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Accueil du site > Actualités > Environnement > L’immeuble du futur : un écosystème au service de l’homme

L’immeuble du futur : un écosystème au service de l’homme

Depuis l'antique Rome, les humains ont utilisé la superposition des habitations pour concentrer en un même lieu les citadins. L'immeuble n'a été jusqu'ici que cette simple superposition. A l'avenir, l'immeuble devra avoir des fonctionnalités plus variées. Il deviendra un véritable écosystème complexe pour le confort de ses habitants.


Quelques précisions préalables :

Dans cet article, nous ne nous intéresserons pas aux constructions neuves, qui répondent à d'autres objectifs, qui sont laissées à la créativité des architectes et qui, surtout, seront limitées par la densité actuelle des agglomérations. 

Nous nous interrogerons plutôt sur la transformation des immeubles existants qui devront répondre à des exigences et à des contraintes nouvelles à cause des nouveaux enjeux économiques et écologiques. Cette transformation ne pourra se faire que sur des immeubles ayant des fondations et une structure en béton armé.

Phase 1 de la transformation, la surélévation :

Dans un premier temps, il s'agira de surélever l'immeuble de un à trois étages supplémentaires. Pour ne pas alourdir excessivement la structure, cette élévation se fera avec des matériaux légers, probablement avec une ossature bois, il faudra aussi prolonger les éventuels ascenseurs et revoir les cages d'escaliers.

Quels sont les objectifs de cette surélévation ? D'abord et surtout pour les copropriétaires, de financer l'opération de transformation de leur immeuble. En effet, les nouveaux appartements seront vendus au profit de la copropriété qui pourra alors financer les autres chantiers de la transformation.

Mais plus globalement, les surélévations vont permettre de répondre à des objectifs politiques : lutter contre la pénurie de logements, participer à la relance du secteur de la construction (et donc de l'économie française), dépasser le problème de la manque de disponibilité de terrains à bâtir, limiter l'inflation des prix de l'immobilier, favoriser la densification plutôt que l'étalement urbain.

Rendre possible ces surélévations va nécessiter des outillages politiques, juridiques et fiscaux nouveaux : permettre à l'assemblée générale des copropriétaires de prendre ce type de décision, aider fiscalement ceux qui se lanceront, revoir les Plans Locaux d'Urbanisme, changer éventuellement les Coefficients d'Occupation des Sols. Il faudra vérifier aussi que, en terme de sécurité et de fiabilité technique, l'opération soit possible. Il faudra parfois rajouter, à l'extérieur des immeubles existants, des fondations et des piliers de soutènement supplémentaires.

La surélévation étant programmée, la vente des nouveaux appartements va permettre de financer la transformation en profondeur de l'ancien immeuble pour lui permettre de répondre à de nouveaux objectifs et à de nouveaux enjeux.

 

Phase 2 : l'aménagement des hauts de l'immeuble

Le nouvel ensemble construit va posséder un toit. Mais on choisira d'y installer un toit horizontal ayant une couverture végétale. 

Cette couverture végétale (20 à 40 centimètres de terre) va permettre l'isolation thermique haute du bâtiment. Elle aura d'autres objectifs :

- d'abord participer à l'assainissement de l'eau usé produite par les habitants : si l'immeuble est équipé de toilettes sèches, le traitement des eaux grises nécessite 2 mètres carrés par habitant d'un système d'assainissement végétal qui traitera les eaux rejetées. L'installation d'un système de ce type sur le toit permettra de traiter les eaux grises des habitants, de réduire leurs taxes d'assainissement et la charge des systèmes d'épuration collectif.

-ensuite, de produire des légumes pour les habitants. Certains d'entre eux, ayant une passion, des loisirs, de la disponibilité pourront s'en charger. Le toit deviendra alors un lieu de vie et d'échange. Les légumes seront produites dans une serre amovible, chauffée l'hiver par la récupération des calories de la ventilation mécanique collective.

-Le toit pourra aussi avoir une terrasse à disposition des copropriétaires qui voudraient y faire un apéro ou un repas.

-si la structure le permet, on pourra, sous la couverture végétale, incorporer une sous-dalle de 10 à 20 centimètres de haut. Etanchéifiée, elle constituera un réservoir d'eau supplémentaire.

