J’appelle cela du totalitarisme : un pouvoir qui ne doit aucun comptre à personne.


            • gaijin gaijin 26 avril 2011 08:44

              epapel
              pour sortir un jour de cette impasse (le plus tôt sera le mieux ) il faut prendre les décision aujourd’hui.
              vous avez raison on ne pas sortir du jours au lendemain même avec des énergies de remplacement car le simple cout du démantellement des centrales sera monstrueux compte tenu de son importance et du risque qu’il fait peser ce chantier est d’une importance vitale pour notre avenir
              et c’est vrai il va falloir payer et payer cher pour sortir des mauvaises décisions qui nous ont été prises sans tenir compte de l’avis de la population
              si les experts faisaient un peu moins de math et un peu plus de BSP ça n’arriverais pas


            • easy easy 25 avril 2011 18:12

              Remise en cause ?

              Non, ce n’est pas exactement le problème.

              Lorsque mes profs de Jussieu m’enseignaient les tremblements-de-terre, ils schématisaient, ils expliquaient un principe.
              Lorsque j’entreprenais de l’expliquer à mon tour à ma vieille chienne, je recourais aux mêmes schémas et principes.
              Ainsi, de prof à élèves à néophytes, ne circulent plus que ces schémas.

              Concernant les TDT, on peut en rester longtemps à ces schémas qui zappent sur l’hétérogénéité des sols car une complexification outre qu’elle n’apporte pas tellement plus d’éléments de prévention ou de prévision, n’est pas non plus aisément constatable.

              En face, les profs expliquaient aussi les sédimentations et les plissements de terrain (qui ont le chic pour renverser l’ordre des couches). Mais là, dès qu’on était sur le terrain, on découvrait qu’il y a un fossé entre les jolis et simplissimes dessins au tableau et la réalité où tous les 100 m il y avait une curiosité, en fait une complication, une superposition de phénomènes.
              Ainsi, naturellement, dès les premiers constats sur le terrain l’élève intégrait que les principes de plissement, s’ils sont constamment valables, se réalisent selon des tas de paramètres variables complexifiant les situations.

              Rien n’était faux dans les schémas de principe mais la réalité est infiniment plus complexe et l’élève géologue apprend à savoir que c’est complexe.



              Revenons aux TDT.
              Concernant ces phénomènes profonds (les volcans, pareil) on ne dispose pas de moyens d’observation directe. On n’est pas constamment face à la complexité et on peut donc siester dans le simplisme.
              Ce n’est qu’au fur et à mesure qu’on densifie les sismographes et qu’on confie des calculs aux ordinateurs, qu’on voit apparaître les complexités du sous-sol.
              Nous pourrons éventuellement apprendre ici ou là des principes nouveaux mais ils seront secondaires, ils viendront en superposition des principes acquis et nous ne découvrirons certainement pas une théorie renversante.


              En ce moment il y a par exemple la question de la liquéfaction des sols qui nous sensibilise un peu. Ca peut paraître surprenant parce qu’on n’en parlait pas jusque là mais le principe est tout bête et a déjà été théorisé.

              Tous les maçons savent qu’en faisant vibrer le béton, on le liquéfie bien davantage, les bulles peuvent plus facilement remonter à la surface et le béton occupe alors les moindres recoins. Or un tremblement de terre qui n’en finit pas de durer produit cette vibration qui invite en permanence les grains à la mobilité. Dans cette mobilisation d’un mélange hétérogène, les particules les plus denses, les cailloux, vont au fond et les éléments les plus légers, l’air, l’eau, vont en surface.


              • Vincent Verschoore Vincent Verschoore 25 avril 2011 21:27

                @Easy

                Merci pour ces précisions !

              • Laratapinhata 1er mai 2011 23:47

                Et à El Asnam (Algérie), il n’ y avait pas eu « liquéfaction » des bords de valons ? Les photos étaient terribles : bâtiments « couchés » sur le côté....et le nombre de morts aussi...C’était il y a une trentaine d’années... alors si on ne se sensibilise que maintenant et « un peu » à ce problème, c’est effrayant, non ?


