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Accueil du site > Actualités > Environnement > L’impasse énergétique : une vérité qui ne dérange personne

L’impasse énergétique : une vérité qui ne dérange personne

Quels sont les véritables enjeux énergétiques mondiaux ? Il y a quelques jours, à la suite de la lecture de l’impressionnant article intitulé « nous mangeons du pétrole », je me suis décidé à enquêter par moi-même.

L’article de Dave Allen Pfeiffer m’avait beaucoup impressionné par sa mise en évidence de l’impasse énergétique. En substance, pour produire notre alimentation, il faut du pétrole, et la disparition des ressources énergétiques fossiles va amener de terribles famines.

Cet article, tout à fait brillant, manque toutefois d’une mise en chiffres complète de l’équation énergétique mondiale, équation pourtant accessible à tous, les sources étant disponibles sur la Toile.

Mon raisonnement de base a été le suivant : que se passerait-il si chaque humain consommait autant d’énergie que chaque Français ? A partir de là, en combien de temps toutes les réserves énergétiques de la planète seraient-elles épuisées ?

Afin de rester lisible, j’ai choisi de raisonner en énergie primaire, c’est-à-dire avant toute transformation, et en utilisant comme unité de mesure les kWh et les barils de pétrole.

Quelle est la quantité d’énergie consommée par Français ?

Les chiffres sont tout à fait accessibles : ainsi, l’Insee annonce une consommation en 2006 de 276 Mtep, soit 50 000 kWh par Français et par an, ou bien l’équivalent de 36 barils de pétrole (sur la base de 64 millions de Français).

Que se passerait-il si tous les humains consommaient autant d’énergie que chaque Francais ?

La consommation mondiale actuelle est de 88 milliards de barils par an (source Ministère de l’Industrie - observatoire de l’énergie - 2005).

Avec 6,7 milliards d’humains aujourd’hui, si tous les humains consommaient comme les Français, nous aurions une consommation de 208 milliards de barils équivalent pétrole par an (36 barils x 6,7 milliards).

Or, quelles sont les réserves ? Encore une fois, les chiffres sont tout à fait accessibles. Sur le site du Ministère de l’Industrie, nous obtenons le montant des réserves en Milliards de tep (je convertis en barils pour garder l’homogénéité des données) :

Pétrole : 1 026 milliards barils

Gaz : 1 048 milliards barils équivalent pétrole

Charbon : 3 665 milliards barils équivalent pétrole

Total : 5 739 milliards de barils
A partir de là, les choses sont faciles : 5739 / 208 = 28 années.

Ainsi, si l’humanité se mettait à consommer autant que chaque Français, nous en aurions pour 28 ans à conserver notre niveau de vie. Puis, plus rien. Le retour à la bougie. Sans parler du reste, notamment du problème alimentaire.

Certains esprit malicieux rétorqueront qu’heureusement, il reste le nucléaire. Ouf !

Voyons cela.

Aujourd’hui, notre Ministère de l’Industrie, que l’on ne peut guère soupçonner d’être un repaire d’antinucléaires féroces, annonce des réserves de 17 millions de tonnes d’uranium.

Sachant qu’une centrale de 1000 MW consomme 155 tonnes d’uranium pour une production annuelle de 8700 Gwh, soit 5,5 millions de barils, les 17 millions de tonnes ouvrent la possibilité d’une production de 600 milliards de barils. Nous voilà donc sauvés, avec 3 ans de survie complémentaires...

D’autres diront que les réserves en ressources fossiles sont sous-estimées : je les renvoie à l’excellent ouvrage d’Eric Laurent « La face cachée du pétrole », qui met en lumière les trucages des pays pétroliers sur les réserves disponibles. Les internautes pourront se référer à l’article publié sur Wikipedia .

Ces chiffres restent contestables ? En tout cas, un rapport commandé par la Commission Européenne (WETO-H2) confirme le fait que la consommation énergétique mondiale devrait passer à 22 Gtep (soit 161 Milliards de barils) à horizon 2050.

Pas loin de nos 208 milliards de barils ! Il faut préciser que dans mes chiffres, je ne tiens pas compte de l’augmentation prévisible de la population !

Et il est clair que d’ici là, les réserves se seront déjà épuisées en partie...

Les curieux peuvent aussi se reporter au tableau de l’Agence Internationale de l’Energie, qui met en évidence que nous ne sommes pas précisément en voie de décroissance énergétique.

Le CO2, cache-sexe de la crise énergétique ?

Compte tenu des éléments mis en lumière, je m’interroge sur la pertinence de la focalisation actuelle autour des émissions de gaz carbonique. Il est évident que la hausse du niveau des océans n’est pas négligeable, surtout pour les habitants de Tuvalu ou autres îlots du Pacifique. Mais la problématique énergétique est autrement plus inquiétante que le réchauffement climatique. Les gouvernements veulent-ils éviter d’effrayer les foules ?

Reste-t’il des issues ?

J’en vois une, qui ne consiste ni en une campagne de stérilisation massive, ni une diffusion généralisée du bacille de l’Anthrax, ni le retour immédiat à la bougie..

Vous voulez en savoir plus ? Restez branché sur Agoravox !

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104 réactions à cet article    


  • krolik krolik 28 juin 2008 12:38

    Bonjour,

    En ce qui concerne l’estimation des réserves d’uranium on peut tout dire là-dessus.

    De l’uranium il y en a partout dans le monde, y compris dans des lieux réputés exempts comme le bassin sédimentaire de la région parisienne où il y en a de 3 à 9 grammes par tonne de terre. Cette teneur est de l’ordre de grandeur en or des mines en exploitation en Afrique du Sud. Donc on sait par là que le prix maximum de l’uranium est celui de l’or.

    Le prix du kWh est peu dépendant du prix du métal de base.. Dans ces conditions tout lieu peut devenir une mine d’uranium pour une ressource quasi infinie.

    D’autre part dans l’uranium, actuellement on utilise principalement l’isotope 235 et on stocke l’isotope 238 séparément.

