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Accueil du site > Actualités > Environnement > La Caravane à vélo des indignés du Nucléaire. Départ

La Caravane à vélo des indignés du Nucléaire. Départ

La Caravane des indignés part ce dimanche de Plogoff.

Vidéo indispensable :

De la légende à la réalité.

Plogoff ! Quel magnifique symbole de la lutte antinucléaire ! Quel site merveilleux où la terre et la mer célèbrent leurs noces tumultueuses. Fallait-il être fou pour vouloir installer en ce lieu l'expression même du mépris des humains pour la planète : une centrale nucléaire !

Les pouvoirs, de droite comme de gauche, dans ce pays, continuent de soutenir l'énergie de la mort lente et insidieuse. Ce qui se passa alors à Plogoff entre 1975 et 1981 est bien la preuve que les citoyens n'ont pas à exprimer une opinion contraire dès qu'il s'agit des intérêts supérieurs des fournisseurs d'énergie. Silence, on irradie en secret !

Pourtant, c'est là où, selon la légende, le Diable avait obtenu les clefs de la ville d'Ys en séduisant la fille de Gradlon. Il s'était grimé en prince charmant pour obtenir ce qu'il désirait. Quelques siècles plus tard, désirant encore un morceau de cette terre, il se fit passer cette fois pour la fée électricité. La Baie des trépassés n'aurait jamais aussi bien mérité son nom si une centrale nucléaire y avait été implantée.

Cette fois pourtant, malgré les compagnies de CRS, malgré les pressions de toutes sortes, malgré le mensonge d'état et les procès iniques, le diable ne gagna pas la partie. La lutte des femmes de Plogoff, des hommes de cette terre de combat et de résistance, avait fait plier le pouvoir central (du nucléaire). Porté par une élection surprise, François Mitterrand avait mis fin à ce projet.

Aujourd'hui, un autre socialiste est au pouvoir. Il a tout oublié de la leçon de l'époque. C'en est fini des grandes luttes populaires : Larzac, Plogoff. La crise, le rouleau compresseur du conditionnement des esprits sont passés par là. On peut désormais être socialiste, avoir des ministres écologistes et défendre l'énergie la plus symbolique du capitalisme triomphant et méprisant.

Les indignés ne feront pas comme Gradlon, ils ne vont pas monter sur leurs grands chevaux. C'est à vélo qu'ils vont tenter une nouvelle fois de chasser le diable, ce Dieu Atome qui a perverti les puissants de ce pays. Il faut réveiller les consciences, le drame de Fukushima n'est que le prélude à d'autres catastrophes. Le Nucléaire est porteur de destruction et de mort !

Il est curieux de constater que les opinions ont cru un temps au mensonge des armes de destruction massive en Irak quand, au pied de chez eux, de bien plus mortelles trônent dans l'indifférence générale. « La bougie ou l'atome » avait osé le président précédent, jamais en peine pour sortir une monstruosité. L'actuel ne dit rien, il feint de ne rien entendre, d'oublier les promesses d'avant son élection.

La Caravane à vélo des indignés du Nucléaire pense retrouver l'élan initial de 1981, être poussée par le vent de la révolte d'alors pour faire souffler dans ce pays un petit vent libérateur de sursaut. L'énergie nucléaire est une bombe à retardement. Partout dans le monde, les nations changent de stratégie quand en France, dans un déni collectif du réel, on s'arqueboute sur cette monstrueuse pensée magique qu'il ne nous arrivera jamais rien.

Partir de Plogoff c'est reprendre le combat là où il fut victorieux en dépit d'un rapport de force totalement disproportionné. Partir de Plogoff, c'est croire en la sagesse de l'humanité contre les forces de l'obscurantisme scientifique. Partir de Plogoff, c'est mettre l'individu en retrait devant les merveilles d'une nature sauvage, rebelle et belle.

Partir à vélo, c'est affirmer que la roue doit tourner, que la réaction en chaîne peut être évitée, que le capitaine doit retrouver la raison et changer de braquet. Partir à vélo, c'est affirmer qu'un autre monde est possible ! Alors partons tous de Plogoff !

