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Accueil du site > Actualités > Environnement > L’agriculture produit-elle assez ?

L’agriculture produit-elle assez ?

Je me consacrerai dans cet article à la question de l'offre alimentaire. Le premier impératif de l'agriculture est évidemment d'avoir une production suffisante en quantité. Alors que la Politique agricole commune (PAC) devrait prochaînement être redéfinie à Bruxelles (les choix budgétaires actuels prendront fin en 2013) et qu'auront lieu des arbitrages entre agriculture bio et agriculture intensive, il serait bon d'y voir plus clair. Produit on suffisamment dans le monde, en Europe ? Qu'en sera-t-il dans le futur ?

L'agriculture est un sujet complexe aux nombreuses problématiques : offre alimentaire, répartition, qualité, pollution, revenu des agriculteurs, productivité et compétition, stabilité, prix de production et sovabilité des acheteurs. Même si on se restreint dans ce court article à la question de la quantité produite, la question agricole ne se résume pas à la quantité de l'offre, loin de là.

Il y a aujourd'hui 850 millions de personnes sous-alimentées dans le monde (source FA0 2006). La production est cependant globalement suffisante. Le problème est dans la répartition et la distribution de la production agricole (guerres qui empêchent la circulation de la nourriture), dans la solvabilité des populations qui ont faim mais n'ont pas les moyens d'acheter, et dans la solvabilité des agriculteurs qui ne peuvent vendre leur production par manque de compétitivité et rejoignent les bidonvilles des grandes villes. Les quantités produites sont suffisantes (source : FA0 2000, La Situation mondiale de l'alimentation et de l'agriculture, page 193) ou peuvent l'être facilement (terres en jachère en Europe par exemple) pour pallier les faibles manques.

La situation pourrait être différente à moyen terme. Les démographes anticipent une hausse importante de la population d'ici 2050. Si la population atteint 9 milliards d'habitants sur terre, et si l'évolution du régime alimentaire vers un régime plus carné continue, il faudra multiplier par plus de 2 la production alimentaire en 2050. Mais en Europe, toujours selon ces prévisions, il faudrait moins de calories en 2050 qu'aujour'hui (source Bruno Parmentier : nourrir l'humanité). 

Ces chiffres doivent être pris avec des pincettes. D'abord parce que les prévisions d'augmentation de population sont très spéculatives et de nombreuses prévisions historiques se sont avérées fausses. D'autre part, et c'est un point important. la demande mondiale dépend fortement du régime alimentaire de la population mondiale. Il faut grosso modo 4 calories végétales pour faire une calorie de poulet, et encore davantage pour la viande rouge. Les occidentaux vont ils adopter un régime plus végétarien ? Les indiens vont-ils adopter un régime plus carné comme le font les chinois en ce moment ?

Le premier levier dans une politique agricole visant la production de calories suffisante pour l'alimentation est donc l'incitation à un régime moins carné.

Un autre levier est dans l'augmentation des terres cultivées, ce qui est difficile au niveau mondial. Il reste quelques terres en jachère en Europe, mais ce ne sont pas les plus riches (les agriculteurs ne mettent pas leurs meilleures terres en jachère !), et les besoins seront en dehors de l'Europe. Pour le reste, l'extension des terres se fait se fait surtout par defrichement de la foret, notamment en Amazonie. Pas grand chose à attendre du côté des nouvelles terres arables donc.

La promesse d'exploitation de terres salées ou innnondées reste largement alimentée par le techno-optimisme et le besoin de financement des chercheurs qui survendent leurs travaux. Il n'y a pas aujourd'hui d'agriculture à grande échelle et économiquement rentable sur de mauvaises terres. Mêmes certaines bonnes terres Francaises et les subventions européennes ne suffisent pas toujours à faire vivre les agriculteurs décemment. Il est peu raisonnable d'imaginer un système économique s'appuyant sur des terres produisant moins et à cout plus cher qui soit satisfaisant économiquement pour les agriculteurs. Il est encore moins raisonnable d'espérer nourrir une partie significative de la population mondiale avec des techniques chères et peu productives.

Moins high-tech, mais plus prometteur, l'intensification des pratiques culturales. Cette intensification peut se faire dans une logique polluante de court terme (engrais chimiques, désherbants), mais ce n'est pas obligatoire. Voici quelques pistes possibles pour cette intensification.