              • HELIOS HELIOS 25 avril 2011 19:39

                De mon point de vu, en appliquant la methode « bon sens » je me dit que la construction d’une centrale nucleaire obeit a deux ensembles de regles.
                Les unes strictement economiques, on les mets là où elle servent a quelque chose, là ou l’on peut s’en occuper...
                Les autres dependant de considerations techniques plus ou moins obscures et, je pense, marginales.
                C’est ce dernier cas que mon bon sens me dit de developper.

                Peu importe la plasticité, la liquidité, l’heterogeneité des sols, ce qui importe c’est que face a un tremblement de terre de magnitude tres tres importante, ou bien dans le cas d’un evenement destructeur imprevu, la partie nucleaire s’arrete dans des conditions normales, acceptable et au pire sans danger, même si les appareillages sont inutilisables apres (la mort du coeur, par exemple).

                A Fukushima, c’est bien ce qu’il s’est passé, sauf qu’un des elements, consequence indirecte du tremblement de terre, a failli. Tout le probleme est la et c’est a partir de cela qu’il serait bon de regler le cas de nos centrales nucleaires a nous, français. :

                — Peuvent-elles resister a un hypothetique tremblement de terre de magnitude consequente ? a un vaste incendie de passage, a des vents super violents style tornade du middle west americain, une montée d’eau même s’il n’y a pas de mer a coté, un effondrement du sol... ou une combinaison de tout ça ?
                — De quels auxiliaires ces centrales ont elles besoin et que se passent-il si elles s’arretent (si le cas est prevu, j’espère) et qu’un de ces auxiliaires ne fonctionne pas ou plus (comme le refroidissement post mortem de Fukushima ?)

                Dans un contexte d’analyse systemique, c’est tout simple a resoudre et c’est cela que j’aimerai qu’EDF ou les responsables des centrales, diffusent largement, même si, pour quelques questions de brevet, ils n’en detaillent pas l’integralité !

                C’est cela la transparence et qui de plus a l’avantage de faire taire une majorité de sceptiques qui n’auraient plus alors qu’a negocier le niveau de securité plutôt que du choix de l’option....


                • morice morice 25 avril 2011 20:15

                  baratin total :


                  “Il y a beaucoup de choses que nous croyions savoir et il est aujourd’hui terriblement évident que ce n’est tout simplement pas le cas. De nombreuses idées seront profondément remises en causes suite à ce tremblement de terre”

                  les choses sont connues, il n’y a que l’heure qu’on a pas. Vous confondez tout encore une fois...

                  "Dans ce cas-ci, selon Takeshi Sagiya de l’Université de Nagoya au Japon et Guangfu Shao de l’Université de Californie, le déplacement alla jusqu’à 60 m – un chiffre énorme, du jamais vu

                  c’est faux il y a déjà eu davantage.

                  Selon Matt Pritchard, ces évènements indiquent que n’importe quelle zone de subduction pourrait en fait être candidate à une secousse de magnitude 9. Et donc, de nombreux endroits de la planète aujourd’hui réputés à faible risque seraient susceptible de connaître ce même type de phénomène.

                  par définition une zone de subduction... attend son séisme !

                  bref, vous GLOSEZ.

                  • Vincent Verschoore Vincent Verschoore 25 avril 2011 21:03

                    @Morice 

                    Je ne sais jamais si je dois ignorer ou répondre à vos commentaires à côté de la plaque... Dans le cas du paragraphe que vous incriminez « Il y a beaucoup de choses etc.... » si vous aviez lu vous auriez compris qu’il n’est pas de moi (je ne suis pas géologue) mais des deux géologues susmentionnés. Maintenant libre à vous de les prendre pour des crétins bien sur - vu que vous êtes certainement un expert en géologie comme en tout - mais ce n’est pas mon problème.

                  • joletaxi 25 avril 2011 22:33

                    Epapel vous êtes bien courageux de tenter d’exonérer ne fut-ce que marginalement Tepco.