 

Phase 3 : l'aménagement des sous-sols

On pourra envisager à terme une évolution des sous-sols. Si, comme il est probable, dans les décennies à venir, la voiture individuelle pour chacun, devienne de plus en plus rare, il faudra envisager une nouvelle affectation pour les box individuels servant jusqu'à maintenant de garage. Rachetés par la copropriété, ils pourront être transformés :

-en station autolib' équipé éventuellement de voitures électriques à disposition des occupants de l'immeuble.

-en réservoir d'eau pluviale enterré

-divisés en cave individuelle

-en composteur collectif recueillant les déchets verts des habitants et les selles de ceux-ci

-à terme, si la technologie se généralise, en réservoir d'hydrogène couplé à une pile à combustible permettant de produire de l'électricité à la demande.

 

Phase 4 : la peau et l'énergie

La motivation principale de la transformation/surélévation par ses propriétaires sera de limiter les dépenses d'énergie. Il faudra donc d'abord augmenter l'isolation du bâtiment, probablement par une isolation collective par l'extérieur, qui permettra de diminuer la déperdition thermique du bâtiment et peut-être d'en faire un bâtiment à énergie positive. 

Il faudra aussi changer l'évolution des modes de chauffage et trouver la meilleure solution à la fois thermique et financière selon les caractéristiques de l'immeuble (climat régional, orientation du bâtiment, type de chauffage antérieur, ...).

Dans tous les cas, la récupération des calories dégagées par la ventilation mécanique collective sera envisagée à destination des serres du toit mais aussi sa redistribution dans les parties du bâtiment les plus exposées (au nord ou au rez-de-chaussée).

L'immeuble pourra aussi produire sa propre énergie électrique en utilisant les technologies suivantes :

-installer des panneaux photovoltaïques sur une partie du toit ou sur les façades sud

-installer des chauffeaux solaires si la production d'eau chaude est collective

-installer des éoliennes de toit ou plutôt des éoliennes verticales installées à l'extérieur des façades sur les murs exposés aux vents dominants, les installations étant dimensionnées et choisies pour bénéficier de l'effet venturi

-utiliser la circulation de l'eau entre le haut et le bas du bâtiment pour produire de l'électricité avec une micro-turbine/pompe quand l'eau descend du réservoir haut vers le réservoir bas.

 

Phase 5 : l'usage de l'eau

L'immeuble sera équipé d'un deuxième circuit d'eau, d'eau grise, non potable. Ce réseau récupérera les eaux grises (douche, machine à laver, eau du robinet) produite par les habitants, les traitera dans son propre circuit d'assainissement installé sur le toit, transférera ces eaux traitées dans les réservoirs installés dans la sous-dalle et dans les sous-sols. Ces eaux sont utilisées alors comme eau d'arrosage pour les plantes et, si l'évolution de la réglementation sanitaire le permet, pour d'autres usages (machine à laver, douche) etc... 

Bien entendu, les réservoirs récupéreront aussi les eaux pluviales excédentaires.

Ce système permettra de limiter énormément la consommation d'eau potable mais aussi les volumes d'eaux usées qu'il faudra traiter. Les habitants de l'immeuble s'y retrouveront sur leurs factures d'eau potables et sur leurs avis de taxes d'assainissement. Mais les agglomérations, qui arrivent de moins en moins à traiter et à recycler correctement les eaux usés, s'y retrouveront aussi.

Quant aux sociétés des eaux, elles devront transformer leurs activités, s'intéressant à l'installation et à la maintenance d'installation locale et naturelle de phytoépuration plutôt qu'aux anciennes installations communales de traitement chimique des eaux.

 

Conclusion :

Quand on envisage le futur écologique de l'urbanisme, nous avons tendance à imaginer deux choses :

-la maison individuelle écologique : or, celle-ci est peu probable. Construite en périphérie des agglomérations, son écologie est incompatible avec les coûts croissants des transports périurbains. De plus l'équipement d'une maison individuelle en écosystème complet (énergie, traitement des eaux, etc...) sera très coûteux pour son propriétaire alors que les frais seront répartis dans un immeuble.

-l'immeuble futuriste et l'écoquartier sortant tout neuf de terre : nous avons de moins de terrains disponibles pour les construire. L'écoquartier neuf construit sur un terrain vague est un concept hérité de notre vision de l'urbanisme du XXéme siècle : le maire crée une ZAC et on construit un quartier entier dessus. Mais ces vastes terrains disponibles n'existent plus ou sont situés dans des périphéries qui les rendent inutilisables.