Il est tout d'abord possible de multiplier les récoltes, c'est à dire de passer à 2 récoltes par an là où les conditions climatiques le permettent, avec un choix adapté de variétés.

Il est également possible d'améliorer et de diffuser des semences adaptées aux régions pauvres (si la volonté politique est là !) Il faut noter à ce sujet qu'une agriculture avec des semences bien selectionnées, adaptées à chaque territoire, et conduite à la main est très productive. La mécanisation augmente la productivité par travailleur, mais tend à dégrader la productivité par unité de surface. En effet un travail à la main permet une gestion très fine du champ (cohabitation des cultures dans l'espace et dans le temps, plantation en quinquonce pour optimiser la surface disponible, plantation à proximité des obstacles...). Une gestion aussi fine est impossible par la mécanisation, et la semelle de labour créée par les machines fait baisser le rendement. Dans un pays pauvre où la main d'oeuvre est peu chère, un tel duo formé par l'association semence technique/travail à la main peut être compétitive économiquement et particulièrement productive.

Enfin l'agroforesterie peut également permettre d'améliorer les rendements par unité de surface. Les systèmes agroforestiers sont parmi les plus productifs au monde et ils permettent d'eviter la monoculture appauvrissante pour les terres et la biodiversité. L'agroforesterie peut être adaptée à la mécanisation et elle convient donc bien aux pays d'Europe.

Pour ce qui est de la recherche, l'agroforesterie est un sujet prometteur qui s'inscrit dans un cadre plus large. Les systèmes productifs et stables sont ceux avec un taux d'humus important dans le sol et de grande biodiversité. Au lieu de chercher à maximiser la production à court terme, la recherche pourrait davantage chercher à construire des écosystèmes productifs. Les pistes sont nombreuses, agroforesterie comme on l'a vu, mais également BRF qui nourrit les champignons base de la chaine alimentaire, ou développement de plantes à humus dans le cycle de rotation des cultures. L'orientation de la recherche vers la construction de la fertilité naturelle peut être une piste intéressante, malheureusement quasi-inexistante dans nos politiques de court terme qui aboutissent au contraire à l'apauvrissement en humus de nos sols d'année après année. 

Un dernier mot sur les OGM, souvent cités à tort pour des objectifs quantitatifs. Ils permettent de produire moins cher (moins de main d'oeuvre) sur des terres de bonne qualité, mais il ne permettent pas de produire davantage. Ils ont même tendance à être moins productifs que les variétés industrielles équivalentes (d'environ 10%).


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26 réactions à cet article    


  • jako jako 31 décembre 2010 14:43

    Bonjour, bien récapitulé.
    Il y a aussi la part grandissante de surfaces agricoles utilisée à des fins industriels (mais pdt betteraves) et l’absence d’une véritable politique agricole.


    • Didier 67 Didier 67 31 décembre 2010 15:25

      Bonjour,

      Quand la production est consommée localement, l’offre et la demande ont tendance à s’ajuster par les mécanismes du marché, hors événements exceptionnels tels que sécheresse ou conflits armés.

      Par contre, si les cultures vivrières et les élevages locaux sont détruits par divers mécanismes de « libéralisation », alors s’installent les déséquilibres et les famines.

      Contemplons la filière lait mondialisée :

      C’est l’importation de tourteaux de soja ogm qui dévastent l’Amérique du Sud pour nourrir à grand renfort de subventions nos vaches laitières qui fabriqueront ainsi du lait « excédentaire ». Transformé en poudre, il se retrouve expédié en Afrique où il servira de base pour la fabrication de yaourts de marque bien connue, ruinant ainsi toute possibilité de développement des filières locales.

      Autre exemple de folie furieuse :
      exportation d’éthanol depuis le Soudan !

      Et je peux dans mon supermarché acheter des cocos blancs d’Ethiopie !

      La vraie question, c’est donc : qui produit, et où ?
      Comment et combien en sont les dérivées.


      • matthius matthius 31 décembre 2010 15:39

        Question : Les OGM coutent-ils plus chers sur des terres pauvres ?


        • djanel Le viking- djanel Le viking- 1er janvier 2011 01:12

          on peut se demander si matthius a posé une question intelligente. A mon avis non. Pourquoi un paysan installé sur une terre pauvre paierait plus chères ses semences ? La question est donc fausse puisque ce sont toujours les mêmes semences. Il n’y a que le rendement qui diffère entre les deux. les deux terres.