                    Vous devez savoir que le tsunami devant la centrale était en fait une vaguelette,que d’ailleurs il n’y a pas eu plus d’eau à la centrale que lors d’une forte pluie,et que de plus, la centrale a été construite,au ras de l’eau , bien que toutes études montraient qu’une vague géante était possible(ce qui est en contradiction avec ce qui précède, mais n’ergotons pas)

                    Une question me chiffonne:950 personnes d’un village côtier se sont réfugiés dans le gymnase prévu pour abriter la population en cas de tsunami annoncé,et situé à un endroit hors de portée du plus fort tsunami prévisible.Une douzaine a survécu en se réfugiant sur le toit de l’immeuble à 12 mètres du sol.Ainsi donc les autorités ont piégé leur propre population, bien que prévenues de la possibilité de la vague géante ?

                    Un scientifique japonais donne une version de la catastrophe à la centrale qui me paraît plutôt vraisemblable.
                    Tout le monde s’accorde à dire que suite au séisme,la centrale était en sécurité.Dès l’annonce du tsunami,le personnel s’est enfermé dans les locaux techniques .Tous les locaux abritant des appareils stratégiques sont étanches, non pas pour se prémunir de l’eau, mais des radiations en cas d’accident.Il n’y a d’ailleurs à ce moment pas eu de perte humaine à la centrale.
                    La vague(oups, la vaguellette...) a emporté les réservoirs de mazout,éteignant les groupes mis en route suite à la rupture d’alimentation suite au séisme.Dès que la vague s’est retirée le personnel est sorti pour tenter de réparer,ou du moins de faire un état des lieux.C’est à ce moment qu’est arrivée une seconde vague, qui a envahi les locaux,ouverts prématurément,tuant au passage 2 personnes.La suite est une enchaînement dramatique de mauvaises décisions,de plans de sauvetage mal établis,d’impréparation coupable,comme par exemple l’impossibilité d’établir une connexion avec le réseau voisin,le recours à l’armée après une semaine etc...





                    • epapel epapel 25 avril 2011 23:24

                      Je n’exonère personne, le Japon est exposé aux tsunamis et tout le monde le sait. Le discours des responsables du nucléaire est d’affirmer qu’ils prennent en compte tous les risques identifiés et là d’évidence ce n’était pas le cas ou alors les mesures de protections étaient mal conçues ou alors la réaction après le séisme était inappropriée : c’est à dire que dans tous les cas la responsabilité est humaine.


                    • epapel epapel 25 avril 2011 23:30

                      J’ajouterais que ce type de catastrophe industrielle ne devrait pas pouvoir se produire et le simple fiat qu’elle se soit produite jette à tort ou à raison le discrédit sur le nucléaire civil en général.

                      S’il est difficile et long de réduire le nucléaire il faudra bien le faire, et une chose est sûre : il serait criminel d’en déployer plus.


                    • zadig 26 avril 2011 08:18

                      A Epapel

                      Bonjour,

                      Ma petite expérience de la chose.
                      J’ai travaillé à la conception d’un système à tolérance de pannes.
                      (Pas de conséquences humaines, mais simplement économiques)
                      .Le système était entièrement doublé.
                      Les fonctions étaient réparties et transférables.
                      L’alimentation électrique était assurée par deux câbles EDF
                      Chacun de ces câbles était sur un réseau différent et pouvait alimenter l’ensemble.
                      DES diesels de secours étaient prêts à secourir l’ensemble.
                      Ces diesels calés au point mort haut démarraient instantanément.
                      Une impressionnante salle des batteries (avec onduleur) sécurisait le tout.
                      Du matériel de secours était disponible.
                      Des équipes d’intervention était sur place en permanence.
                      Une fois par semaine un basculement test était effectué
                      Bref le bon dieu lui même ne pouvait arrêter le système.

                      ET ....... un jour !

                      L’acquisition des données était assurée en double par deux systèmes.
                      Un maitre un esclave, l’esclave pouvant remplacer au pied levé le maitre.
                      Bien sur un système seul pouvait assurer le fonctionnement de l’ensemble.
                      Le basculement étant déclenché par un auto contrôle simple.

                      Donc un jour !
                      Frustré de ce repos forcé l’auto contrôle manifesta, il manifesta en se déclenchant
                      à toute vitesse et en permanence (maitre-esclave,esclave-maitre,etc)

                      La reprise en main de l’ensemble fut délicate et très sportive.

                      Heureusement pas de mort, que des francs perdus.

                      Cordialement

                       

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