    Chaque année nous engrangeons environ 60 ans de fonctionnement d’un parc nucléaire équivalent au parc actuel, mais version "génération 4". Ce qui fait que nous avons en stock environ 1500 ans de fonctionnement d’un parc nucléaire. C’est ce qui s’appelle penser aux générations futures.

    Et après l’uranium il y a le thorium dont on peut développer le cycle, et le thorium est également présent sur Terre dans des quantités qui sont de l’ordre du double des quantités d’uranium...

    Pour sortir du pétrole et du CO2 , il semble qu’il se prépare un plan destiné à mettre 8 millions de voitures électriques en France en 10 ans.. Pour faire le plein de ces véhicules il faudra quelques EPR de plus.

    @+


    • Pierrot Pierrot 28 juin 2008 15:50

      Tout à fait d’accord avec les propos de Krolik.

      J’ajouterais que l’arrivée des réacteurs dits de quatrième génération (surgénérateurs vers les années 2040) permettra de multiplier par un facteur de plus de 60 les ressources mondiales d’uranium. En effet ces réacteurs utilisent l’isotope non fissile 238 U (99,3 % de l’uranium naturel) alors que l’235 U actuellement utilisé, ne représente que 0,7 % de l’uranium naturel.

      Les mines de phosphates sont aussi une ressource d’uranium suplémentaire (expérience en cours au Maroc).

      De même l’uranium peut être extrait de l’eau de mer (faisabilité sur une installation pilote démontrée au Japon).


    • jcm jcm 28 juin 2008 19:12

      @ Krolik :

      Vous écrivez : "Le prix du kWh est peu dépendant du prix du métal de base.. Dans ces conditions tout lieu peut devenir une mine d’uranium pour une ressource quasi infinie.".

      Vous pourrez trouver sur un site d’Areva un graphique des coûts de production par MWh de différentes énergies dont le nucléaire, avec une distribution entre coût d’investissement, de maintenance et de carburant.

      Il apparaît nettement que le coût carburant du nucléaire voisine les 20% pour la France, 23% si l’on mesure assez précisément les segments du graphique.

      Dans "L’économie du nucléaire", un article publié sur un site du CEA figure un graphique comparable sur lequel le coût du carburant est de 3%, pour une étude effectuée en 2002.

      Le site d’Areva est nettement plus récent, il a été mis en service en Mai 2008 et doit donc contenir des données actualisées et dignes de confiance.

      On peut donc a priori déduire que le prix du métal de base a une incidence plus importante que ce que vous croyez, le coût du carburant ayant cru de 20% environ entre ces 2 graphiques soit un coefficient multiplicateur de 6 à 7.

      En fait depuis 2002 le prix de l’uranium a considérablement grimpé ("Uranium, un marché en quête d’équilibre"), la livre d’oxyde d’uranium (U3O8) passant de 15 dollars en 2004 à 74 dollars environ aujourd’hui.

      On peut donc imaginer que si le cours de l’uranium atteignait celui de l’or il y aurait peu d’intérêt à produire de l’électricité nucléaire : la livre d’oxyde d’uranium vaudrait environ 6900 euros, je vous laisse convertir en dollars...

      Et plus il y aura d’EPR, plus la demande d’uranium sera forte et son prix élevé...


    • krolik krolik 28 juin 2008 19:25

      Le prix de l’or est actuellement hautement spéculatif et ne reflète pas le prix de revient.

      Les mines d’or d’afrique du sud sont quasiement sans concurrence, manque des "placers" dans le monde, et l’on vient de refuser par exemple un permis en Guyane (je ne juge pas, je constate simplement).

      Ce n’est absolument pas la cas de l’uranium. On avait arrêté toutes les recherches de sites nouveaux dans les années 80-90 où le yellow cake était en provenance de la conversion des réserves militaires soviéto-américaines était descendu à 4$/livre de métal en 1994.

      Et comme il a été dit par un autre participant, on peut toujours récupérer l’uranium des phosphates marocains, ça devrait quasiment doubler les réserves mondiales connues d’un coup, et répandre moins d’uranium avec les engrais pour tabac, ça fera moins de cancers de la gorge pour les fumeurs.

      Et l’extraction de l’uranium de l’eau de mer...des réserves à ne plus savoir qu’en faire..Pas gratuites mais des procédés amenés à être compétitifs sont en développement.


    • jcm jcm 28 juin 2008 19:49

      Votre dernier commentaire est assez amusant, Krolik, on pourrait croire que c’est une réponse à celui que je faisais.

      Mais il n’en n’est rien en fait car vous ne répondez pas à ce que j’expose, qui est l’influence de la variation du prix de l’uranium sur le prix de l’électricité produite.

      Mais je comprends très bien que vous restiez dans le vague...


    • krolik krolik 28 juin 2008 20:09

      "Mais je comprends très bien que vous restiez dans le vague"

      Répondre finement à une question comme cela, avec précision, il faut un "certain temps".

      Ca ne se fait pas à l’envolée. Il n’y a plus de Pic de la Mirandole.. qui savait tout lui..


    • wesson wesson 28 juin 2008 22:20

      "Les mines de phosphates sont aussi une ressource d’uranium suplémentaire"

       

      sauf que du phosphate, il y en a pour 20 ans maxi.

      ça va déjà bien tousser quand il n’y en aura plus pour faire des engrais .... On pourra essayer de le remplacer par du thorium peut-être smiley

       


    • wesson wesson 28 juin 2008 22:32

      "Pour sortir du pétrole et du CO2 , il semble qu’il se prépare un plan destiné à mettre 8 millions de voitures électriques en France en 10 ans.. Pour faire le plein de ces véhicules il faudra quelques EPR de plus."

       

      Une solution tout simplement ridicule !