        • foufouille foufouille 1er janvier 2011 14:24

          non mais 100x le prix de base, ca fait moins cher chez nous
          ex : les graines de coton ogm coutent 100x plus cher en inde
           


        • Laurent Evain 1er janvier 2011 19:03

          Les ogm sont toujours plus chers que les semences equivalentes. Ce sont des produits plus complexes et plus difficiles a mettre au point. Les semences coutent 30 ou 40% plus cher en ogm qu’en industriel classique. Ce sont les chiffres d’il y a 5 ans, mais ca n’a sans doute pas beaucoup evolué depuis.


        • Didier 67 Didier 67 31 décembre 2010 16:06

          Pourquoi pas ?
          Le baron veut-il donner l’exemple ?


        • Didier 67 Didier 67 31 décembre 2010 16:39

          Baron, à quoi sert un écosystème si je ne suis pas là pour en jouir ?

          Sinon, autre idée dans le style de celle que tu défends : réduire la taille des humains.
          Si nous mesurions tous 50 cm à l’âge adulte, imagine les économies pour la planète !
          Une Anglaise avait proposé cela sérieusement, je ne retrouve plus son nom...


        • Didier Barthès 31 décembre 2010 18:31

          Evidemment, vous avez raison. C’est la solution de bon sens. Il faut que la question démographique cesse d’être taboue. Nous avons multiplié par 4 nos effectifs en un siècle, c’est une course à l’impossible, une course folle.
          Nous allons finir de massacrer la Terre si nous continuons comme ça.
          Une démographie plus modeste, plus responsable est la clef de tout succès en la matière. Bravo pour le courage dont vous faites preuve en osant le dire. Il ne s’agit évidemment pas de tuer les gens comme des détracteurs de mauvaises foi font mine de le comprendre, il s’agit de promouvoir une natalité plus basse.
           


        • Laurent Evain 1er janvier 2011 18:52

          Je suis bien d’accord que limiter la population mondiale est l’une des pistes, meme si je ne l’ai pas evoqué dans l’article.

          Sur ce point, il n’est pas certain cependant que la solution soit bien plus facile a appliquer. Des centaines de pays differents, des milliers de langues, des populations qui n’ont souvent pas acces aux medias et qui ne sont pas recensees, etc, etc... On peut, on doit meme, parler de la taille de la population mondiale. Mais ce n’est pas une solution universelle. Il faut regler les problemes culturels, les problemes logistiques, les problemes financiers, les problemes d’education ...

          L’histoire ne plaide pas pour le fait qu’on puisse facilement restreindre la population. Au niveau mondial, il me semble que depuis 10 mille ans, la taille de la population a toujours ete correlee a la nourriture disponible sans aucune exception ... ce qui veut dire d’ailleurs qu’augmenter la production alimentaire ne ferait que repousser le probleme de quelques annees.


        • Rémi Manso Manso 31 décembre 2010 17:02

          La prévision de 9 milliards pour 2050 est l’hypothèse médiane et a donc, malheureusement, une probabilité assez forte de se réaliser.

          Les rendements actuels ne sont possibles que grâce à la mécanisation et aux intrants (engrais, pesticides...). Avec la raréfaction des énergies fossiles, il y a tout lieu de penser que le maintient de la production à son niveau actuel va être difficile.

          Alors pourquoi ne pas s’orienter vers une stabilisation plus rapide de la population ? L’objectif raisonnable (et promu par Démographie Responsable) serait de ne pas dépasser les 8 milliards en 2050 et de décroître ensuite vers les 4 / 5 milliards à l’horizon 2150 qui est l’effectif que la planète peut accueillir de façon pérenne. 

          Ceci étant, il ne faut pas se bercer de trop d’espoir, même avec ce scénario, du fait d’un pic de population excessif, des dégâts irréversibles auront été commis : température moyenne difficilement supportable au Sud, élimination de la méga faune et d’une grande partie de la biodiversité... 

          • Laurent Evain 1er janvier 2011 18:57

            Comme je l’ai dit dans l’article, les rendements ne sont pas liés a la mecanisation. D’accord avec vous que pour les intrants, ce sera difficile de les conserver a l’avenir et que les rendements risquent de baisser, meme si ce n’est pas certain. Voir la methode de John Jeavons si le sujet vous interesse, qui est parue dans un livre ( « How to grow more vegetables... »). 


          • epapel epapel 4 janvier 2011 15:38

            1) Intrants

            Le problème des intrants est avant tout lié à l’organisation de la production et de la consommation.