L'avenir réel de l'urbanisme écologique se situe plutôt dans nos immeubles existants. Soit ils sont réellement trop vieux et inadaptés aux contraintes de notre siècle et ils devront être abattus pour être reconstruit complétement. Soit ils devront être surélevés et équipés en conséquence.

Ces chantiers vont constituer une formidable opportunité économique, urbanistique et écologique pour nos sociétés. 

Pour en savoir plus :

Comment nourrir 9 milliard d'hommes ?

La transformation d'un immeuble haussmanien à Paris. une méthode de relance économique

La pénurie de logement en France : quelles solutions ?

Comment se débarrasser de la bulle immobilière ?


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19 réactions à cet article    


  • iris 3 mai 2011 10:28

    Qui va payer ??
    les subventions du nuceaire ou autres devraient servir à nos habitats-c’est une belle idée -
    mais les écologistes vont tils etre élus àux prochaines élections ??
    Il ya déja les éco habitats pas assez développés


    • AntoineR 3 mai 2011 12:24

      C’est typiquement du Developpement Durable. La première motivation est la relance économique, après on fait des petites flèches vertes et on parle de photovoltaïque.

      Vous aurez franchement du mal à obtenir un bilan écologique intéressant en ayant pour pour objectif cette foutu croissance.

      L’énergie grise de tels chantiers et de tels équipements représente plusieurs années (ou décennies) des futurs économies d’énergies.
      C’est comme quand on met une voiture à la casse pour la remplacé par une autre qui consomme 20% de moins. On ne prends pas en compte l’énergie et les ressources pour produire la nouvelle ni les déchêts engendrés par la première.

      Je pense que le progrès technique ne suffira pas.

      Il y a aussi des exemples qui sont franchement tirés par les cheveux. Comme la turbine qui récupère l’énergie de l’eau qui coule du toit. Vous savez combien d’énergie potentiel il y a dans 1 tonne d’eau à 20 mètre de haut : 0,055 kWh soit quedal.

      ça me parait un peu Shadock de vouloir récupérer ce type d’énergie quand on a 30 appareils en veille à la maison qui consomme 20% de l’electricité ou quand des personnes sont équipées de gros congélateurs alors qu’ils font les courses toutes les semaines.

      Ils faut des vrais changements comportementaux. Si vous fournissez des maisons positives à des gens qui n’ont rien à faire de l’environnement, ils utiliseront le gain financier pour acheter des conneries ou pour voyager en avion à l’autre bout de la terre.

      Mais je ne veux pas être dans la critique négative uniquement. Vous voulez un exemple de mesure concrête qui aura une efficacité instantanée :

       1 ) Appliquez des tarifs progressifs à l’eau et à l’electricité (quasi gratuit pour les besoins physiologiques et à progression exponentiel) : les inconscients paieront pour les autres.

       2 ) Etablissez la même taxe sur le kérosène que sur l’essence


      • joletaxi 3 mai 2011 14:19

        On le lit, et on ne peut s’empêcher de penser:est-ce un gosse de 12 ans qui remet sa rédac ?


        On va surélever un batiment existant par une structure en bois, et on va poser sur le toit quelques tonnes de terre, et des installations d’assainissement ?
        On va récupérer les eaux usées que l’on va traiter sur le toit ?On croit rêver.
        On va mettre des éoliennes verticales sur les façades,pour illuminer les guirlandes de noël sans doute.
        On va mettre sur la toiture végétale une serre,pour jardiner, l’assainissement, des terrasses pour l’apéro,pourquoi pas un terrain de foot ?
        N’en jetez plus,la coupe est pleine.

        • mick_038 mick_038 3 mai 2011 14:34

          Euh, joe, ça a déjà été réalisé pour le site de Ford aux états-unis, qui était tellement pollué que Ford avait le choix entre l’évacuation ou la dépollution et restauration du site. Nike aussi a réalisé des travaux similaires. Et en plus, ça fonctionne au top, ça a permis à Ford et Nike de quasiment doubler la productivité tout en faisant des économies.
          les géniaux architectes de ce « renouveau architectural » sont McDonough et Braungart.
          Un reportage fort intéressant détaille tout cela, y compris les installations :
          « Vos déchets, une matière première », c’est le titre du reportage.


        • Laratapinhata 3 mai 2011 14:50

          Bravo. Un bon exemple vaut mieux qu’un long discours.