Légendairement vôtre.

 

Caravane à vélo de Plogoff à Fessenheim des indignés de plus en plus inquiets du nucléaire

DIMANCHE 5 AOUT : départ de Plogoff après un pique-nique festif sur le site de Feunteun Aod, sur lequel grâce à un combat acharné mené de 1978 à 1981 n’erre plus désormais que le souvenir fantomatique d’une centrale nucléaire. Arrivée à la ferme de Gorré à Plouhinec.

lundi 6 aout : arrivée à Sainte Anne La Palud

mardi 7 aout : arrivée à la maison du cidre d’Argol, après commémoration au Fret à 17 h des bombardements d’Hiroshima et Nagasaki les 6 et 9 aout 1945

mercredi 8 aout : arrivée à la centrale de Brennilis

jeudi 9 aout : arrivée à Carhaix

vendredi 10 aout : arrivée à Meslan et visite des sites des anciennes mines d’extraction d’uranium

samedi 11 aout : arrivée à ERDEVEN, lieu d’une opposition victorieuse à l’implantation d’une centrale nucléaire en 1975

DIMANCHE 12 AOUT : arrivée à Muzillac

lundi 13 aout : arrivée à Guérande, après passage sur le site des anciennes mines d’extraction d’uranium

10) mardi 14 aout : arrivée au CARNET, lieu d’une opposition victorieuse à l’implantation d’une centrale nucléaire (1982-1997)

mercredi 15 aout : arrivée au PELLERIN, lieu d’une opposition victorieuse à l’implantation d’une centrale nucléaire (1976-1981)

jeudi 16 aout : arrivée à Mauves-sur-Loire

vendredi 17 aout : arrivée à Ingrandes

samedi 18 aout : arrivée à Champteussé-sur-Baconne, installation de stockage de déchets dangereux (de Saint-Laurent-des-Eaux, de Chinon)

DIMANCHE 19 AOUT : arrivée à La Daguenière

lundi 20 aout : arrivée à la centrale d’AVOINE

mardi 21 aout : arrivée à Tours

mercredi 22 aout : arrivée à Chaumont-sur-Loire

jeudi 23 aout : arrivée à la centrale de SAINT LAURENT DES EAUX

vendredi 24 aout : arrivée à Orléans

samedi 25 aout : arrivée à la centrale de DAMPIERRE EN BURLY

DIMANCHE 26 AOUT : arrivée à la centrale de BELLEVILLE

lundi 27 aout : arrivée à Entrains-sur-Nohain

mardi 28 aout : arrivée à Vézelay

mercredi 29 aout : arrivée à Semur-en-Auxois

jeudi 30 aout : arrivée à Darcey

vendredi 31 aout : arrivée à Moloy (Valduc,
CEA : centre nucléaire pour la production d'armements)

samedi 1er septembre : arrivée à Dijon

DIMANCHE 2 SEPTEMBRE : arrivée à Pesmes, après passage à Pontailler-sur-Saône (déchets, stockage. Installation de stockage de déchets dangereux ayant reçu des boues de décantation de très faible activité provenant du Centre d'Etudes de VALDUC)

lundi 3 septembre : arrivée à Besançon

mardi 4 septembre : arrivée à Baume-les-Dames

mercredi 5 septembre : arrivée à L’Isles-sur-le Doubs

jeudi 6 septembre : arrivée à Montbéliard

vendredi 7 septembre : arrivée à Mulhouse

SAMEDI 8 SEPTEMBRE : arrivée à la centrale de FESSENHEIM

et DIMANCHE 9 SEPTEMBRE : festivités puis ballade à WYHL en Allemagne. En 1975, occupation du chantier de la centrale nucléaire par 25 000 militants pendant 8 mois : de Kaisergaust (Suisse) à Gerstheim (Bas-Rhin), 12 projets de réacteurs sur le Rhin sont abandonnés.