            Organisation de la production par la spécialisation des zones agricoles : en séparant notamment l’élevage des cultures il est impossible d’utiliser les fumures animales qui se transforment en pollution.

            Séparation des zones de consommation et de production : la même difficulté est rencontrée avec les rejets organiques humains qui pourraient être recyclés.

            Les terres ont besoin de beaucoup d’intrants parce que leur appauvrissement est en grande partie provoqué par le rejet à la mer ou dans l’air des déchets organiques. Il suffirait de modifier cette organisation de la production qui a été imposée par le secteur agro-alimentaire.

            2) Produits phyto-sanitaire
            s

            Le problème des pesticides et fongicides et est lié à la monoculture à grande échelle et sans rotation des cultures :
            - la monoculture sur des grandes surfaces contiguës rend la propagation des maladies et des parasites beaucoup plus rapide et d’autant plus intense que le génome des plantes cultivées est proche.
            - l’absence de rotation des cultures permet aux maladies et aux parasites spécifiques d’une plante de se maintenir en nombre important au même endroit d’une année sur l’autre

            Le problème des herbicides et lié à la mécanisation et à la volonté de maximiser les récoltes :
            - mécanisation qui a pour contre-partie l’impossibilité d’arracher à la main les plantes adventices faute de main-d’œuvre
            - volonté de maximiser les récoltes qui se traduit par une lutte totale qui entraîne l’apparition d’adventices de plus en plus résistantes.

            Pour régler le problème, ils suffit de modifier l’organisation et les méthodes de production.


            3) Autres composantes des rendements

            L’amélioration des rendements agricoles est due pour une bonne part à :
            - la sélection des plantes (100kg/ha/an supplémentaire depuis 50 ans), en effet les quantités d’intrants délivrées sont stables voire en régression depuis 30 ans
            - de la généralisation de l’irrigation qui permet de cultiver des plantes à haut rendement là où on ne le pouvait pas et de pallier l’aléa climatique.
            - l’amélioration de la connaissance des plantes et de leur adaptation à l’environnement qui permet de réagir plus vite, plus efficacement et à moindre effort : par exemple la découverte des conditions d’attaque de la mouche du pommier a permis de diviser par 5 le nombre de traitements contre-elle, autre-exemple l’utilisation de leurres sexuels stériles permet d’éradiquer en quelques années certains parasites.

            Ces trois points persisteraient et continueraient à s’améliorer quand bien même la mécanisation et les intrants diminueraient et donc ne retournerions pas à la situation d’avant.


          • Laurent Evain 6 janvier 2011 10:27

            @epapel

            Je suis d’accord avec votre analyse qualitative sur les causes du rendement. Neanmoins, je vous trouve exagerement optimiste sur les possibilités de se passer des intrants. Certes les composts ameliorent le rendement, mais il faut regarder les ordres de grandeur. Les experiences menees par exemple en afrique aboutissent toujours a des meilleurs rendements si on fait compost+ intrants que si l’on fait seulement compost. Dans l’ensemble, sans intrants, on fait au minimum 20% de moins qu’avec des intrants. La difference est souvent plus importante encore.

            Les bonnes pratiques que vous rappelez (et que je partage !) ne nourrissaient que 20 millions de personnes en France au debut du 20eme siecle.

            Je ne dis pas qu’il est definitivement impossible d’avoir de gros rendements avec une agriculture naturelle. Je pense plutot que c’est possible. Mais les itineraires techniques ne sont pas là aujourd’hui. C’est beaucoup de travail et ca demande du temps, qui se compte en dizaines d’annees ( mise au point des itineraires techniques, viabilite’ economique, diffusion du savoir, entretien des pratiques culturelles). Il n’est pas certain que si les energies fossiles augmentent et amenent a une diminution des intrants, on puisse compenser suffisamment rapidement par le perfectionnement des pratiques sans intrant.

            Un dernier point sur l’amelioration des semences que vous évoquez. Les blés anciens produisent autant que les blés modernes sans intrants. La selection varietale moderne a favorisé des plantes capables d’assimiler beaucoup d’intrants. La selection des semences n’est donc pas une amelioration absolue, mais une amélioration relative a un itinéraire technique. Les variétés modernes productives ne seraient donc d’aucune utilité dans une agriculture sans intrant.