        • milu 3 mai 2011 15:22

          vous voulez faire remonter les eaux grises sur le toit ? c’est pourtant un système gravitaire, qui alors nécessitera une voire plusieurs pompes de relevage, faisant perdre tout intérêt à la chose (coût appareillage électrique, consommation d’électricité)


          et la récupération de l’eau de pluie ! typique d’un enjeu économique mais certainement pas écologique. 

          article intéressant mais qui mériterait d’être bien plus approfondi !

           smiley

          • joletaxi 3 mai 2011 15:47

            mike


            on peut tout imaginer.
            Aux USA,il y a même un petit village d’habitations construites en pneus.

            Et chaque fois qu’un projet est viable,il y a des entrepreneurs qui sont sur le créneau.
            Boulder est sans doute la ville la plus écologique que l’on puisse trouver, mais on est en Californie,où un puissant soleil brille tous les jours,et où les habitants sont « friqués »

            Quand on me parle de rénovation de l’habitat, je ne peux qu’être d’accord.
            Mais quand dans un pays,4 millions de gens sont contraints de vivre dans des clapiers, quand ils ont un toit d’ailleurs, que la moitié du bâti est ancien et en mauvais état,et qu’il y a 3 millions de chômeurs avérés,incapables de financer quoi que ce soit, je trouve cela un peu irréaliste.

            Attachons nous à des projets pragmatiques,comme améliorer les performances énergétiques des bâtiments actuels,optimiser le chauffage etc.

            Et en plus, le rêve de tout français est de posséder son petit pavillon, avec son petit jardin, et pas de s’entasser dans des usines à gaz,dont la simple maintenance sera chère.
            Et ce rêve là, je ne vois pas au nom de quoi, vous voudriez l’enlever aux gens ?



            • mick_038 mick_038 3 mai 2011 22:46

              Loin de l’enlever, au contraire, le rendre accessible à tous.
              Dans le reportage que je vous ai cité, la dernière partie porte sur la chine. Et là on y voit quelque chose d’édifiant :
              grâce au recyclage des déchets chinois, McDonough propose des maisons de 100m2, tout équipé, avec filtrage et recirculation de l’eau, passives, autonome énergétiquement (solaire + éolienne de 50cm sur le toit), qui se chauffent avec une bougie, au prix de ... 6000 €uros !!! Oui vous lisez bien, 6000 € !!! Et ils les vendent, c’est pas hypothétique, c’est pas éventuellement dans l’avenir, il les vend !! Elles existent, elles sont construites, beaucoup sont déjà achetées et construites !!! 6000 € !!!
              McDonough affirme pouvoir réaliser les même en europe pour 15000 €uros !!! Non c’est pas une blague, 15000€, il ne manque pas de zéro... Mais il avoue lui-même se heurter à un puissant lobbying politique et immobilier, et d’ailleurs il ne comprend pas (ironiquement sans doute) pourquoi il n’a pas été consulté pour le grand Paris...
              C’est pas du virtuel, c’est pas de la simulation informatique, c’est pas une vision idéale du futur, c’est maintenant, ça se fait et ça se vend.
              Bien sûr, je souhaiterais devenir moi aussi propriétaire, mais pas à n’importe quel prix... Si je peux sérieusement le devenir pour 15000€ au lieu de 300000€, je n’ai pas honte de dire que cela me tente sérieusement. Mais un bon reportage vaut mieux qu’un grand discours, visionnez donc ce reportage.