      Déjà, le problème de la voiture électrique, ce n’est pas l’électricité, mais son stockage. Ce que l’on sait faire de mieux dans le domaine utilise des métaux lourds, polluants et rares. Le recyclage est couteux, et le rendement est faible - il faut toujours plusieurs tonnes de batteries électriques pour arriver à l’autonomie d’un réservoir d’essence d’une cinquantaine de litres - et le temps de recharge est sans commune mesure avec les 5 minutes en moyenne que prends un plein. La voiture electrique efficace, c’est vraiment pas pour demain.

       

      ensuite pour les avions et les bateaux, à moins de construire des kilomètres de rallonges électriques, je ne voit pas trop ce que l’EPR pourrait bien leur faire.

       

       


    • wesson wesson 28 juin 2008 22:43

      "l’arrivée des réacteurs dits de quatrième génération (surgénérateurs vers les années 2040) permettra de multiplier par un facteur de plus de 60 les ressources mondiales d’uranium."

       

      Ahhh j’oubliais, Super Superphénix, le machin décidé par chirac en 1976, qui a englouti 10 milliards d’euros et a fourni de l’électricité bien pendant ... 3 semaines durant ses 20 ans d’exploitation !

      c’est de la suite de ça qui doit donner l’après pétrole ?


    • wesson wesson 28 juin 2008 22:52

      Voyez-vous Cher Pierrot, cher Krolik, lorsque l’on expose des hypothèses de cet ordre, on s’attends à ce que la prochaine solution à l’après pétrole que vous évoquiez soit la venue de Monsieur Spock depuis sa planète vulcain avec une cargaison de métal extraterrestre qui assurera la fourniture énergétique pour les 15 prochains siècles...

       

      Même si cette hypothèse n’est pas tout à fait à exclure, elle reste quand même assez peu probable !


    • loupdesbois 29 juin 2008 10:53

      pour les bateaux, il suffit de revenir à l’énergie éolienne, comme on a fait pendant des sciècles...


    • Pierrot Pierrot 29 juin 2008 13:11

      à @JCM,

       

      vous avez mal interprété le document et le graphique d’AREVA :

      le poste "carburant" comprend :

      * le prix de l’uranium

      * le prix du service de l’enrichissement de l’uranium 235

      C’est l’enrichissement qui est le contributeur majeure du poste "carburant" le coût de l’uranium ne représente que 5 à 6 % du coût de revient du KWh.

       

      Seuls les prix "spot" de l’uranium ont grimpé en 2007 (avant de diminuer en 2008) mais ce marché "spot" ne représente que des quantités infimes des achats de l’uranium qui font l’objet essentiellement de contrats d’approvisionnement à long terme (10 à 20 ans).


    • jcm jcm 29 juin 2008 13:40

      @ Pierrot

      Il faut donc en déduire que le prix du service de l’enrichissement de l’uranium 235 a terriblement augmenté entre 2002 et aujourd’hui, au point de faire augmenter le poste "carburant" de 20% !!!

      C’est énorme !!!

      A quoi serait due cette augmentation ?

      Pas à l’augmentation du cours de la fluorine, ni de l’acide nitrique je suppose ?

      Alors ?


    • vin100 29 juin 2008 16:25

      Là vous parlez de l’état des solutions techniques existant depuis plusieurs décennies sur le marché.

      Mais des batteries conçues sur le mode condensateur et à base de polymère commencent a être mise au point et elles sont beaucoup plus puissante et sans comparaison en poid.

      Si l’on conçoit des voitures ou la charge se ferait par simple échange standart du pack batterie alors le chargement pourrait se réaliser en moins d’une minute dans les stations Service.

      Le problème de l’électricité étant son stockage, les centres de production qui sont tous en permanence confrontés de façon récurrente à ce problème pourraient aussi devenir des lieux ou s’effectueraient les recharges de ces packs batteries collectés et distribués par les stations services.

      On pourrait continuer. Tous ceci étant pour vous montrer qu’il ne faut pas voir l’avenir d’une solution au seuls yeux du passé ou du communément utilisé ou réfléchi.

      Pour produire de l’électricité à partir du thermique, atomique,gaz ou pétrole il y a déjà 70 % de perte énergétique. C’est un vrai scandale. mais nous ne le voyons pas car ce qui nous parait moderne est en fait trés récent et encore trés peu aboutit, technologiquement.


    • krolik krolik 29 juin 2008 16:59

      Il semble tout de même qu’il y ait eu de gros progrès dans les batteries pour automobiles, une équipe de chez Bolloré par exemple.

      Que les batteries utilisent des métaux lourds c’est sûr ; qu’il faille apprendre à les gérer un peu mieux que les batteries actuelles c’est sûr aussi.

      Il faudra bien changer les habitudes, pour "faire le plein"et y passer la nuit, en attendant l’arrivée des "supercaps" rechargeables en 10 minutes.

      Le problème des bateaux et des avions est un autre problème.

      Maintenant je ne vois pas en quoi les éoliennes, les panneaux photovoltaïques puissent être une quelconque solution à la voiture...


    • krolik krolik 29 juin 2008 17:06

      Superphenix a été un prototype industriel dont la production a été bloquée pour des raisons administratives.

      Il est clair que le fonctionnement de SPX a montré :la faisabilité à l’échelle industrielle, et a été riche d’enseignements.

      Il y avait des problèmes de conception générale sur le mécanisme (barillet) de chargement déchargement qui ont rendu son exploitation chère. Le know How étant engrangé, EDF ne s’est pas battu "becs et ongles" pour le conserver. Il y a de nombreuses personnes qui travaillent sur le sujet actuellement.


    • Pierrot Pierrot 29 juin 2008 23:52

      à Wesson,

      excusez moi mais je n’ai rien compris à votre message.

      Extraire l’uranium comme sous-produit de l’exploitation des phosphates ou de l’eau de mer (comme le sel, le brome ... des marais salans) ne signifie pas, à mon avis, de voyages extra terrestres !


    • Pierrot Pierrot 29 juin 2008 23:59

      L’opération d’enrichissement de l’uranium 235 est chère car elle impose une très importante quantité d’énergie.