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11 réactions à cet article    


  • Guy BELLOY Guy BELLOY 7 août 2012 16:41

    Bonjour Nabum,
    « Partir à vélo, c’est affirmer que la roue doit tourner, que la réaction en chaîne peut être évitée, que le capitaine doit retrouver la raison et changer de braquet »

    Jolie métaphore. Sensibiliser les esprits est primordial.


    • C'est Nabum C’est Nabum 7 août 2012 16:58

      Guy BELLOY


      Le capitaine peut changer de baquet, en pédalo c’est facile, changer de braquet par contre demande d’avoir des jambes et du coffre ! Là, j’ai un gros doute même s’il ne manque pas d’air pour trahir ses engagements ... (moratoire ou débat sur le nucléaire)

    • Mmarvinbear Mmarvinbear 7 août 2012 16:51

      Les bretons se sont battus contre la centrale de Plogoff.

      Aujourd’hui, la Bretagne est la région qui connait le plus de coupures de délestages, étant en fin de réseau.

      Et beaucoup des anciens contestataires se sentent cons désormais.

      ( au fait, vous avez pas une banque d’images plus vaste ? parce que c’ est la même photo que l’on voit trois articles de suite. Cela commence à lasser. )


      • nounourse nounourse 7 août 2012 21:31

        « Et beaucoup des anciens contestataires se sentent cons désormais »
         !?!?!?!?
        Où allez vous donc chercher ce genre d’affirmation, si ce n’est dans votre propre projection idéologique ?
        Cette région est au contraire porteuse du plus grand nombre de tentatives d’autonomie énergétique alternatives...... Champs d’éoliennes multiples (municipaux, voire associatifs ou montages privés ou en partenariat privés-publics), projets de champs d’éolien maritime..... pour le solaire je ne m’avancerais pas trop car je n’ai pas de sources solides, mais je crois qu’il y a un engouement certain chez les particuliers... voire projets complexes utilisant la méthanisation comme celui-ci qui est municipal par exemple :
        http://www.bastamag.net/article2384.html

        Votre commentaire me semble donc éminemment faible, si ce n’est inutile !


      • C'est Nabum C’est Nabum 7 août 2012 21:39

        nounourse 


        Simplement consternant !

        N’ajoutez rien et le conspuez pas, il ne le mérite pas !

      • C'est Nabum C’est Nabum 7 août 2012 17:01

         Mmarvinbear


        L’image n’est qu’un élément de reconnaissance. Ne vous tracassez pas, je vous lasse aussi avec le contenu. 

        Je ne vais pas faire d’effort pour un un défenseur de l’atome. Tant que le noyau dure ....

        • Ruut Ruut 7 août 2012 17:30

          Pourquoi imposer le nucléaire en Bretagne ?


          • C'est Nabum C’est Nabum 7 août 2012 17:41

            Ruut


            Ce n’est pas notre intention bien au contraire !

          • alinea Alinea 7 août 2012 22:29

            Je me suis laissé dire que l’éclairage public était, en Bretagne ( comme en Corse d’ailleurs) exactement comme je le rêve : foin des mégawatts gaspillés partout pour rien !
            je ne sache pas que les bretons vivent comme au moyen-âge ! même s’il n’y a pas partout Internet !!!


            • C'est Nabum C’est Nabum 8 août 2012 06:52

              Alinea


              L’éclairage public urbain, une vraie gabegie !
              Pour la sécurité ! Vous plaisantez ...

              Il y aurait des solutions simples, des lampadaires ne s’allumant qu’au passage d’un citoyen et des villes dans l’obscurité quand personne n’est dehors ...
              Nous verrions à nouveau les étoiles !

              Alors, ça non, des citoyens rêveurs, vous n’y pensez pas, ils seraient bien trop subversifs ...

              • C'est Nabum C’est Nabum 11 septembre 2012 15:35

                Yéti


                Le dernier voyage du matricule 1261

                Aveyron  : ton univers impitoyable.