            • mick_038 mick_038 4 mai 2011 00:22

              Et je rajouterais, Jo, que les deux architectes ont un coté humaniste qui forcent l’admiration. Leur technologie et leurs brevets sont libres d’exploitation. Bon ok, ils étaient bien blindés auparavant. Mais pour pouvoir s’implanter en chine, et en même temps y développer leur « vitrine technologique », le gouvernement a exigé un transfert de compétence. C’est à dire qu’en ce moment même il y a plusieurs centaines d’ingénieurs chinois qui sont formé à cette technologie et sa maitrise. Il y a fort à parier que d’ici une décennie, à peu près, lorsqu’ils maitriseront parfaitement cette technique, les chinois envahissent le marché européen de la construction avec des prix qui vont faire vraiment très mal, parce que des maisons, même recyclable et qui ne durent admettons que 15 ans, vendues neuves moins chères que 3 ans de loyer en location F3, j’en connais un paquet qui vont se jeter dessus. Et les propriétaires actuels de bâtis en dur, béton ou pierre, n’auront plus que leurs yeux pour pleurer, car leur propriété ne vaudra plus que le prix de la matière, soit quelques milliers d’euros, et encore....
              En même temps, revenons à la raison quelques secondes, redevenons humains et réalistes : est-il vraiment concevable et raisonnable que le travailleur moyen européen doive s’endetter pendant 40 ans pour s’offrir un toit, hypothéquant ainsi son avenir et celui de sa descendance ?? Seuls des fous, des ahuris ont pu concevoir, valider et adhérer à un tel système, un tel esclavage vis à vis des banques, des créanciers !! Il était plus que probable qu’un jour ce système s’effondrerait, volerait en éclat ! Et dès à présent, ce n’est plus qu’une question d’années, une dizaine, tout au plus.
              Oui, la maison jetable et recyclable existe déjà, ce n’est plus un concept, elle se vend dans certains pays, elle s’achète par centaines tous les jours en chine, ce n’est pas un rêve, ce n’est pas une fiction, c’est un fait, une réalité, et les sceptiques peuvent aller le voir sur place de leur propres yeux.
              Et d’ici peu, elle arrivera ici, chez nous, en Europe et en France...
              Très honnêtement, j’ai hâte, oh oui, j’ai hâte que cela arrive, et je déconseillerais à quiconque de placer dans l’immobilier pour finir ses vieux jours, parce que l’âge d’or de l’immobilier arrive bel et bien à sa fin, tout comme la crise du logement.
              Vivement demain.


            • Rcoutouly Rcoutouly 4 mai 2011 06:30

              des maisons en pneus, c’est du recyclage intelligent.

              Mais le coeur du problème immobilier c’est le foncier avant la construction : il faudra donc rajouter 100000 euros ou le double pour acheter le terrain,
              c’est pourquoi il faut surélever pour régler le problème de la pénurie de logement.

            • Spip Spip 3 mai 2011 23:14

              Séduisant...

              Le problème actuel est bien l’existant : des immeubles-passoires thermiques qu’il va falloir isoler par l’extérieur, seule solution viable mais chère. La surélévation permettrait effectivement de financer ça mais avec d’éventuels dégâts collatéraux.

              Si le copropriétaire ne peut pas payer, que se passera t-il ? Il sera obligé de mettre en vente avec une décote correspondant aux travaux. D’où, peut-être aussi, une correction des prix du marché de l’ancien, actuellement dopé artificiellement par le prix du neuf.

              Pour ce qui est du reste (toit, sous-sol, traitement des énergies, etc.) c’est assez logique mais j’aurais tendance à voir ça plutôt comme un catalogue d’options qui feraient vite grimper le prix final, comme chez Mercedes...

              « le rêve de tout français est de posséder son petit pavillon, avec son petit jardin » Oui, bien sûr mais je crains que nous soyons la dernière génération à pouvoir penser ça. Les raisons sont nombreuses : coût et disponibilité du foncier, mitage du paysage, éloignement du centre d’activité, coût en individuel d’un chez soi performant (énergétique/écologique) et je dois en oublier.

              « s’entasser dans des usines à gaz,dont la simple maintenance sera chère » Non, il existe suffisamment d’exemples de réalisations (en Hollande, Autriche, Allemagne, etc.) alliant des performances écologiques pouvant aller jusqu’à l’auto-suffisance énergétique avec un cadre de vie bien pensé. Quant à enlever les rêves, la réalité s’en charge : qui peut, aujourd’hui, se payer une maison individuelle qui tiendrait compte des contraintes que j’ai listé ci-dessus ?


              • Raymond SAMUEL paconform 4 mai 2011 11:15

                Bonjour,

                La mentalité du rural a disparu ; tous les raisonnements sont le fait de citadins.
                La maison individuelle est vue comme la résidence de salariés allant travailler « dans les centres d’activité ». On parle de mitage, de distances à parcourir pour se rendre « dans la société », de coût du foncier etc...
                Pas de prise en compte des modifications qui vont se produire, qu’on le veuille ou non, dans notre organisation sociale et les contraintes qui vont avec.