      Par exemple l’usine EURODIF de Pierrelatte a besoin de 3 réacteurs nucléaires pour son fonctionnement, il existe 7 000 compresseurs d’UF6, soit l’équivalent de 7 000 TGV qui fonctionneraient simultanément.

       

      Bien sûr l’enrichissement avec le procédé d’ultracentrifugation est moins exigent en énergie (50 fois moins à production égale).


    • jcm jcm 30 juin 2008 08:31

      @ Pierrot :

      Vous écrivez : "L’opération d’enrichissement de l’uranium 235 est chère..." et je suppose que cela devrait valoir selon vous pour une réponse à ma question sur l’augmentation du prix du carburant nucléaire.

      Si c’est le cas vous ne répondez à rien !!!

      La diffusion gazeuse a TOUJOURS été une opération coûteuse, mais que je sache les conditions fondamentales de sa mise en oeuvre n’ont pas changé de façon notable entre 2002 et 2008, elles n’influent probablement qu’à la marge sur l’augmentation du prix du carburant.

      Quelle autre composante de ce prix a fortement varié sinon le prix de l’uranium ?

       

       


    • Pierrot Pierrot 30 juin 2008 10:11

      à JCM,

      je suis surpris que vous n’ayez pas constaté que le prix de l’énergie avait augmenté entre 2002 et 2008 !

      Peu pour l’electricité destinée aux particuliers, mais beaucoup pour l’électricité destinée aux industriels.

      EDF ne fait pas "des cadeaux" au groupement industriel européen EURODIF.

      C’est ainsi que le poste "carburant" nucléaire augmente.

      Mais pour les autres types de production d’énergie c’est bien pire car le poste carburant (pétrole, fuel, gaz naturel, charbon, bois ...) a considérablement augmenté depuis 2 ans environ et représente souvent plus de 80 % du coût de revient du KWh..

      N’avez vous vraiment rien lu ou entendu sur ce sujet ?


    • Pierrot Pierrot 30 juin 2008 10:16

      à @wesson,

       

      Comment comparer un réacteur à neutrons rapides de 1976, prototype de recherches de surcroit, avec les réacteurs des années 2040.

       

      C’est comme comparer les avions, voitures, machines à écrire, téléphone, télévision, trains à vapeur ...de 1960 avec ceux de 2008 !

      N’est-ce pas stupide ?


    • jcm jcm 30 juin 2008 10:30

      @ Pierrot :

       

      Vous écrivez : "je suis surpris que vous n’ayez pas constaté que le prix de l’énergie avait augmenté entre 2002 et 2008 !".

      Un peu léger, Pierrot !!!

      Jetez donc un oeil sur ce graphique : "Taux de croissance annuels des prix du fioul, du gaz naturel et de l’électricité".

      Vous y constaterez que la courbe pour l’électricité est désespérément (pour votre hypothèse !) dépourvue de relief !


    • krolik krolik 30 juin 2008 12:25

      @Wesson.

      La réserve d’uranium localisée dans les phosphates marocains est estimée à 25 millions de tonnes alors qu’AREVA annonce des réserves "accessibles facilement" dans le monde de 17 millions de tonnes..

      D’où est-ce que vous tenez qu’il y en aurait seulement pour 20 ans ?

      D’autre part on peut toujours s’intéresser à l’uranium contenu dans les cendres des centrales au charbon.

      Ne pas oublier par exemple que les cendres des centrales au charbon américaines produites chaque années rejettent plus d’uranium que n’en consomment leur 108 centrales nucléaires annuellement..

      Au passage si l’on veut être "écolo-anti-nuc" on doit s’intéresser prioritairement aux rejets d’uranium des centrales au charbon..


    • jcm jcm 30 juin 2008 13:44

      @ krolik :

      Vous écrivez : "...on doit s’intéresser prioritairement aux rejets d’uranium des centrales au charbon.".

      Nous serions tranquilles si c’était la seule source d’inquiétude !!!

      On peut aussi se demander : "Nucléaire : la France est-elle bien protégée ?" !!!


    • Pierrot Pierrot 30 juin 2008 16:18

      à @ JCM,

      Si j’ai bien lu votre document joint, il s’agit de l’évolution du prix de vente de l’électricité pour les particuliers.
      Or ce prix est reglementé depuis très longtemps et augmente moins que l’inflation comme je vous le disais.

      Par contre le prix de vente de l’électricité aux industriels a considérablement augmenté entre 2002 et 2008.

      Chercher et vous trouverez le bon document.
      Bonne lecture.


    • Pierrot Pierrot 30 juin 2008 16:22

      à @ Krolik,

      vous avez tout à fait raison sur la teneur des "cendres" de charbon en uranium.

      Il faut aussi mentionner que le stockage important de l’uranium appauvri (à environ 0,25 % d’235 U) sera une mine d’uranium très importante pour le futur.
      Par exemple, plus importante que le gisement de pétrole et de gaz de la mer du Nord.


    • Pierrot Pierrot 30 juin 2008 16:28

      à @ JCM,

      vous avez tort de réagir ainsi sans savoir.
      M. Krolik a tout a fait raison, les rejets gazeux radioactif des centrales de production d’énergie à base de charbon sont considérablement plus élevés que ceux des réacteurs nucléaires.

      Malheureusement cette information exacte est mal connue du public, hors des scientifiques concernés.

      De même l’exploitation des gisements de phosphates est , de loin, le plus grand contributeur aux rejets marins de radionucléides (présence d’uranium et de Thoryum).


    • jcm jcm 30 juin 2008 17:20

      @ Pierrot : Je ne dénie pas que cela puisse, et peut-être doive, être une source d’inquiétude !

      Il n’est d’ailleurs pas impossible que je me mette à approfondir cette question.

      Mais je mentionne que ce n’est pas la seule.

      Cela dit que le charbon et les phosphates émettent de façon plus ou moins massive dans différents milieux des radionucléides, et que ces émissions soient reconnues comme nocives, devrait nous conduire à tenter de stopper au plus vite TOUTE activité susceptible d’émettre ces éléments.