          • Didier 67 Didier 67 31 décembre 2010 17:14

            Que de prospectives et de conjectures, Baron et Manso !
            Vous accordez beaucoup trop de crédit aux projections.

            Ne savez-vous pas, Manso, que de nombreux facteurs échappent à notre capacité d’action, et même d’analyse, qui viennent nullifier toutes vos futurologies ?
            Comment ne pas se gausser de ceux qui prétendent quantifier puis limiter l’augmentation de la température ? Se croient-ils réellement si puissants ? Sont-ils déjà seulement capables de modérer leurs appétits de vacances aux antipodes ?


            • Didier Barthès 31 décembre 2010 18:38

              Mais Didier 67, quelle est donc l’alternative à ce que proposent Baron et Manso ?
              Il est facile de les moquer, mais ne voyez-vous pas que nier cette question démographique et toute tentative de la résoudre c’est aller tout droit à la catastrophe. Nous ne pourrons pas de toute éternité continuer à produire plus, la Terre s’épuise, les animaux disparaissent et l’énergie fossile qui favorise les rendements agricoles sera bientôt indisponible.
              Alors on fait quoi ? On ferme les yeux ?
              Il ne s’agit pas de se croire puissants, il s’agit d’essayer de ne pas aller dans le mur. C’est plutôt noble


              • Didier 67 Didier 67 31 décembre 2010 20:53

                Bonjour Didier Barthès,

                Combien consomme un citoyen US ?
                Combien consomme un habitant de l’Inde ?

                Y a-t-il aux US des obèses malheureux ?
                Existe-t-il des Indiens heureux ?

                L’alternative est là :
                - quelques (ou dizaines de) millions de personnes, à la surconsommation morbide, mais « tolérable » pour la planète (encore que je demande qui va produire leur Hummer et leur frigo distributeur de glaçons et les détergents pour leur piscine individuelle et les Airbus pour leurs vacances....)
                - ou des milliards de personne dans une société où le bonheur ne se résume pas à l’accroissement de la consommation.

                Donc, mes aimables contradicteurs, poussons la logique jusqu’au bout :
                quelle âge a votre téléphone portable ?
                avez-vous une télé et de quelle taille ? La précédente était-elle hors service au moment de l’achat de celle-là ?
                Et votre voiture ? Vous l’utilisez pour aller à la boulangerie à 2km et emmener tous les matins la petite Sarah à l’école ?

                C’est l’accumulation de ces comportements égoïstes qui est mauvaise pour la planète, pas la présence de plusieurs (dizaines de) milliards d’agriculteurs musiciens.


              • amipb amipb 1er janvier 2011 19:00

                Didier, vous cherchez à remplacer un problème par un autre. Si la population est décroissante ET que nos habitudes de consommation changent, alors le progrès sera certainement plus flagrant.

                Reste à trouver des solutions qui ne génèrent pas plus de souffrance ou d’inégalités...


              • Didier Barthès 3 janvier 2011 12:21

                Rebonjour Didier67
                Sur les différents points que vous évoquez, il se trouve que je ne suis pas en contradiction avec mes propos, mais je n’étalerais pas ma vie privée sur un forum.
                Cela dit ,bien sûr ,je consomme et je ne suis pas un partisan de l’ascétisme généralisé.

                Toutefois il ne faut pas caricaturer les propos de ceux qui réclament une démographie moins nombreuse. Il n’y a pas opposition entre les points de vue et je peux vous dire que la plupart (en vérité même tous ceux que je connais) des gens qui militent pour que nous ayons des effectifs moins importantssont aussi des écologistes convaincus qui réclament que nous gaspillions moins et que cesse cette course effrénée à la consommation.
                 Hélas la réciproque n’est pas vraie, et beaucoup de ceux qui réclament une consommation moindre ne veulent pas entendre parler du facteur population, vous devinez que je le regrette.
                A mon sens c’est un facteur qu’il faut prendre en compte et si j’insite dessus c’est parce que je le crois majoritairement sous estimé.

                Prenons un exemple entre deux pays développés : La Belgique et Les Etats-Unis. Dans le second, se trouvent encore des ours, des pumas, des élans, des loups (et même, certains serpents que l’on aurait peur de croiser). En Belgique  : plus rien, Pourtant ce sont les américains qui sont montrés du doigt (et ils consomment sans doute par personne un peu plus que les Belges) Quelle est en réalité le pays qui respecte le mieux la nature et lui permet d’exister ? Ce sont les Etats-Unis. Pas par vertu, mais pour une seule et même raison : la démographie, il y a (j’arrondis) dix fois moins de personnes par km carré aux Etats Unis qu’en Belgique. Voyez le facteur est important.
                Dans les pays moins développés le raisonnment reste valable, plus la population est dense plus la nature recule C’est inévitable. Faire ce constat n’est pas faire l’apologie d’une consommation folle. C’est juste prendre en compte un élément que je crois incontournable.