                - Mettre encore plus d’habitants dans les villes ? Ça revient à précipiter l’augmentation du nombre des chômeurs puisque les citadins sont massivement des salariés et vivent avec un chéquier. Qui va alimenter le chéquier ? L’Etat est en faillite et ne pourra plus prélever assez d’argent pour garnir ces chéquiers.
                Rêver de plein emploi c’est croire au miracle.
                Il n’y a pas de solution suffisante pour transformer tous les demandeurs d’emploi en individus autonomes mais il y a des mesures à prendre d’urgence, comme amorcer l’exode urbain en incitant et aidant financièrement les citadins sans perspective professionnelles à devenir des ruraux capable de produire leur alimentation et leur chauffage sur les terres abandonnées à l’époque industrielle. Il y a beaucoup de ruines à relever. Les techniques très économiques existent, comme le bois cordé ou la paille pour se loger grâce à l’auto-construction.
                L’époque de la création de produits grâce à des manipulations financières ne pouvait qu’avoir une fin (la création de monnaie n’est pas une solution viable) et cette fin est amorcée. Il faut maintenant raisonner à partir de la matière et non plus à partir de l’argent qui n’a plus suffisamment de contre-partie.
                A savoir cependant que l’exode urbain tel que l’on peut l’espérer ne réglera pas le problème de l’accès aux besoins essentiels (nourriture, logement, chauffage etc.) pour ceux qui ne pourront pas ou ne voudront pas quitter les villes. Les grandes concentrations urbaines deviendront fatalement des catastrophes dans un avenir plus ou moins proche.


                • joletaxi 4 mai 2011 11:24

                  @Mike


                  Concernant le prix de l’immobilier, vous avez tout à fait raison,mais il faut rechercher les causes dans la restriction de l’offre de terrains constructibles par la législation ;
                  Concernant la bâti, ce que vous décrivez est le mode de logement le plus commun aux USA depuis toujours.Si vous consultez les petites annonces sur Ebay USA,vous pourrez constater par vous même que la majorité des offres concerne des maisons en bois, dont le prix terrain compris est inférieur à l’achat d’un terrain ici.
                  A une certaine époque,j’étais à l’achat d’une maison sur un magnifique terrain bordant un golf, avec appontement sur un bras de mer,maison à l’américaine, énorme, airco, piscine etc... pour 127.000 $,soit moins que le prix du terrain de même taille ici.
                  Et ces maisons, qui se ressemblent toutes, une fois la cuisine est à droite, une fois elle est à gauche,s’échangent comme des bagnoles.Mon ami avait vendu la sienne pour acheter un énorme camping car,pour aller visiter son meilleur ami en Alaska.Je m’étonnais car ici, on reste attaché à ses « pierres ».En fait,une maison similaire, au même prix peut se trouver dans tous les états US,
                  Une des causes de la crise immobilière aux USA est justement la restriction de l’offre de terrains.Les états qui n’ont pas pratiqué cette politique ont été beaucoup moins affectés.
                  Mais en adoptant cette façon de vivre, vous devez aussi accepter, comme aux USA, que les « riches » se cantonnent dans des condomium où les prix sont inaccessibles aux autres, et y bâtissent des villas 40 pièces.
                  Et que dire du paysage ?

                  Spip

                  Une maison individuelle bien conçue n’est pas plus chère, sinon par le terrain, cf plus haut,à bâtir que le même nombre de logement empilés.
                  Concernant les équipements,l’effet d’’échelle est défavorable à la multiplication des petits équipements.Les possibilités de bénéficier d’une bonne exposition, de surfaces pour le solaire etc aussi.
                  Et un bus qui relie régulièrement une gare proche(un bus électrique par ex.) revient nettement moins cher qu’une ligne de métro.
                  La France est un grand pays, et il y a de la place pour offrir des terrains à des prix abordables.Et une adaptation des lois urbanistiques permettrait aussi de faire baisser le prix du bâti.
                  Quant au mitage ,vieille légende, je n’y vois guère d’inconvénients, quand je vois ce que ce sont devenus certains quartiers en ville, construits à l’’époque par des architectes « penseurs »

                  En bref, laissez chacun choisir la solution qui lui convient le mieux dans un espace de liberté maximum.