      Par conséquent nous devrions développer au plus vite des énergies aussi sûrement propres que possible, et qui ne comportent aucun risque d’émission de radionucléides.

      N’êtes-vous pas d’accord avec cela ?


    • krolik krolik 30 juin 2008 18:20

      Au niveau de la protection des personnes contre la radioactivité, il est certain que l’ASN ne fait son boulot.

      La direction de l’ASN est constituée par des ingénieurs "corps des mines" dont certains n’ont pas eu une carrière glorieuse dans les mines de Lorraine et le noyage de ces mines, ce sont des positions de "faveur" du fait de l’appartenance au "corps des mines" et la rente à vie qui s’en suit. Pas de toubib au niveau de la direction. Ils ne s’intéressent qu’aux spécifications, conforme ou non conforme rien d’autre, ça c’est facile.
      Par exemple l’intervention d’un tel responsable lors d’une conférence spécialement médicale où le toubib en chaire expliquait qu’à un enfant leucémique on commençait par lui appliquer 15 sieverts avant de lui faire une greffe de moelle osseuse (soit deux fois la dose léthale à 100%). Le type de l’ASN présent dans la salle s’est levé pour les questions et a déclaré :

      - vous avez dit 15 sieverts, mais nous avons compris qu’il devait s’agir de 15 millisieverts !
      A ce moment tous les toubibs de la salle se sont regardés et ont pouffé de rire.. le type de la direction de l’ASN ne connaissait rien à rien au nucléaire médical..
      Dans ce contexte il est normal d’assister à un rapprochement entre l’ASN et SDN.
      SDN ne veut apparamment surtout ne pas toucher au nucléaire médical, ce serait très mal vu dans la population.
      Mais si SDN faisait son boulot de poil à gratter efficace cela aurait pu être utile pour la population, mais s’ils rentrent dans le "nucléaire médical" il s’aperçoivent que pour avoir des actions efficaces il faut appliquer des doses qui n’ont rien à voir avec celles qu’ils condamnent quotidiennement. Ca ferait trop réfléchir la population.
      Au Canada en Novembre dernier, la patronne de ASN canadienne a ordonné l’arrêt du réacteur de Chalk River sous le motif d’un manque de sûreté d’une pompe à eau lourde. Le seul problème c’est que ce réacteur était le seul à produire du technétium 99 en Amérique du Nord pour applications médicales. Les toubibs ont protesté, les patients à la suite. Le gouvernement candien a fait voter une loi par le parlement pour obliger au redémarrage du réacteur en question et la patronne de l’ASN a été virée ! Ca n’a pas fait beaucoup de bruit en France, mais c’est un bon cas d’école sur lequel on pourrait se pencher sérieusement. Est-ce qu’il faut trouver par là un interventionnisme du "lobby nucléaire canadien" ?

      - les réacteurs haux flux potentiellement proliférants sont nécessaire pour la préparation de ces petits produits ; alors que les PWR pour les faire proliférer ce n’est pas facile.

      - les transports de petits paquets...Lorsqu’un maire prend un arrêté interdisant le transport de matières radioactives (Ste Geneviève des bois par exemple, pas loin de Saclay) visiblement il ne sait pas quoi il parle, il est obnubilé par l’électronucléaire et SDN, car sur sa commune ce qui passe régulièrement trois fois par jour c’est une camionnette pour transporter des produits hautement actifs..

      - On pourrait parler aussi des quantités administrées : une coronarographie suite à infarctus c’est 750 000 becquerels d’iode 131.. et les gens ne font pas de cancer. La consommation d’iode 131 dans les hopitaux français c’est un "nuage de Tchernobyl" chaque 36 heures...
      Vraiment si l’on veut se pencher sur les vrais problèmes de radioprotection des populations il faut commencer par enquêter sur le nucléaire médical.
      Le Pr Pellerin, conscient du problème d’inhalation des poussières radioactives avait ,fait spécialement construire une voiture de chemin de fer équipé de 50 postes de controle des poumons d’une population qui aurait pu être soumis à un "nuage". 50 personnes à la fois !
      Un accord avait été signé avec les Américains, accord qui prévoyait que la France pouvait envoyer cette voiture de chemin de fer par avion cargo Galaxy aux USA en cas de besoin. Les Ricains reconnaissaient la supériorité du développement français dans le domaine..
      Maintenant vous visitez le centre de l’IRSN vous demandez qu’est-ce que c’est que cette voiture de chemin de fer, on vous répond que c’est une vieillerie du temps de Pellerin, ce n’est pas entretenu... Est-ce que SDN s’intéresse à la protection des populations ?
      Est-ce que SDN pour rendre l’exercice récent de simulation accidentelle de Golfech plus crédible a demandé l’arrivée de cette voiture de chemin de fer , en prévision d’un début de traitement post accidentel ?
      Non . La collusion entre entre l’ASN / IRSN et SDN est patente. On gueule mais on ne fait rien.
      Incurie totale de partout. Et l’on fait un scandale pour des épingles de ferraillage sur le radier de l’EPR...

      Est-ce que les gens de SDN sont capables de se poser des questions "logiques" ? pas plus que les gens de l’ASN.

      Epinal, Toulouse sont des coups de semonce pour l’ASN, et ils disent qu’il faudra de 5 à 10 ans pour remettre les choses dans l’ordre en France dans le domaine médical.. Normal, 15 ans de dérive sans contrôle.
      Mais 22 morts et quelques milliers de blessés identifiés / "nominatifs" pas "statistiques" cela aurait du provoquer une levée de boucliers réclamant la démission de la direction de l’ASN.

      La radioactivité de vous colle pas des cancers / des maladies comme cela, en passant à deux km d’une centrale, comme on avait la peste en mangeant des pommes de terre à une époque. La radioactivité ce n’est pas une croyance. C’est quelque chose qui se mesure finement et dont on peut protéger les populations. Mais le but de SDN ce n’est pas de protéger les populations c’est de retourner au XIXème siècle, ne but de l’ASN c’est de construire "suivant la norme"..

