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L’écureuil, le syndicat et l’écolo...en Californie

La loi sur la limitation des réductions du CO2 en Californie a été promulguée à grand bruit par le législateur démocrate et le gouverneur républicain Arnold Schwarzenegger en 2006 quand l’économie de l’État était en croissance et le taux de chômage était de 5%.

La loi exige qu’à partir de 2012, l’Etat doit baisser ses émissions de carbone aux niveaux de 1990 d’ici 2020. Les politiciens et les lobbies verts ont promis aux électeurs que cette taxe énergétique créerait des emplois.

Actuellement, le taux de chômage est de 12,3%, avec 2,25 million de Californiens au chômage, et le gouvernement de l’État est en faillite. Si républicaine Assemblyman Dan Logue a commencé à recueillir des signatures pour « The Global Warming Solutions Act", une initiative de vote, qui devait suspendre la bourse d’échange de la Californie jusqu’à ce que le taux de chômage tombe en dessous de 5,5%.

Quant aux emplois verts, cette histoire parle d’elle même.

C’était un écureuil, un syndicat et une organisation écologiste aidés de réglementations draconiennes sur la protection de l’environnement en Californie qui ont contribué à tuer un projet de centrale solaire hybride d’une ville du désert de Mojave.

Cela semblait être une bonne idée à l’époque. La ville de Victorville s’enorgueillit d’être une ville verte. Elle a acheté récemment un certain nombre de véhicules hybrides, pour sa flotte municipale. Et elle est située dans le désert de Mojave, qui reçoit de grandes quantités d’ensoleillement chaque année.  Lorsque le gouverneur de Californie, Arnold Schwarzenegger (Républicain), a signé une loi qui exige une pourcentage supplémentaire de production d’énergie électrique d’origine durable, la Ville a proposé un centrale solaire hybride. La centrale serait chauffée par l’énergie thermique solaire combinée à un chauffage au gaz naturel.

Après beaucoup de fanfare au début, le projet a commencé à rencontrer des problèmes lors de la phase d’autorisation. Le California Environmental Quality Act (CEQA) impose un processus d’examen strict. La California Energy Commission (CEC) est l’organisme qui effectue les études d’impact environnemental.

Le premier problème est un écureuil, ou plus précisément, l’écureuil terrestre du Mohave, considéré comme menacé. Alors que l’écureuil n’a jamais été trouvé sur le site du projet, ou qu’aucune preuve existe qu’il y ait jamais vécu, il pourrait décider à l’avenir d’y vivre. En conséquence, le California Department of Fish and Game a décidé d’un ratio d’atténuation de 3:1 pour l’écureuil. Cela signifie que 3 hectares de désert doivent être achetés et mis de côté pour l’écureuil pour chaque hectare de projet. Cela a fait exploser les coût puisqu’il y avait peu de parcelles disponibles pour mettre de côté.

Ensuite il y a le syndicat a appelé CURE, acronyme de California Unions for Reliable Energy (Syndicats Californiens pour la Fiabilité de l’Energie). CURE est constitué de différents syndicats de la construction. Il est réputé pour s’opposer à tout nouveau projet en Californie, à moins que le promoteur ne s’engage à faire appel aux travailleurs syndiqués pour le projet.

En Février 2008, le Sacramento Bee a fait cet éditorial :

Les syndicats sont les pires profiteurs du système CEQA. Au cours des dernières années, les syndicats ont déposés des plaintes sur des motifs environnementaux, ou menacé de porter de telles plaintes pour arrêter ou de ralentir la construction de centrales électriques, d’extensions hôpitaux et de constructions de nouveaux logements. Les avocats des syndicats semblent toujours disparaître dès que le développeur a signé un accord pour embaucher exclusivement des travailleurs syndiqués…

Depuis plusieurs années, un groupe appelé CURE a utilisé le CEQA pour ralentir ou bloquer des centrales électriques, y compris une centrale géothermique dans comté d’Imperial. Comme par hasard, CURE emploie un cabinet d’avocat fondé par Tom Adams, le président actuel de la Ligue Californienne des Citoyens Conservationnistes [de la nature].

CURE a mené une pétition auprès de la CEC afin devenir un intervenant dans le processus d’examen et il a eu gain de cause. CURE a alors commencé à demander une long liste de requêtes de 152 articles sur le projet. Par exemple, il a demandé "si la Ville mettra en oeuvre un programme de prévention contre des mauvaises herbes toxiques"

Lors de la CEC on a finalement statué contre les diverses objections que CURE avait soulevées, le syndicat a alors porté plainte sur la qualité de l’air local auprès de la Cour Supérieure qui au final a rejeté sa plainte.

Ensuite le Natural Resources Defense Council (NRDC) est intervenu. La Ville avait tenté d’acheter des crédits de pollution de l’air au bassin de Los Angeles pour la portion de la [future] centrale fonctionnant au gaz naturel, car il n’y avait pas assez de crédits locaux à acheter. Mais le NRDC a porté plainte contre l’achat et a gagné. Le NRDC se qualifie lui-même de "la Meilleure Défense pour la Terre".