                  • mick_038 mick_038 4 mai 2011 12:41

                    Joe,

                    "Mais en adoptant cette façon de vivre, vous devez aussi accepter, comme aux USA, que les « riches » se cantonnent dans des condomium où les prix sont inaccessibles aux autres, et y bâtissent des villas 40 pièces.« 

                    Alors ça franchement, ils font bien ce qu’ils veulent ! Si ils ont besoin d’un 40 pièces, pourquoi pas ? Moi perso, je n’en ai aucun besoin, j’ai juste besoin, à la limite, d’un »cabanon« , même en bois, dans lequel je puisse dormir, manger, me reposer, ainsi que ma fille... J’y passe pas assez de temps pour avoir besoin d’un 200m2
                     
                     »En bref, laissez chacun choisir la solution qui lui convient le mieux dans un espace de liberté maximum."
                    Tout à fait, je ne compte rien imposer à qui que ce soit. Je ne fais que donner des informations et citer des solutions qu’un grand nombre ignore sans doute (mais qu’ils me démentent si je me plante), car non relayé ou présenté par les médias officiels, ou qu’il n’aurait pas obtenu auprès d’un batisseur classique. C’est après tout l’intérêt de ce genre de site, y trouver des infos peu voir pas accessibles... Après, parmi toutes les solutions citées et exposées, chacun est libre de choisir celle qui lui convient.
                    La multitude permet de faire le bon choix.


                  • joletaxi 4 mai 2011 14:22

                    Après, parmi toutes les solutions citées et exposées, chacun est libre de choisir celle qui lui convient.


                    Encore faut-il que l’on ne cadenasse pas les choix par des réglementations absconses.
                    J’ai été dans le batiment pendant des années,j’ai même construit 3 villas, et pas des petites, tout seul,avec ma petite truelle.

                    Aussi, quand je lis des articles comme celui-ci, je ne peux m’empêcher de réagir.
                    Pour l’auto entrepreneur,qui reste un cas marginal, le prix des matériaux reste primordial.Pour la péquin moyen, c’est le prix de la main d’oeuvre qui compte, et donc la facilité et la rapidité de mise en oeuvre,car ce poste multiplie le coût final facilement par 5.Ajoutez des taxes diverses, les frais d’architecte(on se demande d’ailleurs à quoi il sert pour des petites maisons individuelles) et vous arrivez à des prix « dingues ».

                    Aux USA, par exemple, vous avez plusieurs bouquins très bien faits, qui vous expliquent le montage de votre maison de A à Z, et vous avez une cinquantaine de plans standards .Pourquoi ne peut-on pas faire de même ici ?
                    J’ai un ami qui importait des chalets en bois de Norvège, de vraies petites merveilles, sur base en dur, qui a fait faillite, car l’urbanisme à l’époque refusait le bois en façade.Et encore maintenant, des maisons en bois ont un parement brique !

                    Les exemples sont innombrables.En belgique on vous impose une citerne à eau de pluie, dans un pays où il pleut sans cesse,qui dans la plupart des cas ne sert à rien.Un client vient d’être condamné à 17.000€ d’amende car il a installé un chauffage électrique.On a bien expliqué que ce Monsieur passait l’hiver dans le Sud, et que le chauffage électrique restait la solution antigel la plus fiable, il a fallu payer.
                    Alors de grâce, arr^tez ces « idées géniales » et laissez les gens voire midi à leur porte.

                    • mick_038 mick_038 4 mai 2011 19:10


                      "Aux USA, par exemple, vous avez plusieurs bouquins très bien faits, qui vous expliquent le montage de votre maison de A à Z, et vous avez une cinquantaine de plans standards .Pourquoi ne peut-on pas faire de même ici ?
                      J’ai un ami qui importait des chalets en bois de Norvège, de vraies petites merveilles, sur base en dur, qui a fait faillite, car l’urbanisme à l’époque refusait le bois en façade.Et encore maintenant, des maisons en bois ont un parement brique !« 

                      J’ai un ami, à la valette du var, qui est en train de construire sa maison, avec des piliers en bois,des murs en paille, et le revêtement extérieur c’est du bois. Il peut même la faire visiter sur demande. Il y a même eu un petit article dans le nice-matin local. Il n’a eu aucun problème pour faire. C’est lui même qui l’a réalisé, de A à Z, bien sur il s’est aidé d’un archi pour les plans.
                      Il n’a eu absolument aucun problème avec qui que se soit, ni l’urbanisme, ni les mairies, ni l’administration, ni l’architecte de france (pas loin d’un monument historique). Désolé pour votre ami, mais heureusement son cas n’est pas généralisé.
                       

                       »Alors de grâce, arr^tez ces « idées géniales » et laissez les gens voire midi à leur porte."
                      Euh alors là, non, même si vous me payez très cher....