      Nota : j’habite à moins de 5 km d’une centrale nucléaire et je reçois mes pastilles d’iodure de potassium envoyées par la pharmacie centrale des armées. Et ça ne m’empêche pas de dormir confiant.
      L’accident max sur un PWR a déjà eu lieu à Three Miles Island, maintenant ça se visite comme un musée. Influence sur la population : nulle. Moins de conséquence qu’une montée au premier étage de la Tour Eiffel.


    • jcm jcm 30 juin 2008 18:54

      @ Pierrot sur l’influence du prix de l’électricité sur celui du carburant des centrales nucléaires :

      La question n’est pas si simple pour plusieurs raisons : la consommation d’Eurodif a diminué, en particulier à cause d’un approvisionnement en uranium d’origine militaire qui n’a pas été traité par diffusion gazeuse, cependant d’après les documents rendus publics par des instances tout à fait officielles le prix du carburant nucléaire a subi une forte hausse comme je le montrais.

      Je nai pas encore trouvé les raisons exactes de cette hausse mais voici quelques pistes :
       - Face à la hausse des prix des énergies fossiles puis de l’électricité l’industrie manufacturière a amélioré sa performance énergétique
       - Les raisons de la baisse de la consommation d’électricité en France
       - Il se trouve qu’Eurodif a vu ses besoins réduits... (Sénat, Rapport d’information n° 357 (2006-2007))






    • Pierrot Pierrot 30 juin 2008 23:28

      à @ JCM,

      Non, car les émissions radioactives des centrales à charbon bien qu’importantes et des réacteurs nucléaires à un niveau plus faibles ne sont pas nocives.

      En effet pratiquement tous les matériaux de l’univers sont peu ou prou composés de radionucléaides, de telle sorte que la dose moyenne reçue par Français est de 2,4 milliSievert (hors examen d’imagerie médicale et radiothérapie).
      C’est bien plus dans certaines régions volcaniques du monde (Sud de l’Inde, Chine, Brésil, Bretagne ...).

      Pour éviter de prendre des doses il n’y a que le suicide.
      Pour se protéger des rayons ionisants solaires et des rayons cosmiques, il faudrait vivre sous quelques dizaines de mètres de béton.

      Pour se protéger du radon 222 venant de l’intérieur de la terre il faudrait aussi vivre dans du béton.
      De plus les aliments, l’eau, le lait sont radioactifs et l’ont toujours été même avant l’ère nucléaire.
      Même la momie de Ramsès II était radioactive, c’est grace au carbone 14 que l’on a pu la dater.
      Vous même êtes radioactif à environ 7000 Bq (dû au potassium 40 : 4 milliards d’années de périod, carbone 14, césium 134 et 137 ...etc ...) mais vous n’êtes pas pour autant dangereux et je peux vous serrer la main sans risque important
      etc.


    • krolik krolik 1er juillet 2008 10:15

      @JCM
      Et ne pas oublier que l’effet d’un nuage de Tchernobyl sur un autochtone Corse se nourrissant en produits locaux, effet cumulé sur 30 ans, est équivalent à ce que l’on prend en dégats radioactifs (sieverts) à un aller simple Paris-Los Angeles.
      Il y a du personnel naviguant qui se fait deux aller-retour par semaine.

      En fait pour estimer les "dégats radioactifs" exprimés en sieverts sur l’homme il faudrait passer à une échelle logarithmique comme l’estimation des puissances de séismes. En échelle linéaire simple ça met la frousse très facilement, et c’est là-dessus que les anti-nucs jouent à faire peur.
      A Paris, "terrain sédimentaire" on se prend naturellement 0,1 microsievert par heure.
      Le lieu le plus naturellement radioactif dans le monde, au delà de ce qu’il y a au Kerala en Inde ou au Brésil sur la plage de Guarapari, se situe en Iran au bord de la Caspienne dans la ville de Ramar. Là il a été mesuré des débits de doses allant jusqu’à 150 microsieverts/heure soit 1500 fois plus qu’à Paris... Et pas de maladie particulière..
      Il y a dans le coin un gisement d’uranium qui incite les Iraniens à utiliser cette ressource
      Donc l’échelle de la radioactivité naturelle est très large. Lorsque la Criirad hurle avec des considérations du genre : vous voyez ici on trouve au sol 300Bq/m2 et là 6000 Bq/m2, il y a donc une pollution inacceptable etc...
      Mais dans le rapport 1 à 20 c’est franchement rien du tout. Pour que celui devienne digne d’intérêt il faut dépasser les rapports 1 à 1000, et plutôt 1 à 10 000.

      Rien que dans une vallée des Alpes, à la suite d’une orage la radioactivité naturelle dans l’air est multipliée par 100 en quelques minutes du fait du radon rabattu par la pluie. C’est très spectaculaire. Et le rapport 1 à 100 c’est encore des cacahuètes..


    • Pierrot Pierrot 1er juillet 2008 19:51

      à @ Krolik,

      vos propos sont tout à fait exacts et présentés de façon didactique.
      Bravo.


    • calypso calypso 28 juin 2008 14:21

      Bonjour,

      Vous avez tout compris ... 

      Les grandes manoeuvres ont commencé depuis quelques décennies pour le contrôle et la sécurisation des sources d’approvisionnement de pétrole. Les US avec leur puissance militaire ont pris position au moyen orient (arabie saoudite, koweit, irak) et sont en train de mettre au pas le voisinage (syrie, iran ...). Avec la main sur le robinet on peut choisir si on ouvre celui-ci ou pas et qui on livre ...

       

       


      • Zanini 28 juin 2008 15:00

        Assez bon article sur le pétrole, ce qui est plutot rare meme sur avox et il faut bien le dire pratiquement inexistant dans la presse traditionnel (On voudrait nous cacher des choses ?).Ceci dit Il est toujours très difficile d’expliquer ce genre de problème aux néophytes.