              • Didier Barthès 31 décembre 2010 18:49

                La question posée est intéressante mais parmi les réponses proposées il manque la plus raisonnable : abaisser la demande en diminuant la natalité.
                Toutes les autres solutions sont des fuites en avant pour produire toujours plus, mais on ne pourra le faire éternellement.
                La Terre va gagner 2 ou 3 milliards d’habitants dans les 50 ans qui viennent et dans le même temps, les énergies fossiles vont manquer, or, elles sont essentielles aux rendements agricoles (engrais, mécanisation et transport des produits). Les sols s’épuisent, les animaux disparaissent.
                Devrons- nous raser toutes les forêts pour faire des champs ? Nous voulons une agriculture moins pollutante, mais ceci suppose des rendements moins élevées c’est à dire des surfaces cultivées plus vastes.
                De quelques coté qu’on se tourne, il n’y a que de mauvaises solutions pour la planète si l’on veut augmenter la quantité de nourriture. La seule solution, : avoir moins de besoins en étant moins nombreux. Regardez une courbe de l’évolution de la population mondiale sur 2000 ans (multiplication par 35 de nos effectifs) c’est une image de la folie de l’homme.
                Il est temps de renverser la vapeur et de tout mettre en oeuvre pour faire baisser la natalité, sinon elle baissera d’elle- même pour la pire et la plus douloureuse des raisons : la contrainte liée au manque.


                • Laurent Evain 1er janvier 2011 19:23

                  Bonjour Didier, je ne suis pas certain que produire davantage signifie forcement polluer davantage. J’ai meme plutot l’impression inverse. J’ai donne’ divers exemples dans l’article et il faudrait sans doute detailler davantage.

                   Historiquement, les systemes les plus productifs etaient les moins destructeurs (la culture sur brulis est moins efficace que l’agriculture sedentaire avec rotation des cultures, la stabulation/rotation des cultures consommait moins de terres que la jachere par alternance, etc...). Et biologiquement, les systemes les plus complexes avec le plus de biodiversite’ sont a la fois les plus productifs et les plus stables au surprelevement (exemple : foret primaire, mers resistantes a la surpeche).

                  Toute la difficulte’ est dans l’equilibre economique. La methode de Jeavons par exemple est productive (par unite’ de surface) et non polluante. Mais le travail a la main rend le cout eleve’. Il me semble que c’est ce contexte economique qui fait qu’on pollue dans l’agriculture moderne. Si on veut produire beaucoup sans polluer, c’est possible. Si on veut produire beaucoup et pas cher, c’est l’agriculture moderne qui utilise les ressources epuisables pour maximiser les rendements.


                • babadjinew babadjinew 2 janvier 2011 18:02

                  Toujours cette stupide capacité occidentale à évacuer sur « l’autre » sa responsabilité propre.


                  Réduire la démographie serait donc pour certain LE CHEMIN vers un équilibre ?

                  Naïves pensées qui uniquement sur des contres vérités ce fondent.

                  Un occidentale (Américain, Australien, Européen......) consomme a lui seul plus d’aliments par années qu’une famille élargit de 25indiens ou africain, ou ex mayas........

                  Alors comme nous nous prétendons les mentors de ce monde il serait peut être temps de lever un peu le pied de notre consommation propre, peut être temps aussi de cesser de toujours aller produire pour moins cher dans des pays à forte population pour des histoires de couts, et enfin de proposer des alternatives à la vieillesse autres que le nombres d’enfants qui subviendront aux besoins.

                  Que neni, on grille ici la retraite, on détruit tous les socles sociaux, et l’on continu notre arrogance morbide.

                  Si tous nous mangions de manière saine, équilibré et sans excès, la terre pourrait nourrir sans le moindre mal 15Milliards d’habitants. Pour ce il suffirait de limité nos maladies cardio vasculaires (moins de viande) de cesser d’utiliser des terres pour produire des bio carburants, et enfin d’enfin commencer à utiliser les énergies renouvelable, ainsi que tous les progrès passé et présent permettant de cultiver la terre sans apport chimiques qui par ailleurs régleront bientôt notre problème démographique. 