                 

                Chaque jour dans nos beaux pays d’élevage, ceux qui respectent leur cheptel, le métier et l’environnement, se noue un drame afin que l’homme des villes industrielles puisse jouir à loisir de sa ration quotidienne de protéine animale. Ici le chapon perd son honneur, là le cochon se fait du mauvais sang, plus loin le veau abandonne sa bonne mère laitière.


                Je vais vous narrer la triste et édifiante histoire du matricule 1261 qui se sacrifia à la gloire du label rouge et des derniers gastronomes qui ne supportent pas la viande hormonée. Cette histoire débute un jour de mars 2009. Un éleveur anxieux fait les 100 pas dans une étable du Ségala. La délivrance survient en ce petit matin brumeux et le bal des formalités administratives débute.


                Dans un pays où plus rien ne doit échapper aux fourches Caudines d’un big brother informatique, le veau ne déroge pas à la règle générale. Encarté, fiché, suivi à la loupe, vacciné, …, l’anthropométrie nationale veille à ne rien laisser passer au travers de ses filets.


                L’heureux naisseur envoie immédiatement un message électronique à un regroupement officiel pour signer l’heureux événement et recevoir en retour un feuillet informatique en 4 exemplaires pour lui signifier le matricule de baptême de son rejeton de veau. Cette bête de choix se nommera 1261 puisque les arcanes administratives en ont décidé ainsi !


                Sa vie va suivre son cours sous sa bonne mère aimante, pas très loin de son père génétique bien indifférent, il faut le reconnaître à sa progéniture. Ici, l’inséminateur estampillé n’est pas le seul à jouir du privilège de l’engrossement. Il doit affronter la concurrence bovine d’un mâle souverain en son troupeau.


                Les jours passent entre le pré à la belle saison et l’étable quand les jours raccourcissent. Il se pique de quelques caprices vétérinaires : une grippe qui s’impose à tous, humains récalcitrants qui conservent leur libre arbitre et bovins beuglants qui subissent sans représentation syndicale reconnue par nos autorités. Une fièvre Catharale, mal mystérieux venu sous les ailes d’un moucheron Corse, pandémie redoutable s’il en est, exige une campagne obligatoire et gratuite de vaccination pour tous les génitrices du troupeau.


                Le seringue est devenue, il faut bien l’admettre un vecteur plus puissant et néanmoins pointu, pour favoriser l’enrichissement des laboratoires amis d’un pouvoir qui croie si peu aux vertus du libéralisme, qu’il impose par la loi, une multitude de dépenses incomprensibles.


                Revenons à notre veau, quoiqu’il y est de moins en moins de différence entre un bovin et un brave citoyen aux yeux méprisants de nos gouvernants. Le 1261 en ce jour de décembre fait ses adieux à ses congénères. Son maître est entré dans l’enclos vêtu de son habit de lumière. Une magnifique côte à double passe-main qui vous libère de la chose comme une banane de sa peau. Je sais quelques libertines Belges qui fantasment à l’idée de dépouiller un éleveur sur d’accueillantes bottes de foin encore carrées ( la botte ronde a tué les amours fripons... ).


                L’homme en question était arrivé au volant d’un 4x4 qui n’est pas rutilant. Véhicule utilitaire en cette région escarpée, il traîne une bétaillère et ne saurait se laisser conduire par une blonde peroxydée. Le brun musculeux entre dans l’enclos armé d’un solide bâton, repère le bon numéro qu’il isole de ses camarades de foin. Il a ouvert les vannes (pardon le van) et l’animal, ignorant tout de son triste sort, monte dans la charrette aussi digne que Marie Antoinette le jour de son marthyre.


                Une tête de veau vaut bien mieux qu’une bouchée à la reine et la bête affiche sous la balance finale 422 kilogrammes. L’éleveur remet médaille et papiers d’identité à un maquignon satisfait qui jauge une croupe replète. Le veau s’en va vers son trépas, un label rouge vous donne de la dignité sur l’étal et du baume au cœur quand sa dernière heure a sonné.

                 

                Bovinement vôtre. 

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