         Je pense que votre erreur est de vous concentrer sur les réserves, comme disent les anglophones, "It’s all about flowrate !"

         Imaginez que vous errez sans eau dans le désert par 45° , disons que vous avez besoin de 2 litres par jour pour survivre, préférez vous trouver une source qui dure 100 ans mais ne vous fournit que 0.5 litre/jour ou une source qui dure 10 jours mais vous fournit 5 litres/jours ? La 2eme solution vous laisse un espoir de survie pour trouver une autre source, la première ne fait, au mieux, que prolonger votre calvaire de quelques heures malgré les 100 ans de réserve disponible.

         Bien entendu c’est un exemple simplifié a l’extrême, et il est logique de penser que au plus grande est la réserve au plus rapidement on peut en extraire les ressources,c’est en grande partie correcte pour le pétrole conventionnel, donc facilement accessible et beaucoup moins vrai pour les pétroles dit non-conventionel (Oil shale,Tar Sand,Coal to liquid etc).Or le meilleur pétrole conventionnel est en déclin depuis 2005 (Light Sweet Crude), les autres types de pétroles conventionnel sont plus visqueux et contiennent beaucoup plus de soufre (Heavy sour), donc sont plus difficile a raffiner et donc non seulement chaque baril produit contiennent moins d’énergie mais il en demande aussi plus pour être extrait. C’est le fameux EROEI, enery return on energy investement, c’est a dire, pour une unité d’énergie investie combien en recuper t-on en échange.

         Pour reprendre un exemple simple, imaginez l’économie occidentale comme un drogué accro a l’héroïne (qui est le pétrole), il a besoin de 2 gr d’héroïne pure par jour, son dealer produit et transforme lui même sont héroïne, il la vend a 50% pure, le drogué a donc besoin de lui acheter 4 gr/jour, ce n’est pas un problème pour lui car il gagne bien sa vie. Pour l’instant tout va bien, le dealer accroît sa production en fonction des besoins occidentaux, il dispose d’énormes champs de pavot aux sols très fertiles et où la drogue est facile à produire. Les années passent, l’héroïne bon marché du dealer a de plus en plus de succès et de plus en plus de monde en consomment, y compris le dealer. La désertification et l’appauvrissement des sols commencent à toucher les champs de pavot. Notre dealer essaye de les remplacer mais a chaque fois c’est pour des surfaces plus petite et plus difficiles d’accès, pire la qualité de son produit diminue, au lieu d’être pure a 50% elle n’est plus pure qu’a 33%, notre drogué occidental qui avait vu sa consommation passé de 4gr/jour a 12gr/jour (6gr pur), doit donc maintenant acheté 18gr/jour. Maintenant imaginez que pendant ce temps, plusieurs drogués asiatiques commence aussi a acheté massivement de la drogue et que notre dealer voit lui aussi sa consommation augmenter fortement alors que la production stagne, le prix ne peut qu’exploser.

         La plupart des pays producteur de pétrole on une augmentation de leur consommation entre 5 et 10%, c’est bien plus problématique que l’augmentation de la consommation chinoise, car pour les pays producteurs, cette augmentation de consommation se soustrait directement a leur exportations. Le nombres de barils de pétrole exporté aurait diminué de 2 ou 2.5% sur les 5 dernières années alors que la production a légèrement augmentée. Imaginez que la production elle même vienne a décliner, la chute du nombre de barils exportables en serait d’autant plus vertigineuse.Les perspectives pour les années a venir sont tres sombres : le total des exportation va decroitre bien avant la chute de production.( En image ).

        Rappelons aussi que la chine c’est pour le moment 8 millions de vehicules, c’est a dire moins que la Belgique qui comporte 100 fois moins d’habitant.


        • Jean Lasson 28 juin 2008 17:06

          Très bon article, très clair.

          Votre remarque sur le CO2 est logique : les projections à 100 ans n’ont pas de sens si les réserves de carbone sont totalement épuisées avant 50 ans. Le GIEC tient-il compte de ce fait ?

          Comme vous, j’ai été frappé par l’article de Dave Allen Pfeiffer. J’ai depuis vérifié une donnée impressionante de cet article, qui résume l’impasse : dans les systèmes agricoles développés, 10 calories sont dépensées pour produire une calorie alimentaire.

          D’abord une petite question à l’auteur : quand vous écrivez "La consommation mondiale actuelle est de 88 milliards de barils par an", je suppose que vous avez converti les autres sources d’énergie (charbon, hydrolique, nucléaire, etc.) en Tep puis en barils ? En effet, la consommation de pétrole "tous liquides" est aujourd’hui inférieure à 32 milliards de barils par an (Gb/an).

          Ensuite, pour aller dans le sens de l’auteur sur le nucléaire, je conseille la lecture du rapport de l’EWG sur le nucléaire. Il ressort de ce rapport que les réacteurs nucléaires de la 4e génération (disons de type Superphénix pour simplifier) arriveront trop tard et, pour cette raison, ne seront probablement jamais construits. En toute hypothèse, il semble bien que le nucléaire soit incapable de compenser le déficit énergétique qui a débuté. Qu’en pensent Krolik et Pierrot ?

          Enfin, une remarque plus politique : quel crédit accorder aux autorités et agences officielles (AIE, Commission européenne, etc.) quand leurs prévisions sont aussi irréalistes ? Aucun. Dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres, ces autorités pratiquent la désinformation. Et si on admet que gouverner, c’est prévoir, elles n’ont donc aucune légitimité à gouverner...


          • Jean Lasson 28 juin 2008 17:36

            @ l’auteur,

            J’avais oublié : vous voyez une issue, écrivez-vous. Ne nous faites pas languir, dites-nous laquelle, s’il vous plaît. Pour ma part, je ne vois que la maîtrise de la fusion nucléaire qui puisse nous sortir de l’impasse en conservant notre mode et niveau de vie. A supposer que ce soit souhaitable, ce qui serait un autre - mais vaste et intéressant - débat...