                  L’agriculture intensive et aseptisé étant un véritable poison pour l’ensemble des être vivants. 

                  • Didier Barthès 2 janvier 2011 22:01

                    Non non, là dessus babadjinew nous avons vraiment un désaccord de fond. Si nous étions 15 milliards ce serait vraiment une catastrophe, car voyez vous il ne s’agit pas seulement de nourrir, il faut aussi permettre aux autre especes et aux forêts d’exister, et là pas de miracle.
                     Même pauvres mêmes frugaux, même tous écolos, notre présence en grand nombre exclut de la Terre toutes les autres formes de vie (au moins les grands animaux et en particulier tous les prédateurs). Je crois que cela serait un drame. Il y a des discussions technique sur l’agriculture, mais sur ce point c’est mathématiques,
                    Nous avons multiplié par 35 nos effectifs en 2000 ans et pendant ce temps la Terre a gagné exactement 0 cenitmètre carré
                    Les hommes ont chacun tout simplement 35 fois moins d’espace que depuis l’époque deJésus Christ. Et toutes nos cartes de géographie se couvrent de routes et de villes. Permettez que cela ne soit pas le monde dont on puisse rêver. Quant aux energies renouvelables, mais l’homme en a vécu pendant des millénaires et elles marchaient très bien effectivement .... pour faire vivre environ 200 millions d’hommes. (elles permettront enusite d’aller grosso modo jusqu’à un milliard pendant quelques temps mais au prix d’un déboisement généralisé c’est à dire en fait non durable) 
                    Avez vous remarqué que c’est justement quand les énergies ne sont plus devenues renouvelables avec la révolution industrielles que c’est là que la population s’est mise à exploser ?


                  • epapel epapel 4 janvier 2011 14:30

                    Hé oui, l’augmentation la population est la conséquence des progrès techniques qui ont permis de produire plus de nourriture et d’améliorer la santé et non l’inverse. C’est la possibilité continuelle de produire ou d’accéder à plus de nourriture, la décision politique de lutter partout dans le monde contre la mortalité infantile et l’insuffisance des programme d’éducation qui ont permis aux populations de croître sans limite et sans régulation : vacciner des enfants sans les éduquer ensuite est totalement irresponsable.

                    Il est clair que si la Terre peut faire vivre de façon durable 15 milliards d’habitants, c’est avec la qualité de vie d’un indien ou d’un africain subsaharien moyen, pas celle d’un français.

                    Il est clair aussi que la Terre ne peut pas supporter durablement 2 milliards d’habitants avec le mode de vie occidental et il est vrai que ces 2 milliards là causent plus de dégâts sur l’environnement que les 5 milliards restants et que réduire ces 5 milliards là est donc une solution illusoire s’il n’y a pas remise en cause du mode de vie des 2 milliards de riches. A contrario, la disparition des 2 milliards de riches garantiraient aux 5 milliards de pauvres la durabilité de leur mode de vie actuel.

                    Ceci dit, le progrès technique a permis aussi d’augmenter considérablement la quantité de nourriture produite par unité de surface (x5) ainsi que d’énergie renouvelable et donc la Terre pourrait supporter durablement sur les surfaces déjà occupées 2 milliards d’habitants avec une très bonne qualité de vie en réorientant les modes de consommation et de production.


                  • brieli67 2 janvier 2011 19:22

                    QUARANTE % de FRAIS des hypermarchés outre-atlantiques
                    terminent à la poubelle !

                    battue par certaines métropoles du Japon, Singapoure .

                    Pour les quelques 7 milliards, c’est un problème de distribution, de répartition
                    et non de production.

                    Si disettes, famines .... c’est que le G 6 7 10 20 l’ont décidé comme sanction politique !
                    cf moyen-orient, même les médicaments étaient bloqués !

                    L’ Angleterre a brûlé le long des routes ses bêtes malades pour raison sanitaire ? Non pour diminuer les stocks !

                    95 % des animaux survivent à l’infection aphteuse à condition de continuer d’hydrater l’organisme
                    des perfusions de sérums physiologiques.

                    juste retour des choses ?


                    • brieli67 2 janvier 2011 23:36

                      Danone se félicite de ses bénéfices obtenus par délocalisation et n’a pas honte.

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Auteur de l'article

Laurent Evain


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