Les délais et la lourdeur des exigences ont été coûteux pour la Ville. Pendant un temps, elle a essayé de vendre le projet, mais il n’y avait pas d’acheteurs. Au bout du compte, la Ville se retrouva à court de trésorerie et ne pouvait pas payer General Electric pour des turbines à vapeur destinées à la centrale. Pour l’instant, GE cherche des moyens pour recouvrer ses frais. Il y a quelques semaines, GE a dénoncé son contrat avec la Ville et a exigé le paiement immédiat. Selon le Daily Press de Victorville :

Ces conditions permettent à GE de garder la caution de 50 millions de dollars déposée par Victorville, plus 108 millions de frais de résiliation, soit la prise de contrôle de la centrale de Victorville 2.

La ville a peu d’options à ce stade, mais le prix demandé par GE pourrait mener la Ville à la faillite.

Il est possible que le projet puisse encore être construit si GE décide d’en prendre le contrôle, mais les conditions environnementales sévères devraient toujours être remplies.

En plus de ces difficultés, la ville est sous enquête par un grand jury pour les opérations financières et le S & P a rétrogradé plusieurs des emprunts de la ville au statut d’obligations pourries (junk bonds).

Cette histoire de l’énergie verte en Californie pourrait se répéter ailleurs dans l’Etat à cause la lourdeur des réglementations californiennes. Bien que le gouverneur Schwarzenegger réaffirme son engagement écologique, la réalité est que le climat réglementaire de l’État décourage l’énergie verte.

Les syndicats et les groupes environnementaux prétendent soutenir les projets écologiques mais en fait, s’y opposent souvent pour des raisons écologiques. Et la sénatrice Diane Feinstein (Démocrate) s’est récemment opposée à des panneaux solaires dans le désert de Mojave, qui est parfaitement adapté pour la production l’énergie solaire dans l’État.

Les projets d’énergie verte sont censés créer des emplois pour les travailleurs californien, selon Schwarzenegger. Toutefois, alors que des emplois ont été créés pour ce projet, la plupart est pour les avocats.

Sans ces projets écologiques, la Californie pourrait au bout du compte subir plus de blackout. Si cela se produit, la responsabilité incombera entièrement au lobby vert, adepte du double langage. Ils disent qu’ils veulent l’énergie verte, mais ils ne soutiendront pas l’énergie verte.

Les grands Médias sont également complices car ils ont fermé les yeux sur le fiasco Victorville et des projets similaires. La seule couverture de l’événement se trouve dans les journaux locaux et dans les revues économiques.


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4 réactions à cet article    


  • sobriquet 15 janvier 2010 12:22

    Je ne connais pas le sujet, mais dans la forme, on pourrait suspecter cet article d’être partial.

    Ici, on accuse les organisation écologistes d’empêcher la réalisation d’un projet « vert ». Ces organisations seraient donc hypocrites ou insensées. Mais on sait bien que de nos jour, le vert est de bon ton. Ce projet est-il réellement vert ?

    On pourrait certainement rédiger un article opposément partial, qui dirait, en somme : « La Ville prétend réaliser une centrale verte, qui menace en réalité l’environnement et ne respecte pas la réglementation en vigueur. Passage en force et greenwashing. »

    Conclusion : on ne peut pas conclure.


    • pecqror pecqror 15 janvier 2010 14:20

      Je comprends le scepticisme, voici l’article original.


      • clostra 17 janvier 2010 11:11

        Il faut bien comprendre que la « taxe carbone » est une nouvelle monnaie.
        Si on ne part pas d’une idée juste (ou juste d’une seule idée claire) il semble qu’il va y avoir une guerre inattendue : idéologique contre économique.
        Que veut-on exactement faire de la taxe carbone ?


        • clostra 17 janvier 2010 11:49

          Ne pourrait-on pas repartir d’une idée simple et communément admise : l’indépendance d’un pays se mesure à son autosuffisance énergétique.

          C’est assez incroyable, par exemple : tout le monde est là à hurler à la mort de la forêt amazonienne et personne ne se souvient des forêts qui couvraient la France d’il y a quelques siècles, toutes ces espèces qui ont disparu, ces ravinements dus à la déforestation...

          Alors, oui, pourquoi ne pas replanter à hauteur de ce que peuvent absorber les arbres du CO2 rejeté par un pays ? (quitte à tous se retrouver logés dans des cabanes dans les arbres)
          L’enjeu est ailleurs, ce serait trop simple de reconstituer le poumon français.

          Alors que faire de la taxe carbone dont Mr Woerth qui fait définitivement les fonds de tiroirs, soi-même a dit qu’elle allait cruellement manquer au budget 2010 ?

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