                      • Spip Spip 4 mai 2011 19:12

                        @ joletaxi
                         

                        « Une maison individuelle bien conçue n’est pas plus chère, sinon par le terrain, cf plus haut, à bâtir que le même nombre de logement empilés » En toute bonne logique mathématique, si ! Par contre, l’individuel permet un meilleur contrôle du projet par le client. Ce n’est pas du clé en main décidé/exploité par un tas d’intermédiaires plus ou moins utiles, à prendre ou à laisser et on peut, si on est bricoleur se réserver des lots, ça d’accord.

                        Qu’appelez-vous petits équipements ? Quant à l’exposition, il suffit de voir l’orientation en patchwork de beaucoup de lotissements pour se rendre compte que l’individuel n’est pas, par essence, à l’abri. Et même, hors lotissement, j’ai pu voir des maisons implantée en dépit du bon sens (qui voudrait, en gros : pièces à vivre au Sud, chambres à l’Est et pièces de service au Nord)

                        Pour le transport, on est bien d’accord, mais ça relève (ça devrait) d’une politique GLOBALE  par les autorités et pas du coup par coup en fonction de l’étalement urbain constaté. Là, c’est trop tard (trop compliqué, trop cher, etc.)

                        Le prix des terrains : vaste sujet... Pour les particuliers c’est considéré comme n’importe quelle marchandise, donc loi de l’offre et de la demande dans un contexte de rareté plus ou moins voulu/organisé, on est bien d’accord aussi.

                        Le mitage n’est pas une légende, plutôt une triste réalité et qui en plus coûte cher à la communauté (vous, moi) en terme d’équipements. Les horreurs existantes ne doivent pas excuser par avance les erreurs à venir.

                        Il n’a jamais été question pour moi d’imposer quoi que ce soit, mais de débattre, entre autre, à propos du rêve individuel confronté à une réalité qui change (et pas toujours en bien) D’autant plus que j’ai tourné longtemps autour d’un projet de maison à ossature bois, summum du « rêve » individuel pour moi. Ca m’avait permis de me constituer une assez bonne culture sur les problèmes afférents à ce sujet, les « professionnels » se contentant de vendre du « sur plan » sans les connaissances requises, c’était flagrant !


                        • Ruut Ruut 5 mai 2011 06:23

                          ...
                          Vous décrivez les futurs immeubles de riches pour les riches avec les pauvres en périphérie des villes.
                          Car les villes écologiques seront hors de prix au niveau location.
                          Idem pour les transports en communs uniquement réservés en villes.
                          Je prévois dans 20 ans des guerres campagnes contres villes tellement les inégalités vont croissantes.
                          Toujours plus de privilèges en villes toujours plus de contraintes pour les pauvres résidant en campagne.
                          ...


                          • Spip Spip 5 mai 2011 20:34

                            @ Ruut

                            « les futurs immeubles de riches pour les riches » Vu ce qui se construit actuellement, c’est hors de portée du français moyen, vous avez raison.

                            Mais c’est comme pour tout le reste, l’automobile par exemple. Souvenons-nous : l’ABS, la boîte de vitesse robotisée, etc. Tout ça n’était disponible que chez Mercedes, Porsche ou Ferrari. Des solutions pour (très) riches. Aujourd’hui c’est disponible sur n’importe quelle voiture sans surcoût excessif, l’effet d’échelle est passé par là.

                            Ça sera probablement pareil, d’autant plus que beaucoup de ces technologies pour le bâtiment ne nécessitent pas des recherches énormes et coûteuses, elles sont déjà opérationnelles. Manque, pour l’instant, le fameux effet d’échelle qui fait fondre le prix.

                            Alors, prenons ces réalisations pour ce qu’elles sont aujourd’hui : des prototypes au prix de prototype, comme les voitures. A l’avenir (et avec un brin de volonté politique...) ce sera de la série au prix de la série.

                            Votre prévision sur guerre des campagnes versus ville est intéressante.
                            1) elle existe déjà, banlieues vs centre
                            2) elle pourrait bien se jouer à trois et se déplacer : vous ne mentionnez pas... les véritables campagnards, les agriculteurs qui sont déjà en conflit à propos de communes rurales transformées en cités-dortoirs (avec perte de terrains cultivables)

                            Et dans ce cas, qui serait allié avec qui ? Pas évident...

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