             


          • krolik krolik 28 juin 2008 19:37

            @Jean Lasson

            "En toute hypothèse, il semble bien que le nucléaire soit incapable de compenser le déficit énergétique qui a débuté"

            A l’échelle mondiale c’est sûr que le nucléaire ne sera pas la solution pour résoudre le déficit énergétique.

            Mais il vaut mieux construire des centrales dans des pays politiquement stables pour laisser le pétrole à des pays dont on préfère nettement qu’ils n’aient pas accès à cette technologie, Corée du Nord, Ouganda, Myanmar,... la liste est longue.

            Et il y aura le charbon et encore le charbon. Les Chinois démarrent une centrale au charbon par semaine actuellement. Ca fait de nombreux morts et une pollution maximale... D’ailleurs tant que les Chinois seront sur cette voie, ce que l’on pourra faire en réduction de CO2 c’est de la sodomisation des diptères au vol..

            En ce qui concerne les "générations 4", ils doit bien y avoir 300 personnes qui travaillent actuellement au transfert de la technologie plutonium de Cadarache vers Marcoule où sera construit le premier exemplaire.

            Entre temps on peut toujours construire des EPR.

            Les Russes sont partis à construire des VVR et des rapides en Russie d’Europe, car le prix du gaz et du pétrole sibérien est tellement bon d’une part et il fait tellement froid en Sibérie d’autre part pour exploiter cette ressource qu’il vaut mieux en exporter un maximum, donc faire du nucléaire pour la consommation interne.

             


          • krolik krolik 28 juin 2008 20:03

            @Jean Lasson

            "je ne vois que la maîtrise de la fusion nucléaire qui puisse nous sortir de l’impasse "

            La "fusion" est une sorte de "serpent de mer", à l’origine une déclaration d’Igor Kourtchatov en Londres, la seule fois qu’il est sorti d’URSS. Cette affaire était de base une "arnaque" pour divertir les fonds de R&D occidentaux de développements militaires axés contre l’URSS. (avis de Guennady Messiats vice-président de l’Académie des Sciences de Russie). Et l’arnaque fonctionne toujours. Une très belle arnaque c’est celle où l’arnaqueur se prend lui-même au jeu, même mollement..

            Dans les années 70 j’ai travaillé pour le Joint Européan Torus de Culham et déjà à l’époque on promettait un proto de réacteur vers 2010. Nous y sommes et quelques milliards d’euros plus loin on nous promet DEMO vers 2040...C’est une affaire dont la caractéristique est de fonctionner à "délais constant".

            Le DoE a sorti , en mars dernier, une note estimative du prix du kWh suivant un "DEMO proto" et un "DEMO-Série", en supposant tous les problèmes scientifiques et technologiques résolus par ITER, et en se basant sur les prix au kilo des métaux, mises en oeuvre, électronique rapide, supraconductivité, consommables..etc.. et ils sont arriver à 3 fois un prix du kWh nucléaire actuel.

            Du coût ils n’ont pas versé leur participation à ITER pour 2008, parait qu’elle va venir. Mais ils ont enfin "senti l’arnaque"..

            Alors penser que la "fusion" peut être la panacée, certainement pas ; car ce serait de la bien plus haute technologie que la technologie nucléaire actuelle et les pays aptes à être doté d’un DEMO se compteraient sur les doigts d’une seule main.

            Pour clore sur le sujet, ma position sur : fallait-il faire ou ne pas faire ITER ? (ce n’est pas le sujet de la discussion mais comme on y est je termine).

            Je pense qu’effectivement il faut faire ITER, pour au moins démontrer par l’absurde que la voie est sans issue réelle.

            Imaginez que le Général Patton ait emporté l’idée d’aller continuer la guerre contre les Soviets en 1945, il y aurait eu la grande déprime mondiale du système communiste détruit par l’extérieur. Là on moins a vu que ce système était capable d’imploser tout seul. Pour ITER il faut le faire. De fait réunir un max de scientifiques de tous horizons en leur donnant des moyens ils vont bien nous inventer des choses très utiles au passage. Un peu comme le CERN qui pour gérer ses document a mis en place le système RENATER qui est l’ancêtre du Web, et rien que pour cette développement je trouve que cela justifie l’existence du CERN en dehors de l’existence ou non des petites particules fondamentales.


          • Jean Lasson 28 juin 2008 23:17

            Krolik,

            Merci de vos deux réponses détaillées.

            D’abord, vu la gravité de l’impasse énergétique et malgré les risques inhérents, j’ai tendance à regretter la fermeture de Superphénix qui, dit-on, a bien fonctionné dans sa dernière année. La France avait 20 ans d’avance dans l’exploration de cette voie et nous saurions aujourd’hui si elle est réllement praticable.

            Concernant la fusion et ITER, vous dites que le coût estimé de production de ce type de machine est "3 fois un prix du kWh nucléaire actuel." Mais ce serait tout à fait acceptable, sachant que le coût du kWh nucléaire français est très bas ! Croyez-moi, dans quelque temps, nous serons prêts à accepter des prix beaucoup plus élevés. De plus, l’industrialisation d’un procédé fait toujours baisser les coûts. Toutes les machines que l’Homme a inventées ont toujours été très coûteuses, avant leur fabrication en série.

            Mais vous devez quand même avoir raison sur la fusion  : Pierre-Gilles de Gennes et d’autres scientifiques ont critiqué ITER en soulignant les questions fondamentales non résolues, telles que la résistance des matériaux au bombardement des neutrons rapides. Ils m’ont convaincu qu’ITER n’apporterait pas de solution dans le - maintenant - court délai imposé par le déclin énergétique.

            Je ne peux cependant m’empêcher de rêver à un projet international urgent sur la fusion et 10 fois, 100 fois plus doté qu’ITER. Informés de l’enjeu, les citoyens, y compris les américains, accepteraient beaucoup mieux un tel investissement que celui qu’on fait en leur nom dans des guerres du pétrole (guerres qui coûtent effectivement plus de 100 fois ITER).

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