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L’assainissement du Gange, priorité environnementale de l’Inde

Un nouveau programme de nettoyage du Gange a été lancé lundi 4 octobre qui vise à réduire drastiquement la pollution du fleuve sacré dans les dix prochaines années. Reste à savoir si ces objectifs ambitieux seront tenus, alors que les missions se succèdent vainement depuis plus de vingt ans.

La mission « Clean Ganga » veut en découdre définitivement avec le problème de la pollution du Gange. Son principal objectif selon le quotidien The Hindu : d’ici 2020, les eaux usées des villes et des industries devront subir un traitement complet avant d’être déversées dans le Gange.

Les représentants des Etats les plus concernés, ainsi que la National Ganga River Basin Authority (NGRBA) se sont réunis lundi sous la présidence du Premier ministre indien, Manmohan Singh. Ils se sont mis d’accord sur le calendrier : d’abord, le ministre de l’Environnement Jairam Ramesh collaborera avec les Etats pour mettre en œuvre avant la fin janvier 2010 des actions ciblées contre la pollution industrielle. Puis, un plan global de gestion du bassin de la rivière devrait voir le jour en décembre 2010.

Cependant, les différentes autorités ne sont pas parvenues à s’entendre sur le partage du coût du projet, estimé à 150 milliards de roupies (plus de 2 milliards d’euros). Les chefs de gouvernement des Etats concernés, notamment du Bihar et de l’Uttarkhand, plaident en faveur d’une prise en charge totale du financement par l’Etat fédéral, alors que celui-ci voudrait n’en assumer que 70 %, rapporte The Indian Express.

Le gouvernement met tout en œuvre pour mobiliser des fonds. Il négocie actuellement un prêt d’un milliard de dollars avec la Banque mondiale dont le Président est attendu en Inde début décembre. L’organisme financier a déjà prêté 3 millions de dollars pour la préparation du projet.

La question financière est cruciale puisque depuis plus de 20 ans, les différents projets se succèdent et échouent face au manque d’argent des Etats. En avril 1985, un premier projet est lancé, Ganga Action Plan I (GAP 1) suivi par GAP 2 entre 1993 et 1996. Deux échecs, malgré la somme considérable de 30 milliards de roupies (plus de 400 millions d’euros) investie. « Tout l’enjeu est de savoir si le Gange est plus propre qu’il y a vingt ans. La réponse est un déprimant non », a du reconnaître le ministre de l’Environnement Jairam Ramesh en juillet dernier.

En 2008, l’association environnementale WWF a classé le Gange parmi les dix rivières les plus menacées au monde. Le rejet des eaux domestiques usées non traitées est responsable à 75% de la pollution croissante de la rivière sacrée, le reste étant causé par les industries. En effet, seulement 20% des eaux sales des villes bénéficient d’un traitement avant d’être rejetées dans le Gange. Les installations actuelles ne permettent de traiter que 1 000 millions de litres d’eaux usées par jour… Alors que les villes du Gange rejettent actuellement 3 000 millions de litres par jour.

La NGRBA attend beaucoup de « Clean Ganga », davantage centrée sur le traitement des eaux usées, alors que les programmes GAP se focalisaient plutôt sur la pollution industrielle. De plus la nouvelle mission adoptera une approche globale du bassin du Gange avec une prise en compte accrue des rives et des sources, et ne sera plus seulement centrée sur les villes.

Pour sensibiliser la société civile, le dauphin du Gange a été élu lundi l’animal aquatique national de l’Inde. Incongru symbole, pour sauver un fleuve dont dépend près de la moitié des Indiens.
 

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